NDLR : milles excuses pour cette longue attente ! Un boulot et deux stages cet été, plus une rentrée chargée m'ont un peu éloignée des fanfictions ces derniers temps.

Je ne sais pas ce que vous aller penser de ce chapitre, je vous préviens que tout cela sent quand même un peu la fin. Mais quelle fin ? Haha la question que certains m'ont posé durant toute l'écriture de cette fic - à savoir happy end ou triste fin ? - va peut-être enfin être résolue ^^

Mais je n'en dis pas plus, et j'espère qu'il vous plaira :)


CHAPITRE 17 :

Harry tordit l'éponge qu'il tenait pour en faire sortir un jus rouge et se maudit quand il s'éclaboussa malencontreusement. Cela faisait une demi-heure qu'il essayait d'effacer les traces du passage de Ronald sur son mur et il n'avait réussi qu'à estomper trois lettres. Encore qu'une couche de peinture ne serait pas de trop pour cacher les restes de peinture qui restaient incrustés dans le crépi. Il allait faire partir toute cette merde de sa maison et si un brin de ménage n'était pas ce qui arrangerait les choses dans sa vie, au moins ça aurait le mérite d'effacer les traces du carnage.

Dès qu'il en aurait fini avec ça il délesterait la boîte aux lettres de son carcan de ronces et mettrait l'étiquette à jour. Jusqu'à ce jour, il devait bien l'avouer, il avait pensé que le Square Grimmaurd était une solution de facilité au vu de la situation actuelle, une sorte de résidence provisoire. Seulement il ne retournerait jamais avec Ginny. Et cela même s'il y avait pensé, même s'il avait imaginé que dans quelques mois il aurait pu choisir d'en terminer avec cette situation temporaire, quand les résultats de Tom pour l'admission à l'université seraient tombés et qu'il aurait dû partir loin de la campagne londonienne.

Mais à ce jour il ne pouvait pas se résoudre à penser trente secondes à ce que serait sa vie s'il revenait avec son ex-femme. Avant il était le gendre sympathique mais dont on ne voulait pas parce qu'il créait la discorde dans la famille, là il deviendrait le paria, le mari odieux qui retourne en rampant vers le droit chemin et vers sa pauvre femme délaissée. Il devrait plus que jamais affronter la famille Weasley et au vu de ce que Remus lui-même pensait de la situation actuelle il était prêt à parier que Ronald mettrait tout en œuvre pour le traîner dans la boue jusqu'à la fin de sa vie.

Non, il ne serait pas la brebis galeuse rentrée au bercail qui mérite la condamnation de sa communauté. Même si son histoire avec Tom n'allait nulle part, il préférait rester seul. Et surtout il voulait choisir seul sa vie. Il voulait savoir ce qu'il allait faire après son premier livre. Il devait y réfléchir posément. Il n'avait pas vraiment envie de s'arrêter là. Il avait eu un coup de mou, mais en même temps il se refusait à considérer sa carrière d'écrivain comme une tentative avortée. Cependant il n'avait plus envie de rester chez lui pour écrire, ou du moins il n'avait plus envie de ne faire que ça.

C'était une situation qui lui convenait à la fin des ses quelques années d'études quand il était un tout jeune adulte, mais aujourd'hui il avait besoin d'autre chose. En fait il avait pensé trouver un épanouissement extérieur à son travail dans son mariage et dans son projet de construire une famille, mais la réalité était tout autre. Il avait cru avoir besoin de Ginny, en plus de l'aimer, mais tout ça c'était envolé. Et il y avait un tel prix à payer pour être le mari de la benjamine des Weasley qu'il avait même perdu le goût de vivre à ses côtés. Il ne savait pas depuis combien de temps il n'en était plus amoureux, mais au moins maintenant il savait que c'était fini pour de bon.

Harry balança l'éponge dans la bassine et se précipita sur la porte d'entrée pour ensuite monter les étages quatre à quatre. Il devait absolument établir clairement les choses, sans ça la situation allait devenir encore plus explosive qu'elle ne l'était déjà. Il voulut composer le numéro du portable de Ginny et s'aperçut avec stupéfaction qu'il n'arrivait pas à s'en souvenir entièrement. Après une rapide recherche dans son répertoire il patienta, anxieux, au fil des bips qui s'égrainaient.

«Allo ?

-Allo, Ginny, c'est moi.

-Je sais que c'est toi, j'ai vu ton numéro s'afficher.

-Hum, bon est-ce que tu peux te libérer à midi ?

-Pour ? répondit-elle d'une voix sèche.

-Parler.

-Ah, tu veux parler maintenant.

-C'est parce que je ne savais pas quoi te dire avant.

-Et si moi je n'ai plus envie de parler ? Si j'ai juste envie de t'oublier ?!

-Alors dans ce cas on n'en parlera plus. J'ai juste penser que ce serait mieux comme ça. Surtout dans la mesure où on n'est pas seuls dans cette histoire.

-Comment ça pas seuls ? Ne me dis pas que tu vas me parler de ton... ton... éructa-t-elle.

-De Tom ? Non, bien sûr que non, répondit-il précipitamment en se passant une main dans les cheveux. Seulement tu sais bien... même si on veut tous les deux tirer un trait sur notre relation c'est plus compliqué que ça. Avec ta mère qui m'invite à déjeuner chez vous, ton frère...

-Ma mère t'a invité avant que je lui parle de tes activités extra-conjugales. Si tu t'imagines être encore l'enfant chéri de la famille tu peux faire une croix dessus !

-ça fait longtemps que je l'ai fait, peut-être même à l'instant où je t'ai mis la bague au doigt. A moins que ce soit quand ton frère a explosé un verre dans sa main au moment où on a annoncé notre mariage, répondit-il avec verve.

-Tu es pathétique Harry. Tu crois vraiment que je vais avaler tes salades à propos de notre couple, de notre mariage ? On était heureux Harry, merde ! On était heureux !

-Avant oui, on l'était..., soupira-t-il.

-Et ce serait mon frère qui aurait tout changer, c'est ça ton excuse ?

-Je... oui et non c'est plus compliqué. Il y a ton frère, il y a le fait que mes amis se sont éloignés de moi à cause de ça, le fait que j'avais l'impression que tu me reproches de ne pas être un assez bon mari... Il fallait toujours plus Ginny, et ça a fini par être de trop.

-Tu disais que tu voulais une famille. Ça aussi tu vas me dire que je l'ai inventé ?

-Non tu n'as rien inventé, c'est juste que... on n'a pas la même conception du couple, de la famille. Parfois quand j'y repense j'ai l'impression que tu passais plus de temps à me critiquer qu'à me soutenir.

-Et toi tu n'es pas critique bien sûr ! Tu crois que ça ne m'ait jamais arrivé d'en avoir marre moi aussi, de ne plus pouvoir te supporter.

-Au contraire je le sais très bien Ginny, le problème c'est que c'était tout le temps que tu n'étais pas satisfaite de moi.

-Tu veux me faire croire quoi là ? Que tu étais malheureux avec ton atroce mégère de femme c'est ça hein ? Dis-le une bonne fois pour toutes, comme ça je pourrais raccrocher en sachant que tu es un parfait connard ! lâcha-t-elle avec des larmes dans la voix.

-Non Ginny écoute... tout ce que je veux dire c'est que toi et moi on était amoureux mais au fond on ne s'accordaient pas si bien que ça. Je pense que c'est mieux d'en rester là, définitivement.

-Très bien, dans ce cas comme tu veux mais ne pense pas que je vais laisser passer ce que tu m'as fait Harry. Je mérite mieux que de me faire larguer au téléphone !

-Je ne voulais pas... c'est toi aussi qui a commencé à vouloir tout savoir et à me presser avec tes questions plutôt que d'accepter de prendre un café ! s'énerva-t-il.

-Et au fond ça t'as bien arrangé non ? Tu es libre maintenant, libre comme l'air. Tu peux aller baiser ton adolescent pré-pubère en toute bonne foi maintenant !

-Arrête, cette histoire avec Tom ça n'a rien à voir entre toi et moi.

-Rien à voir ? Tu me trompes avec lui et ça n'a rien à voir ? cria-t-elle.

-C'était déjà mal engagé entre nous et j'avais déjà quitté le domicile conjugal. En ce qui concerne Tom... ça c'est fait après.

-Oh et bien tu m'en vois soulagée ! Pendant que je me demandais comment recoller les morceaux toi tu passais déjà à autre chose !

-C'est juste une question de mauvais timing Ginny, ce n'était pas prévu.

-Et bien dans ce cas j'en ai une bonne pour toi aussi ! Ce n'est plus le bon moment pour rompre avec moi, tu aurais dû me dire tout ça bien avant ! Alors maintenant fous-moi la paix et ne me rappelle plus jamais !»

Harry poussa un long soupir quand elle lui raccrocha au nez. Il avait désespérément besoin d'un café. Et de voir Tom. De boire un café avec Tom et de l'embrasser, de sentir le goût du café dans sa bouche... Il raccrocha le téléphone et le décrocha à nouveau pour composer son numéro. On était mercredi midi et il avait quartier libre après le déjeuner.

. . . . . . . . . . . . . . . . . .

Tom lui tendit sa cigarette d'un geste détaché, son regard s'abîmant vers le soleil qui traversait la fenêtre et les éblouissait tous les deux depuis dix minutes.

«Tu ne voudrais pas acheter des rideaux ?

-C'est toi qui était trop pressé pour aller jusqu'à la chambre.

-Harry, tu n'as aucun rideau, répliqua Tom d'un air faussement exaspéré.

-Oui mais la chambre n'est pas inondée de soleil à cette heure-là.

-Et ce parquet est absolument irritant.

-J'achèterai un tapis, promit-il en lui rendant la cigarette.»

Tom se tourna vers lui et attrapa sa main pour inhaler une bouffée de nicotine. Harry le vit se pencher ensuite vers lui et ouvrit la bouche pour accueillir son baiser. Il n'avait fumer que peu de fois quand il était jeune et toujours avec Ronald. Si ça ne lui avait pas particulièrement manqué, il était certain aujourd'hui de devenir accro à l'idée d'en fumer une avec Tom. D'une manière générale tout ce que lui faisait découvrir l'adolescent le rendait accro à lui.

Tom interrompit leur baiser et se releva pour jeter sa cigarette.

«Tu viens prendre une douche ?

-J'arrive.»

Harry resta encore un peu allongé, récupérant de leurs ébats et laissant son corps chauffer doucement au soleil. Il ne voulait plus penser à rien jusqu'au lendemain, ou au moins jusqu'au soir. A l'instant présent il avait l'impression d'être le plus heureux des hommes alors que tout son monde s'écroulait. Il pensait : «peu importe, tout ce que je veux c'est connaître ça avec Tom».

C'est seulement alors qu'il allait se relever qu'il entendit un craquement sur le parquet du couloir. Il ne savait pas très bien pourquoi, mais il était persuadé que ce n'était pas Tom. Il resta figé de surprise pendant quelques secondes au moment où il entendit un deuxième craquement.

Il se rappela soudain ne pas avoir fermé à clé.