Deux semaines s'étaient écoulées depuis que le blondinet avait été victime de l'hostilité de l'un de ses camarades de classe. Le résultat néfaste qu'avait eu l'impact sur la jambe de la victime l'avait empêché de se présenter en cours. Pourtant, ce n'était pas seulement la douleur physique qui l'avait cloué au lit, mais aussi une douleur bien plus forte que celle-ci. Cette douleur, qu'on pouvait classer de psychologique ou psychique -Selon vos préférences-, l'avait empêcher de faire face à ses partenaires. Plus d'un sentiment avait hanté le jeune lycéen. Pour commencer, la colère l'avait envahi. Celle-ci était dirigée vers sa faiblesse qui l'avait empêché de confronter son agresseur et de se relever. Ensuite, s'en suivit une profonde amertume quand il avait rejeté le brun qui avait seulement tenté de l'aider. Puis, il ne faut pas oublier la tristesse et l'apathie qui avaient suivi. Pour finir, la honte, l'une de ses principales causes de lâcheté, l'avait achevé. Il n'avait pas eu la force de trouver le courage nécessaire pour se re pointé au lycée, alors que sa jambe lui en aurait permis. Oui, le blondinet avait, en quelques sortes, abandonné l'idée de continuer ses études. Sa confidente, aussi surnommée l'infirmière, avait tentée de le persuader. Par contre, jamais elle n'avait cessée de le soutenir. S'il prenait la décision de quitter, alors elle accepterait son choix. S'il prenait la décision de poursuivre, alors elle allait continuer de l'encourager. C'est ainsi que les choses fonctionnaient. Si cette femme avait réussi à acquérir un lien privilégié entre elle et cet homme, ce n'était pas pour rien. Elle avait su être là au bon moment. Au moment où le blond en avait eu le plus besoin.

Comme si cela ne suffisait pas, elle était prête à abandonner son travail pour ce jeune adulte à la chevelure ambrée. D'ailleurs, c'était presque ce qu'elle avait fait durant ces deux semaines où l'étudiant était resté chez lui. Elle avait pris congé pour veiller sur son ancien patient d'hôpital, ce qui ne semblait pas avoir plu à son gérant. Malgré cela, elle avait tenue tête à cet homme plein de pouvoir pour s'occuper de lui. Le blond avait tenté de l'en dissuader, en vain. Elle était restée et il devait avouer, il ne regrettait pas la persévérance de la femme.

Durant ses deux semaines de repos, il avait rattrapé le temps perdu avec son amie. Il se revoyait assis dans son lit, le dos contre le mur, face à l'infirmière qui avait installé une minie table pliante entre eux. Ainsi, ils pouvaient jouer à des jeux de société ou aux cartes sans que le blondinet ne soit obligé de se lever de son confort. Il avait aussi parlé de tout et de rien en visionnant des télé-séries, pour la plupart, ennuyeuses. Malgré cela, le jeune adulte avait passé des moments formidables en compagnie de la femme qui l'avait sauvé. Nul doute, ce fut le remède efficace pour remettre le blondinet sur pied.


Sondant le reflet qui lui faisait face, le blond ne put réprimer une grimace de dégoût. Devant lui, se présentait le corps d'un jeune garçon à la peau laiteuse, s'identifiant plus à un vampire qu'à un humain. Ses imperfections étaient nombreuses -selon lui-, mais la plus évidente était sa claudication à la jambe droite qui lui causait toujours autant de problème. On pouvait voir la cicatrice bien présente, elle qui était toujours camouflée sous un pantalon. Sa musculature, peu développée, et son calibre, frôlant la maigreur, laissaient à désirer. Son visage, tout aussi pâle que le reste de son corps, n'était pas le plus attirant. Tout comme ses iris, qui comme dit à de nombreuses reprises, était aussi sombre que les ténèbres. Pour finir avec sa chevelure échevelée, il n'y avait toujours rien à faire. Chaque matin, c'était une lutte contre son peigne. Vous devinez que c'était la tignasse qui gagnait à chaque coup. Le blondinet avait une raison de camoufler ce corps sous des vêtements trop ample pour sa taille : il le détestait. Il se détestait physiquement. Pourtant, si Newt était un peu plus attentif aux regards qu'on posait sur lui, sa perception pourrait changer.

Dans un gémissement plaintif, le blond s'habillait en vitesse pour finalement sortir de la salle de bains où il était enfermé depuis plus d'une heure. Aujourd'hui, nous étions lundi. La journée destinée à reprendre les cours. Comme le jeune adulte avait la manie de changer d'idée à tout bout de champ, ce n'était pas surprenant qu'il se décide à reprendre. Bien évidemment, il y avait une motivation à tout cela. Son agresseur avait été suspendu quelque temps pour avoir volontairement blessé un camarade de classe. Ce qui voulait dire que le blondinet avait le champ libre pour revenir à l'établissement de ses rêves.

Une quinte de toux fit ramener le blondinet à la réalité. Sans même le réaliser, le jeune homme s'était traîné inconsciemment jusqu'à la cuisine ou l'infirmière, qui se préparait un café, se trouvait déjà présente. Habillée d'une simple robe de chambre, la femme était adossée au comptoir de la cuisine, une main devant la bouche.

« Tout va bien ? » Demandait alors le blond, alors que l'infirmière continuait de toussoter profondément. Ce n'était pas la première fois, depuis qu'elle était ici, que l'infirmière avait une quinte de toux qui semblait lui arracher la gorge. À plusieurs reprises, il avait demandé à son amie si tout allait bien et chaque fois, elle lui répondait que ça ne devait être qu'un rhume ou une grippe passagère. Mais, le blond ne pouvait faire autrement que de s'inquiéter.

« Très bien. Je crois seulement avoir avalé de travers. Et toi ? Tu es prêt à entamer cette journée ? »

Le blond se contentait de hocher de la tête pour répondre aux questions de l'infirmière, ce qui fit sourire la concernée qui se remit à préparer son café. Pendant ce temps, le jeune homme en profitait pour scruter son amie qui lui tournait présentement le dos. Encore une fois, elle avait su se trouver une excuse pour sa toux. Elle aurait pu, pour rassurer un peu l'homme, lui dire qu'elle avait une bronchite et il l'aurait déjà plus cru qu'un simple rhume de passage. D'ailleurs, il espérait que ça ne soit rien de grave.

Pris d'un instinct étrange, le blondinet se rapprochait doucement de la femme qui lui faisait toujours dos. Sans demander son reste, il finit par entourer la fine taille de sa sauveuse, son ange gardien comme il aimait l'appeler, en posant sa tête entre ses omoplates.

« Newtie ? Est-ce que tu es sûr que tout va bien ? » Murmurait l'infirmière, alors qu'elle tendait de voir le visage de l'homme derrière elle.

« Merci ... »

Resserrant son emprise autour de la taille de la dame, le blondinet fermait lentement les yeux. Il avait prononcé se simple mot avec tendresse, une pointe de tristesse dans la voix. Jamais, il n'avait vraiment remercié la femme qui n'avait cessé de croire en lui alors que pour les médecins le cas du blondinet était perdu. Jamais, il ne s'était arrêté un moment pour prendre véritablement conscience de la chance qu'il avait d'être tombé sur elle. Jamais, il avait osé prononcer une simple parole de remerciement et c'était aujourd'hui, qu'il faisait le pas.

« Merci ? Mais pourquoi, Newtie ? »

« Pour tout ce que tu as fait pour moi. Pour m'avoir sauvé la vie et être encore là, aujourd'hui, à t'occuper de moi. Ce n'est pas tout le monde qui aurait pris la charge d'un jeune adulte complètement déboussolé, mais toi... Tu as eu le courage de le faire. Alors je t'en remercie. »

Quand la femme commençait à s'agiter dans les bras du blond, il finit par la relâcher pour que celle-ci se retourne afin de lui faire face. Dans un geste remplit de douceur, elle glissait ses mains sur les joues de l'homme qui lui faisait maintenant face.

« Oh mon garçon... Tu sais très bien que je l'ai fait par pur bonheur. Ne crois surtout pas que tu m'as imposé ta présence, ce n'est pas le cas. Tu es l'une des meilleures choses qui me soit arrivée dans ma vie et je ne regrette pas d'avoir fait ta connaissance, malgré les circonstances. Aller vient... »

L'infirmière finit par serrer le blond dans ses bras. Parfois, c'était ce genre de moment qui donnait le courage manquant au jeune adulte de débuter sa journée.


Après avoir quitté l'étreinte réconfortante de sa sauveuse, à contrecœur, le blondinet s'était dirigé, d'un pas hésitant, vers l'arrêt de bus. Il n'avait pas osé demander à l'infirmière de le reconduire. N'étant pas encore habillé et ayant répété à des nombreuses reprises qu'elle avait un rhume, il avait préféré qu'elle reste se reposer à l'appartement. Nul besoin d'empirer son état. De plus, il ne pouvait se permettre d'être en retard à son premier cours : littérature avec Madame Paige. L'une des premières professeurs à avoir employé son surnom.

Ce fut donc ainsi que le blondinet se retrouva accoté contre le mur, près de la classe de cette femme au teint basané. Vu l'heure qu'il était, la plupart des élèves étaient déjà installés à leur bureau, attendant patiemment l'arrivé de leur éducatrice. Pour le blond, il attendait que le courage se présente à lui pour franchir les derniers mètres qui le séparaient de lui et son pupitre ou qui le séparait de lui et Thomas. En effet, le jeune adulte avait décidé de remercier celui qui l'avait aidé, ce qui était un grand pas pour le blond. À vrai dire, durant ses semaines de repos, il n'avait cessé de songer au brun. Le mot « remord » avait été incruster au plus profond de son être, tatoué au fer rouge sans qu'il ne puisse rien y faire. Il avait eu conscience de son attitude ingrate. Il avait eu conscience d'avoir blessé le brun. Il avait eu conscience d'avoir été un être abject. Il avait tout simplement eu conscience qu'il avait été trop loin. Il se devait de réparer son erreur.

Prenant une grande inspiration, le blond se décidait finalement à franchir la porte de la classe. Tout le monde, ou presque, était déjà installé. Des discussions étaient déjà bien entamées entre plusieurs petits groupes de gens,mais la plupart semblaient perdre leur langue à la vue du blond. Avaient-ils aperçu un revenant ? Croyaient-ils que leur regard passerait inaperçu aux yeux du blondinet ? Il était évident qu'avec des dizaines de paires de yeux braqués sur lui, il ne pouvait pas les ignorer. Pourtant, c'est ce qu'il fit. Il n'était pas question qu'il se décourage. Se détournant de ses camarades de classe, le blond se dirigeait aussitôt vers celui qui l'intéressait : le brun. Celui-ci était accompagné de son ami l'Asiatique, Minho, si sa mémoire était bonne. Il était l'un des hommes qui lui avait adressé la parole la première journée de classe et ... Qu'il avait repoussé. Ce n'était pas une réaction surprenante venant du blond. Plus maintenant en tout cas.

Finissant par s'arrêter à la hauteur du brun, le blondinet était près à entamer son discours digne d'un philosophe. Ce même discours qu'il avait cité de nombreuses fois à voix basse. Ce même discours qui lui avait littéralement échappé maintenant qu'il faisait face à son interlocuteur. À la place de son speech, il n'y avait plus qu'un attirail de mots qui s'entrechoquaient dans son esprit. Aucune phrase cohérente se présentait à lui, il était muet comme une tombe. Ce qui était le plus troublant, c'est que le blondinet dévisageait son camarade de classe sans même en prendre conscience. Du point de vue du brun, c'était plutôt embarrassant, alors il se devait de briser le silence.

« Eh... Hm, Newt ? »

L'intéressé fut sorti de ses pensées quand il entendit son propre nom murmuré par le brun. Alors le malaise s'installait davantage entre nos deux adolescents qui continuaient de se scruter sans pudeur. Finalement, le blond se raclait la gorge pour mettre fin à ce malaise.

« Eh, je tenais à te remercier » murmurait timidement le blond. Définitivement, ce n'était pas la phrase la plus spectaculaire et précise qu'il aurait pu dire. Franchement, son discours était beaucoup mieux. Si au moins il aurait pu s'en rappeler. Devant l'air embêté de son collège, le blondinet réalisait alors qu'il le remerciait sans même préciser la raison. « Je veux dire, je te remercie pour m'avoir amené à l'infirmerie la dernière fois. Je n'y aurais surement pas arrivé sans un peu d'aide. »Venait-il vraiment de dire cela ?

« Oh ! Mais ce n'est rien ! C'est même normal d'aider un camarade. »

Encore. Encore cet éternel sourire qui s'affichait sur le visage de son confrère et qui devait faire fondre n'importe quelle nana. Contre sa volonté, le blond avait eu l'opportunité d'examiner son deuxième sauveur après avoir été mis en contact plus d'une fois avec lui. Il avait remarqué, de son œil d'artiste, les moindres détails du beau brun qui se tenait assis devant lui. Tout comme lui, la chevelure foncée de son camarade de classe semblait toujours en désordre. Fallait croire que c'était un désavantage pour la plupart des adolescents de leur âge qui n'utilisait pas de gel. Malgré cela, le brunet ne ressemblait pas du tout à un pouilleux. Au contraire, il avait plutôt la classe dans ses habits bien ajustés à son corps qui montrait à la perfection ses abdominaux. Aucun doute, il devait avoir un corpus parfait. Même ses nombreuses taches de rousseur et son nez en trompette lui donnaient un certain charme. Et surtout, la couleur caramel et chocolat de ses yeux était-ce qui était le plus attirant pour le regard de l'artiste. Il aurait pu, sans hésiter, le prendre comme modèle pour l'une de ses œuvres, mais ça aurait été un peu gênant, en y pensant.

« D'ailleurs, ta jambe va mieux ? »

« Ma jambe ? »

Ayant été happé de ses pensées, le blondinet ne semblait pas comprendre la question de son interlocuteur. Pourquoi parlait-il de sa jambe blessée ?

« Et bien, lors de l'accident au gymnase, tu n'arrivais plus à te tenir debout, car ta jambe avait été blessée sous le choc de l'impact. Puis, ça fait plus de deux semaines qu'on ne t'a pas vues, alors je me demandais si ça allait mieux... »

« Ah ! »

" Quel imbécile, suis-je ! "

« Oui, beaucoup mieux. »

Accompagné de sa réponse, le blond hochait de la tête. À vrai dire, ça faisait plusieurs jours que le jeune adulte aurait pu se pointer au lycée, mais il avait préféré attendre. Attendre le bon moment, comme le diraient la plupart du monde.

« Tu v- »

« Veuillez-vous asseoir ! »

Le brun, qui était sur le point de demander quelque chose au blond, fut brutalement coupé dans son élan par la professeur qui venait de se pointer. Dans une moue de désapprobation, il regardait son coéquipier à la jambe blessée s'éloigner de lui pour aller rejoindre sa place, tout près de la fenêtre. Qui d'ailleurs, était à l'opposé de lui, au grand désarroi du brunet.

« Ne fais pas cette tête Thomas ! Tu auras d'autre occasion de lui parler à ta princesse ! »

« Ferme là, Min ! Qu'est que tu peux être con, parfois ! Ne dis pas des choses aussi stupides ! »Répondait du tac au tac son meilleur ami, alors qu'il envoyait son poing valser contre l'épaule de l'astatique, qui lui, ne se retenait pas de rire à gorge déployée.

Un peu plus loin, le blond venait tout juste de récupérer sa place près du hublot, que son regard se posait sur l'Asiatique. Bien évidemment, il n'avait rien entendu et il était, disons le, un peu intrigué par la situation. À peine avait-il quitté la compagnie du brun que son meilleur ami, Minho, selon ce qu'il en croyait, riait tel un détraqué. Avait-il fait quelque chose de drôle avant son départ ? Peut-être on s'en moquait tout simplement de lui. Il n'en savait rien

« Hey, tu vas mieux ? »

Le blond tournait son regard vers l'individu qui semblait l'avoir interpellé. S'il se fiait à la façon qu'était penché son coéquipier à ses côtés et le regard fixé sur lui sans aucune discrétion, il y avait difficilement une autre option qui s'offrait à lui. Sinon, le drôle de personnage qui lui faisait face devait loucher s'il ne lui parlait pas. Par contre, il n'avait aucun souvenir de lui avoir, ne serait-ce qu'une fois, adressé la parole. Encore plus effrayant, son visage ne lui disait rien. Il était tout simplement un étranger aux yeux du blond.

« Oui, je vais mieux. » Il prit un moment avant de poursuivre : « Est-ce qu'on se connaît ? »

« Oh ! Oui ou plutôt, pas vraiment, mais j'étais là lors de ta mésaventure avec cette brute. Tu sais, Gally ? Et bien, laisse-moi te dire que je ne l'aime pas du tout. D'ailleurs, pas grand monde l'aime ici, mais il se fait respecter. C'est l'une des choses qui compte pour lui et sa petite personne, bien évidemment ! Mais ça, tu as dû le remarquer. Oh, au fait, je m'appelle Aris. Tu te souviens maintenant ? J'étais le gars penché sur toi dans le gymnase ? En y pensant, tu ne semblais plus avoir toute ta tête. Et puis, je n'étais pas le seul. Tu avais littéralement une foule autour de toi ! Une vraie star ! ... Oups, je parle peut-être un peu trop ... Eh, désoler ! Je suis seulement enchanté et je voulais avoir de tes nouvelles. J'ai vraiment cru que tu n'allais jamais revenir après ses deux semaines passées. D'ailleurs, tout le monde pensait la même chose que moi. Tu as été la nouvelle répandue ! Tu imagines ? Ce voyou à été suspendu grâce à toi, ça ne pouvait pas passer inaperçu ! Oh, tu es Newt, c'est ça ? Quelle question stupide ! Bien sûr que je sais ton nom ! C'est évid- »

« Aris ! » Coupait soudainement le blond qui n'arrivait plus à suivre le flot de paroles de cet mystérieux individu.

« Pardon ! Je m'emballe ... »

Ce fameux jeune homme, appelé aussi Aris, venait tout juste de baisser la tête, honteux d'avoir autant parlé. Pour le blond, ça lui rappelait vaguement l'hyperactivité du gamin qu'il avait croisé le premier jour de classe. D'ailleurs, en y pensant, il ne l'avait pas revu depuis.

« Je n'ai pas l'habitude de parler avec des gens, ici. » Reprit le jeune homme à ses côtés, toujours la tête basse. Ce fut l'élément qui fit comprendre à Newt la classe sociale que devait avoir ce Aris. Comme dans tous les établissements, des groupes se formaient. Nous retrouvons souvent les intello, ceux-ci étant souvent rejeté, et même intimidé par les populaires, un groupe généralement formé de sportif et de top-modèle. Pour le blond, on devinait très clairement qu'il ne faisait pas partie du dernier groupe. Pour Aris, on devinait qu'il faisait partie du groupe des intello, aussi nommé les coincés. Cette hiérarchie donnait la nausée au blondinet qui ne comprenait pas comment des adolescents ou des jeunes adultes pouvaient se mépriser entre eux.

« Je suis enchanté aussi, Aris, et je te remercie d'avoir prévenu le professeur de mon état. »

Le blond se surprenait lui-même aujourd'hui. En plus d'avoir remercié plus d'une fois, il acceptait, d'une façon peu directe, l'amitié entre lui et son coéquipier de classe. Après tout, ça ne pouvait faire de mal à personne et n'étais-ce pas magnifique de donner le sourire à quelqu'un avec un geste si anodin ? Pourtant, c'est ce qu'avait fait le jeune adulte qui remarquait le rire presque silencieux de son nouveau partenaire. Il l'avait rendu heureux.


Durant le reste de la journée, le blond n'eut pas le privilège d'être seul. En effet, Aris ne l'avait pas lâché d'une semelle, allant jusqu'à dîner avec lui dans un lieu qu'il ne connaissait pas encore. Aussi, ça semblait être le cas pour la plupart des lycéens, car il ne fut pas dérangé une seule fois durant leur petit casse-croûte. Aucun élève était passé par là. Si le blond avait été en compagnie d'une fille, il aurait presque pu dire que c'était un rancard banal. Si le blond avait été une fille, il aurait presque pu dire qu'Aris voulait l'agresser dans un coin sombre, loin des regards des gens. Ce qui, logiquement, était normal, car un viole doit généralement être fait discrètement si l'agresseur ne veut pas être pris la main dans le sac -ou la main dans le pantalon-. Mais aucune de ses options étaient réelles. Aris était bel et bien un homme et Newt aussi. Par contre, même si le blondinet avait passé sa journée accompagné d'Aris en toute amitié, ça ne semblait pas plaire à un certain brun.

« Sérieux mec, si tu continues de l'épier de la sorte, je vais vraiment commencer à douter de ton orientation sexuelle. Tu le regardes comme si tu voulais lui sauter dessus. Pire, on dirait que tu veux le déshabiller sur place ! Ça fait peur, tu sais ! » Avait presque hurlé l'Asiatique, lui qui s'adressait bien évidemment au brun qui était assis à ses côtés à la cafétéria.

« Qu'est que tu racontes Min ? Tu es cinglé ? »

C'était vrai que Thomas avait tendance à guetter les moindres faits et gestes du blond, mais il y avait une raison autre que celle que Minho s'amusait à énoncer devant tout le monde. Enfin, devant sa troupe qui était composée de Minho, bien évidemment, Alby, Teresa, Brenda, Chuck et lui-même, mais le petit dernier avait des cours à reprendre, alors il était moins présent, ses temps-ci

« Mais voyons Thomas, regarde-toi ! Tu jalouses Aris d'avoir réussi à approcher le blond d'une façon que toi, tu n'y arrives pas ! »

« Hey les mecs, vous n'avez pas pensé qu'une fille pourrait plus l'intéresser qu'une bande de gars aux gros muscles ?! Moi, je me porte volontaire d'aller lui parler dès que l'occasion se présente ! »

« Ferme là 'resa! » Grommela alors Thomas, alors qu'il tournait son regard vers son meilleur ami « Je ne le jalouse pas ! Je trouve seulement qu'il se tient avec la mauvaise personne ! Non, mais vous-mêmes, vous le dites ! Aris s'est un fou ! Il est complètement débile ! Et puis, je te l'ai dit plus d'une fois Min, je souhaite seulement lui venir en aide. »

« Mais Thomas, tu ne sais même pas si ce mec à besoin d'aide ! Tu le supposes, mais tu ne sais rien de lui ! Peut-être qu'il n'aime juste pas les mecs comme nous. On est, peut-être, trop superficiel à ses yeux ! Les artistes ont tendance à dénigrer les sportifs, tu le dis toi-même. Alors laisse le faire mec. »Finit par dire l'Asiatique, toujours le regard rivé sur son meilleur ami. Quand il vit celui-ci lever les yeux au ciel et soupirer de mécontentement, il ne put s'empêcher d'en rajouter une couche. Minho était comme ça, joueur et imprévisible. « Par contre, si tu avoues avoir un faible pour ce blond, je veux bien t'aider dans ce cas ! »

« Minho, combien de fois je vais devoir te le répéter ?! Je ne suis pas attiré par les mecs et il ne fait pas l'exception à la règle ! Oh et puis, laisse tomber ! »

Le brunet finit par se détourner de son meilleur ami et de sa troupe, en même temps. Il en avait marre d'entendre les moqueries débiles de l'Asiatique qui ne voulait pas prendre la peine d'entendre un mot de ce qu'il avait à lui dire. Thomas prenait la situation très au sérieuse. Il avait vu, il y a plus de deux semaines, le regard du blond. Ce regard qui ne mentait pas et qui prouvait au brun, qu'il avait raison. Souffrance et tristesse se lisait dans les prunelles sombres de son camarade de classe et sans savoir par quelle force mystérieuse, le jeune homme voulait l'aider. Il n'y avait aucune doute.


Arrivé devant la porte de son appartement, le blondinet, qui avait finalement terminé sa journée de cours, fut surpris que la serrure soit barrée. Il se souvenait clairement ne pas avoir fermé à clé ce matin. Par chance, il avait toujours son trousseau de clef sur lui, alors il put ouvrir la porte de son logement. Par prudence, l'infirmière avait peut-être décidé de verrouiller lorsque le blond était parti. Plusieurs personnes réagissaient ainsi. Puis, comme il ne savait pas si la dame était allé se coucher, il préférait ne pas cogner.

« Abbygaelle ? »Appelait doucement le blond lorsque la porte de son appartement fut fermée derrière lui.

Aucune réponse. Son hypothèse devait être bonne dans ce cas. Il déposait son sac de cours près de la porte d'entrée et se dirigeait automatiquement dans le salon ou l'infirmière avait dormit pendant plus de deux semaines. À son grand étonnement, celle-ci n'était pas là et encore plus surprenant, le lit qui était habituellement au centre de la pièce avait disparu. Il se mit alors à chercher à travers son petit appartement, ce qui fit rapide, mais aucune trace de sa sauveuse. Pourtant, elle avait affirmé au blond de rester encore une semaine en sa compagnie, ce qui ne semblait plus être le cas. Jetant un regard à son portable, il ne vit aucun message. Même sur les tables, autant de cuisine, de salon, de chevet, il ne trouvait aucune note indiquant son départ. Il ne lui restait plus qu'une option : l'appeler pour en avoir le cœur net.

Composant le numéro de l'infirmière, le blond déposait le combiné sur son oreille lorsque les premiers coups de la sonnerie retentissent. Puis d'un, puis de deux, puis de trois et finalement de quatre, de cinq, de six et... Le répondeur. La femme ne lui avait pas répondu, elle qui pourtant aurait décroché au premier coup.

« Mais qu'est que ... »

N'étant pas du genre à laisser un message, le blond finit par raccrocher avant que le "BIP" sonore n'indique le contraire. Il ne savait pas quoi penser du manque de réponse de l'infirmière. Au final, il s'inquiétait surement pour un rien. Mais le blondinet restait nerveux malgré ses propres encouragements à ne pas paniquer.

Soudain, son téléphone se mit à vibrer dans sa main. Une vibration, puis deux, signe qu'il avait seulement reçu un message. Malgré que ça ne soit ne soit qu'un message, le jeune adulte était rassuré. Il n'y avait plus aucun doute, seule l'infirmière avait son numéro de portable. Il ouvrit alors l'écran de son appareil électronique et qu'elle ne fut pas sa déception en voyant le nom de son " nouvel ami " apparaître au lieu de celui de la jeune femme. Il avait complètement oublié d'avoir passé, sous un harcèlement plus qu'énervant, le numéro de son téléphone à ce fameux Aris. Aris, qui ne tombait pas du tout au bon moment ! Il lut quand même le message, sans une pointe de curiosité. Il était seulement abattu par ce faux espoir.

« Salut ! Tu as oublié ton cahier de notes cet après-midi ! Quand je l'ai remarqué, tu étais déjà parti comme une fusée. Aucun doute que tu avais hâte de rentrer chez toi ! Alors, j'ai une raison de venir te voir demain maintenant, haha ! Passe une bonne soirée, Newt ! » - Aris

Il appréciait son nouvel ami, mais il espérait seulement que celui-ci ne devienne pas trop envahissant. Newt venait à peine de prendre la décision que se faire des amis n'était pas une si mauvaise idée, mais il ne fallait pas pousser les limites du blondinet, surtout pas maintenant. Il était inquiet pour celle qui comptait le plus pour lui et espérait avoir des nouvelles de sa sauveuse le plus rapidement possible. Après tout, pourquoi devait-il autant s'en faire ? Elle était tout de même une adulte. Elle savait ce qu'elle avait à faire.

Dans un soupir lasse, le blondinet se laissait tomber sur le canapé. Un canapé, qui d'ailleurs, le jeune adulte considérait presque comme un lit vu les rares fois où il se couchait sur son matelas. L'inconfort du divan était l'une des choses qui réussissait à endormir notre petit Newtie, tout autant que ses somnifères. Tandis que le confort de son lit, réussissait seulement à lui rappeler des souvenirs douloureux, qui auparavant étaient merveilleux.

FLASHBACK

« Mon chéri, cesse de gigoter un peu si tu veux que maman te lit cette histoire »

Malgré le ton autoritaire qu'avait pris la femme pour se faire comprendre, elle ne pouvait effacer la pointe de tendresse qui se dégageait dans chacune de ses paroles. Son sourire, la plus belle chose qu'elle pouvait offrir à son jeune fils, était continuellement plaquée contre ses lèvres. Jamais elle se défaisait de ce trésor qui réchauffait le cœur de son gamin et qui avait fait tomber son mari fou amoureux d'elle. Grâce à cet homme, qu'elle aimait plus que sa vie, elle avait mis au monde un bambin d'une intelligence et d'une gentillesse infini. Chaque fois que son regard de mère se posait sur son fils, elle ne pouvait faire autrement que de chérir cet être qu'elle avait mis au monde et de vouloir ce qu'il y avait de meilleur pour lui. Et chaque fois que le regard du plus jeune se posait sur elle, elle se sentait comblée. Elle pouvait affirmer être une femme heureuse, satisfaite et choyée par la vie qu'elle menait auprès de son fils et de son tendre mari. Elle les aimait, il n'y avait aucun doute la-dessus.

« Hmr, d'accord ... »Murmurait le plus jeune en croisant les bras sur son torse en signe de résignation.

« Ne fais pas cette tête, mon petit Newton chéri ! Tu auras toute la journée pour jouer et je te promet de t'amener au parc »murmurait à son tour la mère qui ne put empêcher une faible rire franchir ses lèvres douces.

Quand cette femme promettait quelque chose, elle l'accomplissait. Si elle disait vouloir amener son fils dans un parc, alors elle l'amènerait dans un parc. Qu'il fasse chaud ou froid, qu'il pleut ou qu'il neige, qu'elle soit malade ou mourante, elle tenait ses promesses, car au grand jamais, elle ne voulait décevoir sa progéniture.

« Vraiment ? Hourra ! » Hurlait le petit garçon à la chevelure blonde, alors qu'il s'emmitouflait, grâce à l'aide de sa mère, dans les couvertures de son énorme lit. Puis, s'en suivit l'histoire tant entendue que sa protectrice lui lisait chaque soir pour endormir son bambin. Comme chaque soir, le jeune garçon finit par s'endormir contre sa mère, le souffle court et le visage apaisé. Comme chaque soir, sa mère déposait un tendre baiser sur le front de son fils et attendait quelques minutes avant d'aller rejoindre sa douce moitié.

FIN DU FLASHBACK

« Si tu savais à quel point, tu me manques, maman... »


Voici pour vous un nouveau chapitre fraîchement écrit. J'ai eu un peu de la misère à débuter, je dois l'avouer, mais finalement, je ne suis pas totalement déçu de ce troisième chapitre. J'espère que pour votre part, vous n'aurez pas perdu l'envie de continuer à suivre ma fiction. D'ailleurs, j'ai énormément réfléchi à ma fiction et à d'éventuel événement. J'ai été servi par mon imagination, par chance ! Alors beaucoup d'action à venir, autant, il y aurait des scènes mignonnes, autant, vous serez servi par des scènes beaucoup plus accablantes et dramatiques. Je sais, je suis énormément cruelle avec mes lecteurs, mais j'aime vous captiver et vous décrire des émotions fortes.

En parlant de scène, si mon chapitre est sorti un peu plus tard, c'est pour cette raison. J'ai eu une illumination et l'envie irrépressible d'écrire une partie de ma fiction qui ne fuguerait pas avant plusieurs chapitres. Vous vous doutez, c'est quoi ? Je vous laisse devinez et me le dire par commentaire ;) !

Pour vous, mes lecteurs, j'ai pris vos conseils aussi ! L'apparition d'Aris dans mon second chapitre a fait parler plusieurs d'entre vous ! J'ai eu l'envie de l'exploiter un peu plus à ma manière, avec ma touche personnelle, alors désoler si son comportement ne vous plaît pas. Pour des raisons de concordance, j'ai dû l'adapter un peu plus au caractère de Newt et à ma fiction (pour les actions à venir). J'espère que ça ne vous dérange pas. De plus, vous avez un peu plus de dialogue et finalement, un léger rapprochement entre nos deux héros (heureux ?)

Encore une fois, désoler des fautes. Ma correctrice est en vacances, donc elle n'est pas disponible et moi, pourrie comme je suis en grammaire, je fais des fautes. Pardon. Je remercie aussi tout le monde qui continue de me suivre et m'encourager. Vous êtes d'un grand soutien ! :)

PS :« l'agresseur ne veut pas être pris la main dans le sac -ou la main dans le pantalon-. »Je suis désolé, c'était un délire parmi tant d'autres que je ne pouvais laisser échapper.

PPS : pour la suite -le chapitre 4-, je ne sais pas si je pourrai le poster le weekend prochain. Merci de vos compréhensions et d'avoir réussi à lire jusqu'à la fin. Je me donne un délai de deux semaines pour éviter de vous décevoir ! Merci de vos compréhensions et d'avoir réussi à lire jusqu'à la fin.