*entrée très discrète* Euh... Bonjour à tous - Aaah, me frappez paaas ! *s'enfuit à toutes jambes*

Bref, euh... *toussote* Sinon, vous allez bien depuis le premier chapitre ?... Moi, ça va :D #SBAM#

Ok, ok, je me tais... Désolée, vraiment, pour le temps d'attente entre le début de cette fic et le deuxième chap m (_ _) m (le pauvre, il a stagné je ne sais combien de temps sur mon ordinateur sans que je daigne le finir...). En tout cas, le voilà enfin, suite à un accès de culpabilité hier soir : je me suis mise à écrire et je ne me suis pas arrêtée avant de l'avoir terminé (comme quoi il suffit d'avoir la volonté... Mais je suis une grosse feignasse x) ). Et, comble de la surprise, devinez quoi ? J'ai même fini le chapitre trois dans la foulée ! Et si, et si, c'est bien vrai, vous avez bien - pas la peine d'applaudir merci mer- #reSBAM#

Allez, je vous lâche, en espérant que vous allez aimer ce chapitre que vous avez bien mérité ;) J'espère juste que mon écriture ne paraîtra pas trop forcée à certains endroits... Je me suis retrouvée en panne d'inspiration à plusieurs reprises ^^'


A perdre la tête

Chapitre 2 : Les moutons rentrent au bercail

Après deux mois d'hibernation, le lycée reprend soudainement vie un matin. Ses grilles de fer grincent de nouveau, ses gonds s'étirent par manque d'exercice durant ces deux mois à avoir grillé doucement sous le soleil de l'été. Bientôt, les couloirs résonnent de nouveau du bruit des conversations et des éclats de rire des lycéens qui se retrouvent après des vacances bien méritées. Les professeurs se retrouvent entre eux dans cet îlot de paradis au milieu de l'enfer qu'est la salle des profs et se racontent leurs vacances respectives avec – déjà... – comme un ton de nostalgie. La sonnerie rappelle tout ce petit monde à l'ordre et chacun saisit son emploi du temps. Pourtant, il est une salle dans ce lycée où la douce euphorie des retrouvailles entre élèves et professeur n'est pas au rendez-vous...

─ Bonjour à tous, bande de sales gosses, fit le professeur en claquant la porte. J'espère que vous avez passé d'épouvantables vacances à n'avoir plus d'ongles à force de vous les ronger en vous demandant si vous alliez avoir la malchance de m'avoir comme professeur à la rentrée !

Les élèves ouvrirent de grands yeux incompréhensifs voire déjà intimidés. Leur professeur n'était autre que Toshizô Hijikata et les rumeurs qui couraient sur le professeur de littérature étaient plutôt effrayantes – et apparemment, elles n'étaient pas infondées...

─ En tout cas, de mon côté, j'ai passé des vacances fantastiques, c'est gentil de demander. J'ai eu tout le temps de me confectionner un stock d'interros surprises pour les jours où je serai absent ! D'ailleurs, on va commencer tout de suite... J'espère pour vous que vous n'avez pas passé tout votre temps libre scotchés aux jeux vidéos, bande de mollusques décérébrés !

Fébrilement, les élèves se grattèrent la tête en essayant de se rappeler ce qu'ils avaient pu faire en littérature au cours de l'année passée. Hijikata parcourut du regard leurs visages angoissés avec satisfaction avant de tomber sur celui, beaucoup moins inquiet, d'un étudiant au dernier rang. C'était ce p'tit con de Kazama qui regardait son portable sous sa table en croyant stupidement qu'il était trop bête pour ne pas le remarquer !

─ Kazama ! s'exclama-t-il, faisait sursauter toute la classe et surtout le principal intéressé.

Avec un plaisir presque sadique, Hijikata vit passer une lueur inquiète dans son regard.

─ Oui, m'sieur ?

─ Tout d'abord c'est MONSIEUR et pas m'sieur – mais rappelle-moi, ce n'était pas en maternelle qu'on apprenait à parler correctement ? Deuxièmement, viens au tableau me réciter la biographie d'Edgar Poe. Si je me souviens bien, la littérature étrangère, c'était au programme de l'année dernière, non ?

Pour le coup, le visage au teint déjà clair de Kazama devint carrément livide et ce dernier se mit à balbutier des mots incompréhensibles tandis qu'Hijikata ricanait intérieurement en le voyant en si mauvaise posture...

Hijikata s'étira en bâillant puis ouvrit les yeux. Oh, ce n'était qu'un rêve... Dommage. La joie, que dis-je, l'exaltation d'avoir enfin coincé ce sale gosse de riches de Kazama et de le voir nager dans la panade aurait été simplement tordant. Si ç'avait été réel, il lui serait presque venue l'envie de le photographier pour l'encadrer sur sa cheminée pour se souvenir à tout jamais de ce moment mémorable.

Il passa un bras à côté de lui mais le matelas était froid. Soit elle était déjà levée depuis longtemps, soit elle était... Bah, tant pis. Il en avait vu partir d'autres.

« Peut-être que je n'aurais pas dû être aussi dur avec elle hier soir... Mais toutes ces conneries qu'elle me sortait sur l'amour et la vie de couple étaient tout bonnement insupportables » pensa-t-il en se retournant pour regarder son réveil d'un œil encore à moitié endormi. Qu'est-ce que c'était que ces chiffres ? 7... 5... 6... Sept heures cinquante-six ! Et il reprenait à huit heures et demi !

Il s'éjecta de son lit d'un bond et courut à la salle de bain tout en sautillant pour enfiler le pantalon de son costume. Alors qu'il remettait un peu d'ordre dans ses mèches folles, il cria à travers la porte :

─ Mai, tu m'as préparé mon petit-déjeuner ?

Pas de réponse. Cette fois-ci, c'était officiel, elle était vraiment partie. Il ne lui restait plus qu'à avaler les restes de la veille et prier pour qu'un de ses collègues soit d'humeur assez charitable pour partager son bentô avec lui.


Plus vite... Plus vite...

Hijikata sentait le vent siffler à ses oreilles alors qu'il courait – que dis-je : qu'il volait à s'en crever les poumons le long de la rue. Les passants se retournaient sur son passage en se demandant où pouvait bien aller cet homme qui sprintait comme s'il avait un diable champion mondial du deux cents mètres aux trousses, à cette heure de la matinée (huit heures et quart, tout de même) et dans cette tenue (un élégant costume-cravate, chic mais pas très adapté au jogging matinal). S'entraînait-il pour les Jeux Olympiques ? Dommage, les prochains au Japon n'étaient qu'en 2020...

Un tout petit peu plus vite...

Il lui semblait entendre les coutures de son costume craquer dangereusement, mais il ne pouvait pas prendre le risque de s'arrêter pour vérifier.

Encore une minuscule pointe...

Hijikata franchit le tournant de la rue avec un dérapage à la limite du contrôle qui lui valut un double regard noir de la part de la vieille dame et de la peluche poilue qu'elle traînait au bout d'une laisse qu'il faillit renverser. Encore une chance qu'il soit plutôt sportif ! Comme quoi être de corvée pour surveiller le club de kendo pouvait avoir du bon...

Ce n'était pas la sonnerie de huit heures vingt qu'il venait d'entendre ?! Bon sang, ce n'était que le premier jour de la rentrée et il était déjà en retard ! Pas sa faute si son réveil avait eu la fantaisie de tomber en panne pendant la nuit...

Il piqua un sprint en arrivant dans la rue principale... Et là, le lycée ! Un petit coin de paradis dans un monde devenu fou... Comme ses hauts murs de béton d'un blanc presque crème, coiffés par la chevelure émeraude des arbres de la cour lui avaient manqué pendant les vacances ! Et voilà que la grille s'en fermait déjà... poussée par un protagoniste aux cheveux violets que nous connaissons bien. Hijikata se jeta sur le portail au moment où le chuintement de la serrure bien huilée qui se refermait retentissait.

─ Attends ! s'écria-t-il en voyant le chargé de discipline qui s'éloignait, mine de rien. Ouvre-moi, s'il te plaît !

Celui-ci se retourna et regarda l'homme qui secouait la grille de toutes ses forces.

─ Saito-kun ? fit Hijikata, surpris, en le reconnaissant.


─ Saito-kun ?

Saito tourna la tête vers lui. Visiblement, il le reconnaissait. Un instant, il faillit s'en aller, l'air coupable – sa mère ne lui avait-elle pas interdit de parler au professeur de littérature, bien que ses raisons soient encore obscures ? Peut-être, mais ça, c'était en dehors du lycée. En tant qu'étudiant, il ne pouvait pas se permettre d'ignorer l'ordre d'un membre du personnel de son établissement. Mais de toute façon, Hijikata-san était en retard, non ? Et, dans son costume de chargé de discipline, il ne pouvait pas tolérer ça, même venant d'un professeur.

Il tourna donc le dos au professeur de littérature et l'abandonna à son triste sort, le nez rivé aux barreaux. Si vous voulez connaître la suite, sachez simplement pour mettre un peu de baume à l'orgueil blessé de l'enseignant que Kondo le trouva à essayer d'escalader les barreaux au péril de son uniforme et lui ouvrit la grille en se confondant en excuses à la place de Saito alors que le professeur, en pétards, ruminait une colère noire. (Il défoula ensuite ses nerfs déjà à bout sur ses élèves qui développèrent ensuite une très forte allergie à la littérature.)

De son côté, Saito regagna le rang de sa classe, lorsqu'une connaissance aux cheveux bruns savamment coiffés façon « décoiffés », aux yeux verts pétillants de malice et au visage resplendissant de bonne humeur se jeta sur lui.

─ Saitooo ! fit-il en le serrant contre lui pour lui ébouriffer sa tignasse violette, au grand dam de son propriétaire. Alors, tu as passé de bonnes vacances ? Tu t'es fait des amis ? Non, j'imagine... Tu n'as pas passé trop de temps à réviser, hein ? Tu vas mourir d'épuisement, à force...

─ C'est sûr que pour quelqu'un qui est au supplice dès qu'il ouvre un cahier, fit Saito en tempérant les excès d'affection de son ami, tu as dû considérer comme normal de faire un feu de joie avec tes cours de l'année dernière...

─ Faux ! s'exclama le brun en agitant négativement un doigt devant son nez. Je n'ai pas fait de feu de joie, je m'en suis servi pour faire un barbecue. Nuance.

─ C'est la même chose : au final, tu es aussi bête que l'année dernière...

─ Ne sois pas si méchant Saito-kun~

Okita en profita pour ébouriffer les mèches violines de son ami qui venait à peine de se recoiffer.

─ Ah, laisse-moi ! ordonna le chargé de discipline en écartant la main de son ami. Et au fait, tu ne devrais pas déjà être en cours ? lui fit-il vertement remarquer.

─ Pff... Tu n'es pas drôle Saito-kun.

Lorsque son ami se désintéressa de lui pour rentrer en cours, Saito ne put s'empêcher d'avoir un pincement au cœur. C'était de sa faute, il le savait, si Okita finissait par de détourner de lui à force de méchancetés, mais il ne pouvait pas se comporter autrement, même avec son meilleur ami... D'une part, il se devait de conserver sa réputation du terrible chargé de discipline intraitable avec les élèves (et les professeurs) en retard, mais d'autre part, c'était aussi une façon de protéger sa nature timide et fragile. C'était un masque, une armure, et maintenant qu'il l'avait adopté, il ne pouvait plus s'en défaire.

Saito soupira avant d'emboîter le pas à son camarade.


La sonnerie de dix heures retentit comme le gong de la délivrance, annonçant la récré et son lot de réjouissances (deux heures sans pouvoir se lever ou parler, c'était de la torture !). Les enseignants, quant à eux, se dépêchèrent de remballer leurs affaires pour s'enfuir en salle des professeurs. Pour eux, c'était désormais le moment de comparer leurs emplois du temps et leurs élèves, de s'extasier sur les bons qu'on avait eu la chance d'avoir et de râler sur les mauvais sur lesquels on avait eu la malchance de tomber cette année. Hijikata grinça des dents en découvrant qu'il allait une nouvelle fois se coltiner cet impertinent de Kazama cette année, et haussa des sourcils en voyant le nom de Hajime Saito dans sa liste d'élèves. Saito était un excellent élève, ne répliquait jamais et se tenait toujours très bien en classe – alors pourquoi Hijikata ne ressentait-il pas de la satisfaction à cette nouvelle, outre le fait que le chargé de discipline lui ait claqué la porte au nez quelques heures auparavant ? L'accident étrange qui s'était produit quelques jours plus tôt avec la mère de Saito lui revint en mémoire et il se sentit soudain mal à l'aise.

Quelques mètres plus loin, le professeur de mathématiques Sanosuke Harada repassait en vue sa liste d'élève tout en profitant de l'absence de son encombrant collègue Shinpachi Nagakura, qu'il n'avait pratiquement pas vu depuis la rentrée. Sans doute était-il occupé à ranger le gymnase, songea-t-il...

A peine cette pensée avait traversé son esprit que la porte de la salle des professeurs s'ouvrit à la volée.

─ ON A GAGNÉÉÉÉÉÉ !

Shinpachi bondit dans la salle et attrapa le professeur le plus proche de lui alors que les autres faisaient un bond magistral.

─ Quoi, qu'est-ce qui se passe ?! s'écria Kondo en émergeant d'une sieste.

─ ON A GAGNÉ !

Shinpachi le serra fort contre lui avant de l'embrasser sur la joue. Puis, bras ouverts, il se mit à tourner dans la salle des professeurs avant de se diriger vers Sano...

Et, et, eeeet...

Au moment où il allait le prendre dans ses bras, Sano le repoussa brusquement.

et raté.

─ Qui a gagné quoi ? s'enquit le professeur de mathématiques tout en le gardant à une distance raisonnable de lui.

─ Bah... Le Japon a gagné les demi-finales de foot hier soir, t'as pas suivi ?

Shit.

─ Quoi ? Et c'est pour ça que tu fais tout ce bazar ?

─ ...Même pas un p'tit bisou pour fêter l'évènement ? l'implora-t-il tandis qu'il cherchait la pitié dans ses yeux.

Shinpachi s'immobilisa tout à fait en sentant une main se poser sur son épaule. Il se retourna à demi.

─ Ah, Hijikata-san ! Je vous ai dérangé ?... fit-il d'une voix qu'il tentait de rendre la plus petite, la plus minuscule possible.

─ Abruti fini, grinça ce dernier entre ses dents.

Le cri du professeur de sport l'avait surpris et le contenu de sa tasse de café était allé se répandre sur son costume à peine sorti du pressing.

─ C'est le deuxième costume que je salis en moins de vingt-quatre heures, continua-t-il en retenant de sa poigne de fer Shinpachi qui tentait de se cacher derrière Sano. J'espère que tu as de l'argent de côté...

Sur ce, Itô décida de s'en mêler en insistant sur l'effroyable frayeur que son incompréhensible hurlement lui avait provoquée et sur les probabilités qu'il avait de mourir d'un arrêt cardiaque « à son âge, quand même ! ». Entre la voix de crécelle de son collègue et la perspective de nouvelles dettes qui pesait sur ses épaules, Shinpachi se retint de se prendre la tête à deux mains.

Encore raté... Je vais devoir me préparer un plan B.


A l'heure du déjeuner, les bentô s'ouvrirent comme des fleurs sous le soleil retrouvé et les couloirs retentirent des conversations. Dans un coin de la cour, une grande brunette à l'uniforme élégant semblait s'impatienter, son portable à la main.

Nuggets a écrit : Qu'est-ce que tu fais ? On avait pas prévu de se retrouver pour déjeuner ?

Nexpresso a écrit : Si, si, j'arrive...

Enfin, Sen – car c'était elle – releva le nez de son écran et, apercevant son amie dans la foule, lui fit de grands signes. Celle-ci la rejoignit et s'assit en face d'elle.

─ Eh bah alors ? fit-il d'un ton faussement bougon, tu t'es perdue, Chizuru-chan ?

─ Ah ah, on peut dire ça comme ça...

─ Alors, comment se sont passées tes vacances ?

Chizuru fit la moue sans rien dire.

─ Je vois... devina son amie. Mais encore ?

─ Je préfère largement être ici que chez moi. A la maison, l'ambiance n'est pas terrible, et c'est de pire en pire.

Sen fronça les sourcils. Elle devinait à quel point ce genre de situation pouvait être pesante et intenable, pourtant elle ne comprenait pas l'impuissance de son amie si ç'avait été elle, cela aurait fait longtemps qu'elle aurait gueulé plus fort que les autres pour les faire taire, ou au moins elle aurait tenté d'arranger la situation, de voir ce qui n'allait pas. Mais Chizuru... Quand elle la voyait comme ça, les épaules légèrement voûtées, la tête un peu rentrée dans les épaules, comme si elle voulait prendre le moins de place possible, Sen se disait qu'elle n'arriverait à s'en sortir. L'air de rien, les disputes incessantes de son frère et de son père étaient en train de lui bouffer sa jeunesse. Et c'était pour ça qu'elle était là, elle, Sen, pour lui remettre un peu d'aplomb et lui changer les idées, parce que Chizuru était son amie et qu'elle n'abandonnait jamais ceux qui lui étaient chers. Elle ne faisait même pas cela par pitié.

D'ailleurs, il y avait aussi une autre chose qu'elle s'était promise d'arranger pour son amie...

Elle lui désigna un groupe de garçons qui passait un peu plus loin.

─ Et lui, alors ? lui demanda-t-elle en souriant. Ça n'avance toujours pas entre vous ?

Le nez de Chizuru fit un beau piqué dans son bentô.

─ Quoi, « lui » ? balbutia-t-elle en rougissant.

─ C'est pas la peine de mentir, tu sais, tu es rouge comme une tomate... Tiens, regarde, il vient par là.

Chizuru releva la tête et sortit précipitamment un mouchoir pour s'y cacher. Un jeune homme était sorti du groupe et avançait vers elles avec hésitation, sans savoir quoi faire. Finalement, il leva la main et fit un signe à Chizuru de loin, auquel elle répondit en souriant timidement. Il resta là quelques secondes, ignorant quoi faire de ses mains, puis il retourna vers ses amis après un dernier sourire bête. Sen soupira.

─ Nan mais je vous jure, c'est la même chose des deux côtés... Comment comptez-vous faire quelque chose de ça ? Il est aussi empoté que toi !

Chizuru souriait toujours bêtement sans tenir compte de la remarque de son amie.

Et bah, c'est pas gagné...


Saito avait un gros problème.

Un problème encore plus gros que la dernière « blague » de Sôji dans les toilettes des filles (qui soit dit en passant était déjà énorme).

Debout, son sac serré contre lui comme une barrière contre les dangers du monde extérieur, Saito gardait les yeux obstinément baissés au sol. Devant lui, Hijikata avait croisé les bras sur son torse et le fixait d'un regard de glace. A vrai dire, si l'on y regardait bien, ses yeux étaient tous sauf figés : ils irradiaient plutôt un feu terrible qui prenait sa source dans sa fureur. Tout près de lui, Saito pouvait voir tout cela. Seulement, il n'avait pas la moindre envie de lever la tête.

Et ce n'était qu'une partie du problème. L'autre grosse catastrophe était qu'Hijikata était également son professeur principal. A lui. Sur la vingtaine de profs du lycée. Il devait avoir un mauvais karma ces temps-ci, il ne voyait pas d'autre explication.

Apparemment, l'épisode de la grille du lycée était encore tout frais dans l'esprit du professeur de littérature. Il allait avoir l'année pour lui faire payer.

Hijikata renvoya Saito à sa place et Sôji, devant lui, se retourna pour siffler d'admiration.

─ Et bah dis donc, je me demande ce que t'as pu faire pour le mettre dans cet état... Je l'ai jamais vu aussi énervé, à part la fois où j'ai fait une bosse dans la carrosserie de sa voiture sans faire exprès (je précise).

─ Tais-toi et retourne-toi, grinça Saito en sortant ses affaires.

─ Pff... Rabat-joie, souffla le brun en se retournant tout de même.

Pendant toute l'heure, Saito essaya de se concentrer sur les paroles de son professeur, mais il était trop perturbé par l'attitude hostile d'Hijikata. S'il s'était porté volontaire pour être chargé de discipline, c'était justement pour éviter ce genre de problèmes : il était l'élève modèle, celui auquel on n'avait rien à reprocher, celui qui se fondait dans la masse. Maintenant, il entendait presque les ricanements des autres élèves dans son dos et se sentit très mal à l'aise en imaginant leurs yeux fixés sur sa nuque. Il se gratta nerveusement le cou et s'immobilisa, se sentant bête, avant de s'obliger à respirer à fond. Qu'est-ce que c'était que ces histoires qu'il se montait tout d'un coup ? Il jeta un coup d'œil derrière lui. Non, il n'y avait rien – attendez... Est-ce que ces deux-là ne venaient pas de regarder dans sa direction ?

Il se redressa et tâcha de se concentrer sur le tableau, mais ses pensées dérivaient toujours.

En plus de tout ça, il y avait la drôle d'interdiction que sa mère lui avait posée : ne pas parler au professeur de littérature... Maintenant, c'était assuré, il ne risquait plus de lui parler en-dehors des cours. Malgré tout, il avait beau avoir pressé sa mère de questions, elle avait refusé de lui dire pourquoi, mais elle ne semblait pas porter Hijikata dans son cœur...


Saito poussa la porte d'entrée du petit appartement que sa mère et lui occupaient dans le centre-ville.

─ Je suis rentré !

De la cuisine, la voix de sa mère lui parvint :

─ Alors, comment s'est passée ta journée, mon chéri ?

─ Comme une journée de rentrée, répondit-il en la rejoignant.

Saito attrapa un torchon pour aider sa mère à essuyer la vaisselle lorsqu'il releva la tête, semblant se rappeler quelque chose.

─ Au fait, fit-il, tu te souviens de l'homme que tu as croisé au restaurant il y a quelques jours ? C'est mon professeur principal cette année.

Sa mère reposa l'assiette qu'elle était en train d'essuyer.

─ Ah. J'espère que ce sera un bon professeur.

─ Hmm...


Quelques heures plus tard, le téléphone portable d'Hijikata sonnait dans sa poche, alors qu'il était en pleine correction de sa toute première interro de l'année (infligée à une pauvre classe pour venger son costume taché).

─ Allô ?

─ J'ai appris que tu étais le professeur principal de mon fils cette année.

─ Pardon ? Qui êtes-vous ?

─ Ne fais pas semblant, tu vois très bien de qui je veux parler.

─ Excusez-moi, mais je suis actuellement le professeur principal de trente-deux élèves dont seize garçons, donc...

─ Je vais être plus directe : il est absolument hors de question que tu lui adresses la parole en dehors des cours, c'est clair ? En cas contraire, tu auras affaire à moi.

Son correspondant raccrocha et Hijikata se retrouva à déblatérer avec la tonalité de son portable. Soupirant, il raccrocha à son tour et se tint la tête à deux mains.

L'année commençait bien.


Et voilààà... Décevant, pour un chapitre qui a mis quatre mois à sortir, non ?... (conscience : quatre mois, quatre mois... T'es gentille) Mais, mais... Mais d'où tu donnes ton avis, toi ?!

Bref... Je crois qu'on commence à voir quels vont être les grands couples de la fic (même s'il en manque encore pas mal ^^ j'aimerais tous les faire, mais je crois que ce n'est pas possible, vu mon idée... Au pire, je ferais de la suggestion (gomenasai me tapez pas pleaaase)). Je remercie ici (puisque j'ai complètement oublié de le faire plus haut) les deux lectrices qui m'ont laissé des reviews absolument adorables (et dès le premier chapitre ; aah, je suis comblée !), Louve et Suzuka-san ! En espérant que votre patience a été récompensée :D

Louve : Aaw merci beaucoup \(^o^)/ Délirant ? Oh, mais ce n'est encore rien par rapport à la suite... (niark niark niark) Moi aussi j'aime bien Saito tout timide, même s'il le cache bien x) (ma réaction à chaque fois qu'il apparaît dans l'anime : WOUAAAH ! Il est tellement... y'a pas de mots pour le décrire ^^) Sa mère ? Eh oui, le pauvre... Quant à Ito... J'ai laissé mes sentiments s'exprimer à ma place XD Ah, tu n'aimes pas le yaoi ? Mince... Je vais essayer de rester suggestive pour toi (de toute façon je n'aime pas trop les lemons alors...) en attendant, je t'ai réservé un petit couple encore normal *pousse Heisuke et Chizuru sur le devant de la scène* Cadeau ! Merci beaucoup pour ce commentaire tout gentil (ça me fait un bien fou quand j'en lis des comme ça, c'est vraiment ma récompense !) !

Suzuka-san :je t'ai déjà répondu par MP mais encore une fois, merci pour cette review ! La rencontre de Saito et Hijikata dans un McDo ? A vrai dire, j'ai écrit cette scène sur un coup de tête, et le McDo s'est imposé sans que j'y réfléchisse trop, mais maintenant que j'y pense, c'est vrai que c'est un peu étrange... Enfin bon, Hijikata est quelqu'un de normal (non ?... ^^) ! Mais en tout cas, merci à toi de me l'avoir fait remarquer !

Je comprendrais que vous m'en vouliez au point de ne pas vouloir laisser de review, mais on peut toujours espérer, non ?... #SBAM#

Le chapitre trois sera posté le week-end prochain, et promis, je me mets sérieusement à cette fic !