Chapitre 4 : Pause détente…ou presque
- Vous êtes toujours comme ça ?
- Toujours. Pourquoi ?
Ombe et moi avions parlé en même temps. Pendant quelques secondes, il eût l'air sur le point d'ajouter quelque chose (ses yeux faisaient des va-et-vient entre Ombe et moi) mais se retint :
- ... Si vous changez d'avis, contactez-moi.
Et il s'en alla.
- Ah ! Il est parti...
Elle paraissait presque déçue. En fait, je pense qu'elle l'était complètement. Je soupirai :
- Bah, pas grave, répondis-je pendant que le reste de notre Organisation entraient prudemment dans la salle. Mais, Ombe, je pensais que tu n'arrivais qu'après-demain ! Comment as-tu réussi à faire changer d'avis Père aussi rapidement ?!
- Beaucoup de sollicitude. Et des circonstances particulières. Il me permet de rester un petit moment, tant qu'on reste en contact via Ralk... T'es pas content de me revoir ? me lança-t-elle d'un ton ironique.
Alors que j'essayais de bredouiller quelque chose du genre « Bienvenue » ou « Tu m'as manqué, grande sœur,... », Walter fronça les sourcils :
- Euh, que... qu'est-ce qui se passe ?
- Jasper, tu pourrais nous expliquer s'il te plait ? Depuis tout à l'heure, vous parlez comme si vous étiez de la même famille.
- C'est peut-être parce que c'est le cas, répondit Ombe.
Tout notre auditoire fut stupéfait. Je poussai un soupir :
- ... Comme dit tout à l'heure c'est assez compliqué... » Je regardai Ombe pour quémander son soutien mais elle me désigna du regard. Je repoussai un soupir, plus profond cette fois. « Ombe est ma demi-sœur. Nous avons le même père mais pas la même mère parce qu'il est difficile pour des humaines de survivre à notre naissance.
- Comment ça trop difficile ? demanda Nina.
- Les hybrides naissent plus difficilement que les Normaux... Surtout quand les deux espèces sont séparées par quasiment tout. On pourrait même penser que Jasper et moi sommes des miraculés, explicita ma sœur.
- Des hybrides... Mais comment ça "trop éloignées" ? Dans ce monde, que ce soit les vampires – bon, eux ne peuvent pas procréer –, les garous – eux le peuvent –, et les trolls par exemple, sont plutôt proches de nous... Il n'y a pas tellement de différences...
- Normal. Notre père à Ombe et à moi n'est pas de ce monde. Et vous le connaissez bien.
Un long silence accueillit ma déclaration.
- Tu m'as dit d'y aller mollo tout à l'heure mais toi non plus tu ne fais pas dans la dentelle ! s'exclama en riant Ombe.
- Ouais mais tout à l'heure, on n'avait pas une enquête sur le feu. Maintenant oui et j'aimerai m'y atteler rapidement. Au fait, tu es là pendant combien de temps ?
- Quelques mois... En fait, jusqu'à ce qu'un nouveau gardien soit créé.
- Un gardien... Des hybrides... Non, ce n'est pas possible ! s'écria mademoiselle Rose.
Nina se tourna vers elle, tout comme Jules, alors que mademoiselle Rose et Walter nous regardait, Ombe et moi, atterrés.
- Qu'est-ce qui n'est pas possible ? demanda Jules.
- Non, on vous a fait passer les tests... Ce n'est donc pas possible ! murmura Walter.
- Ben c'est bien beau de dire que ce n'est pas possible, mais de quoi vous parlez !? commença à s'impatienter Nina.
- Des démons... chuchota mademoiselle Rose.
- Euh, c'est pas possible. Je croyais que... commença Jules.
- Ça explique leurs pouvoirs trop puissants par rapport au déclin des Paranormaux... le coupa Walter.
- Euh, si vous restez bloqués sur cette idée, c'est même pas la peine de vous raconter la suite, leur dis-je.
- Mais... Quoi ? Il y a pire ?! hurla presque Rose.
- Euh, tout dépend ce qu'on appelle pire... nuançais-je
- Ben pour l'Association, avoir un père démon qui s'appelle Kalk'ru constitue pire que d'être un démon hybride, non ? ajouta ma sœur.
Je lui lançais un regard à la fois noir et paniqué. « Débrouille-toi maintenant » articulais-je silencieusement.
Toute la salle fut plongée dans un silence puis dans un chaos indescriptibles en moins de trois secondes. Mademoiselle Rose et Walter furent soudainement paniqués alors que Jules et Nina, ne comprenant pas, essayaient de glaner des informations ou à Ombe et à moi, qui restions muets, ou à leurs chefs, qui étaient sur le point de tomber dans les pommes (aussi vertes que leurs têtes, les pommes)...
Soudainement, mon portable sonna et je décrochai.
- Oui ?
