Primo... NON JE NE SUIS PAS EN RETARD ! Okay, d'un jour... Mais j'ai des excuses ! Que vous ne voulez pas savoir, je sais... Bref, le chapitre 3 ! Qui aurait dû sortir la semaine dernière, mais les ordinateurs de mon lycée me détestent, visiblement... Ce chapitre fait... 17 pages words. Oui c'est beaucoup, je crois même que c'est l'un des plus grands. Merci beaucoup pour vos review, sincèrement ça me fait très plaisir ! Non je n'y ait toujours pas répondu, je sais, je suis désolé, mais problème d'ordis et familiaux, tout ça tout ça... Vous avez l'habitude quoi. J'y répondrais, promis.

Disclaimer : Rien ne m'appartient à part les O.C et la trame de cette fiction. Je ne suis pas payée pour publier cette fiction, même si j'aimerais bien, croyez-moi...

Rating : K (ça passera en M dans très longtemps...)

Je crois que j'ai rien oublié... Bon bah bonne lecture ! Désolée pour les fautes, en espérant que ce chapitre vous plaise, les reviws tout ça tout ça... Vous avez l'habitude, allez, TSCHUSS !


Chapitre 3 :

La sonnerie retentit enfin, et Sarah se sentait encore plus épuisée que les jours précédents. Elle ne comprenait pas pourquoi, c'était même plutôt illogique puisqu'elle avait dormi correctement pour une fois, mais... Les cours l'avaient littéralement vidée. Elle avait encore une petite demi-heure avant d'aller manger -son professeur d'art ayant décidé d'abréger de manière radicale son cours à la suite d'un jet de peinture dans son œil- et elle avait donc décidé de se reposer un peu, la tête sur sa table. Contre toute attente, les filles ne lui avaient rien dit par rapport à Kise, et rien n'avait changé. Elle soupira en regardant quelques groupes quitter la pièce, certainement pour manger. Elle-même avait un peu faim.

-Hé toi !

Pas sûre d'être la personne visée, Sarah ne releva pas la tête. Ce n'est que lorsqu'une main s'abattit violemment sur sa table -la faisant sursauter du même coup- qu'elle leva les yeux vers son interlocuteur. Ah non, interlocutrice en fait...

-Ou... Oui ? bégaya-t-elle.

Une fille grande -géante même comparée à elle- se tenait juste devant son pupitre. Elle était brune, les cheveux très courts, étonnement courts pour une fille d'ailleurs, elle avait quelques mèches rouges, cuivres et violettes, des yeux noisette, et un air... Presque supérieur.

-Tu es Kirenai Sarah, c'est ça ?

Elle hocha bêtement la tête, ne comprenant pas vraiment ce que cette fille attendait d'elle. La fille en question inspira profondément et... Sourit... Attendez, quoi ?!

-Enchantée, moi c'est Aoki Risa.

-De... De même...

La grande brune lui tendit la main, et elle la serra, tremblant légèrement et encore sous le choc. C'était la première à concrètement venir lui parler.

-Alors comme ça tu es proche de Kise Ryouta, hm ?

Aie... Est-ce que c'était un reproche? Une menace ? Elle se ratatina sur sa chaise. Elle ne savait pas vraiment si c'était les nombreux centimètres supplémentaires qu'avait Aoki, ou si c'était juste la tête de dangereuse psychopathe qu'elle avait qui la rendait aussi effrayante.

-Si on veut... murmura-t-elle.

-Hm ? Je te fais peur ?

Si son cynisme -qui existait, mais qui était rare- ne s'était pas fait la belle, elle lui aurait répondu "non, absolument pas, pourquoi est-ce que j'aurais peur d'une fille qui me regarde comme si elle allait me tabasser à mort avant de me manger crue ?!" mais elle se contenta de sommairement hocher la tête de haut en bas. Autant ne pas mentir, elle savait que ça se verrait. Risa haussa les épaules et détailla la jeune fille. Petite, aussi épaisse qu'une allumette, blonde aux yeux bleus, fuyant son regard de manière brouillonne et totalement ridicule. Elle n'avait pas grand chose de différent avec les autres filles à première vu, et elle aurait continué à l'ignorer encore longtemps s'il n'y avait pas eu ce fameux passage avec Kise. C'était une grande première que le joueur de basket s'intéresse à une fille, alors forcément, elle voulait en savoir un peu plus sur celle qui avait réussit à approcher le beau blond. Sauf que dans son cas, ce n'était pas du tout pour à son tour approcher Kise. A la limite, elle s'en foutait pas mal, ce qui expliquait qu'elle ait survécu à la présence de Ryouta à la pause, alors que le reste des filles était dans les vapes.

-Enfin, passons. Tu as quelque chose de prévu ce midi ?

-Je mange avec Kise et l'équipe de basket...

-Vraiment ?!

Sarah eu un mouvement de recul. Merde, comment est-ce qu'elle pouvait changer d'expression faciale aussi vite ?! Elle passait d'un air froid et autoritaire à un genre d'admiration frôlant presque l'hystérie vu les étoiles qui brillaient dans ses yeux noisette.

-Dis tu crois que... Je peux venir ?

Kirenai faillit en tomber par terre. Comme si elle n'avait pas suffisamment rencontré le sol aujourd'hui tient...

-Je pense que... Ca ne gênera pas Kise...

Elle n'était pas sûre de comprendre ce que cherchait Risa, mais elle préféra ne rien dire.

-Paaarfait !

Elle lui sourit et alla chercher son sac de cours. Son bureau était au fond de la salle, comme Sarah, mais le long du mur. La blonde se leva à son tour, attrapa son sac, et bien qu'il leur restait un bon quart d'heure avant midi, elles montèrent au lieu de rendez-vous.

-Pourquoi est-ce que tu voulais venir ? finit par demander Sarah.

-Parce que approcher l'équipe de basket relève du miracle !

Ah... Donc elle se servait d'elle, certainement pour draguer Kise ou un autre joueur quelconque... Géniale...

-A quoi tu penses ?

-Hm ?

Sarah tourna la tête vers elle, surprise par la question. Comment ça "à quoi elle pensait" ?!

-Ne crois pas que je suis une fille en chaleur qui va baver devant les joueurs, fit-elle alors, sévère. J'aime juste énormément le basket, mais je n'ai pas pu intégrer l'équipe féminine à cause d'un problème d'ordre sociale.

-Je ne suis pas sûre de comprendre...

-Le travail d'équipe est loin d'être ma plus grande qualité, expliqua-t-elle, ayant retrouvé son sourire aussi vite qu'elle l'avait perdu. Ils m'ont refusé à cause de ma façon de jouer. Parait que je joue trop perso.

Sa voix se faisait méprisante au fur et à mesure, et alors qu'elles terminaient de monter les escaliers, Sarah pu constater à quel point son visage était déformé par la haine.

-Enfin, elles riront moins quand elles seront dernières au classement. Avoir refusé du talent brut juste à cause du fait que je ne voulais pas faire de passe, c'est ridicule...

-Je ne suis pas d'accord avec toi.

Risa sursauta. Jusqu'alors, la petite blonde s'était contentée de l'écouter presque en silence, sans broncher, et l'entendre la contredire lui fit bizarre.

-Le travail d'équipe, c'est ce qu'il y a de plus important au basket. Le talent seul ne fait rien, c'est la coordination des joueurs qui fait qu'un match est beau ou non.

La brune en resta sans voix. Depuis quand parlait-elle autant ?! Et puis c'était quoi ce raisonnement ?

-Pff... Si tu le dis...

Elles arrivèrent sur le toit, et frissonnèrent alors que le vent s'engouffrait dans la cage d'escalier.

-J'espère qu'il était pas sérieux en disant qu'on allait manger là... grogna Risa en balayant l'espace du regard.

Sarah se contenta d'hausser les épaules. Elle n'arrivait pas vraiment à savoir ce qu'elle devait penser d'Aoki. Elle voulait croire qu'elles pouvaient être amies, mais la réflexion qu'elle avait fait sur le basket ne lui plaisait pas vraiment.

-Et ils en mettent du temps... gronda-t-elle.

-Il n'est pas encore midi.

Sarah resta près de l'escalier, protégée par le toit, alors que Risa s'avançait jusqu'au grillage qui faisait le tour de la surface. Un lourd silence s'installa, finalement troublé par un bruit de course dans les escaliers. Kirenai, perdue dans ses pensées, ne le remarqua qu'au dernier moment, et alors qu'elle tournait la tête pour regarder qui arrivait, un mauvais pressentiment lui compressant la poitrine. Elle ne voyait pas à deux mètres à cause de l'absence de lumière, et les bruits de pas se rapprochaient toujours.

-Au fait, comment tu as fait pour approcher Kise ?

-Pourquoi tu veux savoir ? demanda Sarah, qui fit l'erreur de tourner la tête vers Aoki, et donc de lâcher l'escalier du regard.

-Simple curiosité...

-Kirenai-chan !

La seule pensée qui traversa Sarah fut qu'elle allait de nouveau se retrouver par terre, et elle tourna la tête vers l'escalier, pour voir Kise débouler comme un malade, et prit dans son élan, il la percuta de plein fouet. Elle tomba sur le dos, étouffa un couinement, et ferma les yeux par réflexe.

-Eh bah, c'est le grand amour entre vous deux en fait... commenta Risa, qui pencha la tête pour mieux observer la scène.

-Kise...

-Gomen !

Il se redressa vivement, lui tendit la main pour l'aider, et arrangea rapidement ses vêtements. Il nota finalement la présence d'Aoki, et se tourna vers elle avec une moue interrogative.

-Une amie à toi Kirenai-chan ?

-Pas exactement...

Risa s'avança vers lui et le détailla sans gêne.

-Aoki Risa, finit-elle par dire une fois son examen terminé.

Son comportement eu le don de déstabiliser Kise qui tourna la tête vers Sarah, troublé.

-C'est...

-Une fan de basket apparemment, compléta Kirenai avant qu'un frisson ne la fasse trembler.

-On se les caille un peu là, on fout quoi ? gronda Risa en secouant négligemment la tête.

Ryouta se reconnecta finalement à la réalité et recommença à s'agiter.

-Finalement, on va aller au gymnase, comme ça on pourra commencer l'entrainement directement après. Ton amie mange avec nous ?

-Ce n'est pas mon amie...

-Juste une camarade de classe, compléta Aoki.

-Je vois je vois.

Il lui sourit et lui tendit la main.

-Kise Ryouta, enchanté "camarade de classe de Kirenai-chan mais pas amie".

Elle arqua un sourcil, mais serra tout de même sa main. Sarah les regarda tour à tour, et se fit la remarque que finalement, Risa n'était pas si grande que ça à côté de Kise.

-Bon y va ? On se les gèle là...

Ryouta hocha la tête et regarda Sarah ramasser son sac tombé en même temps qu'elle quelques minutes plus tôt. Ils se dirigèrent vers la sortie, descendirent les escaliers, et avancèrent dans les couloirs jusqu'à être à l'extérieur. L'équipe de basket, ou tout de moins le groupe avec lequel Kise jouait habituellement, attendait devant la grande porte menant aux vestiaires -Sarah s'en souvenait de celle-là, et elle n'était pas prête de l'oublier- et vu la tête de Kasamatsu, ils attendaient le blond depuis un petit moment.

-Désolé pour le retard, fit ce dernier, conscient qu'il allait se faire frapper.

Même Kirenai fit un pas en arrière, sachant très bien comment tout ça allait se terminer. Yukio fit un pas en avant, un deuxième et finalement balança un bon coup de genoux dans l'estomac du fautif.

-C'est quoi ton problème avec les horaires, abruti ?!

-Mais senpai ! pleurnicha le blond, protégeant sa tête pour prévenir un coup ascendant. J'étais parti chercher Kirenai-chan !

Le capitaine laissa son regard dériver un quart de seconde vers la petite blonde qui regardait le pauvre Kise désormais à terre.

-Peu importe.

Il s'éloigna de sa victime, et toute l'équipe entra dans le gymnase sans que personne n'ait vraiment noté la présence de Risa. Cette dernière ne semblait pas vraiment s'en offusquer, et elle suivit le mouvement en silence alors que Sarah aidait Kise à se relever.

-Je vais avoir des bleus... se plaignit ce dernier.

La blonde se demanda s'il plaisantait ou non, et le suivit lorsqu'il se décida à avancer. Elle regarda vaguement les portes des vestiaires fermées et entra dans le grand gymnase. Risa observait l'endroit, alors que ce n'était certainement pas la première fois qu'elle venait ici. Sarah discerna une légère trace de tristesse dans ses yeux, mais elle ne dit rien et suivit sagement Kise comme sa propre ombre. Elle se demanda alors si cela le gênait qu'elle le colle de la sorte, mais le sourire éblouissant qu'il lui adressa balaya ses doutes. Elle s'assit à même le sol, à côté de lui, et regarda les autres s'installer. Elle s'attendait à ce qu'on lui demande ce qu'elle faisait là, ou qu'on la dévisage, mais rien. Cela l'étonna énormément, et elle lança un regard interrogatif à Kise qui n'en comprit pas vraiment le sens, mais il lui sourit.

-Et donc tu es...? finit par demander Kasamatsu à Risa, qui avait cessé de tourner sur elle-même pour observer la salle.

-Aoki Risa.

Le capitaine lança un regard noir à Kise, lui demandant silencieusement de s'expliquer sur la présence de la brune. Le garçon sourit, et pointa du doigt sa voisine.

-Une "amie pas amie" de Kirenai-chan !

-Arrête avec ça ! siffla ladite amie.

-Bah quoi c'est vrai ! Pas vrai Kirenai-chan ?

Sursautant en entendant son nom, Sarah fixa Kise avec de grands yeux. Pourquoi est-ce qu'il se sentait obligé de la mêler à tout ça ?!

-C'est une camarade de classe... se contenta-t-elle de murmurer, avant de retourner dans l'examen de ses mains.

-Une camarade hein... répéta Kasamatsu en fixant la brunette.

Cette dernière croisa les bras sur sa poitrine de taille raisonnable, et fronça les sourcils. Si ce type ne voulait pas qu'elle reste, il pouvait le dire ! Elle ouvrait la bouche pour lui dire le fond de sa pensée, quand il la coupa.

-Peu importe, conclut-il, secouant la tête, avant de s'assoir par terre avec les autres.

-Roh, senpai, tu pourrais faire les présentations ! déclara Ryouta.

Il se leva, sourit à Risa et se tourna vers ses camarades. Même s'il y avait de grandes chances pour que Aoki les connaisse, il n'en était pas de même pour Sarah. Enfin le pensait-il.

-Donc lui c'est le capitaine de l'équipe, Kasamatsu Yukio, après il y a Moriyama Yoshitaka, Hayakawa Mitsuhiro et Nakamura Shinya, et Kobori Koji.

Sarah les regarda tour à tour pour bien se souvenir de leur visage, puis baissa la tête. Aoki, elle, les connaissait déjà, en fan de basket qui se respecte. Elle se contenta de leur adresser un vague hochement de tête en guise de salutation, et alla s'assoir à côté de Sarah. Cette dernière se sentait minuscule entre elle et Kise, mais elle ne dit rien et rentra un peu plus sa tête dans ses épaules.

-Bonne appétit ! s'écria alors Kise en sortant son bento de son sac.

-Bonne appétit...

Kasamatsu lança un regard affligé à son joueur qui ressemblait à un enfant ouvrant ses cadeaux de Noël. Sarah découvrit enfin ce que le blond lui avait préparé pour le déjeuner, et elle s'étonna de voir la petite boîte si bien ordonnée. Du riz, des légumes, des beignets de crevette, du poisson, des onigiris... Kise lui tendit une paire de baguettes avec un grand sourire, et la regarda saisir quelques grains de riz.

-C'est comestible tu sais, plaisanta-t-il en la voyant aussi hésitante.

-J'espère bien, répondit-elle avec un petit sourire.

Aoki la regarda, avant d'hausser les épaules. Cette fille était définitivement bizarre. Elle sortit son propre bento, préparé par sa mère la veille, et commença à manger son poisson en silence, observant juste du coin de l'œil les joueurs. Ils s'étaient mis à parler des prochains matchs, des tactiques de jeu, des adversaires qu'ils affronteraient... Risa suivait tout ça avec attention, en silence, tout comme sa voisine. Cette dernière dévorait lentement son bento, se surprenant à trouver que Kise cuisinait étonnamment bien. Il la regardait d'ailleurs discrètement, ravi qu'elle mange avec autant d'entrain. Il se reçu un cahier en pleine tête de la part de Kasamatsu sans trop savoir pourquoi, et avec des larmes de crocodile, il se tourna vers son capitaine.

-Qu'est-ce que j'ai fait ?!

-Je t'ai posé une question, idiot !

Le blond soupira et frotta sa tête endolorie, rendit son cahier à Yukio et essaya de se concentrer un minimum. Une fois le repas terminé, treize heures sonna et les deux jeunes filles se regardèrent.

-Education civique... firent-elles en même temps, dépitées.

Kise frissonna et passa sa main dans les cheveux de Sarah.

-Bonne chance...

-On va en avoir besoin... soupira-t-elle.

Elle se releva lentement, nullement pressée de quitter le gymnase. Elle adressa un signe de la main aux joueurs, et suivant de sa nouvelle "amie pas amie", elle quitta le complexe sportif. Fort heureusement, les secondes n'avaient qu'un escalier à monter, et elles furent tout juste à l'heure pour le début du cours. Aoki se dirigea vers son bureau sans lui adresser un mot, et Sarah en fit de même. Pas un regard échangé pendant cette heure de torture. Un silence de mort planait dans la pièce, comme si tous les élèves étaient plongés dans un coma profond à la suite d'une torture cérébrale. Il fallait dire que le prof n'aidait pas vraiment : de taille moyenne, des yeux de fouine, des lunettes carrées, un costume qui lui donnait un air de pingouin, et surtout, SURTOUT, une fâcheuse tendance à balancer des craies au visage des élèves qui répondaient mal à ses questions. C'est donc avec une bosse sur la tête que Sarah sortit de cours. Le prof avait eu la mauvaise idée de passer dans les rangs, et ayant un gros gros problème avec cette matière, elle n'avait répondu à aucune question, attendant la correction. Grave erreur : le manuel de l'enseignant, qui faisait environ cinq cent pages, avait été violemment projeté contre son crâne, suivit d'une série d'adjectif la qualifiant d'idiote.

-Une aspirine ? demanda Risa en lui tendant un petit de médicaments.

-Non merci... grimaça-t-elle.

Aoki la suivait depuis qu'elle était sortie de cours, et elle ne s'en plaignait pas.

-Tu vas faire quoi ?

-Je vais au gymnase rejoindre Kise.

Elle hésita à ajouter "Et toi ?" mais elle se retint. Après tout ça ne la regardait pas... Mais visiblement Risa n'attendait pas qu'elle pose la question, puisqu'elle y répondit sans qu'elle n'ait rien demandé.

-Moi j'vais rentrer chez moi... Ouais j'vais faire ça…

Kirenai hocha la tête. Elles passèrent au casier pour récupérer les affaires dont elles auraient besoin pour leur leçon, elles continuèrent leur chemin jusqu'au gymnase, et Risa s'arrêta.

-Bon, à demain. Amuse-toi bien, lança-t-elle.

Elle tourna les talons et se dirigea vers le portail. Sarah la regarda, et alors qu'elle était à une dizaine de mètres, elle l'interpela.

-Tu ne veux pas... Rester...?

La brune se retourna vers elle et fronça les sourcils. Alors comme ça elle lui demandait de rester avec elle ? Pourtant elle aurait juré que la blonde ne l'appréciait pas après qu'elle l'ait si sèchement contredit sur le toit.

-Nan, j'ai des trucs à faire. Une prochaine fois.

Elle reprit sa route, et à mi chemin, elle leva son bras pour lui adresser un signe de main sans même se retourner. Sarah la regarda jusqu'à ce que ce ne soit plus possible, et elle s'engagea dans le gymnase, perplexe. Est-ce que Risa devenait... Son amie ? Pourtant elle était en total désaccord avec sa façon de penser. Elle ne voyait pas le basket comme un sport individuel, et elle n'était pas sûre de vraiment apprécier son air hautain et supérieur. Et pourtant c'était la seule à lui adresser réellement la parole dans sa classe. Il fallait l'avouer, après Kise et Kasamatsu, c'était même la seule fréquentation qu'elle avait dans tout le lycée. Elle ne voulait pas être seule, mais elle ne voulait pas non plus se rapprocher d'Aoki uniquement parce qu'elle était seule alors qu'elle ne l'appréciait pas plus que ça.

-Ah, Kirenai-chan !

Kise arriva en trottinant et offrit un grand sourire à Sarah. Comme si c'était contagieux, elle en fit de même bien que plus timidement. Et comme il avait d'un coup arrêté l'échauffement, Kasamatsu lui envoya un bon coup de pied dans les fesses pour le rappeler à l'ordre. Alors que le blond retournait à son activité en pleurnichant que son senpai était cruel, Yukio se tourna vers Kirenai. Elle suivait du regard Ryouta, et quand elle se rendit compte qu'il la dévisageait, elle rougit vivement et fit un pas en arrière par réflexe.

-J'aimerais te parler quelques instants après l'entrainement, si tu es d'accord, finit-il par dire.

-Ou... Oui... Bien sûr...

Il hocha la tête et rejoignis son équipe, après lui avoir désigné un banc. Elle alla s'y assoir et nota que le coach n'était pas là. D'ailleurs, ils étaient très peu de joueurs à être présent contrairement à la veille. C'était visiblement Kasamatsu qui gérait l'entrainement, et il le faisait avec une autorité impressionnante. Sarah fut captivée par ses épaules puissantes -quoi que moins que Kise- lorsqu'il aida un lycéen à s'étirer, captivée par sa voix forte lorsqu'il ordonnait la fin d'un exercice et le début d'un autre, captivée par ses jambes lorsqu'il courait d'un bout à l'autre du terrain. Elle ouvrit son sac, en tira un bloc de feuille et un crayon de bois, et elle commença à vaguement évaluer ses capacités physique. Elle avait l'œil pour ça, son père et sa mère avaient été des compétiteurs de haut niveau dans leurs sports respectifs, et elle avait assisté à leurs entrainements jusqu'à ce qu'ils arrêtent de pratiquer. Elle secoua la tête. Elle ne voulait pas vraiment penser à ses parents dans l'immédiat. Elle nota le nom de Kasamatsu dans le coin de la feuille et nota, à chaque exercice -flexions, tractions, course...- le temps qu'il mettait. Elle avait préparé une feuille similaire pour Kise et elle remplissait les deux en même temps, ce qui signifiait qu'elle devait avoir un œil sur le brun et un autre sur Ryouta. Et comme ce dernier n'arrêtait pas de changer de place, ce n'était pas facile. Elle compara ensuite les deux feuilles et contrairement à ce qu'elle s'était dit, Kise n'était pas plus fort que le capitaine. Comme il avait fait partit de la génération des miracles -à force d'entendre des murmures sur le compte du blond, elle l'avait appris- elle s'attendait à ce qu'il l'écrase, mais non. Et il fallait dire que la différence de taille et de poids ne l'avait pas aidée...

-Faites des équipes de cinq et entrainez-vous sur les petits terrains, ordonna Yukio.

Elle regarda les élèves s'organiser, et fort heureusement pour elle, l'équipe principale -c'est à dire les titulaires et Ryouta- se mirent sur le terrain juste devant elle. Elle ne se rappelait pas des noms que Kise lui avait donné, alors elle nota juste un élément physique pour qu'elle les reconnaisse, elle fit deux nouvelles feuilles pour Kasamatsu et le blond, et elle observa avec attention le match. Elle notait les aptitudes de chacun, les points forts et les points faibles, les erreurs ou les choses assez étrange qu'elle voyait, des placements de joueurs hasardeux et inutiles, et une fois toutes ces informations collectées, elle tira une autre feuille et fit un plan d'un terrain de basket, avant de dessiner des ronds aux endroits où devait se trouver les joueurs. Elle notait les éventualités dans la marge, et lorsqu'elle eu finit, elle observa le résultat. Les basketteurs venaient de terminer leurs matchs et ils avaient le droit à un repos. Elle terminait d'écrire un déplacement près du rond représentant Kise quand ce dernier vint se poster devant elle, se penchant pour regarder ce qu'elle faisait. Elle releva vivement les yeux et essaya de cacher son travail, gênée, mais il fut plus rapide qu'elle et il prit la liasse de feuilles. Il les parcouru du regard une à une, et une drôle d'étincelle sembla s'allumer dans ses yeux.

-Oi, Kasamatsu-senpai ! Viens voir !

Sarah était aussi rouge qu'une tomate, et elle battait désespérément des bras pour tenter de récupérer les feuilles, mais Kise était beaucoup trop grand et il avait levé le bras pour s'assurer qu'elle ne les aurait pas.

-Qu'est-ce qui se passe ? demanda le capitaine de Kaijo, apparemment peu ravi d'être dérangé pendant son temps mort.

-Regarde !

Le blond lui plaça les papiers sous le nez avec un grand sourire, et comprenant qu'elle n'avait plus aucune chance de les reprendre, Kirenai essaya de s'échapper en partant vers la porte. C'était sans compter sur Ryouta qui la saisit par la taille et l'emprisonna contre lui. Elle se débattait, mais il fallait être honnête, avec ses quarante kilos elle n'en menait pas large.

-Ce sont...

-Des tactiques de jeu ! acheva Kise, criant presque, le sourire aux lèvres. Et c'est Kirenai-chan qui les a faites !

La blonde détourna vivement le regard, gênée, alors que Kasamatsu regardait à nouveau les plans.

-C'est une bonne stratégie... déclara-t-il finalement. Mais ça ne marche que...

-Que si les adversaires ont une faible défense et une bonne attaque... acheva Sarah presque à voix basse.

Yukio l'observa, les sourcils encore plus froncés que d'habitude. Il soupira, secoua la tête, et fit signe à Kise de la lâcher. Il lui rendit ses feuilles, avant de demander :

-Est-ce que tu es capable d'adapter tes stratégies à n'importe quelle équipe ?

-Si j'ai vu leur jeu avant, oui, c'est possible...

-Bon...

Il réfléchit activement pendant quelques secondes, et finit par se mettre d'accord.

-Le coach ne devrait pas y voir de d'inconvénient si je te nomme manager.

La blonde resta comme une statue pendant quelques secondes, avant de finalement réaliser ce qu'il lui proposait.

-At... Attendez... Quoi...?! Je... Je ne suis pas...

-Pas de soucis Kirenai-chan, l'expérience viendra.

Kise passa un bras autour de ses épaules et lui sourit.

-C'est géniale hein ? Tu fais partit de l'équipe maintenant !

-Je vais quand même attendre le prochain match. Si nous le gagnons, tu seras officiellement nommée manager. Si nous le perdons...

-Ca n'arrivera pas ! assura Sarah.

Ryouta en sursauta. Il ne rêvait pas, Sarah venait bel et bien d'élever la voix. C'était la même chose que lorsqu'elle avait contredit Risa sur le toit. Elle refusait de perdre, elle savait comme elle devait travailler, et elle ne laisserait personne contrecarrer ses plans.

-Très bien. Dans ce cas tu peux tout de suite te mettre au travail. Kise te montrera des vidéos des matchs de l'équipe que nous affrontons ce week-end.

Même s'il gardait son air bourru, il lui semblait l'avoir vu sourire légèrement. Il partit annoncer la nouvelle à l'équipe principale, et le grand brun dont elle se rappelait le nom -Moriyama- vint lui serrer la main.

-Alors comme ça tu vas travailler avec nous, charmante demoiselle ?

Déstabilisée, elle rougit, et hocha la tête avec un timide sourire.

-Ne fais pas attention, commença Yukio, avant d'envoyer un coup de poing dans la tête de son camarade. Ils sont tous un peu bizarre.

Les autres vinrent la saluer, elle fit un effort pour retenir leurs noms, et l'entrainement reprit.

Une heure plus tard, elle attendait devant la porte du vestiaire que les joueurs sortent. Elle avait réussit à mettre au point plusieurs stratégies qui s'appliquaient à différents cas de figures. Kasamatsu y avait jeté un œil et avait semblé assez satisfait, ils avaient corrigé quelques points ensemble, et elle s'était retrouvée là, dans le couloir à attendre. Kise lui avait proposé d'entrer, mais elle avait refusé, et de toute manière, Yukio s'y était fermement opposé. Elle soupira, le stress lui tordant l'estomac. Le capitaine voulait lui parler, et elle avait peur. Elle ne savait pas vraiment de quoi il retournait, mais ce n'était sûrement rien de bon. Les joueurs commencèrent enfin à sortir, les titulaires lui firent un signe de main et lui souhaitèrent une bonne soirée, et ce simple geste lui fit chaud au cœur. Elle entendit la voix de Kasamatsu l'appeler depuis le vestiaire, et elle y entra timidement. Kise terminait d'enfiler sa veste, sa cravate pas encore serrée, et Yukio rangeait ses affaires dans son sac de sport. Il leva la tête vers elle et lui fit signe de s'assoir sur le banc. Elle s'exécuta timidement, lançant un regard paniqué à Ryouta. Ce dernier lui sourit pour la rassurer, et elle lui fit signe de s'approcher pour qu'elle s'occupe de sa cravate. Le nœud s'étant défait, il peinait à le refaire.

-Kirenai, je voudrais te parler de tes bras. Si tu veux que Kise sorte, tu peux le dire.

Elle se tendit instinctivement et se tourna vivement vers le capitaine. Il la dévisageait en silence, son sac sur l'épaule, attendant simplement qu'elle dise quelque chose.

-Senpai...

-Kise, tu sors, ordonna Yukio.

-Non ! Non... Il... Il peut rester... murmura-t-elle.

Kasamatsu la détailla, notant ses tremblements, la façon dont ses muscles étaient contractés, dans l'attente de quelque chose qui ne venait pas. Elle était tellement tendue... Il s'était vaguement fait une idée du personnage, à partir de la façon dont elle se comportait. Elle manquait de confiance en elle, s'était évident, mais il ne savait pas si c'était dû à quelque chose ou si elle avait toujours été aussi effacée. En revanche, le basket semblait la passionner. L'éclat qui brillait dans ses yeux quand elle en parlait en était la preuve, et il n'y avait qu'à voir les stratégies qu'elle avait mise au point pour comprendre qu'elle avait un sens de l'observation très développée. Elle était intelligente, pas de doute là-dessus, et il était un peu rassuré de l'avoir pour manager -ce n'était pas encore officiel, mais ça ne saurait tarder. Cela donnerait certainement une impulsion à l'équipe, une bouffée d'espoir. Gagner la winter cup n'était pas quelque chose de simple, mais avec les tactiques de la jeune fille, il y croyait. Il attendait de voir comment elle s'en sortirait lors d'un match officiel. Le problème n'était pas là. Il la prenait dans l'équipe, soit. Pas de problème. Mais il allait falloir qu'il mette les choses au clair. Surtout à propos des marques sur ses bras. Il ne tenait pas à avoir une suicidaire dans les rangs. Il ne comptait pas la forcer à déballer ses raisons, à la limite il s'en foutait, mais il souhaitait passer un accord. Même avant qu'il ne la nomme manager, il avait eu cette idée. Il n'avait pas vraiment quelque chose à lui proposer en échange de l'arrêt des mutilations, mais maintenant qu'elle avait un poste dans l'équipe, le moyen de pression était tout trouvé.

Il s'assit sur le banc en face d'elle et la regarda dans les yeux. Elle tint sans siller pendant une dizaine de secondes, et finalement elle fixa le carrelage qu'elle commençait à connaitre par cœur. Kise se taisait, pour changer, et enfilait sa veste sans quitter des yeux son capitaine.

-J'ai un marché à te proposer, commença Yukio.

Les marchés n'avait jamais été le fort de Sarah, elle se faisait souvent avoir, et elle n'aimait pas les conditions. Mais elle hocha la tête, parce qu'elle n'avait pas d'échappatoire et parce que c'était la réaction la plus normale qu'elle pouvait avoir.

-Si tu deviens manager, ce qui a de grandes chances d'arriver, je veux que tu me promettes une chose en échange.

La suite mettait du temps à arriver, achevant d'angoisser la blonde. Elle releva doucement la tête vers Kasamatsu pour croiser ses yeux emplis de sérieux. Elle déglutit difficilement. Elle ne le sentait pas du tout. Déjà, le "si" au début de sa phrase ne lui plaisait pas, ni le "grandes chances". Rien de sûr. En gros, il y avait des chances pour qu'elle se fasse avoir, peu importe ce qu'il lui demandait en échange. Mais elle ne l'arrêta pas et attendit. Il prit doucement son avant-bras bandé dans sa main, la faisant sursauter et frissonner en même temps. Pourtant elle n'éleva pas la main pour le gifler comme elle l'aurait fait avec n'importe qui d'autre. Lui et Kise avait déjà vu ses cicatrices, elle n'avait rien à cacher. Mais elle commença à comprendre où voulait en venir le capitaine de Kaijo. Et elle se tendit.

-Je veux que tu arrêtes de te mutiler.

Un long silence plana après que le brun eu énoncé la condition. Bien sûr, Ryouta n'était pas stupide et il avait compris depuis longtemps ce que signifiaient les cicatrices de Kirenai. Mais il n'avait rien dit, parce qu'il savait que c'était un sujet sensible, bien qu'il soit révulsé par la souffrance évidente de la blonde. Il ne comprenait pas comment on pouvait en arriver à de telles extrémités. Il n'était pas le mieux placé pour se mettre à la place de Sarah, après tout il ne manquait de rien alors qu'elle manquait de tout. D'argent, de nourriture -Dieu qu'elle était maigre...-, d'amour aussi, et ça se voyait à la façon qu'elle avait de sursauter au moindre contact, de fuir le regard des autres. Elle lui faisait pitié, il ne pouvait pas le nier. Parfois, il avait envie de la serrer dans ses bras, de lui dire que tout allait bien et qu'elle pouvait arrêter de fixer chaque recoin d'une pièce, comme si elle avait peur que quelqu'un ne se jette sur elle. A d'autres moments, il voulait la frapper, la faire réagir, qu'elle cesse d'arborer des yeux aussi vides. Mais il ne faisait rien de tout ça. Il se contentait de sourire avec l'espoir qu'elle l'imite. Jusque là, ça marchait, elle avait fait des progrès en matière d'expression faciale en peu de temps. Mais ce ne serait pas suffisant, il le savait.

-Je ne... Je ne sais pas si... Si j'en suis capable... finit par murmurer Sarah.

L'idée ne lui déplaisait pas. Elle avait déjà essayé d'arrêter, mais c'était une addiction. La douleur mentale s'écoulait à travers le sang, remplacé par une douleur physique qu'elle avait finit par accepté. Mais elle ne l'appréciait pas comme certains dépressifs. Elle se haïssait pas se mutiler, mais elle n'arrivait tout simplement pas à arrêter.

Yukio la regardait cogiter. Elle était à deux doigts de craquer, d'éclater en sanglots, il le sentait, et même si cela le gênait de faire pleurer une fille, il savait aussi que cela pouvait lui faire du bien.

-Je ne te demande pas d'arrêter du jour au lendemain. Je veux juste que... Tu essayes petit à petit.

Il serra doucement sa main. Il finit par remarquer la sangle qui normalement servait de garrot, et qui pour l'heure servait plus à retenir le bandage sur l'avant-bras de la blonde.

-Kise, abruti, qu'est-ce que c'est que ça ?!

-Hm ? Bah, j'arrivais pas trop à faire tenir la bande alors j'ai...

Il ne pu terminer sa phrase, le poing de son capitaine venait de s'abattre avec violence contre son visage. Il s'était levé du banc en moins de trois secondes, lâchant du même coup la main de la blonde qui ramena son avant-bras contre elle par réflexe défensif.

-Mais ça tient ! se défendit Kise, protégeant sa tête comme il le pouvait.

-Abruti ! Si tu sais pas faire, demande, ne fais pas n'importe quoi !

-Mais ce n'est pas n'importe quoi !

Sarah ne savait pas trop quoi penser. Est-ce que Kasamatsu avait fait exprès de s'en prendre à Kise pour lui laisser le temps de réfléchir ? Elle ne savait pas, son côté paranoïaque et incertain lui hurlait que c'était impossible, mais pour une fois, elle se força à se détourner de ce côté de son être. Yukio était quelqu'un de bien, bien sûr qu'il faisait en sorte qu'elle prenne la meilleure décision. Elle voulait y croire. Il n'était pas comme les autres. Kise non plus. A bien y réfléchir, toute l'équipe n'était pas normale. Il n'avait pas ce regard distant et méprisant qu'avait la plupart des sportifs de haut niveau de leur âge. Avec eux elle n'avait pas l'impression d'être jugée en permanence. Avec eux, elle existait.

-Je veux bien... murmura-t-elle.

Kasamatsu suspendit son mouvement qui consistait frapper encore et encore la pauvre caboche de son cadet, et il tourna la tête vers Kirenai. Elle serra désespérément son avant-bras contre sa poitrine, une larme coula lentement sur sa joue, et elle releva les yeux vers lui. Ses beaux yeux bleus... Il n'en avait jamais vu de tels au Japon, ni des cheveux blonds platine pareil. Presque argentés. Pas de doute, elle avait des origines nordiques. Un drôle d'éclat brillait dans ses yeux, mais seul Kise pu mettre un nom dessus.

Le besoin d'aide.

Yukio hocha la tête, lâcha définitivement son joueur, et s'approcha de la blonde. Il posa sa main sur la tête de la jeune fille et lui ébouriffa doucement les cheveux.

-Très bien. Dans ce cas, je parlerais de toi au coach.

Ses grands yeux le détaillaient, les larmes traçant encore des sillons humides sur ses joues. Pourquoi avait-elle autant l'impression d'être en sécurité avec eux ? C'était ridicule, elle ne les connaissait que depuis la veille mais... Pour elle qui n'avait jamais eu de grand-frère, c'était comme si elle en avait trouvé un en la personne de Yukio. Pour Kise, elle ne savait pas. Il lui faisait davantage penser à un enfant qu'à un adolescent. Ce dernier vint s'agenouiller devant elle, et avec son sourire habituel, il effaça les larmes qui coulaient sur sa peau.

-C'est génial Kirenai-chan, tu fais partit de l'équipe maintenant !

Elle hocha doucement la tête et appuya un peu plus son visage contre sa main encore présente sur sa joue. Elle avait toujours fuit le contact. Maintenant, elle en avait besoin. Elle se sentait engourdie, la fatigue lui tomba dessus son prévenir, et elle regarda distraitement Kasamatsu récupérer son sac de sport et celui de cours. Kise l'imita après s'être assuré qu'elle ne risquait pas de s'écraser contre le banc sous le coup de la fatigue, et il lui tendit la main pour l'aider à se relever. Elle récupérer elle même ses affaires de cours et accepta l'aide qu'on lui proposait. Ils sortirent du gymnase que le capitaine referma à clef, et se dirigèrent vers le portail. Ryouta s'était remis à discuter joyeusement de tout et de rien, surtout de rien d'ailleurs, et ni Sarah ni Yukio ne l'écoutait réellement. Le blond finit par s'en rendre compte et s'égosilla à se plaindre, comme quoi personne ne l'écoutait jamais, ce à quoi son capitaine répondit par un merveilleux coup de poing dans le ventre, lui faisait remarquer qu'au contraire, l'écouter c'était ce qu'il faisait à longueur de journée. Kise bouda jusqu'à ce que Kasamatsu les quittent à un arrête de bus, et les deux blonds continuèrent leur route en silence. La nuit était tombée, et pour le plus grand bonheur de Sarah, le chemin qui menait à l'appartement de Ryouta longeait la grande artère de Tokyo. Autrement dit, aucun passage par un quelconque quartier sombre de la capitale. Elle avait du mal avec l'absence de lumière et de bruit. Surtout l'absence de bruit en fait. Lorsqu'elle dormait dans la rue, elle gardait un œil ouvert, refusant de sombrer totalement dans le sommeil. Elle avait sans arrêt peur.

-Kirenai-chan, à quoi tu penses ? demanda alors Kise.

Entretemps, il avait laissé son regard couler vers sa voisine. Elle marchait tête baissée, faisant à peine attention à ce qui l'entourait, et elle avait faillit percuter quelques passants et poteaux. Il ne savait pas si c'était dû au marché que lui avait proposé Kasamatsu, ou si c'était totalement autre chose, mais il n'aimait pas vraiment la voir comme ça. Il préférait quand elle souriait. Dieu qu'elle était belle dans ses moments là...

-A rien... Je me disais juste qu'il fait moins froid que ce matin.

Même Kise savait que c'était un mensonge, mais il ne dit rien, fit juste une petite moue toute mignonne, et reporta son attention sur le trottoir. Ils allaient bientôt arriver à l'appartement. Puisque sa camarade n'avait pas l'air de vouloir parler, il engagea la conversation. Et tout comme son capitaine, il n'avait pas manqué l'éclat d'intérêt et de passion qui brillait dans ses yeux bleus lorsqu'il s'agissait de basket.

-Tu penses que tu auras mis au point une stratégie pour le match de ce week-end ?

Comme il l'avait espéré, il regarda Sarah tourner la tête vers lui, cette lueur brillant dans ses prunelles.

-Oui. Il faut encore que je regarde les matchs précédents de l'adversaire, et ceux de Kaijo aussi pour me faire une idée de votre potentiel, mais normalement tout sera près.

-J'espère que tu ne seras pas trop dur avec nous pour les entrainements, plaisanta le blond.

-Je ne vous ménagerais pas. Il faut que vous vous amélioriez encore et encore pour que votre jeu se perfectionne.

Il ne l'avait jamais entendu parler autant et de cette façon. Il aimait ça, la voir aussi à l'aise dans un domaine. Il avait l'impression qu'elle allait bien dans ces moments là. Qu'elle vivait de nouveau. C'était peut-être ça la solution pour qu'elle sorte la tête de l'eau : le basket. Il l'espérait. Ils arrivèrent devant l'immeuble, Kise tapa le code et poussa la porte en verre, laissant Kirenai passer devant lui. Elle alla d'elle-même appuyer sur le bouton de l'ascenseur et lui sourit lorsqu'il s'immobilisa à côté d'elle. Visiblement, parler de basket avait totalement effacé les larmes qui coulaient sur ses joues dans les vestiaires. La discussion qu'elle avait eu avec Kasamatsu semblait loin. Quand ils furent dans l'appartement, Kise alla mettre ses affaires de basket dans la machine à laver, et regarda Sarah s'assoir timidement sur le canapé. Elle n'avait toujours pas pris ses marques, c'était normal, en une nuit elle ne pouvait pas se sentir en sécurité, mais il trouvait ça amusant de la voir aussi hésitante.

-Tu pourras m'expliquer les maths ? demanda-t-il en revenant complètement dans le salon.

-Oui bien sûr...

-Tu voudras que je t'aide pour le japonais ?

-Je ne suis pas contre.

Il vint s'assoir à côté d'elle et sortit sa trousse, son cahier de mathématiques, et l'ouvrit à la page de l'exercice qu'il devait rendre le lendemain. Ses notes dans cette matière plongeaient de plus en plus. Ce n'était pas exactement le même niveau qu'à Teiko, et déjà qu'il n'était pas le meilleur dans cette discipline au collège, c'était de pire en pire. Sarah lu vaguement l'énoncé, regarda la correction d'un exercice similaire que le blond avait écris en cours, et attrapa un crayon de bois. Elle se lança alors dans une longue explication de sinus, cosinus et tangente, et essaya de répondre le plus clairement possible aux questions de son camarade. Elle lui présenta quelques calculs intermédiaires pour être sûre qu'il avait compris, et lorsqu'il les eu réussit, elle le regarda s'attaquer à l'exercice de départ. Pendant ce temps, Kirenai se pencha sur son japonais, feuilleta la science, et ouvrit sans grande envie son cahier d'anglais. Elle regarda les nombreuses lettres qui le couvraient, essaya de comprendre le sens du texte ainsi que le message qu'avait voulu faire passer l'auteur, mais comment dire... Elle nageait. Le décryptage du texte avait été facile, elle avait réussit à rendre les phrases écrite en anglais un minimum compréhensible, mais le reste...

-Je crois que j'ai réussis ! s'écria alors Kise.

Il était fière de lui, souriait comme un gamin, et il lui tendit son cahier. Elle relu une dernière fois l'énoncé pour avoir les données bien en tête, et elle se lança dans la lecture du raisonnement du blond. Il avait une belle écriture, alors elle n'avait aucun mal à comprendre, et lorsqu'elle arriva finalement au résultat final, elle lui sourit.

-C'est ça.

-Oui ! Merci Kirenai-chan !

Il la prit vivement dans ses bras et frotta sa joue contre la sienne à la manière d'un chat. La jeune fille rougit vivement et resta sans bouger pendant plusieurs secondes, avant de finalement s'autoriser à se détendre. Il n'y avait aucun sous-entendu dans ce geste, elle le savait. Kise était trop insouciant pour ça, et il agissait souvent sans réfléchir. C'était juste de l'instinct. Il finit par poser ses mains sur ses épaules et se recula assez pour la regarder dans les yeux.

-Bon, à ton tour !

Il reprit une position correcte et se pencha sur le texte en sifflotant joyeusement. Il récupéra son crayon de bois, nota quelques mots dans la marge, et s'attaqua aux questions. A chacune d'entre elle, il lui expliquait quelques petites choses écrites dans le texte et à la fin, elle était capable de répondre toute seule. Quand finalement elle arriva à la fin de sa feuille, elle observa la page pleine de lettres et souris, fière de son travaille. Elle se tourna vers Kise, qui lui aussi semblait fière de ses explications, et elle déglutit difficilement en perdant son sourire. Ryouta le remarqua bien vite et s'inquiéta, mais la surprise pris bien vite le pas sur tout le reste lorsque la blonde passa timidement ses bras autour de son torse. Elle mit quelques secondes à oser poser sa tête dans son cou, et elle essaya de respirer calmement. Elle avait affreusement chaud, son cœur battait violemment dans sa poitrine, et elle attendit une réaction de la part du garçon. Réaction qui tarda à arriver. Finalement, il comprit qu'elle tentait de l'imiter, et une bouffée de joie lui réchauffa la poitrine. Il ne voulait que l'inciter à sourire, mais elle calquait complètement son comportement sur le sien. C'était à la fois une pression immense, et en même temps un soulagement. Il passa ses bras autour du corps frêle de la jeune fille, et sans la forcer à se rapprocher de lui, il la serra doucement contre lui. Elle se détendit lentement, essaya de calmer son cœur fou, et tenta de positionner plus confortablement sa tête dans le cou du garçon.

-Merci... murmura-t-elle.

-Je t'en pris.

Il la sentait trembler contre lui, et il se demanda si c'était parce qu'elle avait froid ou si c'était de la peur.

-Oi, Kirenai-chan... Si tu n'en as pas envie tu n'es pas obligée de faire des efforts pareils...

-Ca... Ca va...

Ses bras forts autour d'elle laissait une marque brûlante sur sa chaire malgré sa chemise et sa veste d'uniforme. Elle se sentait petite, minuscule, insignifiante, et elle avait l'impression de ne pas pouvoir se débattre en cas de problème. L'impression d'étouffer. Sa respiration s'accéléra, et malgré ses efforts pour se faire à l'idée que ce n'était que Kise, elle sentit l'angoisse apparaitre et lui écraser le cœur sans pitié. Sentant ses muscles se contracter, Ryouta la saisit par les épaules et la repoussa doucement pour l'éloigner de lui. Si elle avait peur, il préférait encore qu'elle s'en tienne à lui sourire.

-Ne te force pas, lui ordonna-t-il gentiment.

Elle avait les joues rouges, le cœur au bord des lèvres, et elle mit un peu de temps à retrouver son calme. Elle se sentait ridicule. Ce n'était que Kise. Elle ne risquait rien. Elle le regarda dans les yeux, et une larme finit par couler le long de sa joue. Elle ne savait pas pourquoi, c'était juste comme ça. Ses yeux la brûlaient, et elle avait besoin de pleurer. Ryouta était tellement prévenant... Elle n'avait pas l'habitude.

-Ki... Kirenai-chan...! Je suis désolé ! Arrête de pleurer s'il te plait !

Il paniquait totalement. Il n'avait jamais voulu la faire pleurer, et il se sentait vraiment mal à l'aise. Il serra un peu plus les épaules frêles de la jeune fille, refusant de la prendre dans ses bras de peur de la paniquer. Il se sentait démunis face à ses larmes.

-Kirenai-chan...

Elle secoua la tête, essaya d'inspirer calmement, et ferma les yeux. Elle ne voulait pas l'inquiéter. Elle calqua sa respiration sur la sienne, et essaya de se focaliser sur ses mains posées sur ses épaules. Uniquement sur ses épaules, et pas ailleurs. Elle se rentra bien cette idée dans le crâne, se forçant du même coup à bien comprendre qu'il ne voulait pas la tripoter dans l'immédiat.

-Ca va... Désolé... murmura-t-elle en chassant honteusement les larmes qui coulaient encore.

-Ne t'excuse pas, tu as le droit de pleurer, c'est juste que... Je ne veux pas te faire peur...

-C'est pas toi c'est juste... Je sais pas... Je sais pas ce qui m'a pris.

Kise la sentait lui échapper. Elle allait se renfermer dans sa douleur et il ne voulait pas ça. Il voulait la voir sourire, il voulait qu'elle lui fasse confiance.

-Kirenai-chan, tu n'y es pour rien. Je ne te forcerais à rien, et je ne ferais rien qui puisse te faire du mal, c'est compris ? Je ne te ferais pas de câlin si tu n'en veux pas.

Elle releva ses yeux saphirs sur lui, et elle essaya de contenir les larmes qui menaçaient de refaire surface. Merde, pourquoi était-il aussi prévenant avec elle ? Pourquoi n'agissait-il pas comme les autres ? Pourquoi est-ce qu'il était aussi gentil ? Et bordel, pourquoi est-ce qu'elle avait l'impression d'être à ce point en manque d'affection ?!

-Je... Je suis désolé ! s'empressa de dire Kise en voyant ses yeux larmoyants. J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

-Non... Non tu... Tu n'y es pour rien...!

Il la regarda, elle et ses cheveux blonds comme on en trouve pas au Japon -bien différent de la couleur de sa propre chevelure-, elle et ses prunelles saphirs tout aussi inhabituelles, sa petite taille, son visage fin, ses joues légèrement rougies, l'absence flagrante de muscles, et surtout, surtout, la marque de la malnutrition qui rendait visible l'os de sa mâchoire, qui faisait saillir ses os sous sa peau effroyablement pâle. Ryouta se fit la promesse de lui faire reprendre du poids au plus vite. Et en voyant la même étincelle dans ses yeux que lorsqu'ils étaient dans le vestiaire plus tôt, il se promit également de répondre à son appel à l'aide.