« Unlimited Perfection »
Lordess Ananda Teenorag
Titre : « Unlimited Perfection »
Auteur : Lordess Ananda Teenorag
Série : Inazuma Eleven / Inazuma Eleven Go
Genre : Tragedy, Crime, Suspense, Romance.
Résumé : Unli(mited) Perfect(ion). Only Perfect. Le Projet Parfait. L'Arme Suprême, capable de dominer le monde. C'est notre Création, notre Chef-d'œuvre. Pour l'Aube de l'Ere Nouvelle et le Maître de nos Destinées.
Personnages principaux : Caleb Stonewall (Akio Fudou), Jude Sharp (Yuuto Kidou)
Personnages secondaires : Bailong 白龍 (Hakuryuu), Tezcat (Shuu)
Pairing principal : Caleb Stonewall (Akio Fudou) x Jude Sharp (Yuuto Kidou)
Pairings secondaires : Bailong (Hakuryuu) x Tezcat (Shuu)
Note : Prend place peu avant le début des fanfictions《白龍傳》La Légende du Dragon Blanc et《白龍黑鬼》Le Fantôme du Dragon. Léger rapport avec Vent Arrière.
…
Enregistrement X-003
…
« Astral ? »
Le jeune adolescent aux longs cheveux se tourna vers son instructeur : et redressa le torse, l'air arrogant.
« Oui, monsieur ? »
« Je te présente Victor Blade, un futur camarade. Il est promis au grade d'Impérial Suprême, comme toi. »
Les yeux chocolat scannaient le nouveau venu, jaugeaient l'éclat de ce sombre garçon – s'attardant aux iris orangés de son nouveau rival.
« Alors, comme ça, tu crois que tu peux devenir Impérial Suprême ? Tu es bien présomptueux, pour un gamin. »
« Pas autant que le gamin qui a la prétention de me juger sur mon âge. »
Le Dragon Blanc grogna vaguement, et les deux se mesurèrent du regard…
« SILENCE ! »
…bien vite stoppés par le Supérieur, lequel avait entrepris de les gifler d'une cravache armée de pointes de fer. Sans broncher en dépit du sang dégoulinant, les nouveaux rivaux continuaient à se défier du regard. S'ils ne connaissaient plus la douleur depuis longtemps, la passion du combat flamboyait éternellement en eux.
« Tu le connaîtras sous l'identité de Lancelot, le Spadassin Héroïque. Il est l'un des meilleurs apprentis parmi les Agents d'Elite. Rivalisez avec brio et vous atteindrez tous deux le sommet. »
« Je ne perdrai pas contre lui. Ni contre personne. Je suis… je suis la perfection. Je suis… Astral, le Dragon de l'Aube. »
Non, Bailong… non. Ne deviens pas… ne deviens pas ce qu'ils ont fait de toi. Ce qu'ils font de toi. Tu es un être libre de vivre, et d'être ce qu'il est…
…
Rapport n°3 de l'Homme de l'Ombre.
~ Celui qui rivalisait ~
…
Jude, Jude…
…pourquoi t'es-tu caché, durant tout ce temps, derrière cette verte abomination que sont tes lunettes ?
Redoutais-tu de voir trop de souffrances, toi qui aspirais à les guérir…
…ou craignais-tu que l'on découvre ton trésor le plus précieux – derrière la verte Effigie que tu incarnes ?
Œil de Grenat, laisse le rouge de ta passion épouser cette justice. Tu l'as rêvée, et – par l'Ombre que je suis, et qui te suivra jusqu'à la toute fin – je lui donnerai naissance : le Jour se lèvera aussi pour toi, je te le jure.
« Grrrr, il m'énerve ! »
La rivière tremblait. Le rocher criait. Et – étincelant de colère – le Dragon Blanc se promenait sous les arbres, ses poings vibrant de rage. Il semblait irradier ces rayons de blanche lumière qu'il incarnait… l'Aube Nouvelle. Mais, peu effrayé par cette manifestation d'humeur, le Fantôme Noir jouait avec les éclats astraux.
« Mon Dragon. »
Les mots amoureux calmèrent le jeune effronté, qui, devant les sempiternelles ténèbres, baissa sa garde. L'énervement continuait à irradier, mais, sous la caresse de la Nuit, elle s'apaisait en un merveilleux crépuscule.
« La dernière fois, il a… il a… il a… ! »
« Il a quoi ? »
Amusé par cette scène classique, le Prince de la Nuit guettait les réactions de son éternel ami. Il connaissait bien ses défauts, et en riait souvent – sans craindre la fureur de l'Aube.
« Il m'a IGNORE ! »
L'Astral était puéril, la Lumière était orgueilleuse : puissante comme l'éclat que tous admiraient, elle était fière de sa glorieuse auréole.
« Je… je ne le supporte pas ! Il agit comme si… comme s'il était le meilleur ! »
Des lèvres touchèrent la peau blanche, un peu taquines.
« Et pas toi ? »
« Oui, mais moi, c'est normal. »
Le petit Dragon Blanc avait l'air si sérieux que son compagnon étouffa un rire. Décidemment, il ne changerait jamais…
(Bailong, Bailong. Déjà inimitable, hein ? Sacré petit Dragon Blanc, tu ne me connais pas encore, mais moi aussi, je t'aime bien.)
« En fait, tu l'aimes bien, non ? »
« Non ! Pas du tout ! »
Le Prince de la Nuit le regardait avec tendresse – et lui détournait les yeux pour ne pas avoir à reconnaître son mensonge. Mais rien n'échappait aux yeux des ténèbres (moi qui en suis, je le sais !), quand il s'agissait d'un glorieux aimé de la lumière.
« Je l'aime pas, je l'aime pas, je l'aime pas ! Il m'énerve TROP ! »
Ha ha, tu réponds trop vite, Bailong. Si je ne t'avais pas connu dès ta naissance… rien que de voir ton Prince m'aurait fait comprendre ce que tu ressentais. Tu n'as jamais détesté Victor Blade, tu voulais juste qu'il reconnaisse ta valeur.
Parce que tu l'as toujours respecté, mais que, comme lui, tu es incapable de le lui dire.
« Je ne l'aime pas comme je t'aime toi. »
« Tu l'aimes pas comme tu m'aimes moi, mais tu l'aimes bien quand même. »
Le Prince de la Nuit et de ton cœur te dit les mots qui le font vivre : ils racontent les mots de la vérité que tu nies, mais à laquelle tu ne peux mentir…
Ombre Ancestrale lit ton âme si facilement, et écrit les mots qu'elle raconte…
« Bon, ok. Je l'aime un petit peu. Il est vraiment fort, et c'est la première fois, que je peux m'amuser autant avec quelqu'un… »
Content de sa réaction, l'Ombre Ancestrale câlina doucement son partenaire… tandis que le mâle conquérant regardait furtivement autour de lui – comme s'il craignait qu'une oreille indiscrète eût entendu son secret.
« Mais tu ne le lui diras pas, hein ? »
Le Prince rit : et les deux adolescents se touchèrent le bout du petit doigt.
« Promis. »
…
Enregistrement X-004
…
« Incroyable, regardez ! »
L'enthousiasme perçait dans la voix du jeune apprenti.
« Quoi donc ? »
« Notre Seishin a développé son pouvoir de résonnance. Et, comme prévu… il a des effets sur les autres autour de lui ! »
D'un geste soudainement impatient, son tuteur le chassa pour avoir accès à l'écran géant.
« Tu veux dire… qu'il est capable d'éveiller la force spirituelle des gens ? De réveiller l'entité surnaturelle propre à chaque être humain, et… d'en faire des Seishin ? »
« On dirait bien. Mais pas de tout le monde. Seuls ceux qui possèdent des aptitudes et un mental hors du commun peuvent éveiller leur force surnaturelle. Seuls quelques élus… peuvent devenir des Seishin. »
Fier de son analyse, l'apprenti se pavanait comme s'il était lui-même l'Unli(mited) Perfect(ion). Désespéré par son comportement – mais ravi de la nouvelle, son tuteur se tourna vers celui qui arrivait…
« Le Projet Zéro. L'Eveil de la Puissance Ultime… qui sélectionnerons-nous pour le Projet ? »
…accueillant le Scientifique-en-Chef de la question cruciale.
Unli(mited) Perfect(ion). L'Ultime Perfection.
« Bailong, bien évidemment. Et… il y a ce prodige, du même niveau que lui. Un jeune garçon avec des aptitudes exceptionnelles, que le Cinquième Secteur a repéré alors qu'il enquêtait sur les mouvements suspects de la ville d'Inazuma. Son nom est Victor Blade. »
« Lancelot, le Spadassin Héroïque ? Très bon choix. Mais… pour les autres ? »
Intéressé par la question, l'apprenti se tourna vers eux, espérant pouvoir donner son avis : mais les adultes ne lui accordèrent aucune attention.
« Hum, à part Blade, les autres sont bien en dessous… pourquoi ne pas aller chercher dans les autres Unités du Cinquième ? On parle de ces deux génies de l'Unité d'Intervention et de Recherche… »
« Sol Daystar – dit Apollon, le Dieu du Soleil – et Njord Snio – alias Chioné, la Reine des Glaces ? L'Empereur Sacré refuse de nous confier le premier, car il a une déficience génétique qui pourrait causer sa mort. Nous ne pouvons nous permettre de perdre un élément aussi prometteur, car des plans sont également prévus pour lui. Njord Snio serait une bonne option, mais ce récidiviste de Frost essaye de l'arracher du Cinquième… il faudra le châtier. »
« Choisissons d'autres éléments de notre Unité. Bailong et Blade seront les leaders de notre Projet, et les autres seront leurs exécutants. Ce sera l'occasion de voir côte à côte le Premier Seishin Artificiel et son rival, le Premier Seishin Naturel. »
Ils ne seront rien du tout, bande de connards. Je vais saboter votre plan, et empêcher le Cinquième Secteur de bousiller la vie de gamins innocents.
…
Palais de l'Ina-lysée.
Après-midi étouffant, 14h36.
…
Les sièges – aussi lourds que l'atmosphère qui empuantissait ces lieux corrompus – accueillaient les fourbes du pays, qui s'agenouillaient devant l'Effigie, mais convoitaient son pouvoir.
« Grand Ministre, qui est cet homme ? »
« Cet homme est mon Ombre. Ne faites pas attention à lui. Il me suivra où que j'aille. »
L'Ombre te suivra partout où tu iras
Aucun Stratagème ne la trompera
Aucun Sentiment ne la retiendra
Officiellement, j'avais tué le Grand Ministre Sharp – ou plutôt tenté de le tuer. J'avais donc été condamné à mort. Caleb Stonewall – Espion au service de l'ennemi – était mort, châtié pour le crime suprême.
Elle sera les Ténèbres de ta Destinée
Que ta Lumière ne pourrait assumer.
Alors, sois brave, cœur d'intelligence aux yeux de grenat. Elle n'a pas choisi un faible et moi j'aime la force de ton regard.
C'est ainsi que je suis devenu l'Ombre du Grenat. L'Ombre de ces Yeux Grenat, qui percent ces millénaires de maux en espérant un matin de bonheur.
« Grand Ministre, nous avons eu vent, dirons-nous… d'une affaire regrettable, à laquelle… vous auriez pris part. »
Une pile de documents était tombée au centre de la table. Retenant leur respiration, les figures gouvernementales se penchèrent et découvrirent le pot-aux-roses.
« …mais c'est… ! »
Le dossier secret de l'Unli(mited) Perfect(ion).
(Comment ces enfoirés ont-ils réussi à… !)
« Qu'avez-vous à répondre à cela ? »
Les Lunettes vertes restèrent impassibles. Pas une once de ce corps splendide ne trembla, alors que le rire des hyènes perçait la savane de sa morbide élégie.
« Je vois d'ici les gros titres des journaux : Jude Sharp, le vertueux Ministre… qui a pratiqué l'expérimentation humaine ! »
« Ou encore : Celui dont les opaques lunettes cachaient la noirceur de l'âme : le Grand Ministre corrompu ! »
Ceux qui entouraient l'unique cœur pur de ce monde… se délectaient de ce parfum de vice.
Lui que l'on dit parfait, est donc si atteignable ? Corrompu, corrompu !
(Salauds… salauds… SALAUDS !)
« L'Arme Ultime est celle qu'on sait utiliser. Mais vous, qui riez du péché d'autrui, seriez-vous capable de la connaître suffisamment pour la désamorcer ? »
Sa voix magnifique venait de trancher. Jude Sharp – le plus Grand Ministre de tous les temps – avait parlé : et, à mes yeux, cela valait tellement plus que tous les cancans des plus prestigieux journaux.
« … »
« Cette… abomination est née dans l'ombre, et il a fallu la protéger, pour l'éradiquer sans détruire une vie. Ainsi… que des millions d'autres. »
Estomaqué par son calme olympien, les hyènes avaient cessé de rire. Ils le contemplaient avec stupeur : comme si, pour la première fois, ils comprenaient qui était l'homme en face d'eux.
« Voici ma toute dernière mesure. Je vous ordonne… d'annihiler la Perfection Ultime. L'Unli(mited) Perfect(ion)… ne doit pas tomber entre des mains souillées ! J'ai dit ! »
Mon cœur hurlait, mais je savais que mon… mon Maître n'avait pas connu la moindre erreur.
« … »
Alors que les Ministres se levaient – indignés, il tourna une brève seconde son profil vers moi. Et, l'espace de cet instant, il me sembla percer une once de désespoir, derrière ces abominables dévoreuses d'émotion…
…ces Lunettes.
S'il existe une salvation pour le Petit Dragon Blanc, et une rédemption pour le Grand Ministre Grenat, c'est à moi qu'il incombe de la trouver. Toi, qui as depuis trop longtemps, et derrière ces affreuses lunettes, masqué ton humanité… tu dois protéger ce qui te reste de vertu.
Tu es un être humain, et toi aussi, tu as le droit de vivre librement.
…
Rapport n°4 de l'Homme de l'Ombre
~ Celui qui oubliait ~
…
Sous la lumière du Sanctuaire fleuri, le petit Dragon Blanc dansait autour de son compagnon préféré.
« Hé, petit Prince ! Je suis super content, je vais m'envoler pour le monde. Les Entraîneurs m'ont promis que je vais enfin me rendre dans une ville réelle. Ce sera trop bien, j'en ai toujours rêvé ! C'est tellement dommage que tu ne puisses pas venir avec moi. Mais, ne t'inquiète pas, je te raconterai tout ce que j'ai vu, et… »
Le conquérant du Sanctuaire dansait, lumineux comme l'innocence : mais, étrangement – si mélancoliquement, le petit Fantôme Noir promenait son regard doux et triste sur son ami de toujours.
« … »
« Pourquoi… pourquoi tu as l'air si triste ? »
Parce qu'il sait, petit Dragon Blanc. Il sait que tu vas perdre la mémoire, et l'oublier. Il sait que tu vas perdre ce qui est le plus cher pour toi, et qu'il est ce que tu as de plus cher. C'est flippant, mais il le sait. Le peu de données que j'ai recueilli sur Fléau Obscur, le Seigneur des Ténèbres… c'est qu'il a des dons de prémonitions d'une justesse terrifiante.
« Ne t'en fais pas, si tu ne peux pas venir, c'est pas grave ! Je pense toujours à toi, je ne t'oublierai pas. »
Bailong, si tu savais…
« … »
« Oh, je sais pourquoi ! »
D'un air un peu dragueur (c'était de Bailong dont on parlait !), le petit Dragon Blanc rapprocha sa tête de son compagnon, lui murmurant à l'oreille.
« Tu veux que je te fasse un bisou, en fait ! Allez, avoue-le. »
« … »
Quel petit séducteur, celui-là ! (Au moins un qui ne sera pas timide dans sa vie amoureuse…) Mais, alors que le vaillant chevalier blanc avançait – sûr de lui et conquérant, le prince de ce cœur fier mais aimant déposa un petit baiser sur le front de son aimé.
« Euh ? Mais c'était moi qui devais le faire, ça ! »
L'air presque déconfit du petit conquérant était si mignon qu'une larme de rire pointait presque à mon œil.
« Petit Dragon ? »
La voix douce de l'Ombre Ancestrale tranchait avec cette lumière de fierté.
« Oui ? »
« Promets-moi une chose. »
L'innocence de l'enfant se mêlait à l'orgueil du mâle.
« Quoi donc ? (De réussir à te faire un bisou avant toi ?) »
Elle se fit comme un souffle, comme une promesse…
« Qu'on se rencontrera de nouveau, quoiqu'il arrive. »
…la voix de son amour.
Chante, mon Dragon.
Ta voix amènera cette Aube
Où que je me tienne….
« Mais bien sûr, qu'on se rencontrera de nouveau, quoiqu'il arrive ! C'est évident, voyons ! Mais, mon Prince… pourquoi tu pleures ? »
Il pleure, parce qu'il croit en ta promesse.
…
Palais de l'Ina-lysée.
Réunion du Conseil des Ministres.
Après-midi étouffant, 16h36.
…
La vidéo égrenait tous les enregistrements compromettants. La carrière du Grand Ministre allait prendre fin : mais lui, intérieurement, ne pleurerait que son incapacité à sauver ces vies.
Ces vies qu'il avait chéries, protégées.
« Mais que fout l'Empereur Sacré ? Envoyer Blade en mission, alors qu'il doit entamer le Projet Zéro… ! »
(…bip, bip, bip…)
« Ces abrutis de Raimon… ils croient pouvoir se soulever contre notre Organisation, et défier notre règne… »
(…bip, bip, bip…)
« Tant pis. Si nous ne pouvons prendre Blade, choisissons un autre partenaire pour Bailong. Le Projet Zéro ne peut attendre. Quelle est la liste des meilleurs Impériaux ? »
« Infinity Beyond, Davy Jones, Langford Ash… »
« Non, non, et NON ! Aucun d'eux ne fera l'affaire. Ils sont trop faibles pour Bailong, et, aucunement compatibles avec lui ! »
(…bip, bip, bip…)
« Je ne vois qu'un seul compatible avec Bailong. »
« Qui donc ? »
« Tezcat. »
(…bip, bip, bip…)
« Nous n'avons jamais pu le contrôler… il ne se rend que là où va Bailong. De plus… n'étions-nous pas censés décourager leur amitié ? »
« C'est le seul disponible. Et justement de part leur lien si fort, c'est le seul compatible avec lui. »
(…bip, bip, bip…)
…
Enregistrement X-005
…
Un poing martela le clavier géant.
« Je savais que c'était une folie d'envoyer Blade en mission ! Il n'était pas encore prêt. Il devait finir sa formation d'Impérial Suprême… afin de finaliser le Projet Zéro. Au lieu de cela, l'envoyer dans l'Université Raimon, pour exécuter une mission de faible envergure… à quoi pense l'Empereur Sacré ? »
Mécontent en dépit de sa contenance calme, le Scientifique-en-Chef répondit à cet élan de colère.
« Contrairement à Bailong, il a eu une existence humaine et sociétale normale. Difficile, mais normale. Il est plus bien sujet aux sentiments que son alter égo. »
Tous deux consultaient les données de Lancelot, le Spadassin Héroïque. Le schéma – celui d'un prodige en tout point obéissant et performant – montrait une erreur monumentale au diagramme final.
« Blade nous a trahi. Il soutient ouvertement Arion Sherwind. Que devons-nous faire de lui ? »
« Le Cinquième Secteur souhaite le laisser en vie. Outre son potentiel exceptionnel, c'est officiellement le premier Seishin Naturel : l'égal d'Astral, le Seishin Originel. Nous avons besoin d'eux pour l'Opération du Renouveau. L'Empereur veut les meilleurs Seishin, ceux qui formeront son Armée Suprême. »
Le vieil homme éteignit l'écran d'un coup, puis reprit.
« Laissons-le profiter de sa liberté… pour le peu de temps qu'il lui reste. Le moment venu, nous le capturerons, et lui effacerons la mémoire. Il oubliera toute sa révolte et redeviendra une de nos meilleures armes. »
« Comme Bailong. »
« Tout à fait. Bailong oubliera Tezcat, dès la fin du Projet Zéro. Blade doit oublier toute son existence jusqu'à son retour parmi nous. Ainsi que son lien avec son frère et ses amis de l'Université de Raimon… particulièrement avec le jeune Arion Sherwind. »
D'un geste impitoyable, l'associé marqua du sceau rouge les photos des individus concernés.
« Il devra également être sévèrement châtié pour sa désobéissance. Et, à la suite de sa rééducation, toute amitié avec des extérieurs devra être découragée et punie. J'ai toujours préconisé cela. Quant à son frère et Sherwind… »
« Il faudra les tuer. Jusqu'alors, nous avons utilisé l'aîné de la famille comme motivation pour attirer Blade à nous. Maintenant que nous savons de quoi il est capable… nous n'aurons plus besoin de lui. Seulement du cadet, qui est un Seishin. »
« C'est dommage, en un sens. Nous n'avons pas encore pu étudier si l'Eveil Seishin était génétique : si, donc, l'aîné Blade en était également capable… »
…
Bar du Sherleyton.
Nuit trouble, 00h43.
…
« Jude… »
La tête magnifique s'était affaissée sur la table, dans les ténèbres. Et moi, qui l'avais suivi comme son Ombre, n'avais pas pu me résoudre à la prendre dans mes bras.
« Je n'en peux plus, Caleb. Je… je n'ai plus la force. Si tu ne me retiens pas… je vais tomber dans le gouffre de ma solitude. »
« … »
Non, non. Ou alors, Œil de Grenat, j'y plongerai avec toi, pour la détruire, cette solitude.
« Ca… C-caleb ?! »
(Tant que je serai là, et que tu m'attireras… tant que je vivrai, et que tu…)
Sans réfléchir, je l'avais embrassé. Et alors qu'il s'apprêtait à me sortir toutes les excuses des vertueux, je le fis taire d'un baiser plus fougueux encore.
« Ferme-la. Tu me fais chier. »
« Tu… »
(Tais-toi, et écoute-moi… écoute-moi…)
Les corps se cherchaient, les âmes s'embrassaient. Tout était un retour à la vie, par delà le néant, et le froid, et la mort.
« Tu as accepté une responsabilité. Assume-la. »
S'il te plaît.
Mes lèvres se promenaient sur la peau pâlie par le désespoir. Ou peut-être était-ce sa pâleur naturelle ?
« … »
Ce cœur cognait si fort en moi que je craignais qu'il s'arrache…
(Reste avec moi, reste en moi…)
« Je suis ton Homme de l'Ombre. Je dois accomplir tout ce que tu devras faire, et tout ce que tu ne voudras faire. Tout ce que tu as à faire… c'est de m'en donner l'ordre. Puisque ces abrutis de Ministres sont incapables de gérer l'Unli(mited) Perfect(ion) après t'avoir évincé, laisse-moi m'occuper de lui. Je le connais bien, ce petit. C'est un vraie Tête de Pastèque, mais il n'a pas mauvais fond. Je saurais le remettre dans le droit chemin. »
« Caleb, je ne puis t'imposer cela… j'ai déjà… à tant de gens… Bailong… tous ces enfants… »
« Et ose me dire que tu veux me protéger et je t'envoie mon poing dans la tronche. De toute façon tu n'as pas le choix. »
Je laissai ma main calleuse errer sur cette joue noble, où une larme fugace avait tracé sa course solitaire vers l'ombre.
Je la recueillerai en moi, et elle disparaîtra à jamais dans ma dévoreuse de ténèbres.
« Caleb Stonewall. »
« … ? »
La larme avait disparu, et le noble regard au sang du juste me dominait de toute sa grandeur.
(Ce que tu es…)
« Je te le confie. Je te confie… tout ce que j'ai espéré. »
« … »
(…ce que tu es beau.)
« Ne me déçois pas. »
Te décevoir ? N'y pense même pas, petit Jude. Mon cœur n'admet pas la tromperie : comment pourrais-je te décevoir ? Moi qui…
« Ben voilà, c'est pas trop tôt ! »
Mais un Homme de l'Ombre était-il censé éprouver de la sympathie pour son employeur ? De la sympathie, peut-être, mais pas… de l'amour.
« Tu en auras mis du temps. Enfin, heureusement que je suis un pro, moi… »
« Caleb… »
Orbe de Grenat, Cœur de Sang…
…donnez-moi la force d'affronter mon destin.
« Allez, à plus. J'ai du pain sur la planche. »
Car je dois faire face à l'Arme Ultime de l'Ere Nouvelle, et je ne suis pas sûr de pouvoir revenir te faire mon rapport.
…
Le Jour Suprême
Aube Nouvelle.
…
Putain…
…putain de MERDE !
« Caleb Stonewall. »
Non, c'était un cauchemar. Ils l'avaient… ils l'avaient prévu.
Ils l'avaient prévu, qu'il s'acharnerait à comprendre la Légende du Dragon Blanc, pour tomber droit dans leur piège. Que Blade foncerait le secourir et qu'ils se battraient comme les deux rivaux ultimes qu'ils sont. Que Lemmon essaierait de les séparer et tomberait en essayant l'impossible. Qu'il se réveillerait avec le corps de ses deux amis dans ses bras. Et qu'il en deviendrait fou.
« Tiens, tiens, tiens. Mais qui voilà ? »
Purée. Putain. Cette silhouette opaline, ces cheveux de neige et d'argent : cet un mètre quatre-vingts et plus, qui se découpe au clair de lune, comme une créature aussi légendaire que puissante…
« Je suis… l'Unli(mited) Perfect(ion). »
Je n'ai admiré que le petit Jude, dans ma vie : mais je dois reconnaître… que je n'ai jamais vu un homme aussi beau. Il irradie la classe. Il irradie la force. Il irradie le suprême. Pas un seul défaut, pas une seule faiblesse. C'est bien…
…l'Only Perfect, la Perfection Ultime.
« Je suis né en ce monde pour servir mon Maître. Je vais le rejoindre. Ne m'arrêtez pas, vous mourriez. »
Le regard fixe, inhumain, me transperce. Ce n'est pas le regard de Baba, la rockstar qui chante et danse, sourit comme un pacha et se prend pour le centre du monde. Ce n'est pas le regard du gamin rebelle, qui geint quand on contrarie son égo et boude devant ses lettres de fans.
C'est le regard d'un être surnaturel qui est descendu dans ce monde, pour régner aux côtés du Maître Tout-Puissant.
« L'Ere Nouvelle a commencé. Je dois lui apporter ma reconnaissance en même temps que ma force. »
Ça… a commencé. La Transformation Seishin. La manifestation inhumaine de son ascendance mystérieuse, qui, en dépit de ses traits humains… n'en a que l'apparence. Les yeux du petit Bailong ont toujours été chocolat (et d'un pétillant chocolat d'homme !), mais ces prunelles de pierre rougeoyante – tellement différentes des rubis glacés de mon propre seigneur et maître – luisent comme la puissance du Renouveau.
Ce sont les yeux d'Hakuryuu, le Maître-Esprit de l'Aube.
« P'tain, putain de merde. Tu sais quoi, Tête de Pastèque ? Tu m'énerves. Tu me fais chier. Tout ça parce que tu as un peu de talent et un millième de classe, tu te la pètes en jouant les grands Boss au service des méchants pas beaux pas gentils. Tu sais ce que j'ai envie de te dire ? Que tes attitudes de gamin pourri gâté, tu peux te les mettre là où je pens-… »
« Ouragan Opalin. »
BAM !
Purée, il rigole pas, le Baba. Si je ne connaissais pas ce coup, je serais…
…mort.
« Et ton copain, le Prince du Sanctuaire ? Celui à qui tu as promis de ne pas l'oublier, et que vous vous rencontriez encore ? »
Et Tezcat, qui attend là où seul il survivra véritablement…
…c'est-à-dire tes souvenirs ?
« Je ne sers que mon Maître. Vous, qui osez vous opposer à lui, devez périr de ma main. »
Ils t'ont complètement lavé le cerveau. Comme à moi, jadis. Ils t'ont créé à leur image, et toi, bêtement, tu vas être le reflet de leur péché…
Je n'ai plus le choix. Je vais devoir te tuer. Toi le Dragon de l'Aube Eternelle, tu dois revenir à l'Ombre Ancestrale, où, peut-être, enfin, tu pourras jouer comme l'innocent chevalier au prince. Avec celui qui t'a aimé comme tu es. Et ainsi…
BAM !
« PUTAIN ! Putain de m-… ! »
Il a failli… purée… cette force… ce n'est… c'est pas humain. Non… non. Même si je le voulais, je ne pourrais pas le tuer. Il est trop fort – beaucoup trop fort. L'Agent d'Elite Astral… est l'Unli(mited) Perfect(ion) – l'Only Perfect.
Tout ce que je puis faire, c'est…
…me souvenir des restes de mon âme.
« Caleb, je… »
« Quoi ? »
Les Lunettes sont tombées depuis longtemps. Le regard fatigué – mais magnifique ! – du Seigneur d'Inazuma et de mon cœur me confie toute sa tristesse, son désarroi.
« Ce sont… ce sont les sentiments. Ce sont eux, la clé de notre délivrance. Toi, et ta franchise qui ne connaît aucun artifice… tu as dû le comprendre, n'est-ce pas ? »
« Jude, ne fais pas de moi un gentil. Je suis un malfrat. Un criminel. Et aujourd'hui, je suis ton Homme de l'Ombre. Rien de plus. »
Alors, pourquoi ces mains caressent-elles mes cheveux, pourquoi ces rubis ardents glacent-ils mon cœur ?
« Tezcat… est notre dernière chance. Contrairement à Bailong, il n'est pas né de leur expérience, mais d'une scission spirituelle. Il ne peut quitter le Sanctuaire, car il n'a pas de consistance humaine stable. Mais, grâce à la vie qu'a vécue son Esprit-Frère… il va pouvoir partager son expérience humaine. Même si ce n'est que pour un temps limité… il peut l'aider à retrouver son humanité. »
Les Orbes Grenat dévorent le reste de mon hésitation. Jude, Jude…
« Ce qu'il ressent pour lui… est la clé de sa délivrance. »
« Comment sais-tu cela ? »
Le plus droit des cœurs a souri : et moi j'ai su à l'instant ce que je devrais faire.
« Car c'est ce que je ressens pour toi qui m'a permis de me délivrer. »
Le regard de la Pierre de Sang me fixe, inhumain. Bailong…
« C'est ça, vas-y. Va rejoindre ton Maître chéri. Fais comme moi. Perds-toi, et oublie ce que les autres peuvent être pour toi. Oublie que les gens t'ont aimé. Oublie que les gens t'aiment. Oublie Blade, ton rival et ami de toujours, qui te respecte plus que quiconque derrière ses piques. Oublie Lemmon, qui te chérit comme le petit frère qu'elle n'a jamais eu. Oublie tous ceux qui t'ont aimé et admiré à leur façon. Oublie celui qui a tout été pour toi et pour qui tu es tout. Oublie… Tezcat. »
« Je ne connais pas de Tezcat. »
C'est alors que je le réalisai. Bailong n'avait jamais prononcé ce nom. Il n'avait jamais connu de Tezcat. Il avait aimé le petit Prince de la Nuit, comme on aime un compagnon, et une autre partie de soi : mais ne lui avait jamais donné le nom par lequel l'avaient baptisé les Scientifiques.
Il ne connaissait pas de 'Tezcat'.
« 'Petit Dragon ? Promets-moi une chose. Qu'on se rencontrera de nouveau, quoiqu'il arrive.' 'Mais bien sûr, qu'on se rencontrera de nouveau, quoiqu'il arrive ! C'est évident, voyons ! Mais, mon Prince… pourquoi tu pleures ?' »
Un éclat chocolat vibra dans les orbes de sang froids.
« Oh, tu te souviens, malgré tout ? Ton ami le plus cher ? Celui que tu allais voir tout le temps, quand tu étais gamin ? Celui qui était la Nuit pour toi, et pour qui tu étais l'Aube ? »
« … »
Le regard fixe, inhumain, perçait le fond de mon âme. Y avait-il encore un Bailong, pour le petit Tezcat ?
« En fait, tu lui as menti, quand tu lui as promis… que vous vous rencontriez encore ? »
« … »
Il se souvenait.
Y avait-il encore un Bailong, pour nous tous ?
« Vous devez… vous devez… qui êtes-vous… comment pouvez-vous… »
Merde, là, j'y étais peut-être allé trop fort. Le pauvre petit revenait à peine d'un lavage de cerveau, et, entre son cœur qui devait s'en rappeler malgré tout, et sa conscience qui lui criait le contraire, il devait être en train de péter les plombs. A voir comment ses iris dansaient entre le chocolat et le sang, le Dragon Blanc était au bord de la folie.
« … »
Bailong, es-tu enfin en train de revenir à toi ? Il n'est pas encore trop tard. Blade est sous l'emprise du Tyran, mais son esprit est aussi fort que le tien : si quelqu'un qui l'aime et qu'il aime le sauve (le petit Sherwind, par exemple), il s'en sortira. Lemmon est blessée, mais vivante… les médecins pourront peut-être faire quelque chose pour elle. Et Tezcat…
« Souffle de l'Aube. »
Le noir de ma conscience vola en éclat, et le monde se fit lumière dans une épouvantable dureté.
(Jude, Jude… j'ai…)
Une voix froide murmura à mes oreilles.
« Je ne sais pas qui vous êtes, mais si vous perturbez ma mission, vous devez mourir. »
Purée, ce qu'on dit des Seishin… est vrai. Ils ne sont pas humains. Ils sont prodigieux. Et lui, qui est l'Unli(mited) Perfect(ion)… n'a pas de place pour une quelconque faiblesse, fût-elle celle de ses souvenirs.
« Mais, avant que vous ne disparaissiez définitivement… mon Maître veut tout ce que vous savez à notre sujet. »
L'aura d'un Dragon Blanc. Il va…
(…il va me tuer.)
« Le Projet Unli(mited) Perfect(ion)… est de créer des Seishin pour en faire des Armes de Destruction Ultime. De les rendre capables de Transmutation, c'est-à-dire, de reprendre leur Forme Spirituelle Originelle et d'utiliser à volonté tous les pouvoirs qui leur sont associés, sous la commande d'une seule personne. »
Je n'avais plus besoin de me soucier de trahir qui que ce soit. Ces informations seraient bientôt une réalité, alors, autant les livrer pour parler encore avec le petit Baba. Puisque c'était mes derniers mots, je voulais au moins les offrir à quelqu'un que j'aimais bien. Alors, d'un sourire forcé, mes lèvres murmurèrent.
« Bailong, ils ne sont pas trompés, avec toi. Tu es l'Unlimited Perfection. La Perfection Ultime : celui qui possède le pouvoir d'un dieu, et qui est destiné à servir un roi. Et, comme tu es en réalité l'Esprit de l'Aube, que les humains ont capturé pour sa force… »
Les yeux rougeoyants fixes me transperçaient de leur affreuse vérité.
« …tu vas oublier ton humanité. Parce que tu n'es pas humain. Mais, s'il te plaît… »
Pouvais-je encore lire une prière, dernière l'inexorable pierre de sang qui me condamnait ?
« …n'oublie pas… que tu es une fichue Tête de Pastèque qui fait chier tout le monde. Que tu fais vibrer tes fans et exaspères tes amis. N'oublie pas… que tu es notre Baba. N'oublie pas… que des gens t'aiment. »
Je ne verrai plus que des grenats, qui ne sont pas les tiens…
« N'oublie pas… qu'il t'aime. »
Pardon, Jude Sharp.
Je dis les mots que j'aurais dû te dire, mais je suis un vieux schnoc un peu trop timide des fois. Ça t'aurait fait chialer, que je te dise ça, hein ? Mais l'Only Perfect va me tuer, et l'aura blanche détruit déjà mes forces vitales.
(Adieu.)
…
Rapport n°5 de l'Homme de l'Ombre
~ Celui qui disparaissait ~
…
Jude, si tu peux m'entendre, de là où je suis…
…écoute-moi.
Je suis l'Ombre et les Ténèbres me réclament déjà. J'ai approché de trop près la Lumière, et son éclat opalin m'a brûlé tout entier. Tu m'as embrasé comme nul n'a su le faire, et pourtant, je dois déjà retourner là où je ne t'ai jamais connu.
Mais, t'inquiète ! Je ne suis pas adepte des grandes tragédies, hein. Je te vois déjà chialer : mais non, mais non, rien n'est fini. Tout recommence, et je saurai revenir à toi comme je l'ai déjà fait… peut-être un million de fois.
Mon dernier souhait pour cette histoire : prends soin du petit Baba. Ça a été hyper fun d'être son parrain, mais le bougre a besoin qu'on lui désenfle la tête, et, vu que je suis plus là pour m'y coller, faut bien qu'un adulte s'amuse à le faire. Tu verras – non, tu le sais déjà, c'est un bon petit, derrière sa Tête de Pastèque énorme comme l'ironie de cette histoire. Et puis, si jamais t'as trop de mal, envoie-lui le petit Tezcat, là c'est un jeu d'enfant et en plus t'auras le remake des Feux de l'Amour d'Inazuma.
En tout cas, ça aura été hyper fun de s'occuper de lui, et, surtout, de te connaître. Je me suis bien amusé et je compte remettre ça dès que possible. Alors…
…pleure pas, petit Jude. J'ai dépensé la thune de mon salaire (enfin, de celui que tu m'as versé) pour acheter ce beau papier et ça me ferait chier que tu mouilles ce chef d'œuvre de tes larmes. J'ai envie que tu sois heureux, point barre. Et, de toute façon…
…si je suis l'Ombre, je ne peux pas être dévorée par elle – seulement lui revenir.
Quand je m'emmerderai trop, je reviendrai à la Lumière pour te faire un coucou.
Et si je suis ton Ombre…
… [fin illisible] …
…je reviendrai t'aimer.
L'homme – solitaire – consulta le dernier rapport de son éternelle Ombre.
Ombre Ancestrale… Lumière Eternelle…
…et son Ombre Eternelle à lui.
« Il est vivant. Je le sens au fond de moi… »
Solitaire comme l'Aube Eternelle – celui qui servait le Tyran Suprême du Monde – l'ancien Grand Ministre d'Inazuma œuvrait dans les coulisses de la Rébellion.
(Une Ombre… ne peut pas mourir. De même Tezcat n'a pas pu abandonner Bailong… l'Ere Nouvelle doit accueillir les Ténèbres comme elle a acclamé la Lumière. Et c'est pourquoi… je suis encore là. Parce que… la véritable histoire commence maintenant.)
Devant lui, une silhouette prodigieuse : Fantôme Noir qui traversait les âges, et protégeait la Lumière.
L'autre Seishin. L'autre moitié. L'autre – qui attendait de retrouver son ami.
« Tu es venu. »
« … »
Comme un Prince de la Nuit, qui, en même temps que son blanc chevalier, avait retrouvé tous ses pouvoirs. L'heure était venue : il était temps d'aider ceux que la destinée avait maudits, pour montrer au monde que tous avaient le droit de vivre.
La Clarté n'a rien d'infini, sans les ténèbres.
(En marche vers cette aventure ! La vie n'attend pas.)
« Il est temps de mettre fin au règne de la Lumière. Elle n'a d'éternelle… que son Ombre. »
L'Ombre Ancestrale était de retour.
