Pfiou… J'ai bien cru que je serais en retard… Merci beaucoup pour tous vos reviews, je ne m'attendais pas à un tel accueil ! Je n'y ai pas répondu, malheureusement, parce que j'étais en vacance sans internet… Donc je vais y répondre ici, mais les prochaines fois je ne répondrais qu'aux guest au début des chapitres. Donc voila ce chapitre 2 !


Reviews :

Rin-BlackRabbit : J'essaye de respecter au maximum les caractères des personnages, mais comme j'ai commencé cette fiction il y a un bail, je n'avais pas une aussi bonne maitrise de leur personnalité qu'aujourd'hui… Mais contente de voir que pour l'instant cela corresponde ! Ravie de voir que ça te plaise !

Amy : Alors… Déjà merci pour ton review ! Pour Kise, après avoir lu ton message, je me suis vraiment demandé si je l'avais mis à l'honneur… Conclusion : je ne sais pas trop. Je ne me suis pas posé la question en écrivain, donc… Je ne pense pas l'avoir sous-estimé, mais je ne sais pas trop. A toi de juger ! Je suis contente que le début te plaise !

Elodine : Voila la suite, contente que ça te plaise !

Angelis-of-night : Tu me flattes ! Je suis contente que ça te plaise, en espérant que la suite soit au niveau !

RinOkomura : Ravie que ça te plaise !

Cookie : Je n'ai pas eu la fin de ton review, pour je ne sais quelle raison, mais ça semblait bien partit, donc merci !


Hésitez pas à laisser des reviews, ça fait toujours très plaisir !


Disclaimer : Les O.C et la trame de l'histoire sont à moi, le reste, malheureusement, ne m'appartient pas.


La suite la semaine prochaine, mais je ne sais pas trop quand, comme je reprends les cours mardi… Bref, bonne lecture !


Chapitre 2 :

Pour une fois, Kise se réveilla à l'heure. Le réveil programmé sur son téléphone portable n'avait même pas encore sonné qu'il était déjà debout. Il s'étira longuement, les épaules et le bas du dos en compote à cause de sa nuit sur son canapé bien que confortable. Il balaya son salon du regard, cherchant à se souvenir de la raison de sa nuit ici, et finalement, en même tant que son réveil qui se déclenchait, il se remémora les évènements de la veille. L'entrainement de basket, la colère injustifiée du coach, l'intrusion de Sarah, le sang sur son bras, ses larmes, la proposition qu'il lui avait fait pour qu'elle dorme chez lui, et tout ce qui s'en était suivi. Et ce matin là, on pouvait facilement affirmer que le célèbre Kise Ryouta était de bonne humeur. Il éteignit la sonnerie de son portable qui commençait à devenir agaçante, et il se tourna vers la grande baie-vitrée.

Le soleil n'était pas encore levé, mais les voitures se pressaient déjà dans les rues de Tokyo, chacun se rendait au boulot, ce qui eut le don de rappeler au blond qu'il allait lui aussi devoir travailler aujourd'hui. Il soupira, passa une main dans ses cheveux en bataille, et il eu soudain un sursaut de raison. Plein de choses se bousculèrent dans sa tête : le réveil, Sarah, les cours, sa chambre... Il se précipita dans le couloir -alors qu'il n'était pas en retard- et se calma avant d'ouvrir la porte. Il passa la tête par l'entrebâillement et écarquilla doucement les yeux. Sarah était allongée sur le flanc sous les couvertures, le lit semblait bien trop grand pour sa petite taille, sa tête reposait sur l'oreiller, ses mains près du visage, et ses jambes étaient légèrement pliées. Ses cheveux blonds étaient éparpillés sur le polochon noir qui faisait ressortir la blancheur de sa peau. Elle semblait paisible...

Il s'approcha sans faire de bruit, se pencha légèrement en avant avec l'intention de la réveiller, mais ses yeux bleus s'ouvrirent avant qu'il n'ait le temps de le faire. Il lui sourit joyeusement et se redressa.

-Coucou Kirenai-chan ! Bien dormis ?

Elle resta quelques instants sans réaction, l'esprit embrumé par le sommeil. Déjà, où était-elle ? Pas dans la rue, ça s'était sûr, il faisait bien trop chaud et elle était trop bien installée pour reposer sur le bitume. Elle soupira et plaqua une main sur son visage, avant de s'arrêter net en voyant le bandage sur son avant-bras.

L'entrainement de basket... Le coach... Le sang... Kasamatsu Yukio... Kise Ryouta... La douche... Les soins du blond... Le repas... Son lit...

Kise n'avait pas bougé, attendant juste que la blonde se réveille correctement. Enfin, il fallait avouer qu'il avait aussi un peu peur de l'effrayer.

-Quelle heure est-il ? demanda-t-il d'une voix pâteuse.

Désormais sûr qu'elle se souvenait de lui et qu'elle ne prendrait pas peur, il se décida à redevenir lui-même. Et qui dit redevenir lui-même dit... Sauter sur la jeune fille.

Elle qui c'était redressé sur un coude retomba bien vite contre l'oreiller quand le blond atterrit durement sur elle. Elle ne bougea pas, trop surprise, et ses joues commencèrent à se tinter de rouge.

-Ki... Kise !

-Il est sept heures et demi Kirenai-chan !

Il se redressa sur les coudes et lui sourit comme un enfant. C'était fou à quel point ce type pouvait faire des choses très gênante sans même s'en rendre compte. Il prenait tout à la légère, sans aucun sous entendu.

-Ton uniforme est prêt, mais il doit être un peu froissé... Je vais le repasser !

Et sur ce, il se releva d'un coup et partit en sautillant vers la buanderie. Sarah le regarda faire, sans bouger, encore sous le choc. C'était quoi son problème ?! Elle sortit ses pieds du lit et se remit lentement sur ses jambes. Kise n'avait rien tenté cette nuit, c'était un bon point pour lui. Elle avait peut-être eu tort de se méfier... Elle secoua la tête pour chasser cette pensée. Non, elle n'avait pas eu tort. Elle savait à quoi s'attendre avec les hommes, et elle n'était pas prête à faire confiance aussi facilement. Mais après tout... Kise n'avait l'air d'être qu'un grand gamin légèrement immature sur les bords... Elle réussit finalement à se mettre sur ses deux jambes et elle se frotta les yeux. Il lui fallut quelques secondes de réflexion pour comprendre qu'elle avait une demi-heure pour se préparer, et elle se dirigea vers le salon. Alors qu'elle était encore dans le couloir, elle entendit le bruit du fer à repasser, suivit par un couinement de douleur digne d'un enfant en bas âge. Elle se précipita dans la grande pièce par réflexe, et tomba sur Kise qui se tenait la main, des larmes de crocodiles perlant au coin de ses yeux.

-Qu'est-ce que tu...

-Je me suis brûlé ! pleurnicha-t-il.

Sarah ne bougea pas, étonnée, avant de finalement sourire. Ce simple fait réussit à émerveiller Kise, qui cessa immédiatement de pleurer et de geindre. Première fois qu'elle souriait. Qu'elle semblait aussi heureuse. Elle s'approcha de lui et prit le fer à repasser, avant de le pousser timidement.

-Je m'en occupe.

-Merci Kirenai-chan ! Je vais nous préparer le petit-déjeuner et un bon bento !

Il partit en sautillant vers la cuisine, gardant un œil sur la blonde qui avait entreprit de défroisser sa chemise blanche d'un geste expert. Il ne put qu'admirer la façon qu'elle avait de faire danser ses doigts fins sur le tissu pour le tirer correctement. Il aurait pu la regarder faire pendant des heures s'il n'avait pas eu de la nourriture à préparer. Lui aussi voulait prouver qu'il n'était pas nul dans tous les domaines. Il sortit donc deux boîtes pour les bentos et s'activa en cuisine avec le bruit du fer à repasser en fond sonore. De son côté, Sarah avait presque finit de repasser sa chemise, et elle s'attela bien vite à sa veste grise. Elle galéra quelque peu pour sa jupe plissée -qui avait eu l'idée de faire des plis sérieusement ?- et jeta un regard critique à ses bas. Non, inutile de les repasser... Elle récupéra aussi ses sous-vêtements, rouge de honte à l'idée de Kise les ait vu, et sa cravate rouge.

-Je vais m'habiller...

Elle s'engagea dans le couloir et alla s'enfermer dans la chambre de Kise. Elle soupira et leva la tête vers le plafond. Elle avait beaucoup de mal à croire ce qui lui arrivait... Juste grâce à la naïveté et à la trop grande gentillesse du blond, elle se retrouvait à l'abri du froid, avec une espèce de maman poule pour hôte. L'idée en elle-même la fit sourire, et elle commença à se changer. Elle plia consciencieusement les vêtements que Ryouta lui avait prêtés et les posa sur le lit, avant de frissonner légèrement. Les jupes n'étaient décidemment pas une bonne idée à cette période de l'année... Elle ressortit de la chambre, alla mettre les vêtements qui lui avaient servis de pyjama à laver -ruinant totalement le pliage qu'elle avait fait- et elle retourna dans la cuisine. Kise terminait de fermer les deux boîtes, et il lui interdit formellement de regarder ce qu'il y avait dedans. Il lui fit signe de s'assoir sur un tabouret haut et posa devant elle, sur le bar, un verre de jus d'orange, un bol de lait avec des corn-flakes et des tartines. Il croqua lui-même dans un morceau de pain avec de la confiture à la fraise, s'en mettant partout autour de la bouche au passage. Un grand gamin, vraiment...

-Tu finis plus tôt aujourd'hui ? demanda-t-il.

-A quatorze heures, pourquoi ?

-Juste pour savoir. Je n'ai pas de cours cet après-midi, mais j'ai entrainement de basket à treize heures. On mangera ensemble ce midi, d'accord ?

N'ayant pas le courage de refuser devant sa tête toute mignonne, elle hocha la tête.

-Génial !

Etait-ce sérieusement possible d'être aussi innocent ?! Elle le regarda manger, ses yeux dorés remplis d'étoiles et sa bouille d'enfant, elle devait l'avouer, trop mignonne la rendait... plus sereine. Plus joyeuse. Pour la première fois depuis plusieurs années, elle était plutôt heureuse d'aller en cours. Kise jeta un regard à l'horloge numérique du micro-onde et fut pris d'un violent sursaut.

-Je vais être en retard ! hurla-t-il.

Il partit en courant vers sa chambre, Sarah le regarda jusqu'à ce qu'il ait disparu de son champ de vision, et elle soupira. Mais bien vite, un sourire prit place sur ses lèvres. Elle se leva après avoir terminé son verre de jus d'orange et elle se leva pour tout débarrasser. Il leur restait dix minutes pour aller au lycée. En sachant que le blond n'était toujours pas habillé convenablement -comprenez qu'il avait dormi avec un t-shirt blanc et un short noir- et qu'il leur fallait marcher jusqu'à l'établissement, puis rejoindre leurs salles de cours respectives. Elle mit les verres, les bols et les cuillères dans le lave-vaisselle, passa un rapide coup d'éponge sur le plan de travail, et alla chercher son sac et celui de Ryouta dans la buanderie. Elle en profita donc pour découvrir la pièce, qui était nettement moins petite que ce qu'elle s'était imaginée. Il y avait une machine à laver, un séchoir à linge, les murs étaient blanc comme la neige, le sol en parquet clair, il y avait des étagères avec des boîtes de conserve et tout un tas d'autre choses, et leurs sacs de cours étaient posé près de la porte. Elle avisa également le sac de sport du blond et repéra bien vite ses affaires de basket étendues sur le séchoir. Elle alla s'assurer que tout était sec, avant de les plier sur la machine à laver et de les ranger soigneusement dans le sac bleu et blanc. Elle remplit également la bouteille d'eau qui était dedans, vérifia qu'il ne manquait rien, et sortit de la buanderie. Elle attendit dans le salon, et Kise déboula finalement, habillé correctement, aussi élégant que d'habitude.

-J'ai préparé tes affaires... déclara-t-elle.

-Merci beaucoup Kirenai-chan !

Elle allait partir devant, un léger sourire aux lèvres, mais elle fut retenue par quelque chose qui passait dans ses cheveux. Elle cessa de bouger, surprise, et tourna la tête vers Ryouta qui tenait le peigne noir de la veille.

-Tu ne t'es pas coiffée ! se justifia-t-il.

Il continua de démêler ses cheveux, et quand il jugea le résultat satisfaisant, il sourit, posa le peigne sur le bar, attrapa les deux bento et sortit de l'appartement. Il ferma à clef derrière Sarah, récupéra ses deux sacs en échange de la boîte à repas qui appartenait à la blonde, et ils se rendirent au lycée après avoir glissé leur bento dans leurs sacs. Le froid était mordant, c'en était affolant, et bien que frigorifiée, Kirenai ne put s'empêcher de songer qu'elle avait eu énormément de chance de ne pas dormir dehors. Elle ne savait pas dans quel état elle aurait été, mais ça n'aurait pas été beau à voir...

-Ca va Kirenai-chan ? Tu as l'air d'avoir froid...

En effet, depuis quelques minutes maintenant, elle claquait des dents bien qu'elle essaye de se maitriser et son corps était secoué de tremblement. Elle haïssait profondément le froid.

-Attends...

Il s'arrêta et retira sa veste sous le regard ahuri de Sarah. A quoi est-ce qu'il jouait cet idiot ?! Certes, ses mains avaient pris une inquiétante couleur bleuâtre -elle ne savait même pas qu'une telle couleur pouvait être prise par un épiderme humain- et, certes, sa mâchoire claquait de plus en plus, mais était-ce une raison pour s'exposer au froid de cette façon ?! Non certainement pas.

-Kise, je n'ai pas besoin de...

-Tatata, discute pas.

Il lui posa sa veste grise sur les épaules sans lui laisser le choix et lui sourit comme un enfant, reprenant sur son épaule ses deux sacs.

-Je n'ai pas froid, je t'assure.

-Tu vas tomber malade ! s'entêta Sarah.

-Toi aussi, contra Kise.

Elle n'aurait jamais le dernier mot avec lui, elle le sentait... Elle soupira, resserra les pans du manteau sur son corps et apprécia en silence la chaleur de Ryouta encore présente. Ce dernier s'était remis à avancer, et elle fut obligée de trottiner pour le rattraper. Alors qu'ils étaient presque arrivés, le blond se précipita vers un élève qui marchait devant eux et le percuta si violemment qu'ils faillirent tomber. Sarah regarda la scène, ébahie, se demandant si, vue la santé mentale du blond, il faisait ça avec tout le monde, mais elle plaint rapidement ledit blond en voyant la tête qu'arborait la pauvre victime. Kasamatsu Yukio, qui actuellement pouvait facilement passer pour un psychopathe meurtrier tueur d'enfants en bas-âge.

-Kise... Ryouta...!

Il le frappa violemment au visage, le faisant tomber au sol, et le retint par le bras avant de lui envoyer un coup de genoux dans l'estomac. Sarah grimaça de douleur pour le pauvre Kise, qui semblait... Mort ? Elle s'approcha timidement, s'agenouilla devant le pauvre lycéen et écarta une mèche de cheveux qui cachait son visage. Ryouta écarquilla doucement les yeux en reconnaissant Sarah, plus parce que c'était étrange qu'elle le touche de la sorte qu'autre chose.

-Toujours en vie ? demanda-t-elle.

-J'ai l'habitude ! plaisanta-t-il.

En réponse, Yukio le frappa une nouvelle fois sur la tête, terminant d'assommer l'énergumène.

-Celui-là alors... grogna-t-il.

Kirenai se redressa pour s'incliner devant Kasamatsu, parce qu'on lui avait toujours dit de s'incliner devant ses ainés.

-Bonjour senpai.

Yukio la regarda, avant de rougir. Merde, qu'est-ce qui lui prenait de s'incliner comme ça ?!

-Re... Redresse-toi !

Elle s'exécuta sans rien dire, réajustant juste la veste de Kise sur ses épaules. Ce détail interpela le capitaine de Kaijo, qui tourna la tête vers son joueur.

-Kise, abrutis, qu'est-ce que tu fous en chemise ?!

-Ah tu vois ! s'indigna Sarah. Je te l'avais bien dit que c'était pas une bonne idée !

-Mais senpai...! Tu as vu ses mains ?

Kasamatsu arqua un sourcil, lâcha le bras de Ryouta et attrapa doucement l'avant-bras de la blonde. Malgré la veste chaude du jeune homme, ses mains n'avaient pas perdu leur couleur bleu-violette et des espèces de tâches orange prenaient place au niveau de ses phalanges. Ses veines habituellement violettes étaient désormais bien plus foncées, et Yukio écarquilla les yeux.

-Qu'est-ce que...

-Tu vois ?! se défendit Kise.

Kasamatsu ignora son joueur et entoura doucement la main froide de Sarah dans les siennes. Derrière lui, Ryouta se relevait difficilement, et il observa Kirenai. Elle semblait à la fois gênée et à la fois reconnaissante. Il se fit la remarque que depuis la veille, elle avait changée. Peut-être parce qu'elle avait enfin passé une bonne nuit en sécurité. Il l'imagina cinq secondes dehors, dans les rues, entre deux immeubles, couchée à même le sol dans le froid. Il frissonna. Il ne voyait pas comment une fille aussi frêle et, il fallait l'admettre, mignonne -puisque oui, tout ce qui était petit était mignon à l'exception des insectes- avait pu passer trois jours dans le froid sans rien à manger ni personne pour l'aider. La sonnerie du lycée se déclencha, et même de là où ils étaient, ils l'entendirent.

-On est... En retard ! cria Kise.

-C'est de ta faute abruti ! s'emporta Yukio, lâcha du même coup les mains de Sarah.

Cette dernière les vit partir en sprintant, et elle se mit elle aussi à courir aussi vite qu'elle le pouvait. Mais avec ses petites jambes aussi épaisses que des allumettes et la veste de Kise sur les épaules, c'était compliqué. Sans compter le poids de son sac. Elle s'arrêta au bout de quelques mètres, déjà hors d'haleine, et elle dû faire un gros effort pour reprendre son souffle. Elle serait en retard, tant pis. Elle n'était même pas vexée que les deux autres soient partis devant en la laissant seule. Lorsqu'elle arriva finalement aux grilles du lycée, elle sursauta en tombant nez à nez avec le grand sourire d'imbécile heureux de Kise.

-Désolé Kirenai-chan, on est peut-être parti un peu vite.

Elle le regarda dans le blanc des yeux, encore sous le choc de leur soudaine proximité, et finalement elle fit rapidement trois pas en arrière. Et godiche comme elle était, elle s'emmêla les pieds et s'étala par terre. Le bitume entra douloureusement en contact avec ses fesses, et ses mains s'éraflèrent alors qu'elle s'en servait pour se stabiliser. Elle grimaça de douleur tandis que Kise se précipitait vers elle, en panique totale, et elle ramena ses paumes tremblantes devant ses yeux. Quelques perles de sang suintaient des égratignures, le reste se résumant à de larges traces blanches sur sa peau redevenue bleu depuis que Yukio l'avait lâchée.

-Kirenai-chan ! Ca va ?!

Il s'agenouilla près d'elle et prit doucement l'une de ses mains dans les siennes, les yeux écarquillés par l'horreur.

-Kise, c'est juste des égratignures... murmura Sarah.

Elle essaya de se relever, mais avant même d'avoir pu y arriver, Kise passa ses mains sous ses aisselles et la souleva doucement.

-Qu'est-ce que tu...

-Je t'emmène à l'infirmerie !

-Quoi ?! Sûrement pas !

-Il faut désinfecter ça !

-Je vais passer de l'eau dessus, ça suffira !

Sans l'écouter il commença à la trainer vers le grand bâtiment, mais Sarah se débattait follement derrière lui. Aller voir l'infirmière ?! Non pas ça va pas la tête ?! A coup sûr elle verrait les marques sur ses bras, et elle allait avoir droit à un interrogatoire. Elle voulait éviter ça à tout prix.

-Lâche-moi Kise ! cria-t-elle.

Elle réussit à se défaire de la poigne du blond et elle retomba au sol, de nouveau sur les fesses. Kasamatsu s'approcha doucement d'elle pour éviter de l'effrayer, et il s'agenouilla à ses côté bien qu'à une distance respectable. Ryouta c'était tourné vers elle, à la fois énervé qu'elle refuse de se faire soigner et à la fois inquiet par la douleur, la peur et la tristesse évidente qui noyaient son regard.

-Kirenai...

-Je ne veux pas !

Yukio garda le silence, jetant juste un regard à son camarade.

-Je peux voir ton bras ? finit-il par demander.

Elle tourna la tête vers lui, les larmes au coin des yeux, et lui tendit son avant-bras en tremblant. Le bandage que Kise avait fait était encore en place et les plaies ne semblaient pas s'être rouvertes. Se rendant compte de ce qui aurait pu se produire s'il avait appuyé ne serait-ce qu'un peu plus fort, le blond culpabilisa. Il s'accroupit devant elle, l'air vraiment désolé.

-Je ne t'ai pas fais mal ?

Elle secoua négativement la tête et fit un effort pour se calmer. Elle n'allait pas pleurer.

-Je vais... Passer de l'eau sur mes mains...

Elle se remit debout avec l'aide de Yukio et se dirigea d'un pas incertain vers le bâtiment scolaire. Ils étaient tous les trois en retard, mais comme Kasamatsu s'employait à le faire comprendre à Kise, c'était soit disant de la faute de ce dernier. Et pourtant, pour une fois, il s'était réveillé à l'heure, voire même en avance. Ils accompagnèrent Sarah jusqu'aux toilettes et l'attendirent devant la porte. Elle alluma un robinet, un spasme compressa sa poitrine lorsqu'elle passa sa main sous l'eau gelée, et elle s'appliqua à retirer chaque petit caillou coincé dans sa peau. Elle essuya ensuite ses paumes et arrangea ses vêtements légèrement en désordre. Elle resserra sa cravate autour de son cou, se regarda moins de deux secondes dans le miroir, et ressortit de la pièce exigüe.

-Bon, à plus tard vous deux, lança Kasamatsu en s'éloignant.

Etant un terminal, il n'était pas au même étage que les deux autres.

-Bon, on y va ? Comment vont tes mains ?

-Ca va, j'ai passé de l'eau dessus et ça ne saigne plus.

Ils se dirigèrent vers l'escalier et montèrent paresseusement les marches. Les bruits de pas de Yukio, peut-être un étage au dessus d'eux, étant audible si on y prêtait attention. Lorsqu'ils furent dans le couloir de leurs salles de classe, ils se regardèrent et soupirèrent de concert.

-On se retrouve où pour manger ? demanda Sarah.

-Je viendrai te le dire à la pause, ne t'inquiète pas !

Kirenai s'arrêta devant la porte fermée et jeta un regard désespéré à Kise. Elle n'aimait pas se faire remarquer et savoir qu'elle allait devoir entrer devant tout le monde et présenter des excuses qui seraient, à coup sûr, inintelligibles, la faisait angoisser. Elle retira la veste du blond qu'elle avait encore et la lui rendit, avant de frissonner. Il allait falloir qu'elle se lance...

-A tout à l'heure Kirenai-chan !

Elle hocha la tête et le sourire qu'il lui lança lui donna un peu de courage. Il frappa à la porte des secondes D et lança un tonitruant "désolé pour mon retard", avant de disparaitre à l'intérieur de la pièce. Sarah resta seule dans le couloir, et finalement, elle prit son courage à deux mains et en essayant de ne pas y réfléchir, elle frappa. La voix douce de sa professeur de mathématique lui ordonna d'entrer, ce qu'elle fit bien que timidement.

-Désolée pour mon retard...

La jeune professeur aux grands yeux marrons lui fit signe d'aller s'assoir avec un sourire, et elle s'exécuta sans demander son reste. Tout le monde la regardait, mais personne ne disait rien. C'était au moins ça de gagner... Elle devait admettre qu'elle avait de la chance d'être tombée dans une classe comme ça. Dans son ancien lycée, ses "camarades" étaient tels des rapaces prêt à lui sauter à la gorge à la moindre erreur, et l'ambiance était malsaine. Ici, les gens souriaient, peu importe à qui, ou s'ils se connaissaient ou non. Comme Kise. Elle s'assit tout au fond de la classe, près de la fenêtre. Elle sortit ses affaires, nota le titre du chapitre écrit au tableau, et commença à mordiller le bout de son stylo. Elle remarqua vaguement que c'était le même chapitre que celui sur lequel Ryouta avait du mal la veille. Le même chapitre qu'elle avait déjà vu dans son ancien lycée. Elle ne prit donc pas la peine de réécrire les cours, sortant juste l'une des fiches qu'elle avait dans son sac sur laquelle étaient notées les principales règles à savoir pour cette leçon. C'était ce qu'elle avait vu quelques semaines plus tôt, mais après tout, d'un lycée à un autre les règles mathématiques ne changeaient pas.

L'heure de maths passa lentement, mais celle d'après fut encore pire : anglais. A la fin de cette torture, elle laissa sa tête tomber contre sa table, exténuée à force d'avoir trop réfléchi. Et c'est forcément ce moment là que choisit Kise pour s'incruster. Bien sûr, elle avait entendu les filles glousser bien avant qu'il n'arrive, mais elle n'avait réellement prit conscience de sa présence que lorsqu'il hurla son nom depuis la porte avec un sourire de débile sur le visage. Elle releva immédiatement la tête, et écarquilla les yeux. Il l'avait finalement repérée au milieu des autres élèves, et il... Lui sautait dessus... Encore... Sa chaise bascula en arrière et elle battit vainement des mains en espérant se rattraper à son bureau. Mais elle s'écrasa lamentablement au sol, le dossier de sa chaise imprima une marque douloureuse dans son dos et le poids non négligeable de Kise lui coupa la respiration.

Un lourd silence s'installa dans la classe, la plupart des filles étaient sous le choc de voir leur idole sauter ainsi sur une fille, et les garçons étaient juste... Surpris.

-Kirenai-chan !

L'interpellée ne répondit pas, toujours en manque d'air.

-K... Ki... Kise... De l'air...

Le blond regarda en dessous le lui et se releva vivement en voyant sa camarade transformée en un genre de fantôme à cause du manque d'air.

-Kirenai-chan ! Gomen* !

La jeune fille au bord de l'asphyxie inspira un grand coup et essaya de calmer la douleur qui broyait sa cage thoracique. Kise lui tapota la joue pour la faire revenir à elle, et quand enfin son souffle se fit plus régulier, il lui sourit de toutes ses dents.

-Gomen, gomen, je me suis laissé emporter je crois... Je ne t'ai pas fais trop mal au moins ?

-Ca pourrait être pire... murmura-t-elle.

Il l'aida à se relever, puis elle remit sa chaise sur ses pieds et nota finalement le lourd silence qui planait dans la classe. Ses joues se colorèrent immédiatement de rouge, et elle baissa honteusement la tête.

-Enfin, je voulais te dire que je mange sur le toit ce midi, avec l'équipe de basket. Et tu es obligée de venir !

Pour appuyer ses propos il lui agrippa vivement le bras et tira dessus. Sarah rougit encore plus si c'était possible et jeta un regard suppliant autour d'elle pour que finalement on lui retire la sangsue humaine qui la collait. Dieu que c'était gênant ! Pas besoin d'être devin pour savoir que Kise devait être très prisé par la gente féminine et elle ne tenait pas vraiment à ce qu'on la trucide pour avoir oser approcher le mannequin. Mais la plupart des filles s'étaient évanouis, et les gars étaient blasés par l'attitude de leur camarade.

-C'est... C'est bon...! J'y serais !

-Vraiment ?!

Le blond lui sourit comme un grand enfant, acheva de plonger les quelques filles encore debout dans un coma profond. La sonnerie se déclencha enfin, et avec une mine un peu boudeuse, Kise la lâcha.

-A tout à l'heure alors !

Il partit en trottinant vers la porte, laissant juste derrière lui un grand silence. Forcément, quand le prof débarqua... Il se posa quelque question. Entre les filles étendues par terre, saignant presque du nez, les garçons qui complexaient dans leur coin et Sarah, statufiée devant sa chaise, il avait de quoi se poser des questions. Enfin non, il y avait bien une autre fille encore debout, mais perdue dans sa gêne, Sarah ne la remarqua pas.

-Quelle bande d'attardé... marmonna ladite jeune fille avec un grimace dégoutée.


*Gomen = désolé