NDLR : chapitre tout neuf ! (blague pourrie hara-kirii kiriiii)
Bref. J'arrête de me taper des trips en solo et je vous souhaite une bonne lecture ;)
Merci pour vos reviews vous êtes adorables ! (ah oui au fait je réponds à tous ceux qui ont un compte par message, c'est plus simple et moins lourd dans la présentation que de répondre en début de chapitre. Et je suis un peu lente aussi des fois ^^)
CHAPITRE 9 :
Harry se réveilla, le bras endolori et frissonnant. Il regarda la chambre à la lumière du jour et nota seulement alors qu'il était seul. Il s'était bien sûr rendu compte de l'absence de Tom dans le lit, mais il n'avait pas vu tout de suite que les seuls vêtements qui traînaient aux quatre coins de la pièce étaient les siens. Puisque son bras lui faisait encore un peu mal, c'était peut-être parce qu'il n'était parti que depuis peu de temps. Harry essaya d'imaginer la scène du réveil à deux et en conclut que c'était sans doute mieux ainsi. Il n'aurait pas su quoi dire, comment se comporter... Tom était quelqu'un de spécial, pas quelqu'un avec qui on plaisantait l'air complice en prenant le petit-déjeuner un lendemain de baise. Du moins c'était l'impression qu'il donnait.
Harry fut frappé alors par une pensée qu'il n'avait pas réellement prise en compte jusqu'ici. L'orphelin était plein d'aplomb et parfois même un peu mystérieux, mais c'était encore un enfant qui se sentait seul. C'était un enfant qui avait vécu des traumatismes graves. Devait-il vraiment tenter une aventure avec lui ? Ce n'était pas avec un homme dont le mariage battait de l'aile que Tom devrait perdre sa virginité et connaître les jeux de l'amour, mais avec un adolescent de son âge. Bien que Harry soit encore en colère contre l'attitude de Ginny, il se souvint avec nostalgie de leurs premiers ébats dans le grenier de la maison des Weasley. Ils avaient composé un lit de fortune avec les couvertures de l'hiver entreposées là pendant l'été.
Harry chassa ces pensées. Maintenant que la tension du premier rendez-vous était retombée, il voulait avant tout sortir de ce manoir. Il avait la sensation d'être un étranger dans ses murs, une personne non désirée, comme s'il n'avait rien à faire dans ce lieu chargé d'un lourd passé. Harry avait toujours trouvé ridicule et dépourvu de bon sens qu'on puisse se sentir mal à l'aise dans une maison où un meurtre avait été commis et voilà qu'il se retournait fréquemment sur lui-même en cherchant le passage où il avait du égarer le reste de ses affaires. Il ne craignait pas que la maison soit hantée bien sûr, du moins pas au sens où un fantôme errerait entre les murs, mais il sentait la présence pesante de quelque chose qui le perturbait. Après tout peut-être que les légendes de châteaux hantés par de malveillants ectoplasmes prenaient leur source dans ce malaise difficile à définir.
Harry finit par retrouver son chemin et sorti après avoir cherché en vain son pull pendant dix minutes. Encore hébété de sa courte nuit et du trajet du retour, il fut stupéfait en arrivant devant sa porte de voir écrit «pédéras» en grosses lettres rouges. Il se rappela alors les événements de la veille. Apparemment la police était arrivée avant que Ronald n'achève son œuvre. C'était étrange de voir le mot écrit en presque toutes lettres. Alors ça y était ? Il était homosexuel ? Il aimait les hommes ? Harry laissa échapper un petit rire. Il ne savait même pas si les femmes ne lui faisaient plus d'effet.
Il se déshabilla prestement afin de prendre une douche chaude. Il pensait encore à Tom. Ils avaient été si proches pendant une bonne partie de la nuit... Harry était venu dans cet orphelinat pour adopter un enfant avec sa femme. Maintenant il vivait séparé d'elle et avait rompu le dernier fil qui le rattachait à son ancienne vie. Même s'il n'avait pas d'avenir avec Tom, il ne pourrait jamais revenir en arrière. Il fallait qu'il essaye de régler ça à l'amiable, il ne voulait pas partir en claquant la porte. S'il voulait se donner une chance de ne pas abandonner le jeune homme, il fallait qu'il fasse le deuil de ses jeunes années. Il ne voulait pas savoir Tom se sentir seul dans ce manoir glauque, ou dans une chambre d'orphelinat.
Harry avait du mal à assimiler tout ce qui s'était passé depuis deux semaines. Tout s'était accéléré trop vite ces derniers temps. Il prit une aspirine et décida de se distraire un peu de ses sombres pensées, sachant pertinemment qu'il n'arriverait pas à dormir. Il appela Luna pour l'inviter à manger à midi et elle accepta volontiers, promettant d'amener le dessert. Il passa ensuite un autre coup de téléphone. Il savait qu'il tomberait sur le répondeur à cette heure-ci et laissa un message demandant de l'aide pour aller acheter des meubles et les monter jusqu'à son appartement. Avec un peu de chance l'ancien professeur de piano de Luna aurait la bonne idée de passer après ses cours à domicile du samedi matin. Par un hasard fortuit il s'était révélé être un vieil ami de Sirius au temps où tous deux étaient à l'université, et il était toujours prêt à lui rendre service.
Harry partit faire quelques courses pour ne pas avoir à n'offrir qu'une tranche de pizza de la veille. En rentrant il se rendit compte qu'il était déjà onze heures et mit vite le poulet fermier à cuire au four avant de s'attaquer aux pommes de terre sautées. Elles brûlèrent légèrement le temps qu'il déniche des chaises supplémentaires dans le bric à brac des étages inférieurs, heureusement rien de quoi les rendre immangeables. Il était en pleine contemplation incrédule devant le saladier quand la sonnerie retentit. Il descendit les marches quatre à quatre pour aller ouvrir.
«Luna! Splendide ton gâteau» commenta-t-il en regardant d'un air amusé la chose bleue, molle et affaissée qui trônait dans une assiette verte à motifs psychédéliques. Son amie avait décidément un goût très particulier.
«Je ne sais pas si tu vas pouvoir m'aider, mais j'étais justement dans la panade au moment où tu as sonné, dit-il tandis qu'ils montaient les escaliers.
-Ah oui ? Un problème d'ordre culinaire ? pouffa-t-elle.
-Exactement. Saurais-tu par hasard les proportions d'huile et de vinaigre qu'il faut pour faire une vinaigrette ?»
Luna rit de bon cœur en entendant qu'il ne savait même pas ces simples bases de la cuisine. Ils furent interrompus par un nouveau coup de sonnette alors qu'ils n'avaient pas encore atteint le dernier étage. Harry redescendit alors en lui jetant un «attends je vais voir ce que c'est». Si c'était bien celui qu'il attendait il valait mieux qu'il joue la surprise même si tous deux se douteraient de quelque chose, Luna en particulier. Il mit la chaînette par mesure de précaution et ouvrit la porte. Son cœur fit un bon de joie lorsqu'il reconnut Remus. Il avait réussi à créer une jolie coïncidence.
«Bonjour Harry. Tu vas bien ?
-Oui et toi ?
-Très bien. Je suis désolé de passer à l'improviste, j'ai eu ton message mais je t'embête peut-être ?
-Oh euh non, pas de problème, commença Harry l'air faussement gêné. En fait on allait passer à table, mais il y en a assez pour trois.
-Je ne savais pas que tu avais du monde..., s'excusa Remus.
-Ce n'est un déjeuner entre amis, il n'y a pas de mal. Tu peux te joindre à nous si tu veux, c'est juste que... enfin en fait c'est Luna qui est là.
-Ah. Ne t'inquiète pas Harry c'était sur ma route de toute façon, je n'ai pas fait un grand détour. Je peux revenir quand tu seras libre, commença-t-il le visage légèrement crispé.
-C'est que ça me gêne un peu, tu sais ça ne va pas durer longtemps. Et puis je croyais que vous vous reparliez de temps en temps non ?
-Oui, mais... c'est compliqué... je... on se croise seulement à l'école de musique de temps en temps, mais on ne fait que papoter cinq minutes.
-Ah oui d'accord. Écoute, c'est comme tu veux, mais c'est juste le temps du déjeuner tu sais, elle part à quatorze heures pour son cours de violon.
-Oh elle fait toujours du violon alors ? demanda-t-il semblant s'intéresser tout d'un coup vivement à la jeune fille.
-Mon dieu, Remus! Mais de quoi vous parlez au juste quand vous vous croisez si vous ne parlez même plus musique ?
-C'est mieux comme ça, déclara-t-il en se refermant aussitôt.
-Hum, bien comme tu veux. On peut se retrouver vers quinze heures en ville si tu préfères, proposa Harry sentant qu'il n'en tirerait rien.
-Très bien. A toute à l'heure alors, encore désolé du dérangement. Et... passe lui le bonjour.
-Promis.»
Harry referma la porte déçu. Au moins il savait maintenant de manière sûre que Remus n'avait jamais oublié le souvenir de sa jeune élève lui déclarant sa flamme le jour où elle avait eu seize ans. Il avait beau lui avoir dit être deux fois plus vieux qu'elle, s'être comporté de manière distante du jour au lendemain, et l'avoir dirigée vers un autre professeur l'année suivante, il n'était en réalité pas aussi froid à son égard qu'il voulait bien le faire croire.
Quand il remonta les escaliers il trouva Luna sur le palier du premier étage, le regard fixé dans le vide. Elle avait posé le gâteau sur une marche et s'était assise à côté sans voir qu'un pan de sa jupe blanche qui s'était posé sur celui-ci bleuissait de seconde en seconde. Lorsqu'elle remarqua le présence de Harry elle sembla reprendre ses esprits et lui fit un petit sourire en lui assurant que ce n'était pas grave et qu'elle était désolée de lui avoir fait manquer un déjeuner avec l'ami de son parrain. Elle savait qu'il aimait bien discuter avec lui de ce personnage à la fois haut en couleurs et torturé dont la fin de vie fut tragique. Il aimait aussi parler de ses parents que Remus avaient connu un petit peu par l'intermédiaire de Sirius.
«Tu sais Luna, tu ne devrais pas penser comme ça.
-Pourquoi ? Je sais bien que c'est à cause de moi qu'il est reparti aussi vite qu'il est venu.
-Oui, mais toi aussi tu as le droit de manger avec moi, tu es mon invitée. Et puis... je ne trouverais pas ça juste que tu t'empêches de faire des choses pour ne pas le déranger, lui ou quelqu'un d'autre. J'ai agi exactement de cette manière avec Ron et pourtant ça n'a jamais servi à rien.
-Je suis sûr qu'il t'aime toujours au fond, c'est juste caché quelque part derrière un gros nuage de colère et de rancune.
-Si tu le dis... Remus aussi il t'aime toujours tu sais.
-Oui j'ai entendu ça, il s'inquiète de ce que je deviens, soupira la jeune fille.
-Non je voulais dire qu'il t'aime. Vraiment. Tout court. C'est juste qu'il ne se l'ai pas encore avoué.
-Si tu le dis.»
Le repas ne fut pas aussi bien que Harry le souhaitait mais l'atmosphère se fit plus légère au moment du dessert. Le gâteau et les explications loufoques de Luna quant à la préparation de celui-ci les aidèrent pour beaucoup à rire de nouveau.
