Encore un long couloir à traverser avant d'entrer dans ce qui me sert de chambre depuis des années. Encore un long couloir à traverser avec pour seule mélodie le bruit de nos pas. Aphrodite me suit bien docilement sans dire un mot. Héhé, c'est amusant de voir qu'il n'a pas changé depuis son enfance ! Le calme petit Poisson qui n'aime pas les eaux troubles... S'il savait qu'une fois plus grand, je l'y noierais... Mais plus tard, je dois encore rester 'gentil' avec lui un petit moment.
Je ne peux pas voir son visage puisque c'est moi qui le mène à sa fin, mais en contrepartie, je peux me délecter du moindre tintement de son armure m'indiquant le rythme du balancement de ses hanches. Je veux les admirer, les voir encore bouger rien que pour moi ! Et Saga aussi, tu le souhaites malgré tes manifestations sourdes. Enfin, nous arrivons devant la porte de mon domaine privé, jamais auparavant Aphrodite n'avait frôlé même ces lieux et je sens une certaine anxiété le saisir. Il doit être trés intrigué par ce que je vais lui annoncer, voire impatient mais je me permets de le faire attendre en prenant tout mon temps pour ouvrir la porte. Une fois entré, je me retourne vers lui pour voir ce qu'est devenu son doux visage. Apparemment, les couloirs qu'il vient de parcourir le laissent rêveur mais la réalité le rattrape et il entre à son tour dans la chambre. Il met quelques secondes avant de refermer la porte derrière notre passage et j'ai ma petite idée sur la raison d'une telle appréhension. Aprés tout, comment ne pas se sentir tiraillé lorsque l'on devait toucher un objet aussi massif et richement détaillé, puis le refermer ? Il doit surement penser qu'il vient de pénétrer dans un Temple encore plus spécial que celui qu'il a l'habitude de côtoyer chaque jour. Une pièce sacrée au sein même du Sanctuaire. J'ai visé juste, Aphrodite ne sait plus où poser les yeux. Il est sensible à ce nouvel environnement, le mien, d'un rouge à la fois vif et sombre parsemé de dorures harmonieuses. Celui qui a décidé de la décoration ici était prévoyant... On dit que le rouge excite la pensée, je la sens brûlante.
Le Grand Pope, dans son habituelle élégance, alla s'asseoir dans le fauteuil de son bureau aprés l'avoir tourné en direction du Poisson. Il fit signe à ce dernier d'aller s'asseoir à sa convenance sur un autre fauteuil en face de lui. Aphrodite s'exécuta, puis fixa du regard le mystérieux masque du Grand Pope. Enfin il allait avoir droit à une discussion privée avec cet homme respecté de tous ses frères d'arme, lui y compris. Il l'avait suivi jusque là rien que pour lui parler une fois de plus de ce qui le torturait depuis d'interminables années: l'absence de Saga des Gémeaux.
- Il y avait bien longtemps, Aphrodite des Poissons, que je ne t'avais plus vu en tête-à-tête. Qu'as tu donc fait pendant ce temps ?
- Grand Pope, je jugeais inutile de vous ennuyer avec mes desseins puisque vous m'aviez déjà donné tous les détails que vous connaissiez au sujet de Saga des Gémeaux. Alors j'ai décidé de chercher par moi-même des renseignements où je partais en mission.
Voilà qui est trés curieux... Et qui fait frémir Saga... L'enfant que nous avons connu a bien grandi, mais n'a jamais cessé de te rechercher depuis qu'il te sait disparu du Sanctuaire... A l'époque, j'ai fait l'ignorant, je lui ai menti en lui affirmant que ton cosmos ne se faisait pas ressentir, qu'importe la direction où je le cherchais du mien. Ses grands yeux bleus s'étaient teintés d'une lueur déçue mais son visage était resté inchangé. Le silence avait pris place, puis il s'en était allé pour ne plus revenir, cherchant son ainé... Espèce de petit impertinent ! Depuis quand les chevaliers d'Or agissent dans mon dos comme ça ?! J'aurais du plus le surveiller ! Maudis soit son visage d'ange !
- C'est tout à ton honneur, chevalier, et tu n'as donc rien trouvé je présume.
- Parlez moi, je vous en prie, donnez moi davantage d'indices.
Mais calme toi donc, beau Poisson... Toi qui es si paisible, je te sens troublé maintenant, prêt à craquer si je tire trop sur tes nerfs... Cela pourrait être trés amusant cependant mais je suis plutôt intrigué par cet éclat dans tes yeux... Ô Aphrodite, je voudrais tant te briser... Toi et ces yeux à la fois sublimes et insupportables ! J'aimerais tant de choses te concernant, tant de choses...
- Il n'y en a pas, voyons. Autrement, je te les aurais déjà donnés.
- Par pitié !
Aphrodite se leva soudainement du fauteuil et alla s'agenouiller prés du Grand Pope, l'air désespéré et complètement perdu. Ses mains vinrent se joindre sur celle du patriarche, ne manquant pas de le surprendre légèrement. Il n'était pas habituel de voir le doux chevalier des Poissons se laisser autant aller à l'émotion, lui qui les dissimulait tant, lui qui était toujours calme et réfléchi, le voici enfin affaibli et suppliant. Derrière son masque, Arès se crispa. Le plus beau de tous les chevaliers lui demandait pitié, bien évidemment qu'il en avait à son égard ! Il l'aurait volontiers noyé sous sa pitié s'il avait pu ! Cet être si séduisant motivé par il ne savait quel bon sentiment à lui réclamer sa pitié... Et pourtant cette mine désolée fit battre son coeur, elle était si adorable et aimable...
- Repensez y... Il y a huit ans de cela, ce fut la dernière fois que nous entendions parler de Saga, n'y a-t-il rien eu ? Un détail moindre ?
- Aphrodite...
Il va me rendre fou avec ses yeux de biche ! Non... Ne me regarde pas comme ça ! Ne me demande pas de réponse Aphrodite, je n'ai rien à te dire ! Ou bien... Tu n'auras pas la vérité si facilement, joli Poisson. Je vais t'apprendre à te mettre dans des affaires ne te concernant pas. Tes doigts sont crispés sur les miens, tiens-tu tant que cela à savoir où est donc Saga ? Tu en souffriras longtemps, trés longtemps... Et ton regard me montre que tu y es résolu, bien que tu ne saches encore rien de toute l'affaire... Ah, que tu me compliques la vie, je n'ai qu'à caresser ta gorge pour te surprendre et t'étrangler pour que tout redevienne normal et que je puisse regagner mon sang-froid... Seulement ce serait faible de ma part, et je perdrais contre Saga... Je préfère encore jouer avec vous deux, en vous détruisant l'un l'autre pour gagner pleinement la partie. Ô Aphrodite, c'était si évident pourtant ! Tu vas m'être utile !
La main libre du Pope se posa sur la joue du jeune chevalier d'Or qui ne manqua pas d'être surpris par un geste aussi affectueux. Il se sentit bien et s'autorisa à fermer les yeux quelques secondes pour mieux apprécier la grandeur de la personne qui le consolait en ces instants... Puis les doigts du patriarche se firent encore plus doux et caressèrent sa joue plus délicatement encore, relevant les paupières du Poisson.
- Relève toi Aphrodite, il y a bien un détail que je ne pense pas t'avoir soumis.
A ces mots, tu relèves immédiatement le regard vers moi comme le ferait un chien dressé à l'appel de son nom. C'est embêtant... Ces perles d'azur me perturbent... Je n'ai qu'à les arracher pour me sentir bien, le rendre aveugle, voire même pire... Pourtant ce n'est pas de cette façon-là que je veux le détruire... Je veux démolir la vie d'Aphrodite parce qu'il gâche la mienne. Mon existence est pourrie par les pensées de Saga à son égard...
Docilement, tu te relèves. Tu ne fais aucun effort pour être gracieux, et malgré tout tu es magnifique, ce que c'est aberrant... Une folle envie me saisit, tu en seras bientôt victime. A mon tour, je t'imite et me lève, tes yeux ne quittent pas mon masque. Tu meurs d'envie de savoir où est le chevalier des Gémeaux, tu en as marre de voir une armure vide de présence, n'est-ce pas ? Quelle présence veux-tu ? J'aimerais t'entendre me supplier, n'importe quelle délivrance, tant que tu me supplies, moi. Ton pire crime a été d'avoir charmé Saga de ta venimeuse Beauté... Il est temps que tu en paies les conséquences...
- Tiens-tu réellement à le connaître ?
Le joli Poisson ancre ses pupilles sur moi d'une façon plus perdue qu'auparavant. Pourtant j'y lis une volonté inébranlable, il se demande pourquoi je le fais autant patienter. C'est pourtant simple: je veux qu'il ait tous les remords imaginables plus tard, qu'il soit le seul fautif de sa propre situation. C'est parce qu'il a voulu en savoir trop sur Saga qu'il pleurera de ma main, il se maudira d'exister et ne maudira pas mon existence. Cela doit être ainsi, Aphrodite des Poissons disparaîtra de lui-même. Pour le moment, il hoche la tête.
- Dîtes moi tout, je vous prie.
Oh oui, prie-moi encore... Une soudaine chaleur m'envahit, je me sens plus excité que d'habitude... Je brûle d'une envie, celle de le faire souffrir dans un plaisir qu'il ne saura connaître ailleurs. Je retiens mon cosmos au plus profond de mon être mais je ressens celui de Saga vibrer plus intensément en moi. Je l'ai mis en colère, il refuse que je blesse son cher Aphrodite ? Je vais me gêner.
- Il n'a rien à voir dans cette histoire, laisse Aphrodite tranquille !
- Allons Saga, reste sage et admire ma future oeuvre... Tu vas adorer.
- Je t'en prie...
- ... C'est bien la première fois que tu te résignes à me prier, c'est bon... Mais je ne vais pas te laisser me gâcher mon plaisir.
- Ne fais pas ça !! Je vais...
Silencieux, c'est ainsi que tu es le mieux Saga... Emporté par l'émotion, il a laissé une faille dans sa défense mentale. Quoi de plus facile pour moi, son double maléfique, que de le blesser psychiquement dans un tel état ? Voilà de quoi le calmer un peu, je l'entends suffoquer sa peine et s'enrager. Un doux spasme câline ma colonne vertébrale, sa colère est tellement délectable...
Bref, revenons en à notre Poisson. Lentement, je m'approche de lui, le faisant reculer instinctivement jusqu'au mur derrière lui. La crainte ne le saisit pas, ses pas ont fuit les miens simplement pour éviter un choc entre nous deux. Ses yeux sont un véritable accès à ses émotions, je lis en lui comme dans un livre ouvert, bien que ses perles soient plus intéressantes... Là par exemple il attend sagement, je présume qu'il doit se dire que ce n'est qu'un rapprochement afin de lui confier un secret qui doit rester clos, rien qu'à nous deux, ou trois en comptant ma précieuse face blanche.
Enfin ! Son regard s'écarquille ! Il a quand même fallut que mes mains effleurent ses cuisses avant cela, et qu'elles remontent plus sur celles-ci avant d'être stoppées rapidement par les siennes.
- Grand Pope, vous ne me répondez pas ! Cessez ce... cela, c'est...
- N'ai-je pas le droit de te désirer ?
Et voilà, rien de plus simple pour choquer quelqu'un... Aphrodite me regarde comme si j'étais le plus effroyable des personnages de contes de fée.
- Me... désirer ? ... Qu'est-ce que vous...
L'incompréhension totale, voilà où je veux te mener joli Poisson !
- Puisque tu cherches autant Saga, alors tu seras récompensé.
Sans reculer, le Grand Pope porta la main à son masque qu'il retira sans se presser, laissant enfin apparaître au dernier gardien du Sanctuaire son vrai visage, un large sourire sublimant sa démence. Aphrodite ne sentit plus le moindre courant d'air alimenter son corps, c'était comme si tout ses organes s'étaient figés, comme si le temps avait arrêté son cours autour de lui. Il voulait respirer mais dut attendre quelques secondes avant de pouvoir à nouveau aspirer l'oxygène. Qu'est-ce qui venait de se passer ? Ses yeux n'avaient pas quitté ce visage qu'il n'avait plus vu depuis des années... Mais ce dernier fit battre son coeur à tout rompre, le submergeant de quelques frissons et surtout d'un flot d'émotions variées. Une surprise intense, une peur, une incompréhension, Aphrodite ne savait plus du tout où il en était. Tant de questions défilèrent dans sa tête mais aucune ne sembla assez courageuse pour s'imposer sur les autres. Le Grand Pope retira également son casque orné du fameux dragon rouge, laissant sa souple et soyeuse chevelure cendrée cascader dans son dos. Le chevalier des Poissons ne dit rien, seule sa respiration légèrement saccadée par la surprise trahissait son impression. Arès quant à lui ne bougea pas, il aimait être prés du douzième gardien afin de le garder à portée de main s'il se décidait d'un coup à être plus... génant.
- S... Saga ?
- En personne.
Le Grand Pope ancra son regard vif et perçant dans celui d'Aphrodite. Ce dernier sembla reprendre ses esprits mais ne trouva pas apparemment satisfaction dans ce qu'il aperçut. Ce n'était pas étonnant, car dans ses souvenirs, le Gémeau n'avait pas la chevelure cendrée et surtout ce regard saphir entouré d'une mer rouge passive. Du sang ! Le Poisson écarquilla les yeux et se mit immédiatement sur la défensive.
- Tu n'es pas Saga.
Je suis presque vexé... Il a fallut que je lui montre mon visage, si beau soit-il, pour qu'il cesse de me vouvoyer. Impertinent. Plus les secondes passent et plus sa tension est palpable, il ne peut plus reculer car son dos est déjà au plus prés du mur. J'en profite pour me pencher légèrement à son oreille, je veux qu'il vibre par mes mots, qu'il les écoute attentivement à contre-coeur...
- Je ne peux rien te cacher, Aphrodite, tu étais mon élève.
Le grand Pope attrapa une boucle azure sur l'épaule du chevalier des Poissons et la fit couler entre ses doigts. Il savait comment le déstabiliser avec l'aide inespérée des souvenirs du Gémeau, c'était aussi facile que de casser un oeuf.
- Et le plus calme de tous.
- L'élève de Saga... Non, il guidait mon entraînement.
- Pourquoi me refuses-tu ? Je suis Saga, tu es venu jusqu'ici pour m'aider, non ?
- Tu n'es pas Saga quoi que tu en dises !
Je commence à avoir le dessus, Aphrodite a haussé le ton, il perd patience, son regard se fait plus sombre envers moi, comme s'il me détestait. C'est cela ! C'est bon ! Déteste-moi encore et toujours plus ! Crois éperdument que je suis Saga, celui que tu as connu, ose le croire ! Ose me croire !
- Je suis bel et bien Saga, regarde moi, ai-je tant changé ? Tu ne m'as jamais regardé aussi sévèrement, est-ce que je te dégoûte ?
Ma moue se fait attristée... Oho, aurais-je touché un point sensible ? Tant qu'on y est, autant pousser le bouchon au maximum... Le joli Poisson me parait moins coléreux, plus troublé... Il veut me dire oui et non à la fois, je le sens...
- Aphrodite... J'ai tant attendu, reclus ici, mais j'espérais que tu viennes me délivrer... Te désirer m'a fait tenir...
- Arrête, ce n'est pas vrai. Saga ne me désire pas, tu n'es pas lui ! Qui es-tu ?!
Le grand Pope cessa son air misérable pour une expression des plus neutres, mais tout de même quelque peu vexée. Les pupilles d'Aphrodite semblèrent vibrer sous la tension qu'il subissait, Arès finit par sourire. Il admit quand même le courage qu'avait ce chevalier d'Or pour résister aussi bien à ses avances directes. Au moins ses intentions étaient ainsi claires. Troublé comme il l'était, le chevalier des roses serait une proie facile. C'était comme cela que le voyait Arès: un jeune homme encore pur retrouvant son maître qu'il ne reconnait pas, malgré toute sa bonne volonté pour l'accepter tel qu'il lui apparaissait. Trés touchant, mais la patience du démon aux cheveux cendrés avait des limites et il commençait à sérieusement vouloir les dépasser.
- Tu aurais pu connaître la plus belle nuit de ta vie si tu m'avais cru, mais puisque tu t'entêtes à nier Saga, alors je vais te donner raison et être pour toi quelqu'un d'autre, quelqu'un qui n'est pas le bon et loyal Saga.
Ses yeux s'écarquillent, il a trés bien compris où je veux en venir. Adorable... Je commence à vraiment aimer son regard qui semble fasciné et effrayé par moi... J'aime, c'est parfait. Je profite de sa stupeur pour lui arracher un baiser des plus féroces. Aphrodite... Tes lèvres adorablement fraîches, je les veux toutes entières... Laisse-moi ta bouche... Laisse-la moi toute entière aussi...
Alors que le chevalier des Poissons se sentit plaqué plus violemment contre le mur, il resta comme paralysé parce qu'osait lui faire le Grand Pope. Saga ou... il ne savait qui était en train de l'embrasser d'une passion étouffante. Par mégarde, Aphrodite gémit faiblement tandis que son coeur cognait vivement sa poitrine. De la peur... Pas exactement, une certaine angoisse, une appréhension. Mais qu'est-ce qu'il se passait à la fin pour qu'il soit aussi faible et totalement engourdi dans cette situation tellement improbable ?! Arès profita de la faille entre les lèvres du chevalier aux mille roses pour y engouffrer sa langue perforante alors que ses mains avaient stabilisé les poignets du jeune Poisson. Une pression qu'Aphrodite n'apprécia pas du tout. A peine le Grand Pope avait-il eu la malice de caresser la langue du jeune chevalier que ce dernier la lui mordit férocement. Arès sentit une vive colère l'étreindre et se traduire par un douloureux gémissement, et plus particulièrement dans son regard devenu braises. L'une de ses mains se libéra pour aller empoigner le cou d'Aphrodite, se resserrant immédiatement sur sa prise.
- Ne sois pas détestable tout de suite, ce ne serait pas amusant si je te tuais maintenant.
Le chevalier des roses souffrait de cette étreinte trop possessive, trop étouffante, trop injuste... Pourquoi lui faisait-il ça ? Parce qu'il avait refusé de croire ses dires ? Parce qu'il ne l'acceptait pas en tant que Saga ? Aphrodite ne ferma pas les yeux malgré sa forte envie de libération. Bien sûr qu'il allait l'obtenir ! L'imposteur en face de lui n'avait pas l'armure des Gémeaux pour le soutenir... Lui possédait encore sur son dos l'or des Poissons... Néanmoins Arès sembla lire dans son esprit et le relâcha avant qu'il n'use de son cosmos et intrigue les autres chevaliers.
- Je ne ferais pas cela si j'étais toi.
- Pou... Pourquoi ?!
Aphrodite respira difficilement, sa gorge était encore endolorie par la poigne de fer de son agresseur. Toutefois, il daigna l'écouter avant d'engager un combat plus sérieux avec lui. Il n'était pas Saga mais un imposteur ! C'était la seule vérité à accepter. Sa troublante ressemblance avec le Gémeau n'était pas une raison suffisante pour l'épargner. Et la douleur logée tout le long de son cou était là pour le lui rappeler.
- Que tu le veuilles ou non, je suis Saga, et je vais te le prouver.
Arès eut un sourire de prédateur affirmé, sourire qui ne dura pas car déjà Aphrodite put le voir tomber à genoux au sol. Qu'est-ce qu'il lui arrivait maintenant ? Pourquoi tremblait-il fébrilement ? Et sa longue chevelure cendrée... Non impossible ! Le chevalier des roses aurait reconnu cette teinte de bleu entre toutes !
- Saga !!
Le jeune homme aux boucles azurées ne put s'empêcher de se précipiter à ses côtés, passant ses mains précautionneusement jusqu'à son visage encore baissé. Ne voulait-il pas se relever vers lui ? Sa respiration était anormalement élevée ce qui inquiéta plus que de raison le Poisson. Et pourtant... Un intense bonheur l'envahit, entravé certes par sa peur présente, mais ce bonheur était réel. Il avait enfin réussi à retrouver Saga des Gémeaux... Finalement ce dernier releva brutalement la tête vers lui, son regard n'était qu'angoisse et crainte.
- A... Aphrodite, fuis !! Fuis et dénonce-le ou il va te...
Mais hélas pour lui, il n'eut pas le temps de finir sa phrase qu'un immonde mal de crâne le frappa. Une douleur passagère mais ô combien haïssable s'y était engouffrée, même les mains plaquées sur elle, Saga n'arriva pas à s'en défaire. Le chevalier des Poissons fut pétrifié à l'idée de le perdre encore une fois. Il saisit les épaules du Gémeau et tenta de le raisonner calmement mais rien n'y fit. Il souffrait et lui était incapable de le soulager... Au bout de quelques secondes où tout les deux furent captifs de la terreur, Arès reprit les rênes du corps qu'il jugeait comme étant le sien et un rire presque heureux traversa sa gorge.
- Je vois que tu tiens à Saga...
La voix profonde de l'imposteur sortit Aphrodite de sa torpeur et sa simple vue le mit dans une rage folle. Arès avait de trés bons instincts, il fallait bien au moins cela pour réussir à parer les nombreux coups de poings que voulut lui asséner Aphrodite sans succès.
- ENFOIRE !! Qu'est ce que tu lui as fait ?!
- Rien, il est juste épuisé de lutter contre moi. Tu veux vraiment frapper le corps de Saga ?
A cette remarque, le Poisson s'arrêta. Son poing ne voulut plus avancer malgré les derniers centimètres qui le séparaient de la figure du dit-enfoiré. D'ailleurs cette digression verbale ne fut pas impunie pour longtemps. Certes le chevalier des roses s'était calmé mais cela ne satisfaisait pas entièrement l'imposteur du Sanctuaire qui le gifla violemment. C'était la seconde marque qu'Arès lui laissa à cause de son manque de passivité. On ne refusait pas les avances d'un dieu, du Dieu...
- Ravissant Poisson, vois ce que tu m'obliges à faire.
- Tu pouvais faire autrement... Enfoiré...
La réplique fut immédiate, une autre gifle beaucoup plus puissante que la précédente. Un claquement cinglant qui révéla toute l'intensité de la force d'Arès. Au moins à présent, ses deux joues étaient inégalement teintées d'un rouge brûlant et elles eurent l'effet d'apaiser un temps soit peu l'humeur massacrante du Grand Pope, bien que ses traits n'en laissent rien voir. Aphrodite comprenait qu'il avait intérêt à tenir sa langue s'il voulait éviter les coups. Leur impact était moins facilement supportable que celui des coups classiques de ses habituels adversaires. Là il ne fallait pas oublier que derrière cet homme détestable était emprisonné Saga, le seul chevalier qui avait toute l'admiration du petit Poisson. L'imposteur avait donc le moyen de soumettre sa proie à sa volonté. Comme pour le tester une nouvelle fois, Arès saisit le visage d'Aphrodite et le contempla. Il était au bord des larmes et vidé de toute animosité.
C'est fou ce qu'une paire de claques peut faire... Héhé, tu me plais Aphrodite, j'aime bien qu'on me résiste pour mieux s'offrir à moi... C'est terriblement excitant...
- Sa... Saga...
- Il se repose. Et tu peux l'aider.
- Vr... Vraiment ? Et comment ?
Ahlala, qu'est-ce qui me prend de le réconforter comme ça ? Pff, tant pis, son regard brille d'une jolie lueur maintenant, comme de l'espoir... Aha ! Pathétique, je peux tout lui faire miroiter !
- Eh bien tu ne veux que le bien de Saga, n'est-ce pas ? Tu sais que si tu t'enfuis comme il te l'a ordonné et me dénonces, eh bien ce sera quand même lui qui sera condamné à mort. Ce serait idiot de mener à sa perte celui que tu as tant recherché, ai-je tort ?
Aphrodite avait compris tout cela dés l'instant où Saga lui était apparu... Il était incapable de s'enfuir en le laissant derrière lui. Être séparé de Saga revenait à le condamner à une mort certaine. Et cette idée lui était de trés loin la plus insupportable ! Impossible d'entraîner la fin du Gémeau... Aphrodite en était bien trop amoureux et ce depuis déjà fort longtemps... Son coeur lui faisait défaut.
- Tu ne peux l'aider qu'en m'obéissant, Aphrodite. Je peux rompre le fil de sa vie trés facilement, n'oublie jamais cela. Tu as bien vu à quel point je l'ai affaibli alors que je rayonne d'énergie. Obéis-moi.
- ... Obéir...
- Et tu vas me prouver ton obéissance dés maintenant.
Assis tout les deux au sol de la chambre du Grand Pope, ce dernier déposa lentement ses lèvres sur celles du chevalier des Poissons. Lentement, il les goûta une nouvelle fois sans rencontrer la moindre réticence. Arès les lécha doucement avant de laisser sa langue s'engouffrer dans la bouche du Poisson, dansant dés lors une valse énergique avec sa jumelle. Un baiser qui dura longtemps... Bien trop longtemps pour Aphrodite qui grimaça légèrement. A sa vue, l'imposteur du Sanctuaire s'arrêta et se releva. Il attrapa l'un des poignets du jeune homme et le força à se relever à son tour, l'entraînant à sa suite jusqu'au lit qui fit frémir l'échine d'Aphrodite.
- Non...
La réponse fut simple, Arès le balança nonchalamment sur le lit magnifique.
- Tu as le choix, soit tu tues Saga, soit tu m'obéis et te déshabilles immédiatement.
Pfyu... Chapitre trois, done ! Il est plus long que ce que je m'en étais imaginé au départ.
Je suis navrée si vous êtes déçu de ce manque d'action mais la fin me plait plutôt bien ^^ (et comme pour le chapitre deux, elle tient en haleine, nyerk nyerk !)
Bon... Arès maltraite Aphrodite, je n'aime pas la méchanceté gratuite mais je ne pense pas que le petit Sagris soit un être des plus doux. Il déteste le petit Gobie depuis qu'il lui a piqué l'attention de Saga. C'est un peu son bouc émissaire, enfin poisson émissaire pardon --'
Alors qu'en pensez-vous ? =D Review pleeease ! Et je vous offrirais un gros bisou en échange ! (comment ça vous fuyez ?! Non ! Vous n'avez pas le droit ! è.é C'est moi le patron ici, muahaha !!) ... Je subis trop l'influence de Sagris et de ses "muahaha !!" ... T.T Plus sérieusement, j'aimerais que vous me disiez ce qui vous tracasse dans cette fic et ce qui serait à améliorer, je suis là pour ça !
A la prochaine ! ;D
