Hey hey hey... Je sais... Je vais de ce pas me faire lapider pour ne pas avoir terminé plus tôt ce ksdjjkwshfjdghj de chapitre T^T (c'même pas un chapitre d'ailleurs, c'est une moitié de chapitre, jesaisjesaistuez-moi) maybon, il fait la taille d'un chapitre normal alors tout va bien non ? :D... *va mourir*

Vous pouvez dire merci à ma senpai quisereconnaîtran'est-cepas, elle m'a harcelée pour que je finisse ce sjdhskfhdsf de chapitre qui n'en est pas un, et je dois dire que ça redonne de la motivation (maintenant vous savez ce qu'il vous reste à faire 8D /MUR/). Donc, merciiii senpai, ça fait plaisir de voir que j'écris pas que de la merde =w= Et comme vous commencez à savoir que je suis trop paresseuse pour répondre aux reviews directement, le coin des reviews :

Suzuka-san, fidèle au poste ^^ : Sankyooou *meurt de joie* évidemment, Hijikata et Saito sont mes chouchous, c'est normal que ce soit l'intrigue principale 8D J'abandonne le fantastique pour ce chapitre, trop de couples à gérer, mais promis il revient pour le prochain (chap 7, pas chap 6,2), c'est prévu ! Bien sûr, je ne vais pas abandonner maintenant ! =w= Oui c'est vrai, je me suis un petit peu inspiré de ta fic qui m'a vraiment donné envie d'écrire celle-là, d'abord dans les couples, bien sûr, en tant que yaoiste forcenée, je ne trouvais rien à y redire. Ensuite, pour le nom de famille de Kimigiku, c'est très simple, je ne trouvais pas son nom de famille et, n'ayant pas envie de me retaper toute la série, je me suis rappelée que tu l'avais mentionné dans ta fic, j'ai juste repris le même parce que je suis une grosse naïve qui crois tout ce qu'elle voit D': Si j'avais su que tu l'avais inventé, je me serais donné la peine d'en inventer un moi-même x) Et pour le caractère... Je la voyais tellement comme ça moi aussi, et puis mes conneries avec ma soeur sur le scénario allaient dans ce sens ^^ En espérant que ce chapitre te plaise autant que les autres :D

Orellia : Ravie d'avoir pu te rallier à la cause des hakuoukisslistes :D /PAN/ Désolée que tu n'aimes pas le yaoi par contre, la fic tourne principalement autour de ça même si je te fais cadeau de deux couples hétéro u.u Ahaha sur mon clavier je fais ce que je veux à Sôji, et surtout des trucs bizarres 8D /TRAIN/ Aha ! Je te laisse découvrir tout ça dans la suite 8) J'espère que ce chapitre te plaira autant que les précédents ! :)

Shogoki-shittysenpai 8D *fuit* : Ghouls are better than zombies, so I don't mind killing them 8) Hey j'veux un vrai commentaire la prochaine fois okay (plz senpai ;w;)

Je m'excuse d'avance pour les fautes/répétitions/autres conneries, j'arrive vraiment pas à me relire ;w;


A perdre la tête

Chapitre 6 (partie 1) : Ondes de choc

Finalement, ni Chizuru ni Heisuke n'avaient retenu grand-chose du film. La première s'en voulait à mort d'avoir loupé l'apparition de Robert Downey Jr.*, tandis que le deuxième philosophait en se disant qu'il pourrait toujours le télécharger de façon tout à fait interdite et illégale, et oui mesdames et messieurs, et même que ça en serait d'autant plus excitant à regarder – allez comprendre les jeunes.

Au bout d'une heure et vingt-trois minutes, alors qu'Iron Man manquait perdre la tête et un peu plus en essayant de remettre en marche une hélice de la base volante des Avengers, Heisuke avait senti une main tâtonner timidement du côté de la sienne. Il l'avait prise sans réfléchir, puis ils avaient complètement décroché tous les deux et ne s'étaient plus lâchés jusqu'à la fin de la séance. L'adolescent lorgnait de temps en temps vers le paquet de pop-corn abandonné mais ne regrettait rien. Au final, ils étaient ressortis de là tout patraques, comme si d'un coup ils s'étaient retrouvés propulsés sur un petit nuage, pieds s'abîmant dans le vide et cheveux pleins de poussières de constellation, rien que tous les deux, et sans idée aucune de ce qui pouvait bien être arrivé à ce cher Robert après qu'ils soient envolés pour un monde meilleur.

Ils s'étaient pris par la main et ne voulaient plus se lâcher, maintenant, ils déambulaient sur le chemin du retour avec du coton dans l'estomac. Pour Sen et Kaoru qui ne lâchaient pas non plus, c'était une bataille de gagnée, mais la guerre restait encore à faire : ils n'osaient pas jeter un regard de côté.

Complètement largués, les deux tourtereaux s'extasiaient sur la chose la plus insignifiante et n'attendaient pas qu'on leur en eût donné le prétexte pour se mettre à pouffer niaisement. Ça les avait pris comme ça, juste, le plaisir d'être à deux, à deux comme en dehors du temps.

Quelques pas derrière eux (de toute façon, ils étaient tellement à la masse qu'ils ne risquaient pas de se retourner), Kaoru, lui, commençait à trouver le temps un peu long. N'ayant rien d'autre à faire, et pas encore tellement de sujets de discussion en tête, il avait commencé à interroger l'autre stalkeuse sur sa sœur et son copain.

─ Et donc, toi, tu les suis depuis le début ?

─ Yep ! Je te jure, sans moi, ils s'en sortiraient pas, hein. C'est même moi qui ai donné un coup de pied au cul d'Heisuke lorsqu'il m'a dit qu'il n'osait pas se déclarer à Chizuru-chan. Et j'ai dû le menacer de poster sur le tweeter des mecs de sa classe une photo où il était en train de dormir avec un nounours pour qu'il l'invite à sortir au cinéma. Je te raconte pas ce qu'il m'a fait lorsqu'il a fallu envoyer le sms... Doigts tremblants, paumes moites y tout y tout...

─ Et ça a marché ?

─ Comme tu vois.

─ Et sinon, ils se sont déjà embrassés ? Autre part que sur la joue, je veux dire.

─ Nan mais t'es ouf toi. Faudrait déjà qu'ils arrivent à s'inviter l'un chez l'autre. Après on en reparlera.

Kaoru eut un soupir découragé.

─ T'aurais pas un plan ou un truc dans le genre pour faire avancer les choses, là ?

─ Je sais pas trop, fit-elle en haussant les épaules. J'ai un peu bousillé mon stock imagination. En ce moment, j'en suis presque à attendre un miracle.

L'adolescent jeta un coup d'œil désabusé dans sa direction. 'l'impression d'm'être un peu fait avoir, moi...

La conversation se perdit dans un silence morose. Au bout d'un moment, Kaoru renversa la tête en arrière. Le ciel avait chassé sa croûte de nuages oisifs et la mue découverte était d'un bleu si bleu qu'elle en devenait douloureuse à regarder. Il baissa les yeux et déclara :

─ Et si on faisait croire à Heisuke que Chizuru a été enlevée par des yakuza ?

─ Quel genre de yakuza ?

─ Le genre trafic de drogue et arme de poing. Le paternel aurait refusé de soigner un type blessé par une arme illégale et il aurait rappliqué avec toute la bande pour lui casser la figure.

Petite vengeance. C'était rien de le dire.

─ Mais tu as l'air de t'y connaître, dis-moi... fit remarquer Sen avec un sourire de casseuse de pieds.

─ Stop les insinuations, fit-il en secouant la tête. Je regarde trop de séries le samedi à onze heures du soir, c'est tout.

─ Rooh, cette susceptibilité... ronchonna-t-elle en le poussant légèrement de l'épaule.

Ils cheminèrent encore une dizaine de mètres dans un silence revenu, l'un méditant sur les mystères du sexe féminin, puis Sen eut une moue pensive :

─ Ça pourrait passer. Et tu crois que chevalier Heisuke volera à son secours sur son cheval blanc ?

─ Il fait déjà du kendo, il aura plus qu'à leur dévisser le casque à coups de shinai. Pour le cheval blanc, on lui en dégotera un, et avec il pourra voler au secours de qui il veut quand il veut où il veut autant qu'il veut.

─ Et qui fera les yakuza ? sautilla Sen, déjà excitée.

─ J'ai un copain qui aime bien jouer avec des flingues, fit Kaoru pensif. Je sais pas s'il va accepter, mais si je lui paye le dernier GTA...

Il se tut et constata un silence anormal du côté de l'autre stalkeuse. L'adolescent se tourna vers elle et la découvrit qui le fixait d'un drôle d'air. Il n'aima pas trop le petit sourire de troll qu'elle avait aux lèvres.

─ Quoi ?

─ Et toi ?

─ Quoi moi ?

─ T'aurais pas un petit air de yakuza, toi ?

─ MOI ? T'es malade, où est-ce que t'as vu ça ?

─ Oh alleeez avoue quoi ! Ces cheveux qui tombent dans les yeux... Cette aura froide et inquiétante... Cet air sombre et antipathique... Ça se lit sur ton visage, t'es vendu mon ami.

─ C'est comme ça que tu me vois ?

Le ton était chargé d'épines, comme si tout d'un coup il avait enfilé une armure. Un peu triste, aussi, derrière. À peine une nuance, un reflet de chagrin, de déception. Mais Sen était douée pour saisir les nuances et les couleurs. On ne devenait pas la plus belle fille du lycée comme ça (ouais, la plus belle ma parole). Elle se retourna. Kaoru s'était arrêté et la regardait un peu de travers.

─ Comme quoi ?

─ Comme un putain de délinquant de moins de vingt ans qui refile de la drogue en bas de chez lui et qui ne finira pas ses études, marmonna-t-il avec rancœur.

─ Wow. Mais de quoi est-ce tu parles ?

Kaoru soupira et sourit amèrement.

─ C'est rien.

─ Nan c'est pas rien, fit Sen, les poings sur les hanches, puis elle sourit : oh, je sais. Toi tu as besoin d'un câlin.

─ 'Porte quoi.

─ Allez, viens là j'ai dit.

─ J'ai dit que c'était RIEN bordel !

Elle l'attrapa par le cou et le força à s'approcher. Kaoru songea à appeler au secours pour harcèlement sexuel. C'était quelque chose de bizarre pour lui, toute cette affection d'un coup. Il se demanda si lui aussi il était capable de porter au-dehors de lui-même autant de signes vrais de bienveillance, s'il avait en lui les sentiments nécessaires. Sa mère était comme ça, il s'en souvenait. Elle souriait sans cesse, à croire que les dieux l'avaient faite naître le sourire aux lèvres. Il y avait des gens pour qui ça n'était pas difficile, tout ça. Ils riaient quand il fallait rire et pleuraient quand il fallait pleurer. Où est-ce que ça s'apprenait, ce genre de chose ? Il aurait bien voulu savoir, le Kaoru. Il aurait bien voulu pouvoir faire pareil. Chez lui, ça sonnait toujours mal, comme un instrument désaccordé. On avait bien tenté de lui taper dessus, voir si ça fonctionnait, mais c'était pas dans ses cordes. Pas encore. Il espérait que le temps y fasse sa besogne, mais pour l'instant, nada. Après la mort de leur mère, c'était Chizuru qui avait pris sur elle pour lui témoigner un peu de cette affection dont ils manquaient tous les deux, mais à sa manière, avec ses façons d'oiseau fragile. Il n'avait pas osé demander plus. Il ne se sentait pas assez égoïste pour ça. Mais, dieux ! que ça faisait mal, lorsque le visage d'ange gardien de leur génitrice s'émoussait dans ses pensées. Il n'avait pas cherché bien longtemps du côté de leur père non plus. Un père toujours absent, toujours en cavale. Il fuyait la douleur et les grands vides qui vous tombaient dessus au coin d'un couloir. On ne pouvait pas lui en vouloir, mais lui lui en voulait. Lui aussi, il aurait aimé pouvoir fuir tout ça, mais ses petites jambes de l'époque ne pouvaient pas le porter bien loin. C'était alors que l'armure était apparue. La nuit il la voyait, elle était belle et grande et solide, il serait sans doute très bien là-dedans. En plus, elle effrayait les autres. Lui aussi elle l'effrayait un peu au début, et la supporter n'avait pas été facile, mais aujourd'hui il y était très à l'aise. Il ne la quittait pour ainsi dire jamais.

C'était même l'enlever qui l'effrayait, maintenant. Il avait peur de ce qu'il pourrait trouver derrière.

******/

Les élèves étaient penchés sur leur table. On aurait pu les croire endormis comme ça si leur main n'allait et ne revenait pas inlassablement sur le papier. La chaleur avait assommé toute la ville, leur était tombée sur les épaules d'un grand coup. Les fenêtres béaient ce qu'elles pouvaient sur la cour où les cigales crissaient tout leur soûl. Vexés, sans doute, les oiseaux s'étaient fait ombres muettes sur les toits.

Saito était en train de relire la cent-vingt-quatrième ligne de l'Utopia de Thomas More pour la deuxième fois sans en comprendre le sens, lorsqu'il s'aperçut qu'il n'avait plus entendu d'oiseaux chanter depuis trop longtemps pour qu'il puisse se rappeler quand. Cela lui fit drôle, comme un voisin de palier qu'on a côtoyé pendant des années sans le connaître et qui disparaît du jour au lendemain. On ferme les yeux, on essaye de se rappeler, mais on ne se souvient plus de son visage, ses traits se sont brouillés, et son absence laisse un vide qui ne déborde pas, comme si elle s'excusait de perturber vos habitudes.

Il avait les réflexions un peu macabres, le Saito, à cinq heures de l'après-midi, en plein cours de littérature. Mais Thomas More était pour le moment le dernier de ses soucis. La veille au soir, il avait pris une décision qui lui avait occupé l'esprit pendant toute la journée. Il l'avait prise en aidant sa mère à ranger les courses, puis plus tard, quand il l'avait entendue pleurer dans la cuisine alors qu'elle le croyait endormi.

La sonnerie retentit. La classe se leva. Saito rangea ses affaires avec une lenteur qu'il jugeait confortable, avant d'attendre que le dernier élève soit sorti pour se lever. Hijikata l'attendait à son bureau. Il s'était mis à l'attendre dès le moment où il l'avait vu traîner la patte derrière les autres, avec une sorte de résignation. Le jeune homme s'avança et ils s'appliquèrent tous deux proprement à fuir le regard de l'autre. Saito courba la nuque.

─ Je voudrais une fois de plus excuser le comportement de ma mère ce week-end.

Ça sonnait faux, mais il lui fallait quelque chose de tout fait auquel se raccrocher. Un prétexte. Les idées dans sa tête n'étaient pas encore assez formées pour qu'il puisse en accoucher maintenant telles quelles. Hijikata leva les yeux vers lui et Saito sentit un frisson lui remonter l'épine dorsale à la manière d'un insecte.

─ Ce n'était pas de ta faute, Saito-kun. C'est une vieille histoire... entre Tomone et moi.

Saito saisit la balle au vol.

─ D'ailleurs, à propos de ça... hésita-t-il.

(Jusqu'avant leurs vingt ans, la vie privée des adultes semblaient être un sujet tabou.)

─ Je ne voudrais pas me montrer indiscret, mais...

─ Tu es indiscret, Saito-kun, fit Hijikata avec un sourire presque gentil. Il y a des choses qui ne se demandent pas.

Saito ferma les yeux quelques instants, le temps d'abandonner une pudeur qui lui scellait la gorge depuis trop de temps maintenant, puis il revint à la charge.

─ Monsieur, reprit-il en fixant son regard au sien, je vous prie de vous mettre à ma place. Il n'est pas facile de vivre au quotidien avec quelqu'un qui dose chacune de ses paroles en votre présence, avec le poids des mensonges en travers de la table. Ma mère semble décidée à ne rien me dire en pensant me protéger, mais je pense avoir le droit de choisir, non ?

Il leva les yeux, guetta son approbation. Devant son absence de réaction, il arma un dernier argument qu'il se répugnait à employer.

─ Et puis... il me semble que vous me devez bien ça...

Hijikata laissa filer une dizaine de secondes, méditant sa réponse.

─ Le droit de choisir... Les jeunes d'aujourd'hui ont trop de droits, on dirait, sourit-il un peu amèrement. Il ne t'est pas venu à l'esprit que si ta mère t'avait caché tout cela, c'était peut-être parce qu'elle n'avait pas envie que son propre fils la juge sous un jour pas très flatteur, par simple pudeur en somme ? Enfin, je peux comprendre tout cela finisse par te peser. Je veux bien t'expliquer deux ou trois petites choses que, tu peux prendre en tant qu'excuses pour mon comportement d'hier si tu le souhaites. Mais bien entendu, pas un mot de tout ça à Tomone.

Ce n'était même pas une question. Saito hocha la tête avec une fébrilité maîtrisée.

Hijikata changea de position sur sa chaise, croisa les jambes, avant de les remettre à leur place. Un malaise diffus lui pesait sur la cage thoracique, il se racla la gorge en lançant un regard de côté.

Il faut bien que l'un d'entre nous le fasse, Tomone. Ne serait-ce que pour qu'il ne reproduise pas nos erreurs.

Et la petite voix qu'il connaissait bien de lui répondre : On sait très bien tous les deux que tu es en train de te chercher des excuses.

─ Ta mère et moi on était à la même face, ici, à Tokyo. Elle était dans la section littérature médiévale et j'étudiais les lettres classiques, mais on avait tous les deux pris l'option calligraphie. On nous avait mis à la même table. Inutile de te dire qu'on n'écoutait pas grand-chose. Tomone était une fille dingue, à l'époque. J'étais fou d'elle.

En voyant le regard bizarrement intrigué et un peu horrifié de Saito, Hijikata eut un rire étouffé.

─ Quoi ? Tu pensais que nous n'avions jamais été jeunes ?

─ Non non enfin, je veux dire, c'est un peu...

Saito laissa sa phrase en suspens lorsqu'il s'aperçut qu'il n'était pas aussi surpris qu'il aurait dû l'être. Bien sûr, il avait flairé une histoire pareille depuis qu'il avait commencé à trouver toute cette histoire un peu louche, toutes ces comédies au coin d'un couloir de supermarché, rejouées sur le même ton jusqu'à en perdre leur utilité. Le professeur reprit son récit plus lentement, presque honteux d'avoir à remuer une poussière qui gisait là où personne ne pensait plus qu'elle était, depuis toutes ces années. Le problème, c'était qu'elle s'était déjà casée. Un homme très bien, études de chirurgien, banal mais avenir assuré le genre de type que tout le monde aimerait avoir. Et elle méritait d'en avoir un pareil, « crois-moi ». Ils étaient sur le point de se marier, mais le jeune Hijikata n'était pas tellement disposé à laisser les choses se passer comme ils auraient voulu qu'elles se passent.

Il se tut un moment, laissant Saito interpréter comme il le voulait son ellipse silencieuse.

─ Je me demande encore ce qui a pu lui passer par la tête, reprit-il avec douceur, et Saito comprit qu'il ne s'adressait plus tellement à lui. Tout plaquer, comme ça, une existence toute tracée, presque le contrat d'assurance d'une vie réussie à la main – ou plutôt au doigt –, tout ça pour un type qui s'était retrouvé par hasard à la même table qu'elle en option de calligraphie. Notre liaison a duré quelques mois, pas beaucoup plus, et tout ça à l'insu de l'autre, le médecin. Et puis elle est tombée enceinte. Ça, elle n'a pas pu le cacher bien longtemps, ni à moi, ni à lui. Je n'en sais pas beaucoup de ce côté, mais elle a eu pas mal d'ennuis avec son copain, et il a fini par la quitter. Après ça, nous, enfin, je...

Son ton se durcit au souvenir des années mortes qui défilaient devant ses yeux.

─ Nous étions jeunes, et encore sans diplôme ni travail. Notre avenir était fait de spéculations, et nous n'avions pas... Elle n'avait pas les moyens de subvenir aux besoins d'un enfant. Avec raison, je lui ai proposé la solution de l'avortement, et elle m'a presque craché au visage. Elle était devenue lionne, ou louve, l'idée de donner naissance l'obsédait. Je lui parlais responsabilités et économies, elle me répondait devoir de femme et amour de mère. Je ne la comprenais plus. Cette imbécile s'était mise en tête que mettre bas était la plus belle chose qui pût jamais lui arriver ! J'ai pourtant tout fait pour la décourager.

Hijikata revint à la réalité et mesura alors la portée qu'avaient prise ses mots une fois à l'air libre. Saito le fixait d'un air interdit. Il ne parvenait pas à comprendre pourquoi on eût pu lui vouloir tant de mal alors qu'il n'était même pas encore de ce monde. Qu'on eût pu souhaiter qu'il n'en soit pas, justement.

─ Mais cet enfant... c'était toi, conclut-il sans le regarder.

L'adolescent serra les mâchoires pour ravaler les mots qui montaient montaient montaient depuis son estomac en brûlant tout sur leur passage, et qu'il était simple de les ravaler et de repartir en laissant cet homme avec ses doutes, mais Saito savait aussi que ces mêmes mots pèseraient sur sa langue pendant des années sinon le reste de sa vie non désirée. Alors il n'osa pas se taire.

─ Navré d'avoir foutu en l'air votre plan cul.

Puis il attrapa son sac, s'enfuit et fit claquer la porte derrière lui. S'enfuir. Le mot était bien trouvé. Il fuyait pour ne pas se retrouver face à face avec les conséquences de ses actes. Il fuyait pour ne pas avoir à penser à l'homme au costume qui avait déjà été dans sa mère et qui était déjà dans sa tête à lui, des choses qu'il ne pourrait pas s'expliquer et tant d'autres dont il ne se rendait même pas encore compte, ça lui faisait peur. Il fuyait les conclusions logiques, les évidences et les images explicites qui lui montaient à la tête. Il fuyait le sang qui battait contre ses tempes et le métronome de son coeur qui lui rappelaient qu'il était vivant. Il fuyait, et il aurait voulu passer le reste de sa vie à fuir.

******/

Hijikata, seul de nouveau face aux restes de Thomas More, dans le silence de la classe désertée des cerveaux adolescents, se demanda pourquoi ô grands dieux Tomone avait-elle légué à son fils la pureté des yeux qui étaient les siens.


*Sorry. Now I just have to hang myself and die.


HIJIKATA N'EST PAS UN SALAUD, C'EST FAUX C'EST FAUX. /PAN/

Bon. J'ai une question que j'me pose depuis un bout de temps. Vous voulez un lemon, oui ou non ? Je précise que ce sera un yaoi, obligatoirement, et que j'ai déjà fait mon choix pour le couple concerné. Si non, je posterais dans un chap à part pour ne pas choquer ceux qui n'aimeraient pas ça. Vouala, j'ai fait mon boulot. J'espère que le chapitre vous aura plu et à bientôt pour la deuxième partie :D