Un chapitre un peu plus long, désolé. Si je saute certains passages du film, c'est volontaire. Mon intention n'est pas de copier le scénario de Georges Lucas.
Comme dit dans le chapitre précédent, écrire à la première personne est grisant mais difficile. On a toujours envie de dire les pensées des autres personnages. Ha et pour répondre plus largement à une review, non je ne suis pas une fanatique de Star Wars. Seulement fan, autant que le seigneur des anneaux ou Harry Potter. Si j'écris beaucoup sur cet univers, c'est parce que j'y trouve beaucoup d'inspiration.. Et non, je n'utiliserais pas l'univers étendu, parce que je ne le connais que peu. Et aussi parce que je veux pouvoir laisser les gens qui, comme moi ne connaissent de star wars que les films, pouvoir lire des fanfictions sans être perdu.
Sur ce, bonne lecture.
Chapitre 2 : sur le fil
Coruscant. Nous y voilà enfin. Je regarde la reine et ses suivantes se diriger vers le taxi. J'ai essayé de voir Sabé mais elles sont toutes habillées de la même façon et leur ressemblance et si frappante que cela m'est impossible à moins de me montrer indiscret et d'utiliser la Force. Le jeune garçon ramené de Tatooine se retourne semblant se demander ce qu'il doit faire. D'un geste, Qui-Gon l'invite à suivre le groupe. Il se passe quelque chose. Mon maître n'est plus le même. Je sens qu'il se pose des questions sur l'individu tatoué qu'il a affronté. Mais aussi sur Anakin. Le petit garçon est surprenant, dangereux. La Force est puissante en lui et il ne s'en rend même pas compte. Je suis presque jaloux de l'attention que lui porte mon maître. Je me rappelle alors que moi, j'arrive en fin de formation. Quand je serais devenu chevalier, Qui-Gon voudra sans doute prendre un nouvel apprenti. Mais pourquoi Anakin qui ne connaît rien de la Force et des jedi plutôt qu'un initié qui aurait grandi au temple ? J'essaie d'ignorer mes sentiments. Qui-Gon s'est toujours laissé guidé par son instinct. Je le respecte. En prenant la direction du temple, pourtant, un étrange pressentiment m'étreint.
Les grands maîtres nous ont demandé d'escorter la reine jusqu'à Naboo. Elle a décidé de rentrer sur sa planète et d'affronter l'armée de la fédération elle-même. Nous nous posons discrètement en pleine forêt. J'éprouve des choses contradictoires concernant le garçonnet. Je sais que le Conseil a raison et cela m'a amené à être en désaccord avec mon maître. Je n'aime pas cela. Je m'excuse auprès de lui pour avoir remis en cause sa décision. Après tout, c'est la sienne. Et je suis honoré qu'il me sente prêt pour les épreuves. Je ne souhaite nullement quitter sa compagnie et je sais que je ne serais pas sans le revoir. Je tiens à lui. Il a été comme un père pour moi et un bon maître, attentif à mes questions et à mes attentes. Il ne m'a jamais forcé à suivre un chemin plutôt qu'un autre. Il mériterait sa place parmi les Douze. Pourtant, le Conseil désapprouve sa décision de prendre Anakin avec lui. Qui-Gon voit au-delà, ce que je n'arrive pas à percevoir. Je ne suis sans doute pas aussi prêt que mon maître se plait à le penser. Surtout si je commence à douter de moi.
-Je suis la reine Amidala.
Quoi ? Qu'a-t-elle dit ? Je ne comprends plus rien. Quand elle explique que sa suivante lui sert de doublure, prenant sa place pour la protéger, je jette un regard entendu à mon maître. Nous avons nous-même été berné. C'était joliment joué, je dois l'admettre. Et je comprends mieux mon trouble en sa présence. Vu que ce n'était pas toujours elle, je comprends aussi pourquoi ses sentiments étaient différents, passant du doute à la détermination.
C'est Sabé qui la remplace le plus souvent apparemment. Une idée saugrenue s'éclaire soudain dans mon esprit. Alors quand elle est venue me voir sur le vaisseau… au risque de perdre sa couverture… et quand je l'ai croisé en pleine nuit… la reine était en fait avec Qui-Gon ? Pourquoi ? Sabé a-t-elle essayé de me duper doublement pour savoir si ce que je disais à la reine était la vérité ? Non, je suis sûr qu'elle était sincère dans sa démarche. Cette idée me met soudain mal à l'aise. Je reprends le fil de la discussion.
Quand les gungans acceptent de se joindre à nous, la reine, la vraie, nous expose son plan en nous demandant son avis. Son plan est osé, risqué, mais faisable. Je comprends pourquoi son peuple l'a élu. Elle manque d'expérience, mais pas de courage et d'idées. Elle sacrifierait tout pour son peuple. Si le Sénat et la République prenaient exemple sur elle…
Les choses se déroulaient plutôt bien jusqu'à ce que le mystérieux sith fasse son apparition. Nous sommes obligés de laisser la reine et ses gardes continuer seuls. Nous engageons le combat sans vraiment savoir à quoi nous attendre. C'est une bataille inédite autant pour moi que pour mon maître. Le Sith réussit à nous séparer. Diviser pour mieux régner n'est pas qu'une légende. Je vois impuissant mon maître se faire battre et blesser mortellement. Je sens qu'il s'éteint doucement et je laisse la colère prendre le dessus. Mal m'en prends car je me retrouve accroché dans le vide et mon sabre laser tombe. Bon sang ! Rester concentré… Ecouter la Force… Je repense aux conseils avisés de mon maître. Son sabre ! Je peux utiliser le sien. Et prendre le sith par surprise. C'est ma seule chance. Je bondis attrape l'arme de Qui-Gon au vol et coupe la créature en deux, comme un vulgaire droïde de combat. Je ne sais pas qui il était et dans l'immédiat, cela ne m'intéresse pas. Mon maître !
-Obi-Wan… Promets… Promets-moi... de former l'enfant
Ne me demandez pas cela maître. Je n'en serais pas capable. C'est à vous de le former.
-Oui maître.
Je sais qu'il m'est impossible de le sauver. Je n'arrive plus à penser. Mon maître meurt entre mes bras et pour la première fois de ma vie, je pleure.
-L'entêtement de Qui-Gon je sens en toi. Tort, cela te portera.
Je n'arrive pas à croire que je m'oppose à maître Yoda. J'ai donné ma parole. La parole d'un jedi est sacrée, surtout si elle a été faite à un autre jedi qui plus est aux portes de la mort. Si Qui-Gon ne m'en avait pas senti capable, il ne me l'aurait pas demandé. Je suis sûr que c'est une quête que je peux mener à bien. Malgré ses inquiétudes, Yoda me l'accorde au nom du Conseil. En perdant mon maître et en affrontant la colère de sa perte, je me suis senti plus grand, plus mûr. Ces épreuves m'ont fait prendre conscience que j'étais plus doué que je ne le pensais. J'ai retrouvé confiance en moi. Pas encore totalement, mais assez pour prendre le relais de Qui-Gon. Pas parce que je lui dois, mais parce qu'il me faisait confiance.
Je regarde le corps de mon maître être consumé par le feu, comme le veut la coutume jedi. Presque tous les maîtres jedi ont fait le déplacement. Je ressens la peur et la détresse d'Anakin à mes cotés. Pense-t-il qu'on va l'abandonner ? Le conseil peut-être, mais pas moi. Je l'ai promis à Qui-Gon. S'il croyait en lui, alors je le ferais également. Anakin deviendra un jedi.
Deux jours plus tard, c'est un jour de liesse pour le peuple de Naboo. Si mon cœur est heureux pour eux, je n'oublie pas le prix payé pour cette liberté et cette paix si chèrement gagné. Je suis désormais chevalier jedi et ce sans avoir passé les épreuves. J'en suis honoré mais aussi frustré. Je demanderais à Yoda la permission de le faire tout de même, pour mon propre plaisir. Pour la mémoire de mon maître. Ma tresse de padawan a été coupée. Anakin a désormais la sienne et est tout fier dans son nouvel uniforme jedi. Je le vois sourire en coin à la reine Amidala. Elle est bien jeune pour gouverner mais pourtant elle a défendu son peuple et sa planète avec courage et succès. Sabé est là aussi. Elle n'a pas le visage heureux des autres.
Pourquoi ? Elle devrait être sereine, comme les autres Naboo. Peut-être a-t-elle perdu un proche dans cette bataille ? Je ne peux que la comprendre. Mon cœur n'est pas vraiment à la fête. Mon maître est toujours là, quelque part, dans la Force. J'aimerais pouvoir sentir sa présence, mais je n'ai pas ce pouvoir. Je sens la Force, puissante, mais aussi perturbée. Je sais que le chemin qui se dresse devant moi va être difficile.
-Maîtres jedi, je vous invite à partager le repas de la victoire à mes côtés, dit la reine en souriant.
Nous prenons alors la direction du palais, pendant que le peuple continue à festoyer et rire.
La fête dure trop longtemps pour Anakin qui commence à s'endormir sur sa chaise. Je le prends dans mes bras et l'emmène se coucher. Le palais n'avait plus de places parmi les ailes des invités. Je voulais un endroit tranquille pour Anakin et le capitaine Panaka nous a offert de partager la sienne, les autres jedi logeant dans un dortoir à coté. Nous sommes habitués à l'humilité et à une vie simple, cela ne nous dérange pas. Au contraire. Je dépose mon apprenti padawan dans le lit de camp aménagé et je décide d'aller sur le balcon des employés, un espace ouvert donnant sur la ville. D'un bond de Force, je monte sur le rebord et respire l'air frais. Les lumières de la ville qui se reflètent dans la nuit sont magnifiques. C'est étrange que je trouve cela beau.
-Ce n'est pas Coruscant.
Surpris, je sursaute et manque de tomber à la renverse. Une fois repris, je découvre Sabé la main sur sa bouche. Elle a retenu un cri.
-Je ne voulais pas vous effrayer ! J'espère que vous me pardonnez ! demande-t-elle encore affolée.
-Je me suis montré imprudent. Vous avez l'art de me surprendre.
Elle rougit un peu et baisse la tête. Elle regarde intensément ma position.
-La vue est meilleure ici, dis-je pour l'éclairer.
-Il n'y a pas grand chose à voir.
-Cela m'apaise pourtant.
Suis-je en train de me dévoiler à une inconnue ? Je dois être plus fatigué que je n'en ai l'air.
-La reine voulait savoir si Anakin allait bien.
-Il a vécu beaucoup de choses dernièrement. Vous pourrez remercier la reine de sa bienveillance. Je crois que cela a été bénéfique à Anakin.
-Est-ce que vous m'en voulez ? De vous avoir trompé ?
Je secoue la tête. Elle rabaisse sa capuche mettant ses cheveux à l'air libre et s'approche de moi. Elle pose la tête contre le mur et je m'accroupis pour être à sa hauteur.
-Comment c'est ? La vie d'un jedi ?
-Compliqué. On passe son temps à se demander si nos actes en valent la peine.
-Mais vous au moins, vous agissez.
Quelque chose semble la tracasser.
-Nous essayons.
Un souvenir me revient en tête et je ne peux retenir un sourire.
-Si Yoda m'entendait, il me dirait qu'essayer n'est pas suffisant. Fais-le ou ne le fais pas, dis-je en essayant d'imiter le grand maître.
-C'est un conseil avisé, répondit-elle, amusé. Il demande tout simplement d'avoir assez confiance en soi pour parvenir à ses fins.
Je n'avais jamais vu les choses sous cet angle. Comme à regret, elle remet sa capuche en place.
-Je vous remercie de m'avoir accordé un peu de votre temps. N'hésitez pas si vous avez besoin de quelque chose d'ici votre départ. La reine tient à ce que votre séjour se passe au mieux.
-Je n'y manquerais pas Sabé.
Elle disparaît alors dans le couloir, me laissant une fois de plus seul avec mes pensées.
Il est bientôt l'heure de retourner au temple mais je n'ai que peu dormi. Beaucoup de questions n'ont cessé de se bousculer dans ma tête. Anakin va démarrer son apprentissage avec Yoda et les autres enfants de son âge avant que je ne le prenne personnellement sous mon aile. J'espère avoir un peu de temps pour moi. J'ai besoin de méditer et de reprendre confiance en moi, maintenant que je deviens maître à mon tour, même si je ne doute plus désormais de mes capacités. Anakin. La perte de Qui-Gon l'a affecté, lui aussi. Après sa mère, cela ne peut que le déstabiliser. J'ai tenté de le rassurer. Mais je n'ai pas encore l'expérience de mon maître. Avant de partir, je contemple une dernière fois le panorama de la cité de Theed, lorsque je ressens une présence derrière moi. Une présence qui ne m'est plus si inconnue. Elle reste debout sans bouger et ne dit rien. Qu'est-ce qu'il se passe ? Elle a l'air différente de la veille. Je préfère la Sabé que j'ai découvert sur le balcon.
-Sabé ? dis-je pour la faire réagir.
-Naboo vous est redevable, Obi-Wan Kénobi.
-Je n'ai fait que mon devoir.
-Je sais… le prix payé pour la liberté.
Elle semble compatir. Je n'ai pas envie de pitié. Mais ses mots me touchent parce que je la sens sincère.
-Dans la région d'où je viens, on récompense les actes de bravoures et de générosité par des pendentifs porteurs de symbole. Le courage, le dévouement, l'altruisme… chaque mérite à son totem.
Je ne comprends le sens de ses paroles que lorsqu'elle me tend sa main et que j'y découvre un pendentif en métal au bout d'un cordon en cuir. Je n'ose le prendre. Le refuser serait un affront.
-Que signifie ce symbole ?
-L'espoir.
Je le regarde et je ne sais pas quoi lui dire. Les jedi ne reçoivent pas d'autres cadeaux que la gratitude. Mais celui-ci…
-Peut-être souhaitez-vous que je vous aide à le mettre ?
Est-ce vanité que d'accepter ce présent ? Sabé n'est pas n'importe qui. Pas pour moi en tout cas. Tout comme Padmé, je la tiens en grande estime. Je penche la tête et la laisse me l'attacher. Une étrange sensation m'envahit. Je n'arrive pas à la définir.
-Merci Madame. C'est un honneur pour moi.
Je ne peux plus l'appeler par son nom. Elle est bien plus qu'une simple servante. Je l'ai vu combattre, mettre sa vie en danger pour sa souveraine. Je regarde encore le symbole qu'elle m'a attribué. A l'envers, on dirait l'emblème de l'ordre jedi.
-Quand vous aurez perdu tout courage, souvenez-vous de ceci et de ce que vous avez accompli ici.
Un signe de tête, un sourire à peine esquissé et elle retourne à son devoir. Pourquoi m'a-t-elle fait ce présent ? Je n'ai pas l'impression d'avoir accompli de grandes choses.
Je quitte Naboo un petit pincement au cœur. Je sais qu'il aurait été dangereux de rester plus longtemps. Sous ma tunique, le collier de Sabé est posé contre ma peau. Je ne sais pas encore si je dois l'ôter et le ranger ou le garder sur moi. Dans l'immédiat, je n'arrive pas à m'en séparer.
