Chapitre 2 : Jasper et la nécromancie…
Soudain je sentis une odeur de soufre et une voix chère à mon cœur.
- C'est parce qu'il n'existe à présent qu'un seul gardien dans ce monde. Pas vrai, Jasp' ?
- Ombe, déjà fini ta leçon de magie ? Et arrête avec ce surnom. C'est bizarre.
- Tu pensais vraiment que j'allais me coltiner une leçon qui ne sert strictement à rien ?! Tu rêves ! » Elle se tourna vers les autres. « Coucou tout le monde, ça faisait un bail qu'on ne s'était pas vu comme ça... Enfin moi, je vous voyais mais bon...
- Arrête tu les embrouilles plus qu'autre chose.
Effectivement, tout le monde était sous le choc :
- Ombe ?!
- C'est... c'est vraiment toi ?!
- Tu... tu es... tu es censée être morte !
Toute la salle était ébahie. Tous sauf mademoiselle Rose.
- Jasper, ne me dis pas que tu as fait de la nécromancie !
Ah ! Parlé trop vite... Je bredouillai quelque chose de vague alors que ma sœur s'exclamait :
- Ben si. Mais pas sur moi. En fait ce sont les vampires qui ont cherché à me ressusciter mais comme mon esprit était déjà implanté dans la tête de Jasp', ça n'a pas complètement marché. Du coup, il m'a libéré. Mais sinon, il a vraiment fait de la nécromancie sur un corbeau, finit-elle avec un grand sourire.
- ... Pourquoi un corbeau ? demanda Jules après un temps.
- Un de mes sortilèges est vivant et avait besoin d'une enveloppe qui puisse respirer. Ce n'est pas vraiment de la nécromancie. Et, Ombe, tu le sais, assenais-je en lui lançant un regard noir.
- Mais j'aime bien t'embêter, p'tit frère !
Je poussai un soupir alors que Walter, qui était resté silencieux jusqu'ici, enregistra les derniers mots d'Ombe :
- Petit frère ?
- Trop compliqué. Bon, Ombe, je me doute que tu n'es pas là que pour mes beaux yeux ou pour ceux de ton amou...
- Jasper, un mot de plus sur ma vie sentimentale et je t'envoie dans l'outre-monde ! me coupa-t-elle.
J'éclatai de rire en essayant d'articuler un truc du genre « tu n'oserais pas » pendant que Nina interrogeai Ombe sur sa supposée mission :
- Jasper, un peu de tenue s'il te plait ! Et, euh, Ombe, moi, c'est Nina, on ne se connaissait pas beaucoup, mais ton bracelet...
- T'inquiète ! Jasper et moi étions d'accord pour te le donner. Surtout qu'il vous a tous sauvé la vie !
- Euh, Ombe, je ne leur ai pas raconté cette version-là de l'histoire. N'empêche, tu aurais pu envoyer Ralk pour me prévenir...
- Ouais mais nan. Il faut que je reste ou que l'un de nous ait des marmots... Et pour toi c'est mal barré !
Je la regardai sans mot dire pendant quelques secondes avant de lui lancer :
- Je ne te laisserai pas le voir si tu continues dans cette voie.
- Tu ne m'en empêcheras pas.
- On parie ?
Elle allait ouvrir la bouche pour me lancer une réplique assassine quand Jules haussa la voix :
- Oh ! Les gosses, on se calme ! Pourquoi vous êtes aussi important dans cette histoire ? C'est quoi cette histoire de gardien ? Et c'est quoi la vraie version de la Bataille (et on entendait dans sa voix le B majuscule) ?
- Beaucoup trop de questions. Parce que. Demande à Ombe. Je ne te le dirais pas, surtout pas à toi.
- Jasper, coopère tu veux ? me réprimanda mademoiselle Rose.
- Ben...
- Il vaut mieux que vous restiez ignorants, me coupa Ombe. Disons que la seule raison pour laquelle les démons ne viennent qu'en solitaire et qu'ils n'ont pas encore formé d'armée concrète, c'est parce qu'ils ont peur de Jasper. Autrement, ils auraient déjà envahi le monde et vous n'auriez rien pu faire. Vous avez bien vu avec Lokr'.
-Lokr' ? Qui c'est, ça ? demanda Nina.
-Euh...Fulgence, se reprit ma sœur.
- En gros, laissez-nous régler ce problème, on s'en sortira et ça nous évitera de devoir faire gaffe à vous toutes les trente secondes. Désolé, mais disons que face à un démon majeur, même notre Walkyrie préférée ne ferait pas le poids, lâchais-je dans un long soupir.
- Ouais mais tu aurais pu mieux le formuler, me reprocha Ombe.
- Chacun son tour. Tu viens ?
J'allais me lever quand je sentis un sortilège démoniaque se diriger vers notre petite assemblée.
- Ombe, emmène tout le monde à la cave ou dans mon bureau. Ce sont deux endroits sûrs. J'arrive.
