NDLR : Ouh ça sent Noël chers lecteurs! Voilà que je publie enfin un nouveau chapitre et avec slash au programme. Promis pour la nouvelle année je prends de bonnes résolutions et je réponds à vos reviews!

Bonne lecture ;)


CHAPITRE 13 :

Le trajet en voiture avait duré trois quart d'heure. Une éternité sembla-t-il à Harry, du moins jusqu'à ce qu'il pose un pied sur le sentier qui menait au Square Grimmaurd. Là il lui apparut que le voyage avait duré quelques secondes à peine. Tom et lui n'avait pas beaucoup parlé, juste ce qu'il faut pour ne pas installer de silence pesant. Harry avait remarqué que l'adolescent semblait plutôt à l'aise, les traits de son visage laissant exprimer une légère fatigue au lieu de l'air joueur et déterminé qu'il affichait constamment d'ordinaire.

Soudain Harry se souvint de l'oeuvre de Ronald. Ils arrivaient au niveau de l'immeuble et de là on voyait déjà nettement le message inscrit en rouge. Tom ne fit cependant aucun commentaire quand ils passèrent le pas de la porte d'entrée. Harry lui fit rapidement visiter les deux premiers étages en lui expliquant qu'il n'avait pas encore eu le temps d'y faire de travaux. Ce ne fut qu'à mi-chemin de l'escalier menant au troisième qu'il lui demanda.

«Tu ne vas pas t'attirer des ennuis en m'emmenant ici ?»

Ce fut dit d'un ton égal, vide de toute excuse préalable, comme à titre purement informatif. Harry lui répondit que non, qu'il n'y avait que lui ici. Ce n'était pas très explicite mais il ne tenait pas à s'étendre sur le chagrin de sa femme, les crises de colères de son beau-frère et encore moins sur la raison pour laquelle il possédait un ensemble d'appartements vétustes en banlieue de Londres. Tom ne broncha pas, se contentant de hocher la tête.

La suite fut plus difficile encore. Harry ne savait pas très bien quoi dire ou quoi faire. Ils étaient chez lui, c'était donc à lui de prendre les rênes et de maîtriser la situation, mais il avait l'impression de ne plus savoir comment se comporter lors d'un rencard. Il savait que Tom voulait qu'il lui montre son désir, qu'il lui montre qu'il n'avait aucune envie de le rejeter. Mais comment rassurer quelqu'un quand on a soi-même besoin d'être rassuré ? Harry avait toujours un moment de doute quand il devait serrer l'adolescent dans ses bras ou l'embrasser. La dernière fois il s'était forcé à faire le premier pas et tout s'était bien passé, mais maintenant qu'il l'avait fait entrait chez lui, dans son intimité, il avait l'impression de ne plus être maître de la situation.

«Tu vis depuis longtemps ici ?»

Harry tourna la tête, stoppé dans ses pensées par la voix laconique de Tom.

«Depuis... à peu près deux semaines. Il faut encore que je monte tous les meubles.

-C'est un bien de famille ?

-Euh... oui, mais comment tu le sais ?

-La photo au deuxième étage.

-Oh oui ! C'est une photo de mon père avec des amis. L'un d'eux était mon parrain, c'est lui qui m'a donné l'immeuble en héritage.

-Tu n'as jamais habité avec lui ?

-Non, la tutelle revenait à ma tante, la sœur de ma mère, et mon parrain a eu quelques problèmes avec la justice, on ne lui aurait pas confié ma garde de toute façon.

-Ah. C'est bien ici en tous cas.

-Oui c'est plutôt sympa finalement, sourit Harry en pensant qu'il pourrait peut-être mettre quelques photos de famille dans son appartement.»

Cette discussion avait un peu brisé la glace et il se décida à mettre Tom à l'aise en lui proposant de surveiller la cuisson de la pizza le temps qu'il aille à la cave chercher une bouteille de vin. Quand il remonta il vit l'adolescent légèrement penché en avant, les coudes appuyés sur le plan de travail, regardant le four sans vraiment y prêter attention. Harry arriva doucement derrière lui, profitant de son égarement, et le cala contre lui d'un bras tandis qu'il posait la bouteille de vin.

«Alors tu rêves ?

-Non je pensais, répondit-il avec un demi-sourire.»

Il embrassa son front et sortit la pizza tandis que Tom mettait la table. Le repas se passa plutôt bien, l'alcool les aidant un peu à se détendre. Harry avait l'impression d'être dans un hors-temps. La faible lumière du lustre et des lampadaires au dehors donnait une atmosphère particulière à la cuisine. Dans cette demi-obscurité il avait l'impression que Tom était beaucoup plus proche de lui qu'il ne l'était tout à l'heure. Il savait que la suite logique de leur rendez-vous précédent était pour ce soir et il sentait monter en lui une tension plaisante, entre le stress et l'excitation.

Ce fut Tom qui se leva et qui vint vers lui comme il l'avait fait lors de leur premier baiser. Une chaleur agréable envahit le corps d'Harry. Dans une pénombre maintenant totale ils touchaient chaque centimètre de peau comme pour s'assurer l'un et l'autre qu'ils étaient bien là, partageant ce moment et l'appréciant à son maximum. C'était un sentiment curieux que ressentait Harry, plus il le serrait contre lui pour le retenir afin que cet instant ne finisse jamais et plus il prenait conscience de la fragilité de leurs retrouvailles. Il avait l'impression qu'il lui était impossible d'avoir le moindre conflit avec Tom et pourtant il avait peur de le perdre. De le perdre alors qu'il n'avait eu le temps que de vivre des moments bien trop brefs avec lui.

«Tom ?

-Oui ?

-Tu en as envie ?

-Je n'attends que ça depuis la première fois que je t'ai vu.

-J'espère ne pas te décevoir alors, répondit Harry avec une pointe d'humour dans la voix.

-Je veux pas que ce soit parfait. Je veux juste le faire avec toi.

-Pourquoi ?

-Parce que je t'ai choisi.

-Oui mais... pourquoi tu m'as choisi ? Pourquoi dès que tu m'as vu ?

-Parce que t'avais l'air différent.

-Différent de qui ?

-De tous les autres cons qui viennent adopter. Tu n'avais pas le même regard. Pas la même attitude. J'ai vu que tu n'avais pas cet espèce d'espoir crédule qu'ils ont tous dans les yeux quand ils sont devant une horde d'enfants abandonnés.»

Harry l'embrassa distraitement sur la pommette en repensant à ce fameux jour. Est-ce qu'il avait trouvé que Tom était beau à ce moment ou est-ce que c'était venu plus tard ? Est-ce qu'en vérité il n'avait pas eu envie dès cette première rencontre d'avoir l'air meilleur qu'il ne l'était aux yeux de cet adolescent inconnu le fusillant du regard lors de son entrée dans un cours de biologie ?

«Pourquoi tu m'as fait ce regard assassin alors ?»

Tom ne répondit pas tout de suite. Il bougea légèrement sur ses genoux, comme pour se mettre dans une position plus confortable.

«Parce qu'elle elle l'avait ce regard.»

Harry sut immédiatement qu'il parlait de Ginny. Oui, elle avait dû avoir ce regard. Elle désirait tellement cet enfant, comme une dernière chance, une dernière tentative désespérée de sauver leur couple. Mais il avait l'impression qu'au fond ce genre de tentative était forcément vouée à l'échec. Ils étaient devenus si étrangers l'un à l'autre depuis qu'ils étaient mariés que cette dernière chance semblait plutôt être le dernier coup porté à l'édifice.

Harry laissa échapper un petit rire discret et sans joie. Il plongea sa tête dans le cou de Tom pour respirer son odeur, puis il remonta le long de sa mâchoire pour atteindre ses lèvres. Il aimait la façon dont l'adolescent passait ses doigts sur sa nuque, à la base des cheveux, en un long mouvement appuyé quand il l'embrassait. Il aurait pu se contenter de ça pendant des heures, mais pas ce soir. Ce soir il avait lui aussi envie de plus.

«Je te fais visiter le reste ?»

Tom se leva et se laissa entraîner vers la chambre, puis vers le matelas. Harry se félicita mentalement d'avoir refait le lit la veille. L'odeur fraîche de lessive et celle, plus ténue, de son shampoing sur l'oreiller semblaient l'exhorter à salir les draps. Il s'allongea donc de tout son long sur Tom pour frotter son érection à la sienne. Mais à peine quelques soupirs plus tard celui-ci le renversa d'un adroit coup de hanche pour inverser leur position.

Il le laissa taquiner un instant son cou avant de le déporter dans l'autre sens pour reprendre leur situation initiale. Ils se sourirent d'un air de défi. Jusque là Harry n'avaient pas vraiment pensé aux aspects «pratiques» de leur première nuit ensemble. Tom était plus jeune que lui et d'apparence plus frêle, mais il venait de prendre conscience que ça ne signifiait pas qu'il soit naturel pour lui d'être en-dessous. Lorsque celui-ci esquissa un mouvement pour se relever et le faire basculer en arrière, Harry le contra et descendit lentement vers son bas-ventre en lui intimant de ne pas bouger.

Il commença par prendre le sexe de l'adolescent en main, puis tendit sa bouche avec une détermination mêlée de crainte jusqu'à ce qu'il touche la peau chaude et fine avec ses lèvres. Tom tressaillit d'anticipation et Harry se décida alors à le prendre entièrement en bouche. Il se concentra sur le rythme de sa langue et sur les manifestations de plaisir de Tom. Celui-ci voulut le stopper d'un geste de la main mais il se libéra presque dans l'instant.

«Désolé, s'excusa-t-il après avoir repris son souffle.

-Non c'était... spontané, répondit Harry avec un sourire en coin.»

Tom lui colla une pichenette sur le nez et se déplaça légèrement pour l'enlacer.

Ils s'embrassèrent un moment, puis l'adolescent, profitant de son érection renaissante, se mit à califourchon au-dessus de lui et entreprit d'embrasser son nombril pour descendre avec une incroyable lenteur vers les premiers poils à la base du pénis. Enfin Harry sentit ses lèvres parcourir sa verge tendue et poussa un soupir de bien-être. Mais la caresse fut de courte durée et lorsqu'il releva la tête pour voir ce qu'il faisait, il vit Tom lécher deux de ses doigts avec application. Il comprit où il voulait en venir et s'étendit à nouveau en essayant de se détendre.

La sensation n'était pas douloureuse pour le moment, mais étrange. Une sorte de gêne diffuse qui s'estompa assez rapidement quand la bouche de l'adolescent recommença un va-et-vient sur son sexe. Quand Harry fut près de jouir il se retira et vint se placer au-dessus de lui.

«Tu as... ?

-Oui.»

Il fouilla dans le tiroir de la table de nuit et en sortit un préservatif et du gel lubrifiant. Il le sortit de son emballage et la déroula sur le sexe tendu de l'adolescent avant de l'enduire de gel avec des caresses appuyées. Tom l'allongea et massa doucement son entrée pour continuer à le détendre. Il l'embrassa longuement et suréleva légèrement son bassin pour avoir une meilleure position. Ils s'y reprirent à plusieurs fois, Harry ayant du mal à accepter cette intrusion plutôt douloureuse, mais au bout du cinquième essai leurs deux corps se soudèrent l'un à l'autre lorsque le pénis de Tom le pénétra entièrement.

Harry sentit la tension fébrile de l'adolescent qui essayait de se contenir pour ne pas lui faire trop mal. Il avait l'impression qu'on avait glissé du feu liquide dans son corps, mais il s'habituait à la douleur continue qu'il ressentait. Plus maître de ses émotions que Tom il passa une main dans les boucles brunes de l'adolescent, l'embrassa dans le cou et lui donna son consentement.