Chapitre 9: Le vent du changement

Le vent soufflait violement contre les vitres de la Grande Salle où Albus et Helga étaient installés en tête à tête devant un copieux petit déjeuner. Ils avaient du temps, leur ASPIC blanc de potion ne commençant que dans une heure. Les deux adolescents badinaient comme au premier jour, la jeune Poufsouffle dévorait ouvertement son petit-ami du regard sous l'air amusé de celui-ci.
- Au fait, Al, dit-elle d'un ton suave qui lui mit la puce à l'oreille. Tu te souviens de ce que je t'ai dis à propos de ton meilleur ami ?
Albus sourit, affichant un air faussement interrogateur.
- A propos de Scorpius ?
- Oui, et de Rose.
Le jeune Potter prit un air dégagé et but une gorgée de jus de citrouille, s'amusant de l'impatience qui s'affichait peu à peu sur le visage d'Helga. Voyant le sourire moqueur étirant les lèvres d'Albus, la jeune fille adopta une autre tactique : elle le fixa d'un air de chien battu, sachant qu'il ne pouvait pas lui résister.
- Mais pourquoi moi ? gémit-il.
- Parce que tu es le meilleur ami de Scorpius et le cousin de Rose, tu es censé bien les connaître…
- Je sors avec une conseillère matrimoniale ! plaisanta-t-il.
Helga pouffa de rire et lui assena une tape sur le bras, et se remit à réfléchir. Après tout, elle commençait à bien connaitre Rose également…
- Pourquoi tu ne leur proposerais pas un petit match amical ? On les mettrait dans la même équipe et hop le tour est joué !
- Tu veux transformer un match de Quidditch en agence de rencontre ?
Albus était de plus en plus surpris. Que lui réservait-elle encore ?
- Mets-y un peu plus d'entrain ! A moins que tu ne veuilles pas m'aider…
Encore ce regard abattu…
- Bien sûr que si ! Va pour le match alors, un deux contre deux. Mais il faudra que tu montes sur un balai !
Helga sembla hésiter. L'idée de voler à plusieurs mètres de hauteur ne l'enchantait guère mais ce ne devait pas être… sorcier.

Scorpius courrait dans les couloirs du château, bousculant quelques premières années qui flânaient, et espérait ne pas arriver en retard pour son premier examen de la journée : un ASPIC blanc de potion. Quand il arriva enfin devant la porte de bois, les autres élèves commençaient à entrer dans la salle. Parmi eux, Rose Weasley affichait un air quelque peu tendu, ses mains tapant nerveusement contre son sac en toile beige, son nez parsemé de tâche de rousseurs était légèrement froncé, ses longs cheveux ondulaient au rythme de ses pas. A ce moment, Scorpius la trouva très belle.
Le jeune Malfoy se fondit dans la masse et gagna sa place où un chaudron et plusieurs ingrédients l'attendaient.
- Comme vous le savez, leur dit Slughorn, il est inutile d'essayer de tricher. Les instructions sont au tableau, vous avez deux heures.

Quand il finit sa phrase, des feux crépitaient déjà sous les chaudrons.
« Potion de Ratatinage » lut Albus. Chaque conseil du maître de potion lui revenant en mémoire, il se mit au travail sans tarder.

Quelques paillasses plus loin, Scorpius ajoutait un foie de rat à sa potion, essayant de se concentrer sur son chaudron en étain. Mais son regard était attiré par la jeune fille qui lui tournait le dos. Rose arrivait à mélanger tous ces ingrédients tout en ayant les yeux rivés sur les consignes au tableau. Cet instant de distraction lui value de renverser un liquide gluant sur sa robe de sorcier et sur ses chaussures.
« Tournez jusqu'à obtenir un vert pâle ». La sienne était plutôt jaune foncé… Le jeune Serpentard attrapa un flacon mais ses rendit compte à temps que ce n'était pas le bon. Quelle idée aussi de faire des bouteilles de la même couleur ! Jamais il n'avait été aussi nerveux et si peu concentré, et ça n'avait rien à voir avec le stress de l'examen ! Non, il s'agissait de la jeune fille rousse qui remuait consciencieusement sa potion d'une belle teinte orange. Scorpius tourna énergiquement le liquide qui s'obstinait à rester rose bonbon, une couleur qu'il exécrait soit dit en passant.

Le jeune homme se reprit avant de faire exploser tout le château et passa les deux heures suivantes le nez plongé dans son chaudron.

- Il reste trente seconde ! les informa leur professeur. Vingt secondes… dix secondes…
Certains tentèrent d'ajouter les derniers ingrédients nécessaires. Lydia Finnigan fit exploser sa potion, ce qui eut pour effet d'hérisser ses cheveux noir sur sa tête.
- Oh, non ! Ma frange !
- Et… Stoppez tout !

Slughorn entreprit de passer dans les rangs. Il félicité chaleureusement Rose pour sa potion d'un blanc immaculé.
- Parfait ! Parfait !
La jeune fille sourit du compliment du maître des potions. Puis il arriva à hauteur de Scorpius dont la potion était d'un bleu pâle, très pâle certes mais pas blanche.
- Et bien Mr Malfoy, la prochaine fois elle sera parfaite… ou peut-être que non. Peu de personnes peuvent se targuer d'avoir un réel dont en potion.
Le jeune homme encaissa la remarque sans broncher. Assurément, il l'aurait réussit si cette fille ne s'était pas immiscée dans son esprit. Scorpius n'aurait jamais cru qu'on puisse à ce point penser à une personne. Rose Wesley lui faisait perdre pied.

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Bien après le diner, Scorpius alla se balader dans les couloirs sur un coup de tête, empruntant à Albus la carte du Maraudeur. Il ne voulait voir personne. Après la pression de son examen du matin, être seul dans le silence le plus complet lui faisait un bien fou. Scrutant la carte, son regard tomba sur Rose Weasley qui remplissait son rôle de préfète-en-chef en faisant une ronde. Le jeune homme hésita à marcher dans sa direction et ainsi la croiser par le plus grand des « hasards », mais il se reprit vite en pensant que ce n'était vraiment pas une bonne idée.

La jeune fille arpentait les couloirs à la recherche d'élèves qui auraient dépassé le couvre-feu. Tout en avançant, Rose repensait à cette journée. Elle remarquait bien que les autres élèves de son année commençaient à être débordés. La septième année était comme un marathon, et Rose tenait la distance sans problème.

Lorsque le jeune Malfoy rentra de sa promenade, il trouva Albus planchant sur une dissertation, surement celle de Métamorphose. Son meilleur ami releva la tête et dit :
- Justement je te cherchais.
Scorpius s'assit en face de lui, légèrement méfiant. Il connaissait assez Albus pour savoir que lorsque ses yeux verts hésitaient de cette façon ça ne présageait rien de bon.
- Al, ça va ?
Allez Albus, il te suffit juste de pousser ta cousine dans les bras de ton meilleur ami. Helga ! Tu vas me payer ça !
- Euh oui, ça va très bien. Et toi, tu vas bien ? Tout est ok ?
- Oui, je vais bien, répondit Scorpius avec un sourire amusé.
- Ca va alors…
Et maintenant ?
Albus sentait le regard de son ami posé sur lui, tentant surement de deviner où il voulait en venir.
- Ça fait longtemps que tu ne m'as pas parlé de filles, dit le jeune Potter d'un air dégagé. Enfin, à part cet épisode assez étrange avec Selena.
- Oh, fit Scorpius. C'est par ce qu'il n'y a rien à en dire.
- Vraiment ?
Scorpius hocha négativement la tête, tout en croquant dans une Chocogrenouille.
- … Même pas Rose ? lança Albus en grimaçant.
Son ami avala la friandise de travers et se mit à tousser violement.
- Quelle Rose ? demanda finalement Scorpius, un rien mal à l'aise.
- A moins qu'on en connaisse une autre, je voulais parler de ma chère cousine.
Scorpius sembla hésiter un instant, avant d'afficher un air sûr de lui qui ne trompa pas son meilleur ami.
- Pourquoi tu me demandes ça ?
- Par curiosité… Alors ?
- … y'a rien à en dire, assura Scorpius, visiblement pressé de mettre fin à cette conversation gênante.
- D'accord, dit Albus.
Et il se replongea dans son devoir.

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Helga et Rose étaient assises à la table des Poufsouffle où elles prenaient un copieux petit-déjeuner et Albus ne tarda pas à le rejoindre. Comme de coutume, Scorpius le suivait et s'assis avec eux. La jeune Gryffondor, un sandwich dans une main et son manuel avancé des potions dans l'autre, ne leur adressa qu'un rapide sourire, bien trop plongée dans sa lecture.
- Tu ne t'arrêtes jamais ? la questionna son amie de Poufsouffle en désignant le livre.
- Pour quoi faire ? s'étonna Rose.
Son air sincèrement surpris amusa Scorpius alors qu'Albus levait les yeux au ciel. Une étrange pensée vint alors à l'esprit du premier : finalement il devrait demander quelques tuyaux à Albus (après tout Rose était sa cousine et il la connaissait bien…) Ou pas.

Cinq minutes plus tard, le capitaine de l'équipe de Serpentard jeta un œil à sa montre :
- On va être en retard.
Les joueurs se levèrent dans un bel ensemble.
- Bonne chance ! leur lança Helga avant de boire une gorgée de jus de citrouille.

Les joueurs entrèrent en volant sur le terrain sous les acclamations de la foule. Le match Serpentard/Gryffondor était surement le plus attendue de la saison. Les deux équipes se mirent en position, les attrapeurs s'élevèrent légèrement comme de coutume.
- Madame Bibine s'avance sur le terrain pour le coup d'envoie, dit Helga à travers l'interphone.
Leur professeur de vol saisi la balle rouge alors que la commentatrice s'écriait :
- Le Souafle est libéré, et le match commence !

A peine dix minutes que le match avait débuté et la violence de ses joueurs laissa Scorpius pantois. Y allant à coup de pied, un poursuiveur lui fit parvenir le Souafle et le capitaine de l'équipe put marquer. Cela entraîna des acclamations dans la foule, principalement de la gente féminine.
- Et dix points pour Serpentard qui égalisent les scores !
Loin de se contenter de cette maigre victoire, les Serpentards se mirent en formation. Les deux autres poursuiveurs encadrèrent Hugo, qui tenait le Souafle, en le serrant de près, le propulsant contre les gradins. Scorpius se contenta de rattraper la balle. Cependant, un des poursuiveurs de Gryffondor lui fonça dessus tête baissée et lui vola le Souafle.

L'équipe des rouge et or avança en V jusqu'au but.
- L'équipe de Gryffondor tente une attaque en faucon… Et marque ! Encore dix points !

Pendant ce temps, Albus faisait de tour du terrain en quête du vif d'or qui restait introuvable. Il vit du coin de l'œil sa cousine frapper un Cognard, tenant la batte de ses deux mains. Elle vacilla sous l'impact mais se rattrapa à temps, évitant une chute de plusieurs mètres. Rose partit à toute vitesse, avec ses longs cheveux roux battant au vent on pouvait facilement la reconnaitre. Son Cognard manqua de peu de désarçonner un Serpentard.
- Houlà, s'exclama Helga. Il n'est pas passé loin celui-là !

L'action suivante fut très rapide, trop rapide car personne n'aurait put voir le coup de poing asséné par un des joueurs en vert. Seul Albus le remarqua, ce qui lui tira une grimace. Le Quidditch était connu pour être sans pitié mais son équipe se montrait plus violente que nécessaire.

Les minutes passaient et le match gagnait en intensité, ainsi qu'en violence. Scorpius intercepta le Souafle pendant une passe entre Gryffondors. Soudain, il dut rouler vers le bas en restant suspendu à son balai par les pieds et les mains. Le Cognard le manqua mais il laissa tomber la balle rouge qui fut rattrapée par Hugo.

La batteuse de Gryffondor aperçut Flint derrière elle, qui fonçait vers son frère. Dos au Serpentard, celle-ci frappa le Cognard d'un revers de batte, la balle partit derrière elle mais n'atteignit pas Flint comme elle le prévoyait… Scorpius tomba de son balai, provoquant une diversion qui permit au Gryffondor de récupérer le Souafle. Heureusement, un professeur jeta un sort pour amortir sa chute. Rose étouffa le sentiment de culpabilité qui l'assaillit : son intervention avait empêché Serpentard de marquer.

Les secours se précipitèrent sur le terrain mais le match continua. Albus finit par apercevoir le vif d'or et l'attrapa en un temps record, pressé d'aller voir Scorpius. L'équipe devrait fêter la victoire sans son capitaine et son attrapeur. Aussitôt qu'il mit pied à terre, Albus se précipita à l'infirmerie. La pièce était vide. Madame Pomfresh avait disparue, mais Scorpius était là, occupant le lit du fond. Le jeune Potter se précipita au chevet de son amie, profitant que les admiratrices du blessé ne soient pas encore là !

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Pendant ce temps, Rose tournait en rond dans les couloirs, l'estomac serré. Avec stupeur, elle constata qu'elle s'inquiétait pour le poursuiveur de l'équipe adverse.
C'est seulement parce que c'est de ta faute, il y a de quoi se sentir coupable !
Ses déambulations la conduisirent devant la grande porte de l'infirmerie au moment où son cousin en sortait.
- Alors ? Il va comment ? questionna Rose sans préambules.
- Depuis quand tu te soucis de l'état de Scorpius Malfoy ? renvoya Albus avec un sourire amusé, peut-être qu'Helga avait raison en fin de compte.
- Oh, oubli ça !
Et elle s'éloigna à grand pas, sous le regard toujours aussi amusé du jeune homme.

Dans l'infirmerie, Scorpius était entourée de quelques filles de Serpentard venues le féliciter pour le match. Le capitaine de l'équipe se demanda alors si Rose viendrait le voir, après tout c'était par sa faute qu'il était ici. En pensant à la jeune Gryffondor, Scorpius rougit légèrement. Puis un air d'effroi se dessina sur son visage. Il ne pouvait pas la laisser remporter cette bataille, il ne pouvait pas la laisser remporter son cœur !

La jeune fille en question arpentait la salle commune des Gryffondor, incapable de lire, ou de tout simplement s'assoir tant son agitation était grande.
- Mais qu'est ce qu'il t'arrive ? s'exclama Lily en posant ses lunettes de vue sur son livre fermé.
- J'en sais rien ! lui dit Rose sur le même ton.
Elle pensait à Scorpius envoyé à l'infirmerie par sa faute. Même en sachant qu'il n'avait rien de grave, Rose n'arrivait pas à se calmer. Il lui faisait se poser des questions qu'elle aurait aimé ne pas avoir à se poser des questions en rapport avec sa place dans sa propre famille et son appartenance à Gryffondor alors qu'elle succombait peu à peu au charme d'un Serpentard. Etait-elle vraiment digne de cette maison alors qu'elle se montrait si faible en ce moment même ?

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Rose entra dans la Grande Salle pour prendre son petit-déjeuner en se disant que la Saint Valentin était décidemment le jour qu'elle détestait le plus. Tout ce bonheur mis en scène, ses couples filant le parfait amour… Tout cela ne lui rappelait que trop sa propre solitude.
En parlant de romande idyllique… L'aînée des Weasley s'assit avec son cousin et sa petit-amie à la table des Poufsouffles. Helga le remerciait pour le bouquet de roses qu'elle avait trouvé sur sa table de chevet en se réveillant le matin même. Albus passa une main dans les cheveux noirs de la jeune fille et lui susurra quelques mots à l'oreille, que Rose fut heureuse de ne pas entendre. Son regard croisa celui de Scorpius qui entrait dans la Grande Salle à cet instant. Elle se sentit rougir comme une gamine et s'empressa de cacher son trouble en dévorant une brioche.

Cette journée fut longue et éprouvante. Malgré toutes les astuces mises en œuvre pour éviter les couples, Rose se retrouva fréquemment bien trop proche d'eux lors des démonstrations d'affection entre Helga et Albus. D'ailleurs, la Gryffondor avait bien remarqué les regards insistants de son amie allant d'elle à Scorpius ainsi que son sourire en coin dans ces moments là, comme si elle savait quelque chose qu'eux ignoraient… Ce qui avait le don d'énerver la jeune Weasley.

Rose attrapa son balai et entra sur le terrain de Quidditch pour tenter de chasser Scorpius de ses pensées. Mais elle tomba nez à nez avec lui. Scorpius Malfoy était adossé à la porte, son balai posé au sol. Quand il entendit des bruits de pas il se tourna et fut surpris de voir Rose Weasley devant lui. Le jeune homme avait eut l'idée de venir voler pour se changer les idées et voila que celle qui le tourmentait venait d'apparaître devant lui alors qu'il essayait justement de la sortir de sa tête ! Les deux adolescents restèrent un moment sans dire un mot. Puis Scorpius dit avec un sourire :
- Puisqu'on est là, autant jouer non ?
Rose hocha la tête et ils passèrent une heure à voler, à se faire des passes et à rire comme deux enfants.

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Mimi Geignarde passa discrètement la tête au travers de la porte d'une cabine des toilettes. Elle fronça les sourcils en apercevant un groupe de garçons fureter autour des robinets.
- C'est ici, dit celui qui était apparemment le chef.
Son charme et le respect qu'on pouvait lire dans les yeux de ses compagnons ne laissaient aucun doute possible.
- Maintenant il nous faut juste quelqu'un pour l'ouvrir…

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Pendant les quelques semaines qui suivirent, Scorpius Malfoy se rapprocha plus encore du groupe de Warren. Le groupe de Serpentard contribuait à lui rendre ses marques, l'aidait à se repérer un peu et de ne pas se perdre dans ce flot d'émotions déstabilisantes. Bien sûr, personne ne se doutait des sentiments que le beau brun nourrissait pour l'ainée des Weasley, qu'en auraient-ils dit ? Lui-même ne s'avait toujours pas quoi en penser. Mais au moins, Warren et Alysson évitaient de se bécoter quand il était avec eux, pas comme Albus et Helga…
Une Serdaigle de cinquième année passa devant eux. Parce qu'il voulait se changer les idées, Scorpius empoigna sa baguette et marmonna :
- Tarentallegra !
Soudain, la jeune fille se lança dans une gigue endiablée, tellement ridicule que toutes les personnes présentes ne purent s'empêcher d'éclater de rire. Quand le sort s'estompa, sa malheureuse victime quitta le couloir le plus vite possible, des larmes d'humiliation lui brûlant les yeux.

Helga, qui avait assisté à toute la scène, décida d'en parler à Albus.
- Tu devrais lui dire deux mots, tu sais, ce Warren ne m'inspire vraiment pas confiance.
Le jeune Potter lui prit la main et l'attira contre lui. Tout en passant une main dans les cheveux noirs de la jeune fille, il lui souffla à son oreille :
- Ce ne sont que des ados un peu pommés qui cherchent leur marques, comme nous. Ils ne sont pas dangereux…

Cependant, les événements des jours suivants ne lui donnèrent pas raison. Scorpius l'évitait, c'était évident. Il n'adressait plus la parole à Rose ni à Helga, et passait tout son temps à faire des coups bas aux autres élèves pour amuser la galerie des Serpentards.

Un soir, alors que la salle commune était vide, et que Scorpius était plongé dans un livre, Albus s'approcha de lui, bien décidé à mettre les choses au clair.
- Scorpius, je peux te parler une minute ?
Autant de formalité gênait le jeune Potter, ne lui donnant pas l'impression de s'adresser à son meilleur ami de toujours. Scorpius le toisa, affichant un air fier, et se leva lentement.
- Qu'est ce qu'il t'arrive, Scorp ? Je ne te comprends plus.
Le fils unique des Malfoy lui adressa un regard froid.
- Tu ne peux pas comprendre…
Albus le dévisagea.
- Alors explique-moi !
- Ce sont mes amis aussi, tu le sais très bien.
- Mais ils ne sont pas nets ! Et s'en prendre aux plus jeunes, comme ça… Pourquoi cet acharnement contre les enfants de Moldus ? Ou les « traîtres », comme on les appelait avant.
- Ça n'a rien à voir ! s'offusqua Scorpius.
- C'est ce que tu crois !
Si lui-même n'avait pas était dans cette maison, Albus se serait exclamé : « Ils sont à Serpentard ! » Mais cet argument n'était plus valide pour prouver les mauvaises intentions des élèves. Scorpius le fusilla du regard.
- Je vois que nous ne sommes pas d'accord. Je pensais que tu serais content de voir que je m'adapte à la… situation.
Albus le regarda, ne voyant pas où il voulait en venir.
- Toi et Helga, l'éclaira Malfoy. Je pense que tu peux concevoir le fait que j'en ai plus que marre de vous tenir la chandelle ! Je suis en train d'étouffer entre la pression des ASPIC, vous qui me balancez tout votre amour en pleine figure et mes…
Il allait rajouter « mes sentiments pour Weasley » mais s'arrêta à temps.
Le jeune Potter le dévisagea. Il ne se serait pas douter un seul instant que le fait de sortir avec Helga l'éloignerait autant de son meilleur ami.
- Scorp…
- Non, on n'a plus rien à se dire.
Scorpius tourna les talons et claqua la porte de son dortoir. Albus, quant à lui, sortit de la salle commune en fulminant, Malfoy venait de tout lui mettre sur le dos ! Bien sûr, au cours de ces années, les deux adolescents avaient eut quelques accrochages, des quels leur amitié en était toujours ressortie plus forte. Mais cette fois c'était différent. Cette fois, Albus se demandait si ce n'était pas la fin de cette belle histoire.

Albus passa le reste de la soirée avec Helga qui l'écouta attentivement et le réconforta comme elle put.

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Le reste du mois passa lentement. Helga essayait tant bien que mal de convaincre Albus de se réconcilier avec le jeune Malfoy, son côté Poufsouffle ne supportant pas de voir deux amis se déchirer. Mais Albus était buté, il ne voulait pas aller parler à Scorpius, disant que celui-ci était « assez grand pour prendre ses décisions lui-même. » Helga savait parfaitement qu'il n'en pensait pas un mot.
- C'est ton meilleur ami !
- Je sais ! Mais je n'irais pas me traîner à ses pieds pour autant, je n'ai rien fais de mal !
Albus embrassa Helga sur la joue, tendrement.
- Je n'ai pas envie de me disputer avec toi à cause de lui, susurra-t-il.
La jeune fille se blottie dans les bras de son petit-ami.