Voici le deuxième chapitre, bonne lecture !
POV Hermione.
–I'm walking under the sunshine, oh oooooh, I'm walking under the sunshiiiiiiine !
Voilà plus d'un quart d'heure qu'il chantait la même phrase, Tony ne s'était pas calmé depuis que nous avons enfourché nos balais. Sans doute le stress qu'il tentait de masquer derrière ses chants incessants. Nous volions depuis déjà plus d'une heure au dessus des Etas Unis, si nous avions pris un portoloin menant trop près du manoir Mc Coy, les mangemorts auraient facilement pu remonter jusqu'au ministère et de toutes façons il n'y a pas de portoloin menant directement à destination, alors nos balais nous auraient été utiles dans tous les cas. Durant mon voyage, je tentai de ne pas penser à ce qui nous attendait, nous avons survécu à grand nombre de missions que nous avons accompli avec succès même, ce qui nous a valu le prestige qui se rapporte à notre nom mais celles-ci se limitaient à l'Angleterre et nous étions en supériorité numérique Or là, nous sommes huit, si Robert est encore vivant, contre quelques centaines de mangemorts rassemblés au même endroit, inconnu au passage et il suffit que notre couverture soit découverte pour que nous mourrions dans d'atroces souffrances. Je n'oublierai jamais les horreurs auxquelles j'ai assisté durant la guerre au manoir Malfoy : Les viols publics, les bûchers, les saignées et autres tortures affligées aux sorciers de notre camp, nos proches…
Je secouai la tête afin de vider mon esprit de ces images atroces, je respirai l'air frais venu fouetter mon visage et repensai à mon nid douillet, mes amis, Ron, Ginny, Georges, Harry …Harry et son appel… Malfoy. Ma mine se renfrogna à la pensée de cette sale fouine. J'accélérai sur mon balai jusqu'à devancer les autres et surtout Tony.
–Eh Blaise ! Il ralentit et se tourna vers moi, me faisant un signe de la tête. Tu savais que Malfoy allait se marier ?
–Ouais, j'ai vu ça. C'était dans la Gazette du sorcier.
–Pfffff, comme si ça intéressait quelqu'un. Il suffit qu'il fasse deux, trois dons aux hôpitaux et écoles pour qu'il devienne une célébrité et effacer 21 ans de conneries, c'est révoltant.
–'Mione. Il veut juste tourner la page, passer à autre chose quoi…Il t'a invitée ?
–Hein…Ouais enfin techniquement non ! Moi je n'ai reçu aucune invitation ! C'est Harry qui m'a appelée ce matin en me suppliant d'accepter l'invitation, il était vraiment bizarre Il m'a dit que Malfoy tenait à ma présence…il prépare surement un mauvais coup ! Mais attention je suis Hermione Granger et je sais me défendre !
Il explosa de rire au petit mouvement de karaté ridicule que je venais de mimer.
–Oui, en effet c'est étrange. On ne se parle plus trop depuis Poudlard…Tout ce que je sais, c'est qu'il se marie avec une Greengrass. Astoria je crois.
–T'es sérieux ? Cette fille est tellement conne qu'elle croit qu'un cunnilingus est un nuage…
Elle ne saurait même pas épeler Q.I ! Pourquoi Malfoy voudrait l'épouser ?
Il me fixa comme si c'était une évidence…Et s'en était une, quoi de mieux qu'une femme conne pour se sentir plus intelligent…
« On arrive ! » Nous informa Julian désignant du doigt une masse noire parmi le brouillard qui nous obscurcissait la vue.
Le manoir était dissimulé par une forêt sombre et froide des plus inquiétantes Les branches tordues et noires des arbres semblables à des mains crochues et la fumée oppressante ne faisaient qu'amplifier cette impression angoissante que nous pénétrions un cimetière éloigné de toute civilisation. Nous descendions en pic parmi les ombres inquiétantes se mouvant sur le sol dur et froid de la forêt Mc Coy Nous décidions de continuer à pied afin de ne pas attirer sur nous l'attention.
Le « Manoir » était plutôt un funèbre château noir, doté de nombreux étages mais très peu de fenêtres. Sans doute les évènements qui s'y déroulaient se trouveraient mieux cachés de la vue de tous. Sans doute les cris de douleur poussés feraient-ils mieux de rester entre ces murs de pierre. Plus j'avançais, plus je découvrais les détails sordides qui s'apparentaient à la demeure. La façade était décorée de statues représentant toutes sortes de créatures répugnantes, démons et autres bêtes maudites les rares fenêtres visibles semblaient être grillagées et teintées, sans doute par la saleté. Les toiles d'araignées descendant des statues de pierre témoignaient de l'impureté du lieu J'eus à ce moment une pensée pour Ron, il aurait détesté être ici et aurait surement détalé en vitesse à la vue de ces petites bêtes tellement inoffensives par rapport à ce qui nous attendait à l'intérieur.
Les branches mortes craquaient sous mes pas au rythme de ma démarche assurée. Tous, autour de moi avaient un air grave et fixaient avec détermination un point invisible loin devant eux Je remarquais avec un plaisir non dissimulé que Tony avait arrêté de chanter.
Nous détournions le château pour arriver par derrière. Lesly et David nous devançaient toujours calmes, Blaise et Tony se tenaient à mes côtés mais j'avais perdu Lewis de vue, je me retournai alors cherchant sa chevelure rousse du regard.
Je réprimai un haut le cœur en l'apercevant. Debout, figé et droit comme un i dans une mare de sang Son teint livide attestait de son dégout. Il venait de découvrir le lieu où les mangemorts exécutaient les nés moldus qui avaient le malheur de s'aventurer trop profondément dans ce bois ténébreux.
Je l'attirai par le bras en tentant de le rassurer du regard, ses chaussures étaient fichues en tout cas. Nous arrivions enfin devant l'immense mur de derrière totalement dénué de fenêtres, ainsi il nous serait plus facile d'accéder au toit sans nous faire remarquer. Nous enfourchions nos balais et nous nous posions sur l'immense toit doté d'une unique mais gigantesque fenêtre …inutile vu la poussière qui obscurcissait notre vue. Une fois en haut, Lesly pressa mon bras.
« Tu ferais mieux de commencer à t'habiller en civil, tu vas rentrer en première si tu as un problème, lance plusieurs lumos discrets, je te surveille et on intervient »
J'acquiescai et il m'embrassa sur la joue.
Je m'éloignai prudemment d'eux afin de me changer toujours sur le toit. Tandis que j'étais en sous vêtements, et que je commençais à enfiler ma chemise je reconnu à travers la crasse de la fenêtre une ombre se déplaçant dans l'immense salon sur lequel donnait la fenêtre. Je nettoyai le carreau à l'aide de ma manche et peinais à voir qui était cette personne, cet homme qui prenait place autour d'une table rectangulaire Je fis signe à mes co équipiers de s'approcher et leur désignait la forme
« C'est Robert !
–Non, ce n'est pas lui.
–Si, c'est lui, assis à la table, avec la robe noire. Insistai-je en tapant du doigt sur la vitre »
Je m'allongeai complètement sur la vitre, plissant les yeux afin de mieux observer la scène. J'étais sure de moi, j'avais raison, c'était lui merde ! Heureusement que la saleté dissimulait mon ombre à ce moment là parce que je voulais tellement prouver que j'avais raison que j'en avais oublié que mon ombre se projetait puissance dix sur le sol de la pièce. Apparemment, la saleté ne me cachait pas assez puisque je vis prise d'effroi qu'une tête se leva dans ma direction. Paniquée, je me levai brutalement prenant appui sur mes paumes.
Soudain un léger craquement parvint à mes oreilles, ce fut comme un arrêt sur image, je n'osai esquisser aucun mouvement brusque. Tous retenaient leur souffle, en se demandant comment j'allais m'en sortir. Je respirai lentement, toujours en appui sur mes mains, je relevai mon bassin me tenant seulement sur mes doigts et mes pieds, les fesses en l'air offrant à mes chers collègue une magnifique vue de mon …dos. Je sentai les mains de Lesly me parer sans me toucher retenant sa respiration pour ne pas surprendre et que je fasse céder le verre sous mon poids.
Voila plusieurs secondes que je me tenais dans cette position grotesque. Tout d'un coup je sentis une faiblesse dans mes bras, mes coudes fléchirent et je m'étalai violemment sur la vitre qui se brisa sur le champ. Je chutai dans un violent fracas, mais dans le silence le plus complet. Je ne voyais ni n'entendais plus rien, seuls les morceaux de verre tailladant ma peau nue me connectaient encore avec la réalité.
J'atterris rudement dans un bruit sourd et sec sur la moquette pourpre de la pièce mais étrangement sans douleur. Je reçu alors une baguette sur la tête, de la même provenance que moi. Je compris que les garçons avaient assuré mon atterrissage et par la même occasion m'avait gentiment expédié ma baguette restée avec mes vêtements.
Voilà comment je me suis retrouvée en sous vêtements de dentelle, vêtue d'une simple chemise blanche ouverte devant le nouveau Voldemort.
Il me fixa, figé avec de grands yeux comme s'il venait de voir un fantôme, bon vous me direz que voir une femme nue tomber du ciel ce n'est pas commun non plus.
Il fallait que je trouve un truc sinon j'allais finir aussi dans la mare de sang…
Nous nous fixions durant de longues et interminables secondes, je décidai alors de rompre le silence pesant…
« Euh…Bonjour ! »
Et merde …
