Quelques mois plus tard, alors que les cours recommençaient pour tout le monde, un jeune garçon à la chevelure ambrée se trouvait parmi une foule d'adolescents aux hormones détraquées. Tous, pour la plupart, se dirigeaient déjà pour leur première cours de cette nouvelle année qui débutait. Pour ce qui était du blondinet au regard aussi sombre que la nuit, ce qui ajoutait une touche à son côté mystérieux, fixait l'énorme bâtisse qui se trouvait devant lui. Il avait rêvé, depuis l'âge où il lui était autorisé de penser aux études, d'intégrer cette école de rang supérieur. Sa mère lui avait souvent répété que cet établissement était pour lui, qu'il allait réussir à y entrer sans la moindre difficulté. Alors le voici aujourd'hui, se tenant devant ce lycée, les mains dans les poches de son coat en cuir, attendant le moment idéal pour franchir les portes qui le mènerait au bout de ses rêves. Pour sa mère, pour lui, il allait aller jusqu'au bout. Aucune déception. Aucun abandon.
S'il était encore là en ce jour, c'était grâce à un miracle...
FLASHBACK
Ce fut grâce au bruit constant du moniteur cardiaque que le patient ouvrit lentement les yeux, pas sans mal. Son crâne, déjà maltraité depuis des jours, semblait vouloir éclater à tout moment et le son n'aidait pas la cause. S'il en avait eu la force, un tant soit peu, de lever le bras, il aurait débranché la machine qui le tenait peut-être en vie. À vrai dire, il n'en avait aucune idée. Il ne savait ni pourquoi il était couché dans un lit d'hôpital, ni comment il s'y était rendu. Il avait seulement conscience d'une douleur lancinante en provenance de l'une de ses pauvres jambes. Une douleur si horrible qu'il ne pût empêcher un gémissement sourd de franchir ses lèvres sèches par le temps qui s'était écoulé depuis qu'il était ici.
« Mon garçon, tu as mal ? »
Cette voix, c'était celle d'une femme. Il ne parvenait pas à mettre un nom sur l'origine de cet appel, mais le timbre de sa voix lui rappelait celui d'un ange : douce, mélodieuse, réconfortante. Il devait voir le visage de sa sauveuse, au moins une fois avant qu'il ne retombe dans son semi-coma. Alors, tant bien que mal, il releva son regard brumeux vers la dame qui se trouvait à son chevet. À première vue, elle semblait magnifique et il ne put empêcher un mot de traverser les barrières de ses lèvres :
« Maman...? »
Sa voix était enrouée par le temps, sa gorge le faisait souffrir par le manque d'hydratation, mais la femme réagit à cet appel de détresse. Elle venait tout juste de déposer sa main, délicate et fine, sur son front en lui indiquant de pas bouger, qu'elle allait revenir. Ainsi, elle le quitta sans aucune autre explication, laissant le jeune homme dans le doute, le questionnement et surtout, dans un état lamentablement faible. Seule sa respiration hachée brisait le silence de la pièce, pendant qu'il attendait le retour de sa protectrice qui lui avait drôlement fait penser à sa mère. Bien que le mot « drôlement » ne soit pas très approprié pour la situation. Le contexte tragique et dramatique était plus adéquat. Tragique... Dramatique...
À ce moment-là, alors qu'il se perdait dans ses idées sombres, la femme revint avec un verre d'eau dans une main et un cachet dans l'autre. Surement un anti-douleur pour estomper le mal-être qui l'habitait. Physiquement et non psychologiquement, malheureusement pour le blondinet.
« Je vais t'aider à te redresser, mon garçon, pour que tu puisses prendre ces médicaments. Ils t'aideront à te rendormir et à faire disparaître la douleur, je peux te le promettre. »
Son sourire se voulait rassurant. Ce fut alors avec l'aide de l'infirmière que le jeune garçon réussit à se redresser doucement pour prendre ce qu'on lui tendit. Il ne savait pas combien de temps çela prendrait avant que les antibiotiques fassent effet, mais autant il voulait ne plus ressentir cette douleur terrible, autant il désirait rester réveiller suffisamment longtemps pour poser des questions à cette femme. Qui lui disait qu'à son réveil elle serait encore là ?
« Où suis-je... ? »
La phrase avait été dite sans même qu'il n'y réfléchisse. La réponse semblait simple, mais il n'avait plus aucun souvenir des événements qui l'avaient conduit ici. Doucement, la dame vint s'asseoir sur le bord du lit du patient, tout en le regardant. Il ne savait pas pourquoi, mais à ses côtés, il se sentait en sécurité, même s'il ne la connaissait pas.
« Tu es à l'hôpital depuis déjà plusieurs semaines. Les médecins ont déclaré que tu étais dans un profond coma et qu'il y avait peu de chance que tu t'en sortes. Malgré cela, j'avais confiance en toi, qui que tu sois mon garçon. Je ne pouvais croire qu'un petit bonhomme comme toi, si jeune, puisse mourir, alors j'ai espéré. Tu vois, tu es toujours ici, parmi nous. J'ai espéré et j'y ai cru. » Murmura-t-elle tout en prenant une pause.
Elle semblait attendre l'accord du blondinet pour continuer, ce qu'il lui donna, bien évidemment. Il voulait se souvenir, se souvenir de tout.
« Un homme t'a trouvé gravement blessé. Il a contacté une ambulance puis tu as été amené ici en urgence. Ta jambe à subit le plus gros de l'accident. Bien heureusement pour toi, nous avons pu la sauvegarder, mais elle restera à jamais un handicap dont tu devras apprendre à vivre avec. Tu ne pourras plus marcher normalement, mon garçon. Ni courir, ni faire un quelconque sport... »
Quand la femme s'arrêta de raconter le funeste destin du garçon, ses souvenirs lui revinrent tel une gifle en pleine figure. Il se souvenait maintenant. Il avait tenté de se suicider, il y a quelques semaines, selon ce qu'il en avait compris. Un homme l'avait trouvé alors qu'il n'avait pas encore succombé à ses blessures et on l'avait sauvé, contre sa volonté.
« Je ne suis pas mort... » Fut les seuls mots que le garçon arriva à prononcer alors qu'il sentit la main de la femme entourer la sienne, posant son regard émeraude dans celui sombre de l'adolescent.
« Je le sais, mon garçon. J'ai conscience de ce que tu as voulu faire, mais sache que je ne te laisserai pas sombrer une seconde fois. Je t'aiderai durant ton parcours ici, et même en dehors de ces quatre murs, je t'apporterai mon soutien. Tu n'es plus seul... »
Étrangement, les paroles de la dame sussent réconforter le blondinet qui laissa le sommeil l'engourdir délicatement. Il n'avait plus à lutter, il n'avait plus à tenter de rester éveiller. Cette femme avait su combler un vide dans le cœur de l'adolescent.
FIN DU FLASHBACK
C'est ainsi que le blondinet avait décidé de reprendre sa vie en main. Les fois précédentes où il s'était réveillé, la dame était toujours à ses côtés ou tout près. Il avait pu la détailler plus ardemment quand sa vision lui l'en avait autorisé. Elle avait de magnifiques cheveux bruns ondulés qui lui arrivaient au milieu du dos, des iris qui lui rappelaient des émeraudes et un visage à couper le souffle pour les hommes de son âge. Elle n'était pas bien vieille, âgée d'une trentaine d'années maximum, mais sa beauté était toujours aussi présente. Elle l'avait aidé, comme elle lui avait promit, à le sortir de la misère. Après plusieurs autres semaines passées à l'hôpital à réapprendre à marcher correctement, endurant son handicap du mieux qu'il le pouvait, il était finalement sorti de ce bâtiment et avait été hébergé par l'infirmière qui vivait seule. Ne voulant pas retourner chez son père qui n'était même pas venu lui rendre visite durant son séjour aux urgences, le blondinet avait décidé de partir, laissant tout derrière, mis à part quelques souvenirs de sa mère qu'il était allé récupérer. Il avait commencé par chercher un job, avant de s'engager dans la recherche d'un appartement dans la petite ville d'à côté. Pour lui, un nouveau départ voulait dire une nouvelle ville, un nouveau lycée, un nouveau mode de vie. Il avait débuté petit à petit sans que la jeune femme ne le pousse à déménager. Elle lui avait clairement dit : « Tu peux rester autant de temps que tu le désires. » ... Mais le garçon n'était pas du genre à s'appuyer sur les autres, il s'était donc rapidement repris en main. Très vite, il avait déménagé, gardant contact avec la femme qu'il considérait toujours comme sa sauveuse, sa grande sœur, une amie en or. Même si pour l'instant, il vivait un peu pauvrement, sa vie lui convenait. Il était bien installé, il avait un job payé raisonnablement et il avait été accepté à son école de rêve : « The Maze School ». Que demandez de mieux ?
Reprenant le courant de réalité, tout en poussant un faible soupir, le blondinet posa son regard une seconde fois sur l'énorme établissement qui se trouvait devant lui. En s'ayant inscrit dans ce collège, il avait choisit l'option arts. Une option qui lui convenait parfaitement, car le dessin avait été une sorte d'échappatoire pour le garçon. Comme sa chambre d'hôpital était plutôt morose et sans vie, il avait décidé de la décoré de ces nouvelles créations qui avaient fasciner l'infirmière et plusieurs autres. On lui avait donc conseiller de s'inscrire dans ce domaine et il avait suivit les suggestions sans en être déçu.
Le revoilà donc devant ce lycée, prêt à entamer sa première journée.
Boitillant de sa jambe droite, éternel souvenir de sa tentative de suicide, le blondinet venait tout juste de pénétrer l'institution qui lui servirait d'emplacement d'étude pour les quelques années suivantes. À peine avait-il franchit les portes que certains regards se posèrent sur lui. Des regards qu'il ignorait sans trop de difficulté pour poser son attention sur le petit bout de papier qu'il tenait entre ses doigts. Sur celui-ci se trouvait le numéro du casier qui lui avait été attribué, ainsi que celui de son premier local. Pour être franc, le jeune garçon n'avait aucune idée par où commencer. Il n'avait pas eu la possibilité de visiter l'établissement, ce qui ne devait pas être le cas des autres élèves, car la plupart semblaient avoir une idée précise du chemin à prendre. Il pourrait suivre le troupeau, mais personne ne lui disait qu'il allait être mené au bon endroit. Une deuxième option était toujours envisageable : demander de l'aide à l'un de ces nombreux étudiants, mais au risque de me répéter, le blondinet n'aimait pas devoir compter sur quelqu'un.
Alors qu'il opta pour la troisième option, celle-ci étant de chercher par sois-même, l'adolescent aux prunelles aussi sombre que les ténèbres se fit percuter de plein fouet par un passant. Il vacilla dangereusement, mais se rattrapa au mur à la dernière minute, tandis que les livres du second s'éparpillèrent au sol.
« P-pardon ! Je ne voulais pas vous bousculez ! Je n'ai seulement pas fait attention ou je mettais les pieds, ce qui confirme mes tords. C'est totalement de ma faute. Je m'excuse mille fois. Je ferai attention la prochaine fois. »
Le monologue avait été prononcé si rapidement que le blondinet eu du mal à retenir tout le contenu des dires de ce mystérieux gamin qui se trouvait accroupit en face de lui. Il ramassa ses nombreux cahiers avec précipitation. En temps normal, il aurait du s'abaisser pour aider l'homme qui semblait plus jeune que lui de deux ou trois années, même peut-être plus, mais à la place, il continua de le fixer, le détaillant avec intensité, presque avec supériorité. Dire que Newt était un adolescent comme les autres était une erreur. On pouvait le voir tel un homme mystérieux, ce qui n'était pas faux, mais pas comme un garçon qui prenait les gens de haut. C'était souvent l'impression qu'il donnait, comme on pouvait le constater présentement.
Le garçon aux courbes parfaitement arrondies et aux cheveux presque aussi sombres que la nuit se redressa finalement pour poser son regard sur le plus âgé. Il put enfin voir les prunelles de son vis-à-vis : un mélange de brun foncé et de brun pâle qui se reflétait grâce à l'éclairage du couloir. Avec sa bouille de gamin, les filles devaient l'adorer. Avec sa carrure, les garçons devaient sans doutes l'intimider. Avec Newt, il était seulement un être de plus dans ce lycée.
« J-je dois y aller... Pardonnez moi encore! » murmura le plus jeune, mal à l'aise, avant de filer à son cours.
Le blondinet, n'ayant pas dit un mot durant cette courte confrontation, reprit sa marche dans les longs couloirs pour éviter d'être en retard. Auparavant, alors que sa mère était toujours de ce monde, il aurait surement vu cet accident comme une occasion de faire une nouvelle rencontre. Maintenant, il voyait cela comme un simple accrochage débile qui n'influencerait en rien son futur. Même si le blond avait reprit sa vie en main, il n'allait certainement pas redevenir le garçon jovial du passé. Il avait perdu depuis longtemps le sourire qui faisait craquer autant les filles que les garçons. Bien que maintenant, c'était son côté ténébreux qui attirait les gens et repoussait certains.
Poussant un long soupir, découragé de ne pas trouver sa classe avant l'heure, le garçon fut surpris de se trouver devant une salle dont le numéro était identique à celui inscrit sur son papier. Un hasard parmi tant d'autre qui l'avait mené au bon endroit.
Il ne prit pas la peine d'attendre une seconde de plus avant qu'il ne se dirige au fond de la pièce pour s'installer au bureau le plus près des fenêtres. Une habitude qu'il avait acquit au courant de ses années de scolarité. Ainsi, il pouvait regarder le paysage à porté de vue et éventuellement faire une composition artistique sur ce thème. Il était un appareil photo sur pattes qui captait le moindre décors, la moindre nouvelle rencontre, le moindre être vivant pour le graver dans sa mémoire et créer des œuvres selon ses souvenirs. Il était un homme se nourrissant des images aussi banales qu'un vieillard assis sur un banc de parc. La banalité était une forme d'art, ce qui avait de plus réel dans ce bas monde.
Comme par exemple ce décors : à travers la baie vitré, le blondinet pouvait apercevoir un jeune couple contre un dans la main, l'un contre l'autre, il y avait ce sourire qui ne mentait pas collé aux lèvres de la jeune femme qui regardait amoureusement l'homme de sa vie. Tandis que lui de son côté, caressait tendrement la joue de sa bien-aimée tout en lui murmurant quelque chose d'incompréhensible pour l'adolescent qui observait cette vision. Autour d'eux, quelques feuilles étaient emportées par le vent, rajoutant à cette illusion un brin de magie, de fantaisie. Le décors était à couper le souffle pour le créateur de ses productions qui le mémorisa sans complexité.
Fermant les yeux, le blondinet se laissa emporter par cet vague de pur bonheur...
Quelques minutes après que le blond soit rentré dans cette classe, la professeure de littérature fit son apparition dans l'encadrement de la porte. Son teint basané changeait des professeurs vampiriques que le garçon avait l'habitude de côtoyer. Son regard, aussi perçant qu'une balle en plein cœur, était d'une clarté surprenante, d'un bleu azur. Ses cheveux lui rappelaient le plumage d'un corbeau et ils semblaient avoir été longuement lissés le matin même. Grande et mince, elle n'avait rien d'une femme à l'allure vieillot. Elle avait le mot « Mode » tatoué au visage et s'il l'aurait rencontrée dans la rue, il aurait put jurer que ce n'était pas une professeure, mais plutôt une actrice américaine.
« ...Paige... »
Alors le nom de sa nouvelle professeure était Paige. Un nom qui lui allait plutôt bien, selon le blondinet. Même s'il n'avait pas écouté la moitié de ce que son éducatrice avait raconté devant la classe, il avait parfaitement obtenu son nom et maintenant, il allait devoir le graver dans sa mémoire comme il devrait la fréquenter durant une année entière et peut-être même plus. Tout dépendait de ses programmes. D'ailleurs, ici, il n'avait pas le droit à l'erreur. Un échec et il serait renvoyé de ce lycée de rêve, alors pas question qu'il se laisse distraire...
« Newton Isaac ? »
Ne venait-il pas de dire qu'il ne devait pas se laisser distraire ? Pourtant, il n'avait même pas réalisé que la professeur avait commencé à nommer les élèves un par un pour que chacun effectue une courte présentation d'eux. Ce qui ne plaisait pas au nouveau.
« Newt. C'est seulement Newt »
Son accent anglais avait été largement plus prononcé qu'à son habitude. À croire que la nostalgie avait joué un rôle primordial sur sa façon de répondre, mais il n'avait pas pût retenir ses dires. Pour lui, son nom était une autre partie qui s'était envolé avec sa mère, qui s'était enterré à ses côtés. Seule cette femme avait le droit de l'appeler Newton et ni la professeur, ni l'infirmière, ni même un de ces pauvres adolescent allaient changer ce détail.
« Très bien, Newt. Tu veux te présenter ? »
Pour toute réponse, le blondinet baissa la tête. Que pouvait-il dire de toute manière ?
" Bonjour, je m'appelle Newton Isaac, mais je préfère qu'on m'appelle Newt depuis la mort de ma mère. Oui, ma mère est morte depuis plus d'un an et j'ai tenté de me suicider quand la vie était trop dure a supporter. Malheureusement, même la mort ne voulait pas de moi, alors elle m'a renvoyé sur Terre pour que je continue de vivre avec ce foutu handicape qui me rappelle chaque jour à quel point je suis un faible, un lâche ! C'est moi ça. "
Par chance, la professeure n'insista pas, passant tout de suite à un autre élève en gardant son éternel sourire.
...
Pendant ce temps, à l'autre bout de la classe, deux jeunes adolescents étaient assis l'un à côté de l'autre, discutant tranquillement de leur weekend. L'un d'eux, plus grand et plus musclé que son coéquipier, parlait de son éternel charme à avoir conquis une jeune demoiselle qu'il avait bien vite ramené chez lui, plus précisément dans son lit, pour une nuit torride et sans sommeil. Ce n'était pas surprenant pour le brun d'entendre ça, lui qui connaissait l'asiatique depuis déjà plusieurs années. Il était le genre de sportif à faire tomber n'importe quelle fille à ses pieds. De plus, même si son ami n'était pas attiré par le genre masculin, il n'avait pas de difficulté à affirmer que l'asiatique avait, en effet, une beauté naturelle. Aucun doute qu'il allait briser des cœurs, bien que l'amour semblait être quelque chose de sérieux pour l'autre, même s'il ne cessait de faire des blagues de mauvais goût.
Pour le brun, il entreprenait généralement des relations plus sérieuses, ce qui n'était pas une tâche facile vu la cote de popularité qu'il s'était mérité en devenant le sous-chef de l'équipe de basket. Le premier étant Minho, son meilleur ami l'astatique. Par chance, être deuxième était plutôt payant, comme il réussissait à respirer en dehors des cours sans avoir à repousser ces nanas en chaleur qui ne demandaient qu'une chose : être baisées par un beau mec. Ce qui ne rentrait pas dans les critères du jeune adolescent.
Alors qu'il continuait d'écouter son ami lui raconter en détail la nuit éprouvante qu'il avait expérimenté avec cette nouvelle duchesse, le brun fut détourné de son attention par le léger accent britannique -anglais- de cet élève à la chevelure d'or qui se trouvait à l'opposé de lui. Il ne l'avait encore jamais remarqué ici. Il devait être nouveau, pensa alors le jeune homme tout en continuant de le fixer inconsciemment.
« Hey, Thomas, tu m'écoutes ? »
« Qu-Quoi ? » laissa échapper le concerné tout en posant son regard vers son ami, qui avait bien sûr remarqué ce que le brun scrutait i peine quelques secondes. Pourtant, il n'en dit rien. L'asiatique se contenta d'hausser les épaules, un fin sourire aux lèvres, avant de diriger ses prunelles en direction de leur nouvelle professeure, sans continuer son histoire. Ça n'augurait rien de bon...
« Le cours est terminé ! »
Tandis que la plupart des étudiants quittèrent le cours avec empressement pour aller dîner, le blondinet continuait d'observer à travers la fenêtre. C'était d'ailleurs ce qu'il avait fait une bonne partie du cours. Les présentations lui avaient semblées une perte de temps, inutile pour son apprentissage. Pour d'autres, c'était une manière d'agrandir leur cercle d'amis. Ce qui n'était strictement pas dans les intentions du garçon. Il était ici pour les études. Se faire des amis était loin d'être son objectif premier, même qu'il préférait être seul au long de son parcours scolaire. C'est ce qu'il aurait préféré, mais certains ne semblaient pas de cet avis...
« Hey le nouveau, ton nom est Newt à ce qu'on m'a dit ? Moi, c'est Alby. Enchanté de faire ta connaissance. » balança un homme à la peau noire, attendant que le concerné le regarde pour continuer son discours : « On commençait à se poser des questions. Ça fait un moment qu'on a pas vu un nouveau dans le coin. Tout le monde semble avoir peur, maintenant, de s'inscrire dans cet établissement. Pourtant, je peux t'assurer que tu vas te plaire ici ! »
« Il sait ce qu'il dit, crois moi mon gars ! C'est son grand-père qui a construit cet établissement. » continua l'asiatique qui se trouvait derrière le chef du groupe, selon le point de vue du blondinet.
« N'en fais pas trop, Min. Il a seulement besoin de savoir l'essentiel. D'ailleurs, je te présente mes deux amis, Mihno et Thomas. »
Tout en nommant ses camarades, le noir pointa chacun d'entre eux pour que le blond, un peu confus, les identifie. Le premier sourit grandement au nouveau sans aucune gêne, tandis que l'autre, un peu plus timide, ne lui fit qu'un geste de main accompagné d'un léger sourire. Pour l'intéressé, il ne réagit pas. Il ne faisait que regarder chacun des hommes devant lui, alternant entre l'asiatique, le noir et pour finir, le brun.
« Dit donc le bleu, t'as perdu ta langue ? »
Ce fut le noir, encore une fois, qui prit la parole, alors que le blond semblait prendre conscience de la situation. Il se redressa rapidement, pour toute réponse, avant de commencer à ranger ses manuels dans son sac. Même en ne voyant pas l'expression des trois garçons, il savait très bien qu'ils devaient tous le regarder étrangement. En plus de n'avoir rien répondu, ce qui était la moindre des politesses, il voulait s'enfuir tel un voleur.
« Hey, attend un peu ! Où vas-tu comme ça ? »
« Je dois y aller »
Enfin, le blondinet se décidait à parler, même si ce n'était que très peu. Ce genre de situation, aussi normale soit-elle, ne lui plaisait pas du tout. Il n'avait plus l'habitude d'être entouré ou abordé par les gens.
« Tu n'as surement rien d'urgent à faire ! Viens avec moi et mes copains, je vais te faire visiter. Ça ne prendra que quelques minutes et après on te laisse filer ! »
Le noir était plutôt tenace, presque effrayant à insister de la sorte, mais le blondinet ne se laissa pas convaincre. Il rejeta rapidement son sac sur son épaule, avant de contourner les trois hommes. Puis, au moment ou il cru être tiré d'affaire, la main de l'un d'eux agrippa son poignet. Faisant volte-face, il dégagea son bras rapidement, cette fois-ci, bien prêt à dire ce qu'il pense.
« Hey tocard, fou moi la paix ! Je crois m'être bien fait comprendre : Je dois y aller. Je n'ai pas de temps à vous consacrer pour une petite visite guidée de quelques minutes. Alors, si ce n'est pas trop vous demander, j'aimerais partir. »
Le blondinet venait de s'adresser aux trois jeunes hommes qui lui faisaient face, mais son regard était posé sur un seul : l'intrus qui avait osé le toucher. C'était nul autre que le brun, celui qu'on appelait Thomas. Il ne l'avait pas encore entendu parler et pendant une fraction de seconde, il avait cru que ce garçon était ici par erreur, qu'on l'avait forcé. Par malheur, il s'était trompé. Sinon, celui-ci ne l'aurait pas arrêté dans son geste.
Voyant alors qu'aucun des trois semblait se décider à parler, donc de l'interrompre dans sa décision, il s'éloigna prestement pour sortir de la classe. Il venait de laisser les trois hommes abasourdis par la tournure de la situation. Par contre, seulement l'un d'eux était chamboulé au plus profond de son âme : Le brun. Sur un coup de tête, prit d'une intuition étrange, il avait agrippé le poignet du blond pour s'informer de son état. Il avait eu l'impression que derrière ses réactions froides et presque fuyantes se trouvait une réponse, un sentiment de mal être. Il ne s'était pas trompé, car en croisant le regard sombre de son coéquipier de classe, il avait put discerner une profonde souffrance. Une souffrance sans nom, mais qui lui donnait le sentiment qu'on devait lui venir en aide. Si le brun pouvait le faire, alors il essayerait. Il n'allait pas baisser les bras, même malgré cet échec. Si cela lui prenait plusieurs semaines, qu'il en soit ainsi, mais il allait réussir à soigner cette douleur encore inconnue pour Thomas.
Le reste de la journée se passa sans encombre pour le dénommé Newt. Il n'avait pas revu ses trois assaillants depuis qu'il avait quitté la classe telle une furie. D'ailleurs, c'était mieux ainsi. Le blond avait conscience qu'il avait agi haineusement sans aucune raison. Ces hommes, encore inconnus pour lui, avaient seulement voulu l'aider. Même s'ils s'étaient montré plutôt insistants, surtout pour le noir, c'était dans le but de l'intégrer dans cette petite communauté. Pourtant, le blond avait fuit tel une lâche qui n'arrivait pas à faire face à ses peurs. Pouvait-on considérer cela comme une frayeur ? Franchement, le blond en avait aucune idée et il préférait ne plus y penser.
Toujours son sac à dos sur l'épaule, le blond attendait patiemment, au coin de la rue, son transport. Chaque matin, chaque soir, il prendrait l'autobus pour se rendre au lycée. Le voyage à pied était plutôt long pour sa pauvre jambe droite. Les escaliers de l'école suffisaient déjà à maltraiter son membre handicapé. Il aurait put, sans accroc, demander une passe pour l'ascenseur, mais têtu comme il était, il préférait faire face à son mal chaque jour. Même s'il disait vouloir oublier sa tentative de suicide, au fond de lui, il voulait tout autant se punir de sa faiblesse. Il regrettait, amèrement, son geste, mais jamais il n'accepterait de remonter dans le temps pour changer son acte. C'était surtout grâce à cette tragédie qu'il avait reprit sa vie en main, d'une certaine manière, et qu'il avait réussi à faire face à son père. Maintenant, devenu un jeune adulte, il avait eu la possibilité de le quitter. Est-ce qu'il se sentait mal d'avoir abandonné son père ? Pour être franc avec lui même, pas vraiment. Il s'était délivré d'une torture qui n'avait pas lieu d'être. Jamais, au grand jamais, un enfant devrait être battu par ses parents.
Perdu dans ses pensés, le blondinet n'avait même pas remarqué qu'il était maintenant assis sur l'un des nombreux bancs d'autobus. Seulement, maintenant qu'il recevait un message sur son téléphone, il reprit conscience avec la réalité et ce qui l'entourait. Glissant sa main dans sa poche de jean, il en sortit son appareil pour vérifier le courrier électronique. Il ne fut pas surpris de voir apparaître le nom de l'infirmière qui l'avait hébergé. Elle était la seule à avoir son numéro, après tout.
« Salut mon garçon, j'espère que ta première journée de cours s'est bien passée ! J'ai beaucoup pensé à toi durant mon travail. Je m'inquiétais. Après tout, c'est normal pour une femme comme moi, aussi mère poule, de se préoccuper de son patient ! Redonne moi des nouvelles quand tu auras un moment et surtout, n'hésite pas à passer quand tu auras un moment de libre. Je veux tout savoir de tes journées, même les plus petits détails qui peuvent te sembler insignifiants. Bisou. - De Abbyagelle, ton infirmière favorite »
Était-ce un micro sourire qui s'affichait sur les lèvres du blondinet ? Personne ne le saura jamais, mais ce message venait de propager une chaleur réconfortante dans le corps du plus jeune. Même si cette femme n'était qu'une infirmière pour la plupart des patients, pour lui, elle était tout ce qui lui restait. Elle avait su lui rendre le courage de vivre. Même si elle ne remplacerait jamais sa mère, il était presque sûr que si sa génitrice avait une quelconque possibilité de communiquer, elle remercierait cette femme du nom de Abbygaelle. De plus, l'infirmière n'avait pas la possibilité d'avoir des enfants. Alors pour elle, il était le garçon qu'elle ne pourrait jamais avoir.
« Je vais bien. Je passerai ce weekend, promis. »
La réponse était courte, mais l'infirmière avait l'habitude. Il remit aussitôt son téléphone dans sa poche au même moment ou l'autobus s'arrêta pour le laisser sortir. Encore quelques minutes de marche et il serait dans son appartement, bien au chaud.
Alors sans tarder, il se dirigea vers son logis dans le but de se coucher dès qu'il aurait franchit le seuil de la porte. Sur le canapé, dans son lit, au sol, peu lui importait. Il voulait seulement oublier cette journée, presque affreuse, pour le blondinet. Pour un être normal, cette journée aurait put être considérée comme banale, même classique. Mais pour le blond, la simple interaction avec des gens d'extérieur lui était pénible. Qu'avait-il pensé en s'inscrivant dans ce lycée ? Ah oui, reprendre sa vie en main égalait aussi continuer ses études. Il l'avait presque oublier.
Poussant un très long soupir, il arriva enfin devant la porte de sa demeure. Il dû sortir ses clés pour débarrer l'entrée de son logis afin d'y pénétrer. Déjà la chaleur ambiante de la pièce réussi à le calmer. C'était ici qu'il se sentait le mieux, mis à pars peut-être chez l'infirmière ou il avait trouvé réconfort après qu'il soit sortit d'hôpital. Alors, sans même prendre le temps de se changer, il laissa lourdement tomber son sac sur le sol avant de se diriger au salon. Là, il retrouva son canapé. Le seul ami masculin qu'il avait - si on se fit au genre -. Maladroitement, il se laissa tomber sur son acolyte , déjà les yeux fermés.
Maintenant, il ne restait plus qu'à trouver le sommeil, ce qui n'était jamais une tâche simple pour le blondinet. Même en étant fatigué. Chaque soir, ou presque, il se retournait plus d'une fois dans son lit, pensant et repensant à son passé. Et c'était souvent les plus douloureux souvenirs qui réapparaissaient subitement. Comme en ce moment, alors qu'il essayait de penser à autre chose, il ne voyait que le cercueil de sa mère à ses funérailles. Un autre événement que son père avait loupé malencontreusement. Il voulait bien croire que son crétin de paternel souffrait, mais même avec la plus grosse des entailles au cœur, le jeune garçon avait fait l'effort de se rendre là-bas. Il savait, qu'en voyant cette caisse renfermant sa mère, il allait enfoncer le couteau dans la plaie, mais pour elle, il l'avait fait. Pour elle, il aurait tout fait. Alors pour elle, il s'était reprit en main.
Dans un sanglot étouffé, le garçon se redressa vivement pour aller prendre deux comprimés qui l'aideraient à dormir. Des somnifères, pour être plus précis. Puis, il se recoucha, attendant que le sommeil vienne le chercher, comme chaque nuit, alors que les larmes venaient toujours à bout de lui. Chaque soir, c'était la même chose. Chaque soir...
ENFIN ! Je crie ma victoire. J'ai énormément souffert pour la construction de ce chapitre, qui j'espère, est à vos attentes. Vous aurez remarqué qu'il y a beaucoup de descriptions, ce qui est normal comme c'est le tout début de mon histoire. Par contre, je compte rester dans le même style d'écriture, alors si vous désirez que je change quelques choses, veuillez me le signaler ! J'en prendrai note pour le chapitre suivant.
Un commentaire serait apprécié. Je crois que c'est le chapitre dont j'ai le plus travaillé. J'ai pris plusieurs jours à l'écrire et je suis, tout de même, mais pas plus que ça, fière du résultat. Par contre, sans vos avis, je vais commencer à croire que j'ai composé une merde. Bref. Faites-vous plaisir !
Je suis encore désolé de mes fautes. Je ne suis pas très doué en français, vous l'aurez remarqué. Je fais de mon mieux pour qu'il en soit moins, mais si vous en voyez des frappantes, n'hésiter pas à me le dire. Je le prendrai pas mal, ça m'aide !:) merci encore d'avoir lu mon chapitre !
Merci à ma correctrice « Nothing »
- Maniakat
