Clarke avait attendu que la nuit tombe et que le camp soit un peu plus calme pour ressortir de sa tente. Elle avait noué un tissu autour de ses cheveux à la manière de certaines terriennes pour que leur couleur attire moins l'attention dans la pénombre et éviter qu'on lui pose des questions.
Elle traversa le camp le plus naturellement possible, s'écartant souplement des lueurs rougeâtres des feux de camps autour desquels s'étaient rassemblés quelques hommes, mais la tâche était plutôt aisée, étant donné que le plus gros des troupes était allé se reposer pour le lendemain. Le silence relatif de l'espace était ponctué de quelques cris d'animaux sauvages, de mots échangés à voix basse et du craquement que produisait le bois en brûlant.
Clarke prit le temps de regarder tout autour d'elle les formes pâles des tentes qui se détachaient sur le fond bleu flou de ce début de nuit, et la silhouette imposante et sombre des forêts qui s'étendaient au-delà. Son regard se perdit enfin dans le ciel où n'apparaissait pas encore d'étoiles et elle ralentit insensiblement son allure alors qu'elle se laissait gagner par ce profond calme que cet environnement produisait sur elle. S'être isolée lui avait donné un peu de répit et vraiment fait du bien, et elle eut la cruelle impression que, peut-être, elle ne pourrait plus retrouver ces impressions de la même manière après la bataille, quelle qu'en soit l'issue. Mais elle s'y était résolue et l'idée de faire marche arrière ne lui avait pas même traversé l'esprit. Lexa et Bellamy avaient du déteindre un peu sur elle, finalement. Finn avait raison. Elle avait quelque peu changé, c'était vrai, mais elle ne parvenait pas à se décider sur la question qui était de savoir si c'était en bien ou en mal. Toujours était-il que ce qu'ils s'apprêtaient à faire dès les premières lueurs du jour lui paraissait juste, et elle ne pouvait plus s'y soustraire.
Tout en pensant à toutes ces choses, elle était parvenue à proximité de la tente du commandant et elle se faufila entre les ombres pour s'en approcher. Elle attendit derrière une des petites tentes silencieuses pour surveiller le lieu et vérifier qu'elle n'aurait pas à affronter le garde qui se tenait en théorie devant le quartier général de jour comme de nuit, mais elle ne voyait personne. Elle ne s'en étonna pas tellement : ce soir était une nuit spéciale et ils avaient besoin de toutes leurs forces pour le lendemain. Ainsi, seuls les quelques vigiles postés à l'extérieur du camp pour prévenir une éventuelle attaque étaient d'une absolue nécessité. Le reste des terriens et des gens de l'arche, excepté les quelques hommes qu'elle avait vus près des feux, devait dormir tranquillement.
Assurée de ce raisonnement, elle fit quelques pas à découvert en tendant l'oreille. Mais personne ne l'apostropha pour lui demander ce qu'elle faisait là. Elle s'approcha encore un peu plus de l'ouverture de la grande tente, puis tendit la main vers le lourd pan de toile et l'écarta de quelques centimètres. Elle entendit soudain un craquement derrière elle et, sans plus réfléchir, entra dans la tente et rabattit rapidement le pan derrière elle.
La tente était baignée dans une lueur tamisée que créait la large bougie posée sur la table centrale. Lexa, seule, lui tournait le dos et semblait s'affairer devant un petit coffre. Clarke attendit sans bouger quelques instants en surveillant d'une oreille si le craquement qu'elle avait entendu dehors n'était pas dû à la présence de quelqu'un. Mais avant que, rassurée, elle eut le temps de parler, Lexa se retourna et s'aperçut de sa présence. La surprise se peignit sur son visage.
« Clarke ! »
Celle-ci s'avança de quelques pas et avoua :
« Je voulais voir si tu étais encore une fois la dernière debout. »
En croisant le regard de Lexa qui commençait à se faire réprobateur, elle la devança :
« Mais je n'arriverais pas à dormir, de toute façon. Je suis trop... agitée pour demain. »
Lexa acquiesça et recommença à ranger ses affaires distraitement, en restant tournée vers elle.
« Tu voulais quelque chose en particulier ?
- Je ne sais pas... Je me suis rappelé que l'on ne se verrait peut-être plus avant la bataille. »
Lexa sembla s'immobiliser mais garda le regard fixé sur un point imaginaire sur la toile de la tente, ses mains s'affairant toujours à déplacer des pièces d'armure et des tissus.
« … Et peut-être même plus du tout après... Je sais que tu m'as dit de ne pas y penser, et je ne suis pas là pour te dire que j'ai peur. Surtout que... je n'ai plus peur. »
Clarke guettait les réactions de Lexa qui détourna légèrement sa tête pour fouiller dans le coffre, l'empêchant de scruter les expressions de son visage plongé dans la pénombre.
« Tant mieux.
- Je voulais... Je voulais simplement te voir une fois avant que le jour se lève. »
Clarke inspira profondément elle avait pris sa décision et ne comptait pas se dérober une fois de plus.
« Lexa, s'il-te-plaît, regarde-moi. »
Celle-ci se redressa et se tourna lentement vers elle. Clarke remarqua seulement à ce moment qu'elle portait encore son amure presque complète, avec ses empiècements de cuir et d'acier. Seules les pièces les plus lourdes et encombrantes étaient posées sur la table à quelques centimètres d'elle, et laissaient deviner les formes de son corset de cuir qui lui ceignait la taille brillait avec ses pièces métalliques et accrochait le regard, la matière épaisse de son vêtement luisait aussi mais moulait son buste.
Lexa restait immobile alors que Clarke l'observait et laissait vagabonder son regard au gré des formes de sa silhouette. Ses épaules étaient débarrassées des empiècements en métal qui lui donnaient une carrure menaçante, la lanière qui lui barrait la poitrine avait disparu, certainement aussi reléguée dans un coin. Clarke pouvait percevoir le mouvement de sa respiration à travers les vêtements qui restaient. Ses longs cheveux sombres étaient ramenés sur un côté seulement de son cou et descendaient en serpentant le long de son bras droit. Son port de tête était fier comme à l'accoutumée et dégageait sa gorge qui ressortait dans la faible clarté. Ses bras reposaient le long de son corps, immobiles, et ses mains étaient nues.
En remontant, les yeux de Clarke accrochèrent ceux de Lexa, qui brillaient d'une intensité intimidante. Ses pupilles, comme souvent très dilatées, happaient la lumière de la bougie et l'hypnotisaient presque. Débarrassé de ses peintures de guerre, son visage harmonieux paraissait moins impressionnant mais d'autant plus attirant. Clarke ressentit l'envie de passer sa main dans ses cheveux tressés et de toucher ses pommettes saillantes. Elle croisa encore une fois le regard de Lexa et céda. Elle s'avança vers elle alors qu'elle faisait de même, et elles se rencontrèrent dans un même souffle.
Lexa tendit le cou vers elle pour attraper ses lèvres tout en glissant une main derrière sa nuque et Clarke passa un doigt dans une des boucles de son corset pour l'attirer plus encore. Leur baiser était brûlant, plus passionné que les précédents, et elle sentit tout son corps s'électriser à ce contact impatient.
Elle enroula son bras autour de la taille du commandant pour la presser un peu plus contre elle et sentit leurs deux respirations haleter à l'unisson quand elles se séparèrent un court moment pour reprendre leur souffle. Mais cette pause ne dura pas ; Clarke se jeta à nouveau sur ses lèvres, entrouvrant les siennes à la recherche de sa langue qui s'unit à la sienne immédiatement. Elle avait entremêlé ses doigts à ses cheveux et collé son corps au sien, gênée par le cuir épais de son armure. Mais elle ne voulait pas risquer de se séparer ne serait-ce que d'une seconde de Lexa, et sa main droite alla chercher le creux vulnérable de sa nuque qu'elle érafla de ses ongles. Ce contact fit réagir celle-ci, qui pencha la tête en arrière, offrant une de ses clavicules aux baisers brûlants de Clarke.
Cette dernière sentit une main agripper ses cheveux tandis qu'elle recouvrait chaque centimètre de peau exposé de ses lèvres enfiévrées, et l'autre chercher précipitamment le col de sa veste pour la faire glisser le long de ses épaule. Alors elle baissa la tête et s'affaira à défaire chaque attache du corset devenu dérangeant de ses doigts tremblants. Lexa grogna et se joignit à elle, l'aidant à lui ôter sa large protection de cuir puis à retirer sa propre veste dans des mouvements impatients.
Elles se retrouvèrent alors face à face, écartées de nouveau de quelques centimètres, la respiration rapide, se dévisageant dans un contact visuel chargé de désir. Les cheveux de Lexa étaient légèrement défaits et son apparence dépourvue toute protection à la taille la rendait plus vulnérable. Mais son aura de puissance intimidante était toujours là, et Clarke se sentait enveloppée dans la tension qui régnait entre elles. Il ne restait à Lexa que ses épaisses manches sombres pour toute relique de son armure si imposante et elle s'approcha d'elle dans l'idée de les lui retirer aussi.
Mais Lexa la devança et l'attrapa par surprise. Elle la poussa et Clarke sentit le contact dur de la table de bois au creux de son dos. Le bassin plaqué contre le rebord, elle dut poser une main en arrière alors que Lexa pesait contre elle, le nez à quelques centimètres du sien. Une main enveloppant toujours sa hanche, l'autre posée sur le rebord tout à côté de la place qu'occupait Clarke, celle-ci plongea encore son regard magnétique dans le sien, semblant savourer ce moment où elle l'avait coincée entre elle et la table, puis elle descendit le long de sa mâchoire, de sa gorge, de son épaule, pour y déposer des baisers étonnamment doux, comparés à la fièvre de leur précédente étreinte. Clarke s'immobilisa et reprit son souffle, le regard perdu dans le vague alors qu'elle sentait les caresses lentes que Lexa infligeaient au creux de ses reins, à travers et bientôt sous son tee-shirt. Son dos était parcouru de frissons à chaque mouvement et lui faisait ignorer les protestations douloureuses du bras sur lequel elle s'appuyait pour ne pas tomber sur le bois froid.
Mais quand Lexa glissa une main entre elles pour lui ôter son tee-shirt, Clarke l'attrapa par le poignet pour l'en empêcher et la repoussa légèrement pour se redresser. Elle agrippa le dos de son haut en mailles de sa main ankylosée et se remit à l'embrasser tout en tirant sur sa manche. Lexa la laissa alors la faire descendre le long de son avant-bras alors qu'elle mordillait sa lèvre inférieure. Mais une fois son bras nu, elle le glissa sous sa cuisse et la souleva de quelques centimètres pour la faire asseoir sur le meuble. Clarke croisa ses jambes autour de son bassin et la serra contre elle alors qu'elle luttait pour ne pas se faire étendre sur la table. Elle n'en avait pas fini avec les vêtements de Lexa et, puisqu'elle ne pouvait plus atteindre son autre manche, elle tenta de lui ôter son haut. Mais celle-ci résista tout en essayant de lui arracher le sien et elles luttèrent quelques instants, refusant de céder du terrain à l'autre.
« Laisse-toi faire » souffla Clarke avant de lui mordiller le lobe de l'oreille.
« Non » répondit-elle d'une voix rauque d'impatience.
Et Lexa prit le dessus en imprimant un peu plus de force à ses mouvements. Vaincue, Clarke se laissa retirer son tee-shirt et se retrouva à moitié nue devant elle. Profitant de son temps d'hésitation, elle passa à son tour sa main droite sous la maille épaisse qui lui dissimulait encore la poitrine de Lexa et elle la passa par-dessus sa tête. Déçue de voir que celle-ci portait encore un large pan de tissus noué autour de son buste, elle n'opposa aucune résistance à Lexa qui en profita pour se couler en un instant sur elle et l'allonger contre la table.
Le contact frais du bois contre sa peau nue la fit frissonner, sensation dont elle fut aussitôt distraite par la langue de Lexa qui serpentait sur son ventre. Celle-ci ramena ses bras au-dessus de sa tête et maintint ses poignets d'une seule main contre la table tout en agrippant sa hanche tiède. Ses mouvements étaient délicieux, mais Clarke en voulait plus.
Comme pour y répondre, Lexa était remontée jusqu'à sa poitrine offerte et se mit à caresser ses seins avec sa main libre en la fixant. Elle sentit la chaleur de son désir l'envahir et arqua son dos alors qu'elle commençait à lécher et triturer ses seins endoloris, s'attardant sur ses tétons et en en mordillant les pointes. Clarke haletait bruyamment à présent mais Lexa redescendit déboutonner son pantalon et le lui enlever. Elle grimpa ensuite sur la table, chacun de ses genoux appuyés des deux côtés de Clarke, ses paumes à plat au-dessus de ses épaules. Celle-ci prit le temps de dessiner les contours des épaules de celle qui la surplombait, immobile, effleurant du bout des doigts sa peau tannée par le soleil. Elle passa ensuite les mains autour de son cou, l'amenant une fois encore dans un long baiser où perçait leur impatience.
Clarke remua son bassin contre le sien, brûlant de continuer, mais Lexa, changeant soudain d'avis, lui chuchota à l'oreille, la voix cassée :
« Attends. »
Et elle détacha ses mains de sa nuque pour redescendre souplement de la table. La guerrière tendit alors ses bras vers Clarke qui se redressa et se laissa porter jusqu'au lit, où elle fut déposée avec précaution. Elle s'y assit pour aider Lexa à retirer pantalon, manche et bandelette dans des mouvements de plus en plus désordonnés.
Elles se laissèrent ensuite tomber sur les draps défaits et Clarke s'intéressa à la poitrine nue de Lexa, qui avait commencé à descendre sa main le long de son ventre. Les yeux mi-clos, elle cessa tout mouvement sous les caresses de Clarke, qui avait elle aussi glissé une main de plus en plus près de sa culotte. Alors qu'elle l'en débarrassait, elle décida de faire de même, et elles se retrouvèrent entièrement nues, frémissantes et chacune dévorée par le désir de s'unir à l'autre. Lexa revint suçoter sa gorge en caressant lentement l'entrejambe de Clarke, qui agrippa ses fesses pour la coller à elle. Elle hasarda un doigt vers son clitoris de sa main coincée entre leurs deux corps bouillonnants et fit tressauter le corps tendu de Lexa au rythme de ses pressions. Elle sentait son souffle de plus en plus fort sur sa peau électrisée et la main qui se frayait un chemin entre ses propres jambes. Mais elle tint la cadence, appuyant de plus en plus fort alors qu'elle ondulait au-dessus d'elle. Enfin, Lexa tressaillit violemment contre elle, étouffant un « Clarke » dans ses cheveux épars et la mordant à l'épaule.
Après quelques secondes de pause, elle porta sa main à la sienne et l'écarta gentiment tandis qu'elle reprenait son souffle. Elle releva sa tête encore ivre de plaisir pour accrocher son regard puis sa main parcourut de nouveau le chemin qui menait à l'endroit où Clarke voulait désespérément la sentir. Elle lui écarta un genou du coude et reprit ses caresses de plus en plus insistantes. Les yeux mi-clos, Clarke sentait ses doigts aller et venir et bientôt entrer en elle alors qu'elle enfonçait inconsciemment ses ongles dans le dos de Lexa, et sa tête dans le matelas. Elle s'était mise à gémir et des vagues de plaisir de plus en plus fortes la parcouraient tout entière.
Soudain, une vague plus forte que les autres la submergea et elle laissa échapper un cri étouffé en sentant l'immense chaleur qui irradiait son corps. En reprenant peu à peu conscience, elle vit Lexa se dégager délicatement de ses jambes qui s'étaient refermées sur elle, avant de s'étendre à ses côtés.
Elle tira le drap emmêlé au-dessus de leurs deux corps épuisés avant d'entourer de ses bras une Clarke comblée, qui se nicha contre elle avant de basculer dans le sommeil.
