NDLR : Nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira, slash au prochain chapitre. Merci à tous ceux qui continuent à suivre, je n'ai pas beaucoup le temps avec les études qui reprennent de répondre aux reviews mais je les lis et ça me fait du bien d'avoir votre avis! :)
CHAPITRE 12 :
Harry regardait fixement son portable. L'auteur du texto était évidemment Tom, il ne pouvait y avoir de doute. Cependant l'adolescent n'avait pas son numéro de portable aux dernières nouvelles - chose bien moins aisée à trouver qu'une simple adresse dans l'annuaire - et surtout il était étrange qu'il le contacte par ce biais précisément au moment où Harry était non loin de l'orphelinat. Il regarda autour de lui comme s'il allait le voir surgir soudainement parmi le feuillage dense de la forêt, mais rien ne se passa. Il reporta son attention sur le message et se tritura les méninges pour trouver quoi répondre à ce qui ressemblait plus à des directives qu'à une proposition.
«Pourquoi là-bas ?»
Harry attendit trente secondes avant d'entendre une sonnerie inconnue émaner de son portable. Cela signifiait que le portable reconnaissait le numéro entrant comme numéro spécial. Or il n'avait jamais programmé de numéro spécial que celui de sa femme.
«Parce que j'y serai.»
«Où es-tu maintenant ?»
«Pas disponible.»
«Ok. C'est ton portable ?»
«Je l'utilise rarement.»
«Et comment as-tu eu le mien ?»
«Cherche...»
Harry commençait presque à s'agacer de cette conversation. Tom n'était pas disponible mais il lui répondait dans la minute, leur dialogue ressemblait à un match de tennis et maintenant il s'amusait à lui faire des devinettes.
«Dumbledore a mon numéro ?»
«Sans doute, mais alors il est trop bien gardé.»
«Même pour toi ?»
«Dumbledore est bien meilleur à ce jeu-là que moi.»
«Alors j'ai renseigné mon numéro ailleurs...»
«Comme tout le monde non ?»
«La femme de l'accueil ?»
«Quelle femme ? Quel accueil ?»
«Celle que j'ai vu à l'orphelinat. Quand tu attendais à ma voiture.»
«Tu donnes vraiment ton numéro à n'importe qui.»
«Tu es vraiment très agaçant.»
«Plus que ta femme ?»
«D'un autre... genre. Tu n'es pas revenu chez moi au fait?»
«Délicieux. Non pourquoi ?»
«Affamé. Parce que je n'y suis plus.»
«J'aime les jeux de langue. Intéressant. Où es-tu ?»
«Tu aimes toujours jouer. A l'abri.»
«Pas toi ? Disponible ?»
«Pas quand tu as le dessus. Parfois...»
«Je croyais que tu étais sans dessus dessous. Le soir ?»
Harry interrompit deux minutes l'échange de balles. Il avait du mal à suivre le rythme des piques et des sous-entendus de l'adolescent.
«Nous étions tous deux à nu. Oui.»
«T'ai-je perturbé ? Seul ?»
«Une fraction de secondes. Presque toujours.»
«Quand ? Possible à l'improviste ?»
«Cherche. Si tu ne crains pas la pizza surgelée... possible.»
«Non. Je ne crains rien.»
«Et donner ta langue au chat ?»
«Seulement s'il ronronne.»
«Je ne ronronne qu'au réveil.»
«A vérifier... Ne soit pas en retard cette fois.»
«18h ce n'est pas l'heure à laquelle le parc ferme ?»
«Si.»
«Ah. Un point de rendez-vous ?»
«Au labyrinthe.»
«Pas de gardiens ?»
«Je connais le gardien.»
«Ok. Alors je serais à l'heure.»
Harry regarda justement l'heure à sa montre - son portable étant bien entendu toujours à l'heure d'hiver - et vit avec inquiétude qu'il était déjà trois heures et demie de l'après midi. Il avait intérêt à faire vite, le temps de sortir les cartons de sa voiture, de les monter chez lui, puis de se préparer il serait facilement cinq heures. Or il lui fallait une petite heure pour arriver aux jardins du château. Les travaux attendraient bien un jour de plus.
C'est donc un Harry transpirant et courbaturé qui fila sous la douche à la vitesse de l'éclair après avoir gravi sept fois de suite les trois étages du Square Grimmaurd. Il enfila ensuite un jean noir, un tee-shirt blanc tout juste sorti de la machine et une chemise bleue à carreaux. Avant d'ôter la chemise parce qu'il venait de se rappeler que c'était un cadeau de Ginny pour son vingt-deuxième anniversaire. De toute façon son pull gris foncé lui allait beaucoup mieux.
Heureusement pour lui la route était dégagée et il pouvait rouler assez vite pour ne pas être en retard. Arrivé devant le chemin piéton qui mène au jardin des paons puis au labyrinthe il gara sa voiture et jeta un coup d'œil dans le rétroviseur. Décidément il avait les cheveux bien trop en bataille chaque fois qu'il avait rendez-vous avec Tom. Il avança dans le chemin, inquiet de tomber sur quelqu'un et en même temps rassuré de voir que les lieux avaient l'air désert.
Il ne savait pas comment l'adolescent pouvait connaître le gardien et faire en sorte qu'ils puissent entrer ici alors que tous les visiteurs étaient repartis, mais c'était plutôt impressionnant. Parfois il avait l'impression que Tom était bien plus qu'un simple orphelin de dix-huit ans. Toute cette atmosphère de mystère et de jeu dans l'ombre lui inspirait de la méfiance en même temps que de l'excitation.
Il arriva sans encombres au labyrinthe, mais n'y vit personne. Sa montre indiquait 17h59. Pour cette fois il semblait en avance sur son rendez-vous. Ça l'étonnait même que Tom ne soit pas lui-même en avance, il avait l'air d'être quelqu'un qui aime contrôler la situation. Il se tourna dans la direction d'où il était venu pour voir si l'adolescent arrivait quand une sonnerie bien particulière le fit soudain sursauter. Avait-il eu un empêchement ?
«Suis-moi.»
Harry se tourna brusquement vers l'entrée du labyrinthe.
«Je ne te vois pas.»
«Alors trouve-moi...»
Décidément essayer de suivre Tom était aussi aisé que de comprendre la littérature obscurantiste. Harry entra précipitamment dans le labyrinthe et regarda dans les différents chemins sans y trouver personne. Beaucoup de gens avaient piétiné ici toute la journée et il était impossible de savoir dans quelle direction les pas de l'adolescent s'en étaient allés. A tout hasard il pris à droite, là où le chemin paraissait le plus large. Après une bonne demie-heure et quelques demi-tours il parvint, non pas au milieu, mais à la sortie du labyrinthe.
«Ou plutôt à l'entrée» jugea-t-il en voyant qu'il était revenu à son point de départ.
La nuit promettait d'être longue mais pas pour les raisons qu'ils auraient cru. Il savait qu'il devait gagner ce petit jeu, sinon il avait l'étrange impression que Tom lui fileraient entre les doigts. Est-ce que l'adolescent le testait ? La première fois qu'il l'avait invité c'était au manoir Riddle alors qu'Harry venait juste de découvrir le drame s'y étant déroulé. Déjà il avait ressenti un petit goût de défi, un «suis-moi si tu peux» dans cette proposition. Il devait le trouver.
Il résolut de casser une branche dans les murs de verdure à chaque nouveau chemin pour ne pas tourner en rond. Et quand il rencontra de grandes haies de lierre il s'improvisa Petit Poucet. Il était persuadé que Tom se trouverait au milieu du labyrinthe, qu'il l'attendrait tranquillement là, comme la récompense de ce petit jeu. Mais après une heure de recherche il songea vraiment à escalader une de ces foutues cloisons de tuyas pour tenter d'apercevoir l'adolescent. Il commença également à douter que celui-ci soit réellement ici alors qu'il repassait pour la troisième fois au centre du labyrinthe.
«En même temps c'est bizarre qu'il m'envoie un texto pile au moment où j'arrive» murmura Harry pour lui-même.
Non, ce jeu était une mascarade. Est-ce que Tom le suivait en permanence depuis le début ? Depuis qu'il était arrivé à Leeds Castle ? Si on admettait que l'adolescent passait dans ses traces il y avait néanmoins un problème : comment aurait-il fait pour passer inaperçu ? Harry avait fait une bonne vingtaine de fois demi-tour devant une impasse et n'était jamais tombé nez à nez avec lui. Ou alors Tom connaissait le labyrinthe par cœur... Quand bien même, il ne l'avait même jamais entendu. Il avait vraiment l'impression d'être seul alors que le silence du lieu n'était dérangé que par quelques rares cris d'oiseaux.
Soudainement inspiré il se retourna vers la haie et fourra sa main dedans pour y déposer son portable. S'il avait vu juste il prendrait Tom à son propre piège.
Il fit demi-tour le plus silencieusement possible et se posta dans un coin quelques mètres plus loin. Son impatience le faisait trembler des mains. Il laissa passer encore quelques instants et se déplaça lentement en décrivant un arc de cercle autour du mur de verdure où il s'était stoppé plus tôt. Il était près de se traiter d'imbécile notoire et de repartir chez lui lorsqu'il vit enfin une silhouette.
Tom. Il paraissait beaucoup moins grand à la tombée de la nuit, les bras croisés contre sa poitrine comme s'il commençait à avoir un peu froid. En effet l'humidité de la nuit commençait à recouvrir le lieu et le jeune homme ne portait qu'une chemise. Harry aurait aimé arriver derrière lui pour le serrer dans ses bras sans qu'il s'y attende, mais il savait qu'il l'entendrait. Il s'écarta alors du recoin où il s'était tapi pour l'observer et marcha doucement vers lui. Dès les premiers pas il le vit se tourner.
«La fonction gps ?
- Oui, aquiesca Tom avec un sourire en coin.»
Harry avala les derniers mètres qui les séparaient et rapprocha son corps au plus près du sien.
«Mais je pensais que tu mettrais plus de temps à trouver.
-C'est pour ça que tu n'as pris qu'une chemise peut-être ?
-L'air était étouffant tout à l'heure et puis je n'ai pas froid.
-Ton corps est froid.
-Il en a vu d'autres.»
Harry soutint le regard provocateur de l'adolescent. Toujours ces petites piques... comme s'il ne relâchait jamais la garde. Tout ce que Tom acceptait de livrer était son corps. Son âme il la cachait derrière des traits d'esprits.
Harry enleva son pull et lui mit sur les épaules.
«Tu veux de la pizza ?»
Tom sourit pendant un centième de secondes et lui emboîta le pas.
«N'oublie pas ton portable, lança-t-il d'une voix moqueuse par dessus son épaule.»
