Note d'auteure : Me revoilà ! Quelques mots avant de vous laisser à la lecture. Avec quelques commentaires de mes lecteurs/lectrices et ceux de ma Beta, j'ai cru comprendre que vous aviez des questions. Je vous réponds de m'accorder votre patience car beaucoup d'informations dans les premiers chapitres ont un lien direct avec les prochains et vous répondre serait gâcher les surprises que je vous réserve. Je sais que beaucoup de choses n'ont pas de sens mais ils en auront croyez moi. De plus, je me dois de vous avertir qu'au fil des chapitres, l'histoire c'est développer dans ma tête et que je ne suivrais pas tout à fait les livres comme je l'avais indiqué dans mon premier chapitre. Voilà je ne vous retiens pas, bonne lecture. Read & Review
Précédemment dans trahison…
Comme si le signal de fin de réunion avait été donné, les gens se sont mis à parler entre eux. Je me contentais d'observer, j'avais assez parlé et cela me donnait l'occasion de noter quelques comportements sur ceux que je connaissais le moins dans la meute. Puis, je sentis Paul se rapprocher jusqu'à ce que je sente ses lèvres effleurer mon oreille.
- Toi et moi aussi, on va devoir parler. Me chuchota-t-il.
Je me tournais vers lui, réfléchissant à la meilleure façon de dire les choses. Puis je me dis que plus tôt cette discussion aura lieu, mieux ce serait.
- Paul, je suis consciente qu'une discussion s'impose, penses-tu qu'on pourrait trouver un endroit sans oreilles indiscrètes ? Chuchotais-je en scrutant la petite pièce bondée.
Avant que Paul ait eu le temps de me répondre, Sam se tourna vers moi. Évidemment, nous avions désormais tous une ouïe bien trop fine pour ces chuchotements.
- Seth, Embry, première patrouille effective maintenant, vous remplacez Jacob jusqu'à 17h00, Leah, Quil, vous prendrez la prochaine, de 17h00 à 22h30. Jared et Paul, de 22h30 à 6h30 et je prendrais le relais jusqu'à la fin des cours. J'veux tout l'monde chez moi pour un meeting demain à 15h30 tapante. Seth, tu prendras la patrouille pendant le meeting, tu commences à 15h15, j'enverrais quelqu'un te rejoindre dès que possible.Pour ceux qui ont faim, inutile de préciser que tout le monde se mit à sourire, Emily nous attends déjà à la maison, finit-il avec un sourire en coin. Quand était-elle partie ?
Il avait trouvé le meilleur moyen pour nous laisser un peu d'intimité. J'hochais la tête dans sa direction en signe de remerciement, puis il suivit sa meute à l'extérieur. Je vis Sue revenir de la cuisine, j'imagine qu'elle s'était éclipsée à un moment ou à un autre. J'avais été tellement captivée par la réunion, que je n'avais pas remarqué l'absence de Jacob ni le départ de Sue et d'Emily.
- Kwanita, je t'ai laissé quelques repas à réchauffer dans le frigo, je repasserais demain pour voir ton état de santé et pour t'aider si besoin.
- Merci Sue mais je pense que ça ira, tu n'auras pas à revenir demain. Je me sens déjà reprendre des forces. Je pense pouvoir me déplacer par moi-même dès demain.
Je n'avais pas envie d'être ingrate mais j'avais besoin d'être seule et de m'occuper de moi-même dès que possible. Je devais déjà faire de gros efforts pour interagir avec eux de manière correcte, je n'allais surement pas me les coltiner plus que nécessaire. Je remarquais que ma réaction l'avait prise par surprise. Ce qui m'étonna moi, c'était plutôt qu'une femme clamant me connaitre aussi bien n'avait pas déjà comprit ça.
- D'ailleurs, je me demandais, je n'ai pas eu l'occasion de poser la question mais qui a eu l'idée de me ramener chez moi hier ?
- C'est moi, je me suis dit que tu serais plus à l'aise chez toi. Je sais que… Je savais que tu aurais du mal avec notre proximité et j'ai voulu te faciliter les choses. Elle baissa la tête, ce qui me fit sourire. C'est peut-être méchant mais après tout, elle m'avait jeté à la rue et sa honte me faisait plaisir. J'espère qu'elle était prête pour le retour d'ascenseur.
- Tu as bien pensé Sue. Je te remercie pour ça et pour tout ce que tu as fait pour moi mais il est temps de rentrer chez toi. Paul, je me tournais vers lui afin de confirmer que ce que j'allais dire lui convenait également, m'aidera à m'installer pour la nuit. Il se contenta d'hocher la tête, j'appréciais le fait qu'il ne se sentait jamais obligé de rajouter son grain de sel contrairement à certains. D'ici demain, je pourrais parfaitement m'occuper de moi-même, j'en suis certaine.
- Bon, ok, mais tu peux m'appeler si jamais tu as besoin de soins ou d'aide pour quoi que ce soit.
- Encore une fois, merci mais ce ne sera pas nécessaire.
Sur ce, elle prit son sac à main et sortit de la maison.
Nous restâmes silencieux pendant de longues minutes et j'en profitais pour trier mes pensées. Depuis ma renaissance, j'avais l'impression d'être différente, j'étais plus tempérée, moins impulsive. La colère et l'amertume ne m'avaient pas quitté mais faire le deuil de ma vie avait changé ma perspective. Ma grand-mère n'était pas étrangère à cela non plus, ses paroles m'avaient profondément ébranlé. Le savoir que j'avais acquis en deux jours était suffisant pour rendre une personne saine d'esprit complètement folle, mais je n'étais pas faible. Encore trop de choses, trop de détails m'étaient inconnus mais j'affronterais chaque problème que l'on mettra en travers de mon chemin.
Commençons par l'imprégnation. Le résumé m'ayant été fait ne me satisfaisait guère, j'avais besoin de tout savoir, de tout comprendre, avant de faire mon choix. Et puis, il ne fallait pas que j'oublie qu'on était deux là dedans et que je n'avais aucune idée de ce qu'il en pensait. Certes, il est doux, on a échangé quelques regards, il est protecteur et tout, mais ça, c'est le loup qui le pousse à agir ainsi. Quand est-il de l'homme ?
- Je… je ne suis pas certaine d'avoir les idées assez claires et d'en savoir assez sur l'imprégnation pour me faire une idée finale sur ce qu'il se passe entre nous. Pour être franche, je n'arrive pas à contrôler mes réactions face à toi, et ça me fait peur. J'aimerais savoir ce que tu penses et ce que tu ressens mais j'ai besoin que tu me donnes l'information qui me manque.
- Je n'ai jamais été fan de l'imprégnation. De voir Sam et Jared ramper devant leur imprégné avait pour habitude de me donner mal au cœur.
- Jared aussi?
- Oui, tu n'as pas encore rencontré tout le monde… tu n'as même jamais assisté à un vrai meeting et puis, si tu veux mon avis, ce soir y'a beaucoup trop de choses qui n'ont pas été dites. J'sais pas pourquoi Sam a laissé certaines infos de côté mais il a été un peu expéditif sur les règles de la meute.
- Mouais, enfin, ça serait peut-être un bon début de commencer par me nommer tous ceux qui sont imprégnés.
- Sam et Emily, Jared et Kim, Quil et Claire, toi et moi, et Jacob et Bella.
- Quoi ? Claire ? Mais elle n'a que deux ans ! C'est quoi cette connerie ?
- Ouais. Pour Claire et Quil, on ne comprend pas trop mais l'imprégnation, c'est pas toujours le coup de foudre. On a besoin de faire partie de la vie de l'autre mais de la manière dont notre imprégné a besoin de nous. Amour, amant, frère, amis, confident, père… bref, on s'ajuste à l'autre.
- C'est un peu hypocrite de la part des Grands Esprits, ce n'est pas un cadeau si on n'est pas libre de nos choix. Et si Claire ne veut pas de lui quand elle sera grande et qu'il reste son meilleur ami ou son frère ? Est-ce que Quil a une chance de faire sa vie à côté ? J'veux dire, il peut tomber amoureux ?
- Non. Il ne voit qu'elle. Faut que tu saches que dans tous les journaux que l'on a, les imprégnés ont toujours finit ensemble. La force d'attraction est trop intense et le lien finit toujours par gagner. Ce genre de dévotion est difficile à résister… Notre cas est différent, on n'avait jamais entendu parler de deux loups qui s'imprègnent l'un et l'autre et nous n'avons aucune idée de comment ça va nous affecter. Pour ce qui est de Quil, il ne la voit pas comme une femme mais plutôt comme une petite sœur. Sam et Emily n'étaient pas très contents au début mais être en direct dans sa tête à certains avantages.
- Pas très contents ? Quels hypocrites ces deux-là. S'imprégner de la cousine de sa fiancée, c'est mieux ça ? Pff… Et Jacob et Bella ? Depuis quand ? J'croyais quel cavalait avec les vamps' celle-là ?
- Le soir où on est allé vous secourir toi et Bella chez les Cullen. Jacob a toujours été amoureux d'elle, ça n'a vraiment surpris personne qu'il s'imprègne, sauf elle.
- Ok. Donc, si j'ai bien compris, six loups sur neuf sont imprégnés, c'est normal ?
- C'est supposé être rare.
- Et dis-moi, les légendes sont flous dans ma tête, l'imprégnation c'est vraiment un cadeau ou ça a un but particulier ?
- Dans certains récits, c'est dit que l'imprégné est notre âme sœur, la seule personne qui nous complète parfaitement. Un cadeau pour soulager notre fardeau et pour nous aider à rester homme face à l'animal. D'autres avis pensent que c'est une question de descendance, bref, la meilleure femme pour faire les meilleurs bébés.
- Et toi, t'en penses quoi ?
- J'en sais rien… Il se prit la tête entre les mains. Je pensais que je ne m'imprègnerais jamais, ça faisait déjà un an que j'étais un loup et rien ne s'était produit. J'aimais ma liberté et j'aimais être un loup, j'avais pas envie d'être forcé de tomber amoureux d'une fille qui me plaisait pas et de commencer à détester mon loup de me faire subir ça. J' voyais ça un peu comme toi, de la manipulation. Sauf que ça m'est arrivé, ça nous est arrivé.
- Ta vision des choses a changé ou pas ? Dis-je un peu froidement mais j'avais envie qu'il me dise enfin ce qu'il ressentait vraiment.
- J'suis pas l'genre à parler de sentiments ou d'affaires de filles donc je ne me répèterais pas. J'y croyais pas, j'en voulais pas. Sam me disait toujours que d'une manière ou d'une autre, les imprégnés étaient des âmes sœurs, qu'ils auraient finis un jour ou l'autre par tomber amoureux, que c'était juste un gros néon avec une flèche que les Grands Esprits envoyaient… J'y répondais tout le temps : BULLSHIT ! Sauf que hier, quand on s'est… imprégnés, j'étais sous le choc. J'ai pas besoin de te répéter tout ce qu'il s'est passé entre ce moment-là et maintenant mais… oui maintenant j'y crois. J'arrêtais immédiatement de respirer. Parce que des filles, j'en ai toujours eu facilement, tu connais ma réputation. Mais la seule que j'ai vraiment voulu et que j'ai jamais eu, c'est toi. Depuis qu'on est gamin, j'ai jamais réussi à te sortir complètement de ma tête…
Respire Kwa ! Tu voulais savoir, eh ben voilà… J'étais sous le choc.
- Paul, je ne sais pas quoi te répondre. J'vais pas te mentir, quand t'es dans la même pièce que moi mon cœur s'emballe et tout mais… Je ne suis pas prête pour une relation. J'ai encore du mal à digérer tout ce qui m'arrive et vu ce qui me reste encore à découvrir, j'peux pas prédire ce que sera demain. J'veux pas non plus te tenir à l'écart, je sais que nos loups en ont besoin. Je relevais mes yeux vers lui et l'émotion dans ses yeux me coupa le souffle. Ecoute Paul, je…
Il se leva et d'un bond il était à la sortie. Ses tremblements étaient pratiquement au point de rupture, et c'était ma faute.
- Paul attends, je ne sais plus comment être proche de quelqu'un, je ne sais plus faire confiance, je… je ne te rejettes pas, j'ai juste besoin de temps. Je t'en pris…
Mes paroles ne servaient plus à rien, il était parti. Si j'avais été debout, je me serais effondrée au moment où un hurlement a transpercé le silence. Mais non, j'étais coincé dans mon canapé. Bien fait pour moi. Notre lien était douloureux et la culpabilité me rongeait. La louve n'était pas contente et mes faibles tremblements en étaient la preuve. Cette solitude dans laquelle je pensais trouver mon bonheur me retenait prisonnière.
- Grand-mère, où est tu quand j'ai besoin de toi ? J'veux pas être seule mais j'ai personne… J'avais quelqu'un mais je l'avais rejeté.
Les murs de ma forteresse s'effondraient et je me retrouvais assaillie par un flot d'images, d'émotions, de pensées et de souvenirs tellement intenses que j'en éclatais. Je ne pleurais pas seulement pour le fiasco avec Paul mais aussi pour tout ce que j'avais retenu entre ces murs. Je pleurais pour ceux dont je n'avais jamais vraiment fait le deuil, pour ma mort et l'abandon de mes proches, pour le couteau dans le dos que ceux en qui j'avais confiance m'avaient planté profondément. Je pleurais aussi pour le moment où j'avais réalisé être minuscule, seule et profondément malheureuse. J'avais ouvert les vannes et elles se déversaient sans retenue. La trahison avait gâché ma vie, je n'arrivais pas à m'en remettre et à avancer.
Mes tremblements étaient douloureux et incontrôlables. Heureusement que mon corps n'était pas capable d'accomplir la transformation parce que je ne sais pas comment mes os auraient pu guérir après autant de traumatismes.
Mes sanglots finirent par s'essouffler et je me demandais ce que j'allais faire de cette deuxième chance si je ne trouvais pas un moyen d'être heureuse. Puis une chaleur étrange circula en moi et une brise caressa mes cheveux.
- Tu as Le Bon Esprit, ta force est en toi Teka sumanitu tanka.
Je ne voyais personne devant moi, c'était comme si la brise portait jusqu'à moi ses paroles de sagesse.
- Comment j'avance Tanika ?
- Un pas à la fois, un jour après l'autre. Et la brise s'envola. J'étais épuisée, physiquement et émotionnellement. L'espoir et le désespoir se combattaient sauvagement dans mon cœur. Demain est un autre jour, me murmurais-je avant de m'endormir.
Un bruit dans la cuisine me réveilla. Je me frottais la poitrine, mon lien était toujours aussi douloureux.
- Qui est là ?
- C'est moi Kwa, j'te prépare un café.
- Qu'est-ce que tu fais là Leah ? Grognais-je de mauvaise humeur.
- Attends, j't'apporte le café déjà, sinon tu vas être de mauvaise humeur et on ne pourra pas se parler, dit-elle en s'approchant.
Je m'étirais et découvrait qu'un miracle s'était produit durant mon sommeil, mes os et mes articulations ne me faisaient plus souffrir. Wow, vraiment cool ce truc de loup ! Un humain aurait pris des semaines voire des mois pour guérir. Ça fait au moins un point positif. J'en profitais pour me lever et m'étirer vraiment à fond et Leah me regardait avec un grand sourire.
- Contente de voir que tu te sens mieux, sista.
- Mouais, maintenant file moi ce café ! Dis-je m'affalant sur le canapé.
- Doucement tigresse, ton corps est peut-être guéri mais tu n'as pas encore toute tes forces.
- Mêle-toi de ce qui te regarde Clearwater. A ce propos, j'avais demandé à ta mère d'être laissée tranquille, t'es la depuis quand ?
- Depuis que j'ai finis ma patrouille, j'suis venue voir comment t'allais… Je t'ai trouvé dans un sale état alors j'suis restée.
- Ah… Paul. Les événements de la veille se rejouèrent dans ma mémoire. Du coup, tout le monde doit se sentir impliqué dans ma vie privée étant donné qu'ils ont droit à un replay ?
- C'est plus compliqué que ça Kwa, de ce que j'ai pu comprendre en arrivant, tu as dormis d'hier midi jusqu'à maintenant. Il est 13h30, tu as manqué un bon bout.
- Quoi ? Hum… J'imagine que j'avais besoin de dormir. Qu'est-ce que j'ai manqué ?
- C'est Paul, il est toujours sous forme de loup et…
- Et quoi Leah ! Vas-y crache le morceau enfin, qu'est-ce que t'attends !?
- J'étais chez Sam, en train de manger avec les autres, quand on a entendu un loup hurler. Tu n'es pas encore habituée mais on reconnait instinctivement chaque hurlement. J'en frissonnais. La seule personne susceptible d'être écouté par Paul, c'était Jared. Il n'a pas attendu une seule seconde avant de sortir le rejoindre et nous avons suivi en cas de besoin. Il était incontrôlable, il a créé une clairière à lui seul en moins de dix minutes. Il abattait les arbres comme on brise une brindille avec ses mains, personne n'a eu le courage de se mettre sur son chemin. Sam a tenté de le raisonner avec sa voix d'Alpha mais rien n'a fonctionné. On a essayé de lui parler en pensées, il n'entendait rien. Ses pensées étaient erratiques mais on a réussi à assembler les pièces du puzzle. Au bout de, je ne sais pas, vingt minutes peut-être, une étrange brise est arrivée et ça l'a calmé. Il s'est couché par terre et n'a pas bougé depuis. Il est depuis silencieux, en personne et en pensée. Sam nous a ordonné de reprendre forme humaine, que seuls ceux qui étaient de patrouille pouvaient muter. Evidemment, ils ne l'ont pas laissé seul, Jared et Sam sont restés avec lui. Quant à moi, je suis allée voir le vieux Quil, trop de choses me paraissent étranges depuis que tu as muté, je suis inquiète.
Je tentais de me lever pour aller le rejoindre mais Leah posa une main sur mon torse pour m'en empêcher.
- Leah, bon sang ! Laisse-moi aller le rejoindre !
- Laisse-moi finir et on ira toutes les deux le voir et de toute façon nous devrons rejoindre les autres chez Sam pour le meeting.
- Ok je t'écoute mais dépêche-toi.
- J'ai raconté à Quil Sr. ce qui venait de se passer, il était déjà en train de se repasser toutes les légendes. Et nous avons peut-être trouvé celle dont tu fais partie. On en parlera plus tard avec les autres si tu veux bien. Après, j'ai dû partir de chez Quil pour ma patrouille et dès que j'ai eu finis, je suis venue voir comment tu allais et j'ai attendu que tu te réveilles. Ce que j'aimerais parler avec toi, c'est de Paul.
- Ok mais je ne vois pas ce qu'il y a de plus à dire.
- Arrête de faire l'autruche Kwanita Uley. Depuis que t'as cinq ans tu rêves de Paul et là, on te dit que c'est ton âme sœur et tu le rejettes, comme ça ? Qu'est-ce qui te prends !?
- Qu'est ce qui me prend !? T'es sérieuse là ? Peut-être que si les gens que j'aime arrêtaient de crever ou de me trahir alors là, peut-être que j'serais pas comme ça. Qu'est-ce que t'en penses ?
- J'croyais que t'avais compris hier, que je n'avais pas eu le choix. J'pensais que t'avais commencé à me pardonner…
- Alors toi, tout tourne autour de ta personne. T'es même pas capable de te remettre en question deux secondes ! Bien sûr que ça m'a touché de voir ta réaction face à ma mort et tout, mais y'a trop de choses qui ne sont pas claires. Par exemple, pourquoi tu m'as agressé à l'école ? Pourquoi t'a pas essayé de contourner ses ordres où d'intervenir quand tu as su que j'étais renvoyée, que j'irai à l'école de Forks avec des sangsues, que j'étais à la rue et que j'allais emménager dans une maison à l'abandon ? Pardonner une chose ne veut pas dire qu'on pardonne tout, ni à tout le monde. Si j'ai du mal à me faire à l'idée que j'ai un âme-sœur et que je n'arrive pas à ouvrir la porte à de nouveaux sentiments, c'est à cause de vous tous alors ne me fait pas la morale. Et puis, vous avez peut-être recollé les pensées de Paul une à une, mais vous n'étiez pas là pendant notre discussion, tu ne sais rien Leah. Ni de ce que je pense, ni de ce que j'ai dit. Alors jusqu'à ce que tu puisses me répondre sur tous ces points, garde tes bons conseils ou tes réprimandes pour toi-même. Je ne te déteste pas, du moins, je te déteste moins que les autres mais ne pousse pas le bouchon, on est loin d'être des meilleures amies à nouveau. Maintenant, amène-moi jusqu'à lui. Finis-je avec un grognement. La louve était prête à bondir.
J'allais devoir faire avec la petite réserve d'énergie que j'avais car je ne gâchais pas une seconde à rester sur place, j'étais déjà dehors.
- Je ne sais pas si c'est sûr pour moi de muter. Mutes-toi, tu me porteras jusqu'à lui.
- C'est pas assez prudent, imagines que tu tombes ?
Pour seule réponse, un grognement s'échappa de ma poitrine et à voir les yeux de Leah s'agrandir, j'aurais juré que mes yeux étaient devenus jaunes et que mes canines étaient sorties. Elle avait l'air apeurée, tant mieux si elle pouvait se fermer le clapet et m'écouter.
Elle se déshabilla et je ne détournais pas le regard. Je tapais du pied, j'étais impatiente de rejoindre Paul. Dès qu'elle fût mutée, elle se coucha devant moi et je grimpais sur son dos. Je tapotais sur son épaule afin qu'elle démarre. Je remerciais les Grands Esprits de m'avoir gracié de dons puisque j'aurais déjà vomis si j'avais été une humaine comme les autres. A peine deux minutes et je voyais déjà la forme de mon loup couché par terre. Je n'attendis même pas que Leah se baisse et je fis un saut pour atteindre le sol.
Jared, qui était à ses côtés, tenta de m'empêcher d'approcher.
- Kwanita, recule, je ne sais pas comment il va réagir quand il prendra conscience que tu es près de lui. Ça peut être dangereux.
- Laisse-moi passer Jared, je ne me répèterais pas. Répondais-je fermement.
- Laisse là passer Jared, elle est beaucoup plus dangereuse que lui en ce moment.
Sur ce, il s'écarta et je m'agenouillais directement près de la tête de Paul, caressant la fourrure qui bordait sa tête.
- Paul… Revient… Murmurais-je
Je collais ma tête à la sienne et fermais les yeux.
- Je suis désolée, on s'est mal compris. Je ne te rejette pas. S'il te plaît, ne reste pas comme ça, le suppliais-je.
- Paul… Cette fois ci, un sanglot se mêlait à ma voix.
Il bougea enfin et je m'enfouis un peu plus dans sa fourrure. Il réussit quand même à s'écarter un peu afin de me regarder.
- J'ai jamais voulu te faire de mal, je ne sais plus comment aimer, je…
Il me coupa en appuyant son museau sur ma joue, puis il le frotta contre mon visage. Je restais silencieuse, je ne voulais pas briser ce moment. Il s'écarta et la panique s'insinua en moi.
- Non, reste !
Mais il se retourna et il partit dans les bois. Je restais agenouillée au même endroit, tremblant et pleurant. Je ne le vis pas revenir mais je sentis sa main sur ma joue et enfin le lien qui me faisait souffrir depuis la veille devint chaud et réconfortant. Il essuyait mes larmes avec son pouce et de son autre main m'aidait à me relever. Et puis, simplement, il me prit dans ses bras.
Nous restâmes ainsi pendant un bon moment, enfin, jusqu'à ce que Jared se racle la gorge. Je retournais ma tête qui resta appuyée contre lui pour regarder celui qui venait de s'immiscer dans notre bulle.
- Non pas que ce ne soit pas touchant mais, puisque tu es redevenu toi-même Paul, nous sommes attendus chez Sam pour le meeting.
Je remarquais aussitôt que Leah était déjà partie, sans doute pour raconter aux autres ce qui venait de se passer.
Je sentis Paul hocher la tête au-dessus de moi et il pressa mon épaule. C'était étrange de voir que, sans même parler, il arrivait toujours à me faire ressentir ce qu'il pensait par de simples petits gestes.
- Jared, part devant les prévenir qu'on arrive. Jared lui répondit en hochant la tête et puis s'en alla.
- Prête papillon ? Me chuchota-t-il.
- Papillon ?
Il me répondit avec un sourire en coin et je lui souris en retour. En prenant ma main, il nous entraîna vers le même chemin que Jared venait de prendre.
