« La terre appelle Newt ! »

Le blondinet, qui faisait tournoyer l'objet de ses soucis depuis déjà plusieurs minutes entre ses doigts, sursautait brusquement suite à cet appel qui lui était tout droit adressé. Il passait proche, au passage, d'échapper son téléphone qui était le responsable de ses nombreux tracas et de son manque d'intérêt total sur les dires de son ami à ses côtés. Depuis déjà plusieurs minutes, il avait cessé d'écouter les bêtises de son acolyte pour porter son attention sur un point fixe qu'il s'avait lui-même créé. D'ailleurs, ça ne semblait pas avoir plu à Aris qui avait immédiatement interpellé le petit blond de la manière la plus agréable du monde : en lui hurlant tout près de l'oreille. Par chance, les deux coéquipiers étaient dans le cours d'éducation physique, ce qui avait empêché de déranger tout le monde autour d'eux, trop concentré sur le match de soccer qui se déroulait au milieu du gymnase. Cette fois-ci, le professeur de sport avait compris sa leçon. Il ne ferait plus jouer le blondinet de toute la session pour éviter d'être ramené à l'ordre et peut-être même expulsé par le directeur de cet établissement. Alors il avait presque ordonné au blond d'aller s'asseoir dans les gradins, ce qu'il n'avait pas eu à dire plus d'une fois avant que Newt obéisse à son ordre.

Voyant le regard ahuris de son ami le blondinet, Aris se devait d'expliquer son intervention plutôt maladroite et déplaisante.

« Sérieux Newt, tu ne peux pas m'écouter ne serait-ce qu'une petite minute ? C'est quand même incroyable ! Je pourrais jurer que tout ce que je te dis ne t'intéresse pas le moindre du monde, mais vu ta tête de déterrer, je crois plutôt que c'est la fatigue qui te rend si impoli ! Il faut t'apprendre les bonnes manières mon vieux ! Tu es impossible ! »

Le plus sociable des deux hommes soupirait lacement devant l'expression de son nouvel ami. Il avait vraiment l'impression de parler à un mort-vivant ou pire encore, à un enfant de quatre ans seulement. Le genre d'enfant à qui on devait tout expliquer d'une façon simple ou avec des images pour les aider à comprendre. Par contre, le plus jeune des deux n'était pas dupe. Il voyait bien que le blond n'allait pas bien et que quelque chose semblait le tracasser. En tant que bon ami, il se devait d'agir.

« Tu es sûr que ça va Newt ? Tu es blâme comme la mort ... »

Suite à ses paroles, le blondinet effleurait distraitement sa joue du bout des doigts comme s'il pouvait constater la véracité des dires de son ami, ce qui était strictement inutile. Il avait conscience de son teint maladif vu l'insomnie dont il avait souffert cette nuit-là, mais pouvait-on lui en vouloir ? Le pauvre blondinet s'inquiétait pour sa sauveuse, qui d'ailleurs, ne lui avait pas encore donné de nouvelle depuis hier soir. Depuis que son petit Newtie avait découvert sa disparition mystérieuse.

« Oui... Enfin disons simplement que je n'ai pas réussi à fermer l'œil de la nuit. »

Le blond avait répondu en sachant que son ami allait véritablement commencer à s'inquiéter s'il ne lui fournissait aucune réponse.

« Ne me dit pas que tu étais nerveux à l'idée de te retrouver sur le lieu de ton accident ? »

Prit au dépourvu, comme il ne s'attendait pas à cette question, le blondinet retombait dans ses pensées. Ça ne devait surement pas plaire au garçon à ses côtés, mais l'interrogation de son ami semblait remuer de lointain souvenir pour le moins douloureux. Il se revoyait accroché au rebord de sa fenêtre avant de sauter dans le vide pour rejoindre la femme qu'il avait perdue. Depuis cet acte suicidaire, il n'avait plus jamais remis les pieds devant le bâtiment qui lui rappelait sa faiblesse. Même en étant allé chercher quelques souvenirs et ses effets personnels, le blond avait passé par-derrière. Le bâtiment comportait deux portes, celle de devant et celle de derrière en cas de secours. Il avait strictement interdit à sa sauveuse de prendre la rue de ses cauchemars et elle avait accepté pour le bien-être de son patient. Aurait-il le courage un jour de retourner sur le lieu de son accident ? Bonne question.

« Je suppose que ça doit être ça... » S'attendit-il répondre, tout simplement.

« Incroyable ! Le gymnase a eu raison de mon ami ! Aller, Newt, ne te fait pas autant de mal pour rien ! Gally n'est même pas là et je ne crois pas que le professeur a envie d'être expulsé pour une erreur aussi stupide. Aucune chance qu'il te demande de retourner sur le jeu ! Oublie ça et détend toi un peu ! » Répondit Aris, alors qu'il donnait une légère tape dans le dos de son ami.

- Si tu crois que c'est aussi simple d'oublier Aris... - pensait-il, alors qu'il se contentait d'hocher de la tête pour que son ami passe à autre chose. Il n'avait pas une terrible envie de se remémorer les mauvais souvenirs et surtout pas de parler de la sincère raison de son insomnie, qui était nulle autre que l'infirmière.

« Bon, maintenant que tu m'écoutes, je disais ... »

Et c'est repartit.


« Le cours est terminé ! Bon travail tout le monde ! »

N'attendant que ce moment pour prendre une pause du bavardage incontrôlable de son ami, le blond se redressait rapidement. Il appréciait Aris, mais il devait avouer qu'il avait souvent envie de lui plaquer sa main sur la bouche pour qu'il cesse de parler ne serait-ce que quelques secondes. Était-il comme ça avec tout le monde ? Bien que Newt n'ait pas vu un seul autre camarade, que lui, s'adresser à sa personne. Ça pouvait justifier son comportement. S'il n'était jamais en contact avec personne, qu'il n'avait pas la possibilité de parler avec un autre être humain que ce beau blond à ses côtés, c'était compréhensible qu'il jacasse sans arrêt.

Soupirant faiblement, le blond ne put faire autrement que d'attendre son camarade malgré que quelques secondes auparavant, il voulait fuir pour épargner ses pauvres oreilles qui menaçaient de le lâcher. Par chance, Aris ne rajoutait rien, récupérant ses trucs, avant de descendre des gradins pour se diriger vers la sortie. Pour sa part, il se contentait de mettre ses mains dans ses poches, toujours en tenant fermement son téléphone entre ses doigts fins. S'il se mettait à vibrer, il voulait être sûr de le sentir. Il ne voulait en aucun cas manquer l'appel de l'infirmière qui occupait toutes ses pensées.

Alors qu'il croyait pouvoir franchir les portes du gymnase et se terrer dans un coin avec ses préoccupations, un brun lui bloquait soudainement le passage et ce brun, il le connaissait. Un peu trop à son goût d'ailleurs. Ça commençait à devenir une habitude de le croiser à tout bout de champ.

« Hey Newt, eh, ça te dirait de venir chez Min ce weekend ? Il organise un party pour célébrer le début de cette nouvelle session. Ça permettra à tout le monde de s'amuser et se détendre un peu. Bien sûr, tu n'es pas obligé d'accepter, mais ça serait agréable que tu viennes... Tu veux bien ? »

Abasourdi par la demande de son camarade de classe, le blond ne savait pas quoi répondre. En temps normal, il s'aurait empressé de répondre un « non » catégorique, mais la demande était si soudaine, qu'il n'arrivait pas à prononcer un simple mot. Puis une voix fusait dans sa tête, une phrase qu'il avait entendu plus d'une fois, des mots qui le poussaient à répondre de façon positive : « Amuse-toi, Newtie. ». C'était l'infirmière qui lui avait dit de nombreuses fois après son opération. Elle espérait, il en était conscient, que le blond ce ré intègre à la population, qu'il profite de sa vie qui venait à peine de débuter. Newt était encore jeune et il avait la vie devant lui. Il le savait. Il en était au courant. Même sa progénitrice lui avait clairement récité : « Vit Newton, vit pour nous deux mon garçon » et c'est ce qu'il devait faire. Il se devait de vivre pour lui, pour sa mère, pour ceux qui tenaient encore à sa personne.

« Je ... »

Alors qu'il s'apprêtait à répondre, il sentit une vibration dans sa main. La vibration qui lui signalait un nouveau message. Sans même prendre le temps de répondre, il s'excusait auprès de ses camarades de classe, avant de s'éloigner pour sortir l'appareil de sa poche. Aucune chance que ça soit Aris, comme son coéquipier était à ses côtés, alors il ne restait plus qu'une possibilité ...

« Je suis désolé Newtie d'être parti s'en t'avoir donné de nouvelles hier soir. J'ai eu un appel d'urgence à l'hôpital et je devais rentrer le plus tôt possible pour y passer la nuit. Je n'ai pas pu répondre à ton appel, j'étais débordé de travail et d'ailleurs, je ne pourrai pas venir te voir. J'ai un patient à m'occuper pendant plusieurs jours, mais je te promets de venir dès que j'ai un temps libre. Fait attention à toi mon garçon, bonne journée ! » - De Abbygaelle.

Enfin, il avait reçu le message tant entendu. Un poids énorme semblait s'évaporer sur ses épaules, alors qu'il s'empressait de répondre

« Pas de problème. Bonne journée à toi aussi. » - De Newt

Le blond était encore moins doué de communiquer par écrit qu'oralement. À chaque fois, ses phrases étaient courtes et se résumaient souvent par un « ok » s'il se décidait à répondre, mais au moins, l'infirmière était au courant. Doutant qu'il fît entendre le brun et surtout Aris, le blond finit par ranger son portable avant de retourner auprès d'eux. Il remarquait au passage que l'Asiatique s'était rejoint aux deux autres.

« C'était un message important que je ne pouvais pas me permettre de manquer. Je suis désolé de cette interruption »

« Pas de problème » répondit le brun, celui du nom de Thomas, bien entendu.

« Pour reparler de ta proposition, est-ce qu'Aris peut venir ? »

À peine, le blond prononçait ses quelques paroles, qu'il entendit l'exclamation de désaccord, à la limite du dégoût, de son nouvel ami. Puis, le regard que posait Thomas sur l'Asiatique, lui signifiait clairement que ça ne leur plaisait pas, mais pour le blond, c'était une offre non-négociable. S'il ne pouvait pas se pointer à cette fête sans être accompagné de son ami, à quoi bon y aller ? L'idée d'être entouré d'inconnus ne le réjouissait pas le moindre du monde.

« Je peux tout aussi bien refus- »

« Non, non ! Il peut venir aussi ! »Répondit rapidement le brun, coupant littéralement le blond dans son début de discours. Cette décision était prise sur un coup de tête qui ne semblait pas être approuvé par l'organisateur de la fête vu le regard qu'il lançait à son ami. Ce que le brun tentait d'ignorer sous le regard perplexe du blondinet. D'ailleurs, même avec cet accord, Newt était presque sûr qu'Aris ne viendrait pas se joindre à cet événement. Ça ne semblait pas le style de notre intello, qui était plus du genre à étudier tard la nuit dans une bibliothèque du coin. De plus, tous ses hommes ne semblaient guère apprécier le nouvel ami du blond, tout comme lui ne semblait pas apprécier ceux qui tournaient autour de notre mystérieux blondinet. Notre pauvre ange se tenait en plein milieu d'un conflit tiré tout droit de l'expression « Être comme chien et chat »*. Il finit alors par répondre pour se sortir de ce malaise grandissant.

« Je vais y réfléchir ... »


Une heure environ s'était écoulée depuis que nos deux duos s'étaient séparés. L'un d'eux avait prit la direction de la bibliothèque et l'autre avait prit la direction opposée, pour être plus précis, la cafétéria. C'est ainsi que Thomas s'était retrouvé entouré de son gang, toujours composé de Minho, que vous connaissez déjà, Alby, un noir à l'attitude d'un leader, Teresa, la première fille du groupe, Brenda, la seconde fille du groupe et Chuck, le plus jeune de la troupe qui avait décidé de se joindre à eux aujourd'hui. Puis nous avons bien sûr notre brun, Thomas, celui qui avait la fâcheuse manie de se perdre dans ses pensées depuis quelque temps.

« Vous ne devinerez jamais qui Thomas à invité pour ce weekend ! » S'exclamait le meilleur ami du concerné et comme d'habitude, ce fut la voix de Teresa qui répliquait.

« Qui ? »

« Il a invité Newt, vous savez, le petit nouveau qui avait formellement refusé notre invitation de pure gentillesse pour lui faire visiter l'établissement ? Et bien, vous avez de quoi être surpris, il n'a même pas rejeté sa demande ! Faut croire que tu n'es pas le seul à en pincer. »

Suite à ses paroles, l'Asiatique fit un clin d'œil au brun qui semblait prendre finalement conscience de ce qui se passait à cette table.

« Quoi ?! Mais tu es malade Minho ! Je l'ai seulement fait par pure « gentillesse », comme tu l'as si bien dit ! Et puis, ce n'est pas comme si tu avais invité le trois-quarts de l'établissement, alors pourquoi pas lui ? Ce n'est pas parce qu'il est nouveau qu'on doit le laisser de côté. »

« On n'a pas voulu le laisser de côté, Thomas. C'est lui qui a préféré être seul. »

Il était rare que le leader du groupe, connu sous le nom d'Alby, prenne la parole. C'est pour cette raison que tout le monde le regardaient, la bouche entrouverte et les yeux arrondis de surprise. Avait-il vraiment parlé ? Pour le brun, c'était clair, son ami avait raison. La façon dont le blond les avait repoussés la première journée signifiait clairement son refus, mais il ne pouvait pas abandonner maintenant, n'est-ce pas ? Pas si facilement. Il se contentait d'hausser des épaules.

« Ce n'est pas tout ! » Renchérit l'Asiatique, après que tout le monde soit revenu à l'ordre. « En plus d'avoir invité le blond, il a aussi accepté qu'Aris se joingne à la fête ! »

Des exclamations de surprise, à la limite du mépris, s'élevèrent autour de la table ou était installé notre petit groupe. Tout le monde, ou presque, était au courant que Thomas détestait cet intello, plus que n'importe qui d'autre, alors ça paraissait insensé qu'il est accepté.

« LE Aris ? » S'exclamaient Brenda et Teresa en même temps.

« Vous avez tout compris les filles, LE Aris »

« Wow ... »

Cette fois-ci, ce fut Chuck qui laissait passer cette interjection, alors qu'il n'avait encore jamais osé parler de sa propre aventure avec le blondinet lors du premier jour d'école.

« Mais je n'avais pas trop le choix ! » Hurlait presque le brun alors qu'il était outré par les réactions de ses amis. Définitivement, il en n'avait pas un qui le comprenait autour de cette table. « Et puis, il n'a même pas dit qu'il viendrait officiellement. Alors je ne vois pas pourquoi tout le monde s'affole... » Soupirait-t-il finalement, baissant la tête sur son dessert qu'il n'avait pas encore entamé. Ça semblait être le signal qui fit taire tout le monde, comprenant qu'il ne fallait pas en rajouter.


Nous étions présentement samedi soir et devinez qui se trouvait devant l'énorme bâtisse qui servait de maison à l'Asiatique, mais aussi de lieu de party ? Notre bel ange. Après y avoir réfléchi une bonne partie de la semaine, le blondinet avait pris sa décision : il se joindrait à cette fête avec l'idée d'apaiser les peurs de sa sauveuse, mais aussi de respecter les dires de sa mère qui devait l'observer d'ou elle était. Une promesse était une promesse et il était hors de question pour le blond qui ne la tienne pas.

Comme prévu, son ami Aris ne s'était pas pointé à l'arrêt de bus. Notre beau blond avait essayé de le joindre par téléphone, lui envoyant de nombreux messages, mais sans réponse. Son camarade de classe restait introuvable, mais surtout injoignable. Ce n'était pas une surprise pour Newt qui l'avait déjà prédit la journée ou Thomas l'avait invité. Il pourrait parier que l'intello lui présenterait mille excuses lundi matin, lors de leur premier cours de la journée. Ça s'appliquait autant pour son manque de présence à cette fête, mais aussi son manque de réponse via son téléphone portable. Pouvait-il gager qu'il sortirait l'excuse la plus bidon qui était nul autre que : « J'avais perdu mon portable ! ». Oui, c'était tout à fait le genre de son ami.

Soupirant faiblement, le blond finit par franchir les quelques pas qui lui restait pour atteindre la porte d'entrée. Hésitant un moment, il dressait son poing en l'air pour l'abattre sur le portail qui menait droit à l'enfer. Il pouvait entendre, avec une facilité accrue, la musique bruyante de l'intérieur. Un mélange de techno et de rock, plutôt classe, selon le blondinet. Une odeur d'alcool, non dissimulé, se faisait ressentir. La fête devait être déjà bien entamée.

Ne recevant aucune réponse, le blond cognait une seconde fois, mais cette fois-ci plus fort. Il n'allait quand même pas pénétrer le lieu sans en être invité n'est-ce pas ? Pourtant, encore une fois, personne ne vient lui répondre. Il s'apprêtait alors à cogner une troisième fois avant qu'une voix s'élevait dans son dos.

« Tu crois qu'on va te répondre ? Je suis heureux de voir que tu es accepté mon invitation. »

Le blond se retournait rapidement en direction de l'être qui venait de parler et il ne fut pas surpris de découvrir le brun. Celui qui apparaissait maintenant partout quand Newt ne s'en attendait le moins, comme en ce moment.

« Oh, je me disais que ça pourrait être amusant... »

Sa voix était ridicule, mais surtout pas du tout à la hauteur de ces attentes. Il aurait préféré se donner contenance et ne pas montrer son malaise, mais c'était foutu maintenant. En plus, qu'il avait glissé nerveusement sa main sur sa nuque, signe fidèle d'anxiété. - Bravo, Newt, félicitation ! - pensait-il alors. Par chance, le brun ne fit que rire de bon cœur, alors qu'il fit signe au blond de le suivre.

« On va passer par-derrière, c'est ouvert »

Restant figé un court laps de temps, le blondinet finit par suivre le brun pour ne pas le faire attendre et surtout, pour ne pas avoir l'air d'un con, plus qu'il ne l'était déjà. Thomas devait s'y connaître en ce lieu s'il se fiait au lien des deux jeunes hommes. Ils étaient toujours ensemble et se chamaillaient sans arrêt. La complicité était présente et il n'y avait aucun doute d'amitié. C'était presque beau à voir.

« Aris n'est pas avec toi ? » Demandait alors le brun, alors qu'il détournait son regard pour le poser sur son invité.

« Eh, non. Complication »

« Oh. C'est encore plus surprenant de te voir dans ce cas. J'étais sûr que tu ne serais pas venu s'il n'était pas là. Enfin, c'est ce que j'ai pu comprendre quand tu m'a demandé s'il pouvait venir. »

Thomas se contentait de hausser les épaules en se forçant de ne pas montrer sa joie. Il détestait Aris, ce n'était pas un secret pour personne. S'il n'était pas là, ça ne faisait que l'arranger et lui permettrait d'en apprendre un peu plus sur le blond qui n'aimerait certainement pas être seul toute la soirée. Mis à part s'il avait prévu de partir plus tôt. Il ne lui restait plus qu'une possibilité, il devait absolument distraire le blondinet pour éviter qu'il s'éclipse trop rapidement.

« Nous y sommes ! » Annonçait le brun alors qu'il souriait au bel ange. « Tu es prêt ? »

Le blond se contentait de hocher de la tête positivement, pendant que le brun ouvrait les portes. À peine rentré, le blondinet se sentait dans une toute nouvelle place. La musique faisait vibrer les murs, les gens se bousculaient sur la piste de danse fictive, d'autres hurlaient pour se faire entendre, une bière à la main, certains couples se bécotaient sur les canapés, dans des coins ou bien même sur le rebord des comptoirs et il y avait même des gens qui se déhanchaient sur la table de cuisine ou de salon en chantant à tue tête. L'odeur était la plus horrible, ça empestait l'alcool à plein nez, ce qui était plutôt nouveau pour notre beau blond.

« Tu veux que je te sert quelque chose ?! » Criait le brun à ses côtés alors qu'il traînait son camarade dans la cuisine, qui n'était pas plus silencieuse.

« Pourquoi pas ! Offre moi quelque chose ! »

Avait-il vraiment dit ça ? Ça ne semblait pas avoir surpris que lui vu le regard que lui lançait le brun. Il était débile, débile, débile... Ou peut-être pas.

« D'accord ! Tu vas voir, tu vas aimer ! Attends-moi ici ! »

Puis le brun s'éclipsait un grand sourire aux lèvres, laissant notre pauvre ange au milieu de ses déchaînés. Peu importe où il se trouvait, le blond se faisait régulièrement bousculer par des inconnus qu'il n'avait jamais vus au lycée, mais qui pourtant devaient l'être. La plupart, ivres, déjà, ne le remarquaient même pas et ne s'excusaient pas, bien évidemment. De plus, il n'avait pas encore aperçu l'élaborateur de cette fête improvisée.

« Tu cherches Min' ? Il doit déjà être dans une chambre, si tu vois ce que je veux dire... Tiens ! »

Vu le bruit, aucune chance que le blond est sursauté. Il fut seulement surpris de revoir le brun plus vite qu'il ne l'aurait cru. Il se détournait pour prendre le verre qu'on lui tendit, surement une boisson forte. Il remerciait le brun alors qu'il prit une gorgé, retournant son regard vers les nombreux invités, sans cette fois chercher l'Asiatique. S'il se fiait à son camarade de classe, celui-ci devait s'être trouvé une magnifique gonzesse qu'il avait ramenée dans l'une des chambres à l'étage pour... Vous avez saisi. L'Asiatique était connu pour être un coureur de jupons, malgré son cœur sensible selon ses amis les plus proches, donc qui le connaissait bien.

« Tu trouves ça comment ? »

Encore la voix du brun qui lui fit tourner la tête dans sa direction. Il ne semblait pas vouloir le lâcher, ce qui était pas mal. Le blond ne se sentait pas très à l'aise pour être franc, alors seul ça serait pire.

« C'est pas mal, même si je trouve ça un peu trop bruyant. Les voisins ne font pas de plainte ? »

« Ça te surprend, n'est-ce pas ? Et bien, disons que la famille de Minho est plutôt influente dans ce quartier, personne n'oserait dénoncer leur fils. Alors son entourage ne dit rien. Nous n'aurons pas de problème, ne t'en fait pas ! »

Un autre haussement d'épaule suivit les dires du brun. À vrai dire, le blond n'avait pas vraiment peur de l'impact que cette fête pouvait avoir. Il voulait seulement s'amuser et oublier un peu. Il voulait se lâcher lousse.

Sous le regard ahuris de son éventuel nouvel ami, le blond calait son verre sans ménagement. Il tendit ensuite l'objet de plastique en direction du brun, un faible sourire - vous n'avez pas rêvé - aux lèvres.

« Je peux en avoir un autre ? »

« Eh... Bien sûr ! Je vais te chercher ça ! » Et suite à ses paroles, le brun disparu une seconde fois, laissant un blond complètement différent.


Nos deux héros étaient maintenant assis l'un à côté de l'autre sur le canapé du salon. L'un d'eux, le plus surprenant, était complètement bourré. C'était à peine s'il arrivait à formuler une phrase compréhensible, mais vu l'état un peu avancé de son camarade, le brun, ils se comprenaient tout de même. Quand le blond s'était dit qu'il se lâcherait lousse, il n'avait pas menti. L'alcool affluait dans son système, le faisant rire tel un débile. Une première depuis la mort de sa mère. Il parlait, sans pudeur, envers Thomas, ce confiant sur des sujets un peu embarrassant de sa vie qu'il n'aurait jamais dite même contre de l'argent. La pièce, qui ne s'était toujours pas apaisée côté musique, mais qui était moins rempli de gens, tanguait dangereusement autour de notre bel ange qui gardait généralement les yeux fermés pour éviter d'être malade. Ça serait un tel gâchis maintenant qu'il s'amusait pour de vrai. Il se sentait bien, léger et surtout, il ne pensait plus à ses problèmes, à la mort de sa mère, à l'école. Non, il profitait du moment et il devait se l'avouer, c'était agréable

« Neeeeewt, pourquoi tu te tiens avec ce taré ? »

Un long moment de silence s'était abattu entre nos deux jeunes hommes, l'un comme l'autre pensaient jusqu'à ce que le brun décide de couper court à ses idées.

« Ce taré ? Mais d'qui tu parles Tommy ? »

Ah oui, le blond avait commencé a utiliser ce surnom quand l'alcool avait débuté à le faire divaguer, ce qui ne semblait pas avoir déplu notre beauté fatale qui sentait son cœur se réchauffer à chaque fois qu'il était utilisé.

« Bah, tu sais, Aris ! C'est un vrai taré. Une pauvre cloche. Un intello sans vie sociale. Il y a plein de rumeurs sur lui, comme quoi il sort tout droit d'un hôpital psychiatrique. Franchement, ça ne m'étonnerait pas ! Il est tellement fou »

Ouvrant les yeux un peu trop rapidement, ce qui provoquait une vive douleur à la tête de notre beau blond et un gémissement désapprobateur, il dirigeait son regard vers le brun. Une grimace mal contenue se formait sur son visage, démontrant sa colère à cause des dires du brun.

« Tu sais que tu parles de mon ami, Tommy !? Tu vas me dire que tu es le genre à croire toutes les rumeurs ? Tu sais quoi ? C'est toi l'imbécile ! »

Après ses propos, le blond se redressait du mieux qu'il le pouvait et essayait de s'éloigner le plus rapidement possible de cet idiot qui avait osé insulter l'intello qui lui servait également d'ami. Surtout, c'était son premier ami, alors il n'acceptait pas qu'on parle de lui comme ça. Il pouvait entendre son nom derrière son dos, le brun l'appelait, mais il ne voulait rien savoir. Il voulait seulement partir, partir en vitesse de cette demeure de con. C'était un peu compliqué, le blond avait une démarche chancelante et tout lui semblait amplifié : la musique, les cris, les bourdonnements, tous ! Il grognait brusquement en glissant sa main dans sa chevelure alors qu'il se stoppait brusquement. Quelle était cette drôle de sensation sur sa cuisse ?

« Oh merde ! »

Il glissait rapidement sa main dans sa poche pour en sortir son téléphone qui s'était mis à vibrer. Un appel, un inconnu, s'il lisait encore bien. Il décrochait en se glissant dans un endroit plus isolé.

« Bonsoir ? »

Une voix d'homme s'élevait à l'autre bout du fils et malgré le son dérangeant de la salle, il entendit parfaitement les dires de son interlocuteur. Dans un gémissement plaintif, le blond écarquillait les yeux au fur et à mesure qu'il attendait le discours de l'homme à l'appareil et bientôt, ce fut son cellulaire qui lui glissait des mains. Dans un bruit sourd, qui lui semblait venir de loin, son portable se cassait sous l'impact, coupant l'appel.

« N-non... »

Une autre plainte s'échappait des lèvres de notre bel ange, alors qu'il portait sa main à sa poitrine. Il avait soudainement une envie de vomir, sa tête lui faisait affreusement mal et tout autour de lui semblait disparaître derrière cette barrière brumeuse. Des larmes, le blond sanglotait sans même en prendre conscience. Son souffle, devenu difficile, était haché et devenait de plus en plus incontrôlable. La musique, qui était toujours aussi forte pour les autres, ne parvenait plus à ses oreilles alors que la pièce commençait à tanguer dangereusement autour du blond qui, n'ayant rien pour se soutenir, s'écroulait au sol.

« NEWT ! »

Cette voix... Cette ombre qui se dessinait difficilement dans son champ de vision, pouvait-elle être celle du brun ? Il n'en avait plus réellement conscience, tout son monde semblait lui échapper, alors qu'il était en pleine crise. D'angoisse ? Peut-être, il ne savait pas. Il ne savait rien, mais il était sûr d'une chose, plus rien n'allait

« Newt, tu m'entends ?! Newt ! Aidez-moi quelqu'un ! Aidez-moi ! »

Le blond gémit brusquement, alors qu'il essayait de garder les yeux ouverts, ce qui devenait de plus en plus difficile. Il ne pouvait pas voir le brun s'affoler au-dessus de lui, secouant les bras rapidement et essayant d'alerter qui que se sois à sa disposition. Le blondinet devait être dans une fâcheux état pour inquiéter autant le brun. Il essayait d'appeler son camarade de classe, s'attendant dire dans sa tête « Tommy », mais en fait, aucun son sortait de sa bouche. Sa gorge était sèche, sa vision se faisait encore plus troublée et finalement plus rien.

Le noir l'avait englouti.


* Ne pas s'entendre

Hello les gens,

Je tenais premièrement à m'excuser du retard. Je ne crois plus avoir la possibilité de poster chaque weekend, car l'école me bouffe mon temps et surtout, je vais bientôt commencer à travailler, ce qui est une autre source de problèmes. Je tenterai quand même de vous fournir un chapitre une fois par deux semaines, ou au moins par mois. Ça m'étonne que je dépasse ce délai, comme je n'aime pas trop vous faire attendre.

Ce chapitre est un peu plus cours que les précédents, mais j'espère tout de même que vous l'aurez tout autant aimé que les autres. Je suis désolé de vous laisser avec cette fin qui laisse à désirer, mais surtout, qui vous fait croire surement des millions de trucs. Bon, c'est un peu le but et c'est un peu cruel, mais ne me tabassez pas ! J'ai aussi essayé de rapprocher nos deux héros et d'ailleurs, ils seront encore plus proches dans le chapitre suivant ! Vous voulez moi me tabasser cette fois, n'est-ce pas ? Mouhaha ! Ou vous avez juste trop hâte à la suite, haha.

Merci à tous ceux qui me laisse des commentaires. Je réponds toujours à tous vos beaux messages et je suis soulagée à chaque fois que j'en reçois des nouveaux. Vous faites mes journées et m'encourager à continuer ! Merci encore énormément, vous êtes des anges (L)

Sur ce, en attente de la suite ! Bisou.