Accroché fermement au rebord de sa fenêtre, les jambes pendant dans le vide, le garçon regarda droit devant lui, laissant les bourrasques de vent maltraiter sa pauvre chevelure toujours en pagaille. Il ne prenait plus la peine de compter le nombre d'heures qu'il avait passé assis sur cette surface glaciale qui lui rappelait le mois d'automne. C'était devenu son petit coin de paradis, le seul endroit où il pouvait penser librement, sans ce soucier de ce qui l'entourait. Sa chambre avait cessé de lui apporter un certain confort, ne faisant que le compresser davantage. Il ne se sentait plus à sa place dans ce monde, ni au lycée, ni chez lui, ni même dans sa chambre. Il lui restait seulement cet endroit ou il pouvait regarder les enfants jouer dans le parc au loin, les ruelles avoisinantes qui grouillaient de personnes lors du souper, la vue du ciel qui s'assombrissait pour laisser place à une pluie d'étoiles. C'était ici, son seul et unique bonheur. Son seul havre de paix. Il pouvait enfin respirer...
Laissant un soupir lui échapper, il ferma les yeux pour laisser flotter, dans son esprit, le visage d'une femme aux traits fins, à la chevelure flamboyante et aux iris aussi sombres que les siens. Elle lui parvenait tel un ange dévastateur qui lui apportait tristesse et confort. Il avait mérité ce trait de sa personnalité quand elle l'avait mis au monde. Sa mère, la seule et unique femme qu'il avait aimée de tout son cœur, de toute son âme. S'il était ici aujourd'hui, c'était grâce à cette femme au cœur pur. Il était devenu un adolescent comblé, remplit d'amour grâce à elle. Plus rien ne lui semblait impossible quand elle était à ses côtés, il avait l'impression de pouvoir réaliser n'importe lequel de ses rêves, de pouvoir avancer sans avoir peur de l'avenir, sans regarder en arrière. Elle lui avait tant appris au courant de ces années, qu'il ne voyait pas un horizon sans sa génitrice à ses côtés.
Pourtant, la vie en avait décidé autrement. Elle lui avait arraché son seul repaire, la seule qu'il n'avait pas voulu perdre. Le cancer, cette saloperie qui détruisait une vie, avait apporté sa mère derrière lui. Il l'avait drainé jusqu'à ce qu'elle n'arrive plus à respirer. Lorsqu'elle s'était éteint, le garçon était à ses côtés, lui tenant la main pour la soutenir dans cette dernière étape de sa vie. Il avait cru que son cœur avait cessé de fonctionner au même moment ou le bruit sonore du moniteur cardiaque avait retentit pour signaler le décès d'un patient. Pour l'infirmière, il était clair que la femme venait de pousser son dernier souffle, alors aucune méthode fut employée pour réanimer la patiente. Il avait noté l'heure du décès et avait contacter le mari, son père, tandis qu'une docteure essayait de soutenir le fils qui s'était effondrer en larmes. Il n'était plus sûr d'avoir crié le nom de sa mère, tout lui était parvenu tel un bourdonnement à ses oreilles. Pour lui, c'était l'évidence même, mais l'impossible en même temps. Il avait perdu sa mère, sa protectrice, son modèle, son origine ! Comprenez que ce n'était pas seulement sa mère qui avait succombé, mais son fils aussi. Sa vie venait de s'écrouler au même moment ou celle de sa mère s'était achever.
Le garçon avait toujours son père. Un inconnu qui habitait sous le même toit que lui. C'était ainsi que le voyait maintenant l'adolescent. Tout comme son fils, le père avait cessé de vivre. Il s'était noyé dans l'alcool pour oublier la souffrance de la perte de sa femme, mais il ne semblait pas prendre conscience qui lui restait une partie de sa vie qui avait besoin de soutien. Énormément besoin de soutien. À la place, quand la tension devenait trop dure à gérer et que l'alcool influait en grande partie dans ses veines, son sang, le père se défoulait sur son fiston. Il le frappait, l'insultait, le rabaissait au plus bas en lui rejetant la faute de la mort de sa mère sur le dos. Comme s'il était le fautif de l'histoire. Comme s'il était celui à avoir implanté cette merde dans le corps de sa propre mère ! Son père était devenu un monstre de la pire espèce, mais à part lui, il n'avait pas de famille chez qui se réfugier. Il était seul.
Même sa copine, avec qui il avait une relation, l'avait laissé tomber ou bien, c'était le garçon qui était parti. Il ne se souvenait plus, mais ça lui était égal. Il n'aurait pas réussi à gérer son trop-plein d'émotion, en plus d'une relation. Il ne se sentait plus capable d'aimer, tout sentiments de ce genre l'avaient désertés pour lui laisser une énorme plaie sur le cœur. Un vide qui ne voulait pas se combler. Que faisait-il encore là d'ailleurs s'il n'avait plus aucune raison d'exister ?
Il avait voulu continuer pour sa mère, lui montrer qu'il était fort d'ou elle pouvait être, mais regardez-le ? Le pauvre garçon, déjà fragile, avait maigri énormément. Son teint, qui était naturellement pâle, paraissait presque transparent, si cela pouvait être possible. Il n'était plus qu'un fantôme parmi ce monde de vivant. Il en avait marre des regards compatissants de ses camarades de classe. Il en avait marre qu'on lui dise des condoléances alors que personne ne le pensait et ne comprenait. Il en avait marre de continuer de rentrer chez lui, voyant son père écrasé dans le canapé, une bière toujours à la main. Il en avait marre de culpabiliser, de se sentir tel un déchet dans cette vie misérable ! Il en avait tout simplement marre de vivre...
Ouvrant lentement les yeux sur la nuit qui venait de tomber, le garçon se remit à fixer droit devant lui. Un sourire apparu sur les lèvres du blondinet. Une première depuis la mort de sa mère. Une dernière avant qu'il ne la rejoigne.
Ne se tenant plus au rebord de sa fenêtre, le garçon laissa son corps se pencher vers l'avant, alors qu'il jeta un dernier regard à l'intérieur de sa chambre. Son père devait dormir à cette heure, il n'aurait pas l'occasion de lui dire au revoir. De toute manière, il ne remarquerait certainement pas son absence, il n'était qu'une ecchymose pour son paternel, un obstacle de trop. Il décida de libérer son géniteur de son fardeau, du sien.
Il referma les yeux et se laissa tomber dans le vide. Une caresse légère lui fit prendre conscience que dans peu de temps, il allait revivre, tout comme il allait s'éteindre à jamais. Il allait retrouver sa génitrice, son ange tombé du ciel, sa chasseuse de cauchemar, sa mère...
Plus rien. Le noir l'enveloppa. La paix.
Coucou cher lecteur. J'espère vous aurez aimé le prologue. Je sais que c'est assez vague, que ça n'en dit pas beaucoup sur la suite de l'histoire, mais c'était un peu mon but. Comme j'avais promis à une lectrice de faire un newtmas, le voici. C'est mon tout premier d'ailleurs. J'ai encore longuement hésité à le posté et même le commencer, comme j'ai un très grand respect pour le personnage de Newt, mais bon, je me lance quand même! Je sais aussi qu'il n'y a encore aucune interaction entre les deux, mais laissez moi un peu de temps ! Le chapitre un suivra plus tard. N'hésitez pas à me laisser votre commentaire, vos appréhensions sur la suite de l'histoire, ça me ferait plaisir ! À bientôt. :)
