Les personnages (sauf les Edenson) et le contexte appartiennent à Stephenie Meyer.
Chapitre 4 : Retour
Point de vue : Bella Swan
La journée s'était agréablement bien passée. Les Edenson prêtaient si peu attention à moi qu'il me semblait avoir rêvé la peur d'hier. Colin et Thomas ne m'avaient pas parlé, même si ce dernier regardait toujours Angela avec insistance (Ben commençait d'ailleurs à être un peu jaloux). Mieux encore, les Cullen rentraient aujourd'hui, ce qui me libérait en partie de la peur. Jacob avait appelé plusieurs fois pour demander de mes nouvelles, jusqu'à ce que je lui fasse promettre par téléphone de ne plus m'appeler (je doutais de sa capacité à tenir cette promesse plus d'une heure). Je rentrai chez moi, ouvrit la porte, accrochai mon coupe-vent au porte manteaux, posai mon sac par terre et me retournai.
Ils étaient là.
Les Edenson me fixaient d'un regard malveillant.
-Bonjour, Isabella, dit une femme que je ne connaissais pas, sûrement leur créatrice.
-Bella, corrigeais-je.
Même dans les pires moments je ne pouvais m'empêcher de faire remarquer que je détestais mon prénom.
-Bella, répéta-t-elle d'un air vaguement amusé.
Les quatre vampires continuèrent à me dévisager pendant un long moment.
-Je m'appelle Elena, repris la vampire.
J'hochai la tête.
-Tu connais la raison de notre présence ici.
-J'en ai une assez une assez bonne idée, soufflais-je.
Impossible d'appeler Jacob, pas en leur présence. De toute façon, le téléphone était trop loin.
Ils continuèrent à me regarder en silence. Ce fut Thomas qui le brisa :
-Que sais-tu ?
-Beaucoup de choses.
Gagner du temps. Je devais gagner du temps. Edward n'allait pas tarder à rentrer, et il foncerait directement chez moi. J'eus soudain une pensée paniquée pour Charlie. Que ferais-je s'il rentrait plus tôt ?
-Mais encore ?
J'hésitai. Je ne savais pas mentir. Mais s'ils n'étaient pas sûrs que je savais, ils n'hésiteraient pas à me tuer. Je pris une grande inspiration, puis répondis.
-Je sais que vous êtes des vampires.
Apparemment, ils redoutaient cette réponse.
-Quoi d'autre ? demanda April.
-Je sais que vous êtes végétariens.
-Comment...Commença Colin.
-Vos yeux, précisais-je. Ceux qui boivent du sang humain ont les yeux rouges.
À leur mine, je devinai qu'ils ne s'attendaient pas à ce que je sache tant de choses sur eux.
-C'est pour ça que vous n'allez pas me tuer, tentais-je.
-Pardon ? demanda Thomas, surpris.
-Renoncer au sang humain est un choix difficile. Si vous l'avez fait, c'est que vous avez un minimum de considération pour la vie humaine. Donc, vous ne pouvez pas me tuer si facilement.
C'était totalement faux. J'avais dit cela uniquement pour gagner quelques précieuses secondes. Un rictus apparut sur tous les visages.
-Une dernière chose, repris Elena. Comment as-tu su ?
Je ne pouvais pas répondre à cette question. J'étais assez intelligente pour savoir qu'une éventuelle bataille contre les Cullen reposait en partie sur l'effet de surprise. Il était hors de question que je mette ma famille en danger. Je restai donc muette.
-Dommage, dit April en faisant la moue.
À ces mots, Colin se jeta sur moi, m'attrapa par la gorge et me plaqua contre le mur, les pieds à quelques centimètres du sol. Je suffoquai.
-Ne t'en fait pas, dit-il. Je ne me souillerai pas avec une seule goutte de ton sang.
Des points noirs commençaient à danser devant mes yeux. L'air me manquait. Alors que je pensai que tout était fini, une chose poussa Colin, l'envoya voler au travers de la pièce. Je tombai au sol. Peinant à reprendre mon souffle, je levai les yeux.
Devant moi se trouvait Edward, le regard fixé sur Colin, frissonnant de rage.
Point de vue Edward Cullen
Nous courrions. Le reste de la famille était derrière moi, je les avais distancés depuis longtemps.
En arrivant en vue de Seattle, j'avais accéléré. Un mauvais pressentiment m'étreignait. Bella. Ma Bella était en danger.
« Eh frangin ! tu pourrais ralentir un peu, non ? »
Non, Emmett, je ne pouvais pas. J'avais si peur...
J'arrivai en vue de sa maison. Et ce que je vis me glaça. Un vampire tenait Bella par le cou, ses pieds à quelques centimètres du sol. Et ce vampire lui disait :
-Ne t'en fait pas. Je ne me souillerai pas avec une seule goutte de ton sang
«Et c'est bien dommage, parce qu'elle sent très bon. »
C'en était trop. Avec un hurlement de rage, je me jetais sur lui, l'envoyant valser à travers la pièce.
Je le fixai, mon regard brûlant de rage. Il avait osé toucher à ma Bella. Il devait mourir. Je voulais sa mort encore plus fort que celle des violeurs, à Port Angeles. Mes muscles se tendirent, ma bouche s'emplit de venin. Je n'écoutais même pas les pensées des occupants de la pièce. Tout ce que je voulais était tuer le dénommé Colin. De mes propres mains. En le faisant souffrir, de préférence.
-Edward. Murmura Bella d'une voix rauque.
Je me ravisai. Une seule chose comptait plus que la mort de ce vampire. Bella. Elle était ma priorité absolue. Il fallait que je l'aide. Que je la rassure. Elle devait avoir si peur.
Colin mourrait. Quand je serai sûr qu'elle ne risquerait rien.
Je tombai à genoux devant elle, écoutant les battements irréguliers de son cœur, sentant son odeur incroyable me brûler la gorge, et me délectant de cette même odeur. Elle signifiait que Bella était en vie. Tant que je brûlai, elle était en sécurité.
-Tu n'as rien ? demandais-je, anxieux.
C'était le plus important. La vengeance viendrait ensuite. Je plongeai mes yeux dans ceux marrons de ma raison de vivre. On y lisait la peur, mais aussi le soulagement. Son pouls augmenta un peu. Je ne pus retenir un sourire en coin. Même dans de pareilles conditions, je l'éblouissais encore. Ce qui n'était pas pour me déplaire. Le fait de l'éblouir, bien sur, pas les conditions.
-Je...je crois, murmura-t-elle, la voix tremblante.
Je baissai les yeux vers son cou fin. Ce que j'y vis me choqua au plus haut point et fit revenir ma rage au grand galop.
Des marques rouges tirant sur le violet l'ornaient. Les marques des doigts de ce Colin. Maîtrisant avec difficulté ma colère, j'en suivis une, du bout de l'index. Elle frissonna. Je relevais les yeux vers son visage. Elle semblait retenir avec difficulté un cri de douleur. Je remarquai pour la première fois les larmes qui coulaient sur ses joues.
-Ça te fait mal ? demandais-je sur le même ton.
Quelque chose dans mon regard dût la dissuader de mentir, car elle murmura un petit « oui » chargé de douleur.
Cette douleur eut pour moi l'effet d'un électrochoc. Abandonnant Bella, je me jetai sur Colin, qui s'était approché silencieusement de moi par l'arrière. Je n'avais qu'une idée en tête : lui faire le plus de mal possible. Je voulais qu'il souffre, qu'il souffre même plus qu'il n'avait fait souffrir Bella. Je ne me contrôlais plus.
Une voix, cependant, m'arrêta.
-Edward.
Carlisle. Je m'arrêtai, et tournai la tête vers lui. Il affichait une mine sérieuse.
-Bella à besoin de toi.
Bella. Je la cherchai du regard. Elle n'avait pas bougé, me fixait toujours. Je frissonnai en pensant à ce qu'elle avait immanquablement vu. Avait-elle eu peur de moi ? Ses yeux chocolat fondu n'exprimaient pas du choc, seulement du soulagement. Lâchant Colin, je me précipitai vers elle. Carlisle se pencha aussi, commençant à l'examiner, tandis que les autres se plaçaient devant nous, en position d'attaque. Reprenant conscience de notre situation, je prêtai attention aux pensées de nos adversaires.
« D'autres vampires ! »
« Supérieurs en nombre. »
« Putain, le grand roux n'est pas commode ! »
« Ils protègent la fille. »
« J'ai un mauvais pressentiment. »
Rien de bien important. Je me concentrai à nouveau sur Carlisle.
« Rien de trop méchant. Il faudra lui appliquer une pommade sur le cou et au bout de quelques jours, il n'y aura plus rien. »
Je soupirai de soulagement.
Alice abandonna sa posture défensive pour s'agenouiller à côté de moi, et dire à Bella :
-Tu n'est pas fichue de rester en sécurité trois jours ?
Bella eut un faible sourire, puis une grimage de douleur lorsque Carlisle lui toucha le cou. Je lui attrapai la main, elle sembla se calmer. Moi aussi. Le contact de sa peau chaude sur la mienne avait suffi à apaiser totalement ma colère.
-Qu'est-ce que vous faites ?
C'était l'autre mâle, Thomas, qui avait parlé.
-Je la soigne, répondit Carlisle.
-Vous ne pouvez pas faire ça.
-Et pourquoi ? répliqua Esmée, toujours en position d'attaque.
-Elle doit mourir.
Seul mon grognement lui répondit.
-Elle sait, insista Thomas.
-Bien sûr qu'elle sait ! s'énerva Alice.
Toute la famille Edenson la regarda comme si elle était devenue folle.
-Edward, dit Carlisle.
Il eut aussitôt toute mon attention.
-Ramène Bella à la maison. Occupes-toi d'elle. S'il y a un problème, appelles-moi. Je vais expliquer aux Edenson la... situation.
« Et par pitié, ne fais pas de bêtises. » pensa Esmée.
Je hochai la tête, pris Bella dans mes bras et partis à toute vitesse vers notre villa.
Et voilà comme promis le chapitre 5. On postera la suite le 7 mars. Marinez bien en attendant !
Sinon, les chapitres vont devenir vraiment plus long à partir du chapitre 7.
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Abyss et Tara
