Mon Dieu.

Je n'y crois pas.

Sorti à temps pour Halloween, malgré la fatigue extrême qui m'habite. Miracle.

Ahem bref je m'égare~

Ici Lavinia, l'auteur qui publie toujours en retard pour vous servir. ;)

Mais regardez, je me rattrape là non ? x)

En tout cas, je tenais à vous remercier pour vos encouragements, c'est un véritable coup de fouet quand je les lis, c'est tellement touchant, tellement…

Vous me ferez presque pleurer parfois, bon sang !

Mais trêve de bavardage, passons au chapitre tant attendu, dont on peut fêter dignement l'arrivée ainsi que la mise en ligne du magnifique trailer de FNaF2 ! *-* Oui, vous avez bien lu. x)

Toujours le même rating, ou copyright. Quoi c'est chiant à rappeler, non, ça compte ! XD

Et allez, vite fait, petite musique d'ambiance :

Gods and Monsters – Lana Del Rey

Brainwash – Simon Curtis

Beat Drop – Simon Curtis

Sur-ce… Bonne lecture à vous tous ! ^w^


1. Première nuit, premières frayeurs.

Minuit.

Mathieu était installé sur une chaise à roulettes qui ne semblait plus de la première fraîcheur, découvrant avec curiosité la pièce dans laquelle il se trouvait, également dans laquelle il se trouverait pour les six prochaines heures. Et avec une certaine crainte en même temps, il fallait l'avouer.

Il s'était attendu à ce que le restaurant ne soit pas digne d'un cinq étoiles, après tout ça restait un restaurant familial dédié aux pizzas, partant de ce principe il ne fallait pas s'attendre à plus. Néanmoins, le stéphanois ne s'était pas attendu à trouver un endroit aussi… Aussi…

A peu près aussi glauque que de se retrouver dans une orgie de vieux, gamin !

Ouais. Si le Patron avait été là, il aurait dit ça, sans la moindre hésitation.

Et oui, l'endroit était glauque. Mais à un point à peine inimaginable. Pourtant de jour, ça avait été, Mathieu s'y était rendu sitôt son appel passé pour venir signer le contrat d'embauche, et avait eu droit à un tour du propriétaire. Et comme prévu, en effet ce n'était pas le grand luxe. Mais ça restait un endroit original et sympathique, bien qu'un peu kitsch sur les bords et dignes des restaurants typiquement américains des années quatre-vingt ou quatre-vingt dix.

D'ailleurs, est-ce qu'un tel établissement pouvait marcher ici, à Paris, loin de cette culture ?

Mathieu ne parvenait pas à en savoir plus sur les chiffres que faisaient l'enseigne en se contentant d'observer l'intérieur de la cabine de surveillance, sans fouiller, et il ne chercha pas plus loin Ce n'était pas si important que ça, après tout.

Qu'importe que le restaurant affiche salle comble à chaque service ou non, l'endroit le mettait mal à l'aise maintenant.

Tu commences à devenir complètement parano, arrête ! Tu n'as rien à craindre ici, et puis zut, il n'a rien à se reprocher, le restaurant ! Tu l'as vu toi-même !

Une image s'imposa soudainement dans son esprit et il soupira, fatigué de sa méfiance naturelle pour tout et n'importe quoi. Il fallait sérieusement qu'il apprenne à se détendre…

Onze pièces. Douze caméras. En soit rien de bien compliqué ou de loufoque, une salle de réception, une réserve, deux longs couloirs, les cuisines, des toilettes, une salle de stockage, celle où il se trouvait et enfin, ce qui faisait la particularité du lieu : Une scène et une sorte d'alcôve qui, sur sa caméra, portaient les sensuels petits noms d'1A et 1C où, pour la dernière, Pirate Cove.

Curieux nom pour deux endroits tout aussi curieux, dédiés aux spectacles de marionnettes géantes.

Mathieu se retint de rire en pensant à ce qui aurait pu être la réponse du Prof quand à sa précédente pensée. « Ce ne sont pas des marionnettes, inculte, mais des animatroniques ! ».

Bon, il savait ce que c'était, bien sûr. Il les avait vu en passant, après tout.

Trois marionnettes d'environ deux mètres chacune, autrefois dédiées au spectacles et aux anniversaires de moult marmots et bambins, mais désormais contraints de ne plus servir que de décoration, posés sur la scène, immobiles. Un lapin violet au petit nœud papillon rouge, un poussin jaune au bavoir tâché et décoré d'un « Let's Eat » à l'écriture épaisse et arrondie, et un ours, au nœud papillon noir, simple, solennel, ainsi qu'un petit chapeau melon, dans la même teinte.

Bonnie, Chica et Freddy. Les mascottes de la pizzeria.

D'énormes robots géants, pourvus d'une intelligence artificielle extrêmement développée, qui étaient capables de se mouvoir, d'errer à leur convenance là où ils s'en sentaient l'envie, de fredonner des chansons pré-programmées, de tenir un minimum de conversation avec les enfants et même, selon les dires de ceux qui étaient leurs anges gardiens, leurs agents d'entretiens et de réparation, d'éprouver ce qui pouvaient se rapprocher d'un semblant d'émotions. Aussi étrange que cela puisse le paraître.

Mais ça, Mathieu n'y croyait pas. Pour lui, un robot restait un robot.

Et en l'occurrence, ici il s'agissait de robots tout simplement horribles à voir : Des vestiges d'une époque glorieuse autrefois mais désormais révolue, d'une triste évolution au sein du restaurant qui leur aura pris leur liberté et leur libre arbitre, du moins le peu qu'on avait souhaité leur accorder. Le semblant d'humanité qu'ils auraient pu prétendre posséder. Des endosquelettes recouverts d'une carcasse de métal et de matière pelucheuse, à la fourrure aujourd'hui tachetée de gouttelettes sombres séchées par le temps quand elle n'était pas légèrement manquante par endroits. Il les avait vu au loin et avait préféré ne pas s'en approcher lorsqu'on le le lui avait proposé. Aucune envie. Ni même d'intérêt à le faire. Ces choses lui paraissaient d'un morbide sans nom.

C'était peut être des mascottes mais il ne fallait pas y vouer un culte pour autant, quand même !

C'est à ce moment-là que le téléphone sonna, le coupant net dans ses réflexions.

- Hé gamin, t'es encore vivant ?

Le Youtuber soupira, reconnaissant son interlocuteur dès les premiers mots. Le Patron. Qu'avait-il bien pu faire encore ?

Mais bizarrement, il était bien content d'entendre sa plus forte personnalité ça le rassurait, même.

- Ouais, je m'ennuie et je regarde trois animatroniques sur mon écran en attendant que l'heure tourne. Tu veux quoi ?

- Oh. J'ai jamais essayé avec un robot tiens…

- Ta gueule, tu veux ?

Il entendit un rire rauque à l'autre bout du fil. Prévisible.

- Rien, je voulais juste savoir si ça allait, le petit arrête pas de s'agiter en disant qu'il a un mauvais pressentiment et qu'il veut que tu rentres. Je peux lui donner un somnifère si jamais il continue ? Il me les brise déjà !

Le petit ?

- Mais pourquoi il ne le sent pas, le Geek ? Il n'a pas à s'inquiéter, je vais bien, Mathieu leva les yeux au ciel, imaginant de là son homologue à la casquette en train de faire les cent pas, sa console à la main. Il sourit : Non Patron, mais dis-lui qu'il n'a pas à s'inquiéter. Je vais aller me prendre une pizza puis retourner m'installer devant mes écrans et pas bouger, je suis seul, c'est bon ! A part attraper une intoxication alimentaire, honnêtement, je vois pas ce qui peut m'arriver !

- Je vais essayer de lui faire comprendre ça, mais je crois que c'est au-delà de ses capacités…

- Dis pas ça de lui, mec.

- Roh ça va, admet-le pour une fois !

- Hn… Même pas en rêve ! Bon allez, je vous tiens au courant si jamais une pizza tente de me faire la peau, bonne nuit !

Et l'homme aux yeux clairs raccrocha, riant de sa dernière remarque, essayant juste d'envisager un scénario pareil sans pour autant lui parvenir tant c'était stupide. C'est inoffensif, un objet !

Décidément, la nuit s'annonçait longue.


Mathieu s'était décidé à quitter son poste, lampe torche au poing, pour faire un tour des lieux de nuit, cherchant à briser son ennui et comptant bien voir s'il pourrait trouver de quoi manger à la cuisine. Il savait qu'il n'en avait pas le droit à la base, mais qui pourrait le le lui reprocher ? Il surveillait les lieux après tout, et faisait donc son travail en soi, non ?

Et dire qu'il aurait pu être tranquillement chez lui, en train de siroter une bière devant son cher ordinateur… Les temps étaient vraiment durs, à croire.

Couloir de gauche et réserve ? Rien à signaler.

La salle principale, de nuit, avait réellement tout du décor parfait pour y tourner un film d'horreur, avec ses longues tables alignées, décorées de nappes blanches et de petits chapeaux en papier, en forme de cônes. Enfin, en soit, ça partait d'une bonne intention, mais le rendu final était à glacer le sang.

Le brun s'arrêta à l'entrée de la pièce, soudain peu rassuré par la grandeur de la pièce et l'ombre qui l'entourait. Non, il n'avait pas peur du noir. Mais l'endroit était impressionnant ainsi.

Impressionnant et terriblement oppressant.

Il jeta un regard vers la scène, mécaniquement, par réflexe.

Les trois robots étaient encore là, fixant la pièce de leurs yeux dépourvus d'âme, souverains oubliés et déchus d'une bâtisse en décrépitude.

Mathieu sentit un frisson lui remonter le long de l'échine ils étaient vraiment laids, ce n'était pas que son imagination.

Il préféra passer le plus loin possible d'eux, par réflexe, pour se rassurer. C'était pas comme s'ils allaient lui sauter dessus en soi, mais il ne pouvait pas l'expliquer. Il fallait qu'il les évite, question de bon sens.

Tu délires mon pote, ils vont rien te faire, ces pauvres machins. Ils vont pas te manger !

Oui, mais même. On ne savait jamais.

Le stéphanois ressortit de la pièce principale avec un soulagement non contenu, bien heureux que personne ne l'ait vu montrer un quelconque signe de crainte envers les trois robots. Décidément, garde de nuit, ce n'était pas un métier pour lui, s'il se mettait à soupçonner le moindre objet de la sorte !

Manger. Il devait manger.

Une pizza, ça serait l'idéal.

N'oublie pas ce pour quoi tu es là quand même !

Ah oui, le travail...

Salle de réception et Pirate Cove ? Rien à signaler non plus.

Rien à signaler, peut être, mais franchement, il n'en menait pas large, le dirigeant de l'étrange clan Sommet.

Mathieu était heureux de sa petite expédition dans la cuisine du restaurant. Grande et chromée, tout en inox, elle était pratique et soigneusement rangée, ce qui lui avait permis de mettre très vite la main sur l'un des frigos dans laquelle ils stockaient des pizzas, préparées à l'avance, qu'ils entreposaient là en attendant de pouvoir les servir au plus tôt.

Et bien qu'ils l'acclament, grâce à lui, ils en auraient une de moins à faire réchauffer le lendemain matin !

Ah, réchauffer… Toute une mission, dans la pizzeria.

Le brun secoua la tête pour espérer se ressaisir et se débarrasser de ce stress qui ne voulait pas le lâcher depuis sa prise de service. C'était irrationnel et ridicule d'autant avoir peur de trois animatroniques débranchés ! Absolument stupide !

Il n'allait pas s'empêcher de travailler correctement pour eux. Sûrement pas. Il avait beaucoup trop besoin de cet argent pour tout gâcher.

Et puis, plus important encore, ses personnalités comptaient sur lui. Tous.

C'est ainsi qu'alors qu'il mordait dans la première part de la pizza chèvre-miel sur qui il avait jeté son dévolu qu'il se jura qu'il ne regarderait plus derrière lui pendant qu'il utiliserait le micro-onde situé dans la salle de réception. Ceci fut sa première grande décision du soir même, c'était dire Ça avait assez duré quoi, à vingt-six ans il était temps qu'il apprenne à ne plus craindre ni le noir ni les monstres tapis dans l'ombre !

Ça n'existait que sur Internet, d'horribles légendes parlant de créatures de cauchemar et de dangereux psychopathes se promenant en liberté dans la nature. N'est-ce pas ?

« Tu réfléchis trop, gamin. »

Oh oui, ça c'était sûr qu'il réfléchissait trop, en même temps ici il n'avait que ça à faire.

C'est à ce moment là qu'il remarqua que la petite LED rouge du téléphone clignotait, à moitié enterrée sous un des nombreux dessins bariolés d'enfants qui s'étaient décrochés du mur. Allons donc, qu'est-ce qu'on pouvait bien lui vouloir encore ?

Sûrement le Patron qui venait réitérer sa menace d'assommer le Geek à coup de tranquillisants pour chevaux s'il ne la mettait pas vite en veilleuse.

Il était déjà en train de composer le numéro de chez lui lorsqu'il réalisa qu'il aurait été tout sauf logique que le criminel l'appelle ici, autant essayer directement sur son téléphone portable comme il l'avait fait plus tôt dans la soirée ! Ni lui, ni aucune de ses autres personnalités d'ailleurs.

Mathieu reverrouilla son téléphone sans lâcher l'antiquité cellulaire des yeux. Qui pouvait bien l'appeler à ce numéro à plus d'une heure et demi du matin ?

Il eut soudain l'impression que sa main pesait plus d'une tonne, alors qu'il appuyait sur le bouton du répondeur.

« Allo ? Alloooooo ! Hnn, je… Je voulais juste enregistrer un message pour toi, pour t'aider à t'adapter aux conditions de travail ici, durant ta première nuit chez Freddy Fazbear's Pizza. Hmm… Actuellement, j'ai été à la même place que toi. Je… Je suis juste en train de finir ma dernière semaine en tant que gardien dans ce restaurant donc… Je me permets de te tutoyer, j'espère que tu m'en tiendras pas rigueur. D'accord, je sais que ça peut paraître un peu accablant, ou même inquiétant mais je suis là pour te dire que… Et bien, tu n'as pas à t'inquiéter, tu vas t'en sortir ! »

Quoi ? L'ancien garde de nuit qui l'appelait pour lui souhaiter en personne bonne chance ? C'était à n'y rien comprendre !

Le jeune homme fixait le téléphone avec de grands yeux ronds. Il ne savait même pas quoi dire. Depuis quand quelqu'un à qui on prenait la place prenait la peine de nous contacter pour nous dire ça ?

A moins d'être naïf à en crever, complètement masochiste ou converti à la philanthropie, jamais.

De plus, une autre phrase avait alerté Mathieu. « Je suis juste en train de finir ma dernière semaine ». « En train de finir ».

Comment pouvait-il être en train de finir alors qu'il se tenait là, à cette place, armé de sa lampe torche et de sa pizza entamée ?

« Bon, bref, et si on se concentrait simplement sur comment t'aider à passer cette première semaine, ok ? Déjà, il y a un discours d'introduction que je suis censé te lire au nom de la compagnie Enfin si j'ai compris, ce genre de choses légales, tu sais… «Bienvenue chez Freddy Fazbear's Pizza : Un endroit magique pour les petits et ceux qui ont gardé une âme d'enfants, là où la fantaisie et l'amusement prend vie. Fazbear Entertainment n'est pas responsable des possibles dommages, des affaires des consommateurs ni des clients eux-même. En cas de découverte d'une dégradation ou du décès d'un objet tiers ou d'une personne, un rapport de disparition sera rempli dans les quatre-vingt dix jours où dès lors que l'enseigne et ses locaux auront été soigneusement nettoyés, désinfectés, et les tapis remplacés. Bla bla bla… ». J'admets que ça pourrait être inquiétant, vraiment, mais il n'y a vraiment pas de quoi s'en faire, je te le garantis ! »

… Désinfecter les locaux ? Remplacer les tapis ?

C'était vraiment écrit par la compagnie, une lettre pareille ?

« Euh, il y avait autre chose que je devais t'expliquer... Comment dire… Les animatroniques ont tendance à avoir un fonctionnement un peu bancal, la nuit, mais est-ce que je devrai leur en vouloir pour ça ? Non ! Si j'étais contraint de fredonner les mêmes chansons abrutissantes depuis plus de vingt ans sans jamais avoir le droit à ne serait-ce qu'un bain, bien sûr que je serais un peu irritable à mon tour, une fois la nuit tombée ! Mais bon, souviens-toi : Ces personnages occupent une place spéciale dans le cœur des enfants. On doit leur montrer un peu de respect, de ce fait… Ça marche ? … Bon. Que je te prévienne : Les personnages ont tendance à avoir une passion pour les promenades. »

Quelque chose en Mathieu se réveilla d'un coup. Une inquiétude viscérale.

Bancal ? Promenades ?

D'instinct, il afficha la vision de la caméra 1A.

Tout le monde était encore bien gentiment à sa place. Et loin d'aller courir un marathon dans l'immédiat !

T'en as trop pris Gros, ça craint là. Tu t'agites parce qu'un mec que tu connais même pas te disent que ces saletés de bien trois cents kilos minimum peuvent MARCHER ! En étant débranchées et batteries vides, putain ! Mais fait marcher tes neurones un peu pour changer ! C'est lui qui en a trop pris, pas toi !

Les autres auraient été là ils se seraient moqués de lui ouvertement. Sauf le Hippie, trop humble et « peace & love » pour ça, mais ça c'était même pas étonnant venant de lui.

Il expira à fond, ramenant son cœur à un rythme cardiaque normal. Il allait finir par y rester, à se faire des idées avec ces choses et ses peurs infantiles.

Des robots qui marchaient seuls, par l'opération du Saint Esprit… La meilleure du millénaire !

Il hésitait à écouter la suite du message vocal. Cela en valait-il la peine ? Cet homme le faisait paniquer pour des broutilles, tout aussi bien il s'était ennuyé durant trois secondes et lui avait dit tout ça pour espérer troller quelqu'un ce soir…

Ouais bon, ça a plutôt bien marché… Mais personne ne le saura jamais, ça ! Se dit le stéphanois et retournant mordre sa part de pizza, pas tranquille. Ses nerfs ne tiendraient pas longtemps à ce rythme, si la terre entière se décidait à venir lui rappeler qu'il avait trois spécimens joyeusement moches et avec des têtes légèrement dignes de bons psychopathes dans une pièce située à même pas une vingtaine de mètres de lui. Non, pas longtemps du tout même.

Il relança le message, décidé à en finir avec cet histoire d'appel. Rien à craindre, juste un pauvre homme qui cherche à lui donner quelques frissons…

« Uh, comment expliquer… On leur a laissé une sorte de mode «vagabondage » la nuit… Quelque chose en rapport avec leur servomoteur, qui se seraient verrouillés sur pareil réglage suite à une mise hors tension trop prolongée, il me semble… Ils avaient l'habitude d'errer comme ça durant la journée, de base, mais ça c'était avant la morsure de '87. Ouais… N'empêche, c'est fascinant de constater que le corps humain peut survivre sans lobe frontal, tu ne trouves pas ? »

La morsure de '87.

Mathieu laissa échapper un éclat de rire. Un seul. Nerveux.

C'était quoi ces conneries encore ?

Il ressortit son téléphone portable des profondeurs de sa poche, y jetant un œil. Une barre de connexion.

Il lança le moteur de recherche en méditant ce que le gardien venait de lui dire. A l'évidence il persistait à dire que les animatroniques continuaient de se promener la nuit. Soit. En attendant, il ne les avait pas encore vu danser la macarena sur scène, ni même partir se faire un sandwich en cuisine, autant donc en conclure que le gardien avait du abuser sur la rhubarbe. Mais peut être que cela n'arrivait que plus tard dans la nuit… ?

Non, c'était ridicule de penser ça. Complètement même !

Oh bien le bonjour petit moteur de recherche, dis-moi je te donne quoi comme mots clés pour que tu me dises ce que je veux entendre ?

C'est vrai ça, quels mots-clés pour une recherche pareille ?

Un instant, le brun aux yeux bleus imagina son collègue chevelu, ce cher Antoine, installé à sa place. Qu'aurait-il donc fait lui ? Oh, sûrement qu'il aurait sorti une de ses blagues débiles dont lui seul avait le secret et qu'il aurait tapé la conversation au ventilateur sur le bureau, un des confrères de son cher Samuel ! Lui il en aurait rien eu à faire, d'être là.

Et il aurait pas été en train d'effectuer une recherche sur Google pour démentir ou confirmer les dires d'un inconnu, mince !

«Freddy Fazbear's Pizza accident 1987 »

Ouh, là ça y est, il le sentait, on venait de frôler le Paradis des mots-clés les mieux pensés du monde !

Mathieu Sommet se sentit bien con en appuyant sur l'icône de recherche. Il savait que ça ne donnerait rien, ce mec fabulait complètement, c'était pas possible.

«Environ 576 000 000 résultats (0,28 secondes)».

Pardon ?

Et il se le sentit encore plus face à ce pied de nez, réalisé dans les règles de l'art par Google.

Ça ne pouvait pas être des résultats concernant ce qu'il cherchait, pas moyen !

Ses yeux s'agrandirent d'horreur et ses mains se mirent à trembler, au point qu'il préféra reposer la part de pizza dans son carton. C'était inimaginable…

Non, non, non. Ça ne pouvait juste pas être vrai.

Son portable vibra, synonyme d'un message, lui arrachant un cri de surprise et manquant lui faire lâcher son téléphone.

Il était terrorisé par ce qu'il venait de lire.

Un enfant bordel de merde ! Une gamine d'à peine sept ans !

Ses yeux retournèrent observer ce qu'il se passait en 1A puis il activa la caméra 1C. Pirate Cove.

Personne en vue. Juste d'épais rideaux mauves tirés, et une pancarte en bois pourvue de l'inscription « Out of order ». Hors service.

Pirate Cove, lieu d'un drame des plus horribles qui soient.

La morsure de '87…

Foxy.

A force de lire ce nom partout, Mathieu avait fini par se poser de sérieuses questions. On ne lui avait pas parlé d'un éventuel Foxy, allant jusqu'à prétendre qu'il n'y avait jamais eu que trois robots ici. Mais qu'était Foxy, au juste ? Un autre robot ? Un animatronique, comme les trois peluches géantes en 1A ?

Et si c'était le cas, il ressemblait à quoi ?

Il avait envie de ne pas savoir et pourtant il était terrorisé à l'idée que l'on ait pu oublier de lui en parler. Y avait-il une raison à pareil oubli ?

Foxy… Fox. Un renard, peut être ?

Non, relax, soit pas idiot, si c'est vraiment arrivé, il a du être mis en pièces depuis ! Ils n'auraient pas gardé un automate défaillant dans les parages, on ne sait jamais…

Dans tout les cas, on ne lui avait pas parlé de l'accident de '87. Ni de cette histoire de robots qui se promènent. Et ça ne lui plaisait pas du tout, ça. Était-ce pour ça qu'il était là ? Pour veiller à ce qu'ils ne cassent rien durant leurs crises de somnambulisme ?

Ses mains étaient moites et il avait chaud d'un coup. Trop chaud.

Il s'était fourré dans quoi comme aventure rocambolesque, encore une fois ?

Sa main gauche alla presser le bouton de pause du répondeur, sans même qu'il n'y prête attention. Il en avait déjà trop entendu pour rester serein durant les prochaines heures à venir.

« Maintenant, concernant ta sécurité : Le seul risque que tu cours en tant que gardien de nuit ici, si seulement il y en a un et si c'est ce que tu es, c'est que ces mascottes… Hnn, en gros si jamais ils venaient à te voir après les heures d'ouverture, ils risquent de ne pas te reconnaître en tant que personne. Non. Ils… Ils vont plus te voir comme un endosquelette sans son costume. Et comme c'est contre les règles en vigueur ici, dans la pizzeria, ils essaieront de… Euh… De te faire rentrer de force à l'intérieur d'un des costumes de Freddy Fazbear. Bon après ça aurait pu être pire hein ! Enfin, ça aurait pu, si les costumes eux-même n'étaient pas remplis de câbles, de poutres et de systèmes électroniques propres aux animatroniques, en particulier au niveau du visage. Tu te doutes donc bien qu'avoir sa tête enfermée là-dedans de force doit être un peu désagréable voir… Euh… Mortel. Pour être honnête, je crois qu'à ce stade, les seules parties de toi qui pourraient éventuellement revoir la lumière du jour seraient tes globes oculaires et tes dents, que l'on verrait sortir à travers le masques des costumes… Ouais, en effet, ça ils ne te le disent pas quand tu signes le contrat… Mais bon hein, te laisse pas abattre ! Le premier jour, c'est toujours le plus simple ! Je te recontacterai demain, histoire de savoir si tout va bien. Pense à vérifier tes caméras, et surtout souviens-toi de ne fermer les portes qu'en cas de nécessité absolue. L'énergie électrique, c'est pas la spécialité de la maison et ces deux-là en sont plutôt gourmandes… Bien. Allez, bonne nuit. »

C'était un cauchemar.

Il avait du mal entendre.

Vraiment mal entendre.

Mais pourquoi avait-il donc signé ce contrat ?

Son regard se posa sur le moniteur de surveillance, qu'il fixait maintenant avec une peur sans nom. Pourquoi est-ce qu'il fallait que ça lui tombe dessus ?

Aucun mouvement, que ce soit en 1A ou en 1C.

Non, ce n'était pas possible, il n'allait pas pouvoir rester calme avec ce que cet homme venait de lui dire, c'en était trop d'un coup. Devait-il le croire vraiment ? Il n'avait pas eu tort pour l'accident, certes, mais le reste ? Si ça se trouve, il avait eu des hallucinations, rien de plus…

Il ne pouvait pas rester comme ça, seul, bouffé par un énième accès de stress. Même s'il arrivait à relativiser pour tout en général, et à rire de tout…

Mathieu soupira, puis jeta un œil à l'horloge près de lui avant de se décider à appeler chez lui. Au Diable les commodités, il savait qu'il y avait toujours quelqu'un debout. Au minimum le Hippie. Dans tout les cas, il en avait besoin. Tout, pour ne pas être seul.

Les aiguilles indiquaient sur le cadran blanc qu'il était un peu plus de deux heures du matin.


Juste une question de précision.

Jamais trop de coups de clé à molette, ou de surdosage d'huile, surtout pas même ! Il fallait être précis, rigoureux, concentré.

Parfait, en somme.

Le Prof était toujours penché sur sa dernière invention, malgré l'heure tardive. Il était sur le point d'en terminer les réglages, alors autant tout finir cette nuit. Et puis, il aurait bien le temps de rattraper son sommeil durant la matinée… C'était pas comme s'il avait un épisode sur lequel travailler…

Il s'arrêta un instant, essuyant les gouttes de sueur qui perlaient sur son front d'un mouvement de l'avant-bras, observant sa création. Oh oui, celle-ci, il en serait fier. Très fier !

- Hey, Quatre Yeux, y a le patron au téléphone pour toi !

Le scientifique sursauta, manquant de s'assommer contre une des parois de sa machine à essorer les feuilles de salade. Il jura. Qu'est-ce qu'il lui voulait, le psychopathe ?

- Et bien vois-tu, cher confrère, je suis actuellement occupé, donc-

- Rien à foutre, tu poses tout, Mathieu veut te parler. Allez, bouge tes neurones !

Ton implacable. Aucune discussion possible.

L'homme en blouse soupira puis posa son outil sur le sol, près de lui, avant de se diriger vers le salon où l'attendait le téléphone, le Patron ayant eu un peu trop de flemme pour daigner le le lui apporter à l'évidence. Qu'est-ce que leur créateur pouvait bien vouloir lui demander ? Il était au travail en plus là, non ? Etait-ce autorisé dans son contrat, l'appel à ses proches ?

Arrête de réfléchir pendant trois secondes et décroche-moi ce téléphone, bordel !

- Oui, Mathieu, qu'est-ce que je peux faire pour toi ?

- Prof, tu t'y connais un peu en animatroniques ?

En animatroniques ?

Bien sûr qu'il s'y connaissait, quelle question ! C'était même une de ses passions, et puis c'était normal qu'il en connaisse un rayon sur le sujet ! Il était la Science Infuse après tout !

- Et bien vois-tu, je voue un attachement certain pour les robots, pourquoi ? Ça se passe bien au fait ?

- Tu as entendu parlé de ceux de Freddy Fazbear's Pizza ?

- Je ne savais même pas qu'il y en avait là-bas, ils ne doivent donc pas révolutionner le genre mais… Il faudra que j'aille voir ça !

Silence de mal être à l'autre bout du fil. Le Prof fronça les sourcils, intrigué. L'appeler juste pour lui parler de quelques robots abandonnés dans un restaurant ? Comme ça, sans raison ?

Oui, bien sûr, que c'était logique !

- … Hé Mathieu, tout va bien ?

- Oh oui, pourquoi une question comme ça ?

- Tu ne m'appellerais pas sans raison, juste pour savoir si je connais ceux de la pizzeria.

Un ange passa, de nouveau. Puis il finit par entendre son créateur soupirer.

- Le Geek est dans le coin ou le Patron a réussi à le calmer ?

Le Prof jeta un regard autour de lui, avant de hausser les épaules et de répondre que « Non, il devait probablement dormir car il ne le voyait nulle part ». Quel rapport avec le gosse ?

- Je ne veux pas qu'il s'inquiète plus que nécessaire, tu sais qu'il a parfois la sale manie de se faire des films pour pas grand-chose…

- Certes, c'est monnaie courante avec lui, l'homme en blouse tournait en rond dans le salon, un peu perdu dans la conversation. Mais pourquoi tu dis ça ?

- La pizzeria a un passé… Un peu glauque. Et ça a l'air d'avoir un lien avec les robots.

- Glauque comment ?

- Comme un cas de blessure sévère perpétré sur une gamine par un des animatroniques en 1987.

… Il avait mal entendu non ?

- Arrête d'aller sur Google, tu y perds du QI, Mathieu. Et c'est pas bon pour nous.

- Pourquoi, ça te semble impossible ?

- Bien sûr ! C'est inoffensif, un robot ! Il ne va pas aller arracher le bras de quelqu'un parce qu'il s'ennuie !

- … Et pourtant.

- Tu as lu quoi au juste ?

Et pendant que Mathieu lui racontait les résultats de sa précédente recherche, le Prof était allé s'installer dans le canapé, les sourcils froncés, se demandant quoi penser de ce qu'on lui racontait.

C'était juste improbable. Impossible.

Mais il entendait tellement de mal être et de confusion dans la voix de l'autre homme qu'il finissait presque par en douter lui-même. Il secoua la tête, sans prévenir, pour se remettre les idées en place Non, définitivement, ça ne pouvait pas être possible !

- Le lobe frontal. Bien sûr.

- Tu ne me crois pas, je présume ? Va regarder sur Internet, ils ne parlent que de ça, partout !

- Mathieu, c'est impossible ! Il faut une puissance de plus de 500kg pour provoquer une fracture du crâne, alors pour le briser, je ne prends même pas la peine de t'en parler ! C'est impossible, un animatronique est loin d'avoir une telle force de mâchoire ! Et encore moins un robot dans une pizzeria familiale !

- J'ai vu une photo de celui qui aurait pu faire ça, et franchement tu devrais le voir, je suis sûr qu'il te ferait te poser des questions. Il a des dents en acier énormes. Et ils sont immenses putain !

En panique. Mathieu était clairement pas tranquille, ça pas besoin d'être intelligent pour s'en rendre compte.

Le Prof soupira, jetant un œil à l'affichage numérique sur leur box internet. 2H46. Déjà.

- Mathieu, c'est une question de sécurité et de logique, aucun robot n'a autant de force, pas dans un tel domaine en tout cas, alors arrête de psychoter et finit tranquillement ta nuit, tu ne risques absolument rien… Et puis même, ils sont débranchés, tu voudrais qu'ils te fassent quoi sérieusement ?

- J'en sais rien… Ils ne m'inspirent pas confiance du tout. Et puis l'appel-

- Laisse tomber cette histoire, tu ne risques rien, et si tu ne leur fais pas confiance, fais-le moi au-

- Attends, j'ai cru voir quelque chose sur une caméra.

- Math', tu m'écoutes quand je te parle ?

- Oui ! Mais…

L'homme en blouse et au nœud papillon bicolore attendit la suite de sa phrase, longtemps. Jusqu'à s'en demander s'ils étaient toujours en ligne. Regard vers le téléphone, bah oui, pourtant tout fonctionnait !

C'est lorsqu'il allait raccrocher que Mathieu revint lui parler. Et cette fois-ci il n'avait plus du tout la même intonation de voix.

- Je raccroche, je dois aller voir, je crois… Je crois qu'un des robots a bougé.

De l'incompréhension. Et de la peur.


Il jurait que l'ours ne fixait pas la caméra avant.

Lampe torche allumée et son faisceau braqué devant lui, Mathieu allait en direction de la salle de réception, bien décidé à aller voir ce qu'il se passait. Il avait du rêvé, c'était tout. Bien évidemment même, la fatigue avait pas du aider, et puis vue l'heure…

Et même pourquoi chercher une raison ? Le Prof l'a dit, tu ne risques rien !

Il se mit à chercher de la main l'interrupteur de la pièce avant d'abandonner les recherches tout aussi vite, réalisant soudain ce qu'il voulait faire. Encore de la peur, bon sang !

C'est des peluches, mec… Dis-toi ça. Juste des peluches… Tu as plus de chances de te faire attaquer par une pizza ou une poêle à frire qu'une peluche !

Le brun avait beau essayer de se rassurer, de se faire une raison, il n'avait de cesse de resserrer sa prise autour de la lampe, juste au cas où elle aurait décidé de partir se choisir une part de pizza. Ses paumes étaient moites.

Et puis pourquoi dire qu'il n'avait pas à avoir peur s'il se déplaçait aussi lentement et discrètement, bordel !

Le Patron se serait allègrement foutu de sa gueule s'il le voyait, ça, il en était sûr.

« Prends un peu tes couilles en main gamin, t'imagines un peu comme tu t'angoisses pour rien ? Même un mioche de trois ans a plus de courage que toi ! »

Oh ben oui, pourquoi lésiner sur le langage, lui il ne s'en serait pas privé ! Pas du tout même !

Penser comme lui. Il devait se mettre à penser comme le Patron s'il voulait arriver à reprendre le contrôle. Être fort, se sentir au dessus de tout. Intouchable.

C'était une de ses personnalités après tout. Si lui était comme ça, pourquoi pas lui ?

Et les peluches, là, qu'elles aillent admirablement se faire frire une côtelette ! Voilà !

Bon, tu regardes les bestioles, tu te sens con parce que tu as tout inventé, tu retournes à ta petite cabine et c'est tout pour ce soir niveau exploration, faut pas déconner non pl-

L'ours fixait bien la caméra, contrairement à ses collègues qui braquaient leurs yeux vides de vie sur les nombreuses tables de la salle 1A.

Mathieu eut une envie incontrôlable de rire. Ce qu'il ne put retenir bien longtemps, à s'en tenir les flancs pendant qu'il riait à gorge déployée. Qu'il était ridicule ! Si ça se trouve, il était déjà comme ça depuis le début, le bon vieux Freddy, rien de plus ! Et dire qu'il avait eu peur pour ça…

Stupide.

Ça s'appelait se déplacer pour rien, voilà.

Il fit claquer ses doigts devant le visage de l'ours géant, qui le dépassait de bien trente centimètres. Aucune réaction.

Normal, en somme !

- Et voilà ce pour quoi je suis tétanisé depuis tout à l'heure ? Un ours qui chante, une poule et un lapin qui fait de la gratte ? Plus un renard qui a fini en pièces détachées ? Déjà que vous n'êtes pas beaux à voir, alors l'intérêt à vous porter… Vous me faites perdre mon temps franchement.

Et voilà qu'il parlait tout seul maintenant. Tout allait bien.

Mais dans le fond, parler soulageait le Youtuber. Il avait besoin d'affronter ce qui lui avait fait l'effet d'une main serrant sa gorge pendant une partie de sa nuit, rien de plus normal.

- Ouais, voilà, vous avez tout compris. Vous ne pouvez rien faire. Rien dire. Rien !

En disant ça, il était monté sur la scène, frôlant les animatroniques, un brin fanfaron sur les bords. Lui il pouvait parler, chanter, bouger, à sa guise même !

Alors pourquoi se gêner, sous prétexte qu'ils étaient condamnés à ne plus jamais fonctionner ? Hein ?

Finalement il n'avait pas à avoir peur. Tout se passait comme prévu.

Pourtant, alors qu'il réfléchissait à l'idée d'aller récupérer une deuxième pizza dans la cuisine, l'air changea. C'était imperceptible, aux premiers abords… Juste quelques degrés de moins. Pourtant c'était là.

Mais ça, Mathieu ne l'avait pas perçu, perdu dans ses pensées, abandonné à son petit accès de confiance pendant qu'il retournait à la salle de surveillance.

C'est lorsque les voix claquèrent dans les airs, aussi soudainement que de façon imprévisible, qu'il prit conscience que quelque chose n'allait vraiment pas cette fois-ci :

- HEY LES ENFANTS, C'EST L'HEURE DU SPECTA-A-A-A-A-A-ACLE !

- BIENVENUE CHEZ FREDDY FAZBEAR'S PIZZA !

Le Youtuber fit volte face d'un bloc, ne croyant pas ce qu'il venait d'entendre.

Son cœur rata un battement. Puis un deuxième, d'horreur.

Oh. Putain. C'est pas possible…

Le poulet. Il était plus sur scène.

Chica. C'est une fille je crois… Mais-

« Putain mais on s'en branle gamin, en attendant il s'est fait la malle, ton nuggets géant ! »

Un frisson glacial lui remonta le long de l'échine, alors que son cerveau essayait d'assimiler l'information comme il le pouvait.

Les robots. Ils bougeaient !

Pour le coup même Raptor Jésus et les autres Saintes Pelle et Patate ne savaient pas quoi lui dire. Au mieux, qu'il en avait trop pris, et pas qu'un peu !

Il esquissa un premier mouvement de recul, instinctif, pas sûr de savoir quoi faire. On ne lui avait pas parlé de ça.

« On leur a laissé une sorte de mode «vagabondage » la nuit… Quelque chose en rapport avec leur servomoteur, qui se seraient verrouillés sur pareil réglage suite à une mise hors tension trop prolongée, il me semble… »

Faux. Il l'avait prévenu.

- BONNIE ! TU NE PEUX PAS MANGER QUE DES PI-PI-PI-PIZZAS TU SAIS ?

- AH BON ? ET QUE ME CONSEILLES TU CHI-CHI-CHICA ?

- PENSE AUX EN-EN-EN-EN-LÉGUMES- Enfants- VERTS, C'EST BON POUR LA SANTÉ !

Enfants ? Il avait bien entendu là ?

Mon Dieu, mais il se passait quoi ici ?

Un mouvement sur sa gauche fit tourner la tête à Mathieu. Bonnie s'était rapproché de lui, et ses immenses yeux violacés étaient braqués sur lui.

C'était pas bon ça, pas bon du tout !

« T'en as trop pris, gros ! »

Non, pas cette fois malheureusement.

Il trébucha dans un pied de chaise, manquant tomber en arrière et se rattrapa de justesse à la table, sous le regard du robot qui ne le lâchait pas des yeux. Ne pas panique, surtout ne pas paniquer…

« Ils risquent de ne pas te reconnaître en tant que personne. Non. Ils… Ils vont plus te voir comme un endosquelette sans son costume. »

Il aurait voulu se dire que l'ancien gardien délirait en lui ayant dit ça, sur le coup.

Le gallinacé robotisé s'était également rapproché, l'ayant légèrement contourné sur la droite, yeux luisants dans l'obscurité aux pupilles d'un violet pur.

Le robot, en croisant le regard paniqué de Mathieu, ouvrit ses mâchoires, dévoilant ce qui devait ressembler à plus de quatre rangées de dents de métal, rendant le « Let's Eat » inscrit sur le bavoir de l'animatronique encore plus sinistre que ce qu'il aurait pu l'être.

Il devait retourner à la cabine. Maintenant.

« Et comme c'est contre les règles en vigueur ici, dans la pizzeria, ils essaieront de… »

Tout de suite. Courir comme jamais, ne surtout pas regarder en arrière et fermer ces putains de portes. C'était maintenant ou jamais.

Et si les robots étaient capables de courir, eux aussi ? Arriverait-il à les devancer ?

« Te faire rentrer de force à l'intérieur d'un des costumes de Freddy Fazbear. »

Il le fallait. Il fallait qu'il en soit ainsi.

Le brun sentit soudain que quelque chose de froid avait frôlé son bras, le temps d'une seconde. De trop froid, de trop puissant, pour n'être qu'un mur ou un meuble dans lequel il était rentré.

Cours.

Il s'écarta de Chica, ne lâchant pas de l'œil l'autre robot qui se rapprochait de plus en plus, essayant tout deux de le coincer contre un mur.

Sa main entra en contact avec l'angle du mur, indiquant que le couloir menant au poste de surveillance était dans son dos. C'était maintenant que tout allait se jouer.

Cours comme jamais tu l'as fait.

En espérant qu'aucune autre bestiole ne se soit glissée dans son dos.

Regard vers la scène, Freddy n'avait pas bougé d'un pouce. Restait donc plus qu'à prier pour que Foxy ne soit plus dans le restaurant, quelque part.

Se retourner. Courir. Fermer les portes.

Un rire sinistre s'éleva de la scène, comme si le dernier animatronique présent là-bas se moquait de ce qui allait lui arriver. Quelle douce ironie, lui qui les insultait quelques minutes auparavant…

Les deux robots se rejoignirent, se faisant brièvement face pour pivoter d'un coup sec dans sa direction, leurs imposantes silhouette remplissant la largeur du couloir. Il étaient vraiment immenses.

Sans danger, hein Prof… J'ai du mal à te croire, bizarrement.

Mathieu prit une profonde inspiration, se disant que c'était peut être la dernière, puis se retourna d'un bon et fonça dans le couloir, ignorant la douleur cuisante sous ses côtes et son souffle qui n'arrivait pas à suivre face aux bruits de pistons et d'articulations mécaniques qu'il entendit dans son dos, accompagnés d'un hurlement à glacer le sang.

Il devait courir.

Courir, et surtout ne pas s'arrêter. Jamais.


Eeeet un petit suspens gratuit, parce que c'est Halloween, un !:D

Oui, je suis une garce je sais. XD

Bon j'avoue, le chapitre était censé être plus long que ça mais… Déjà je l'estime pas mal long alors bon, on va se tenir à ça. Et puis, la suite devrait arriver bientôt, histoire que vous ne restiez pas trop dans l'attente et l'angoisse. Ben oui, je pense à vous quand même~:p

J'espère que ce chapitre vous aura plu, vraiment. :$ J'ai eu plus de mal que prévu à l'écrire, probablement parce que le côté « début » de l'aventure n'était pas ce que je voulais vous partager en priorité. Qui sait. Mais ne vous en faites pas, j'espère me montrer plus productive sur le prochain chapitre, et vous fournir ça au plus tôt ! ^^

Si je survis aux week-end qui m'attend bien entendu ! :')

Car oui, votre petite Lavi' a des plans pour cette année ! Une petite location entre amis, le nouvel épisode de SLG, et surtout, la chérie auprès de soi. Et ça ça vaut tout l'or du monde.

Et oui, je kidnappe Emo.16 voilà, c'est dit, muahahahahaha ! :D Mais bon vous devriez pas trop m'en vouloir elle vous a concocté un magnifique chapitre sur le Panda pour se faire pardonner de disparaître comme ça. ^^

Nous n'avons jamais pu nous voir jusqu'à présent, vous comprenez donc ma fébrilité et mon bonheur croissant ! Mon Dieu, je réalise à peine… J'ai tellement hâte de la serrer dans mes bras…

Mon bébé, plus que quelques heures ! x3 :'$

Et bien entendu, comme nous disparaissons jusqu'à dimanche soir, il me semblait légitime de vous fournir un petit quelque chose à lire, histoire qu'en cas d'apocalypse ou d'attaque de gnocchis géants, ou de cataclysme, vous sachiez que nous serons ensemble, telles deux âmes égarées luttant pour la survie. XD

Mais bon, entre nous, point besoin d'en faire des tonnes, entre sa folie, la mienne, ma maladresse extrême et son côté "Yolooo, on y va même si le bonhomme est rouge !", je crois que nous serions plus à même d'amener la ville à sa perte que des gnocchis. Tout est dit je crois. Sans parler de ce que nous avons joyeusement prévu, à savoir une préparation de pancakes (Donc réduire la ville en cendres ? Probable !), une folle partie de FNaF (Ouuuh, là, Lavi', on est pas sûr qu'elle reste en vie bien longtemps~), une soirée dans un château (Peut être hanté, qui sait ? :p),... Ouais, en fait, pas sûr qu'on survive à ce week-end de fou qui s'annonce, et encore plus avec tous ces clowns dehors. Maman ~ T_T

Ouais par contre ça veut aussi dire que si y a de la perte, vous en perdez deux pour le prix d'une mais bon, faut vivre dangereusement il paraît alors hein !:D

Bref, sur-ce je vous laisse, je vais retourner à ma valise. ^w^

Pleins de bisous mes chéries, et à très bientôt pour la suite de Five Nights with SLG. :3

Votre dévouée Lavi'.