Salut tout le monde! J'ai décidé de poster tout de suite le premier OS, histoire de bien commencer. J'espère qu'il vous plaira, j'ai beaucoup aimé l'écrire! N'hésitez pas à poster une petite review pour me dire ce que vous en pensez, ça fait toujours plaisir :)

TITRE: L'Annonce

GENRE: Family/Drama

PERSONNAGES: Fili - Dis - Thorin - Ori - Dori

NOTE: Alors j'ai prit pas mal de liberté, comme vous pourrez le constater. Déjà, j'ai changé les âges des personnages puisque normalement Ori est plus jeune que Kili alors que dans mes OS, Ori et Fili ont presque le même âge. Et ensuite, je ne sais pas exactement quand et comment est mort le père de Kili et Fili donc je l'ai fait à ma sauce.


L'ANNONCE

« Fili ! »

Le cri résonna au sein de la petite maison, à première vue vide de toute présence en dehors de la petite femme qui venait de le prononcer. L'intérieur était simplement décoré, de manière des plus sobres. Rien de réellement personnel ne se trouvait sur les étagères, en dehors de quelques bibelots, de quelques fleurs. Accrochée au mur se trouvait une épée d'une grande splendeur, dont la poignée étaient ornée de pierres plus brillantes les unes que les autres. Si l'on faisait le tour de l'habitat, cet objet s'avérait probablement être le plus précieux et le plus symbolique de tous les objets que l'on pourrait trouver. Cette épée était en effet celle ayant appartenue au roi Thror et se trouvait dans la famille royale depuis des siècles maintenant. Il était donc naturel qu'elle soit aujourd'hui exposée dans le salon de la maison qu'habitait Thorin, le prince d'Erebor, aujourd'hui en charge de la gestion du peuple et considéré par presque tous les nains comme le futur roi. Le jeune prince refusait cependant de s'en servir et même de la porter, ne se considérant pas encore digne d'un tel honneur.

Thorin ne vivait cependant pas seul dans cette petite maison, au cœur du petit village de l'Ered Luin que les anciens habitants d'Erebor avaient investi. Avec lui vivaient sa sœur Dis ainsi que son beau-frère Vili et son neveu Fili. Rien ne comptait plus au monde aux yeux de Thorin que la protection de sa famille. Lors de la grande bataille de la Moria, il avait vu tomber sous ses yeux non seulement son grand père, le roi Thror, mais également son petit frère Frerin, transpercé d'une flèche en plein cœur après avoir tenté de protéger. L'image de son corps s'écroulant au sol, ses yeux grands ouverts alors qu'ils ne pouvaient plus rien voir, le hantait encore aujourd'hui, presque 6 ans après la bataille. Ses nuits étaient toujours hantées par des cauchemars, bien qu'il n'en parle presque jamais avec les siens. Sans oublier également que depuis cette bataille, son père Thrain avait tout simplement disparu. Thorin était persuadé qu'il était encore en vie, quelque part.

Dis au contraire s'était faite à l'idée de la mort de son père et ne gardait que peu d'espoir sur un éventuel retour. C'était d'ailleurs un sujet qu'elle et Thorin n'abordait jamais car ils finissaient toujours par se disputer. Ils n'étaient pourtant que rarement en désaccord. Dis éprouvait une profonde tendresse et une grande admiration pour ce grand frère qu'elle chérissait. Elle était également très protectrice envers lui, terrifiée à l'idée de le perdre lui aussi. Mais Dis n'était pas du genre à montrer ses angoisses. Elle était du genre autoritaire et possédait un fort caractère. Peu nombreux étaient ceux qui osaient la contrarier, tous craignant les représailles qui leur tomberaient forcément dessus. Rien n'était plus précieux à ses yeux que son fils Fili, âgé de tout juste six ans. Un très jeune enfant qui lui apportait déjà de nombreux soucis. C'est pour cela d'ailleurs qu'elle se tenait actuellement dans son salon, les mains sur les hanches, avec un air exaspéré en attendant que son fils ne daigne lui répondre.

« FILI ! »Répéta-t-elle

Aucun son ne se fit entendre durant plusieurs secondes, jusqu'à ce que finalement le bruit d'une porte qui s'ouvre ne retentisse. Des petits pas lents résonnèrent alors, jusqu'à ce qu'une petit tête blonde ne fasse son apparition à l'encadrement de la porte du salon.

« Oui ? »Demanda finalement le petit nain, une note craintive dans la voix.

Dis ne put s'empêcher de se sentir attendrie devant le visage de son fils mais elle se força à rester impassible. Il était hors de question qu'elle craque devant cette bouille, du moins pas avant d'avoir essayé de remplir correctement son rôle de mère à cet instant.

« Est-ce que tu peux venir ici s'il te plaît ? »

Fili hésita durant quelques secondes, cherchant autour de lui une échappatoire ou n'importe quoi qui pourrait lui permettre de ne pas rejoindre sa mère. Mais il comprit bien vite qu'il n'avait pas le choix et, après un petit soupir résigné, il sortit complètement de sa cachette pour aller se placer juste en face de sa mère. Si Fili craignait autant cet instant, c'est parce qu'il savait précisément pourquoi sa mère souhaitait lui parler et que cela n'était absolument pas bon pour lui. Dis le fixa quelques secondes sans parler, les bras croisés. Fili eut la décence de garder les yeux baissés, conscient qu'il était en fâcheuse posture.

« Fili…tu veux bien m'expliquer ce qui s'est passé ? »

Elle pointa du doigt un tas de débris qui étaient éparpillés sur le sol et qui, auparavant, était probablement une statuette de décoration. Le petit nain regarda sa mère avec des yeux de chien battu.

« Je…je suis désolé maman. Je voulais pas le casser, j'ai pas fait exprès ! »Pleurnicha Fili avec un air profondément coupable.

Dis soupira, sentant sa résolution commencer à s'évaporer en même que des larmes commençaient à apparaître dans les yeux de son fils.

« Je me doute bien que tu n'as pas fait exprès…Mais j'aimerais que tu m'explique comment tu as pu la faire tomber. Elle était posé en haut de la bibliothèque et je t'ai déjà interdit de toucher aux objets qui sont là il me semble non ? »

« Je…je voulais juste regarder… »Avoua honteusement Fili, la tête basse

« Regarder quoi ? »

« Le…l'épée. Je sais que tu m'as dit de pas y toucher mais…je voulais juste la regarder et… »

Fili ne termina pas sa phrase, les larmes roulant maintenant librement sur ses joues alors qu'il prenait conscience d'avoir déçue sa mère. Il détestait quand il la décevait. Dis s'approcha de lui doucement, un soupir las sur les lèvres. Elle le força à relever la tête et lui fit un petit sourire.

« C'est bon, je ne suis pas fâchée. Mais Fili, tu sais que ton père et moi on t'a déjà interdit de monter sur les chaises ou de t'approcher de cette épée. C'est dangereux et tu pourrais te faire mal, tu comprends ? »

Fili hocha doucement la tête.

« Je suis désolé, je recommencerais pas. »

Dis eut un petit sourire attendri et finit par craquer. Elle serra doucement son fils dans ses bras, en faisant bien attention de ne pas le serrer trop fort à cause de son ventre bien arrondi.

« C'est bon, c'est oublié. »

Un grand sourire illumina le regard de Fili et le cœur de Dis se remplit de tendresse à cette simple vue. Oui, décidément elle ne pouvait pas résister à son fils quand il la regardait comme ça. Elle s'apprêtait à ouvrir la bouche pour lui parler quand on frappa à sa porte. Elle alla doucement ouvrir, sous le regard de Fili, qui était encore légèrement gêné malgré tout. Elle se retrouva face au visage souriant de Dori, un nain vivant dans la maison d'à côté, et de son petit frère Ori, qui la salua timidement. Dori s'inclina poliment devant elle pour la saluer.

« Bonjour Lady Dis, j'espère que je ne vous importune pas ? »

Dis le rassura avec un petit sourire amusé.

« Pas du tout Dori, ne vous inquiétez pas. Je peux peut-être vous aider ? »

« Oui, en fait Ori souhaitait vous poser une question. Ori ? »

Le petit nain qui se trouvait à côté de Dori agrippa la manche de son frère, intimidé. Ori était âgé d'un an de moins que Fili et était de nature extrêmement timide. Il vivait seul avec Dori et son autre frère Nori. Les deux aînés se montraient extrêmement protecteurs et attentionnés envers le plus jeune, qui était extrêmement frêle et possédait un caractère plutôt fragile. Dis lui adressa un petit sourire rassurant, l'invitant à lui parler.

« Je t'écoute Ori. Que voulais-tu savoir ? »

Ori regarda son frère aîné d'un air interrogateur et Dori lui fit signe de se lancer. Ori se tourna alors vers Dis, souffla un grand coup et osa enfin parler, de sa petite voix peu assurée.

« Je…en fait Dori et moi on va au lac à côté et je voulais savoir…enfin je…Est-ce que Fili pourrait venir avec nous ? »Osa-t-il finalement demander.

Dis ne fut pas surprise de la demande, à laquelle elle s'était en vérité attendue. Ce n'était un secret pour personne que les deux jeunes nains qu'étaient Fili et Ori s'entendaient très bien et adoraient jouer ensemble. Dis se tourna vers son fils qui semblait maintenant très excité à la perspective de cette sortie.

« Oh oui je veux y aller ! S'il te plaît maman je peux ? S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît ! »La supplia-t-il

Dis et Dori se mirent à rire joyeusement devant tant d'enthousiasme. Dis hocha finalement la tête pour indiquer à son fils qu'elle lui donnait son autorisation. Fili sauta presque de joie et alla rejoindre Dori et Ori (qui ne cachait pas sa joie non plus) au pas de course. Il enfila rapidement ses bottes et sa veste qui se trouvaient dans l'entrée. Dis le regarda faire avec un air attendri.

« Tu es sage et tu écoutes bien tout ce que te dis Monsieur Dori d'accord ? »

Fili secoua vivement la tête avec un grand sourire.

« Promis ! »

Lui et Ori sortirent alors de la maison, impatients de s'en aller et commençant déjà à discuter avec animation, de leurs voix enfantines, sous les rires des deux adultes.

« Ils sont incroyables ces deux-là…je pense que vous n'allez pas vous ennuyer Dori ! »

Le concerné secoua la tête avec amusement en lançant un regard tendre vers les deux enfants.

« Je n'en doute pas un instant. Ne vous en faites pas très chère, je vous ramènerais Fili avant la tombée de la nuit si ça vous convient. »

Dis acquiesça avec un sourire reconnaissant.

« Très bien. Je vous fais confiance. Ne les laissez pas vous épuiser mon ami, je sais que Fili peut être très énergique s'il le souhaite. Il tient ça de son père. »

Dori se mit à rire doucement à ces mots avant de s'incliner de nouveau.

« Je vais vous laissez alors. Profitez-en pour vous reposer, vous en avez besoin je pense, surtout avec le bébé qui arrivera bientôt. »

Dis posa machinalement la main sur son ventre arrondi avec un petit sourire tendre.

« Ne vous en faites pas pour moi. Bonne journée Dori. »

« A vous aussi Lady Dis. »

Puis, Dori alla rejoindre Fili et Ori, qui sautèrent de joie quand il leur annonça qu'ils pouvaient y aller. Dis les regarda s'en aller avant de refermer doucement la porte, en secouant la tête d'amusement. Elle retourna ensuite vaquer à ses occupations, profitant du fait de ne pas avoir à s'occuper de Fili. Même si elle ne l'avouerait jamais car elle aimait son fils plus que tout, elle se sentait soulagée lorsqu'elle pouvait avoir quelques moments de répit. Fili lui prenait beaucoup de temps et d'énergie, elle devait le reconnaître. Avec en plus la naissance de son second bébé qui approchait de plus en plus, elle était particulièrement fatiguée ces derniers temps. Elle décida de suivre le conseil de Dori et alla tranquillement s'allonger dans son lit afin de profiter d'un repos bien mérité.

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Dis fut cependant réveillée quelques heures plus tard lorsque plusieurs coups furent frappés à la porte. Elle se leva le plus rapidement qu'elle le pu afin d'aller ouvrir, se demandant qui pouvait lui rendre visite. Ce ne pouvait pas être Dori qui rentrait avec Fili, il était encore trop tôt et ils n'étaient partis que depuis deux heures. Lorsqu'elle ouvrir la porte, elle resta quelques secondes figée, ne sachant comment réagir. Devant elle se tenait nul autre que son frère, Thorin, le visage couvert de sang tout comme ses cheveux et ses vêtements. Quelques coupures étaient visibles sur ses joues et son front mais il ne semblait pas vraiment blessé en dehors de cela. Dis sortit finalement de son choc et le fit entrer rapidement. Elle le força à s'asseoir sur une chaise et alla chercher de quoi soigner les quelques blessures de son frère, qui n'avait pas vraiment bougé et n'avait pas dit un mot depuis son arrivée. Dis s'agenouilla devant lui et lui demanda de retirer la chemise qu'il portait.

« Dis, je ne suis pas blessé je t'assure. Je vais bien. »Finit-il par dire d'une voix légèrement tremblante.

« C'est à moi d'en juger Thorin. Fais ce que je te dis, s'il te plaît. Et peut-être que tu pourrais me dire ce qui s'est passé. »

Il y a quelques jours, Thorin était parti avec un petit groupe de volontaires afin d'aller chasser un groupe d'Orcs qui avait été repéré à la lisière de la forêt qui bordait la montagne où ils vivaient. Thorin ne pouvant laisser une telle menace roder près de son peuple, il avait décidé de se lancer à leur rencontre afin de se débarasser d'eux au plus vite. De nombreux volontaires s'étaient ainsi joint à lui dont son mari Vili, Dwalin et Balin, les deux plus fidèles amis de Thorin qui étaient aussi des cousins éloignés ou encore Nori, le frère d'Ori et de Dori. C'était une mission que Thorin avait qualifiée de « classique » et qui ne devait pas représenter de réel danger pour les nains qui s'y étaient engagés. De toute évidence, les choses ne s'étaient pas vraiment déroulées telles que Thorin l'aurait voulu. Celui-ci baissa doucement la tête, cherchant visiblement comment commencer.

« Thorin ? S'il te plaît explique-moi. Cette mission n'était pas censée être dangereuse ! Tu l'as dit toi-même il me semble… »

Thorin soupira un grand coup et regarda sa sœur avec un air profondément accablé qui la rendit soudain extrêmement nerveuse.

« Je…Il semblerait que nous les avons sous estimés. Quand nous sommes arrivés…Ils n'étaient pas là. Nous avons d'abord cru qu'ils avaient fuis ou que nous avions suivi une mauvaise piste mais en vérité…Ils nous attendaient. Ils nous ont prit par surprise et étaient plus nombreux que nous le pensions. Nous avons été imprudents, Dis. Nous les avons laissés nous berner et en avons payé le prix…J'aurais du me méfier plus, j'aurais dû prévoir un plan ou bien… »

Dis l'interrompit en lui posant une main tendre sur le bras.

« Ne dis pas de bêtise. Ce n'est pas ta faute. Comment aurais-tu pu deviner ? Les orcs sont des êtres fourbes, tu l'as dit toi-même il y a peu. »

Mais Thorin secoua la tête et se leva, commençant à faire les cents pas.

« Justement…j'aurais dû comprendre avant que nous avions été repérés. Ma stupidité nous a coûté très cher… »

Dis se leva à son tour, soudain très inquiète. Elle força Thorin à la regarder.

« Thorin…Que veux-tu dire ? Comment cela très cher ? Que s'est-il passé ? Et s'il te plaît…Dis-moi où est mon mari. Je pensais qu'il arriverait après toi mais il n'est toujours pas là et ce n'est pas normal ! Parle-moi Thorin ! Où est Vili ? »

Thorin n'osa pas la regarder durant de nombreuses secondes, fermant les yeux à l'énonciation du nom de son beau-frère. Dis le regarda sans aucune émotion sur son visage durant de nombreuses secondes. Elle avait compris. Elle n'avait pas besoin de mots, pas besoin que Thorin ne lui dise. Elle savait. Un étau se resserra sur son cœur et une douleur immense commença à s'emparer d'elle. Pourtant, elle n'en laissa rien paraître. Elle ne craquerait pas. Elle savait et pourtant…Elle ressenti le besoin de le confirmer.

« Thorin, je t'en prie…Dis-moi ce qui s'est passé. »

Sa voix était faible, à peine un murmure. Son frère releva enfin la tête et, plongeant son regard dans celui de sa sœur, il comprit instantanément qu'elle savait. Aucun mot n'était nécessaire à cet instant car Dis n'était ni aveugle ni stupide. En vérité, elle avait ressenti que quelque chose n'allait pas dès l'instant où Thorin était entré chez eux, seul, et couvert de sang. Thorin prit une profonde inspiration.

« Je suis désolée petit sœur…J'ai fait ce que j'ai pu mais je n'ai… »

« Dis-moi comment c'est arrivé. Je t'en prie. Je DOIS savoir… »

« Nous étions en train de nous battre…Les Orcs nous étaient tombés dessus par surprise et nous nous défendions comme nous le pouvions. J'affrontais déjà trois adversaires et je…je n'ai pas vu le quatrième qui s'apprêtait à m'attaquer. Vili s'est interposé pour me sauver et…En tuant celui qui me menaçait, il a baissé sa garde…L'un d'entre eux l'a poignardé dans le dos. Je n'ai rien pu faire. Dwalin a aussitôt tué l'orc mais…Il était trop tard. Nous sommes finalement parvenus à tous les éliminer. Vili était trop gravement atteint. Même en le ramenant, il aurait été trop tard. Il est mort dans mes bras, Dis. Je n'ai rien pu faire…C'est ma faute et…je suis… »

« Je t'interdis de le dire ! »

Thorin regarda sa sœur avec un air de profonde incompréhension. Dis ne pleurait pas. Aucune larme ne sortait de ses yeux, aucun sanglot désespéré. Seules ses lèvres tremblantes et la douleur qu'il voyait dans ses yeux montraient à quel point la nouvelle l'avait affectée. Elle le fixait avec des yeux remplis de colère et Thorin ne pouvait lui en vouloir. Il avait échoué après tout. Il lui avait pris celui qu'elle aimait.

« Ne t'avise surtout pas de dire que c'est ta faute ! Je te l'interdis tu entends ? »

« Mais, je… »

« Non, Thorin. Vili…il a fait ce qu'il avait à faire. Il t'a sauvé la vie, comme n'importe qui l'aurait fait. Si tu commences à t'en vouloir, ce serait lui manquer de respect, ce serait insulter son sacrifice. Alors je t'en prie…Ne dis jamais que c'est ta faute. Respecte au moins le dernier acte qu'il ait fait. Pour lui…et pour moi. »

Thorin ne répondit pas et se contenta d'acquiescer. Rien ne pourrait l'empêcher de culpabiliser et il savait que le visage de Vili lors de ses derniers instants le hanterait probablement pendant de nombreuses semaines mais il n'en dirait rien. Pour leur bien à tous, il ne parlerait plus jamais de cette histoire. Il regarda Dis et finit par la serrer doucement dans ses bras. Elle le laissa faire, le regard dans le vide. Aucune larmes de coulerait de ses yeux aujourd'hui. Le choc était pour le moment trop grand. Et jamais elle ne s'autoriserait un moment de faiblesse en présence de son frère. Elle devait être forte. Pour Thorin, qui avait déjà bien trop côtoyé la mort et vu les gens qu'il aimait s'éteindre autour de lui, pour Fili qui n'était encore qu'un enfant – mon dieu Fili, comment allait-elle lui annoncer ça ? – et pour elle-même, pour son bébé qui devrait grandir sans son père.

« Tout ira bien Dis…Je veillerais sur vous. Je lui ai promis. Avant de s'éteindre, les dernières pensées de Vili ont été pour vous. Je lui ai juré que je serais là et je tiendrais cette promesse. Je ne vous laisserais pas seuls.3

Dis ne répondit pas, certaine que si elle ouvrait la bouche maintenant, elle allait craquer. Elle lâcha finalement Thorin mais vacilla quand elle tenta de s'éloigner. Son frère la rattrapa.

« Dis ? »

« Je vais bien… Juste un vertige. »

« Tu devrais aller te reposer. Tu es épuisée et ça te fera du bien. »

« Non, je ne veux pas. Thorin, Fili… »

Un éclair de douleur passa sur le visage de Thorin.

« Je vais m'occuper de Fili. Dis, s'il te plaît…Fais-le au moins pour le bébé. Tu dois te ménager. Pour lui. »

Dis finit par capituler, consciente que Thorin avait raison. Elle le laissa la guider jusqu'à sa chambre et l'aida à s'allonger. Il l'embrassa tendrement sur le front, resta à ses côté pendant quelques instants.

« Thorin…Fili…Il est si petit…Il ne comprendra pas. Ca va être tellement dur pour lui…Il ne méritait pas ça…Et le bébé. Je n'y arriverais jamais… »

Thorin sentit son cœur se briser en milles morceaux en voyant sa sœur, cette sœur d'ordinaire si forte, le regarder avec un air désespéré. Toujours aucune larme ne coulait mais c'était à ses yeux encore pire de voir l'expression de son visage. Il se pencha vers elle et colla son front contre le sien.

« Tout ira bien Dis…Ce sera dur au début, je le sais. Mais je serais là. Je m'occuperais de Fili. Je t'aiderais avec le bébé. On va s'en sortir d'accord ? Et tes fils grandiront en sachant quel héros leur père était. Tout ira bien. »

Il sourit tendrement en voyant que sa sœur s'était finalement endormie. Il l'embrasse sur le front en un geste à la fois protecteur et rassurant. Il posa une main douce sur son ventre, des larmes dans les yeux.

« Tout ira bien… »

Puis, il se leva et quitta finalement la chambre pour s'installer dans le salon. Il lui fallait maintenant faire le plus dur : il devait trouver un moyen d'annoncer la nouvelle à Fili…