NDLR : Voilà le quinzième chapitre ! Et par Merlin, écrit en moins d'un mois pour une fois ! ^^ Un peu moins de Tom et plus de Nymph' dans ce chapitre. Bonne lecture =)
CHAPITRE 15 :
Harry mit son clignotant et doubla un camion. Cela faisait trente minutes qu'il avait quitté l'orphelinat et il ne cessait de penser à Tom et à leur relation. Il stoppa la radio afin de ne pas se laisser trop distraire. Il avait déposé l'adolescent dans le chemin où il s'était arrêté la veille en espérant le voir passer. Celui-ci lui avait confié qu'il valait mieux que Dumbledore n'apprenne pas qu'ils avaient passé la nuit ensemble et Harry s'était donc garé légèrement en retrait.
Curieusement Harry n'avait pas l'impression que le directeur de l'orphelinat soit réellement dérangé par cette perspective. S'il avait été en désaccord profond avec leur relation lui aurait-il donné des informations concernant l'histoire de Tom ? A moins que ça n'ait été dans le but de lui faire peur et de ne lui donner envie de stopper tout contact. Mais tout de même, il lui avait simplement dit qu'il ne voulait pas que l'adolescent ait des raisons de faire un nouveau séjour en hôpital psychiatrique, pas qu'il était hostile à leur rapprochement.
D'ailleurs Harry s'interrogeait sur les raisons qui pourraient pousser Tom à rechuter par sa faute. Est-ce qu'une rupture ou une trahison pourrait avoir un tel effet sur lui ? Peut-être après tout. Peut-être qu'il s'était retrouvé tellement fragilisé après cette tragédie familiale que ce genre d'événements pouvait le pousser dans ses derniers retranchements. Mais dans ce cas Tom avait déjà dû faire des rechutes. Sinon pourquoi Dumbledore serait venu le mettre en garde ? Si l'adolescent s'était montré stable toute sa vie depuis l'incident il serait étrange de craindre quoi que ce soit.
Harry fut tiré de ses pensées par un klaxon retentissant. Il releva les yeux et vit alors un camion à vingt mètres de lui et roulant dans le sens opposé. Il n'eut que le temps de faire une embardée pour l'éviter et sa voiture quitta la route pour atterrir lourdement dans un champ. Harry resta d'abord absolument immobile, les deux mains crispées sur le volant et respirant chaotiquement. Comment avait-il pu être aussi distrait ? Il se passa une main sur le front pour essayer de se reprendre et songea qu'il fallait vraiment qu'il fasse un grand nettoyage de printemps dans sa vie.
Il sortit un peu chancelant de la voiture et remarqua que les deux pneus avant étaient bons pour la décharge. Il jeta un œil vers la route, mais personne ne semblait avoir remarquer qu'il était en rade au beau milieu d'un champ. Le conducteur du camion ne s'était même pas arrêté. Poussant un soupir il sortit son portable de la voiture pour appeler Remus. Il ne savait pas qui d'autre appeler. Remus serait sûrement debout à cette heure-ci et il avait une voiture pour venir le chercher contrairement à Luna.
«Allo, fit une voix de femme ensommeilée.
-Allo, euh... je cherchais Remus, répondit Harry perplexe.
-Ah euh, Harry c'est ça ! Remus a du confondre son portable avec le mien. C'est marrant quand on y pense, tomber sur quelqu'un qui a exactement le même portable que le sien c'est fou, ça doit être un signe comme on dit, lui raconta la voix un peu plus réveillée à présent.
-Ah oui sans doute, répondit-il éberlué, mais... excusez-moi mais qui êtes-vous ?
-Oh mais... tu n'es pas Harry ? Le garçon avec qui Remus est venu au magasin ?»
Harry en fut soufflé. Elle était décidément partout cette femme aux cheveux roses. Il se retint de lui dire qu'il n'était pas un garçon vu son âge.
«Oh si c'est bien moi, et vous êtes... euh je crois que je ne connais même pas votre prénom en fait.
-Oh ce n'est rien mon chou appelle moi Tonks ! C'est un surnom, mais c'est bien mieux ainsi, précisa-t-elle.
-Bien... Tonks. Donc Remus n'est pas avec vous ?
-Tu peux me tutoyer tu sais, je ne suis pas si vieille, rit-elle. Remus est à un cours de piano aujourd'hui, je ne peux pas te le passer.
-Ah... Et bien est-ce que v... tu pourrais lui dire de me rappeler quand il rentrera.
-Oui bien sûr, mais tout va bien ?»
Harry hésita quelques secondes à lui dire ce qui lui était arrivé.
«En fait j'ai eu un léger accident et...
-Oh mon dieu ! Attends je vais l'appeler tout de suite, il note le téléphone de tous ses clients dans un carnet.
-Non non, ce n'est pas la peine. Je vais bien, ce sont seulement les pneus qui sont dans un sale état.
-D'accord, bon, on l'appellera tout à l'heure. Je vais venir te chercher et on appellera aussi une dépanneuse.
-Oh, merci mais je...
-Non, ne dis rien ! Ça me fait plaisir et de toute façon ma boutique est fermée le lundi matin. Dis-moi juste où tu te trouves.»
Trente minutes après la fin de l'appel, la vendeuse aux cheveux roses arrivait dans une petite voiture bleu électrique. Il la vit courir vers lui dans une longue robe jaune pâle à franges. Elle ne portait qu'un châle mauve par-dessus pour se protéger du vent et de la pluie.
«Ouch ! Tes pneus sont irrécupérables on dirait !
-Oui, pas moyen de rouler jusqu'à un garage dans cet état-là.
-Bon prends tes papiers et ton sac, on va appeler depuis ma voiture sinon on risque de finir trempés.»
En s'installant sur le siège passager Harry sentit tout de suite une odeur de cigarette, de cannelle et de parfum très fleuri envahir ses narines. Tonks était déjà en ligne avec un dépanneur et tentait de le faire venir au plus vite, ce qui n'avait pas l'air de le réjouir. Harry en profita pour mieux détailler sa personne qu'il n'avait vu qu'une fois et en déduit qu'elle devait approximativement avoir trente-cinq ans, soit un peu moins que Remus.
Ses cheveux roses étaient simplement attachés en queue de cheval légèrement flottante et on pouvait distinguer des racines châtains sous la couleur. Elle n'était pas maquillée et paraissait un peu fatiguée, bien que sa peau joliment dorée pour un mois de mars rendisse son teint lumineux. Il remarqua aussi avec un peu de gêne qu'elle ne portait pas de soutien-gorge et qu'elle avait un décolleté assez imposant. Étrangement elle lui faisait penser à la fois à Molly, la mère et femme au foyer aux formes arrondies, et à la fois à Luna par son excentricité et son apparente jeunesse d'esprit.
«Voilà ils viennent la récupérer d'ici une demie-heure, lui dit-elle en refermant son portable. On n'a pas besoin de les attendre, mais il faudra aller au garage en début d'après-midi pour récupérer le devis.
-Oh elle ne sera pas prête aujourd'hui ?
-Pas sûr, ils ont beaucoup de travail et ils veulent vérifier qu'il n'y a pas d'autre problème que les pneus. Je t'amènerai tout à l'heure si tu veux.
-C'est gentil mais ça ne va pas te gêner, par rapport à ta boutique je veux dire ?
-Ne t'en fais pas, le lundi j'ai peu de clients de toute façon. Tu sais quoi ? On va aller chez Remus et l'attendre pour manger. Ça lui fera plaisir de te voir.
-Je ne voudrais pas...
-Refuser l'invitation de ta sauveuse ? Je n'en doute pas une seule seconde, le coupa-t-elle avec un clin d'oeil.
-Et bien, en route alors, accepta Harry.»
La matinée passa assez vite. Tonks, dont il ne savait pas encore le véritable prénom, lui proposa de l'aider à ranger son «bazar» comme elle appelait l'énorme tas de cartons, de plastiques de protection, de lampes et de documents qui encombraient le salon d'ordinaire si bien rangé. Harry se dit que les personnalités de Remus et de sa nouvelle amie étaient décidément bien opposées. Ils se mirent ensuite à la cuisine et parlèrent de tout et de rien.
«Au fait, tu sais la lampe que tu as mise de côté pour moi, lança Harry.
-Mfoui ? lui répondit la bouche pleine de Tonks interrompu en plein test culinaire.
-Et bien est-ce que tu aurais un moyen de savoir à qui elle a appartenu, ou qui l'a vendu avant qu'elle ne se retrouve dans une brocante ?
-Je peux essayer de fouiller dans les archives. Tu as de la chance, mon ancienne patronne était beaucoup plus ordonnée que moi. Mais pourquoi tu veux ces renseignements au juste ?
-Tu vas trouver ça un peu dingue...
-Bien sûr que non, dis-moi tout, l'encouragea-t-elle.
-J'ai remarqué que c'était l'exacte réplique d'une lampe qui se trouve dans l'ensemble d'appartements dont j'ai hérité et j'aimerais savoir comment elle est arrivée là.
-Oh je vois, tu pourrais me l'amener un de ces jours pour que je l'expertise.
-D'accord.
-Oh et quel est le nom de ton parrain, je vais le noter pour commencer mes recherches.
-Sirius Black.»
Tonks s'arrêta en pleine lancée vers le bloc de post-it posé près du frigo et se tourna vers lui avec un regard indéchiffrable.
«Est-ce que tu parles des Black qui habitaient au 12 square Grimmaurd ? demanda-t-elle avec ce qui lui sembla être de l'appréhension.»
Il hocha la tête faiblement, comme s'il avait peur de déclencher une tempête. Tonks passa une main nerveuse dans ses cheveux roses et se laissa retomber lourdement sur sa chaise. Au vu de sa réaction, Harry venait de confirmer ses craintes.
«Et... tu es un Black toi aussi ?
-Non... non mon nom est Potter. J'ai hérité de cet immeuble suite à la mort de mon parrain.
-Sirius.
-Oui, vous le connaissiez ?
-Je... non pas vraiment, nous n'avons jamais vraiment été en contact. Mais je sais que quand ils l'ont rejeté il s'est réfugié chez les parents de son ami... du nom de Potter en effet, ça me revient. Chez tes grand-parents, ajouta-t-elle après une pause.
-Je ne les ai jamais connu, ni mes parents d'ailleurs.
-Hum, oui à cause de l'accident. Je suis désolée Harry, je n'aurais peut-être pas dû te parler de ça, dit-elle en posant une main réconfortante sur son bras.
-Comment savez-vous que mes parents sont morts ?
-Oh je... les Weasley m'ont un peu parlé de toi hier. Ils m'ont expliqué que ta famille d'adoption était en quelque sorte Remus et eux.
-Je vois, soupira Harry. Et...
-Oui, l'encouragea-t-elle.
-Pourquoi est-ce que vous avez réagi de cette façon quand je vous ai dit le nom de mon parrain.
-Sirius était un cousin éloigné. Je ne l'ai pratiquement jamais vu parce que les Black était fâchés avec ma famille.
-Attendez, vous voulez dire que vous avez des liens de parenté avec mon parrain ? l'interrompit Harry interloqué.
-Oui. Tonks est le nom de mon père, mais ma mère s'appelait Andromeda Black. Encore un prénom à coucher dehors, dit-elle avec un léger sourire avant de reprendre avec un air plus sombre. Je n'ai jamais vraiment su le fin mot de l'histoire, tout ce que je sais c'est que ma mère aurait rompu des fiançailles avec un gros parti et que les Black n'ont jamais accepté mon père. Ils ont interdit à ma mère tout contact avec sa famille, ainsi que de porter leur nom. Ma mère était la cousine de Sirius, ce qui fait de moi sa cousine éloignée.
-Mais c'est... c'est complètement fou !
-Oui. En même temps quand on y pense ce n'est pas si improbable que ça. Ce doit être le destin puisque j'ai rencontré Remus grâce à toi.
-Comment ça ?
-Et bien ça ne peut pas être qu'une coïncidence si tu es venu avec lui dans mon magasin. D'une certaine façon nous sommes tous liés.
-Euh... oui, peut-être, acquiesça poliment Harry.»
Il commençait à la trouver un peu insistante avec ses histoires de destin et de signes qui la lierait d'une quelconque manière à Remus. En à peine deux jours il semblait qu'elle se soit déjà bien accrochée à lui. Il aurait préféré qu'elle le laisse en dehors de leur histoire, mais il avait l'impression que leur discussion n'allait rien arranger.
«Il ne faut pas que ça te bloque Harry, au contraire, c'est comme si nous formions une grande famille.
-Je... non tout va bien, mais c'est juste un peu... beaucoup d'un coup. C'est étrange. Mais tout va bien, dit-il en lui offrant un sourire incertain.
-Hum, tu es sûr ? Parce que depuis tu t'es remis à me vouvoyer tu sais.
-Oh, je suis désolé. Je mets du temps à tutoyer les gens. C'est une sale manie, on me l'a déjà fait remarquer.
-Ne t'en fais pas, ça va venir. Il faut que tu apprennes à te laisser aller, lui dit-elle avec un sourire rassurant. En tous cas je suis bien contente que tu sois lié à Sirius et pas à la branche extrémiste de la famille Black.
-Oui, moi aussi.»
Harry était surtout bien content d'entendre la voiture de Remus se garer dans l'allée et il espérait bien pouvoir parler de toute cette histoire en tête à tête avec lui.
