Chapitre 4: Comme une feuille dans le vent

Rose se rendit en histoire de la magie, son dernier cours de la journée. Le professeur Binns commença son cours d'un ton monocorde, comme de coutume. Mais la jeune fille avait une raison particulière d'écouter attentivement : la période, pas si lointaine, de la résistance contre Voldemort la fascinait. En effet, le Mage Noir apparaissait depuis peu dans leurs livres d'histoires, et ce après avoir suscité de nombreuse polémiques dans le monde des sorciers. Il avait était décidé que le règne de terreur de Voldemort préviendrait les futures générations du danger de la Magie Noire et de la puissance qu'avait un homme lorsqu'il parvenait à rallier de nombreux individus à sa cause. Ainsi, les jeunes sorciers prenaient peu à peu conscience du cadeau que représentaient la vie et la liberté, mais aussi que Moldu et sorciers étaient égaux.

A la fin de ce cours, Rose eut l'idée d'écrire à son oncle Harry pour lui demander des précisions sur quelques évènements particuliers. La jeune fille emprunta les escaliers qui pivotèrent et elle regagna le septième étage.
- Dumbledore, dit-elle à la Grosse Dame.
Le tableau tourna, révélant l'entrée de la salle commune des Gryffondor. Posant son sac de toile sur la table, Rose lança un Accio informulé pour faire venir à elle ses livres de cours, et s'installa pour travailler. Le vendredi soir, aucuns élèves ne faisaient ses devoirs, aucun sauf la jeune Weasley. Cela lui permettait d'avoir le dimanche après-midi de libre, alors que les autres étaient bien trop occupés à finir une dissertation au dernier moment.
- Tu fais une partie d'échec avec moi ? lui proposa Hugo, qui était le seul osant la déranger lorsqu'elle était entourée de bouquins.
- Pour que tu me battes encore ? Non merci.
Sans quitter des yeux de son manuel d'Arithmancie, Rose releva ses longs cheveux roux en un chignon négligé afin qu'ils ne lui viennent pas dans les yeux. Au moment où elle s'apprêtait à faire quelques exercices d'application, elle ne put mettre la main sur sa plume. Comment pouvait-on être aussi maladroite ? Elle tourna et retourna ses affaires sans la trouver. Avec un soupire d'exaspération, elle marmonna :
- Oh et puis mince ! Accio plume !
Celle-ci lui sauta dans la main et Rose put parvenir à bout de ses exercices sans que d'autres incidents ne viennent la perturber.

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Son devoir de préfète-en-chef lui imposait des rondes à la fin de la journée. Alors que le soleil se couchait derrière le lac, Rose arpentait les couloirs, s'assurant que tous les élèves regagnaient leur dortoir respectif. La jeune fille adorait ses rondes nocturnes, non pas qu'elle aime le pouvoir ! Mais ces instants de calme lui permettaient de simplement réfléchir. Réfléchir, comme maintenant à sa future profession par exemple. L'ainée des Weasley n'en avait qu'une vague idée. Elle savait juste qu'elle mettrait son intelligence au service de la société, pas de son intérêt personnel, pas pour devenir une idole. Sur ce point, elle était tout à fait d'accord avec sa mère.
Deux Poufsouffles de cinquième année qui badinaient s'enfuirent en courant à la vue de son insigne. Pourquoi où qu'elle soit, les autres devaient-ils lui lancer tout leur amour à la figure, lui rappelant à quel point elle était seule ? Bien que Rose ne veuille pas remédier à cette situation, il y avait des moments comme celui-ci où elle se montrait faible.

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Dans la grande salle ce matin-là, Rose aperçut Albus et Helga discutant à la table des Poufsouffles. Alors qu'elle mordait dans une tartine de pain, son cousin vint s'assoir à côté d'elle.
- Alors, lui dit-elle d'un air très sérieux. Quelle maison vas-tu supporter, celle de ta cousine préférée ou celle de ta petite amie ?
Potter sembla hésiter.
- Je plaisante ! s'exclama Rose en riant.
- Ah ah ah, railla-t-il.
Puis il consulta la montre que ses parents lui avaient offerte pour ses dix-sept ans.
- Allez Rose, tu vas être en retard.
La jeune fille attrapa une brioche, et prit la direction des vestiaires. Elle sentit quelqu'un la bousculer. En se retournant, Rose se trouva happée par deux yeux d'un gris profond qui lui donnèrent froid dans le dos. Il s'agissait de Warren Johnson, un Serpentard de septième année. Le jeune homme, très attirant, avait une chevelure brune en bataille. Il se passa une main dans les cheveux mais ne lui adressa pas un sourire, il réservait son charme au sang pur de sa maison, pas à une Weasley. D'ailleurs, il fut bientôt rejoint par Selena, une brune aux grands yeux violets et à la peau laiteuse.

En passant les grandes portes de l'entrée, la jeune fille aperçut Malfoy très proche d'une Serdaigle, lui dégageant une mèche de cheveux de son visage fin. Rose résista à l'envie de les coller pour badinage excessif sur la voie publique (même si cela n'existait pas). D'ailleurs, il n'était pas avec une Serpentard la dernière fois ? Non pas qu'elle prête attention à des sujets aussi futiles que les relations de Scorpius Malfoy !
Rose mangea sa brioche du bout des lèvres. Elle n'avait plus très faim.

Une fois au vestiaire, Rose retrouva son frère Hugo en train de mettre ses protections. La jeune fille enfila sa tenue en vitesse et attrapa sa batte. Cinq minutes plus tard, les deux équipes faisaient leur entrée sur le terrain.

- Bienvenu à ce premier match de la saison ! s'exclama Rick Ferguson.
- Les équipes de Gryffondor et Poufsouffle font leur entrée sur le terrain, ajouta Michael Guérin.
Les deux élèves, vêtus de jaune et noir pour soutenir leur maison, étaient les commentateurs de ce match. Ils étaient plus drôles que les Serpentard, et Rose les appréciaient beaucoup, étant avec eux en cours d'histoire de la magie.

Rose se mit en position, une main sur le manche de son balai, et l'autre tenant fermement sa batte en bois. Lorsque le coup d'envoi fut donné, la jeune fille s'éleva dans les airs afin d'avoir une meilleure vue d'ensemble du terrain. L'attitude des deux batteurs de Poufsouffle lui parut suspecte. Soudain, ils frappèrent le Cognard en même temps pour l'envoyer avec une puissance décuplée sur le poursuiveur de Gryffondor qui tenait la balle rouge étroitement serrée contre son flan. Rose arriva sur place avant son coéquipier. Mobilisant toutes ses forces, la jeune fille intercepta de justesse la balle, permettant à son équipe de marquer un but.

Les joueurs de Poufsouffle ne se laissèrent pas abattre par cette entrée en matière. Un de leur poursuiveur s'éleva au dessus des autres joueurs. Les Gryffondor le suivirent afin de récupérer le Souafle. Tout à coup, le Poufsouffle lança la balle en dessous de lui, à son équipier qui avait anticipé sa manœuvre. L'équipe des jaune et noir marqua ses premiers points.

Le match continua ainsi pendant près de deux heures jusqu'à ce que l'attrapeur des Gryffondor, Hugo, n'attrape le vif d'or. Rose éclata de rire en comprenant que sa maison venait de gagner. Toute l'équipe se posa au sol, et les capitaines échangèrent une poignée de main amicale. Albus accouru vers eux pour les féliciter.
- Ne t'y habitue pas trop, dit-il à sa cousine en l'enlaçant. Vous ne gagnerez pas face à nous.

Elle lui sourit, pensant que ce soir la fête battrait son plein dans la tour de Gryffondor.

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Comme elle l'avait prévue, les membres de l'équipe de Quidditch ainsi que les sixièmes et septièmes années finissaient leur devoir en retard. C'est ainsi que Rose se trouvait à arpenter les couloirs un Dimanche après-midi. Elle arriva devant un tableau. Après avoir chatouillé la poire qui y était peinte, la porte des cuisines s'ouvrit et elle pût entrer dans cette pièce qu'elle avait découverte en deuxième année. Les elfes, qui l'appréciaient beaucoup, lui donnèrent quelques unes de ces brioches qu'elle aimait tant. Tous les elfes de maisons étaient désormais rémunérés, grâce à l'action de la S.A.L.E. La fondation d'Hermione n'aurait jamais vu le jour sans l'aide financière de Drago Malfoy même si tout le monde ce méfiait au début, Malfoy c'était montré digne de confiance, voulant surement racheter ses fautes.

Après avoir fait le plein de victuailles, Rose sortit dans le parc où un doux soleil brillait agréablement et lut de longue heure à l'ombre d'un grand chêne.