Dix ans

Disclaimers : Toujours pas à moi mais je travaille mon japonais pour pouvoir négocier.

Résumé : Ça fait dix ans que la guerre est finie, dix ans que le coup d'état a été évité, dix ans que les G-boys ont une vie normale, dix ans que Quatre est amoureux de Trowa. Et aujourd'hui c'est l'occasion pour l'Arabe de se déclarer...

Couple : QuatrexTrowa

Rating : M

Notes de l'auteure : Ça y est ! Le chapitre deux est enfin là ! Celui-ci se passe quelques mois après le premier chapitre pendant les fêtes de fin d'année.

Bonne lecture.


Quatre soupira dans sa limousine. Trowa avait dû arriver le matin même et il n'avait pas été là pour l'accueillir. Le blond était frustré. Il avait réussi à s'octroyer une semaine de vacances mais l'incapacité et l'inefficacité de certains de ses collaborateurs avaient réduit sa semaine idyllique avec Trowa à seulement quelques jours. Et il avait de la chance, le Français avait accepté de rester jusqu'à la nouvelle année même si l'Arabe devait passer ses journées au bureau.

Quand Quatre arriva, il fut accueilli par Rashid. « Bonjour maître Quatre.

_ Bonjour Rashid. Est-ce que Trowa est arrivé ?

_ Maître Trowa est arrivé environ une demi-heure après que vous soyez parti.

_ Très bien. Est-ce que tout est prêt ?

_ Oui. Ana a presque terminé le repas.

_ Parfait. Vous pourrez partir quand tout sera fini.

_ Vous êtes sûr, maître Quatre ?

_ Oui. Ana et toi avez amplement mérité ces quelques jours de vacances. Et puis, ce n'est pas comme si j'allais être tout seul. Mes amis seront là ». Rashid soupira. Il le savait bien mais il détestait laisser maître Quatre.

L'Arabe entra dans le manoir. Il déposa son manteau et ses chaussures avant de monter à l'étage se rafraîchir. Il sourit quand il aperçut les affaires de Trowa. Le Français s'était déjà installé. Les autres devaient arriver dans l'après-midi. Ils avaient décidé de passer Noël sur Terre tous ensemble. Mais pour la Saint-Sylvestre, Quatre et Trowa ne seraient que tous les deux. Duo et Heero devaient passer le trente-et-un chez les Peacecraft, ce qui ne plaisait guère à l'Américain qui n'aimait pas trop que le " bonbon rose" tourne autour de son Hee-chan. Wufei et Sally, quant à eux, devaient rejoindre d'anciens rebelles qui avaient fait la guerre aux côtés du médecin. Quatre soupira. Il était heureux de pouvoir passer du temps avec Trowa mais en même temps, ça le stressait. Ils ne s'étaient pas revus depuis qu'ils s'étaient avoués leurs sentiments et le blond ne savait pas trop comment se comporter. Il décida d'explorer le manoir à la recherche de son Français. Il le trouva dans la cuisine en train d'aider Ana à terminer le repas du soir.

Trowa sentit deux bras entourer sa taille. « Bonjour, murmura Quatre à son oreille.

_ Bonjour, répondit le châtain en l'embrassant.

_ Comment s'est passé ton voyage ?

_ Bien. Et ta réunion ?

_ Longue. Mais tu ne devais pas être en train de te reposer ?

_ Je me suis reposer en arrivant. De toute façon, j'avais profité du voyage pour dormir. Et puis, si tu veux qu'Ana profite de ses vacances, il faut bien que quelqu'un l'aide à terminer le repas.

_ Il a raison monsieur Winner, renchérit Ana. Si vous voulez vous débarrasser de moi au plus vite, il me faut de l'aide.

_ En même temps, vous n'étiez pas obligée de préparer un repas aussi pantagruélique.

_ J'ai cru comprendre que certains des invités de monsieur avaient un appétit d'ogre. Et puis, je refuse qu'on dise que monsieur Quatre Raberba Winner ne sait pas recevoir ». Les deux hommes sourirent devant la véhémence de la vieille femme. « Je vais vous laisser alors. J'ai encore des choses à faire.

_ Pas du travail, j'espère, demanda Trowa.

_ Non. J'ai encore des cadeaux à emballer. Et je dois terminer de décorer la salle.

_ À plus tard, alors.

_ À plus tard, répondit Quatre en embrassant son homme ». Sur ce, il sortit de la cuisine.

« Tu as fini, demanda Trowa en entourant Quatre de ses bras.

_ Oui. Il n'y a plus qu'à attendre nos amis.

_ Tu as faim ? J'ai préparé des sandwiches et du thé.

_ Avec plaisir ». Les deux hommes profitèrent de la douceur hivernale pour s'installer sur la terrasse, emmitouflés dans des plaids. « C'est dommage qu'il n'y ait pas de neige, remarqua Quatre. Ça aurait été vraiment magnifique.

_ C'est vrai. Quand arrive le reste de la troupe ?

_ Heero et Duo vers 17 heures et Wufei, Sally et les enfants un peu plus tard.

_ Hn.

_ Duo a proposé qu'on aille à la messe de minuit.

_ Ça pourrait être une bonne idée.

_ Oui. Ça lui tient vraiment à cœur.

_ Et puis, ça pourrait permettre au Noël de passer, ajouta Trowa avec un clin d'œil. Je ne suis pas sûr qu'il n'y ait que les enfants qui soient impatients.

_ Pourquoi, tu n'es pas impatient, toi ? ». Quatre se leva et s'assit sur les genoux de Trowa. « Mon plus beau cadeau, c'est que tu sois ici avec moi. Je n'ai besoin de rien d'autre, murmura-t-il en caressant le visage du Français ». Le blond se pencha vers le Français et l'embrassa à perdre haleine.


« Quat-chan !

_ Duo.

_ Je suis tellement content de te voir.

_ Moi aussi. Mais si tu pouvais me serre moins fort. Tu m'étouffes.

_ Oh. Désolé ». L'Américain relâcha le blond. « Salut Trowa, dit Duo en serrant la main du Français.

_ Duo.

_ Bonjour Heero, s'écria l'Arabe en serrant chaleureusement la main du Japonais qui se trimballait les valises.

_ Bonjour Quatre. Trowa.

_ Heero.

_ Dis-moi Quat-chan, tu as fait un sapin j'espère ?

_ Oui. Il est dans le salon.

_ Montre-le moi ». Duo prit son ami par la main et l'entraîna derrière lui. « Ta tornade américaine est toujours aussi calme, dit Trowa en prenant une des valises que transportait Heero.

_ Il est surexcité à cause des fêtes.

_ Dis-moi quand Duo n'est pas surexcité ?

_ Quand il dort ». Les deux hommes se sourirent.


« J'espère qu'on ne vous dérange pas, demanda Duo.

_ Mais pourquoi vous nous dérangeriez, lui répondit Quatre.

_ Je ne sais pas. Au cas où vous étiez en train de fêtez Noël en avance ». L'Arabe devient écarlate. « Et à ce compte-là, il faut que je vous offre votre cadeau toute suite. Pour que vous puissiez le tester.

_ Pourquoi ? Qu'est-ce que c'est ?

_ Des sous-vêtements qui se mangent ». Le blond devint cramoisi. « Duo, gronda Heero.

_ Duo, expliqua calmement Trowa en passant son bras autour des épaules de Quatre, je te remercie de ta sollicitude. Mais je pense que quatre et moi sommes tout à fait capables de pimenter notre vie sexuelle nous-mêmes. Et si nous avons des conseils à demander, tu seras le premier vers qui nous nous tournerons.

_ Je savais bien que derrière vos tête d'ange, vous étiez de vrais pervers.

_ Duo, gronda Heero, laisse-les tranquilles. Allons plutôt défaire nos valises.

_ Mais... C'est important d'avoir une vie sexuelle épanouie.

_ Duo, si tu continue comme ça, tu n'auras pas ton cadeau de Noël.

_ Tu ne me laisserais quand même pas au pied du sapin sans paquet à ouvrir.

_ Qui t'a parlé de se cadeau-là, dit le Japonais en s'éloignant ». Les yeux de l'Américain s'ouvrir comme des soucoupes. « Hé mais de quelques cadeaux parles-tu s'écria-t-il en courant après son amant ». Trowa sourit devant la précipitation du natté. Quatre soupira. « Parfois j'admire Heero.

_ C'est vrai que Duo a toujours eu un côté... exubérant.

_ C'est vrai. Mais de là à nous proposer des sous-vêtements qui se mangent...

_ Allons faire du thé. Wufei ne devrait pas tarder ». Trowa commença à s'éloigner mais quatre le retint par la main. Le blond se haussa sur la pointe des pieds et embrassa le Français qui le serra contre lui. Quatre n'avait pas le côté exubérant de Duo mais ça lui convenait. Il n'était pas aussi kamikaze que Heero. Et puis, son petit prince était en train de lui montrer de manière très agréable à quel point il tenait à lui.


Quatre reposait dans les bras de Trowa, la tête appuyée sur son épaule et sa main caressant son torse. Ses yeux se fermaient d'eux-mêmes mais il luttait pour ne pas tomber dans le sommeil. « Quatre, tu devrais dormir.

_ Je ne suis pas fatigué.

_ Tes yeux se ferment tous seuls.

_ J'ai pas envie de dormir.

_ Et pourquoi ça ?

_ Parce que si je dors, je vais perdre les heures que je pourrais passer avec toi.

_ Tu les perdras de toute façon car j'ai bien l'intention de dormir. Quatre, tu dois te reposer. Tu es épuisé.

_ Je sais. Mais j'ai dû mettre les bouchées doubles pour avoir ces quelques jours avec toi.

_ Tu devrais déléguer un peu.

_ J'essaie. Mais ce n'est pas facile d'évoluer dans un monde de requins ». Trowa comprenait ce que l'Arabe voulait lui dire. Il était l'héritier d'une très grande fortune et sa manière de diriger l'entreprise familiale ne plaisait pas forcément à tout le monde. Le Français embrassa doucement le blond. « Raison de plus pour que tu te reposes ». Quatre se serra contre lui. « Tu me promets que tu seras là demain matin ?

_ Bien sûr. Où veux-tu que je sois ?

_ Dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner.

_ Je n'ai pas le droit de déserter le lit alors, demanda le dompteur dans un sourire.

_ Non.

_ Même pour préparer le petit déjeuner ?

_ Même pour ça.

_ Même le tien ?

_ Même le mien ». L'empathe hésita. « Tu m'as manqué Trowa. Ça... ça m'a manqué de ne plus me réveiller dans tes bras... de ne plus sentir ta chaleur. C'est... rassurant de me réveiller et de savoir que tu es là.

_ Toi aussi, tu m'as manqué, murmura le châtain en caressant les cheveux de Quatre. Ne t'inquiète pas, je serai là demain matin ». L'Arabe se serra contre lui et s'endormit aussitôt. « Dors mon ange, murmura Trowa à son oreille. Je te promets de veiller sur toi ».


Quatre ouvrit doucement les yeux et soupira de bien-être quand il se rendit compte que le corps chaud de Trowa était toujours collé au sien. Il se serra un peu plus contre le Français, profitant de sa chaleur. Il aimait sentir son torse athlétique contre le sien et s'enivrer de son odeur doucement animale. Le blond se mit à observer le dompteur. Il connaissait son visage par cœur à force de l'avoir observé à la dérobée pendant des années : ses lèvres fines, son éternelle mèche qui lui barrait le visage, ses yeux émeraudes. L'Arabe se pencha doucement vers le châtain et l'embrassa avec toute la douceur du monde. Trowa, qui n'avait pas bougé bien qu'il se soit réveillé avant Quatre, sourit en sentant l'empathe l'embrasser. Enhardi, l'Arabe lui demanda l'accès à sa bouche et soupira lorsque leurs deux langues se retrouvèrent. Le Français bascula, gardant le blond au-dessus de lui. Ce n'était pas souvent que Quatre prenait l'initiative, alors le châtain avait bien l'intention d'en profiter. L'empathe se délecta des lèvres du dompteur qu'il goûta de toutes les manières possibles tout en faisant jouer ses mains dans les cheveux de son amant. Trowa n'était pas en reste, faisant courir ses mains sur le dos de l'Arabe, emprisonnant sa nuque pour approfondir leurs baisers. Quatre délaissa la bouche du Français, et déposa quelques baisers dans son cou avant de se blottir dans ses bras. Le dompteur resserra l'empathe contre lui. Sentant couler des larmes dans son cou, Trowa se détacha de Quatre. « Ça va ?

_ Oui. C'est juste que...je me sens heureux. C'est tout ». Le châtain essuya les larmes de l'Arabe. « Je suis désolé, murmura Quatre.

_ Ce n'est pas grave. Ce n'est pas grave.

_ C'est la fatigue ». Trowa embrassa son amant. Il se doutait que l'Arabe était sur les nerfs. Celui-ci avait mis les bouchées doubles pour avoir quelques jours de vacances. L'estomac de Quatre se manifesta, faisant sourire le Français. « Je te préviens, dit le blond, tu n'as pas intérêt à sortir du lit en criant " Petit déjeuner !".

_ Pourtant, il va bien falloir qu'on sorte de la chambre.

_ Est-ce que je peux avoir encore dix minutes de câlins avant qu'on descende ? ». Le dompteur sourit avant de fondre sur les lèvres de l'empathe.


Quatre était étendu sur le lit et fixait le plafond. Il ne tourna même pas la tête quand il sentit le matelas s'affaisser à côté de lui. « À quoi penses-tu ?

_ Que la maison va sembler vide sans nos amis.

_ Et calme aussi. À quelle heure tu vas travailler demain ?

_ J'ai une réunion à dix heures. J'espère pouvoir rentrer en fin d'après-midi. En fait, ce qui m'embête, c'est la soirée de charité dans deux jours.

_ Je pourrais venir avec toi.

_ Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée, grimaça Quatre. Le monde de la finance n'est pas si ouvert que ça.

_ Tu as peur qu'ils te créent des ennuis ?

_ J'ai surtout peur qu'ils TE créent des ennuis. Et puis, je suis sûr que tu n'as même pas de costume.

_ Je peux très bien en acheter un.

_ Je suis désolé, dit Quatre en se tournant vers le Français. J'aurais aimé passé plus de temps avec toi.

_ Ce n'est pas grave. Je sais que tu as fait de ton mieux pour que nous puissions avoir un peu de temps ensemble ». L'arabe se redressa et embrassa le dompteur. Trowa le laissa faire avant de le rallonger délicatement sur le matelas. Même si Quatre était très sûr de lui concernant le domaine des affaires, il avait constamment besoin d'être rassuré concernant sa relation avec le châtain. Trowa quitta les lèvres du blond avant de se perdre dans son cou. Il prolongea ensuite sa clavicule avant de revenir à son cou puis de descendre le long de son torse. Les mains du châtain n'étaient pas en reste, elles caressaient les flancs et le dos de l'empathe qui s'était mis à soupirer. Trowa redessinait les abdos de Quatre avec sa langue. Puis il se mit à titiller le nombril du blond qui gémit doucement son nom. Devant les réactions plus que positives de son partenaire, le Français se dit qu'il pouvait continuer. Il glissa donc ses mains sous l'élastique du boxer de l'Arabe et commença à le descendre. Mais Quatre l'arrêta. « Je... J'ai besoin de temps. Je n'ai... je n'ai jamais fait l'amour et... ». En disant cela, l'empathe était devenu rouge comme une pivoine et évitait de regarder son vis-à-vis. Trowa obligea Quatre à tourner la tête. « Je comprends Quatre. Et ne t'inquiète pas, nous prendrons tout le temps qu'il faudra.

_ Mais... ». L'Arabe sentit alors une énorme vague d'amour émaner du Français. Il avait déjà ressenti ça chez d'autres personnes mais jamais ça ne lui avait été destiné. Il fut tellement ému qu'il sentit quelques larmes couler sur ses joues. « Trowa...

_ Quatre. Tu es un ange. Et je ne veux pas te blesser. On prendra le temps. Ne t'inquiète pas ». Le blond le serra contre lui. Il l'embrassait de dizaines de baisers papillons sur le visages, les lèvres, dans le cou. Trowa sourit. Il savait que laisser Quatre avoir accès à ses sentiments était le meilleur moyen de le rassurer.


Quatre se sentait quelque peu stressé. Trowa lui prit la main pour le rassurer. « Détends-toi, murmura le Français.

_ Je sais. Mais tu ne sais pas où tu mets les pieds.

_ Ça ne peut pas être plus dangereux qu'une base de OZ infestée de soldats ». Le blond ne répondit pas. Il avait parfois des doutes. La guerre pouvait lui sembler moins dangereuse qu'une réunion avec tous ces requins de la finance. Les deux hommes sortirent de la limousine et se dirigèrent vers le manoir. « Tu es vraiment magnifique, murmura Trowa à l'oreille de Quatre une fois qu'ils eurent enlevé leur manteau.

_ Toi aussi, répondit l'Arabe en rougissant un peu ». À peine arrivé dans la salle, Quatre fut assailli par des gens qui tenaient absolument à lui parler. Trowa fut superbement ignoré et décida de s'éloigner vers le buffet.

Une demi-heure plus tard, le dompteur vit l'Arabe se diriger vers lui. « Ça va ? Je suis désolé de t'avoir laissé tomber.

_ Pas de problème. Tu as réussi à manger quelque chose ?

_ Pas vraiment ». Trowa tendit une assiette de petits fours à l'empathe. « Tu as pensé à tout.

_ Je pense que certaines choses ne changent pas ». Le Français remit une mèche blonde en place et suspendit son geste quand il se rendit compte de ce qu'il avait fait. Mais Quatre se contenta de sourire. « Monsieur Winner ! ». L'Arabe se retourna. « Monsieur Saliazin, bonsoir.

_ Je suis heureux que vous soyez là, répondit l'homme en serrant de manière un peu trop amicale la main de l'empathe.

_ Laissez-moi vous présenter Trowa Barton.

_ Bonsoir, dit le Français en tendant la main.

_ Bonsoir. Un nouveau collaborateur ?

_ Non. Mon compagnon ». Monsieur Saliazin détailla le dompteur de haut en bas et Trowa vit la mâchoire de Quatre se crisper légèrement. « Bien. Mais je ne savais pas que...

_ C'est normal. Je ne fais pas étalage de ma vie privée.

_ Monsieur Winner ! ». Une blonde décolorée à forte poitrine siliconée se précipité vers Quatre. « Madame Saliazin. Je suis ravi de vous voir. Vous êtes magnifique comme toujours, ajouta l'Arabe en lui baisant la main.

_ Et qui est ce jeune homme, demanda-t-elle en désignant le châtain.

_ Trowa Barton, mon compagnon ». Madame Saliazin ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche en une parfaite imitation de la carpe. « Et ça fait longtemps ?

_ Ça fait dix ans qu'on se connaît.

_ Vos admiratrices vont être déçues.

_ Certainement.

_ Je vous laisse. Je vais voir une de mes amies ». La femme s'éloigna. Quatre et monsieur Saliazin se mirent à parler affaire. Trowa ne put s'empêcher de sourire intérieurement quand il remarqua que l'homme ne cessait de le détailler de haut en bas avec un certain mépris.


Quatre s'assit dans la limousine, desserra sa cravate et se massa les tempes. Ces soirées étaient toujours éprouvantes, mais ce soir, ça avait été le pompon. Dès que madame Saliazin avait répandu le bruit que lui et Trowa étaient ensemble, toute la salle était venue vérifier ses dires. Et l'Arabe avait pu ressentir toutes les émotions majoritairement négatives de toutes ces personnes qui les considéraient plus ou moins comme des bêtes de foire. « Ça va, s'inquiéta Trowa.

_ Oui. Juste fatigué. Et une migraine aussi ». Le Français prit le blond dans ses bras et se mit à lui caresser la nuque. « S'il te plaît, continue, murmura l'empathe lorsque la main du dompteur arrêta ses caresses ». Trowa sourit. « Ça aide à calmer la migraine, expliqua l'empathe ». Le châtain l'embrassa sur le haut du crâne et le garda contre lui jusqu'à leur arrivée à la maison de Quatre.


L'Arabe était allongé sur le ventre, les yeux clos pour essayer d'oublier la migraine qui lui vrillait la tête. « Ça va, demanda Trowa en s'allongeant près de lui.

_ Mmh.

_ Tu devrais prendre un médicament.

_ Ça ne marchera pas.

_ Empathie ?

_ Oui.

_ Tes barrières ne sont plus efficaces ?

_ Je ressens plus les émotions en fait. Et c'est plus difficile de les garder lever quand je suis fatigué.

_ Quatre, tu devrais te ménager, faire vraiment plus attention à toi...

_ Tu as découvert que les empathes avaient une espérance de vie limitée, n'est-ce pas ?

_ Quatre, je tiens à toi. Et je n'ai pas envie... je n'ai pas envie de te perdre.

_ Je sais Trowa. Et je sais que je dois faire attention. Mais entre ce qu'on peut faire et ce qu'on doit faire, il y a une grande différence.

_ Quatre...

_ S'il te plaît Trowa. J'ai un troupeau d'éléphants qui est en train de danser la samba avec des hippopotames dans la tête. Je n'ai pas envie de m'engueuler avec toi.

_ Je ne peux vraiment rien faire pour calmer ta migraine.

_ Prends-moi dans tes bras ». Le Français s'exécuta et serra le blond contre lui. « Je suis désolé, murmura Quatre.

_ Pour ?

_ Pour cette soirée. Tous ces regards désobligeants sur toi.

_ Je m'en moque. J'espère juste que ça ne te créera pas de problème.

_ Non, ça serait trop gros. Et de toute façon, ils trouveront bien autre chose pour me mettre les bâtons dans les roues.

_ Je ne sais pas comment tu fais.

_ C'est comme affronter une armées d'ozzies, mais avec d'autres armes ». Le dompteur sourit. « Trowa ?

_ Oui.

_ C'était très agréable de t'avoir près de moi ». Le Français resserra l'Arabe contre lui et les deux hommes s'endormirent l'un contre l'autre.


Quatre et Trowa quittèrent le balcon d'où ils avaient regardé le feu d'artifices de la Saint-Sylvestre. « Je suis content que demain soit férié. Je vais enfin pouvoir m'offrir une grasse matinée, dit le blond en étouffant un bâillement ». Le Français lui sourit et le prit par la main. « Allons nous coucher alors ». L'Arabe ne se fit pas prier et se glissa rapidement dans le lit suivi par le châtain. « Quatre ?

_ Mmh ?

_ Est-ce que ça te dérange si nous dormons nus ?

_ Pour...pourquoi, demanda l'empathe rouge comme une pivoine.

_ J'ai très envie de sentir ta peau contre la mienne ». Le blond ne dit rien. Il se sentait gêné. Pas que la proposition ne le tente pas. Mais il avait peur des conséquences. Trowa le prit dans ses bras et se mit à lui picorer les lèvres. Quatre se laissa aller dans les bras du dompteur et répondit passionnément à ses baisers. L'Arabe sentit son corps onduler malgré lui alors que le Français marquait sa peau de ses lèvres. Le châtain sortit un morceau de tissus de sous les draps. Quatre ouvrit les yeux comme des soucoupes quand il reconnut le vêtement. Instinctivement, il porta les mains à ses hanches. Mais il avait encore son boxer, ce qui voulait dire que... « Trowa..., gémit l'Arabe.

_ Maintenant, c'est à ton tour, murmura le Français ». L'empathe passa par toutes les nuances de rouge de la plus claire à la plus foncée. Il était terriblement pudique. Pourtant, il ne s'agissait que de Trowa. Justement, il s'agissait de Trowa. Et il avait peur de son jugement. Fixant son amant avec une lueur de défi, il enleva le dernier vêtement qu'il portait. Quatre essaya de calmer son cœur qui battait beaucoup trop vite. Trowa se pencha vers lui. « Tu es vraiment un ange, murmura-t-il avant de l'embrasser ». L'arabe gémit quand il sentit le corps du dompteur contre le sien. Le Français faisait glisser ses mains sur le corps de l'empathe, savourant la douceur de sa peau. Quatre s'était mis à soupirer pendant que Trowa redessinait sa cicatrice de ses lèvres. Une douce chalaur naissait au creux de ses reins et il sentait son esprit se déconnecter peu à peu. L'empathe sursauta alors qu'une des mains du dompteur s'était fait plus aventureuse et avait frôlé son intimité. Lui-même avait une main agrippée à la fesse de Trowa, la malaxant sans retenue. Se rendant compte de leur position, Quatre reprit ses esprits. « Attends Trowa. Je crois qu'on devrait se calmer. Je ne me sens pas prêt à …

_ Je comprends. Tu sais, on peut se faire un câlin un peu poussé sans forcément faire l'amour. Mais je ne te forcerai à rien ». Quatre noua ses mains autour du cou du Français, se blottissant contre lui. Il était partagé entre le désir qui lui enflammait les reins et son appréhension. Il embrassa Trowa, laissant glisser ses mains jusqu'aux hanches du français qu'il serra contre lui. Le baiser entre les deux hommes devint vite enflammé. Sans qu'il s'en rende vraiment compte, Quatre frottait son bassin contre celui de Trowa qui suivait les mouvements de l'empathe. Quatre resserra sa prise sur le dompteur, accentuant ses mouvements. Le Français profita du lâcher prise du blond pour glisser sa main entre leurs deux corps et caressa son amant qui sursauta. « Trowa, gémit Quatre.

_ Laisse-toi aller ». Le châtain accentua ses caresses. L'empathe enfonçait ses ongles dans le dos du Français. Jamais personne ne l'avait touché de cette manière. Quatre avait entouré les hanches de Trowa d'une de ses jambes et appuyait le bassin du châtain contre le sien pour accentuer ses caresses. Les deux corps se mouvaient l'un contre l'autre, s'épousant parfaitement. Quatre sentit ses connections nerveuses être submergées jusqu'à ce qu'elles soient saturées et explosent en un feu d'artifice. L'Arabe ne se rendit même pas compte qu'il avait crié le nom de Trowa. Il mit quelques secondes à reprendre ses esprits. Les yeux encore embuées par le plaisir, il vit Trowa qui lui souriait. Lui aussi avait le souffle court et le corps moite. Le Français l'embrassa et dégagea quelques mèches qui s'étaient collées à son front. « Je t'aime, souffla le châtain en prenant Quatre dans ses bras ». L'empathe se resserra contre lui. « Moi aussi je t'aime ». Les deux hommes s'endormirent épuisés.