NDLR : Pardon pour le retard dû à un non-accès momentané à internet. J'ai cru mourir mais j'ai survécu et j'ai retrouvé mon clavier d'amour, donc à moins que la providence me joue encore des tours le chapitre 3 devrait arriver sans retard mardi prochain (mercredi au plus tard si je n'ai pas eu le temps de le poster dans la journée).

J'espère que la suite vous plaira, et merci aux anciens lecteurs qui suivent la fic ;)


CHAPITRE 1 :

Lundi. Foutu lundi de merde!

Pourquoi avait-il accepté cette foutu idée de merde! Pourquoi se résignait-il toujours à faire comme Ginny l'entendait ? Et pourquoi avait-il fallu que le directeur se range à l'avis de sa femme ? Il aurait fait comme si de rien n'était, et on en aurait plus reparlé. Mais voilà que vieil homme lui proposait de débuter sa carrière de pseudo professeur dans l'école de l'orphelinat... Évidemment il ne pouvait pas refuser. Dans cinq minutes il allait arriver. Ginny tenait à le conduire personnellement, pour qu'il n'ai pas d'accident à cause du stress! Elle le prenait pour un handicapé moteur ou quoi! Toujours est-il qu'il arrivait aux portes de l'Enfer. A priori il était prêt. A priori.

Mais est-on vraiment prêt à affronter une classe de terminale lors de son premier jour ? Non. Définitivement non. Surtout quand on sait qu'un jeune homme plus ou moins inconnu risque de faire des... «remarques pertinentes», dixit Albus Dumbledore. Merde. Merde. Merde! Et Ginny qui ne cessait de lui jeter des coups d'œil! Si seulement il pouvait s'enfuir... Évidemment le directeur l'attendait pile devant l'entrée. Aucune issue de secours en vue. Journée de merde. Vie de merde.

«Bonjour Harry! Vous permettez que je vous appelle Harry ?

-Oui, oui. Tant qu'on y est vous n'avez qu'à me tutoyer.»

Se fut dit plus méchamment qu'initialement prévu, et devant son expression interloquée, il ne put s'empêcher de se justifier.

«Excusez-moi, le stress...»

Le directeur fit un signe de la main pour signifier un vague «peu importe» et l'enjoignit à le suivre. Là Harry ne pouvait plus reculer. Il lui jeta un rapide «bon courage» et se volatilisa en quelques enjambées. Harry entra, et fut surpris par le silence de plomb qui s'installa. Il ne sut dire si c'était de bonne ou de mauvaise augure.

«Bonjour. Je m'appelle Harry Potter, et je suis écrivain. A ce qu'il paraît je dois vous faire une sorte de cours sur le métier d'écrivain, mais étant loin de prétendre professer quoi que ce soit vous n'avez qu'à m'appeler Harry.»

Il s'étonna de voir quelques sourires, et de sentir l'atmosphère se détendre. Apparemment son entrée en matière n'était pas si catastrophique.

«Bien, pour commencer vous pourriez me dire quels genres littéraires vous attirent le plus, vos auteurs préférés, ce qui vous passe par la tête.»

Une main levée! Fin du silence le plus angoissant de sa vie bien qu'il n'ait probablement duré que trente secondes en tout et pour tout.

«J'ai lu récemment Le rouge et le noir de Stendhal, Le deuxième sexe et Les mandarins de Simone de Beauvoir, Nouvelles de Londres de Doris Lessing, Orgueil et préjugés de Jane Austen, Le mariage du ciel et de l'Enfer de William Blake, et Madame de Pompadour de Nancy Mitford.»

Dumbledore aurait-il omis de lui dire qu'il lui avait attribué une classe de petits génies ? Harry resta perplexe pendant un moment avant de se rendre compte qu'elle se sentait gênée et rougissait comme une tomate.

«Eh bien... c'est une impressionnante liste de lectures. Quand tu dis que tu as lu tout ces ouvrages récemment, c'est à dire ?

-Euh... ces deux dernières semaines.

-Et lequel est ton préféré ?

-Hum... Les mandarins.

-Bien, et quel est ton prénom ?

-Hermione Granger.

-Et donc tu as lu tous ces livres uniquement pour tes loisirs Hermione ?

-Oui, plus La cantatrice chauve pour la littérature comparée, et Roméo et Juliette pour le cours de littérature anglaise du XVIIe.

-D'accord, très bien. Sinon d'autres personnes peuvent-elles nous faire part de leurs lectures ?»

Depuis tout à l'heure Harry cherchait Tom des yeux, mais n'arrivait pas à le localiser. Peut-être séchait-t-il, ou bien ce n'était pas sa classe de terminale. Ah non, il était au fond, adossé nonchalamment contre la fenêtre, un air de profonde lassitude sur le visage. Et il levait la main.

«Oui?

-Délicieuses pourritures.

-De Joyce Carol Oates ?

-Non non je parlais de vous.»

Et voilà. On y était. Le jeune homme et ses piques assassines. Tiens ça sonnait bien ça d'ailleurs comme titre...

«Ah, nous avons un adepte du jeu de mots on dirait. D'autres lectures ?

-Lady Macbeth.

-Bien, une lecture cursive pour le cours de littérature anglaise je suppose ?

-Pas spécialement.

-Une lecture personnelle donc... Et aimez-vous cette œuvre ?

-On ne peut pas dire que je l'aime, mais elle est pertinente. A tout point de vue.»

Était-ce une pure coïncidence, ou essayait-il de lui faire passer un message ? Quelque chose comme «votre Lady Macbeth à vous elle ne vous fera pas commettre un crime, mais elle vous fera adopter de force». Non il devenait paranoïaque! Tom n'était pas au courant que c'était sa femme qui voulait adopter et non lui. Enfin pas qu'il ne veuille pas du tout, n'est-ce pas. Harry tentait de montrer qu'il n'était absolument pas perturbé par l'attitude et le choix de lectures de Tom, mais c'était apparemment plus ou moins peine perdue. L'adolescent paraissait se délecter du malaise du jeune écrivain. Le cours continua ainsi jusqu'à la fin des deux heures, et bien que d'autres parlèrent un peu de leurs livres de chevet, ou de leurs auteurs préférés, ce fut Tom qui mena la danse. Il aussi était le seul à avoir lu ses livres.

A la fin du cours, un homme l'attendait devant la porte. Il était un peu empâté, la cinquantaine environ, et était vêtu d'un atroce veston de velours qui le boudinait, et dont les boutons étaient prêts à sauter. Il se présenta comme étant le professeur Slughorn, et enseignant le grec et le latin. Puis, Harry n'eut pas le temps d'inspirer deux fois, que le bonhomme l'invita à prendre le thé dans son bureau. Et, horreur, il invita également Tom alors que celui-ci sortait de la salle de classe.

Et merde.

«Vous devez être un peu fatigué après ces deux heures. Quand on a pas l'habitude ça ne pardonne pas. Moi quand j'ai débuté je m'effondrais après chaque journée de travail vous savez. Mais à présent j'ai fait mon petit bonhomme de chemin. Trente ans dans l'éducation ça vous forge! Du ceylan, ou du earl grey ? Ah! Mais maintenant que j'y pense j'ai du thé vert O' Long! Un pur délice, le meilleur de tous les thés verts! N'est-ce pas Tom ?

-Sans nul doute, professeur. Mais je préfère le ceylan avec un peu de lait, vous savez bien.»

Harry remarqua que le jeune homme avait visiblement l'habitude de prendre le thé avec son professeur. D'ailleurs Slughorn crut bon de préciser :

«J'invite souvent quelques élèves à venir discuter, débattre de leurs idées. Ils sont si jeunes, ils ont besoin d'être stimulés intellectuellement.

-Oh, je vois.

-C'est vous qui voyez aujourd'hui...

-Hum ? Ah oui.

-Mr Potter et moi nous sommes déjà rencontrés dans le bureau de Mr Dumbledore, et nous avons vaguement philosophé sur cette «répartie voyante».

-Ah oui? Intéressant, intéressant... Bien hum, que voulez-vous alors Mr Potter ?

-Ce que... je veux ?

-Le professeur Slughorn a le don pour passer du coq à l'âne. Il vous demande quels sont vos désirs en matière de thé.

-Oh, oui bien sûr. Euh... si ça ne vous dérange pas je pense que je vais également prendre le bon vieux ceylan avec du lait.

-Ah! Si jeunes et déjà si conservateurs...

-Mais c'est vous que vous êtes un gastronome accompli professeur.»

La discussion se prolongea ainsi pendant un bon moment, oscillant entre l'ambiance bonne enfant et les tournures complaisantes. Jusqu'à ce que le directeur et Ginny interrompent l'heure du thé - qui entre parenthèses était dépassée depuis environ une heure et demie déjà. C'est seulement à ce moment-là que Harry se rendit compte qu'il faisait nuit dehors.

«Chéri, je te cherchais, je me demandais où tu étais. Tu ne m'as pas rappelée après ton cours, alors...

-Ah oui désolé, je prenais le thé à vrai dire et je n'ai pas vu le temps passer.

-Ah... d'accord.

-Hum, oui et bien nous allons rentrer. Merci Mr Slughorn.

-Mais de rien mon cher ami. Ce sera un plaisir de vous avoir à nouveau pour le thé, si bien sûr vous prévenez votre femme cette fois, pouffa-t-il en lui lançant une œillade. Je ne voudrais pas qu'une aussi charmante épouse se ronge les sangs en vous imaginant accidenté alors que vous ne faites que me tenir un peu compagnie.

-Volontiers. Et bien au revoir.»

Slughorn lui serra chaleureusement la main. Tom lui lança un sobre hochement de tête, mais avec un regard perçant, presque aussi dérangeant que celui du directeur. Harry remarqua que Ginny regardait avec insistance le jeune homme. Il lui en fit la remarque une fois qu'ils furent dans la voiture.

«-Mais je ne l'ai pas dévisagé Harry. Tu deviens paranoïaque ou quoi ?

-Ginny c'était flagrant.

-Ce qui est flagrant c'est ton manque de maturité! Qu'est-ce qu'il te prend d'être jaloux comme un pou d'un adolescent ?

-Il a dix-huit ans, c'est déjà presque un adulte. Et puis je ne suis pas jaloux, mais je ne trouve pas ça très correct voilà tout. Lui-même a dû se sentir embarrassé.

-Embarrassé ? Je pense qu'il aime être regardé si tu veux mon avis. Et vu la façon dont il te regardait c'est plutôt moi qui devrait être jalouse.

-Comment ?

-Harry... je t'en prie ne fais pas comme si tu n'avais pas remarqué.

-Remarqué quoi ? Qu'est-ce que tu insinues ?

-C'est pas croyable ça... tu es un peu connu dans le monde littéraire Harry, tu es encore jeune, et en plus tu es beau. Que veux-tu que je te dise de plus ?

-Attends deux secondes là, tu veux me faire croire qu'il est attiré par moi ?

-Pas forcément attiré, mais en tous cas une chose est sûre il t'admire, ça se voit.

-Il m'admire ? Je crois que tu as une vision assez étriquée de la réalité de la situation. Ce gosse a passé la journée à me lancer des piques, et puis tu l'as vu à peine deux minutes. Et qu'est-ce que ça veut dire que je suis beau, jeune, et que j'ai une renommée ? Comme si ça faisait quelque chose!

-Bien sûr que ça joue Harry. Tu ne remarques pas peut-être quand les femmes se retournent sur toi dans la rue, quand elles te font les yeux doux et rient à toutes tes paroles lorsque nous allons à un dîner ?

-Oh, n'exagère pas! Ce n'est arrivé qu'une fois.

-En effet, parce qu'après j'ai pris les devants et j'ai toujours demandé discrètement aux hôtes de mettre un homme en face et à côté de toi. Enfin remarque, apparemment tu ne laisses pas la gent masculine indifférente non plus...

-Quoi! Ginny, tu ne peux pas décider de ma vie comme ça! Tu perds la tête! Je ne suis pas ton petit chien que tu promènes partout avec une pancarte «attention ceci est ma propriété, ne pas toucher, ne pas regarder»! Et arrête à la fin avec Tom, tu te fais des idées.

-Écoute Harry, tu as toujours été... très naïf dirons-nous, alors il est plus que normal que je fasse attention à toi. C'est mon rôle d'épouse aussi.

-Non ça c'est le rôle d'une mère. Et j'en ai ras-le-bol que tu m'infantilises! Je ne suis pas ton fils, et tu n'as pas à te mêler de ma vie comme ça. D'ailleurs mercredi j'irais seul au lycée.

-Mais c'est mieux que ce soit moi qui conduise...

-Non, tu vois tu recommences. Je ne suis pas ton enfant que tu amènes au lycée et que tu viens rechercher ensuite. De toute façon ce sera plus pratique comme ça. Le professeur Slughorn m'a de nouveau invité à prendre le thé avec lui alors comme ça tu n'auras pas à t'inquiéter d'où je suis.

-Tu vas revoir ce garçon alors ?

-Oui, forcément j'ai encore deux heures de cours avec sa classe le mercredi matin avant d'avoir les premières.

-Je voulais dire tu vas le revoir dans un contexte autre. Tu ne vas pas me faire croire que tu lui donnes des heures de cours supplémentaires en buvant du thé avec un vieux pervers.

-Un quoi ?

-Harry, tu ne trouves pas qu'inviter comme ça des élèves dans son bureau est tendancieux ? En plus si tu n'avais pas été là, le gamin se serait retrouvé seul avec lui.

-Mais bien sûr, à part ça c'est moi qui suis paranoïaque. Et bien justement je ferai mieux de prendre le thé avec eux la prochaine fois, histoire de ne pas laisser une pauvre brebis égarée se faire manger par le grand méchant loup.

-Ne commence pas à être ironique, on ne peut jamais discuter avec toi.»

Arrivé à la maison Harry alla se coucher directement. Finalement Tom n'était pas si antipathique que ça.