Un coup de poing bien lancé manqua de déboîter une nouvelle fois la mâchoire de Tyrus, ligoté sur une chaise, et dans un bien piteux état. Son bourreau craqua ses doigts et l'observa silencieusement, avant de lui envoyer un nouveau coup magistral. L'homme était de grande taille, avait une carrure impressionnante qui imposait le respect. Pour Alphonse et Edward, il ressemblait au général de brigade Basque Grand, sauf qu'il était ici blanc de peau, avait la moustache blonde et gardait le crâne chauve, ses yeux quand à eux, étaient d'un bleu glacial. La seule et unique expression qu'ils reflétaient, était le mépris pour cet homme assis en face de lui. Il s'était d'ailleurs mit à l'aise pour 'travailler'. Il portait un pantalon de couleur gris-vert, typique des soldats SS, tenu par une paire de bretelles qui passaient au dessus d'un marcel autrefois blanc. A l'heure actuelle, le vêtement était gris, à cause de la poussière qui avait accroché aux traces de transpirations dues à l'effort, et il était tâché encore en plus d'éclaboussures de sang. Le prisonnier s'était évanoui. Cela n'avait d'ailleurs rien d'étonnant, après des heures et des heures d'un traitement physique aussi inhumain. D'un revers de bras, le géant s'essuya le front avant d'attraper une bouteille en verre, remplit d'un liquide translucide. Sans ménagement, il versa entièrement son contenu sur l'homme inerte qui se réveilla en sursaut, et en hurlant tant la douleur provoquée par l'alcool dans ses plaies était insoutenable.

Dans l'ombre, un homme plus petit se tenait assis sur une autre chaise, et il regardait le spectacle avec un sourire pervers et malsain accroché sur son visage. Lui en revanche, n'était pas blond, et il portait les cheveux attachés en catogan. Contrairement à l'autre, il ne portait pas d'uniforme, mais un costume blanc d'une propreté impeccable. Très certainement un fait sur mesure. En fait, cet homme était la copie conforme de Kimblee.

_'Grand voyons... Un si bon rhum...' dit-il en soupirant, puis il reporta son regard à faire froid dans le dos sur le prisonnier. 'Alors monsieur Tyrus... Toujours pas décidé à nous dire si votre opération foireuse sera retentée par vos camarades résistants ?' Demanda-t-il d'une voix mielleuse et froide.

_'Vas te faire voir sale porc nazi !' Répliqua Tyrus d'une voix affaiblie. Ca faisait tout de même cinq jours qu'il était là. Son opération avait malheureusement mal tourné, et il s'était fait attrapé à la sortie de Nantes.

_'Mais je ne demande que ça, par contre mon ami ici présent lui, il ne demande qu'à te faire cramer dans nos fours version de luxe en Pologne. Parce que les juifs comme toi, on en a pas besoin ici bas. Pas vrai capitaine Grand ?' Continua l'autre sans se laisser démonter par les insultes de son prisonnier.

_'Tout à fait monsieur Kimblee.' Répondit sagement son compagnon.

_'Allez au diable !' Cracha Tyrus en se débattant tant bien que mal pour se libérer et pour frapper l'autre, mais sans grand succès. Il se prit un coup de poing dans le ventre, la chaise sur laquelle il était bascula, et il s'étala par terre. Kimblee ricana en s'approchant, pour venir s'accroupir à côté de lui. Il lui empoigna les cheveux, et le força à le regarder.

_'Tu sais, vous autre juifs, ne méritez rien d'autre que la mort. Ici bas sur terre, vous ne servirez qu'à expérimenter les virus mis au point par nos scientifiques, puis vous serez exterminé jusqu'au dernier. Vos femmes, vos enfants, vos vieillards. Il vont tous y passer ! Il n'y a pas de place pour les sous-hommes. Alors, au diable, tu risques d'y aller bien avant moi mon cher.' Se contenta simplement de répondre Kimblee, avec son sourire désagréable, avant de lâcher la tête du résistant.

Tyrus aurait voulu répliquer à son bourreau devant l'atrocité des choses qu'il venait de dire, mais aucune insulte, aussi forte qu'elle soit, n'aurait suffit à atteindre l'âme noire comme les ténèbres de cet homme.

_'Quand à tes deux amis, je suis sûr que la société de Thulé sera ravie de les récupérer. Ils avaient des comptes à rendre ensemble me semble-t-il...' Continua-t-il en récupérant son chapeau qu'il posa sur sa tête d'un geste arrogant.

_'Ah oui au fait monsieur Havoc, je crois que vous avez deux petites sœurs... Je crois que je vais aller leur rendre une petite visite de courtoisie.'

_'Espèce de connard ! Je t'interdis de t'approcher d'elles !' Cria Tyrus, redevenu pour un instant cet homme du nom de Jean Havoc, qui voulait protéger sa famille, mais qui malheureusement en était incapable à cause de la situation actuelle. Il se prit un coup de boot en pleine face et retomba lourdement par terre.

_'Capitaine, débarrassez nous de ça, nous n'en avons plus besoin.' Ordonna Kimblee en sortant de la pièce.

_'Bien monsieur !' Répondit Grand en exécutant un garde à vous pendant que son supérieur partait.

Il se retourna ensuite vers le prisonnier qui était par terre et essayait vainement de se relever. Grand prit ensuite son Lugher et le pointa vers Tyrus qui fixa le canon avec une expression haineuse durant quelques secondes, puis ferma les yeux. Dans un gémissement, il demanda pardon à ses sœurs. Pardon qu'il ait été arrêté alors qu'il avait promis de rester en vie. Pardon de les avoir mêlées à tout ça. Pardon de ce qui allait leur arriver.

_'Riza... Winry... Pardonnez moi... Tout ça, c'est de ma faute...'

Puis un coup de feu sourd retentit à travers les couloirs du bunker.

Déjà assez loin de la pièce qu'il venait de quitter, Kimblee eut un sourire pervers et satisfait, et on entendit un rire sadique s'échapper de ses lèvres. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à mettre la main sur les frères Elric. Comme ça, la société de Thulé lui sera redevable et il obtiendra certainement les faveurs du führer. Ainsi, il aura l'occasion de prendre de l'importance dans la gestapo et dans le nouveau Reich également...