NDLR : merci à tous pour vos reviews !
Je change le jour de parution, c'est plus facile pour moi de poster le dimanche finalement donc dorénavant les chapitres arriveront en fin de week-end :)
CHAPITRE 5 :
Harry se réveilla vers deux heures du matin. Ce n'était pas parce que quelqu'un frappait à la porte cette fois, mais à cause d'une envie d'uriner. Il fut un peu déçu. D'un pas endormi il se traîna jusqu'aux toilettes. Il avait vraiment envie de voir Tom. Pourquoi celui-ci n'était-il pas venu au dernier cours ? Est-ce qu'il aurait du le retenir après ce baiser ? Et de quelle manière voulait-il revoir Tom ? Tout de même c'était un garçon, un homme. Et rien n'était clair avec Ginny. Ne l'aimait-il vraiment plus, ou l'aimait-il mais sans plus pouvoir la supporter ? Il n'était pas sur de faire clairement la différence entre un agacement de passage comme en ont certains couples ou une véritable fin des sentiments. De plus il était partagé entre l'envie de faire un choix décisif en obéissant uniquement à ses désirs, et une culpabilité naissante.
D'ailleurs ce baiser avec Tom, n'était-ce pas une forme de tromperie ? Non, il lui avait volé un baiser sans signes avant-coureurs. Mais avoir envie de voir Tom plutôt que sa femme était peut-être en soi de la tromperie. Accorder du temps à une autre personne au lieu de s'occuper de sa femme, ou au moins de clarifier la situation avec elle, c'était lui mentir et se mentir.
Arrêté en pleine réflexion sur le palier des toilettes Harry laissa son regard couler jusqu'à la porte entrouverte de son bureau. N'avait-il pas un roman en préparation ? Il trouvait soudain la trame sombrement idiote. Il avait eu de bonnes critiques pour son dernier roman, ce qui avait vraiment lancé sa carrière, mais il s'agissait alors de faire aussi bien, et de pondre vite pour ne pas faire oublier sa petite notoriété. A cette réflexion Harry eut soudain envie de ne pas en vivre. De prélever des fonds dans l'héritage de ses parents pour retaper l'ensemble d'immeubles vétustes que lui avait légué un parrain dont il n'avait jamais entendu parler et de louer des appartements afin de vivre comme un pacha jusqu'à la fin de ses jours.
«Si seulement c'était aussi simple» pensa-t-il.
Troublé et à présent parfaitement réveillé il écrivit des poèmes jusqu'à une heure avancée de la nuit. Il imaginait des pamphlets contre le ministère de la culture, contre son éditeur, des quatrains comiques sur sa pauvre vie d'écrivain bientôt ratée, des alexandrins sur la mélancolie. Il fit aussi l'éloge de l'Art, des muses, de l'eau chaude du bain, du beurre salé goûté en Bretagne lors d'un voyage avec la famille Weasley il y avait six ans déjà... Il essaya un poème en prose pour coucher sur le papier son trouble, mais là rien ne jaillit. Juste un décasyllabe orphelin.
L'odeur du thé dans les plis de ma peau...
Il eut peur de devenir niais, et alla se coucher vers six heures du matin alors que pointait l'aube. Son sommeil fut agité, vers dix heures il se leva, relut les écrits de la veille en se traitant mentalement d'adolescent immature et entreprit de boire avec maintes grimaces trois cafés serrés.
A onze heures et demie il commença à échafauder des plans pour revoir Tom. Il entendit alors la sonnette retentir. Si c'était Ginny il n'était pas là, si c'était Tom il se précipiterait pour ouvrir, pensa-t-il en épiant à travers la fenêtre de l'étage.
C'était Dumbledore. Pour le coup Harry ne savait pas s'il voulait ouvrir ou non. Mais comme c'était le directeur de l'orphelinat de Tom ça pouvait avoir un lien avec le jeune garçon...
«Bonjour monsieur... euh Albus.
-Bonjour Harry, eh bien c'est donc ici que Tom s'est réfugié à sa dernière escapade ? interrogea celui-ci d'un air entendu.
-Ah euh...oui. D'ailleurs vous voulez peut-être entrer ?
-Avec plaisir, merci.»
Il le mena jusqu'au salon et leur prépara deux tasses de thé.
«Alors, vous vouliez me parler de quelque chose en particulier ?
-Eh bien déjà je venais vous féliciter pour vos exposés, les élèves ont été très contents. Et puis je voudrais savoir où vous en étiez avec votre projet d'adoption ?
-Oh... c'est à dire que pour le moment Ginny et moi sommes... en quelque sorte séparés.
-Ah, pas à cause de la question de l'adoption j'espère ?
-Non pas vraiment...
-Hum, bien donc je vous raye de ma liste alors, plaisanta le directeur.
-Oui, je pense que ça s'impose.»
Il y eut un léger silence qui s'installa. Dumbledore le regardait par-dessus ses lunettes et Harry ne savait plus trop quoi dire.
«Je suis désolé de vous avoir fait faux bond.
-Ce n'est pas grave Harry. Au moins vous vous en êtes rendu compte tôt. Environ la moitié des parents perdent patience à l'apparition des premiers problèmes dans la semaine qui suit l'emménagement de l'enfant.
-Vraiment ?
-Oui, nous essayons de limiter les dégâts en faisant des séances d'observation pour voir si un lien se crée ou non, mais en fin de compte cela ne suffit pas toujours.
-ça ne doit pas être évident à digérer pour les enfants...
-Non, beaucoup arrivent désormais sur la défensive en entretien. D'ailleurs dans les cinquante pour cent qu'on réussit à placer définitivement beaucoup sont des très jeunes, lorsqu'ils sont plus grands les autres leur expliquent qu'ils vont se faire abandonner, qu'on ne voudra pas d'eux.
-Je vois. C'est pour cette raison que vous m'aviez dit que Tom était sur la défensive quand un couple venait adopter ?
-Pour Tom c'est encore autre chose, répondit-il l'air grave.
-Ah.
-Harry, puis-je vous demander quelque chose ?
-Euh oui bien sûr, bredouilla-t-il sentant que la suite n'aurait sûrement rien de bon.
-Évitez de trop entrer en contact avec lui. Ce n'est pas quelqu'un de foncièrement mauvais, mais il a des problèmes d'ordre psychologique. Je suis censé le protéger et faire en sorte qu'il ne rechute pas vous comprenez ?
-Non pas vraiment...
-Harry je ne devrais pas vous le dire, mais je vois bien que vous vous attachez à ce gamin et je ne sais de quelle nature est votre relation..., non ne m'interrompez pas peu importe, le problème n'est pas là. L'orphelinat l'a récupéré quand il avait onze ans. Il venait de passer une année en hôpital psychiatrique.
-Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il a fait pour être interné à dix ans ?
-Je ne peux pas vous le dire car je suis tenu au secret professionnel.
-Pourtant ça ne vous a pas empêché d'en dire déjà trop, nota Harry avec scepticisme.»
Le directeur se leva et remis son manteau.
«Merci pour le thé Harry. Je ne peux rien vous dire de plus, mais si quelqu'un voulait savoir l'histoire de Tom Riddle et de ses parents il n'aurait qu'à regarder sur internet» dit-il avant de prendre rapidement congé.
En effet quelques minutes plus tard, le jeune écrivain trouva des articles de journaux dans les archives du net.
«L'héritier Riddle tue sa mère, son père, et la femme de chambre!»
«L'enfant-assassin hospitalisé d'urgence en unité psychiatrique!»
«Riddle senior transpercé de 25 coups de couteau par son fils!»
«La police s'interroge et tourne en rond sur l'affaire Riddle.»
«Coup de théâtre! L'enfant de dix ans n'aurait tué que le père!»
Dans ce dernier article le journaliste expliquait que Mr Riddle aurait voulu tuer toute la famille, ainsi que la femme de chambre depuis vingt ans à leur service, car il n'arrivait plus à payer ses dettes et ils allaient tous se retrouver à la rue. Il avait injecté du poison aux deux femmes pendant leur sommeil, mais le jeune garçon ne dormait pas et avait voulu l'empêcher de lui faire du mal. Devant la folie de son père il s'était senti en danger et l'avait frappé bien longtemps après que l'homme soit mort, par peur que celui-ci ne se réveille. Finalement il avait été déclaré que c'était un cas de légitime défense et le juge des enfants avait décidé que lorsque Tom serait prêt à sortir de l'hôpital il irait dans un orphelinat, n'ayant plus aucun parent vivant à compter de ce jour.
Harry avait besoin d'une bonne rasade de whisky.
PS : Plus d'actions dans le prochain chapitre ;)
