Bonjour à tous !

Après une absence relativement longue, voici le chapitre 10 ! Il a été assez difficile à écrire, donc on espère que vous apprécierez.

On vous annonce (pour ceux qui ne seraient pas au courant) que nous écrivons les bonus de notre fanfiction. On espère que vous les apprécierez autant que la fiction elle même.

Sinon, je sais que vous n'aimez pas quand on vous dit ça, mais ce serait sympa de laisser un peu plus de review. On ne peut pas savoir ce qui ne va pas dans notre fiction si vous ne nous le dites pas. On est sures que nombre d'auteurs nous comprennent.

On a passé de très bonnes vacances, bien reposantes, qui nous ont permis de finir d'écrire ce chapitre. Nous pouvons vous annoncer qu'il en reste environ cinq chapitre à écrire avant la fin de la fiction. On souhaite bonne chance à toutes celles (et tous ceux ?) qui rentrent comme nous à l'école (pour notre part, nous ne commençons qu'a 10h30 ce qui nous permet de poster ce chapitre si tôt).

Il est de notre devoir de vous prévenir que nous rentrons toutes les deux en seconde. Comme c'est une classe relativement difficile, on aura pas forcément le temps d'écrire, surtout au premier trimestre. Donc ne vous étonnez pas si nous ne postons pas de chapitres avant pas mal de temps.

On vous souhaite une bonne lecture !

Tous les personnage (sauf les Edenson) et le contexte appartiennent à Stephenie Meyer.


Chapitre 10 : Vicky, the come back

Point de vue : Angela

La douleur dans mon bras était presque insoutenable il y a à peine deux minutes. A présent, je ne sentais presque plus rien. Après un passage au bloc dont je ne gardais aucuns souvenirs tant on m'avais bourré de morphine, seul mon plâtre pouvait attester de ce qui c'était passé chez Bella.

Ca, et les cauchemars.

Toutes les nuits, je revoyais la scène. Thomas, rapide comme l'éclair, se jetant sur moi. Jacob –était-ce lui qui était brûlant ou juste moi qui étais glacée ? –me poussant vers l'escalier. Craquement. Douleur intense. Cris.

Me sortant de mes pensées, la porte de ma chambre s'ouvrit.

Le docteur Cullen entra.

Bizarrement, peut-être parce que j'avais sans cesse son image en tête, mais il possédait des similitudes avec Thomas. Mêmes peaux blanches, mêmes yeux dorés…

Dorés ? Oui, à chaque fois que j'avais vue Thomas, ses yeux étaient dorés. Pourtant, quand il m'avait attaqué, ils me semblaient aussi noirs que la nuit.

A réflexion, ce phénomène s'était déjà produit chez les Cullen. Au fil des jours, leurs yeux s'obscurcissaient pour redevenir clairs d'un seul coup.

Comment avais-je fait pour ne pas remarquer ça avant ?

- Alors, Angela, comment vas-tu ?

Je levai les yeux vers le docteur. Il me regardait avec un sourire sympathique. Sans savoir pourquoi, cela me poussa à me méfier plus qu'autre chose.

- Mieux.

- Tant mieux.

Il accrocha plusieurs radios au dessus de mon lit.

- Triple fracture ouverte du radius. Tu as dus faire une sacrée chute pour te faire ça.

- Une… sacrée chute…

- Oui. C'est bien ce qui s'est passé ? Tu es tombée dans les escaliers ?

- Oui, c'est ça, m'empressais-je d'affirmer.

Qu'aurais-je pu dire d'autre ? Qu'un fou furieux à vitesse surhumaine avait essayé… de quoi au juste ? De me tuer ?

- C'est ça… murmurais-je encore.

Le docteur Cullen me fixa un moment, puis sortit.

Des détailles de collaient pas. Comment avait-il élaboré sa théorie ? Était-ce Bella qui lui avait raconté ça ? Et d'ailleurs, à propos de Bella, pourquoi n'avait-elle pas appelé d'ambulance ? Nous serions arrivées à l'hôpital beaucoup plus rapidement. Et elle n'avait pas voulu me répondre.

Je sautai sur mes pieds et me dirigeai vers la sortie. Mes parents m'attendraient dehors, je les rassurerais, puis j'appellerai Bella.

Je devais avoir une longue conversation avec elle.

Point de vue : Bella

J'avais passé la nuit chez les Cullen, bercée par les paroles réconfortantes d'Edward. Alice s'était chargé de prévenir mon père –personne ne pouvait résister très longtemps à ce lutin. Carlisle m'avait prévenu qu'Angela avait passé la nuit à l'hôpital et qu'elle ne serait de retour que le lendemain. Cela m'avait soulagé. Même si je savais qu'une confrontation aurait inévitablement lieu, et qu'il était inutile, voir stupide, de la repousser, je n'étais pas prête à parler à Angela. Pas encore.

Après m'être douchée et habillée, je descendis à la salle à manger des Cullen, où Edward m'attendait avec un petit déjeuner gargantuesque. En quête de réconfort, je fondis vers ses lèvres. Il répondit à mon baiser avec ferveur, avant de mon repousser et de m'aider à m'asseoir. Je grognai intérieurement. Cela commençait à devenir frustrant.

- Comment te sens-tu ? me demanda-t-il.

Je réfléchi un moment avant de répondre.

- Disons que c'est déjà allé mieux.

Edward soupira, puis me pris dans ses bras. J'appuyai la tête contre son torse et fermai les yeux.

- De suis désolé Bella, murmura-t-il, la tête enfouillie dans mes cheveux.

- De quoi ? m'étonnais-je en relevant la tête.

Il soupira derechef avant de répondre lentement.

- Tu m'as expliqué que Thomas et Colin me cherchaient. Par conséquent, si je n'avais pas été là, ils ne seraient pas venus, rien ne serait arrivé.

Je n'arrivais pas à croire qu'il pouvait un résonnement aussi faux avec une logique pareille. Je ne pu retenir un petit rire.

- Quoi ? me demanda-t-il en me repoussant légèrement.

Je secouai la tête.

- Je suppose que l'on ne te changera pas. Mais, Edward, dis moi, si tu n'étais pas là, je serais en ce moment toute seule, ici, à la merci d'instables vampires. Qu'as-tu à répondre à cela ?

Il ouvrit la bouche à la recherche d'une réponse, en vain. Un sourire glorieux fleurit sur mes lèvres. Pour une fois, j'avais le dernier mot. Je l'embrassai pour couper court à toute protestation, puis me levai d'un bon pour aller prendre mon sac. Ma petite victoire m'avait donné le courage d'affronter le lycée et la série de discutions qui allait me suivre (vous rendez vous compte, la fille du pasteur avait glissé dans mes escaliers !).

Une fois chacun des membres de la fratrie Cullen prêt à partir, nous mîmes en route. En arrivant, la première chose que je remarquai était que la voiture des Edenson n'était pas là. Retard ou absence ? J'espérai sincèrement que la seconde option soit la bonne. Je ne voulais pas tomber sur Thomas dans un couloir. Sentant mon agitation, Edward passa un bras autour de ma taille. Je remarquai alors que je m'étais crispé. Je relâchai mes muscles… et manquai de m'étaler par terre.

Mon amoureux me rattrapa avant que je ne touche le sol.

- Ça va ? me murmura-t-il à l'oreille.

- Je crois, bredouillais-je. Je suis juste un peu stressée, je suppose. Je redoute d'avoir à affronter les questions des autres, surtout celle d'Angela.

Edward parut se concentrer un bref instant.

- Elle n'est pas là, me murmura-t-il ensuite.

- Comment tu le sais ? m'étonnais-je.

- Je ne capte pas ses pensées. Elle n'est ni au lycée ni à proximité.

Je soupirai de soulagement.

- Génial. Il ne me reste plus qu'a éviter Jessica et à prier pour que les Edenson ne reviennent pas au lycée, et…

- Les Edenson ne viendrons pas au lycée non plus, me coupa Edward.

J'arquai un sourcil, il s'expliqua.

- Ils ont violé le traité. Avec les loups. L'un d'eux a attaqué une humaine.

- Angela, murmurais-je.

- Oui. Maintenant, en attendant de voir ce que Sam va décider, nous leur avons conseillé de ne plus se mettre en contact direct avec des humains. Du coup… Pourquoi souris-tu ?

- Tu les a appelles « les loups », et pas « les cabots » ou « les clébards ». C'est un beau progrès.

Il m'adressa un sourire éclatant et m'embrassa furtivement. La cloche indiquant le début des cours retentit et nous nous dirigeâmes vers notre salle de classe.

- Je suis vraiment désolé.

- Ce n'est pas grave.

- Je n'aime pas te laisser seule.

- J'y survivrais.

- Si j'avais le choix, crois bien que…

- Tu resterais avec moi, je le sais. Mais comme tu dois partir, et que plus vite tu partiras plus vite tu seras de retour, par pitié Edward, arrêtes de t'auto flageller comme tu le fais.

C'était la fin des cours, nous étions sur le parking de l'école, devant ma camionnette rouge qu'Alice avait déposée pendant sa pause.

Cela faisait une bonne quinzaine de minutes qu'Edward s'excusait de ne pas pouvoir rentrer avec moi. Sa famille et les Edenson devaient se réunir pour discuter du cas d'Angela.

Et une bonne quinzaine de minutes que j'essayais de le convaincre que le monde ne s'effondrerait pas juste parce qu'il m'avait laissée seule une fin d'après midi.

Mon vampire soupira, vaincu.

- D'accord, murmura-t-il, comme à regret. J'y vais.

Il me regarda intensément de ses prunelles dorées.

- Fais bien attention à toi, d'accord ?

- Toujours, lui promis-je en souriant.

Il me sourit en retour, et me donna un long baiser.

- Je reviens vite, promit-il à son tour, avant de se diriger vers sa Volvo, garée à quelques places de là.

Je montai dans ma Chevrolet, et me dirigeai lentement vers ma maison.

Quand j'y arrivai, je me redis compte que quelqu'un m'y attendait déjà.

Angela.

Elle était silencieuse, appuyée contre le linteau de la porte. Je remarquai immédiatement son bras en écharpe, entouré d'un plâtre qui l'enveloppait jusqu'au coude. Je restai un moment figée devant le volant, puis me garai et sortis de ma voiture.

- Bonjour Bella.

Sa voix était calme, mesurée. Pas comme si elle allait me demander de lui expliquer dans quelles circonstances on avait essayé de la tuer.

- Salut Angela.

Nous nous toisâmes un moment prudemment, aucune de nous n'osant faire le premier pas.

- Explique moi, se lança-t-elle.

- T'expliquer quoi.

J'avais essayé de garder une voix aussi calme que possible, mais l'hystérie se lisait dedans. Angela leva un sourcil. Évidemment, elle n'était pas dupe.

- Tout. Qu'est-ce qui m'est arrivé. Qui est Thomas. Qui est Jacob aussi.

Je me mordis la lèvre. C'était encore pire que je ne le pensais. Je fermai les yeux et expirai bruyamment. Elle saurait si je lui mentais. J'étais bien trop transparente. Aussi je décidai de lui dire une partie de la vérité. Une partie suffisamment susceptible de l'effrayer pour l'empêcher de poser d'autres questions.

- Crois moi, Angela, tu ne veux pas savoir.

- Mais… protesta-t-elle.

- Non, laisse moi finir. Je sais moi, alors que je ne devrais pas. A cause de ça, je risque de mourir.

Angela recula d'un pas, visiblement choquée.

- Des gens peuvent me tuer, et personne n'en saura rien à part Edward et sa famille. Alors, a mon avis, il vaut mieux que tu ne saches rien.

Elle baissa la tête, visiblement en plein dilemme. Je voulu m'approcher d'elle, la rassurer, lui dire que tout irait bien, mais je décidai de ne pas pousser la chance trop loin.

- Au revoir Angela.

Je rentrai chez moi et fermai la porte.

Le lendemain matin, je redoutais de retourner à l'école, d'affronter Angela. Je n'étais pas sûre de sa décision après ce que je lui avais dit. Malheureusement, je n'avais pas le choix.

Ce fut encore pire que je ne l'avais imaginé.

Angela m'ignora totalement.

En fait, elle m'évita.

Elle ne s'assit pas à côté de moi en cours. Je pensais que c'était pour rester éloignée des Edenson, mais elle déserta aussi sa place à la table des Cullen. Évidemment, Ben la suivit, non sans m'avoir gratifiée d'un regard ahurit.

Au fond de moi, je savais qu'il était mieux pour elle d'arrêter de les fréquenter, de nous fréquenter, mais j'étais blessée par son comportement. Angela était ma seule véritable amie humaine, et je tenais à elle.

- Tout va bien ?

La voix d'ange d'Edward me fit lever la tête. Ses traits étaient anxieux et son regard prudent. Je fermai les yeux et secouai la tête avant de répondre.

- Bien sûr que tout va bien.

Je soupirai et posai ma tête contre son torse. Nous étions dans ma chambre, sur mon lit. Charlie était couché, et nous discutions depuis une bonne heure.

Il embrassa mes cheveux puis, rapidement, souffla dans mon cou :

- Alice et moi allons chasser ce soir.

Je me retournai. Les yeux d'Edward étaient d'un noir d'encre.

Bon sang, comment ne m'en étais-je pas rendue compte avant !

- Oh.

Il eut un sourire triste.

- Désolée, je ne m'en étais pas rendue compte.

- Tu n'as pas à être désolée. C'est entièrement de ma faute. Je n'aurai pas du rester aussi longtemps sans me nourrir. J'ai été négligent.

Ses yeux sombre me scrutèrent, hésitants, puis il ajouta :

- A vrai dire, j'avais peur de partir, après ce qui c'est passé quand…

Il ferma les yeux et serra les poings. Je lui caressai le dos de la main, espérant que cela suffirait à le calmer. Apparemment, cela marcha. Il se détendit et repris, un peu honteux.

- J'ai également empêché Alice de partir, je voulais qu'elle surveille ton futur. J'ai été odieux avec elle.

- Tu te fera pardonner en n'étant pas en retard, répondis-je avec un petit rire qui sonnait faux.

Edward me regarda un instant avec un air très doux. Puis, doucement, il se pencha vers moi et m'embrassa. Ce baiser me rappela le début de notre relation, quand ni l'un ni l'autre n'osions pousser nos marques d'affection trop loin, de peur que mon vampire de petit ami ne puisse le supporter.

Poussée par un élan de hardiesse venu de ce constat, j'appuyai, plus fort mes lèves contre les siennes, essayant d'approfondir notre étreinte. Aussitôt, il disparut, et je tombai la tête la première contre ma couette. Je levai les yeux et essayai de trouver Edward, mais il était parti.

Je retins de justesse un gémissement de frustration. La relation que nous entretenions, Edward et moi, avait toujours été basée sur cette retenue, cette gène au moindre contact dépassant les limites que nous nous étions imposées. Pourtant, pour une fois j'aurai voulu plus.

Edward me parlait toujours des expériences humaines qu'il ne voulait pas que je manque. Certaines me paraissaient bien ridicules, comme le bal du lycée. Mais étais-je vraiment prête à toutes les abandonner ? N'y en avait-t-il pas une, rien qu'une seule, que je voulais pleinement vivre ?

Je fus interrompue dans mes réflexions par le carillon de la sonnette. Je fronçai les sourcils. Qui pouvais bien venir chez nous à une heure pareille ?

J'entendis Charlie grogner, puis me lancer depuis sa chambre d'une voix endormie :

- Tu peux aller ouvrir, Bella ? C'est sûrement pour moi.

Je levai les yeux au ciel et pestai pour la forme. Je descendis néanmoins les escaliers et ouvrit la porte, m'attendant à trouver un collègue de Charlie.

Mais ce n'était pas un policier.

C'était Angela.

La pluie tombait drue dehors, elle était trempée. Je remarquai que sur son visage, des larmes se mêlaient aux gouttes de pluie.

- Je ne peux pas, Bella, me murmura-t-elle. J'ai essayé, mais je n'arrive pas enlever cette image de mon esprit. Je sais que c'est dangereux, tu me l'as dit. Mais ne pas savoir est pire que tout.

Je la contemplai, horrifiée, oubliant même la plus élémentaire des politesses qui aurait voulu que je l'invite à entrer. J'avais été persuadée que mes menaces avaient eut de l'effet sur elle, et tant pis si elle devait m'ignorer jusqu'à la fin de ses jours. Visiblement, je m'étais trompée.

Ce fut les pas de mon père dans l'escalier qui me ramenèrent à la réalité.

- Entre, marmonnais-je.

Elle fit un minuscule pas, et je l'attrapai par la manche pour la faire avancer. Derrière moi, j'entendis la voix de mon père.

- Angela ? Angela Weber ?

Je me tournai vers lui et chuchotai :

- Tu peux appeler ses parents s'il te plait ? Je ne crois pas qu'elle soit en état de rentrer chez elle.

Il parut comprendre que c'était l'une de ces situations où il valait mieux ne pas poser de questions et se dirigea, après un coup d'œil inquiet à mon amie – qui, dégoulinante de pluie, sanglotait toujours – se dirigea vers le téléphone.

Comme Angela semblait toujours incapable de marcher sans s'écrouler, je l'attrapai de nouveau par le bras et la forçai presque à monter dans ma chambre.

Après avoir mis la salle de bain à sa disposition, je fouillai un moment dans mon armoire pour lui trouver des vêtements secs. Pas un moment elle n'avait cessé de pleurer. Parmi ses gémissements, on distinguait des bribes de mots :

- Peux pas… trop dur… vérité…

Ses paroles me brisaient le cœur, et je la pris dans mes bras pour la bercer. Elle fini par se calmer, puis riva ses yeux dans la miens.

- Dis le moi.

- C'est impossible, tu le sais…

- Non justement, je ne sais rien. Et ne pas savoir, c'est pire que tout. Je… je n'arrive pas à enlever le visage de Thomas de ma tête. Je pense à ça tout le temps. Je ne dors pas la nuit. J'ai la nausée rien que d'y penser. Je ne supporte plus l'odeur du fromage.

Je me sentis fléchir. Je ne pouvais pas lui dire, je ne le devais pas. Mais je savais pertinemment que, si j'avais été à sa place, je n'aurai jamais abandonné.

Je fermai les yeux un instant, puis les rouvrit. J'avais pris ma décision.

- Angela… le monde n'est pas exactement ce qu'il paraît être.

Point de vue : Alice

Odeur.

Très peu alléchante.

Surement un cerf.

A l'odeur se mêlent des bruits de sabots sur la terre dure, et d'un souffle.

A 13,4 mètres sur ma droite.

D'un léger bond, je saute sur un arbre et me retrouve juste au dessus du cervidé.

Il n'est pas très alléchant, mais je ne suis pas d'humeur à chasser encore. Celui là devrait suffire.

Ma gorge me brûle. Le vent change de sens, m'amenant l'odeur du cerf. Le venin monte à ma bouche.

La seconde d'après, je suis sur l'animal. D'un mouvement du poignet, je lui brise la nuque. Mes crocs s'enfoncent dans le cou de l'animal. Le sang fade et tiède afflue dans ma gorge.

Puis le temps se fige.

Ma vision se trouble un moment, pour être remplacée par un autre décor. La chambre de Bella. Et Angela est là.

Pour la première fois depuis longtemps, du sang coule sur ma robe sans que je m'en offusque.

Je ferme les yeux douloureusement.

Le pire est à venir.

Point de vue : Angela

Des vampires.

C'était à peine croyable, et pourtant c'était vrai.

Des vampires.

Sans les crocs, les capes noires et les cercueils.

Avec la soif de sang, la force sans pareille et la dangerosité infinie.

Des vampires.

Qui ne craignaient ni les pieux, ni le soleil, ni l'eau bénite. Même pas l'ail.

Des créatures du diable.

Des vampires.

Je pensai en palissant à l'idée qui me rongeait l'esprit pas plus tard qu'hier soir. J'avais été persuadée que Thomas était un démon envoyé pour me punir d'avoir couché avec Ben alors que nous n'étions pas mariés. Je repris quelques couleurs et soupirai en repensant à cet épisode, puis, avec un nouveau soupir, le chassai de ma tête. J'avais d'autres choses à penser.

Hier, quand j'avais été chez Bella, je l'avais interrompue assez vite, ayant besoin de temps pour assimiler la situation. A présent, je devais avouer que je le regrettais. J'avais besoin de précision, besoin d'appréhender ce qu'était ces gens, besoin de savoir, avec autant sinon plus de force que la veille. A bien y réfléchir, même Bella ne pouvait pas me révéler tout ce que je voulais savoir. Non, si je voulais assouvir mon irrationnelle avidité, je devais m'adresser à l'intéressé, autrement dit à un vampire.

Pas les Edenson. D'après ce que m'avais dit Bella sur Thomas, il valait mieux que je ne m'approche pas d'eux.

Parmi les Cullen, j'éliminai d'office Emmett, Rosalie et Jasper. Les deux premiers me faisaient peur, tandis que le troisième avait apparemment du mal à se contrôler. L'image enjouée et assez insouciante d'Alice s'imposa à moi. Elle me semblait assez inappropriée, et je ne pensais pas pouvoir supporter des propos surement choquant sortant de sa bouche de lutin.

Les parents, Esmée et Carlisle, étaient à éliminer aussi. Trop vieux. J'eus un rictus cynique en pensant que, de toutes les façons, se serait le cas pour tous.

Un seul restait. Edward. Le plus habitué à fréquenter des humains, puis ce qu'il sortait avec Bella. Celui qui pourrait le mieux me donner des réponses, car j'imaginais qu'il s'était déjà soumis à l'interrogatoire de Bella. Oui, s'était décidé, j'allais lui parler.

- Miss Webber ?

La voix de M. Blueman, professeur de mathématiques, me tira de ma rêverie. Affolée, j'analysai rapidement l'équation notée au tableau. Heureusement, elle était simple.

- Oui monsieur, x est égal à -5 et y à 1/3.

Un rire discret secoua la classe.

- C'est bien, dit M. Blueman avec un petit sourire, mais je te demandais seulement de fermer la fenêtre.

Le rire reparti, plus marqué. Rouge de honte, je me levai et poussai la vitre. Je fis bien attention à écouter attentivement le reste du cours. En effet, M. Blueman m'interrogea deux autres fois, ayant surement constaté que j'étais inattentive au début de l'heure. La sonnerie m'ôta un poids. Je partis en vitesse, et pris ma décision.

Aujourd'hui, à l'heure du déjeuner, j'allais parler à Edward Cullen.

Point de vue : Edward

Le réfectoire se remplissait peu a peu, mais déjà j'étais installé à la table que Bella et moi partagerions. Nous devions discuter des implications que sa conversation avec Angela pourraient avoir. Il était extrêmement dangereux pour elle de connaître notre nature vampirique, et il allait falloir prendre quelques précautions avec les Edenson pour que l'information ne filtre pas. Surtout pas du côté de l'Italie.

Bella tardait à venir, mais je ne m'en inquiétais pas j'avais vu dans l'esprit de Jessica, avec qui elle partageât leur cours d'histoire que leur professeur les retiendrait un peu.

Un autre esprit attira mon attention. Instinctivement, je me raidis.

Je me tournai vers Angela. Ses intentions étaient claires : elle avait des questions elle voulait des réponses.

Alors que je l'observais, je déchiffrai la bataille qui se déroulait dans son esprit, le besoin de savoir se disputant à la peur et l'appréhension. Je la vis hésiter, son plateau entre les mains. Se détourner avant de retourner vers moi, faire un pas dans ma direction…

Avant d'abandonner et de s'asseoir à un table éloignée de la mienne, en se traitant elle même d'idiote.

Je soupirai. Même si j'appréhendais de parler avec Angela, cette conversation devait avoir lieu. J'avais vu dans son esprit son esprit son besoin de parler, et je savais que si ce n'était pas à nous, ce serait à un humain. A Ben, peut-être. Ou pire, à ses parents.

Je pris ma tête dans mes mains. Tant de choses s'étaient passées si vite ! Depuis l'arrivée des Edenson, nous allions de problèmes en problèmes.

Je me redressai en entendant Bella entrer dans le réfectoire. D'un signe de la main, je lui indiquai que j'avais déjà pris un plateau pour elle. Elle me rejoignit, ses lèvres s'étirant en un sourire si adorable que je sentis s'évaporer tous mes soucis. Lorsqu'elle s'assis sur sa chaise, je lui tendis le plateau.

Elle fronça les sourcils.

- Edward… dit-elle.

- Que se passe-t-il, demandais-je en parcourant le plateau des yeux.

Avais-je pris des choses qu'elle n'aimait pas ? Y en avait-il assez ? Malgré ma relation avec Bella, certains aspects de la vie humains me restaient étrangers… et la nourriture en faisait partie. Anxieusement, je la regardai, attendant qu'elle m'explique mon erreur.

- Je crois que tu surestimes les capacités de mon estomac.

Pantois, je la regardai.

- Je serai incapable d'avaler ne serait-ce que la moitié de ce qu'il y a dans ce plateau, Edward, m'expliqua-t-elle lentement.

Je me sentis très stupide.

- Tu veux un autre plateau ? lui demandais-je.

- Non, ça va. Je vais me débrouiller.

Je ne la quittai pas des yeux alors qu'elle mangeait. Nos regards se croisèrent et elle rougit.

- C'est très gênant pour moi, tu sais, lançât-elle à la cantonade.

- Pardon ?

- Que tu me regardes manger. Ça me gêne.

- Que veux tu que je regardes d'autre alors que tu es là ?

Son rougissement se renforça, et je ne pus résister à l'envie de lui caresser la joue, du bout des doigts.

Elle baissa la tête. Quand elle la releva, ses sourcils étaient froncés, et elle semblait soucieuse.

- Qu'y a –t-il ? demandais-je.

- Angela ne s'est pas assise avec moi aujourd'hui.

J'acquiesçai silencieusement.

- Il faut que je lui parle, murmura-t-elle.

- Non, Bella.

- Pardon ?

Elle me regarda, l'air scandalisé.

- C'est à moi qu'elle veut parler, lui expliquais-je.

- Oh.

Il y eut un instant de silence.

- Tu le ferais ? me demanda-t-elle.

- Oui.

- Quand ?

- Le plus tôt possible. Cet après midi à la fin des cours. Rentres sans moi, je te rejoindrai plus tard. Prends la Volvo. Quand j'aurais répondu aux questions d'Angela, nous pourrons enfin être tranquilles.

Elle me regarda longuement avant d'acquiescer.

- D'accord.

La sonnerie annonçant la repris des cours sonna, et nous nous dirigeâmes main dans la main vers le cours suivant.

L'après-midi passa à une vitesse phénoménale. Je prêtais à peine attention aux cours. Une partie de mon esprit était occupée, comme toujours, à surveiller Bella. L'autre scrutait l'esprit d'Angela, cherchant à anticiper ses questions, à trouver la meilleure façon de lui répondre sans la choquer. La sonnerie annonçant la fin des cours nous surprit tous les deux. J'adressai un coup d'œil à Bella qui hocha la tête, m'indiquant ainsi qu'elle partait, comme je le lui avais demandé. Je ressentis un pincement au cœur en la voyant s'éloigner, mais me ressaisis bien vite et me dirigeai à mon tour vers la sortie. Je demandai silencieusement à Alice de faire attention à Bella. Puis je cherchai Angela du regard parmi la marée des lycéens qui grouillait sur le parking du lycée. Cette dernière était passablement désorientée. Elle avait vu Bella partir avec ma voiture, et se demandait si, finalement, elle ne ferait pas mieux de quitter le lycée et de rester le plus éloignée possible de toute sorte de créature mystique.

Elle finit néanmoins par me voir. Elle prit une grande inspiration.

*Allez ma vieille. Quand faut y'aller, faut y'aller*

Elle se dirigea vers moi d'un pas raide. Je l'entrainai dans un coin relativement bruillant. Ainsi, les autres élèves ne pourraient pas nous entendre.

- Que veux-tu savoir ? demandais-je.

De nouveau, elle inspira, puis lâcha :

- Combien y a-t-il de vampires ? A par vous, tous les vampires boivent du sang humain ? Pourquoi Thomas m'a attaqué ? Combien d'humains savent à propos des vampires ? Peut-on survivre à une morsure ?

Je distinguai des questions qu'elle n'osait pas formuler mais que son esprit hurlait :

* Pourquoi vous mêler aux humains, sachant le danger que cela représente ? Avez vous déjà attaqué des humains ? Comment se défend-t-on contre les vampires ? Que représente Bella dans tout cela ? Que va-t-elle devenir ? *

Les deux dernières questions me blessèrent. Je ne voulais pas faire de mal à Bella, jamais.

Je pris mon ton le plus calme et répondis :

- Je ne sais pas exactement combien il y a de vampires dans le monde, mais il y en a moins que tu ne le pense. Il existe un autre clan de vampire suivant le même régime alimentaire que nous. Thomas t'as attaqué parce que…

Je m'apprêtais à répondre à cette question lorsqu'un cri mental me parvint.

« Edward ! »

C'était Alice. Par instinct, je plongeai dans sa tête, et ce que j'y vis me glaça.

Bella. Dans ma Volvo. Tout à coup, un éclair rouge défonce le toit. Des éclats métalliques volent dans tous les sens. Les yeux écarquillés par la peur, Bella tente de reprendre le contrôle de la voiture. Peine perdue après deux tonneaux, elle s'immobilise. Une main blanche arrache une portière, et s'approche du corps inconscient de ma raison de vivre. Les yeux rouges de Victoria étincellent alors que d'un mouvement sec, elle lui brise la nuque…

Je m'obligeai à revenir à la réalité. Bella était en danger. Bella avait besoin de moi. Je maudis la foule de lycéens qui m'obligeait à avancer à un rythme normal jusqu'à être hors de vue. Je n'avais que très peu de temps.

La présence d'Angela me revient à l'esprit.

- Je dois partir.

* Quoi ? Non. Fuir, ça, c'est mon rôle. Il n'y a pas de place pour deux lâches *

- Attends ! dis-elle en m'agrippant le bras.

Pas le temps de la repousser. Pas le temps de réfléchir. Je l'entrainai avec moi, marchant d'un pas rapide jusqu'à la sortie du lycée. Quand je fus sur que personne ne nous regardait, je la balançai sans ménagement sur mon dos et me mis à courir, puisant dans mes moindres ressources pour arriver plus vite près de Bella.

Je sentis son odeur prendre un tournant qui ne figurait pas sur son itinéraire habituel. Je grognai. Elle n'était pas rentrée chez elle. Elle avait essayée d'aller chez moi. Je sprintai, jusqu'à apercevoir un éclat gris. Ma Volvo. Mon esprit en rencontra alors un autre, plein de ressentiment. Poussant un hurlement de rage, je jetai Angela sur l'herbe qui bordai la route et me précipitai vers Victoria qui s'approchait dangereusement de ma voiture. Je la percutai et l'obligeai à reculer. Elle se roula en boule puis se redressa en position de combat.

Son regard rouge se posa successivement sur moi, Bella –qui avait arrêté la voiture –et Angela, toujours par terre, qui vérifiait que son plâtre n'avait pas été endommagé. Un rictus tordit ses lèvres tandis qu'elle faisait volte face et s'enfuyait.


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Abyss et Tara