Un pas en avant, deux pas en arrière

(POV Harry)

Tout est si compliqué à présent.

C'est confus pour lui mais c'est confus pour moi.

Je le veux, je le veux intensément mais un point important nous sépare : la vie, ou la mort selon le point de vue.

J'aimerais revenir des semaines en arrière, quand il n'y avait que la haine entre nous. C'était plus simple.

Nos rapports s'améliorent mais jusqu'à quel point puis-je lui demander ce genre de sacrifice ? Savoir qu'il baisait d'autres mecs me faisait souffrir mais le voir s'attacher à moi, sans retour me fait souffrir aussi.

Quand nous sommes concentrés, j'arrive à sentir sa langue humide sur mon corps nu, ses mains chaudes mais n'est-ce pas pathétique ?

Je l'entraine dans un simulacre de vie.

Parfois, je le laisse seul, je quitte délibérément la chambre. Ca aussi c'est un progrès. C'est une solution aussi peut-être. Peut-être dois-je lui dire au revoir, le laisser dans le monde des vivants et moi, partir dans le monde des morts.

Les âmes errantes rencontrées ne sont pas mauvaises, elles sont comme moi, perdues, coincées. Ma chambre semble scellée, ainsi elles ne peuvent pas y pénétrer, ce qui est une bonne chose.

Je me sens bien quand Draco est là, pense à moi. Je me sens bien à cause des sens retrouvés. J'aime sentir son café le matin ou son parfum, j'aime l'entendre ronfler légèrement, j'adore qu'il me touche. Dans ces moments, je me concentre fort pour sortir du miroir mais rien n'y fait. Je « pousse » mais la surface reste dure et froide.

Quand il est absent, je me mets en veille. A croire qu'il est le stimulateur de mes pouvoirs.

Je ne devrais pas le pousser à continuer ses recherches seul. S'il renoue avec les Mangemorts, il risque sa vie. Sa trahison est notoire. Les conséquences ne seront pas tendres.

Oh, ça serait tellement plus simple si nous nous haïssions !

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« Neville,

Je m'excuse de te contacter par courrier mais nous sommes très pris en ce moment par la nouvelle loi d'Harrengate.

J'ai toutefois fait autant de recherches possibles pour… pour Harry.

Je n'ai pas osé en parler à Ron. La mort de Harry l'a bouleversé et en dépit des années qui passent, de la vie qui continue, il pense toujours à lui et je crois qu'il ne l'oubliera jamais. Lui dire que Harry est dans un miroir, projeté par un sort, mais invisible à nous ne l'aiderait pas.

J'ai donc cherché dans des quantités d'ouvrages mais… , il me coûte de dire ces mots, rien n'est possible pour ramener un mort à la vie.

Je suis bouleversée de savoir Harry si proche et pourtant inaccessible.

Crois-tu que Malfoy me permettrait de venir chez lui ?

Je ne sais pas ce que j'attends de cette visite. Un miracle peut-être ? Pourquoi est-ce lui qui a eu cette opportunité ? Nous sommes… étions… sa famille, ses amis, pourquoi la seule personne au monde… »

Neville fronça les sourcils. A cet endroit, l'encre avait bavé, mouillée très certainement par des larmes.

Il avait vite compris dans quel camp Malfoy se situait (le leur) mais lui aussi s'était posé souvent cette question. Pourquoi Malfoy pouvait converser avec Harry ? Pourquoi lui ? Comment se passait cette étrange relation ?

Il termina la lettre de son amie, lui répondit et en écrivit une à Draco. Il devait aussi le voir. L'ancien Slytherin n'était pas la personne la plus stable et Harry la personne la plus compréhensive.

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« Ouvre ! Je sais que tu es là, j'ai vu de la lumière et j'entends de la musique. Ouvre-moi ! »

De l'autre côté de la porte, Draco soupira. Cette fichue Moldue était maligne. Aussi décida-t-il d'ouvrir plutôt que de supporter ses tambourinements jusqu'à ce qu'il cède, excédé.

« Bonsoir Grizel, soupira-t-il. Tu n'es pas rentrée chez toi ce week-end ?

- Tu es perspicace, toi. Non, Ewan est en voyage d'affaire, j'irai le week-end prochain. Alors je me suis dit : qu'est ce que tu vas faire ma petite Grizel ? Sortir avec Joan… que ton meilleur ami n'a jamais rappelé oouuuu passer la soirée avec ledit meilleur ami à la mine sinistre ?

- Merci pour la mine sinistre… »

Draco servit le thé qu'il avait préparé, en jetant discrètement un coup d'œil au miroir.

« Mais naaan, je t'adore Daniel ! », dit la jeune fille en l'enlaçant.

Daniel Miles, sa nouvelle identité, il avait tout simplement souhaité conserver ses initiales. Daniel Miles était un type bien, lui.

« On pourrait aller au pub tous les deux ce soir et en galant gentilhomme, tu me raccompagnerais chez moi. Non ?

- Ca me va », répondit-il tout simplement.

Sa collègue le fixa. Il venait de lui dire oui sans qu'elle insistât ou elle avait rêvé ?

« Oui, oui pour de vrai ?

- Oui, pour de vrai.

- On peut appeler Joan si tu veux, je crois qu'elle ne fait rien. »

Draco soupira. Il se leva et sortit de sa table de nuit un petit écrin

« Je… je dois te dire deux trucs avant. D'abord… j'y pense depuis longtemps. Tiens. »

La jeune fille eut un mouvement de recul. Elle fut tentée de refuser le cadeau mais Draco insista. Elle ouvrit donc la boite et découvrit une superbe bague sertie d'un énorme diamant et de plusieurs petites émeraudes.

« Tu… tu me demandes en mariage ? Je… je ne peux pas…

- Non je ne te demande pas de m'épouser, quelle idée ! Je… Ca appartient… appartenait à ma mère. Je ne me marierai jamais tu sais.

- Mais pourquoi tu dis ça ? Tu n'es pas un cassos à ce point et…

- Non, Grizel, je ne me marierai jamais. Et même si je me mariais… Je… Je suis gay. C'est pour ça que je ne suis pas monté boire un dernier verre chez ta copine. »

La jeune femme laissa passer quelques secondes pour comprendre tout ça et soupira d'aise.

« Je croyais que t'étais frigide et impuissant en fait, ça me rassure. Et… t'as un copain ? Parce que je peux te présenter quelqu'un ! Le cousin du meilleur copain d'Ewan connait un…

- Oui… enfin non. »

En répondant oui, Draco avait pensé à Harry mais techniquement, il était seul.

« Je sors parfois en boîte et… et voilà quoi.

- Tu tires ton coup ?

- Je ne l'aurais pas dit ainsi mais oui, je tire mon coup. Accepte la bague. Je t'aime énormément et pour le mariage il te faudra quelque chose d'emprunté. Même si je te la donne.

- C'est qu'elle doit coûter cher et…

- Elle ne te plait pas peut-être ?

- Tu rigoles ? Elle est superbe et avec ce diam's je pourrais élever cinq enfants au moins.

- Accepte-la alors, s'il te plait. Je suis fils unique mais j'aurais adoré avoir une sœur comme toi. Tu m'as redonné vie quand j'avais touché le fond. »

Grizel le serra fort contre elle et l'embrassa. Elle rangea la boite dans son sac.

« Merci, sourit-elle puis elle se raidit.

- Ca va ? lui demanda Draco.

- Je... J'ai une drôle d'impression mais... non, ce n'est rien. »

Elle regardait autour d'elle.

Harry apparut sur la surface du miroir.

« C'est qui cette fille ? Elle me dit quelque chose… », dit-il à Draco qui ne répondit pas.

Grizel se leva et s'approcha du miroir.

« C'est celui que tu as acheté aux puces Tu l'as bien nettoyé… Faudrait y retourner un jour d'ailleurs. »

Elle le contourna, s'attendant à voir quelqu'un derrière puis revint face à la glace. Lentement, elle le toucha, caressant les arabesques de bois.

Harry se figea car l'espace d'un instant la jeune fille le fixait droit dans les yeux.

« Daniel… Tu crois aux esprits ?, dit-elle en retirant vivement sa main de l'objet.

- Mmmh… pourquoi ?

- Rien. Je suis stupide. Je… je vais y aller. On y va ?

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Tu me prendrais pour une folle.

- Je… je suis très ouvert sur ce sujet tu sais.

- Ce miroir… ce miroir il est… il est chargé. Il y a… Il y a… je ne sais pas comment te le dire.

- Une âme ? Un mort ?

- Oh ? Tu le sais ?

- Oui, je le sais. Je… je connais la personne. Tu le vois ? Tu l'entends ? Tu… tu peux communiquer avec ? »

Cette dernière question s'adressait à Harry et Grizel.

Les deux concernés essayèrent de communiquer mais rien n'en ressortit.

« Je ne suis pas medium tu sais. Putain, c'est dingue cette histoire. Dis-m'en plus sur… sur l'esprit.

- Allons en parler au pub. Harry, je… je ne reviendrai pas tard. Ah, c'est ma collègue Grizel.

- Harry ? Ton Harry ?

- On y va, on en parle en chemin. A plus ! »

Il attrapa son portefeuille et une veste puis poussa son amie dehors. Il referma la porte et commença à lui raconter toute l'histoire, taisant bien évidemment le côté magique. Grâce à son amie, la solution venait de se présenter : il lui fallait un médium et s'il se souvenait bien, Lovegood avait ces capacités… Il se promit d'écrire à Neville dès que le possible, lui relatant l'épisode avec Grizel.

Il se sentit soulagé une fois de plus : il n'était pas fou, la présence de Harry n'était pas un fantasme.

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« Regarde ce que j'ai acheté avec Grizel, dit Draco un soir en déballant ses achats.

- La deuxième est pas mal mais celle-là elle te grossit, mais je dis ça comme ça.

- Comment ça elle me grossit ?, s'indigna Draco.

- Mmmmh oui... et arrête les petits gâteaux, t'as pris des fesses. Tsssss, ça se dégrade.

- N'importe quoi ! Et puis j'avais des gâteaux, puisqu'on en parle, pour toi mais c'est pas grave. Ça ira dans mes fesses, rit Malfoy en donnant une petite tape à ses fesses.

- Ah ah, comment je les mange, tes gâteaux ? »

Draco ouvrit une petite boîte rose pâle en carton.

« On est bien arrivés à… à se « toucher » je te jure, ton sperme était bien réel. Tu préfères quoi alors ? Chocolat ? Chantilly ? Crème de marrons ?

- T'es... t'es sérieux ?

- Ouais et puis c'est une expérience. »

Harry le dévisagea et demanda timidement la crème de marron.

Sans hésitation, Draco enfonça son doigt dans la pâtisserie et le colla carrément au miroir.

Plus réservé, Harry avança doucement sa bouche du doigt et se concentra sur lui. Il ferma les yeux et lécha le doigt. Il goûta à la fois le gâteau et Draco, qui gloussa.

« Ca a marché ! C'est... C'est...

- Tu as faim ? Hééé, pleure pas, c'est pas... c'est pas empoisonné.

- Je saiiiiiiiiiis... mais... ça faisait siiiii longtemps que j'avais pas goûté quelque chose, sourit Harry entre ses larmes, c'est... génial ! Je… revis presque. C'est grâce à toi.

- Tu veux autre chose ? A boire, à manger à sentir je sais pas moi.

- Tu es adorable, Malfoy. Je... je ne sais pas trop non plus, hésita Harry, je suis tellement excité que... j'ai du mal à réfléchir.

- C'est pas un comble pour un miroir de plus arriver à réfléchir ?

- Redonne-moi un peu de ce gâteau au lieu de te moquer d'un mort. Crétin ! »

La dégustation se poursuivit. Les sens revenant un par un, Potter allait peut-être bientôt échapper à sa geôle de glace. Du moins le croyaient-ils.

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Jamais Draco n'avait eu autant d'invités dans son studio. Il échangea quelques paroles avec Neville mais resta sur sa réserve avec les deux jeunes femmes. Hermione aussi semblait mal à l'aise quant à Luna, elle semblait dans son monde.

Alors qu'un silence emprunté pesait sur la pièce principale, Luna s'écria.

« Silence, Potter ! Tu vas trop vite ! »

Draco soupira intérieurement. Ainsi une personne de plus sentait sa présence. Luna entendait les cris d'excitation de son étrange colocataire depuis l'arrivée de ses anciens amis. Il n'était pas fou. Il remercia discrètement Merlin.

« Ne me regardez pas comme ça, dit Luna alors que les deux anciens Gryffindors la fixaient. Vous ne l'entendez pas glapir ? Il est saoûlant. Comment fais-tu Malfoy ?

- Heu… Il… il est sympa avec moi. Pas au début quand il faisait du boucan à trois heures du mat' mais là, c'est cool.

- Harry… tu me manques tellement », dit Hermione, une main appuyée sur la glace.

Harry s'était tu. Il observait son amie. C'était devenu une belle jeune femme. Elle avait coupé ses longues boucles châtain pour un carré strict et lisse. Elle portait un tailleur bien coupé. Pour 22 ans, elle paraissait très adulte. Les questions se bousculaient dans sa tête et il avait envie de lui parler de Ron. Ron… son ami, son frère.

« Tu me manques aussi…, » dit-il les yeux embués de larmes.

Il les regarda tous les quatre, jeunes adultes. Il s'était habitué à Draco puis à Neville mais là, c'était trop d'émotions.

« Harry, dit Luna, je suis triste de te voir ainsi mais… c'est aussi une joie.

- Pour moi aussi Luna. Merci de nous aider. D'aider ce pauvre Draco, il pensait devenir fou.

- Harry, je vais aller droit au but : toutes les recherches ont été vaines. Même en farfouillant vers la magie noire. Tu es mort et… et rien ne te ramènera. Par contre… »

Elle regarda Draco, qui était suspendu à ses gestes et ses paroles. Elle devinait plus qu'elle n'en disait sur la relation de ces deux garçons. Ce qu'elle allait dire pourrait en peiner un, les deux peut-être.

« Par contre, je peux t'aider à partir.

- Partir ?

- Oui, partir. Ta place n'est pas ici. Tu dois… t'élever pour… pour te réincarner.

- Mais… »

Et Harry fixa Draco, qui se détourna aussitôt pour aller fumer, pourtant, il était comme tombé dans un gouffre sans fin : Harry allait le quitter.

Harry regarda ses deux amis. Ils semblaient au courant de cette issue.

« Harry ? », l'interpella Luna.

Lui non plus n'avait jamais envisagé cette issue. Partir.

« Je… je ne suis pas prêt. Laisse-moi réfléchir.

- Harry… »

Il n'y a pas à réfléchir ! Ta place n'est plus ici.

Voilà ce que voulait dire Luna mais peut-être devait-elle lui laisser le temps de parvenir par lui-même à cette conclusion. Il y avait tellement de souffrance dans cette pièce.

« Bon… je ne vous chasse pas mais visiblement personne n'a plus rien à dire. Hein Potter ? Pour une fois tu la fermes, cracha presque Draco.

- Moi je voudrais dire quelque chose, s'écria Hermione. Je… c'est trop déroutant. Luna, laisse-nous un peu de temps. Je voudrais… je voudrais en parler à Ron.

- Allo ! Mon appart va devenir un défilé de Gryffindors ? »

Tous le regardèrent.

« C'est facile pour toi ! Tu peux lui parler, tu peux le voir ! Pourquoi toi ?, s'époumona Hermione. Il te déteste et toi aussi. Nous… il nous manque. Pourquoi il a fallu que ça soit toi ? »

La jeune femme éclata en sanglot et son ami Neville la consola.

« On va y aller, dit-il. Je… Excuse-la Draco, mais… pour moi aussi, c'est incompréhensible.

- Mais pour lui aussi, s'interposa Luna. Vous ne voyez pas qu'ils ont créé des liens ? Et puis Draco n'est plus le petit caïd qu'il était. Il l'a quand même montré pendant la guerre. Il a perdu autant que les autres en changeant de camp. Dis-leur ! Et toi aussi Harry, dis ce que tu ressens

- Je vous ai perdu mais…, Harry regarda Draco, j'ai vraiment gagné un ami. Il n'est plus celui que vous connaissiez. Je crois aussi que vous devriez partir maintenant et revenir plus tard… mieux organisés. »

Luna rapporta ses propos et récupéra son manteau.

« Je pense aussi que Ron a besoin de lui dire au revoir. Pourquoi ne pas se voir tous à Grimmaud ?, suggéra-t-elle. Tu pourras l'amener Draco ? Sinon, on peut t'aider.

- Il m'amènera, répondit Harry à sa place. Maintenant, laissez-nous. »

Tant bien que mal, le studio se vida.

« Que penses-tu du fait que je parte ?, demanda timidement Harry.

- C'est ce qu'il y a de mieux pour toi, répondit agressivement Draco.

- Je croyais qu'il y avait… des liens entre nous et…

- Et quoi ? Qu'est-ce que tu vas devenir ? Tu… tu vas nous voir vieillir puis mourir, un par un, impuissant, et… et tu seras seul ! C'est ce que tu veux ? C'est toi qui m'as dit que nous deux c'était… c'était vain », cria presque Draco.

Lui dire ces mots lui faisait mal mais… « partir » était la seule solution logique et qui était-il pour le retenir égoïstement ? Ni un ami, ni un petit ami. Juste une connaissance de passage. C'est ça. Tous ceux à l'extérieur du miroir étaient et seraient de passage.

Harry le fixait tristement et gravement. Le rendez-vous avec ses amis avait été fixé pour la semaine suivante.

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Durant cette semaine, Draco s'était muré dans le silence et l'alcool. Il rentrait tard, ivre et ne disait plus rien. Il se réhabituait à être seul et à avoir un miroir normal et vide. Harry avait insisté, les premiers jours, mais lui aussi sombra dans la mélancolie. Voilà comment ça allait se terminer. Plusieurs fois il avait demandé à Draco ce qu'il en pensait mais l'autre ne voulait plus discuter et l'ignorait. Un soir il avait même ramené un amant qu'il avait baisé jusqu'au lever du jour.

Le matin du rendez-vous, Harry lui demanda de partir plus tôt. Draco obtempéra et silencieusement suivit les indications de Harry pour se rendre à Grimmaud.

« Ca va te saouler mais… peux-tu me montrer toutes les pièces ? »

Sans une plainte, Draco s'exécuta. La maison portait les stigmates de son abandon : poussière, toiles d'araignée, odeur de renfermé mais Harry se sentit bien d'être de retour chez lui. Luna avait eu une bonne idée.

La visite terminée, Draco se mit à la fenêtre et fuma en silence.

Harry aussi restait silencieux. Tout allait finir comme ça entre eux ?

Par un heureux hasard, Luna arriva en avance aussi, sitôt la cigarette consumée.

« Bonjour les tourtereaux ! », lança-t-elle joyeusement.

Harry sursauta et Draco se raidit.

« Bonjour Lovegood. La relève est assurée, je pars.

- Tu ne restes pas ?, hurla presque Harry, collé à la glace.

- Pourquoi faire ? Traîner avec ta bande comme au bon vieux temps ?

- Pas la peine de m'agresser ! Dégage ! C'est chez moi ici, je peux te le dire. »

Le regard gris se voila imperceptiblement.

Draco haussa les épaules. A quoi bon rester ? S'il le faisait, c'est lui qui supplierait Harry de ne pas partir. Il ne pouvait pas le perdre une seconde fois, c'était trop douloureux. Et puis au milieu des autres il allait faire tâche. Harry devait se languir de revoir ses amis une dernière fois avant de "s'élever".

Sans un mot, sans un regard en arrière, Draco quitta la demeure.

Dernier chapitre : Le jour où j'ai traversé le miroir