Chapitre 6: Le froid de Decembre
Rose se dirigeait vers la bibliothèque d'un pas rapide dans ce couloir bondé quand elle bouscula quelqu'un par inadvertance.
- Pardon, dit-elle en se tournant.
Alors Rose se retrouva face à face avec Alysson, qui la regarda avec un mépris non dissimulé. La jeune fille n'en fit aucun cas. Bien que l'envie de répliquer ne la tenaille, elle passa son chemin en affichant un air indifférent.
Une fois dans la bibliothèque, l'atmosphère calme et saturé de savoir de l'endroit lui fit retrouver le sourire. Elle s'assit une table avec Samantha, manquant se faire percuter par un livre flottant à un mètre du sol. Les deux amies furent bientôt rejointes par Sarah, qui affichait un air surexcité.
- Eh les filles ! Il faut qu'on s'occupe de la déco !
En effet, les préfets étaient chargés de décorer le château pour Noël. Cela permettait d'aiguayer l'école et de lui donner un air festif.
- Quoi, déjà ? s'étonna Rose en posant sa plume sur la table.
- Oui ! Plus tôt on le fait, plus on pourra en profiter, argumenta Sam, affichant un air suppliant auquel on ne pouvait résister bien longtemps.
Les trois amies quittèrent la bibliothèque et rejoignirent les préfets qui les attendaient de pied ferme, prêts pour une journée de travail. Rose et son homologue de Poufsouffle répartirent l'équipe en plusieurs groupes chargés de différentes missions. Sarah avait insisté pour accrocher le gui elle-même.
- Allez Rose, que serait Noël sans gui ?
- Tellement plus reposant, marmonna la jeune Weasley.
Les préfets passèrent donc leur Samedi à courir dans les couloirs, à accrocher des guirlandes de houx, des boules de neiges rendus éternelles par un sort, ainsi que de nombreuses bougies blanches.
Samantha, Sarah et Rose contemplèrent le travail effectué dans le hall d'entrée.
- C'est magnifique, déclara Rose d'un air fier.
o
Rose venait d'arriver à la hauteur d'Albus, dans le parc blanc. Le vent faisait voler la neige déjà répandue au sol, les obligeant à resserrer leur écharpe. Luna était déjà sur place, attendant ses élèves, et tenant une cage où Rose reconnue un Serpencendre.
- Qui peut me dire qu'elles sont les caractéristiques du Serpencendre ?
La main d'Albus se leva plus vite que celle de sa cousine, au plus grand étonnement de celui-ci.
- Il apparait quand on laisse un feu magique bruler trop longtemps. Le Serpencendre ne vit qu'une heure pendant laquelle il pond des œufs qui mettent le feu en quelques minutes. Il faut les geler avec un sort.
- Excellent Albus, ça vaut au moins cinq points pour Serpentard. Comme vous pouvez vous en douter, pendant cette heure vous allez vous exercer à geler les œufs de ce Serpencendre. Ça pourrait vous être très utile si un jour vous oublier d'éteindre correctement un feu magique.
Alors qu'ils s'exerçaient depuis un quart d'heure, la classe fut obligée de regagner le château. En effet, il s'était remit à neiger, et le vent soufflait avec de plus en plus de force.
Pendant ce temps, sur le terrain de Quidditch, Anthony Wagner volait sur un balai, en pleine tempête. Alors qu'il s'apprêtait à redescendre, son acolyte charismatique aux yeux gris s'éleva à sa hauteur. Avec un air déterminé, le nouveau venu leva sa baguette vers leur chef actuel.
- Toi… murmura Wagner.
Celui-ci n'eut pas le temps d'esquiver le sortilège de paralysie, qui le percuta de plein fouet. Le corps bascula dans le vide, bientôt englouti par le brouillard tandis que son balai allait se fracasser contre les gradins. Le jeune homme sourit, cela passerait pour un accident de vol et personne ne se douterait jamais de ce qu'il venait de se passer.
o
Le lendemain, la nouvelle de la mort d'un élève de Serpentard se rependit dans le château comme une traînée de poudre. Rose était assise sur le rebord de la fenêtre dans la salle commune vide. Le feu crépitait dans l'âtre, diffusant une douce chaleur. La jeune fille contemplait, les yeux vides, les flocons de neige malmenés par le vent, et qui s'écrasaient contre la vitre. Tous les élèves avaient été plus que choqués d'apprendre qu'Anthony avait eut un « accident ». Rose avait remarqué que Malfoy était bouleversé par la nouvelle et le visage trempé de larme d'Alysson lui revint en mémoire. « Je lui avais dit de ne pas voler par ce temps » avait-elle hoqueté.
o
Deux semaines étaient passées depuis cette journée et la vie à Poudlard reprenait son cours. Rose et Albus revenaient de la volière, le jeune homme venait d'envoyer un hibou à son frère James pour prendre de ses nouvelles. Ils se quittèrent dans le hall d'entrée, le Serpentard regagna les cachots tandis que Rose restait un moment sans bouger, à contempler la neige magique qui tombait du plafond. Mais la jeune fille aurait dut se montrer plus prudente à l'égard de la branche de gui flottant au dessus d'elle. Soudain, comme venu de nulle part, un Serdaigle de septième année fondit sur elle.
- Sais-tu que tu te trouve juste en dessous d'une branche de gui ? lui dit Terry.
Alors qu'il s'approchait d'elle, comme au ralentit, Rose grimaça et prit ses jambes à son coup. Dire que les préfets s'étaient chargé de la décoration, elle aurait dû interdire le gui ! La jeune fille tomba sur Lily au détour d'un couloir.
- Lily, s'exclama-t-elle sans reprendre son souffle. Je savais que j'aurais dû interdire le gui !
- Qu'est ce qu'il s'est passé ? questionna sa cousine.
- Terry ! Il a essayé de m'embrasser et je me suis échappé !
La plus jeune des Potter éclata de rire, rejetant ses cheveux roux en arrière. Rose la regarda, interloquée.
- C'est pas comme si c'était un Détraqueur, temporisa Lily.
- Mais un détraqué oui ! répliqua Rose avant d'éclater de rire également.
o
Hugo et Lily s'étaient désistés au dernier moment (en raison d'un devoir de Défense contre les forces du mal), laissant Rose avec la perspective peu réjouissante de se retrouver seule à Pré-au-Lard. Se dirigeant vers les grands escaliers du Hall, la jeune fille sursauta violement lorsque Peeves sortie d'une armure toute proche en chantant des versions grossières de quantiques de Noël. Quelqu'un éclata de rire et Rose reconnu son cousin Albus, Malfoy ainsi que la fameuse Helga.
- Eh Rose ! l'apostropha le premier.
Les trois compères se dirigèrent vers elle.
- Tu vas où ? questionna Albus.
- A pré-au-Lard.
- Toute seule ?
C'était Malfoy qui avait posé cette question.
- Et bien, oui, concéda Rose.
A l'expression de la Poufsouffle, Albus sut de suite ce qu'elle allait proposer.
- Tu veux venir avec nous ?
Surprise mais heureuse, la jeune fille jeta un rapide regard à Albus et Scorpius.
- Si ça ne vous dérange pas…
- Pas du tout, n'est ce pas Scorp ?
- Euh, non, bafouilla Scorpius.
- Alors c'est partit !
Ils traversèrent le parc de Poudlard recouvert de neige, leurs pas s'imprimant dans le duvet blanc et froid. Agressée par le vent glacial, Rose remonta le col de sa veste, ce qui ne changea pas grand-chose. Son écharpe abîmée avait été confiée au bon soin d'un elfe de maison et elle comptait sur sa veste pour lui tenir chaud.
La voyant frissonner, Scorpius lui proposa son écharpe. Trop frigorifiée pour refuser, elle ne put qu'hocher imperceptiblement la tête. Les joues déjà rougies par le froid, le jeune homme ne se douta pas du trouble qui assaillait en fait la jeune fille lorsqu'il la regarda dans les yeux tout en lui passant l'écharpe autour du cou.
- Merci, chuchota-t-elle.
Il lui répondit par un sourire charmeur (une seconde nature chez lui) ce qui la fit grimacer.
Ils arrivèrent enfin au Trois Balais, se secouant exagérément afin de se débarrasser de la neige. Rose et Helga avaient les cheveux ébouriffés par le vent. La jeune Weasley avisa Oliver, son ex-petit ami, assis à une table avec sa bande. Il lui jeta un regard noir, qui se posa ensuite sur l'écharpe à l'effigie de Serpentard qu'elle arborait. Il était étrange pour elle de penser que cette écharpe était verte et argentée…
- Tu es dans quelle maison déjà ? questionna Rose pour lancer la conversation alors que les deux garçons étaient allé commander des Bièraubeurres.
- Poufsouffle, dit Helga avec un sourire.
- Avec un prénom pareil tu ne pouvais être qu'à Poufsouffle !
Elles éclatèrent de rire, ce qui leur valu un regard interrogateur de la part d'Albus.
- On s'amuse bien ? demanda-t-il.
- Très ! lança sa cousine.
Albus déposa un rapide baisé sur les lèvres de sa petite-amie, tandis que Rose détournait pudiquement les yeux, croisant le regard de Scorpius. Elle but une gorgée de bière-au-beurre pour se donner une contenance.
La neige les empêchant de se promener à l'air libre, ils restèrent assis au Trois Balais qui se remplissait à vue d'œil. Ils discutèrent longtemps et Rose s'aperçut que Scorpius Malfoy n'était pas si détestable que ça. Il était intelligent (ce qui leur valait cet antagonisme), et il était même assez drôle. Quant à Helga, la jeune Weasley comprenait tout à fait pourquoi Albus l'aimait tant : généreuse et très agréable, Rose se dit qu'elles pourraient devenir de très bonnes amies.
Tous les quatre rentrèrent en courant sous la neige qui tombait encore. Trempés jusqu'aux os, mais un grand sourire accrochés aux lèvres, ils allèrent se réchauffer dans la grande salle où des chocolats chauds avaient été préparés par les elfes de maison.
o
- Je ne pense pas qu'on doive agir de cette façon, objecta le plus grands de leur groupe.
Le successeur d'Anthony ne se laissa pas impressionner par le batteur. Une ombre menaçante passa dans le regard du jeune homme charismatique. D'un mouvement fluide du bras, Warren tira sa baguette en bois de chêne de sa manche et s'écria :
- Endoloris !
Alors que l'impudent qui avait osé le défier se tordait de douleur sur le sol, un rictus mauvais s'élargit sur le visage de Warren. Il fallait qu'il s'impose en tant que chef maintenant qu'il avait éliminé Anthony, et voilà comment il punissait les individus trop volubiles.
Il abaissa sa baguette et le Serdaigle resta recroquevillé sur le carrelage froid. Se tournant vers les autres dont le teint avait viré au blanc sous l'effet du choc, nauséeux à l'idée qu'ils auraient put être à cette place, leur nouveau chef lança d'un ton neutre :
- Quelque chose à ajouter ?
o
Disputer un match de Quidditch en plein hiver alors que la température était assurément en dessous de zéro et que la neige commençait à tomber était déjà une épreuve, alors quand on devait en plus attraper le vif d'or ! Albus entendit des vivats s'élever des gradins des Serpentards quand l'équipe marqua encore un but. Ils étaient maintenant à égalité avec Serdaigle, qui ne semblait pas vouloir se laisser faire sans réagir. Depuis le début du match, certains joueurs s'en prenaient à eux plus violement que d'habitude. Le jeune Potter aurait même juré que les batteurs de Serdaigle s'acharnaient sur lui avec plus de hargne que nécessaire.
Scorpius marqua un but. Des Gryffondors, dont Rose et Hugo, encourageaient l'équipe qui était depuis si longtemps leur ennemi. Mais, selon ses parents, tant de choses avaient changé à la fin de la guerre…
Perdu dans ses pensées, et glacé par le froid, Albus ne vit qu'au dernier moment le Cognard lui fonçant dessus. L'attrapeur exerça une violente pression sur le manche de l'éclair de feu et évita le projectile de peu. Bien décidé à en finir au plus vite, Albus se précipita sur le vif d'or dès qu'il l'aperçut. Son adversaire de Serdaigle ne put le rattraper. Le match se termina, marquant la victoire des Serpentards.
Quand l'équipe toucha le sol gelé, Rose, Hugo et Lily vinrent féliciter le jeune Potter. Enervé par le manège des deux batteurs de l'autre équipe, Malfoy lança à l'intension de son meilleur ami :
- Si je le décapite et que je passe sa tête au travers d'un anneau, ça compte pour un but ?
Rose, qui s'était légèrement éloignée, ne put qu'éclater de rire, amusé malgré elle par la répartie du Serpentard. Les deux acolytes la regardèrent, interloqués.
- Je rêve ou bien ta cousine vient de rire à quelque chose que j'ai dit ?
- Ouais… souffla Albus, ne quittant pas son air ahurit.
La jeune fille haussa les épaules et leur lança un regard qui signifiait « Bah quoi ? »
- Pourquoi, c'est anormal ? questionna Helga.
- Rose Weasley ne rit jamais à ce que dit Scorpius Malfoy.
- Cela pourrait donc figurer dans l'Histoire de Poudlard ! plaisanta l'étudiante de Poufsouffle.
Les trois adolescents éclatèrent de rire. L'événement bien vite oublié, ils allèrent fêter dignement leur victoire.
Ce ne fut que plus tard dans la soirée qu'Helga fit part à son petit-ami d'une idée qui lui avait traversé l'esprit :
- Je crois bien que Rose Weasley et Scorpius Malfoy ne se détesteront plus très longtemps…
- Que veux-t-u dire ?
- Et bien, leur façon de s'envoyer des pics ou de s'ignorer. Je crois que ça cache autre chose.
- Rien de romantique j'espère ! dit Albus en grimaçant. Ce serait vraiment flippant !
Helga sourit de toutes ses dents et ajouta :
- Tu n'y avais jamais songé ?
- Euh… non.
- Oh, ils seraient tellement mignons ensemble ! s'extasia la jeune fille.
- Non, je ne crois pas, rit Albus, avant de remarquer l'air comploteur de sa petit-amie. Toi, tu as une idée derrière la tête !
Une constatation qui démontrait une fois encore à quel point il la connaissait.
- Tu n'y arriveras jamais, assura-t-il. Ils sont tellement têtus qu'il est impossible de les faire changer d'avis sur quoi que ce soit.
- Comme l'a dit Rose, je ne suis pas à Poufsouffle pour rien et nous sommes réputés pour notre patience.
o
Rose venait de terminer une dissertation d'histoire de la Magie, et se retrouvait avec un Dimanche de libre. Elle avait donc du temps pour continuer son exploration du château. La jeune fille descendit les escaliers jusqu'à l'entrée des cachots, se disant qu'elle n'y était jamais allé en profondeur. Elle arpenta les couloirs au hasard, ne prenant pas garde aux regards parfois inquisiteurs des Serpentards. Alors qu'elle passait près d'une magnifique tapisserie, Rose crut entendre un bruit étouffé. La jeune fille fronça les sourcils, mais n'y prêtant pas plus d'attention, elle passa son chemin.
- On a faillit être bon, marmonna Alysson derrière la tapisserie. Cette sale Weasley…
- Elle se prosternera bientôt devant moi, susurra leur chef.
- Devant nous, tu veux dire ? questionna une jeune fille aux longs cheveux bruns.
Warren lui lança un regard si noir qu'elle en blêmit.
o
Helga et Albus étaient installés à un bureau pour le cours de potion. La jeune Poufsouffle vit arriver Rose et lui proposa de s'installer derrière eux. Dans le même temps, Albus fit la même proposition à son ami Scorpius. L'ainée des Weasley vit arriver le Serpentard vers elle et décida donc de changer de place. Animée par une soudaine intuition, Helga détourna son attention quelques secondes, mais ce fut suffisant pour que Slughorn fasse son entrée dans la salle. Dès lors, il était trop tard pour changer de place.
- Aujourd'hui vous allez élaborer une potion Volubilis ! s'exclama leur professeur d'un ton enjoué.
Guère enchanté à l'idée de faire équipe avec Weasley, Scorpius alluma le feu sous le chaudron. Une fois l'eau à ébullition, il versa le premier ingrédient (contenu dans un flacon jaune canari) avec une précision étonnante, vraiment aux gouttes à gouttes. Rose ne put que reconnaitre le talent de son équipier d'un jour. La précision est la clé en potion, comme lui disait si souvent son oncle Harry.
Sans avoir besoin de consulter le livre, car elle connaissait les instructions par cœur, Rose ajouta la mandragore coupée en morceaux jusqu'à ce que la potion prenne une couleur verte tandis que des « attention ! » et des « Oh non ! » fusaient dans la salle de cours. Scorpius la laissa mettre les ingrédients suivants, ébahit par le fait qu'elle ne regarde pas une seule fois le manuel. Rose n'était pas la meilleure élève de leur promotion pour rien !
Devant eux, Helga se tournait de temps en temps afin de constater l'évolution des choses. Il fallait les surveiller comme le lait sur le feu, cela risquait d'éclabousser à tout moment ! Mais les deux adolescents ne réagissaient pas comme elle l'aurait souhaité. En effet, ils n'avaient pas échangé un seul mot depuis le début de l'heure.
- Alors, ça va comme tu veux ? plaisanta Albus qui avait bien compris son manège.
Helga se tourna vers lui, l'air douché.
- Je te l'avais dit…
- Oh, mais je ne compte pas m'arrêter en si bon chemin !
Avec un sourire triomphal, elle désigna Scorpius d'un discret mouvement de la tête. Albus se retourna au moment où son meilleur ami, voulant prendre le flacon d'un bleu profond, effleura la main de Rose qui voletait sur la paillasse. Le contact troubla le jeune homme, lui faisant renverser le flacon en question.
- Fais attention ! s'exclama Rose qui ne s'était aperçue de rien.
Helga sourit et dit :
- Et ce n'est que le début Potter !
- Tu es diabolique ! murmura le jeune homme. Tu es sûre de ne pas être une Serpentard ?
Le cours se termina au bout de deux heures, et Rose et Scorpius mettaient la touche finale à leur travail. Rose versa le dernier ingrédient, une seule goutte suffisait. La potion prit une belle teinte jaune. Albus sortie discrètement une fiole de son sac et prit un peu de potion dans le chaudron de sa cousine. Les deux Serpentards avaient cet air enthousiaste qui précédait chacune de leur blague.
- Juste au cas où, se justifia Albus au vue du regard menaçant de la préfète-en-chef.
o
Albus était avec Scorpius dans le grand hall. Quelques élèves étaient déjà là, attendant l'ouverture de la grande porte à vingt heures tapantes. Il était étrange d'avoir troqué leurs robes de sorcier pour des robes de soirée, cela donnait une élégance nouvelle à ce château ancestral. Si son meilleur ami n'avait pas jugé que venir avec une cavalière était indispensable, Albus, lui, attendait sa petite amie.
Justement, quelques étages plus haut, Rose et Lily avaient rejoint Helga.
- Tu es sublime ! s'extasia la jeune Poufsouffle devant la tenue de sa nouvelle amie.
En effet, Rose portait une longue robe d'un vert profond qui se mariait parfaitement avec sa chevelure rousse. Le corset était une pure merveille, fini avec minutie par l'ajout de papillon en fil d'or qui semblaient réellement près à s'envoler, et attachés dans le dos par un lacet également doré. Ces cheveux avaient été parfaitement bouclés pour l'occasion. Rose avait remarqué les regards émerveillés que lui avait lancé une première année et l'air convoiteurs des garçons, qui la mettait très mal à l'aise. Elle devait bien reconnaitre que mise à son avantage par une belle robe, des cheveux coiffés et un maquillage réussit, la jeune fille ne pouvait que se trouver jolie.
Les trois amies descendirent les grands escaliers, et Albus tendit un bras à sa cavalière. Scorpius, pour cacher le trouble que lui avait causé l'apparition de Rose Weasley, leur emboita vivement le pas. La jeune fille, restée dans les escaliers, détailla d'un œil critique le meilleur ami de son cousin. Scorpius Malfoy avait revêtu une robe de soirée noire, dont les bordures vert émeraude rappelaient habilement son appartenance à la maison de Salazar Serpentard.
En entrant dans la grande salle, Albus fut stupéfié par la magie des lieux. De la neige tombait du plafond, de grands sapins entièrement décorés dans les tons de bleu et blanc étaient disposés le long des murs. Les quatre tables avaient été remplacées par d'autres, plus petites et un espace avait été aménagé en piste de danse. Albus sourit en repensant aux plaintes contre sa cousine tyrannique qui avait supervisé toute la décoration, mais le résultat était époustouflant.
Une fois tous les élèves arrivés, une musique douce et mélancolique s'éleva dans la salle. Le professeur McGonagall et le directeur adjoint ouvrirent le bal, suivis de Neville et Luna. Quelques préfets s'élancèrent également et bientôt tout le monde se retrouva à tournoyer sur la piste de danse.
Lorsque la valse laissa place à une musique endiablée, Rose et Lily, qui n'avaient pas de cavaliers, allèrent danser ensemble.
La soirée passait tantôt lentement, tantôt à une vitesse incroyable.
Albus était assis avec Scorpius. Ce dernier jeta un rapide coup d'œil à la cousine de son ami qui dansait maintenant avec Helga. La jeune Poufsouffle rejoint son petit-ami, suivie de Rose, réticente à l'idée de devoir passer ne serait-ce que quelques minutes avec Malfoy.
Lily se fit inviter par un garçon de sa classe, Helga et Albus retournèrent danser, laissant la Gryffondor et le Serpentard seuls à la table dans le silence le plus complet. Le slow permettait à Helga de leur jeter de fréquent coup d'œil.
Quelques minutes plus tard, Rose fut happée par sa nouvelle amie et entraînée sur la piste de danse. Helga n'y alla pas par quatre chemins, sa patience habituelle était mise à rude épreuve :
- Pourquoi tu n'as jamais passé plus de temps avec Scorpius ? C'est le meilleur ami de ton cousin, vous devriez au moins bien vous entendre.
Rose fut assez déconcertée par cette question mais décida d'être franche avec son amie :
- Il s'agit de Scorpius Malfoy, le mec le plus populaire et apprécié de toute l'école, bon en classe et il le sait et s'en sert à tord et à travers. Il méprise tous ceux qui l'entourent et moi par la même occasion, donc je n'ai pas envie de perdre mon temps à essayer de mieux le connaitre !
Elles continuèrent à danser sans échanger un mot. Helga réfléchissait à toute allure : la tâche s'annonçait plus ardue que prévue mais la Poufsouffle ne reculerait devant aucun obstacle, convaincue que son interprétation de la « non-relation » entre Scorpius et Rose était la bonne.
Rose, Helga, Albus et Scorpius quittèrent la salle à la fin de la soirée.
- C'est une branche de gui ! s'exclama soudain la Poufsouffle en désignant le montant de la porte.
Le hasard faisait que Rose et Scorpius se trouvaient juste en dessous. Tous deux la dévisagèrent.
- C'est la tradition, assura Helga en les regardant avec insistance.
- Au diable la tradition ! répliqua Rose en s'éloignant vivement, le rouge aux joues.
Avisant des filles assises sur les escaliers, les yeux rougis, la jeune Weasley se félicita de passer entre les mailles du filet des déceptions amoureuses qu'elle jugeait aussi puériles qu'inutiles ne se doutant pas un instant que sa mère avait longuement pleuré un soir comme celui-là après une violente dispute avec Ron, plusieurs années en arrière…
o
A peine deux jours avant le départ en vacances, le plan d'Helga se trouva soumis à rude épreuve. Et pour cause ! Scorpius sortait maintenant avec Selena, une Serpentard réellement séduisante, aux grands yeux violets envoutants. Albus avait éclaté de rire au vue de la mine défaite de sa petite-amie. Il était juste impossible que Scorpius et Rose puissent être ensemble, car elle était têtue comme une mule et lui bien trop fier.
