Plus si affinités ?
(POV Harry)
Une semaine s'est écoulée depuis que je suis remonté de la cave. Hors contexte, ça ferait une phrase bizarre, non ?
Grâce à ma perception, mon monde s'élargit. Sentir l'autre côté à révéler des odeurs de mon côté. Mon linge me dit à présent que faire une lessive serait pas mal !
Quand Draco travaille, j'explore ma pièce. Au début, s'en était l'exact reflet mais peu à peu ma chambre s'est altérée. Je crois que Draco perçoit les changements. Donc, comme lui, j'ai une fenêtre qui donne sur l'extérieur mais ça semble flou. J'ai essayé de l'ouvrir, ça ne marche pas. Pareil pour la porte. A moins que je n'ai peur de l'ouvrir. Je n'ai pas besoin que l'air circule, je suis mort. Je n'ai jamais faim ni soif. Ni sommeil d'ailleurs pourtant, la nuit je m'allonge comme lui après l'avoir longuement observé. Une espèce de lassitude m'envahit et mon esprit s'absente quelques minutes, quelques heures, qu'en sais-je ?
Amis.
Nous sommes amis et le pire, c'est que cela semble sincère. Il… ça me tue de le dire, mais je suis déjà mort alors soyons fous, il me plairait presque. A propos de ça, j'ai déjà entendu une femme venir ici mais c'est resté vague, c'était au tout début de notre « cohabitation » et je ne l'ai jamais revue. Ni entendue d'ailleurs. C'est sa copine ? Peut-être qu'il la voit en dehors de son appartement pour être tranquille.
Ce soir, je le trouve bien agité…
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« C'est le cinquième tee-shirt que tu essaies ce soir…, soupira Harry. Tu sors ?, minauda-t-il.
- V… oui.
- Un rendez-vous galant ?
- Ca se pourrait. Et là ça te plait ? »
Pantalon noir, coupe étroite, un t-shirt bordeaux moulant aussi.
« Ouais, c'est pas mal. La coiffure par contre… tu vas pêcho à la bibliothèque ?, se moqua Harry. On y revient. Ils sont trop… trop parfaits. Ils sont beaux, souples mais tu les laisses pas vivre ! Attends, je te montre. »
Le visage de Harry se flouta pour devenir celui de Draco. Il s'ébouriffa les cheveux légèrement :
« Tu vois, là c'est mieux. »
Draco était bouche bée :
« Tu peux modifier mon reflet ?
- Ben oui, rappelle-toi le vieux toi.
- Le ... faire bouger ? Tu me l'avais jamais dit.
- Comment tu crois que je t'ai fait tous ses sales tours, dernièrement... C'était pas très gentil, mais ça m'a appris à faire deux-trois trucs.
- Bon… comme je suis… hyper sexy, je vais certainement… pécho. Je vais rentrer demain matin alors, t'inquiète pas.
- D'accord...
- Enfin j'espère rentrer demain matin.
- Tu vas l'emballer si tu te coiffes comme je t'ai dit, se força à sourire Harry.
- Si ça marche pas... un jour à la cave. »
Draco enfila une veste, lui souhaita une bonne soirée et partit.
« Flute, pesta Harry, j'ai oublié de lui demander de me laisser une lumière, une bougie allumée... tant pis. »
Des bruits de serrure se firent entendre et Draco réapparut sur le seuil de la porte :
« Je te laisse une lumière ou la télé allumée ?
- Oui !
- Tu veux quelle chaîne ?
- N'importe, je m'en fous tant que ça bouge.
- Chaîne musicale alors, ça c'est sympa, j'aime bien leur programmation. Un peu de lumière ?
_ Bonne idée ! Oui, s'il te plait.
- Je te laisse la veilleuse.
- Draco..., merci », murmura Harry
Ce dernier lui adressa un clin d'œil et s'en alla. Comme promis, il rentra à l'aube, un brin débraillé et se coucha mais seul.
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Neville se prit le visage dans les mains et soupira.
« Je ne trouve rien de rien ! »
Il accompagna sa remarque d'un coup de poing sur la table.
Au début, il avait pris Draco pour un fou. Ce dernier avait beau mentir, ça se voyait qu'il ne prenait plus son traitement. Alors de là à imaginer Harry dans un miroir il n'y avait qu'un pas très facile à franchir.
Pourtant, cette histoire de Vif d'or et de baiser était restée entre eux et avec la meilleure imagination au monde et de la chance, Draco n'aurait pas pu trouver cette anecdote au hasard. Neville le croyait. Après tout, Voldemort avait bien fait des horcruxes et cela y ressemblait.
Sûr de son histoire, il avait contacté Hermione. Elle avait accès à des parchemins anciens, interdits aux simples gens mais elle ne donnait toujours pas de nouvelles. Bien sûr, son poste au ministère l'accaparait mais s'il y avait un moyen de faire revenir Harry, elle le chercherait, dut-elle y passer sa vie.
Résigné, il décida de rendre visite à Draco. Même s'il ne donnait pas de bonnes nouvelles, il ne le laisserait pas dans l'incertitude.
Quand il se rendit à Londres, Draco était absent. Il lui laissa un petit mot et repartit.
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L'ancien mangemort poursuivit ses sorties du week-end.
« Draco, c'est toi ? »
Harry se leva du lit sur lequel il s'était allongé, alerté par des gémissements. Son ami rentrait encore ivre ?
« Tu laisses la télé allumée quand tu pars ? », gloussa une voie inconnue.
Harry bondit pour se coller au miroir. Il vit Draco éteindre l'appareil.
« Hééé… mais je rêve ! Le grand Draco Malfoy est gay ? Tu ne me l'as jamais dit. »
Sourd aux remarques de Harry, Draco entreprit de bouger le miroir. Son amant, Noah, allait l'aider quand Harry s'affola :
« Non ! Ne le laisse pas me toucher ! Je... je le connais pas ce mec ! Je veux pas qu'il me touche ! »
Etrangement, Draco accéda à sa demande et repoussa vivement son amant, un grand Noir musclé.
« Je vais le faire tout seul, j'ai l'habitude.
- Mets le en face du lit ça peut être sympa, lui suggéra le bel éphèbe.
« Tu vois, ça a marché les cheveux... Dis donc, il est canon, ton petit copain, roucoula Harry.
- Tu fermes les yeux et les oreilles ce soir, lui intima Malfoy, discrètement.
- Tu veux pas que je te vois baiser ? Ou mieux... te faire baiser », ronronna Harry en se léchant les lèvres sensuellement.
Noah l'enlaça :
« Tu fais quoi ? Lâche ce miroir, murmura-t-il en enlaçant Draco et commençant à le caresser.
- Allez, Draco, lâche-toi. »
Le concerné se retourna vers son amant, et commença à le déshabiller. Il soupira quand Noah lui mordilla le cou et l'oreille.
« Le miroir…, gémit-il en rejetant la tête en arrière.
- Quoi le miroir ? Il est joli ce miroir et chuis sûr qu'il a trèèèès envie de nous voir faire l'amour, roucoula le bel amant en déshabillant à tour Draco.
- Laisse-toi faire, chuchota Harry en gloussant, pense pas à moi...
- Tu regardes encore ?, ne put s'empêcher de grogner Draco.
- Ouais..., répondit Noah. Ca m'excite.
- Moi ?, minauda Harry, regarder ? Naaaan ! J'ai que ça, regarder, je peux bien en profiter un peu, non ? »
Draco lâcha enfin son amant et pendit la chemise sur le sommet de la psyché.
- Malfoy, j'espère que tu bandes pas mou ! Sinon, tu peux toujours prendre ta baguette. Hé non ! », se plaignit Harry… avant de se baisser. Silencieux, il feignit la bouderie pour se rassasier du spectacle qui s'offrait à lui.
Draco s'était retourné et embrassait goulûment l'autre garçon. Il s'allongea sur le lit et l'attira entre ses cuisses.
Harry ne riait plus. Il ne disait plus rien. Il aurait donné n'importe quoi pour être à la place de Noah. Du coup, la situation le mina rapidement. Il quitta son poste d'observation, s'allongea sur son lit, amer.
Et c'est ainsi qu'il endura la nuit torride de ses « voisins ». Une fois, deux fois, trois fois. Quatre fois. Ils ne s'arrêtaient donc jamais ? Sa pièce était un enfer sans un coin pour se mettre au calme.
« Quoi ? Encore ! », grogna-t-il alors que les deux autres entamaient un cinquième round.
Il se boucha les oreilles, à présent recroquevillé dans un coin.
« Faut que je bosse, dit Draco après ce qui semblait être son orgasme.
- Un samedi ?
- Ouais et… ne parle pas fort, ajouta-t-il.
- Pourquoi tu veux pas réveiller quelqu'un ? Y a ton copain dans le placard ?
- Casse-toi, lâcha Draco pour toute réponse.
- On pourrait se revoir et tu mettrais ta hargne au lit. »
Cette remarque sembla déplaire à Draco car Harry entendit juste la porte se refermer.
« Ca y est ? Il est parti ?, pesta Harry.
- Tu dors pas toi ?
- Je vois pas comment avec vos... gémissements d'animaux en rut toute la nuit.
- Tu veux aller habiter ailleurs ?
- Gnagnagna ! Comme si j'avais le choix !
- Ben faut t'y faire alors. Merlin tout puissant, j'ai baisé un sang-de-bourbe ! »
Harry le dévisagea. Bien sûr qu'il tiqua à l'expression « sang de bourbe » mais elle sonnait creux, sans haine.
« Ca va, c'était pas un troll quand même, il était même plutôt bien foutu. »
Un long silence s'installa.
Triste, énervé et frustré Harry était toujours assis dans un coin, par terre, le regard dans le vide.
« Ca te manque pas… enfin tout ce qui est… physique ?
- A ton avis ?, l'agressa Harry.
- Tu peux... te masturber ou non ? »
Harry détourna le regard et soupira. Non il ne ressentait rien. C'était comme des sensations fantômes. Eberlué, il regarda Draco rouler sur le lit et lui demandant se concentrer sur sa main et son pénis.
« Hein ?, hallucina Harry.
- Pense à quelque chose qui t'excite », continua Draco.
Pourtant le mort obéit. Il se leva et s'allongea sur son lit. Il ouvrit son pantalon et glissa sa main dans le caleçon, se concentrant. Il écouta son ami mais :
« Ca sert à rien... je sens rien ! »
Draco soupira et se mit sur le lit. Lui aussi glissa sa main dans le caleçon :
« Concentre-toi sur ton bas-ventre. Imagine que... c'est l'épicentre d'un noyau en fusion. Imagine... la chaleur », ronronna-t-il en se masturbant.
Harry déglutit en voyant son ami ainsi offert. Les yeux mi-clos, il commença à se caresser à nouveau. Il imaginait toucher le corps de Draco. Il frémit. Il intensifia ses mouvements et haletait.
« Ouiii…, gémit Draco. Comme ça. Tu sens ?
- Ouiii, approuva Harry sans le lâcher du regard. Cette fois c'est à lui qu'il s'offrait, pas à un inconnu. C'est… mmmh…
- Tu veux que j'arrête ?
- Nooon… non t'arrête surtout pas. »
Draco se cambra et fit glisser son caleçon le long de ses jambes. Harry l'imita. Il se leva, nu, et s'avança au bord du miroir sur lequel il pose sa main.
« Approche-toi. Viens… Fais-moi voir comment tu bandes, Malfoy, je vois mal d'ici », répéta-t-il tout en continuant de se masturber.
Draco obéit à son tour. Il s'installa sur le coin de son lit, chaque pied par terre, à quelques centimètres du miroir, les cuisses écartées et en appui sur un coude.
« Ouiii… », gémit Harry, une main crispée sur le miroir et l'autre sur son sexe de nouveau dur. Ses yeux verts toujours rivés sur Draco, il approcha de nouveau de l'orgasme et jouit enfin. Il ferma les yeux jusqu'à reprendre une respiration normale puis il se nourrit de l'orgasme de Draco.
« Merci, murmura-t-il. Je… je vais te laisser dormir.
- Oh, Harry…, haleta Draco en se laissant tomber sur le lit. Tu vas dormir toi ?
- Je sais pas... peut-être...
- Je vais te recouvrir alors, la lumière pourrait te réveiller. »
Sitôt dit, sitôt fait, Draco se releva nu.
« Non ! Non... ne couvre pas le miroir... s'il te plait.
- Comme tu veux, Harry. Tu serais là je te convaincrai de me faire le petit déjeuner.
- J'aimerais bien... mais ça va être difficile là où je suis... »
Son sourire se fana.
Draco le dévisagea longuement et tira une cigarette de son paquet. Toujours nu, il la fuma silencieusement à la fenêtre.
Sans transition, Draco fit une proposition étrange sitôt sa cigarette finie : une après-midi au parc.
« T'as pas peur de passer pour un taré, au parc avec ... ton miroir ? Oooh, mais bien sûr ! Tu vas faire un reducto sur le miroir et me mettre dans ta poche ! Va pour le parc, alors ! »
Harry remarqua l'expression à présent mitigée de son ami :
« Qu'est-ce qu'il y a ?
- Rien, répondit-il un peu plus enjoué.
- Qu'est-ce qu'il y a, Draco ?
- Je... Je ne ferai pas de reducto. Je... je ne peux plus rien faire, avoua Malfoy, blessé.
- Hé, Draco... c'est pas grave. Je m'en moque, moi, que tu ais des pouvoirs ou non, essaya de le rassurer Harry en se rapprochant de la surface du miroir.
- Ils ont... ils ont cassé ma baguette », sanglota Draco.
Un geste simple et rapide qui pourtant remettait en cause l'essence même de son identité mais aussi de son innocence. Le monde sorcier l'avait bafoué alors qu'il l'avait servi.
« Ne... ne pleure pas, Draco, dit Harry en s'agenouillant, une main contre le miroir.
- J'ai un boulot minable ! J'ai un appart minable, des fringues minables.
- Tu m'as, moi... même si je ne suis qu'un stupide miroir contenant l'âme d'un mort.
- Dis pas ça, renifla Draco.
- Quoi ? Que je suis mort ? Ou que je suis stupide ?
- Que t'es stupide.
- C'était pas dans le sens idiot mais dans le sens 'inutile'
- T'es pas inutile. Tu fais un bon coach pour la drague.
- Peut-être, mais j'ai besoin de toi pour arriver à me branler... Si c'est pas le comble du pathétique, ça ! »
Chacun s'était rassuré, Draco se coucha finalement pour être en forme pour sa sortie au parc.
Chapitre suivant : A fleur de peau
