Bonjour, bonsoir !

Tout d'abord, mes plus sincères excuses pour le très long temps d'attente entre le dernier chapitre et celui-ci. Pour ma défense, concours blanc, fêtes de fin d'année et résultats mouvementés du premier semestre se sont enchaînés! Et aussi, j'ai dû décider une bonne fois pour toute de la direction que je fais prendre à cette fic, et DU COUP, en compensation de cette attente, j'ai le plaisir de vous annoncer que j'ai opté pour un étoffement ;) Ce qui en soi est plus ou moins une bonne nouvelle, certes vous en aurez plus mais, honnêtement je ne sais pas en combien de temps ^^" (je devrais vraiment pas dire ça, je me fais de la mauvaise pub XD)

C'est pourquoi ce chapitre n'est pas celui que j'avais prévu, j'espère qu'il vous plaira quand même :)

Enjoy!

oOoOoOo

Une feuille de papier blanc, de bonne qualité, portant l'en-tête du Club Diogenes et ces simples mots : Jeudi, 19h. C'est ce que Gregory trouva mercredi matin sur son bureau, et il ne douta pas une seconde de l'identité de l'expéditeur. Il soupira : il avait définitivement des progrès à faire. Il n'y avait aucun lieu d'indiqué, il imagina donc qu'il devrait tout planifier à l'avance. Où allait-il bien pouvoir emmener Mycroft ? S'il ne le connaissait pas vraiment, il élimina immédiatement boîtes de nuits et autres endroits où il devina que l'homme du gouvernement ne se sentirait pas à l'aise. Une soirée au pub lui paraissait idéale mais manquait d'originalité.

Le problème, c'est qu'il ne savait toujours pas quelle attitude adopter avec l'aîné Holmes. Il le devinait extrêmement haut-placé mais, étant lui-même quelqu'un de naturel et spontané, il était hors de question qu'il continue à se trouver aussi mal à l'aise en sa présence pour l'unique raison qu'il ne savait pas sur quel pied danser. Après tout, il n'allait pas le côtoyer pour un quelconque motif d'ordre professionnel, alors il n'avait aucune raison de se comporter différemment avec lui qu'il ne le ferait avec n'importe quelle autre de ses connaissances. S'il voulait l'aider, il faudrait qu'il apprenne à le connaître, et il ne pourrait le faire qu'en brisant la glace. Rien qu'à cette idée, Gregory sentait la bataille perdue d'avance. Il n'y avait pas plus glacial que Mycroft Holmes. D'un autre côté, Gregory Lestrade jouissait de la réputation inverse. Un petit sourire se dessina sur ses lèvres : ses manières risquaient de ne pas lui plaire, mais il devrait s'y habituer. Qui voudrait sortir avec lui s'il demeurait aussi stricte ? Son comportement convenait peut-être parfaitement à la famille royal mais personne ne voudrait supporter au quotidien un telle rigidité. Non, définitivement, il allait devoir le secouer un peu.

Un bruit sourd le sortit de ses pensées et il leva les yeux sur le sergent Donovan qui venait de lâcher un dossier sur son bureau.

« Je ne veux pas savoir ce que ce sourire franchement flippant signifie, mais ce n'est plus le moment de penser à ses amourettes, commença-t-elle en le fixant de ses grands yeux noirs, une pointe d'ironie dans la voix. On a une nouvelle urgence sur les bras, et c'est pas un cambriolage de supermarché. »

Gregory soupira. Cela faisait un bon moment déjà qu'ils travaillaient ensemble, et il savait que quand la jeune femme prenait la peine de lancer une boutade, c'est que l'affaire s'avérait ou bien extrêmement complexe, ou bien morbide. Et sincèrement, il ne pouvait décider de l'option qu'il préférait. Tout ce qu'il demandait, c'était que ce ne soit pas les deux à la fois.

« Des triplés ont été enlevé, poursuivit-elle. Les parents viennent de quitter le commissariat, voici leur déposition. On a donné l'alerte immédiatement, un avis de recherche à été lancé, et on aussi envoyé une équipe au domicile.

- Bien, approuva le DI en saisissant le maigre dossier. Pensez-vous pouvoir déjà avancer quelques pistes ?

- Eh bien, ce n'est pas évident. Rien ne se détache vraiment... Le couple est sans histoire, banal... Si je peux me permettre, je doute qu'il s'agisse d'une quelconque vengeance familiale ou d'autre chose du même genre. Mais d'un autre côté, si l'enlèvement n'a pas été perpétré par un proche, alors il l'a été par de véritables professionnels... Jetez un œil aux circonstances. »

Gregory parcourut la déposition. Il s'agissait d'un classique absolu : c'était l'heure de la sieste, les petits dormaient bien sagement dans leur chambre au rez-de-chaussée, la maman et le papa discutaient tranquillement en faisant la vaisselle dans la cuisine. Lorsque l'heure du biberon avait sonné, ils avaient découvert la chambre vide et les trois oisillons envolés de leur nid.

« Attendez... Il n'y a pas eu d'effraction ? questionna-t-il en fronçant les sourcil.

- Le couple n'a pas été capable de nous fournir cette information... répondit Donovan d'un ton dubitatif. Ils étaient paniqués, mais ils nous ont affirmés qu'aucune vitre n'avait été brisée. Nous attendons la confirmation de cet élément, avec le résultat de l'enquête sur place.

- Depuis combien de temps sont-ils partis ?

- À peine un quart d'heure.

- On y va, conclut le DI en se levant rapidement.

- Mais... vous n'avez même pas lu leur déposition... ! s'indigna Donovan.

- C'est comme si c'était fait... répliqua-t-il en lui lançant les clefs de sa voiture, recevant un regard noir en retour.

oOoOoOo

Gregory Lestrade descendit du véhicule et claqua la portière, le regard sombre et les sourcils froncés. Évidemment, le couple était déjà rentré, ce qui signifiait que le DI n'aurait d'autre choix que de se présenter à eux, et d'être confronté à leur chagrin. Il détestait cela : devoir prendre un air condescendant et compréhensif alors que non, non il ne partageait pas leur douleur, ne ressentait pas leur chagrin et, s'il ferait effectivement tout son possible pour les aider, c'était parce qu'il s'agissait de son travail.

En réalité, il exagérait volontairement son agacement, tentant de faire taire sa trop grande compassion. S'il ne pouvait s'en empêcher totalement, il refusait de laisser son implication émotionnelle risquer de le mener à la dépression lorsque ce type d'affaires sordides s'enchaînaient.

Il s'avança, la main tendue, le plus neutre, distant et professionnel possible. La femme avait une trentaine d'année. Ses mèches blondes et lisses coupées au carré encadraient son visage rectiligne, aux traits durs et symétriques. Elle n'était pas grande mais plutôt athlétique. « Beryl. » lâcha-t-elle en serrant la main de l'inspecteur. Sa poigne était ferme, et ce dernier se heurta à ses yeux pâles, semblables à deux boucliers protégeant toute intrusion dans ses pensées ou ses états d'âme. Elle n'avait pas pleuré. « Gabriel » ajouta son mari en s'avançant à son tour. Un peu plus grand que son épouse, il était mince et la pâleur extrême de son teint contrastait avec ses cheveux brun foncé, lissés en arrière. Il était livide, ses paupières rouges et gonflées menaçaient à chaque instant de déborder à nouveau et ses mains tremblaient.

« Je suis désolé, commença Lestrade d'une voix réconfortante. J'ai lu votre déposition, et je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour retrouver vos enfants. Je sais que je peux compter sur votre coopération.

- Bien sûr... Je vous en prie... Nous ne sommes rien sans eux, vous savez... » murmura Gabriel.

Lestrade hésita un instant avant de lui adresser un bref hochement de tête et de se diriger vers la chambre des triplés, glissant une main nerveuse dans ses cheveux poivre et sel.

Il pénétra dans la pièce, au milieu des experts affairés silencieusement à la recherche de la moindre emprunte.

En face de la porte, une grande fenêtre laissait entrer la morne lumière d'une grise journée de printemps. Le spacieux lit à barreau occupait presque entièrement le mur de droite et un mobile musical laissait pendre ses petites peluches multicolores au-dessus des draps désertés. A gauche, une veilleuse et un matelas à langer reposaient sur une commode en bois clair. Une moquette douce couvrait le sol et le papier peint pastel déroulait une frise d'animaux souriants, le tout donnant à la pièce une atmosphère sereine qui rendait la présence des hommes en combinaison plus étrange encore.

« Il n'y a pas une seule emprunte, Inspecteur, indiqua un des experts à Gregory, le tirant de sa contemplation.

- Donc nous n'avons rien ? Pas même un début de commencement de piste ?

- Nous avons quelques maigres informations tout de même. Il est clair qu'il est passé par la fenêtre : elle a été savamment crochetée. Il s'agit d'un véritable professionnel : les marques sont à peine visibles !

- Je pense qu'il serait plus judicieux de parler au pluriel... A en juger par les circonstances, un homme seul aurait eu beaucoup de mal à enlever trois enfants en même temps, silencieusement et rapidement.

- Eh bien, je ne vois rien qui infirme cette théorie. Nous avons déjà effectué des relevés à l'extérieur, peut être qu'ils nous permettront d'obtenir plus de précision. Mais nous ne pouvons rien conclure pour le moment, il faudra attendre les résultats du labo.

- Évidemment, cela s'annonce compliqué... Chaque minute compte dans ce genre de cas... Mais je suppose que s'il faut s'y résoudre, attendons...

oOoOoOo

J'espère que cela vous a plu, et que vous n'êtes pas trop déçu de ne pas avoir encore revu ce cher Mickey! Patience, patience, je l'aime autant que vous et j'ai hâte de voir pointer le bout de son parapluie ;)

N'hésitez pas à laisser un commentaire pour me donner votre avis (ou pour encenser Mycroft ^^) !