RAR evand dark maga : aucune idée. J'ai voulu DM en initiales, ensuite j'aime bien le prénom Daniel et je voulais un patronyme anglo-saxon très commun. Merci pour ta review
Snape : Rogue
Longbottom ; Longdubas
No man's land
(POV Harry)
Noir.
Un grand éclat, une détonation ou deux et… noir. Partout.
Je n'ai pas compris ce qu'il s'était passé, où j'étais. Puis à peu, je me suis engourdi, assoupi, éteint.
Un jour, j'ai entendu une voix lointaine, voilée mais une voix familière.
Tout était encore noir autour de moi mais cette voix m'a tiré de ma torpeur et je me suis comme réveillé. A force de concentration, la voix s'est éclaircie et je l'ai reconnue. Malfoy ! Pourtant elle était différente. Plus grave, plus virile.
Puis j'ai peu à peu compris quelle geôle me retenait.
J'étais dans un miroir. Prisonnier.
Etais-je vivant ou mort ?
J'ai pensé à un Horcruxe, mort, donc, mais la pénombre s'est éclaircie et j'avais mon corps – vivant alors ? Je flottais toujours dans une espèce de noirceur.
Puis je l'ai vu. Plus maigre, plus grand, plus âgé.
Combien de temps s'était écoulé ?
Il devait avoir la vingtaine.
Nous étions dans un studio miteux. Rien à voir avec ce que je m'imaginais du Manoir Malfoy.
Il nettoyait le miroir (ce qui confirma mon hypothèse) de manière assez psychorigide. A mieux y regarder, l'appartement n'était pas si moche que ça. Dépouillé, plutôt que miteux, mais assez propret d'une certaine manière.
Je n'avais jamais vu Malfoy d'aussi près. En dépit de sa maigreur, sa mâchoire était plus masculine, plus carrée, son corps plus imposant. Ses vêtements de mauvaise facture et moldus surtout, m'étonnèrent. Et… il fumait ?
Quand Draco s'adressa au miroir (pour se demander qui était le plus beau, nan mais franchement, ça n'est pas du pur Malfoy, ça ?) j'ai pensé qu'il m'avait vu mais j'ai mis du temps à le convaincre. D'ailleurs, l'ai-je vraiment convaincu ?
Moi, je suis mort m'a-t-il appris.
Tout se bouscule en moi.
Mort.
Mes amis doivent être effondrés et moi aussi. Fauché à 17 ans, comme tant d'autres pendant cette guerre et coincé ici.
Lui aussi me parait mort.
Où sont passées sa superbe, son arrogance, sa morgue ?
Il ressemble à une ombre.
Ca m'a fait mal au cœur de le voir rentrer bourré, malheureux, seul.
Il aurait même essayé de se défenestrer. Que s'est-il passé pour lui ? Que fait-il ici ? Où sommes-nous d'ailleurs ? Et ce vase que j'ai figé ! Pourquoi puis-je encore exercer ma magie sans baguette et mort ? J'ai essayé de bouger d'autres choses, sans succès.
Autant de questions sans réponse.
Peut-être Hermione me les apportera-t-elle. Malfoy devrait aller la voir.
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Ce n'est pas de gaieté de cœur que Draco ressortit ses vêtements de sorcier – une longue robe noire et une cape encore plus noire – Snape devait lui avoir refilé le tuyau du plus noir que noir. Mais avant tout, comme chaque matin, il bandait son avant-bras gauche. Cette fois Harry l'observait silencieusement le temps du processus puis n'y tint plus :
« Tu vas voir qui ? Hermione ? Ron ? Ginny ? Hein, hein ? »
Draco soupira et vit dans ces propos une bonne raison d'aller voir la bande à Potter. Il voulait se débarrasser de cet emmerdeur pour retrouver une vie calme et anonyme.
« Hein ? Tu vas voir qui ?
- Aucun des trois, répondit simplement l'ancien mange-mort.
- Mais…
- Mais quoi ? Si je vais au Ministère, je n'aurais pas fait deux pas que les Aurors me tomberaient dessus. Ton pote Weasel gueulera tellement que je ne pourrais pas en placer une quant à la rouquine…
- Quoi Ginny ?
- Elle… elle a refait sa vie. Ne crois pas que je me préoccupe d'elle ou de toi mais… Dans son état, ce genre de nouvelles… que son petit ami mort est toujours… là, ça ne serait pas sain.
- Tu sais, Ginny et moi on n'était pas vraiment…
- Je m'en fous de votre vie, sérieux, le coupa Draco. Je vais voir quelqu'un de disponible et qui me laissera parler.
- Qui ça ?
- A ce soir… ou pas si on m'arrête », dit Draco en claquant la porte de son appartement.
Déambuler dans les rues de Londres en robe était hors de question aussi avait-il pris un sac pour les dissimuler mais proche du Chaudron Baveur, il les revêtit dans une ruelle et rabattit sa capuche sur son visage afin de ne pas être reconnu. Envoyer un hibou aurait été peut être plus simple mais on ne savait pas qui pouvait tomber dessus. Il n'avait pas que des amis au sein des Mangemorts survivants et libres. Rester incognito, telle était sa devise.
Dans le chemin de Traverse, il inspira un grand coup puis expira profondément. Depuis combien de temps n'était-il plus venu ici ? Deux ans très certainement. Il réajusta son capuchon et fila, sans prêter garde aux nouvelles boutiques, vers celle de l'apothicaire.
A travers la vitre, il vérifia qui était le gérant. Trois clients traînaient aussi Draco attendit dehors, faisant mine d'être intéressé par la vitrine. La boutique enfin vide, il y pénétra et referma la porte derrière, retournant le panneau pour qu'on y lise de l'extérieur « fermé ».
« Mais !, s'exclama le vendeur. Oh, c'est toi ! »
Son visage s'éclaira sincèrement en découvrant le visage décapuchonné de Draco.
« Comment vas-tu ? Ca fait une éternité !
- Bien, sourit Draco. Et toi, Neville ?
- Et bien… ça roule ! J'ai rencontré une fille très gentille et… mais je suppose que tu n'es pas venu discuter les derniers potins.
- Ca me fait toujours plaisir de te voir et de bonnes nouvelles te concernant me réjouissent. Comment s'appelle-t-elle ?
- June ! C'est une joueuse de quidditch pro ! Une joueuse de quidditch pro s'intéresse à moi, tu te rends compte ? »
Et pendant dix bonnes minutes, Neville décrivit avec passion sa petite amie.
« Mais dis-moi ce qui t'amène ici. Je sais que depuis… enfin depuis deux ans tu ne viens plus. Ca doit être grave.
- Ca l'est en quelque sorte. Enfin, c'est une histoire un peu dingue. »
A son tour, Draco raconta les dernières semaines. L'acquisition du miroir, son hôte étonnant, ses doutes au début puis comment il était convaincu que c'était bien Harry Potter.
« Je sais que j'ai des… des antécédents psychiatriques mais… ce miroir était là quand… quand nous nous sommes battus. Peut-être je projette ma culpabilité mais je pense qu'Harry est vraiment là ! »
Neville avait l'air grave et n'osait se prononcer. Les « antécédents psychiatriques », comme Malfoy les minimisaient, étaient des troubles sévères et s'il avait été autorisé à quitter Saint Mungo ce n'était qu'au prix d'énormes efforts de Hermione. Mais tout cela Draco l'ignorait.
« Que veux-tu de moi ?, demanda finalement Neville.
- Viens avec moi ! Tu étais là quand… quand c'est arrivé. Peut-être… peut-être tu vas l'entendre aussi ! »
Draco avait l'air tellement sincère.
« Pas ce soir si tu es pris mais… demain ou après demain ou le week-end prochain !
- Je viendrai demain. Tu habites au même endroit ?
- Oui. »
Si Draco avait quitté le monde magique et ses anciennes relations, il en avait créé d'autres et avait conservé un lien étrange avec Longbottom et il s'était vu deux ou trois fois à Londres. Neville, en bon Samaritain voulait veiller sur cet ami insolite et improbable. Aussi était-il prêt à l'écouter et lui accorder le bénéfice du doute.
Le lendemain il se présenta donc, avec une boîte de chocolats, à Londres. Après quelques échanges banals, Draco lui montra le miroir et invita Harry à parler avec son ancien ami.
« Tu continues les cachets qu'on t'avait prescrit ?, demanda quand même Neville.
- Oui, mentit Draco.
- Harry... si tu m'entends... parle.
- Mais je te parle, je n'arrête pas !, s'époumona Harry. Draco, pourquoi il m'entend pas ?
- Je sais pas Potter, répondit ce dernier.
- Tu lui parles ? », l'interrogea Neville.
Vu sa tête, Malfoy devina que rien ne se passait. Il entendait les questions de Harry mais aucune réponse ne venait de l'apothicaire. Il allait passer pour fou et cette idée le paniqua graduellement. A tel point que Harry s'en aperçut.
« Le vingtième Vif d'Or !, s'exclama Harry. Parle-lui du vingtième Vif d'Or, il comprendra ! »
Draco écouta la voix. Qu'avait-il à perdre de plus ?
« Le vingtième Vif d'Or », articula-t-il péniblement.
Neville eut enfin une expression.
« D'où tu sors ça ?
- Harry m'a conseillé de t'en parler. Je… je ne suis pas fou et… et visiblement il m'aide à le prouver. »
Un long silence s'ensuivit.
« Mmmh… je vois. Alors, commença Draco, vous étiez dans la chambre commune, seuls. Harry fêtait, comme d'habitude je suppose… non Harry, ça n'est pas une vieille rancœur, c'est… une supposition ! Bref, vous fêtiez seuls votre victoire, Harry a lâché le Vif et… Nan sérieux ? Je ne ris pas, c'est juste… incongru, bref, toi, Neville tu l'as avalé enfin pas complètement. Tu as failli t'étouffer, Harry l'a enlevé et… oh… tu l'aimais ? »
Neville rougit.
« Harry t'a embrassé mais tu l'as repoussé. Oui, gentiment peut-être mais repoussé quand même et il t'a fait jurer sur ce que tu avais de plus cher de ne jamais en parler. J'ai juste ?
- Oui, répondit doucement Neville. J'aurais voulu être amoureux mais…
- Mais tu es gay, Potter ?, le coupa Draco. Ca s'est un scoop ! Et ton aventure avec Ginny ? C'est faux ? Je suis sur le cul ! Si tu me permets l'expression bien sûr », ricana-t-il.
Visiblement son jeu de mot n'amusait que lui. Dommage. Il redevint sérieux et scruta Longbottom.
« Oui, je te comprends, Neville doit être le petit ami parfait », dit-il en parlant dans le vide, à ce qu'il semblait à Neville du moins car pour Malfoy, il entretenait deux dialogues.
Pourtant, Neville se leva et s'avança lentement vers le miroir. Il en effleura la surface réfléchissante et y appuya la tête.
« Harry… », murmura-t-il.
Cette histoire de Vif d'Or et de baiser s'était déroulée en cinquième année, dernière année de badinage même si la mort de Cédric, l'année d'avant, avait déjà amorcé les sombres années, et il n'en avait jamais parlé. Idem pour Harry qui ne l'avait jamais dit à quiconque, pas même à Ron.
« Harry… », répéta-t-il, triste.
Le reflet de Neville se troubla pour laisser place à la silhouette de Harry, dans une position jumelle. Draco se raidit et ne trouva aucun mot. Harry, Harry à 17 ans, se tenait en face de lui. Le concerné sentit le regard de Draco peser sur lui et le fixa à son tour, stupéfait.
« Tu… tu me vois ? », demanda Harry.
Draco détourna aussitôt le regard, sourd à la question.
« Neville, parles-en à Hermione, si tu me crois. Je suis sûr qu'elle trouvera des trucs dans les livres. Je… je vais le garder en attendant et quand vous aurez trouvé, vous le récupèrerez. »
Il raccompagna son ami, encore surpris de ce changement brusque de ton, à la porte :
« C'est très gentil d'être venu.
- Euh… Salut. Au revoir… Harry ! »
L'ancien Gryffindor ne put en rajouter, la porte s'était déjà refermée sur lui. Il haussa les épaules et partit.
Dans l'appartement, l'atmosphère était tendue.
Harry avait sangloté, appuyé contre la surface du miroir. Son image devint de plus en plus transparente, jusqu'à s'effacer et laisser place au reflet parfait du studio.
« Harry ! Pars pas ! »
Le corps de Potter redevint visible et il répéta :
« Tu… tu me vois ? »
Chapitre suivant : Chassez le naturel…
