Muhahahah.
Mardi 11 novembre 2014. 1AM. Sortie officielle du jeu de Five Nights at Freddy's 2.
Je ne pouvais pas ne pas me sentir inspirée face à un tel événement. Impossible.
Et oui, vous avez bien compris. Un mois. Un fucking mois entier à travailler sur ce chapitre ! Mais il est là, enfin ! Qui l'eut cru !
Sur ce… Ici Lavinia, pour vous servir ! :D
Oui je vais me faire taper dessus.
Je devrai poster la suite du Chant du Panda.
Je devrai déjà m'être ramenée avec un nouvel OS Hippie/Patron.
Et j'ai du retard sur mon calendrier de l'avent. Pas bien ! T_T Mais du coup vous comprenez pourquoi : Pour pouvoir enfin sortir ce petit bébé que voici !
… Et puis bon, FNaF oblige quoi ! Bref, j'espère que vous me pardonnerez. Et promis, la suite des ces fics dès que possible ! /
Bref, où en étions-nouuuus ? (A)
Ah oui. Mes chériiiiiiiies ! :'D
Je suis tellement touchée par tout les retours positifs que je reçois pour cette fanfic ! Mille merci, encore et encore, putain, vous êtes au top ! Je ne m'attendais vraiment pas à ce qu'un crossover avec ce jeu ait un tel impact, ou même puisse plaire à autant de monde… C'est fou ! O_O Et je vois que vous êtes nombreuses à guetter ce que ça va donner avec les personnalités dans la pizzeria, en l'occurrence le Patron, si j'ai bien retenu… Huhu, patience, ça pourrait arriver plus vite que prévu. ;3
N'empêche. Comme quoi Five Nights at Freddy's est bien un jeu qui a marqué son petit monde, même si pour la plupart c'est dans le traumatisme~ o/ J'avais raison ! *^*
Scott C., soit fier de ton petit bébé et de son successeur, ils déboîtent !
Je crois que je pourrais jamais me lasser de ce jeu en fait, et d'en regarder des let's play. Jamais, jamais, jamais. Et encore moins du nouvel opus, bordel de Dieu ! *_* Il est juste parfait !
Et après on s'étonne que je veuille faire un cosplay de la Marionnette, pour ceux qui connaissent ? *^* Nope ! XD
Bref, la fic. x)
Bon, je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps hein~ On se retrouve à la fin du chapitre ?
Ambiance musicale (100% FNaF bien entendu :p) :
The Puppet (Five Nights at Freddy's 2 song) - GatoPaint
Five Nights at Freddy's 2 song - Sayonara Maxwell
Mangled - NateWantsToBattle
Five Nights at Freddy's Remix - Neves
Five Nights at Freddy's 1.5 Remix (Dismantled Version) - Neves
FNaF 2 Trailer theme
Et au fait… Rappelez-vous, la première nuit, c'est toujours la plus simple. (A)
Bonne lecture ! :D
2. C'est toujours mieux à deux.
Lessivé. Épuisé. Vidé de toute énergie, à en dormir à même le tapis du salon. Et surtout, terrifié. Voilà comment le Hippie avait trouvé Mathieu en débarquant dans le salon sur le coup des neuf heures.
Sur le coup il s'était dit qu'il en avait trop pris. Mais c'était pas possible, il n'avait même pas encore allumé son premier joint de la journée, ça ne pouvait donc qu'être vrai, non ?
… Bon après tout le monde dirait de lui que même clean, il en avait tellement pris que son sang lui-même aurait pu avoir les vertus propres aux stupéfiants. Qui sait, ils avaient peut être raison ?
Gros, te pose pas tant de questions maintenant, il est que neuf heures. Peace, t'auras le temps d'y penser plus tard…
Mathieu d'abord. Lui demander si ça allait, puis lui conseiller d'aller se coucher. Le reste après.
Enfin, ça c'était avant qu'il ne réveille son créateur, qui s'était mis à hurler de peur en s'écartant de lui, finissant en passant de mettre fin au sommeil des rares personnalités qui dormaient encore. Personnalités qui avaient déboulé dans le salon en courant d'ailleurs, inquiets qu'il ne soit arrivé un drame dans l'appartement, sauf le Patron qui lui avait simplement daigné se déplacer pour râler qu'ils devaient la fermer. Mais ça c'était avant de voir la tête du schizophrène.
Et ce que le Hippie avait appelé le reste en question avait valu le déplacement. Vraiment. Pour ceux qui y croyaient du moins.
- Non mais attends, tu vas pas me dire que tu vas nous faire avaler que des peluches ont réussi à te flanquer la trouille quand même ! Gamin, tu me déçois là, je te croyais plus inventif pour le-
- Mais Patron, bordel, mets-la en veilleuse ! T'es pas content, retourne te coucher et tu nous laisses tranquille ! Laisse Mathieu finir son histoire ! L'interrompit brusquement Maître Panda, clairement prêt à lui balancer la tasse qu'il avait à la main en pleine figure, les sourcils froncés et un air menaçant sur le visage. Qui s'adoucit aussitôt qu'il eut reporté son attention sur le Youtuber : Mathieu, tu es sérieux là ? Tu dis pas ça juste pour nous faire une blague ? Non parce que si c'est le cas, c'est vraiment de mauvais goût…
- De mauvais goût ? La Fille avait imité la voix du Panda, amusée. C'est pas de mauvais goût, c'est tout simplement pas permis, des blagues aussi vaseuses !
- Mais Mathieu, il vous dit que c'est vrai…
Tous s'arrêtèrent pour regarder le Geek, qui s'était faufilé dans la cuisine sans qu'on ne s'en aperçoive, s'étant tenu silencieux jusqu'à présent. Il avait encore la marque de son oreiller sur la joue et son Pikachu en peluche blotti contre lui, preuves indéniables qu'il n'avait pas encore tout à fait émergé, mais cela ne rendait pas moins crédible l'inquiétude qu'on lisait dans son regard. Il était inquiet. Clairement.
Comme le trois quart du temps depuis la veille, d'ailleurs. Et dans sa vie en général.
- Alors… S'il prétend que c'est réellement arrivé… Essayez de le croire un peu. Il n'aurait aucun intérêt à nous mentir, si ?
- … Je suis d'accord avec le petit, gros.
- Oh le fumeur de plantes, tu vas pas t'y mettre toi aussi !
- Ça te paraît vraiment si improbable que ça, Patron ?
- Mais bien sûr que ça l'est, gamin ! Il nous l'a bien dit, c'est d'énormes tas de ferraille qui pèsent au moins plus que nous deux réunis plus le Hippie et la grognasse, alors bon, déjà ça, plus le fait qu'ils n'ont pas de batterie ni de câble pour leur balancer un coup de jus… Ouais non, j'y crois pas.
- Ah ! Merci de dire que je suis gr-
- La Fille, on s'en fiche ! Oui mais bon, ils ont pas tort non plus… Même si ça paraît improbable, pourquoi Mathieu irait nous dire ça, si ce n'était pas vrai…
- Oh, peluche, c'est bon !
- La ferme. Vous tous.
Une voix qui transpirait la fatigue et l'abattement. Le genre de voix que seule une personne qui savait qu'elle n'aurait pas gain de cause auprès de ses interlocuteurs pourrait avoir.
Mathieu regardait la bière qu'il tenait dans sa main, essayant de faussement culpabiliser en se disant que ce n'était pas une bonne chose, de boire aussi tôt. Mais bon, à situation exceptionnelle, mesures tout aussi exceptionnelles.
- J'ai un mal de crâne carabiné et j'ai juste envie de vous dire d'aller vous faire voir si vous ne me croyez pas. Je pense que je suis loin d'avoir une tête à dire des conneries là dans l'immédiat. Alors pitié, essayez de faire semblant de me croire. Et Patron, met ta grande gueule de côté pendant trois secondes si c'est pour juste te moquer, merci.
Un ange passa dans l'appartement Sommet. Personne n'osait lui répondre. Pas même le Patron, et ce n'était pas dû à la précédente diatribe de leur créateur.
Il avait l'air de revenir de loin. De vraiment très loin.
De l'Enfer, peut être.
- Les mecs, il se passe des trucs bizarres là-bas…
Le stéphanois finit sa bière d'un trait avant de reposer la bouteille vide sur la table. Les autres ne le lâchaient pas des yeux.
Il soupira. Longuement. Il voulait dormir. Oublier. Arrêter de trembler comme un enfant dans le noir. Et il avait froid, si froid…
Oui. Juste en repensant à ce qui lui était arrivé, il avait des sueurs froides.
- Je vous jure que j'ai rien compris. D'abord cet appel, ensuite l'histoire survenue en 1987, puis ça… Poursuivi. J'ai été poursuivi par ces saloperies, j'en suis sûr ! J'ai pas fumé la moquette, de toute façon, il n'y en a pas là-bas… Ils bougeaient bel et bien. Ils parlaient ! Alors que ça fait des millénaires qu'ils sont débranchés, nom de Dieu ! C'est pas possible ça, hein ? Sans déconner, dites-moi que c'est impossible et que j'ai halluciné quoi !
Il allait fondre en larmes à ce rythme, ses nerfs étaient en train de lâcher. Trop d'émotions, et aucune réponse pour ça.
Une main rassurante se posa sur son épaule pendant que son propriétaire, l'homme en kigurumi plus précisément, le regardait avec compassion, ne sachant quoi lui dire, ni même quoi croire.
Finalement, ce fut le Prof qui brisa le silence, réajustant maladroitement son nœud papillon bicolore. Et son mal être n'était pas qu'apparent.
- … Mathieu, je te demande pardon.
- Mais pourquoi tu lui sors ça, Quatre Yeux ? Le Patron s'était retenu de tirer une taffe en entendant le scientifique parler, surpris. Il fronça les sourcils : Tu sais quelque chose de plus, toi, ou c'est moi qui fabule ?
- Je n'ai pas arrêté de lui dire qu'il ne risquait rien, hier soir… Que ce que ce gars disait n'était que des bêtises, après tout je m'y connais en animatroniques… Ils ne sont pas censés pouvoir bouger sans électricité dans leur batterie ! En théorie…
- Mais tu avais déjà entendu parler des robots là-bas ?
- Non. Autant dire qu'ils ne sont pas censés révolutionner le genre, donc, surtout en étant dans une simple pizzeria familiale ! Je ne comprends pas…
- Ta Science Infuse sait pas quoi dire, pour une fois ? Ça change de d'habitude tiens !
- Le jour où tu arrêteras de ne t'intéresser qu'à tes boobs, grognasse, on en reparlera ! Bref, continue Prof.
- Mais j'ai rien à dire de plus ! Je ne sais pas ce qu'il se passe là-bas ! Je ne peux pas expliquer ce qui est arrivé à Mathieu ! C'est juste… Enfin, c'est pas normal, si c'est vraiment arrivé !
- On s'en fiche de ça, gros.
Le Hippie était assis en tailleur par terre, ayant finalement décidé d'allumer son joint. Il ne semblait pas plus paniqué que ça, extraordinairement calme même. Le cannabis et ses effets, probablement.
- Si les coléoptères décident qu'il faut manger des nuages, on doit pas les mettre en colère et obéir. Ce serait pas cool de les mettre en rogne, non ?
Il souffla longuement, expulsant l'épaisse fumée blanchâtre de ses poumons, sans prêter attention à la Fille qui faisait mine de balayer la fumée de la main, visiblement importunée. Il rajusta ses fidèles lunettes mauves de sa main libre avant de perdre soudainement ce qu'on lui connaissait comme étant son sourire un peu bête, paraissant soudain terriblement sérieux.
- Non. Sérieusement. Que le Prof sache pas, c'est pas important. Si ça se trouve, ils ont juste envie de se promener et de faire la fête, gros… En revanche, là où y a un lézard, c'est qu'en attendant, Mathieu, il y retourne ce soir.
- Il va aller nulle part oui ! Vous voulez vraiment qu'il y retourne après CA ?!
Le gamer s'était soudainement mis à crier, incapable de demeurer silencieux et à l'écoute plus longtemps, écrasant la peluche dans ses bras. C'était l'hôpital qui se foutait de la charité là !
- On est là parce qu'on devait protéger Mathieu quand il était tout seul et pas bien, vous vous souvenez ? Et maintenant vous allez le laisser passer une autre nuit là bas ? Vous êtes fous ! Tous !
- Et tu proposes quoi, monsieur je-sais-tout ? Qu'on s'y ramène en troupeau peut être ? On a besoin de ce job !
- Ils ont pas tort. Qui sait ce qu'ils auraient pu lui faire… Si Mathieu dit vrai…
- Oui mais y a rien eu, regarde, il est encore en un morceau ! Grandissez un peu, les garçons, on a pas le choix ! Et puis… Tout aussi bien, c'est son imagination qui lui a joué des tours…
- Si on l'a, éventuellement on peut t'envoyer faire le tapin si tu continues à l'ouvrir. Alors la ferme.
Mathieu tapa du poing sur la table. Une seule fois. Violemment. Il avait l'impression que sa tête allait exploser.
Le Geek et le Hippie avaient de quoi s'inquiéter, certes. Il ne les avait pas rêvé, il le savait. Ils les avais vus. Ils les avait entendus…
Leurs voix. Leurs éclats de rire, tout sauf naturels. Leurs pas, de l'autre côté des portes d'acier, qu'il avait fermé en catastrophe, à bout de souffle.
… Mais en était-il bien sûr ? N'avait-il pas rêvé tout ça ?
Que faire ? En même temps, elle a raison… Mais…
- Écoutez. La Fille a dit vrai. On a pas le choix. Il nous faut cet argent, on en a besoin. J'en ai besoin, pour vous.
- Mais Mathieu…
- Maître. C'est vrai. Et puis…
Il prit le temps de regarder chacune de ses personnalités, que ce soit le Patron qui continuait de fumer, imperturbable, non loin de l'autre toxicomane, ou le Prof qui dévisageait avec une déception certaine la Fille, qui avait retrouvé un semblant de sourire en l'entendant. Le Panda le regardait, lui, son regard de glace plongé dans le sien, essayant de comprendre ce qui était en train de lui passer par la tête pour vouloir retourner en cet endroit pendant que le gamer s'était rapproché de l'homme en onesie, à l'évidence peu rassuré. Il était vraiment contre cette idée, ça se voyait de là. Encore plus que pour les autres en tout cas.
Mais bon il fallait positiver, hein. Il ne restait plus que quatre nuits.
Quatre nuits en Enfer, ouais ! Tu parles d'une information rassurante !
- … Si ça se trouve c'était mon imagination...
Tout aussi bien il avait rêvé tout ça. Ouais, il devait se dire ça, il avait du manger une pizza pas fraîche, c'était tout…
Pourtant, au fond de lui, Mathieu savait qu'il aurait du mal à croire ça. Vraiment.
Ils ne pouvaient pas le laisser y retourner comme ça sans rien faire, le petit avait raison.
Mais qu'est-ce qu'ils pouvaient y faire après tout ? Mathieu l'avait dit, ils avaient besoin de cet argent pour joindre les deux bouts, tous. Et si ça se trouvait, il avait eu une hallucination…
L'angoisse d'un lieu inconnu. D'un poste de nuit, alors qu'on en a pas l'habitude. Les choses pouvaient vite s'enchaîner partant de là…
Dans tout les cas, ils devaient faire quelque chose.
Ça, le Hippie en était persuadé alors qu'il fumait, tranquillement installé sur le canapé du salon, son esprit déjà bien embrumé par la drogue et ses effets. Mais pour le moment les coccinelles et les poissons violets à moustaches attendraient ! Y avait urgence.
L'empêcher d'y aller ? C'était dire bye bye au salaire, et même s'il était contre le capitalisme, il savait que ce n'était pas une solution…
Le faire s'y rendre avec un moyen de défense ? Une arme du Patron, peut être ?
… Ouais non, pas assez « Peace & Love » ça. Et puis si c'était vraiment des robots, ils s'en fichaient, de la poudre et des balles !
Que faire…
Tirant une taffe, il jeta un œil à l'heure que leur box internet affichait : Quinze heures trente. Il était donc en train de réfléchir à ça depuis tout ce temps…
En même temps, gros, t'as l'habitude de pas voir le temps passer. T'étonnes pas.
En attendant il n'avait toujours pas de réponse à ses problèmes.
Que faire, bon sang !
Il fallait qu'il trouve quelque chose, vite ! Enfin vite… A son rythme quoi, mais vite quand même !
Faire ce qu'aucun de ses frères n'avait eu l'idée de faire jusqu'à présent. Sauf le Geek, qui finalement était loin d'être celui qui se préoccupait le moins de leur créateur, mais qui manquait cruellement de force de persuasion. Pourtant il avait raison de s'en faire !
Et si Mathieu avait vraiment eu raison ?
Il regarda son joint pendant un instant, comme si celui-ci allait se mettre à lui répondre. Ouais… Il avait peut être raison, en fait…
Mais dans ce cas, il était hors de question qu'il y retourne, c'était beaucoup trop dangereux !
Il a pas le choix, il te l'a dit, essaie de retenir ce qu'on te sort un peu plus de trois secondes, mec…
Pourtant, y aller seul le mettrait en danger. Inévitablement.
Le toxicomane s'arrêta net dans son geste, les yeux écarquillées, comme s'il venait d'avoir la révélation du siècle. C'était ça !
S'il y va tout seul, il est en danger, personne ne peut savoir ce qui lui arrive ! Mais oui ! Oh, merci les pissenlits, vous êtes cool les gars !
Il suffisait donc que Mathieu y aille accompagné de quelqu'un, et tout serait réglé !
Oui. Quelqu'un. Mais qui ? La Fille n'accepterait jamais, le Patron non plus, après tout il ne croyait pas à cette histoire de robots tueurs…
Le Prof ? Non, non, il était occupé, autant le laisser tranquille.
Le Geek alors ? Le Hippie n'eut pas besoin d'envisager cette hypothèse plus de trois secondes avant de se dire que ce serait une très mauvaise idée. Il était tellement stressé, le gamin, qu'il allait plus faire peur à Mathieu qu'autre chose. Et il avait pas besoin de ça, leur créateur.
Qui alors…
Nouveau regard vers la box. Quinze heures trente-huit. Et bien, ça passait vite…
Il devait trouver quelqu'un. A tout prix. Quitte à y envoyer Capsule de Bière !
Soudain, ses neurones s'extirpèrent des effets de la drogue quelques secondes, assez longtemps pour lui présenter une énième et envisageable solution en tout cas. Mais oui, bien sûr ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plus tôt ?
Le Hippie se leva, tira une taffe puis, après avoir jeté un regard vers la chambre de Mathieu, s'en alla vers son cher Combi, son refuge. Il souriait, fier de lui.
Il avait trouvé un accompagnateur pour le Youtuber. Enfin.
Deux heures vingt. Et aucun déplacement suspect.
Mathieu soupira, mi-figue mi-raisin, ne sachant quoi penser de tout ça alors qu'il continuait de zapper sur les différentes pistes des caméras. Rien à l'horizon. Pas un mouvement de cil, que les robots n'avaient d'ailleurs plus s'ils en avaient eu un jour, ni même de petit doigt. Rien. Juste l'inertie la plus totale. Plus morts que des macchabées et ce n'était pas peu de le dire !
De plus, ils étaient bien loin d'avoir l'air prêts à partir se promener, à bien y regarder… Vraiment loin.
A croire qu'il avait rêvé tout ça, sans déconner.
Mais d'un côté, un constat du genre le rassurait, et pas qu'un peu même ! C'était pas plus mal, après tout !
Il essaya de rire, mais aucun son ne sortit de sa bouche, lui donnant un air un peu étrange. Oui, il aurait aimé rire, pour se détendre un peu et essayer de ne pas céder à la paranoïa comme ça avait probablement été le cas la veille.
C'est ça, il aurait adoré pouvoir se prendre un fou rire dans sa petite cabine, à rédiger le script de son prochain épisode tout en pensant à regarder de temps à autre trois peluches géantes qui s'en battaient les steacks de sa petite personne. Juste passer sa nuit à veiller à ce que personne ne se fasse la malle avec un de ces machins… Comme si quelqu'un pouvait vouloir d'eux tiens…
Mais non, la vérité était bien loin de tout ça. Enfin, si son cerveau ne lui avait pas joué un sale tour la veille en tout cas !
- Hé, gros… Ils ont pas l'air pressés tes collègues, lança une voix sur sa gauche, semblable en tout point à la sienne hormis le fait qu'elle était plus chantante et synonyme d'une absence totale d'anxiété.
Mathieu quitta ses écrans des yeux pour planter son regard dans celui du Hippie, à travers les lunettes de soleil mauve de sa personnalité. Tiens, il était encore de la partie lui.
… Et oui, Mathieu n'était pas venu seul, cette fois-ci. Il en avait pas eu le choix, d'ailleurs.
- Nan, ça c'est sûr… Mais t'en fais pas va, hier ils ont bien attendu avant de se décider à bouger. C'est qu'une question de temps.
- Dément…
- Ouais, non, je ne dirai pas ça personnellement. S'ils pouvaient avoir la flemme de se dégourdir les jambes ce soir, ça me plairait bien !
Changement de caméra. 1A. 1C. Rien à signaler.
Le youtuber poussa un nouveau soupir de soulagement. Bien. Que le calme dure, surtout !
Il entendit un cliquetis dans son dos, qu'il ne put que reconnaître en sentant aussitôt l'odeur âcre de fumée. Il sourit en levant brièvement les yeux au ciel. Décidément, il avait l'esprit tranquille, lui.
- Au fait, ça m'étonne que tu aies eu envie de venir avec moi. C'est les autres qui t'ont envoyé en soutien pour voir si je mentais pas, c'est ça ?
Aucune réponse. Il pivota sur sa chaise pour faire face au toxicomane, qui le fixait, son joint entre les lèvres. Ce dernier haussa les épaules, sans pour autant se séparer de son sempiternel sourire.
- Tu peux le dire hein, je vais pas engueuler les autres pour autant, rassure-toi.
- Pourquoi je le dirai, gros ?
- Parce que si c'est la vérité, c'est bon à savoir.
- Toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, tu sais…
Le Hippie tira une taffe, lentement, prenant le temps d'inspirer avant de rejeter tout aussi tranquillement la fumée de ses poumons, pendant que son créateur le dévisageait, surpris par sa réponse. Certes, ça arrivait souvent au Hippie de sortir des trucs du genre, quand ça lui prenait, mais ça n'en restait pas moins surprenant, surtout quand on savait qu'il était plus souvent défoncé que conscient de ce qui l'entourait.
Et, à vrai dire ça l'avait surpris de trouver le Hippie sur le pas de la porte, à l'heure de son départ pour la pizzeria.
Mais le problème n'était pas là. De nouveau, il s'en retourna à l'écran de sa tablette. Il commençait sérieusement à douter de ce qu'il avait vu… Avaient-ils réellement bougé ?
Oh, oui, elles avaient bougé. Ça c'était certain, il avait encore un semblant de mémoire et de bon sens quand même ! Il n'était pas fou…
Pourtant, depuis le temps que lui et le Hippie étaient posés là, à attendre que l'heure tourne, rien ne s'était passé. Il serra les mâchoires, agacé. Il s'était attendu à un scénario du genre. Bien sûr qu'elles allaient le troller, ces saletés ! Elles l'avaient déjà fait la nuit précédente, alors pourquoi s'interdire de recommencer ce soir hein ? Ce n'était qu'une question de minutes avant que l'une d'entre elles ne trouve un stratagème pour s'éclipser en douce…
Il fallait juste attendre. Rien d'autre.
- C'est l'éléphant qui a voulu que je sois là, gros.
… Bien évidement. Qui d'autre.
Mathieu ne put s'empêcher de sourire. Le Hippie avait beau être défoncé en permanence, il l'appréciait énormément.
- Tu es donc venu de ton plein gré ?
- Ouais gros. Je me suis dit que ça serait pas cool de te laisser y aller seul alors que tu avais peur.
Touché. Voilà comment le Youtuber se sentait après les paroles de son homologue au bob.
- … Merci, mec. Sincèrement.
Le Hippie tira une taffe pour toute réponse, finissant son joint pendant que Mathieu retournait jeter un œil à sa montre. Deux heures quarante-six.
Et il avait faim. Vraiment faim. Oui mais…
Il se remémora aussitôt les événements de la veille, et un violent frisson le traversa. Non, c'était pas une bonne idée. Il fallait nécessairement passer par la salle principale pour rejoindre la cuisine.
Il jeta un œil aux caméras, pensif. Le trio infernal était toujours là, malheureusement dans la salle de réception bien entendu, sinon c'était pas drôle.
Mais le couloir à sa droite permettait d'entrer dans la grande salle et d'avoir la porte de la cuisine à deux mètres de lui, toujours sur sa droite. C'était bon ça. Très bon.
Un chemin court et efficace. Sécurisé.
Non, du con, pas sécurisé, s'ils veulent taper un sprint, ils le feront quand même !
Mathieu était terrifié, il voulait y aller, mais sa motivation n'y était plus vraiment.
- Hé gros, je te sens tendu.
… Perspicace, le camé.
- T'as envie d'une pizza, Hippie ?
- Elles sont végétariennes ici ? Si oui, je dis pas non ! Ça fera passer le temps aussi !
- Euh… Je présume qu'ils en ont une comme ça oui.
En vérité Mathieu n'en savait strictement rien. Ça à la limite, c'était même tout sauf important.
Tout ce qui importait, c'était que sa personnalité ait un semblant de motivation de plus que lui.
- Tu te sens le courage de bouger de là ?
Finalement, Mathieu commençait à se demander si c'était une bonne idée, d'envoyer le Hippie à la chasse aux pizzas. Sérieusement.
Parce que oui, le Youtuber avait laissé y aller son homologue, trop effrayé à l'idée de quitter la cabine. Quelle lâcheté.
Vu ce qui t'est arrivé, non mon gars, j'appelle ça de l'instinct de survie, pensa-t-il pendant qu'il entendait du bruit s'échapper de la cuisine, à défaut d'avoir une caméra fonctionnelle à cet endroit. Simple mesure de précaution, après tout. Et puis vu comme les animatroniques semblaient en avoir quelque chose à faire, du Hippie, il préférait ne pas se montrer, au risque qu'ils le reconnaissent et ne se décident à tenter de lui faire un câlin…
Ce cheminement de pensées semblait stupide et là juste pour se faire bonne conscience ? Tant mieux ! En attendant, Mathieu l'assumait.
On n'était jamais trop prudent. Jamais.
- Hé gros, c'par où la sortie ?
Grésillement dans le talkie walkie à sa gauche. Mathieu leva les yeux au ciel en l'entendant avant de presser le bouton qui permettait de répondre. Oui, finalement il avait bien fait de faire partir le Hippie avec un talkie, à croire qu'il avait senti que sans ça, ils allaient avoir des ennuis.
Bon, en même temps, ce n'était pas comme si il savait que le Hippie était sa personnalité avec le sens de l'orientation le plus bâclé de l'histoire de l'être humain… Non pas du tout voyons !
Alors ça plus la drogue… On bat tout les records je crois.
Et oui, il n'avait pas pensé à ce léger détail sur le coup. Ironie du sort.
Si le Hippie arrivait à rejoindre la cabine de sécurité avant les six heures du matin, il y aurait un miracle.
- Comment ça, Hippie, y a qu'une porte, tu reprends celle par laquelle t'es rentré c'est tout !
- Mais y en a pas qu'une de porte-
- Non, le reste c'est des placards, mec, courage, cherche une porte toute seule, tu peux le faire.
Silence de l'autre côté de la ligne. Une minute. Deux minutes... Cinq minutes ?
Le stéphanois commençait à se faire du souci. Ça voulait dire quoi ça ? Que son confrère avait eu un moment de réflexion philosophique, un bug peut être ? Ou que…
Ou qu'une de ces saloperies l'a eu !
Mathieu se connecta aussitôt à la 1A puis la 1C avant de soupirer de soulagement. Ils étaient tous là.
- … Hé, baisse la clim' Mathieu, il fait super froid dans le restaurant…
La clim' ? Froid ?
Il fallut plusieurs secondes à Mathieu pour comprendre. Et une de plus pour écraser la paume de sa main contre son front. Oh l'imbécile !
- Non, la sortie où il fait froid, c'en est pas une, Hippie. Ressors de là de suite.
- Mais gros, tu m'as dit là où y avait qu'une porte isolée…
- Oui mais j'ai pas pensé que tu arriverais à trouver la chambre froide. Allez sors de là !
- … Trop de portes. Foutue Babylone.
Mathieu entendit une porte en métal claquer, ainsi que des bruits de pas traînants dans la cuisine. La discrétion incarnée, comme la totalité de ses personnalités. Quoi qu'encore, il était peut être le plus discret d'entre eux…
Un mouvement en 1B attira son attention : Le Hippie venait d'y apparaître, deux cartons de pizza dans les mains. Mission accomplie !
Mais maintenant, il restait le plus difficile à faire.
Les sourcils du jeune homme se froncèrent, alors qu'il regardait le trio de robots, inanimés. Le micro-onde était tout près d'eux…
- Mec, grouille-toi, j'aime pas te savoir près d'eux.
- Peace gros, ils sont cool regarde ! Et puis les loutres sont avec moi, je risque rien.
- Non, tu ne risques pas « rien ». Dois-je te rappeler que-
- Hé Mathieu.
L'interpellé s'arrêta net dans sa phrase pour regarder la caméra dans laquelle il vit le Hippie le fixer, un doux sourire sur le visage. Il semblait parfaitement détendu, au point où il aurait très bien pu être tranquillement installé dans son Combi que ça reviendrait au même.
Au moins un des deux pour avoir l'esprit tranquille, remarque.
- Ils ont tout sauf l'air de vouloir se mettre à courir, gros. Et au pire, on partagera notre pizza avec eux, il est où le problème ? Alors zen, commence pas à répandre des mauvaises vibrations partout, ça servirait à rien. Et puis, le micro-onde il fait ce qu'il peut, je peux pas lui demander de se dépêcher, tu comprends… Il est fatigué, après tout.
Fatigué. Ouais, s'il le disait…
Il n'était pas le seul à l'être pour le coup. Mathieu jeta un œil à son portable avant de soupirer. Trois heures cinq. JUSTE trois heures cinq à peine ?! Ils n'en étaient qu'à la moitié de la nuit là, il était sérieux, l'Iphone ?
Bordel les minutes, bougez-vous… Ça ne me semblait pas aussi long hier…
Il se surprit à rire nerveusement à ce constat. Normal que ça n'avait pas semblé aussi long voyons !
T'as passé la moitié de ta nuit à t'emmerder et à appeler tes personnalités avant de passer l'autre moitié assis derrière une porte en acier à prier Raptor Jésus que ces saloperies t'oublient ! Logique que t'aies pas vu le temps passer, abruti !
Remarque, ne valait-il pas mieux s'ennuyer mais ne rien craindre pour sa vie ? Réflexion philosophique de la soirée tiens.
«HORS SUJEEEEEEEEEEEET ! »
Un sourire en coin vint étirer ses lèvres, allant jusqu'à entendre la voix du Prof de Philo dans sa tête avec une précision à toute épreuve. Pour le coup, l'irritable personnalité de Kriss aurait eu plus que raison de lui en coller une avec son énorme masse. C'était à peu près tout sauf le moment de se poser une question pareille. Et puis même, ça n'était même pas sujet à réflexion !
Il fallait rester en vie et en bon état. Point.
Il entendit le micro-onde sonner, puis leva la tête pour voir le Hippie intervertir les pizzas, non sans avoir laissé échapper un râle après s'être brûlé avec l'aliment. Toujours aussi tête en l'air à l'évidence...
Il était en train de sourire, repensant à tout ce qu'il avait pu vivre avec ses chères personnalités, si peu calmes mais pourtant si attachantes, lorsque toutes les caméras se brouillèrent en simultané.
C'est quoi ce bordel ?!
Il essaya de réactualiser le moniteur, sans succès. De la neige, encore et toujours.
- Hippie, tu m'entends ?
Aucune réponse ne lui parvint. Mathieu réitéra son appel, ne lâchant pas des yeux les caméras, toujours bien décidées à demeurer sur la présentation de la neige.
Quelque chose n'allait pas, il en était sûr.
Un frisson lui remonta le long de l'échine, lui arrachant quelques tremblements et une horrible sensation d'avoir froid. C'était pas bon ça. Pas bon du tout.
- Putain Hippie, fais pas l'idiot, réponds-moi, je sais que tu m'entends…
Il laissa passer une seconde. Puis cinq. Dix… Un peu plus peut être ?
Quand il arriva à plus d'une minute de silence, il se leva d'un bond et jeta un œil dans le couloir est, au cas où il aurait pu voir arriver le camé, les pizzas à la main, donc trop occupé pour répondre à défaut de posséder une autre paire de bras. Il y crut, sincèrement, jusqu'à voir le vide devant lui.
Mais il se passait quoi bon sang…
Va voir. De suite.
Plus facile à dire qu'à faire.
Soudain, le téléphone sonna, arrachant un cri de surprise à Mathieu qui fit volte face, observant avec une peur certaine le téléphone. Allons donc, qui cela pouvait-il bien être ? Le gars d'hier soir ? Aussi tard ?
Il y avait plus grave dans l'immédiat, bordel !
« Mais montre que t'as des couilles putain ! Agis en homme ! »
Le Hippie était sûrement en danger, peut être même…
Non, non, sûrement pas ! Ne pas penser une chose pareille !
- Hippie, bordel, qu'est-ce que tu trafiques ?!
Le stéphanois regarda une nouvelle fois les caméras, ignorant le téléphone dont la sonnerie lui faisait mal aux tympans tant elle était stridente. Espérant soudainement voir le Hippie et son bob apparaître sur son écran. Mais rien… Toujours rien.
Il soupira puis attrapa d'un coup la lampe torche sur sa gauche avant de quitter la cabine, malgré la peur qui lui rongeait les tripes. Il ne restait plus qu'à prier. Et courir.
Prier pour qu'il ait eut une hallucination la veille.
Arrête de te voiler la face.
Prier pour que les robots soient restés à leur place.
Son pas se fit plus rapide, jusqu'à ce qu'il se mette à courir.
Es-tu seulement assez naïf pour croire en ce que les autres disent ? Tu les as vu, tu le sais !
Courir pour espérer arriver à temps, trouver le Hippie encore en vie, pour qu'il n'y ait rien eu de plus qu'un simple bug des caméras.
Tout tant que ça n'impliquait rien de grave ou ces saloperies d'animatroniques !
Mathieu rentra d'un coup de pied bien placé dans la porte dans la pièce principale, à bout de souffle, le faisceau de sa lampe braqué droit devant lui.
Droit sur une silhouette de dos. Immobile.
- Hippie !
La silhouette sursauta, laissant échapper un petit cri alors qu'elle se retournait brusquement, en panique, la lumière se reflétant dans la paire de lunettes mauves qu'elle avait sur le nez. Mathieu abaissa aussitôt la lampe avant de soupirer, enfin rassuré. Il allait le tuer. C'était officiel.
- Mais bon sang, réponds quand je te parle, j'étais mort de trouille !
- Hé, peace gros, je faisais chauffer les pizzas…
- Tu as mis plus de dix minutes ! Dix ! Dis plutôt que tu as eu un moment d'absence oui !
Le Hippie allait pour ouvrir la bouche, mais la referma aussi sec, ne sachant quoi répondre à son créateur qui semblait autant paniqué que fou de rage qu'il l'ait laissé s'inquiéter de la sorte. Ce dernier eut même le temps de s'approcher de lui avant que le camé ne se décide à répondre, tout aussi interdit que son homologue : Dix minutes, vraiment ?
- Oh… Ça doit être la faute au tofu ça… Pardon, gros.
… Le tofu ? C'est tout ce qu'il trouvait à lui répondre ?
Le youtuber faillit rétorquer qu'on s'en cognait du tofu et que c'était pas une raison pour ne plus le tenir au courant de ses faits et gestes alors qu'il savait que l'endroit était dangereux mais il se retint de justesse. Le Hippie était continuellement défoncé et parfois même à peine conscient de la réalité, lui rentrer dedans ne servirait à rien.
- C'est pas grave, tu es entier c'est le principal, Mathieu soupira de nouveau, un œil sur les animatroniques, toujours à leur place. Il était temps de rentrer, et vite, on ne savait jamais : Elles sont chaudes ça y est ?
- Ouais gros, la tienne était plus coriace d'ailleurs, elle se débattait !
- Si tu le dis. Allez on dégage.
Il avait déjà fait demi-tour pour reprendre le chemin vers la cabine de sécurité lorsque sa personnalité l'interpella. Il crut qu'il allait avoir une attaque en le trouvant près de la scène :
- Mec, reviens par ici de suite, c'est pas le moment !
- Gros, ils ont pas l'air méchants tu sais… Je les regarde depuis tout à l'heure et franchement, ils ont pas l'air mauvais… Et ils ont pas bougé.
- On s'en fout, ils marchent et ils ont voulu me faire la peau, ça me suffit. Viens là.
- Je sais pas, je suis sûr qu'ils ne nous veulent aucun mal…
- Dis ça à d'autres. Hippie, dépêche-toi s'il te plaît on a pas le-
Il avait déjà rejoint le Hippie, à contrecœur, faisant tout pour vaincre la peur qui le tenait par la gorge d'être aussi près de Bonnie, Chica et Freddy, lorsqu'il remarqua un mouvement sur sa gauche. Léger, à peine perceptible. Loin dans l'obscurité, si vif, si rapide qu'il avait cru avoir rêvé. Ou qu'il s'agissait de la caméra couvrant Pirate Cove.
Mais non, c'était trop gros pour n'être que la caméra.
Mais c'est pas possible, ils sont tous là… Arrête putain, tu débloques Mathieu !
Foxy.
Ce nom s'était imposé de lui-même dans son esprit, sans qu'il ne sache expliquer pourquoi. Ça et rien d'autre, même pas l'idée, plutôt logique, de braquer sa lampe dans cette direction pour vérifier quoi que ce soit et ainsi apaiser le sentiment d'angoisse qui montait en lui, non. Juste ce nom, qui lui était venu Raptor Jésus seul savait comment !
«C'est fascinant de constater que le corps humain peut survivre sans lobe frontal, tu ne trouves pas ? »
Non. Ça ne l'était pas, loin de là.
Arrête de penser à ça. Tu te fais peur pour rien, même le Hippie l'a dit, tu n'as rien à craindre. Alors peace, tire sur son joint au pire une fois retournés dans la cabine, mais détends-toi. Tu tiendras pas la semaine à ce rythme…, se dit-il en continuant de scruter la pénombre, en vain.
- … Oublie ce que j'ai dit, je crois que les coccinelles aiment pas cet endroit en fait...
- Hein ? Comment ça ? Mathieu se tourna vers le Hippie qui avait penché sa tête sur le côté entre temps, fixant les robots avec toujours autant d'intensité, les sourcils froncés, les pizzas dans les mains et son joint incandescent pendu aux lèvres.
- Y'a des mauvaises ondes, gros... J'ai l'impression d'm'être noyé sous Babylone !*
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Le Hippie allait pour répondre mais aucun son ne sortit de sa bouche, rien de plus que ce qui s'apparentait à un gémissement étouffé. Sur le coup, Mathieu ne comprit pas pourquoi, allant jusqu'à poser une main sur l'épaule du Hippie pour gentiment le secouer, avant de remarquer l'expression du visage de ce dernier :
Le camé de SLG, lui qui planait à dix mille d'ordinaire et riait toujours pour rien, était blême. Les yeux exorbités derrière ses lunettes de soleil, fixant le vide dans le dos de son créateur. Comme s'il avait vu un fantôme.
- YO HO-O-O-O, SUR L'HEURE…
Les poils de ses bras se hérissèrent d'un coup, d'horreur. Une voix, il avait bien entendu une voix. Le même genre que celles d'hier. Que celles...
Ses yeux se posèrent sur les animatroniques. Non, ils étaient encore tous là pourtant…
Mais d'où pouvait-elle bien venir ?
- … HISSONS NOS COU-U-ULEURS…
Un mouvement dans son dos. Quelque chose d'immense, il en était sûr.
Il sentit le Hippie esquisser un mouvement vers l'arrière, un seul, ne lâchant pas des yeux ce qui lui faisait face, quoi que ce fut.
- … HISSEZ HAUT, L'ÂME DES PIRATES – Aidez-moi…
Les oreilles de Mathieu finirent par capter les bruits mécaniques derrière lui. Lents, mesurés. Il ferma les yeux, appuyant son front contre l'épaule du toxicomane, ne pouvant en croire ses oreilles.
Bordel, il y en avait bien un quatrième entre ces murs… C'était sûr maintenant.
« Foxy. »
Oh non, pas lui, c'est impossible, ils ne l'auraient pas gardé en état de marche… Pas après ce qu'il y a eu…
Il entendait les pas se rapprocher, à chaque fois un peu plus. Gauche, droite. Gauche, droite.
Et cette voix, gutturale, profonde, caverneuse même, qui fredonnait une chanson d'un autre temps…
Il fallait qu'ils retournent à la cabine. De suite.
- … JA-A-A-A-MAIS NE MOURRA…
Puis plus rien. Le silence.
Mathieu ne savait plus quoi faire. Il était terrorisé. Ça recommençait. Bon sang, mais ça n'allait donc jamais s'arrêter ?
Il voulait se retourner, mais il était paralysé. Terrifié par la présence qu'il sentait dans son dos et qu'il devinait assez menaçante pour que le Hippie le remarque. Pourtant ils ne pouvaient pas rester là comme ça, sans rien faire.
- Hippie, tu te sens de courir… ? Murmura le brun à l'oreille de son homologue, les yeux toujours clos, espérant qu'un miracle allait avoir lieu.
Un léger hochement de tête lui répondit, un peu trop rapide pour être d'une personne calme. Heureusement pour lui, l'autre semblait parfaitement en adéquation avec la réalité pour le moment. Même s'il était vrai que lui demander de courir était un peu abusé. Il n'avait jamais vu le Hippie courir, absolument jamais, il n'allait probablement pas s'y mettre maintenant. C'était à se demander s'il comprenait le sens de ce verbe, déjà !
- Gros, il dégage vraiment de mauvaises ondes, ton coyote… Je le sens pas du tout.
- Hein, de quoi tu parles ?
- Lui. Il… Il a quelque chose de mauvais en lui.
Mathieu prit son courage à deux mains puis prit la décision la plus folle de sa vie en moins de deux secondes. Il devait voir.
Il se retourna, faisant désormais face au quatrième animatronique de Freddy Fazbear's Pizza. Qu'il aurait préféré ne jamais voir d'ailleurs :
Ce n'était pas un coyote à proprement parlé, il avait plus l'air d'un renard à en juger par ce qu'il restait de ce qui avait été, jadis, une queue. Une carcasse élancée, fine, d'un rouge orangé sombre, avec la partie au niveau du bassin d'un marron clair. Un corps autant rongé par la rouille que ce qu'il était le vestige vivant de mauvais traitements jadis prodigués sur l'animatronique, pour d'obscures raisons que Mathieu ralliait volontiers au tragique accident de 1987, jusqu'à en apercevoir son endosquelette mis à nu. Un cache-oeil légèrement relevé, dévoilant deux grands yeux ronds, d'un blanc aussi cru que ce que les iris de ces derniers brillaient d'une étrange lueur jaunâtre, au dessus d'une immense mâchoire saillante, grande ouverte. Mâchoire qui renfermait des crocs de bien cinq centimètres chacun, si ce n'était plus…
Et il était grand. Mon Dieu ce qu'il était grand comparé aux autres. Probablement dans les deux mètres cinquante.
Il ne fallut guère plus de temps à Mathieu pour être persuadé, sinon certain et convaincu, que ce qu'ils avaient devant eux était le fameux Foxy dont il avait tant entendu parler sur Internet. Et ça ne le rassurait pas du tout, au contraire.
Foxy. L'animatronique de Pirate Cove. 1C.
Ses yeux trouvèrent l'alcôve, au loin, plus ou moins reconnaissable au motif de ses rideaux. Rideaux qui étaient entièrement tirés, laissant apparaître une scène vide de tout acteur.
- Mec, on va courir. De suite.
- J'suis pas sûr de pouvoir, gros-
- Rien à foutre, je te jure que je vais te mettre un coup de pied au cul s'il le faut, mais on va rejoindre la cabine et fermer les portes, c'est clair ?
- Mathieu, je pourrai pas. J'ai… Gros, il m'inspire pas confiance du tout…
L'animatronique s'approcha un peu plus. Il fixait les deux Sommet, sans ciller, guettant leurs mouvements avec une attention toute particulière.
Mathieu n'aimait pas ça du tout. Il était plus alerte que les autres, ça ne faisait pas un pli. Mais à quel point, au juste...?
- Je m'en fiche, tu vas te motiver, prendre ton inspiration de Shiva, Bouddha, Ganesh ou de qui tu veux mais tu vas courir. Va jusqu'à la cabine si tu peux, au pire enferme-toi dans la cuisine…
- Gros, je peux pas courir… J'ai l'habitude d'être peace…
Le protéger. Le mettre en lieu sûr.
- Fonce et t'inquiète pas pour moi. On reste en contact. Allez maintenant !
Puis d'un geste, il poussa le Hippie sur sa droite, le forçant à partir dans cette direction, d'abord en titubant, puis en marchant, aussi vite qu'il le pouvait. Il avait l'air complètement perdu, le pauvre.
Mais ça, il n'eut pas le temps de se le dire plus longtemps car il vit l'animatronique s'élancer à la poursuite de la personnalité, et ce qu'il vit le glaça sur place : Si le Hippie parvenait à s'enfermer à temps, ça serait une bonne chose, certes. Cependant, il allait être dans une sacrée mouise…
La porte de la cuisine se referma au nez de la créature d'acier, alors que le camé s'était appuyé derrière juste à temps pour la verrouiller. Un bruit sourd, qui fit rater un battement au cœur de Mathieu, pendant qu'il voyait Foxy prendre son élan avant de retourner s'écraser de ses bien trois cents kilos sur la porte, espérant l'enfoncer. Puis recommencer. Encore. Encore.
Il ne s'arrêtera pas. Pas tant que la porte tiendra bon.
La pensée s'était imposée dans l'esprit de Mathieu, implacable. Il ne savait plus quoi faire.
Et pendant ce temps-là, à même pas une dizaine de mètres de lui, le renard robotisé se jetait un cinquième fois contre la porte de la cuisine, avant de pousser un hurlement tellement strident, tellement puissant que le youtuber eut la certitude que s'il venait un jour à mourir, ce cri serait encore là, dans son esprit, pour l'accompagner. Un cri plein de hargne, à glacer le sang.
Que faire ? Putain, mais qu'est-ce que je pourrais faire ?!
Si le Hippie venait à ouvrir la porte, dans un moment de déconnexion avec la réalité, il allait se faire mettre en pièces. Littéralement. Ça, pas besoin d'avoir fait Maths Sup' pour en arriver à cette conclusion vu l'acharnement de l'animatronique sur la pauvre porte, qu'il se demandait encore comment elle faisait pour être encore de la partie.
Il fallait agir. Vite. C'était maintenant ou jamais.
Détourner l'attention de Foxy du Hippie. Puis foutre le camp jusqu'au poste de sécurité. Immédiatement.
Un bruit fit tourner la tête à Mathieu, le temps d'une seconde. Bonnie venait de descendre de la scène.
Je ne peux plus attendre putain ! Plus du tout !
« On est une famille, Mathieu ! On a pas le droit de laisser quelqu'un sur le carreau ici ! Personne ! »
Les mots du Geek résonnèrent dans son crâne au moment où il prit probablement la seconde des idées les plus folles de sa vie.
La chaise qu'il avait attrapé au vol s'écrasa sur l'animatronique avec un craquement sinistre, volant en éclat contre la carcasse d'acier, stoppant net l'élan de Foxy qui eut l'air complètement pris au dépourvu, si seulement un robot était capable d'être surpris.
- Oh saloperie, j'suis là moi ! S'entendit-il soudain crier, sans même s'en rendre compte.
Il commença à éventuellement se dire que c'était une mauvaise idée au moment où la « saloperie » en question pivota lentement sur elle même, à quatre pattes, pour ensuite se relever, lentement, le surplombant de toute sa hauteur en grognant, un bruit de mécanique étrange, presque une sorte de bruit blanc saturé. Dans tout les cas quelque chose de menaçant.
- TU VAS AVOIR DROIT AU SU-U-U-U-UPLICE DE LA PLANCHE POUR ÇA… La voix caverneuse s'éleva à nouveau de l'animatronique aux yeux jaunes, pendant qu'il avançait vers Mathieu, levant devant lui un bras que Mathieu découvrit avec une angoisse grandissante : Un crochet était attaché au bout, en brave et fidèle accessoire digne du pirate qu'était censé être Foxy. Tâché de sang et de rouille.
Non, c'était pas bon ça.
- Gros, il se passe quoi dehors… ?
Le talkie walkie venait de s'activer, laissant entendre la voix du Hippie, peu tranquille pour une fois. Mathieu fit un autre pas en arrière, suivant des yeux Foxy et Bonnie, qui était un peu plus loin sur sa gauche. Encore que le lapin géant, il s'en foutait bien pour le moment.
Le danger, il était en face. Réellement.
- Mec, Mathieu venait de trouver la touche de réponse sur l'appareil noir à sa ceinture. Sa main était moite contre le plastique : Reste là où tu es. Ne fais aucun bruit. Je viendrai te chercher, promis.
- Mais gros, j'en ai marre de tenir compagnie à des pizzas moi-
- Hippie, on a pas le temps ! Soit tu restes là tranquille, soit tu sors discrètement et tu fonces à l'office par le couloir est, je vais essayer de retenir l'attention du robot… Dans tout les cas, je m'en bats les steacks là, mais pitié, c'est pas le moment de débattre !
- Je fais quoi alors ?
- Putain, ce que tu veux !
Le Hippie n'eut pas le temps de répondre que Foxy poussa un nouvel hurlement avant de se jeter droit sur un Mathieu qui prit ses jambes à son cou, comme jamais il ne l'avait fait. Comme si la course poursuite de la veille ne lui avait pas suffit.
Et pourtant, celle contre Chica et Bonnie lui semblait n'être qu'une promenade de santé en comparaison. Il s'en rendit compte lorsqu'il s'engouffra dans le couloir ouest, pour aussitôt entendre les pas de l'animatronique directement dans son dos. Foxy courrait plus vite, infiniment plus vite que ses confrères… Et s'il l'attrapait…
Allons donc, tu lui as cassé une chaise sur le dos, je veux bien comprendre qu'il ne veuille pas te faire la bise ! Putain Mathieu, cours ! Cours ! Cours !
Il entendit les mâchoires démesurées de Foxy claquer dans l'air, juste derrière lui. Prêtes à le saisir.
Les larmes coulaient sur ses joues pendant que la douleur et le manque d'air lui sciaient les côtes, lui faisaient mal, l'épuisaient au plus haut point. Mais il ne devait pas s'arrêter. Courir, encore un peu, juste sur dix mètres !
Quand au Hippie, il osait espérer qu'il saurait se débrouiller. Faire le bon choix. Et vite.
Puis soudain, le choc, alors qu'il rencontrait le lino de plein fouet, porté par son élan. Un éclair de douleur supplémentaire, à lui couper le souffle, le paralysant sur place alors qu'il voulait se relever au plus vite. L'erreur !
Il venait de trébucher, bordel ! Avec l'autre bestiole juste derrière lui !
Relève-toi ! Relève-toi !
Il entendit l'animatronique relever le bras dans son dos, du moins ce qu'il devina être le bras car le crochet du renard s'abattit à l'endroit même où sa tête s'était trouvée un instant plus tôt, alors qu'il s'était relevé d'un bond, ignorant son corps qui le suppliait presque de s'arrêter de courir tant la douleur le transperçait de part en part. Il avait probablement une cheville foulée, si ce n'était plus mais il ne devait pas s'arrêter, jamais ! Si la peur donnait des ailes, la panique, elle, vous offrait une endurance hors du commun, et Mathieu le constatait avec effroi : Tout, n'importe quoi, tant qu'il ne se laissait pas capturer par Foxy !
Et soudain, l'entrée de l'office apparut, juste devant lui, béante. Grande ouverte.
Cours putain, cours !
Et il eut le temps d'entendre l'animatronique de Pirate Cove pousser un troisième cri, interminable et à en terroriser le Patron en personne, alors qu'il se jetait dans la cabine de sécurité et pressait le bouton de fermeture de la porte avec les dernières miettes d'énergie qui lui restait, à bout de souffle et de nerfs.
Il était encore là. Vivant. En vie.
Un miracle. Un véritable miracle.
Mathieu se laissa tomber au sol, assis contre la lourde porte en acier alors qu'il entendait le renard s'acharner dessus, grognant et se jetant de toutes ses forces contre celle-ci. Il était vide de tout. D'énergie, de volonté, d'espoir alors qu'il venait de voir que l'horloge n'indiquait que cinq heures du matin. Encore une putain d'heure, vraiment ? Cette nuit n'allait-elle donc jamais se finir ?
Soudain, il fit un bond en entendant l'autre porte s'activer, prêt à fuir. Il avait commencé à faire son testament par la pensée et avait trouvé le bouton de la porte dans son dos, sur le point de l'activer quitte à détaler avec Foxy sur les talons, lorsqu'il réalisa que ce qui se tenait devant lui n'était que le Hippie, qui venait de verrouiller l'autre porte en passant. Dieu seul ne saurait jamais par quel miracle cela avait pu se produire, pourtant il était là, en un morceau ! Et celui-ci le regardait, un sourire doux sur le visage, bien qu'un peu hésitant. Il tremblait.
- Gros, il se passe quoi ici… ? J'en ai trop pris hein ?
La voix du camé finit de tirer Mathieu de l'état de torpeur dans lequel ce qu'il venait de vivre l'avait plongé. Il le regardait, perdu, ne sachant plus quoi penser. Il avait eu raison, il n'avait pas rêvé.
Les animatroniques étaient vivants, putain ! Tous !
- Je ne sais pas Hippie… Et non, c'est vrai… Putain, tout ça est bien réel… Les robots… Ils…
- Hé, peace Gros, détends-toi… C'est bon, ils peuvent pas rentrer ici. Et puis moi je te croyais tu sais…
Mathieu vit le Hippie s'approcher, de sa démarche un peu gauche, alors qu'il tirait de la poche de son jean son paquet de tabac, à l'évidence bien décidé à avoir recours à ce qu'il connaissait de mieux pour retrouver ses esprits, à savoir un bon joint adapté à une situation du genre. Et pour le coup, il le soutenait à cent pour cent. Sans déconner, mais qu'est-ce qui se passait ici ?
L'enfer, mec. C'est pas une pizzeria, ça…T'as atterri en Enfer !
Il se rendit compte qu'il pleurait sans même le remarquer, d'épuisement et de la pression qui redescendait, au moment où se prit le visage dans les mains. Il était à bout. C'était trop tout ça, infiniment trop pour lui. Qui pouvait continuer de faire tourner une pizzeria avec des monstres pareils ?! Qui était assez fou pour, bon sang !
Non, le fou dans l'histoire c'était lui. Il allait finir par y perdre l'esprit !
- Gros, t'en veux ?
Il n'eut même pas le courage de répondre au Hippie, attrapant au vol le joint qu'il lui tendait pour tirer une taffe, chose qu'il n'avait pourtant pas fait depuis fort longtemps. Ce ne fut qu'une question de secondes avant que ses muscles ne se détendent d'un coup, alors que ses soucis s'envolaient avec la fumée qu'il expira. Il n'y avait plus rien. Plus de pizzeria. Plus de robots. Plus de lutte pour sa survie. Même de notion d'électricité à conserver pour rester à l'abri dans l'office. Rien. Juste lui, assis sur le sol, en train de fumer. Il aurait pu se trouver dans un bon bain chaud en cet instant que ça lui aurait fait le même effet.
Il entendit quelque chose cogner contre la porte, puis leva les yeux pour voir Chica contre la vitre en face de lui. Un sourire étira ses lèvres, seule chose dont il était encore capable avec l'action de fumer. Fumer pour se détendre. Fumer pour oublier un peu ce qui se passait autour de lui.
D'un coup le monde pouvait s'écrouler qu'il n'en aurait plus rien à foutre. Littéralement. Là, enfin, pour la première fois depuis le début de son service, il était bien.
Et qu'ils aillent se faire tous foutre, ces animatroniques à la con ! Il voulait juste partir d'ici, et ne jamais revenir. Jamais.
Le Hippie regardait son créateur fumer, ayant pris entre temps conscience que ce dernier était bien parti pour se faire le joint à lui seul. Il s'en refit un, calmement, sans chercher plus loin, puis l'alluma, sans pour autant lâcher Mathieu des yeux. Il l'inquiétait. Certes, Babylone avait sûrement la main mise sur l'endroit tant ce qu'il s'y passait était dingue, il était maintenant sûr que c'était pas dû à la drogue, ce qu'il avait vu. Mais de là à mettre Mathieu dans un tel état…
Il rejeta l'âcre fumée qui lui brûlait les poumons tout en jetant un regard autour de lui, espérant sincèrement toutes les bestioles qui peuplaient ses rêves psychédéliques que rien n'apparaisse dans l'office, avec eux. Regard qui remarqua la lumière rouge qui clignotait sur les hauteurs du bureau.
- Hey, gros… Je crois que quelqu'un a voulu t'appeler.
- Hein ?
Mathieu se releva, lentement, avant de retourner s'installer sur la chaise à roulettes avant de se mettre à rire et de s'étirer. Il avait sommeil, et ses muscles lui faisaient mal. Atrocement même. La nuit de repos qui s'annonçait ne serait pas de trop, si jamais il arrivait à dormir… Et pourtant, il riait. Il avait besoin de rire. La drogue l'y aidait, et bordel, pour le coup, il la remerciait bien ! Il en avait grandement besoin !
Et en effet, le Hippie avait raison. C'était bien le téléphone. Probablement le gars d'hier…
- Qu'est-ce qu'il me veut encore ? Marmonna-t-il en enfonçant la touche pour lire le message, ignorant le Hippie qui l'interrogeait du regard entre deux taffes, sans comprendre. De qui parlait-il donc ?
« Salut, salut ! Oh, je vois que tu es arrivé à la seconde nuit, félicitations ! Bon ce soir je ne parlerai pas aussi longtemps qu'hier puisque Freddy et ses chers compagnons deviennent de plus en plus actifs à mesure que la semaine progresse. Hmm, tu sais ça serait une bonne idée que tu vérifies les caméras de temps en temps pendant que je parle, juste histoire d'être sûr qu'ils sont toujours à leur place. Observation plutôt intéressante en passant, Freddy lui-même ne descend pas souvent de la scène. En revanche j'ai entendu dire qu'il devenait bien plus actif dans le noir, je présume donc que ce n'est qu'une raison de plus pour ne pas arriver à court d'électricité, n'est-ce pas ? J'aimerais également te conseiller, en passant, d'avoir recours aux lumières incorporées dans les portes, parfois, puisqu'il y a des points que les caméras ne couvrent pas, en l'occurrence ceux juste à côté des portes de la cabine de sécurité. Donc, euh… Si jamais tu venais à ne pas trouver quelque chose ou quelqu'un sur tes caméras, surtout pense aux lumières sur tes portes. Je suis sérieux. Tu pourrais n'avoir que quelques secondes pour réagir si il venait à y avoir quelque chose là, bien que je ne parle pas de ça dans la possibilité où tu pourrais être en danger, bien sûr ! Ce n'est pas ce que je suis en train d'impliquer, loin de là. »
Monsieur Téléphone, encore lui.
Ce gars irritait Mathieu au plus haut point, et ce même s'il n'avait pas les idées totalement claires, entre le trop plein d'émotions et les quelques effets du joint sur lui. C'était qui, cet abruti fini qui voulait le pseudo rassurer chaque nuit ? «Je ne parle pas de ça dans la possibilité où tu pourrais être en danger », bien sûr ! Et puis quoi encore, il était peut être censé partager un paquet de Springles avec Foxy et l'autre enfoiré de nuggets, tant qu'on y était ?! Il était fou de lui dire ça !
Et puis comment pouvait-il dire qu'il était sur ce poste alors que c'était lui, à cette place ? Hein ? Comment ? Des messages pré-enregistrés peut être ?
Dans tout les cas, s'il le trouvait un jour, il l'attacherait à cette chaise et le laisserait là, une nuit entière. Il se le jura. Juste pour que l'autre sache de quoi il parlait avec autant d'engouement !
« Oh et sinon, pense à vérifier Pirate Cove. Tu peux croire qu'il n'y a que des rideaux à y voir, mais détrompe-toi. Le personnage qui réside en cet endroit est assez unique en son genre et il tend à devenir de plus en plus actif si les caméras ne se retrouvent pas braquées sur lui pendant un long moment… Hn, je présume qu'il n'aime pas trop qu'on le regarde en permanence non plus, cela dit. Je ne sais pas. »
… Non, sans rire !
La tête de Mathieu rencontra le bureau, pendant qu'il fermait les yeux. Foxy. Pirate Cove.
Il le savait, cet enfoiré. Il le savait et il ne l'avait pas prévenu d'emblée ! Quel imbécile, ça lui faisait une belle jambe de ne l'apprendre que maintenant !
« Enfin bref, je suis certain que tu as la situation sous contrôle, aussi je ne t'embêterai pas plus longtemps. Uhm, je reviendrai te parler bientôt, bye. »
Ouais, ouais. Ciao bella !
- Tu le connais, gros ?
- Pas du tout. Mais il aime bien m'appeler tout les soirs, c'est son petit plaisir personnel.
- Et tu sais vraiment pas qui c'est, t'es sûr ?
- Certain.
Le Hippie haussa les épaules, ne cherchant pas à prolonger le dialogue alors qu'il sentait que Mathieu était à deux doigts de l'implosion. Aussi préféra-t-il le laisser tranquille, se contentant de fumer en attendant que les tant attendues six heures du matin arrivent, sans trop d'encombres hormis un ballet d'ombres de temps à autre, derrière les portes et les vitres qui encadraient l'office. Le camé ne savait pas trop comment décrire ce qu'il venait de vivre avec Mathieu, mais une chose était sûre, il se passait un truc pas net ici. Des mauvaises ondes, partout. Cet endroit était mauvais, corrompu, il en était sûr.
Et en particulier les animatroniques. Surtout eux, en fait.
Ils doivent avoir un souci, gros…
Oui, probablement.
En tout cas, la seule chose dont il fut certain, c'était la tête que tirèrent les autres personnalités en les voyant rentrer, aux alentours des sept heures vingt. De l'inquiétude et de l'incompréhension à l'état brut. Et des questions. Beaucoup de questions.
* Encore un immense merci à ma p'tite HippiqueAndYDeaLD (Pseudo à rallonge~ x3) pour cette phrase qui m'aura tant donnée de fil à retordre et, mine de rien, à tous ses bons conseils car franchement, elle supporte non seulement mes élans de passion pour FnaF depuis le début (Ce qui est déjà assez lourd je présume XD) mais en plus de ça elle répond toujours présente quand j'ai un petit doute au niveau du scénario, ou d'une réplique… Alors mille merci putain, et des bouquets de fleurs par centaines ! *^*
Vingt. Fucking. Pages. En taille 12 s'il vous plaît !
Je crois que sans déconner, c'est l'un de mes plus longs chapitres jamais sortis. OO Champagne !
Bon, et bien qu'en pensez-vous ? Toujours conquis ? :$ Oui je vous l'accorde il peut y avoir quelques ressemblances avec le précédent, mais maintenant ça reste FnaF quoi. XD Et puis, j'avais vraiment envie de commencer à mettre en scène ce cher Foxy, que l'on avait pas encore eu l'occasion d'apercevoir, il méritait donc une place de choix dans ce chapitre. J'ose espérer que les fans de notre pirate préféré en seront satisfaits ! :3
Bref, normalement le prochain chapitre devrait arriver d'ici fin janvier, je voudrai avancer mes autres fics avant, mais qui sait, si l'inspiration me vient avant… ^^
Sinon, j'ai une annonce à vous faire (Celles suivant ma fic Calendrier, vous le savez déjà) :
Je suis actuellement en train de songer à une fan fiction qui mettrait en scène quelques uns de nos youtubers préférés. Jusque là, rien de bien affolant.
Seulement voilà, ce qui me fait venir vers vous, c'est le contenu qu'elle posséderait. :/
Je suis une fan de Vocaloid. De gore également. Vous ne voyez pas le lien ? Je vous l'amène donc sur un plateau : La série Onibi des Vocaloid, crée par Masa-P.
C'est une série de onze chansons basées sur le foklore japonais et ses légendes, notamment une, celle du Kitsune no Yomeiri, pour les amateurs de la culture nippone.
Seulement voilà, ces chansons, dont l'univers m'inspire totalement pour cette fanfiction, sont gores. Glauques. Dérangeantes. Et certains de leurs thèmes en sont même carrément malsains, pour quelqu'un qui n'a pas les tripes sévèrement accrochées -Ou une case en moins, comme votre chère auteure. :/ Et j'ai donc très peur que vous ne puissiez pas vouloir de cette fic, de par ce qui va s'avérer être un contenu digne du rating MA. Oui, même pas M, MA, le rating non représenté sur FF, car non existant dessus !
Meurtre, homosexualité (Ouais bon ça encore, ça choquera personne je crois ! XD), démence, possession, malédiction, inceste, twincest, prostitution, cannibalisme, scènes de sexe, esclavage, mariage forcé, exécutions, tortures,… Je continue la liste ou ça vous suffit niveau vague aperçu de la série ? ^^' Et encore je vous jure que je n'ai pas tout dit.
Bien entendu, il est des choses que soit, je ne ferai qu'évoquer de manière vague, soit que je ferai subir à des « personnages OC tiers, créés juste pour servir la noble cause de victimes dans la fanfiction ». Mais cela n'empêche pas que j'ai peur de vos réactions et que je m'en remets donc à vous :
Dois-je, ou non, écrire et publier cette histoire ? Sachant que si oui, ce serait de très longs chapitres, probablement aussi gros que celui-ci, et qu'ils ne sortiraient pas tous les mois, car ils représenteraient pour moi une masse énorme de travail et de relecture, de réécriture… Tout pour être de la meilleure qualité possible. A produire un texte «dérangeant » à la Jardin des Supplices, autant qu'il envoie un tant soit peu du bois. O/
Bref je vous laisse me faire part de votre avis ci-dessous~ :$
Sur-ce je vous laisse et vous fais tout plein de bisous en attendant de vous retrouver au détour d'un futur chapitre !
Votre dévouée Lavi' qui vous aime. x3
