NDLR : Me voilà de retour pour vous jouer un mauvais tour !
Alors pour finir j'ai dû scinder ce chapitre en deux, car après relecture il s'est avéré que j'avais quand même pas mal de choses à mettre au point. Ne voulant donc pas trop bâcler la fin de cette histoire, j'ai donc prévu un vingtième chapitre avant l'épilogue. Il faut encore que je le peaufine un peu, mais il devrait arriver assez vite.
J'espère que la suite vous plaira, bonne lecture :)
RAR pour les anonymes
Sublimo : merci beaucoup pour ton passage, je ne pensais pas qu'il y aurait encore de nouveaux lecteurs ici :)
Ekphrasis : Ton pseudo me rappelle mes cours de latin ! ^^ Et oui, avec moi il ne faut jamais désespérer, je suis monstrueusement lente mais la fin arrive ! Merci pour ta review :)
CHAPITRE 19 :
La langue pâteuse, Harry se réveilla dans les draps blancs de l'hôpital avec l'impression que son corps était encore anesthésié. Il était sorti du bloc opératoire depuis deux jours jours et s'était réveillé une première fois la veille. Il se souvenait d'avoir été interrogé par des policiers à propos de ce qui s'était passé dans l'appartement, puis son pouls s'était accéléré quand ils lui avaient demandé si c'était Tom qui l'avait poignardé. Harry s'était énervé, faisant s'accélérer le rythme des «bip» stridents de l'électrocardiogramme, et l'infirmière avait mis tout le monde dehors avant de lui redonner une dose de morphine.
Il avait juste eu le temps de leur dire que c'était le canif de Ronald qu'il avait reçu dans le ventre et que Tom n'aurait jamais fait ça avant de sombrer à nouveau dans les limbes. Il espérait que ses dires suffiraient à détromper les policiers. Même si Tom avait un passé, Harry avait déjà porté plainte contre Ronald une semaine auparavant lorsqu'il avait vandalisé son mur et était revenu le harceler en pleine nuit. Ron... la dernière fois qu'il l'avait vu, il était inconscient sur le parquet de sa cuisine. Tom l'avait-il assommé ? Ou alors était-il simplement tombé par accident contre un des meubles ?
Harry réalisa que même après tout ce qui s'était passé, il était quand même inquiet pour son ancien meilleur ami. Il désirait de toutes ses forces qu'il soit puni pour ce qu'il avait fait, mais il ne pouvait pas souhaiter sa mort. D'ailleurs il n'était même pas sûr de la façon dont il avait reçu ce coup de couteau. Ronald avait pu faire un geste brusque pour se dégager et le blesser par accident... Mais une autre chose le taraudait. Il avait clairement vu Tom saisir le canif et se diriger vers Ronald avant qu'Harry n'attire son attention sur son état. Il essayait de se convaincre que l'adolescent avait seulement voulu être armé au cas où le roux se serait relevé, mais sur le coup il n'avait pas eu cette impression.
Alors qu'il se posait mille et une questions dans son lit d'hôpital, une infirmière entra dans sa chambre, suivi d'un homme d'une cinquantaine d'années qui se présenta comme le chirurgien l'ayant opéré. Apparemment il avait eu de la chance, la plaie était profonde mais la lame n'avait endommagé aucun organe. Ils le gardaient en observation pendant huit jours avant de le renvoyer chez lui et il avait l'interdiction de se lever durant encore quarante-huit heures. L'infirmière refit alors son bandage et lui annonça qu'il pourrait avoir des visites dans l'après-midi. Harry ne s'attendait pas à en recevoir beaucoup, mais elle lui assura qu'au moins quatre personnes venaient régulièrement prendre de ses nouvelles depuis qu'il avait été admis à l'hôpital.
En effet, peu de temps après avoir pris son premier déjeuner solide depuis qu'il avait atterri ici, quelqu'un toqua à la porte et entra, caché derrière un immense bouquet d'herbes de la pampa. Puis au beau milieu des plumeaux roses et blancs, il reconnut les longues boucles blondes de Luna.
«Bonjour Harry. Je suis désolée, je ne savais pas qu'on nous permettrait de te voir aujourd'hui alors j'ai cueilli ça dans le parc derrière l'hôpital, dit-elle en posant le bouquet improvisé sur la table de nuit.
-Ne t'inquiète pas, même sans bouquet je suis content de te voir.
-Comment tu te sens ?
-Pas trop mal. Les médicaments font bien effet.
-Je suis vraiment désolé tu sais, je ne pensais pas que Ron pourrait en arriver là, dit-elle d'une petite voix.
-Tu n'y es pour rien. A vrai dire moi non plus je ne pensais pas... enfin. Tu sais comment il va ?
-Il est en garde à vue depuis hier. Arthur a bien identifié le couteau comme étant le sien, mais Ron dit que c'est le jeune homme qui était avec vous qui t'a fait ça.
-Quoi ? C'est n'importe quoi ! Il ne peut même pas assumer ce qu'il a fait, bon sang ! S'emporta Harry.
-Calme-toi, je suis sûre que tout va s'arranger, le tranquillisa-t-elle en posant une main sur la sienne. Les policiers vont sûrement venir te réinterroger maintenant que tu vas mieux. Tout rentrera dans l'ordre.
-Ouais, sans doute...
-Écoute, Remus va venir te voir. Il est en salle d'attente en ce moment, il pourra t'expliquer mieux que moi. Je suis désolée mais je vais devoir partir dans peu de temps, s'excusa-t-elle.
-Oh déjà ? Tu vas où ?
-Eh bien... à Berlin en fait.
-Quoi ? Pourquoi Berlin ?
-C'est une longue histoire, mais en tous cas je suis contente d'avoir pu te voir avant de partir. En fait Remus et moi on a beaucoup parlé pendant les moments qu'on a passé ici à attendre ton réveil. Et il m'a écrit une lettre de recommandation pour l'Orchestre philharmonique de Berlin.
-Euh... bah je suis content que vous ayez enfin eu une discussion, mais je ne comprends pas... pourquoi partir à Berlin ? Je sais que c'est un des ensembles les plus prestigieux du monde, mais tu aurais pu...
-Rester en Angleterre ? Non, j'ai besoin de changer d'air, de voyager. Remus est d'accord avec moi, il pense que ça m'aidera à aller de l'avant. Je sais que c'est un peu brutal, mais tout s'est décidé si vite... de toute façon ils ne m'ont recrutée que pour un remplacement. Dans quatre mois je serai peut-être déjà de retour, tu sais.
-Oh ça, ça m'étonnerait. Quand ils auront vu de quoi tu es capable, ils te supplieront de rester, répondit-il avec un large sourire.
-Merci Harry. Et promet moi de garder le contact, dit-elle en le prenant dans ses bras.
-Promis.
-Bon et bien je dois vraiment y aller maintenant. Prends soin de toi.
-Toi aussi.»
Harry la regarda s'éloigner en pensant que Luna avait l'air bien plus sereine qu'elle ne l'avait été durant ces dernières semaines. Elle était redevenue cette jeune fille souriante et rêveuse qu'il avait rencontré un jour dans les couloirs de l'école de musique où Remus travaillait. Et en parlant du loup, justement celui-ci venait toquer à sa porte.
«Bonjour, comment vas-tu ? Tu n'as pas trop mal ? On s'occupe bien de toi ? Je t'ai apporté des chocolats mais je ne sais même pas si tu vas pouvoir les manger, je suis désolé, débita son ami à toute vitesse.
-Hé, Remus, calme-toi. Je vais bien. Enfin aussi bien qu'on peut aller après un coup de couteau dans le ventre. Et pour les chocolats, tant qu'ils ne sont pas à la liqueur ça devrait aller, répondit-il avec un sourire qui se voulait apaisant.
-Je suis tellement désolé, lui dit-il en se laissant tomber sur la chaise à côté de son lit.
-Ce n'est de la faute de personne, si ce n'est de Ronald.
-J'aurais dû voir qu'il était aussi... Je pensais que ça finirait par passer, qu'il ne ferait rien d'aussi stupide, que... que ça ne prendrait pas de telles proportions. Ginny refusait qu'il retourne chez toi, je croyais qu'il l'écoutait, elle, au moins, soupira-t-il.
-Je crois que c'est l'accident de Ginny qui a fait tout exploser. Il a vu rouge comme on dit.
-Oui, mais quand même... Harry si j'avais cru à un seul moment que tu étais en danger, je...
-Tu ne pouvais pas savoir, le coupa-t-il. Moi non plus je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse en arriver là. Je veux dire, j'ai bien pensé qu'il pourrait venir me faire un coquard ou deux, mais à ce point... Enfin, ce qui est fait est fait. Est-ce que tu as des nouvelles de Ginny ?
-Oui, elle s'est réveillée. Les médecins ne veulent pas se prononcer quant à ses chances de remarcher, mais il se peut qu'avec le temps et une longue rééducation elle y arrive un jour.
-D'accord, c'est bien. Je suis sûre qu'elle le fera, elle est du genre coriace.
-C'est sûr. Et toi ? Qu'ont dit les médecins ?
-Mon chirurgien me donne encore huit jours pour me remettre, ensuite il me colle dehors, plaisanta-t-il. Et en plus je ne peux même pas uriner tout seul, dit-il en désignant une poche en plastique accrochée au niveau du lit.
-Au moins tu n'as pas perdu ton sens de l'humour.
-Non, juste ma dignité.
-Je suis sûr que d'ici quelques jours ça ira mieux, répondit Remus avec un clin d'œil.
-Hum, sans doute. Dis, sinon est-ce que tu sais ce qui se passe avec l'enquête ? Des policiers sont venus m'interroger mais je n'étais pas vraiment en forme et je n'ai pas tout compris.»
Harry préférait y aller prudemment en posant des questions innocentes en apparence, vu la tournure qu'avait pris la discussion la dernière fois qu'ils avaient parlés de Tom. D'ailleurs il vit Remus s'agiter sur sa chaise avec une gêne évidente.
«Et bien, on ne sait toujours pas qui t'a donné le coup de couteau en fait. Même s'il est clair que Ronald est venu dans le but de te menacer, ajouta-t-il en voyant qu'Harry voulait répliquer. Le problème c'est qu'ils ont trouvé deux empreintes différentes sur le canif.
-Oh, mais c'est normal...
-Ah bon ? Demanda Remus en le fixant étrangement.
-Tom l'a ramassé à moment donné, mais j'avais déjà reçu le coup.
-Pourquoi il l'a ramassé ?
-Je ne sais pas. J'étais un peu en état de choc à ce moment-là, mais je me souviens que Ronald était par terre... Je crois que Tom a dû le prendre pour nous mettre hors de danger tant qu'il était inconscient.
-Hum, je vois... Et tu ne te souviens pas du moment où tu as reçu le canif dans le ventre ?
-Non, mais ce n'était pas Tom, ça j'en suis sûr. Ou Ronald l'a fait intentionnellement quand je me suis interposé entre eux, ou c'est arrivé par accident dans la mêlée, mais...
-Harry, le coupa-t-il. Il faut que tu comprennes que les policiers vont te cuisiner à propos de ça. Ronald et ce Tom se renvoient la balle. C'est la parole de l'un contre l'autre.
-Jusqu'à maintenant.
-Oui, en effet.
-Est-ce que Tom est en garde à vue lui aussi ?
-Non, il... il est en hôpital psychiatrique.
-Quoi ?!
-Apparemment ils veulent lui faire faire une évaluation psychologique. Harry... ce Tom il... tu savais qu'il avait déjà eu de sérieux problèmes avec la justice ? Demanda prudemment Remus.
-Arrête, ce n'est pas un criminel ou un fou furieux, il n'a même pas de casier. Et oui je suis au courant pour ce qui s'est passé avant qu'il n'arrive à l'orphelinat. C'est même le directeur en personne qui m'en a parlé.
-Oui mais, est-ce qu'il n'aurait pas pu... je ne sais pas, devenir fou quand...
-Remus, le coupa Harry. Je préférerais qu'on clôture le sujet. Je n'ai pas envie de me disputer avec toi encore une fois.
-Bon... comme tu veux. Je vais te laisser te reposer alors.»
Harry doutait que ce serait la dernière fois qu'ils auraient cette conversation. Remus semblait ne vraiment pas avoir confiance ni en Tom, ni en son jugement. Alors qu'il partait, il retint la porte et ajouta :
«Ah au fait, Nymphadora a trouvé qui avait vendu la lampe à l'ancienne propriétaire du magasin.
-Hum, la lampe ? Demanda Harry, confus.
-Oui tu sais, celle qui ressemblait à une de celles qu'avait Sirius ?
-Ah oui ! Et alors ?
-C'est un certain R.A.B. Nymphadora pense qu'il s'agit probablement d'un parent de Sirius puisqu'il l'a vendu avec le certificat d'authenticité. Elle passera te donner le numéro qu'il a laissé si tu veux. Elle ne pouvait pas venir aujourd'hui, elle tient le magasin.
-D'accord, tu la remercieras de ma part.
-Pas de problème. Bon je te laisse, je crois que Neville voudra te parler aussi.
-Neville est ici ?
-Oui, il était chez les Weasley quand Arthur a reçu le coup de téléphone... ça fait déjà deux fois qu'il vient à l'hôpital pour prendre de tes nouvelles.
-Oh...
-Enfin, je ne vais pas empiéter sur son temps de parole. Ton infirmière est un vrai dragon, elle ne nous a laissé qu'une demie-heure pour te voir.
-Ok, alors à plus.
-A demain, Harry, répondit-t-il avec un maigre sourire.»
Harry se laissa retomber sur les oreillers. Il avait hâte de sortir de cet hôpital et de remettre de l'ordre dans sa vie. Et surtout de retrouver Tom. Mais en attendant, il offrit un large sourire au grand brun un peu timide qui venait d'entrer dans sa chambre avec un énorme dauphin en peluche.
«Désolé, c'était ça ou un Hello Kitty rose. Je n'ai rien trouvé de mieux à la boutique de l'hôpital.
-Haha ! Je crois que c'est surtout pour les enfants cette boutique, mais ce dauphin sera parfait dans ma chambre, plaisanta Harry, sa bonne humeur soudain retrouvée.»
Neville lui avait vraiment manqué.
Allons, rangez ces hallebardes, Tom réapparaîtra au chapitre suivant et vous en aurez tout votre content dans l'épilogue !
Harry, alias le Sauveur, ne va pas laisser le damoiseau en détresse bien longtemps ;)
A bientôt !
