Et voilà le chapitre 2 !
Merci à tous ceux qui m'ont laissé un petit mot, ça m'a fait très plaisir, je ne pensais pas déclencher autant d'enthousiasme. À la demande de certains reviewers sur mes progrès (Thecrasy c'est pour toi) je vous annonce que le chapitre 4 est en cours d'écriture et pour ce qui est du rythme de publication... ce sera un peu aléatoire. Mais j'essaierais de ne pas vous faire patienter trop longtemps. Sur ce, enjoy !
Chapitre 2 : Famille rousse, bars et explications
Ses pieds le faisaient souffrir. Il n'était pas habitué à marcher autant. Deux ampoules grossissaient sur son pied droit et une autre avait éclaté sous son talon gauche. Harry observait les petits bouts de peau et le liquide qui suintait pendant qu'il se reposait sur un banc public devant une petite église décrépie.
Le soleil levant colorait les nuages de rose, bientôt il pourrait s'éloigner plus des réverbères, les ombres inquiétantes sur le mur rapetissaient à mesure que l'astre montait dans le ciel. Au début la peur de l'inconnu l'avait presque cloué sur place à la sortie de Privet Drive, lui qui n'était jamais allé plus loin que le square municipal, à trois rues de la maison des Dursley.
Mais ensuite il avait croisé un panneau indicateur qui avait éveillé son enthousiasme et toute sa curiosité. Londres. Dudley y était déjà allé plusieurs fois. Il avait déjà vu Big Ben, le Parlement, la Tamise, les musées... et toute l'excitation d'une grande ville ! D'ailleurs les alentours se réveillaient déjà et quelques travailleurs matinaux démarraient leurs voitures pour rejoindre les bureaux.
Harry se remit en marche, il se trouvait tout proche de Londres désormais et s'il voulait passer inaperçu il savait qu'il valait mieux se perdre dans l'agitation matinale de la ville. C'était la première leçon que Dudley lui avait apprise avec la « chasse au Harry », souvent quand son cousin lui courait après avec sa bande il allait disparaître au milieu des autres enfants du parc pour les semer. Enfin au début, parce qu'ils avaient beau ne pas être toujours aussi dégourdis que lui, tous avaient fini par comprendre que quand on apercevait une tignasse brune en bataille le plus sage était de tout laisser en plan et rejoindre sagement sa maman.
Enfin, inutile de ressasser de mauvais souvenirs, n'est-ce pas ?
Quelques minutes plus tard il trainait les pieds dans les rues londoniennes. Il était déçu. Bien sûr c'était une belle ville, mais c'était immense, bruyant, intimidant. Il n'avait pas d'argent non plus et malgré son talent pour les perruques bleues, le poivre et les vers de terre (Daniel Perril devrait se souvenir toute sa vie du jour où il avait mis un ver de terre dans son pique-nique !) il paraissait impossible de faire surgir de la monnaie dans ses poches. Le paquet de gâteau lui semblait un lointain souvenir alors, assis au bord d'une fontaine il observa les images de son livre. Il ne voulait pas manger ses pommes tout de suite sinon il n'aurait qu'une tomate pour le midi. Mais les gens l'observaient étrangement. Passé 10h chacun était ou au travail ou à la maison et un petit seul dans la rue attirait le regard. Pour se soustraire à leur attention inquisitrice, il se remit à marcher.
C'était la règle numero 2 de la « chasse au Harry » : on se fond toujours mieux dans un lieu si les gens croient que vous savez ce que vous faites. Si vous semblez sûr de vous personne ne vous interrogera. Un dimanche il avait échappé à Dudley et Piers en entrant dans la maison de Madame Backer quand elle organisait une reception. Il était passé sans s'arrêter, pretextant un message important à remettre et quand ses poursuivants avaient jaillit devant la maison ils avaient ralenti. Et ils avaient été refoulés.
Ses pérégrinations l'amenèrent sur une petite place, à l'écart, alors que le soir tombait. Après une volée de marches il se blotti dans un renfoncement près d'un pont et, ignorant au mieux les gargouillis de son estomac affamé et l'odeur d'urine, il ferma les yeux rêvant de son lit vert.
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- Arthur ! Bon sang, Arthur ! Ils vont te voir !
- Calmes-toi Molly. Si tu continues à t'agiter c'est sûr qu'ils vont nous voir ! Je veux juste comprendre comment ils font fonctionner leurs boitures.
- Voiture papa, une si tu veux savoir ça fonctionne...
- Avec de l'essence, hein Fred ?
- C'est ça, c'est Mary qui nous l'as dit.
- Mary ? Votre institutrice ? Elle s'y connait en technologies moldues ?
- Arthur ! Il faut qu'on rentre !
- Oui,oui, bien sûr ma chérie. Et puis il faut récupérer Ginny, Miss Appleton la garde depuis hier soir.
- Allez les jumeaux en route. Allez !
La famille Weasley repris sa route dans Londres, Madame voulait aussi acheter de la laine sur le Chemin de Traverse avant de récupérer sa fille chez la voisine.
Harry se figea quand ils passèrent devant le petit recoin où il avait élu domicile pour la nuit. Il ne voulait pas qu'on le remarque. Après tout peut-être que les Dursley avaient lancés un avis de recherche et il ne voulait pas rentrer. Bien qu'il ait des doutes sur la motivation de son oncle sur le sujet, mieux valait ne pas prendre de risques. Même s'il avait faim. Mais c'était là que la famille de rouquins intervenait. D'abord parce que c'était les demandes stridentes de la mère qui l'avaient réveillé et ensuite parce que la discussion entre le père et les deux jumeaux avait révélé des étrangetés. Vernon avait toujours taxée sa curiosité de maladive et même sa tante parfois se lassait de l'avalanche de questions qu'il lui posait, mais aujourd'hui ce besoin de savoir était un atout. La curiosité surpassait la faim. Le mot « moldu » par exemple, qu'est-ce que c'était ?
Au moins une bizarrerie. Or les étrangetés s'était ce que Vernon lui reprochait toujours. Mais ce qui le décida vraiment à les suivre ce fut le mouvement bizarre du père avec un bout de bois. Après ça il remarqua que la famille avançait mais les gens autour évoluaient comme s'ils n'existaient pas. Ces gens lui ressemblaient. Ils faisaient des choses extraordinaires, il en était convaincu.
Harry saisi son livre et se mit à courir, il ne voulait pas les perdre de vue. Il y eut quelques moments difficiles, par exemple quand il du attendre avant de traverser alors que les rouquins s'éloignaient sur le trottoir d'en face. Mais après deux tournants il les retrouva et se mit à marcher presque sur leurs talons. Heureusement le couple poursuivait une discussion animée au sujet d'une voiture et ne le remarquèrent pas. Il les écoutait tout en marchant. C'était une Ford Angelina bleue, et elle volait apparemment. Ils s'arrêtèrent enfin devant la porte d'un pub, sombre et renfoncée entre deux bicoques, comme pour se fondre dans l'oubli. D'ailleurs personne ne semblait y prêter attention.
La question de savoir si oui ou non le fait d'avoir de nouveaux chromes pouvait influencer le sortilège d'invisibilité de la voiture fut coupée par la porte qui se refermait.
Après une seconde d'hésitation devant le gros heurtoir en fer rouillé de la porte, il poussa le battant de chêne discrètement et pénétra à l'intérieur. Après tout, autant suivre sa piste jusqu'au bout maintenant. Les volutes de fumée et la voix rocailleuse du barman qui dictait les commandes dissimulèrent son entrée. Il avança timidement entre les tables, sachant que s'il restait sur le seuil on le remarquerait immédiatement.
C'était maintenant qu'il se rendait vraiment compte du changement. En passant la porte il avait changé de monde. Dans un coin une vieille tirait sur la pipe sous un chapeau rayé et rapiécé. Sur la table d'en face deux hommes parlaient bruyamment en sirotant des bières, enfin ce qui y ressemblait parce que l'homme de gauche avait les oreilles qui fumaient. Enfin, à l'extrême bord du comptoir, le plus loin possible des bougies posées sur les tables, seules sources de lumière hormis une lucarne crasseuse, se trouvait quelqu'un de très pâle et Harry cru bien distinguer l'éclat d'une canine extra-longue. La famille qui l'avait précédé était déjà partie. Mais loin de croire qu'il s'était trompé, il se dit que c'était magique. C'était comme ça. Après tout chaque consommateur pouvait aussi être quelqu'un de magique. Ils étaient très différent entre eux et par rapport à la famille rousse mais les imaginer ensemble ne détonait pas tant que ça. Ils avaient tous quelque chose en commun.
Leurs tenues déjà. Tous portaient des robes, et malgré le temps presque estival, tous possédaient de longues capes. Les rouquins n'en avaient pas mais leur tenue était si étrange et mal assortie que les imaginer en robe semblait plus normal.
- Tom envoie moi un autre Whisky s'te plaît !
- T'as déjà les oreilles qui fument Teddy ! J'espère que tu travailles pas ce soir, sinon c'est niet. Hors de question que tu prenne ton service plein comme une barrique.
- T'inquiète, c'est John qui est de garde. Je peux faire fumer mes oreilles comme je veux.
Grommelant contre les ivrognes et les ivrognes-en-devenir le barman servi pourtant la chope demandée. Harry avait profité de la diversion pour passer devant le bar vers la porte arrière de la salle. Elle devait bien donner quelque part puisque les rouquins étaient partis sans repasser par devant. Mais après quelques pas, il se retrouva vite dans un cul-de-sac entre les poubelles et deux murs de briques rouges. Déçu, il s'apprêtait à faire demi-tour, ses illusions fracassées, quand la chance se manifesta à nouveau en sa faveur.
« Teddy » fut mit à la porte pour tapage, le dernier whisky qu'il avait avalé ayant consumé son dernier neurone. Titubant, l'homme du refaire trois fois la combinaison qu'il tapait sur le mur avant qu'un quelconque effet ne survienne. Et à l'ébahissement du petit le mur s'ouvrit sur... une rue commerçante.
L'allée fourmillait de toute la foule qui la parcourait, ce samedi en fin de matinée toutes les ménagères sortaient faire leurs courses. Harry passa l'arche que formait à présent l'ancien mur et commença à descendre la rue.
- Cinq mornilles la poignée ! Mes œufs de tritons, cinq mornilles la poignée !
- Achetez mes plumes ! Belle plumes d'oie avec correcteur d'orthographe intégré les jeunes ! Achetez...
- Lundi c'est ma tante Agnès qui arrive, on fête son anniversaire …
- Un petit chat mademoiselle ? Un chat, un hibou, un crapaud ?
- Dis donc quel prix pour des pattes de salamandre ! Quel...
- Tous vos rêves dans une bouteille messieurs dames ! Pensines, attrapes-rêves, avec nous vous aurez l'esprit léger !
- Ah désolé mon bonhomme, si tu veux acheter quelque chose il faut que tu convainques tes parents. On ne peut pas vendre de quoi modifier la mémoire ou détraquer l'esprit à quelqu'un d'aussi jeune, pas vrai ?
- Bbien sû-ur... au revoir monsieur.
Il était resté trop longtemps à contempler les volutes qui s'échappaient des bouteille derrière la vitrine. Elle prenaient souvent la forme d'un visage, parfois d'un monument. Mais il y avait tellement à voir !
De chaque côté de la rue des boutiques entassées les unes sur les autres et les gens aussi méritaient un coup d'œil ! Tous en robe et cape, qui rebrodé d'argent, qui tricolore, qui à pois verts... et avec des chaussures et des coiffures de toutes sortes. Il avait déjà croisé de nombreux chapeaux pointus, un chignon triangulaire, des souliers de bois, des nattes qui clignotaient en camaïeu de violet, de riches chaussures de cuir, des ballerines en dentelles et même un homme en justaucorps jaune avec des jambières d'acier !
Toute cette profusion vestimentaire se disputait la vedette avec le contenu des boutiques, qui pas plus que les gens, ne restait longtemps silencieux. Le passage au niveau des animaleries étaient particulièrement sévère pour les tympans.
Mais ce qui lui plaisait le plus et de loin, c'était l'échoppe du portraitiste. Il observait fasciné, toutes les photos animées, les peintures qui parlaient et les hologrammes en 3D où l'on voyait des paysages et des villes en miniature défiler sous ses yeux.
Après avoir observé la Vendée, Rome et la partie sorcière de Bombay il se força à changer de boutique avant que le marchand ne s'interroge. De toute façon il n'avait pas le courage d'entrer dans les boutiques. Et puis il ne pourrait rien acheter, il n'avait pas de monnaie et de toute façon ici les pièces étaient différentes. Il avait vu de petites pièces de bronze et d'autre plus grosses en argent, frappées d'un dragon, changer de main pendant qu'il observait l'étalage de l'apothicaire.
Il pressa le pas devant la partie de rue consacrées aux confiseries, son estomac gargouillait presque continuellement maintenant. Il n'avait rien mangé depuis deux jours.
La boutique suivante rassemblait un tel attroupement qu'il du user des coudes et se hisser sur la pointe des pieds pour pouvoir connaître son nom. « Quidditchland » La foule était composée en majorité d'enfants, un peu plus âgés que lui cependant. La vitrine présentait un balai au manche poli extrêmement long et les brindilles à l'autre bout excluaient la possibilité de s'en servir pour le ménage.
Ce fut à ce moment que Harry compris qu'il se trouvait chez des sorciers. Qui d'autre utilisait un balai pour voler ? Mais cette découverte ne le choquait pas tellement concernant l'endroit, entre les ingrédients de potion et les photos mouvantes il avait déjà pressenti que de la magie était dans l'air. C'était plus à son sujet qu'il doutait.
Il pensait ressembler à ces gens mais était-il vraiment un sorcier ?
Sorcier... sorcier... le mot en lui-même lui semblait étrange. Trop irréel. Et puis selon le folklore les sorciers possédaient de baguettes et lançaient des maléfices. Or s'il avait vu des baguettes a priori, aucun maléfice ne s'annonçait à l'horizon. L'esprit plein d'interrogations, il repris son chemin en passant cette fois à gauche du grand bâtiment blanc gardé par des créatures bizarres. Gringotts. Le nom de l'établissement flamboyait en lettres d'or sur le fronton du bâtiment, surmonté par le symbole d'une enclume et de trois pièces. Surement la banque sorcière.
L'idée le fit sourire. Une banque c'était tellement commun. Même Vernon, l'homme le plus normal qu'on puisse trouver (et dans le sens péjoratif du terme) allait à la banque. Et bien que les vigiles l'étonnait il ne s'attarda pas à les fixer, c'était malpoli.
Or la seule chose utile qu'il devait à Vernon Dursley c'était bien la politesse.
La boutique suivante était fermée et celle d'après « Les Trois Balais » bien trop attrayante pour son appétit. Suivaient ensuite une librairie, coincée entre un fournisseur de tapis d'Orient (« En soie la plus légère même pour les plus lourds ! ») et un fabriquant de chaudrons (nouveau Bouilleuxx avec touilleur intégré et gants en cuir de dragon fournis) et la rue s'arrêtait sur un petit sentier qui s'enfonçait vers les bois.
Le soir commençait à tomber et il n'osa pas s'y aventurer. Revenant sur ses pas, il s'aperçut que beaucoup de boutiques avait fermé. Le petit clocher sur la place qui séparait les deux rues sonna 20h. La foule s'était clairsemée et les passants qui restaient marchaient vite, pressés de retrouver la chaleur de leurs foyers. À l'angle de l'échoppe d'apothicaire une ruelle serpentait, qu'il n'avait pas encore explorée. L'allée des embrumes. Le nom ne l'attirait pas mais il avait mal au pieds à nouveau, il était fatigué et par-dessus tout il avait faim. Alors que le Chemin de Traverse s'éteignait petit à petit, hormis quelques lumières comme celle des Trois Balais et le restaurant de Madame Piedoddu, l'allée des Embrumes s'éclairait. Comme c'était plus proche il s'engagea dans le ruelle, décidé à demander de quoi soulager son estomac.
Des néons clignotaient projetant en rouge le nom d'un bar, Circée, comme des taches de sang sur les pavés. De l'intérieur illuminé il pouvait voir d'aguichantes danseuses se trémousser entre des clients plus ou moins sobres.
- Dis donc toi, t'es pas un peu jeune pour t'essayer au voyeurisme ?
Se tournant vers la voix, Harry découvrit une petite femme blonde, menue dans la tenue des danseuses du bar. Une robe noire courte avec des gants et de grandes cuissardes en cuir rouges.
- Et bien t'es encore plus jeune que ce que je pensais ! Tu t'es perdu petit ?
Harry répondit d'un hochement de tête timide à la femme qui s'était avancée.
- Je suppose que tes parents t'ont oubliés vu l'heure qu'il est.
Lâchant un petit soupir elle lui indiqua la porte arrière du local.
- Attends moi là, je reviens m'occuper de toi, tu peux pas rester tout seul ici.
Deux minutes plus tard, elle le glissait à l'intérieur.
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- Charlène ! Qu'est ce que tu fiches ?
- Lyne ! oh... et bien euh... figure toi que... j'ai trouvé ça ! Ce pauvre petit s'est perdu, j'allais pas le laisser erre dans l'allée des Embrumes quand même.
- Ouais t'imagines, il aurait pu tomber sur pire que nous. Enfin, faudra que tu te débrouilles avec Miss Lydia. Je retourne dans le salon, et où est-ce que tu vas le mettre ?
- Dans ma loge sûrement. À plus !
Lyne fit un petit geste de la main et passa un rideau de perles en direction de la musique et des clients qui trainaient sur les coussins élimés de grandes banquettes face à leurs chopes.
Charlène le poussa ensuite en direction d'un escalier sombre qui donnait sous les combles.
- C'est là qu'on s'arrête petit. Au fait c'est quoi ton prénom ?
Elle ouvrit la porte qui donnait sur sa loge, la poignée ne tournait plus et elle se servi de la clé comme accroche. La petite pièce contenait une coiffeuse posée sur une table branlante qui faisait aussi bureau et table de cuisine, et un miroir entouré de strass qui reflétait la peinture dorée des murs qui s'écaillait dans les coins. Une fine échelle en alu permettait d'accéder à une mezzanine où se trouvait un lit.
- Tu veux du café Harry ?
- Non merci, madame.
- T'as raison, c'est mauvais la caféine. Et je t'ai déjà dit de m'apeller Charlène, je ne suis pas si vieille que ça quand même ! Enfin... tu te poses ici cette nuit, elle lui désigna un petit canapé coincé derrière la table. Je t'aurais bien proposé le lit là-haut mais j'ai peur que tu tombes. À moins que tu n'aies déjà dormi en hauteur ?
- Non mad- Charlène.
- Bon. Est-ce que tu veux un biscuit ?
Harry s'empressa d'accepter et dévora le paquet de cookies qu'elle lui tendit.
- Eh bien ! On dirais que tu n'as pas mangé depuis trois jours !
- Non, seulement deux. Merci beaucoup Charlène.
- Deux jours ! Mais... mais qu'est-ce que tu faisais sur le chemin de traverse tout seul ? Tes parents t'ont laissé là-bas ?
- Non, ils sont morts quand j'étais petit. J'étais chez mon oncle mais-
- Charlène ! Quelle impertinence !
La porte s'était ouverte avec fracas sur une dame corpulente, en robe noire elle aussi, un foulard noué autour des épaules.
- Tu as laissé les clients en plan comme ça ! Tu n'es pas en congé je te signale ! Mais si tu proteste contre tes conditions de travail dis-le tout de suite, je m'occupes de te remplacer !
- Miss je-
- Et comme tu viens juste d'arriver ça pourrait être plus rapide que tu ne le penses !
- Je vous pries de m'excuser Miss. J'ai trouvé ce petit perdu dans l'allée et vu l'heure j'ai préféré le laisser dormir dans ma loge.
- Super, un mioche ! Tu t'en occupes Charlène, je ne veux pas le voir importuner les clients. Et ce sera retenu sur ta paie bien sûr, puisque tu ne travaille pas. J'espère que tu n'as pas décidé de l'adopter parce que demain il dégage.
Mais malgré son ton lassé et apparemment dérangé de voir un embêtement Charlène sentait une pointe de joie dans la voix de sa patronne. Mais n'étant pas actuellement dans ses bonnes grâces elle décida de ne pas lui demander la raison de ce secret enthousiasme.
- Demain je l'emmène au ministère, à ce qu'il m'a dit on l'a abandonné alors...
- Ministère ?
- Oui, le ministère de la magie, on ira voir le service qui s'occupe des enfants et tu pourras rentrer chez toi.
- Non ! Je veux pas retourner là-bas ! Sinon il va encore taper Tata et elle, elle … sa phrase fut étouffée par un sanglot et Harry se mit à pleurer.
Miss Lydia leva les yeux aux ciel, plus embêtée par le bruit qu'autre chose. Charlène lui chuchotait des mots de réconfort en lui caressant le dos et il finit par se calmer.
Finalement Harry s'essuya les yeux. C'est ce qui le trahi. En passant, sa main accrocha « l'horrible frange pour cacher l'horrible cicatrice » que Pétunia l'obligeait à porter et sa cicatrice apparut.
Au silence qui entoura ses reniflements, Harry leva la tête, surpris.
Charlène le regardait avec les yeux ronds et Miss Lydia était bouche bée. Image qui détruisit en quelques secondes l'image de grande duchesse compassée qu'elle avait commencer à installer dans la tête de Harry.
- Vous devriez fermer la bouche madame. Tante Pétunia disait toujours que si je faisais une grimace et qu'un coup de vent passait je resterais comme ça pour toujours affirma Harry d'un ton docte.
Le silence durait. Un tic agitait la bouche de Miss Lydia et Harry commença à fixer le sol, mal à l'aise.
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- Potter... il y a Harry Potter dans mon établissement.
La patronne semblait toujours ahurie.
- Sans vouloir vous vexer Madame, je crois qu'il y a plus important. Comme par exemple le POURQUOI et le COMMENT de ce fait plutôt que le fait lui-même.
Miss Lydia était tellement choquée qu'elle oublia de relever le « Madame » qu'elle abhorrait. 'Miss » ça faisait beaucoup plus chic. Et plus jeune aussi.
- Exact. Alors Harry, tu nous racontes comment tu es arrivé là ? Je croyais que tu était placé chez des proches ?
- J'étais chez ma tante. Mais, comment vous savez qui je suis ?
Puisque sa patronne regarda le bout de chou les yeux rond une fois de plus, Charlène décida de prendre les choses en main.
- Harry... tiens, viens là.
Une fois qu'il se fut assis près d'elle sur le canapé elle commença :
- Hum, voilà. Dans le monde des sorciers, enfin le monde magique-
- C'est quoi la différence ? Les sorciers sont magiques non ?
- Le monde magique ça comprend les sorciers mais aussi les créatures magiques comme les les centaures les gobelins, les vampires-
- Ça ressemble à quoi un gobelin ?
- Ils ont de longues oreilles pointues et, euh Harry... tu sais je vais te raconter une histoire, une histoire vraie et après tu poseras tes questions, d'accord ? Alors, dans le monde magique, tu es célèbre. Non ! Ne me demande pas pourquoi, je raconte.
Harry referma la bouche et se promit d'écouter attentivement jusqu'au bout.
- À ce que j'ai remarqué tu as été élevé par des moldus, je me trompes ?
- Les moldus sont des gens sans pouvoirs magiques petit, expliqua la patronne. D'ailleurs je m'en souviens bien c'était il y a quatre ans je crois, la décision du Ministre de laisser le Survivant chez des moldus... quel tollé ! Mais les gens ne pouvaient rien y faire ils se sont inclinés...
Harry hocha la tête, Charlène repris.
- D'abord il faut que tu saches que toi aussi tu es un sorcier. Si, le fait que tu sois là le prouve. Les moldus sont repoussés par des sortilèges à l'entrée du chemin de traverse. Ensuite, c'est une histoire triste. Il y a quelques temps que tout va mieux mais il y a dix ans c'était très sombre du côté des sorciers. Il y avait un sorcier qui ne voulait pas mourir, il a fait beaucoup de recherches sur le sujet mais tout le monde sait que même la magie ne peut empêcher la mort. Mais comme il était très obstiné, il continua ses recherches et il appris petit à petit de la magie noire. Cette magie est mauvaise, elle l'a rendu fou. Et puis il a eut envie de diriger l'Angleterre et il s'est mis à terroriser la population avec ses fidèles. On les appelle les mangemorts. C'était une horrible période, avec ses connaissances il levait de grandes armées de morts, il détruisait des villages entier d'un coup de baguette... Tout le monde vivait dans la peur. Mais certains moins que d'autres. Comme tes parents, par exemple. C'était des combattants, ils avaient quelques alliés bien sûr mais peu. Tout ceux qui résistait à V- à Voldemort étaient tués.
Harry eut un petit rire et Charlène le fixa, choquée.
- Je suis désolé, Charlène. J'avais promis d'écouter mais c'est tellement ridicule comme nom.
- Harry il faut que tu saches que ce nom fait peur encore. C'était il y a quatre ans et il vaut mieux éviter de prononcer ce nom. On l'appelle Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom.
- Les gens ont peur d'un nom ? Enfin, je veux dire, moi j'ai jamais aimé les araignées mais le mot ne m'a jamais effrayé.
- Les araignées ne tuent pas cinquante personnes dans un accès de colère Harry.
La voix de Charlène portait des blizzards et la température de la pièce chuta d'un coup.
- je suis désolé Charlène, s'excusa Harry d'une petite voix. Est-ce que tu peux continuer ?
- Tes parents se sont opposés à Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, et un jour celui-ci les a attaqué, quand tu avait un an. C'étaient de brillants sorciers, ils avaient prévus des protections autour de leur maison mais ils ont été trahi et bien qu'ils se soient battus, ils sont morts. Ensuite le mage noir a voulu te tuer à ton tour et c'est là le miracle, il n'y est pas parvenu. Le sort qu'il t'as lancé a ricoché et il a été tué par son propre sort. La seule marque que tu ait reçu c'est ta cicatrice. C'est une histoire que tout le monde connait, ici tu as été acclamé par tous. Et ta cicatrice en éclair est bien connu, c'est comme ça que nous avons compris qui tu était.
- Pourquoi le sort n'a pas fonctionné ?
- Je ne sais pas Harry, personne ne sait. C'est un mystère. Mais il y a quelque chose que tu dois comprendre, c'est que le monde magique est dangereux pour toi. Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom a disparu mais ses fidèles sont toujours vivants, certains ont été mis en prison mais d'autres n'ont pas été encore attrapés et sont toujours en cavale, prêts à venger leur maître. Au moins du côté moldu il y avait peu de chances qu'on te retrouve mais ici... Il faut que tu rentres Harry, c'est la meilleure solution.
- Je suis d'accord avec Charlène. Et ne commence pas à pleurer. Ce n'est pas parce que mon bar recèle parfois des trucs louches que je tiens à me faire envahir par une bande de tueurs psychopathes. C'est mauvais pour la clientèle ajouta-t-elle pour se justifier.
Enfin les deux adultes se levèrent, Charlène parti chercher une couverture, Miss Lydia s'apprêta à sortir mais elle se figea sur le seuil, comme si une idée la frappait.
- Au fait, tu as quel âge déjà exactement ?
Affaire à suivre...
Bon, je sais ça avance lentement mais ce chapitre sert juste à "poser le cadre", Harry est enfin dans le monde magique. C'est à partir de là que je vais m'amuser ^^ Niark, niark, niark...
J'attends vos réactions évidemment !
