Bonsoir à tous !

Héhé, oui c'est moi que v'là ! Avec un jour d'avance en plus !

Ben oui, faut dire que j'ai déjà un chapitre et demi d'avance (oui, moi, incroyable !) et que le chapitre 4 devrait être terminé ce soir (ou demain au plus tard) Et vu que je suis en repos jusqu'à lundi (merci les heures sup') je devrais avoir terminé cet épisode ce WE ! Une grande victoire personnelle quand on connait mon rythme d'écriture !

Bon ceci étant, passons aux choses sérieuses :

D'abord les mercis.

Merci à OnaG, SpaceTricotRaye et notre inconnu (Guest) pour vos adorables reviews qui ont réchauffé mon petit coeur d'auteur! Ce chapitre est pour vous !

Merci également à ceux qui suivent silencieusement cette fic : floop56, tizabou, alyana black et emichlo. Surtout, pensez à laisser une review pour me donner votre avis sur cette fic, ça me permettrait de m'améliorer (et peut-être de répondre à des demandes particulières dans les prochains chapitres) et puis ça me ferait vraiiiiment tellement plaisir que ça me donnerait peut-être l'envie de poster le chapitre 3 en avance ;) (oui je sais ce n'est pas très subtil)

Merci également à OnaG qui a confirmé mes soupçons : on ne peut pas communiquer par radio avec une autre planète. Je reviendrai plus tard sur les incohérence du chapitre 1, mais au moins dans le nouveau, c'est rectifié.

Et à SpaceTricotRaye qui a relevé une erreur que j'ai volontairement (honte sur moi) essayé de vous passer en furet. Vraiment, mon petit chandail de l'espace, tu as des yeux de lynx !

Sans plus tarder, un petit point sur ce chapitre :

Vous constaterez que ce n'est pas vraiment le chapitre le plus haletant que j'ai pu écrire. Et honnêtement, il m'a vraiment donné du fil à retordre. J'espère qu'il ne sera pas trop décousu.

En bas, je vous fais une demande un peu particulière. Et j'espère que vous y répondrez favorablement.

Sur ce je vous souhaite une bonne lecture et vous laisse avec le disclaimer

Disclaimer : L'univers et les personnages de Stargate Atlantis sont la propriété de la MGM, Brad Wright et Robert C. Cooper. Et s'ils les veulent, je leur file même mes OCs à condition qu'ils relancent la série (bande de feignasses, je vous aime quand même) Je ne tire aucun bénéfice pour la publication de cette fiction.


Élie Caldwell

Invisible Touch

Chapitre 2

— « Les Brijnariens sont très accueillants, mon Colonel, affirma Caldwell. Et ils semblent habitués à commercer avec d'autres peuples, je pense que nous pourrons sans problème trouver un accord avec eux. Baldrick a dit qu'il pourrait nous emmener demain visiter les champs et leur site de stockage. Une fois que le docteur Müller aura fait les tests de viabilité, nous pourrons négocier un accord, leur assura-t-elle. »

La nuit était tombée sur la planète Brijnar, fraîche et paisible. Cédant à la demande pressante de leurs hôtes, Élie avait été chargée par le major de faire le rapport prévu, tout en intercédant pour qu'ils puissent prolonger leur séjour dans le village de Raddka qu'habitaient Baldrick et sa famille.

Logan et elle avaient rejoint aussi rapidement que possible la Porte des Étoiles, au cœur de la forêt. Peu enthousiastes à l'idée de trainer au milieu de ces bois où erraient d'étranges et invisibles créatures, ils n'avaient pas lambiné. Cependant, la chance était avec eux : les deux lunes de Brijnar étaient pleines et basses dans le ciel, et l'obscurité en était amoindrie. Cela ne les avait pas dispensés, sous la frondaison des arbres, de devoir utiliser leurs lampes torches, mais pour le moins, cela avait rendu la sylve angoissante un peu moins sombre.

Ils avaient presque couru tout le long du chemin, tant que l'irrégularité du sol ne le leur avait pas interdit. Sitôt près de la porte les deux militaires, essoufflés et en nage, s'étaient mis au travail. Logan avait ouvert un vortex vers Atlantis, tandis qu'Élie était allée récupérer le MALP qu'ils avaient camouflé un peu plus loin à de leur arrivée. Une fois la communication établie et stabilisée, ils avaient pu faire leur rapport à Weir et Sheppard, par écrans interposés.

— « Cela veut dire que vous voulez passer la nuit là-bas ? s'exclama Sheppard que cette idée n'enchantait guère.

— En effet Monsieur, les Brijnariens nous ont offert leur hospitalité pour la nuit. Nous ne craignons rien avec eux, ils sont pacifiques, soutint Élie avec assurance. Et puis, Baldrick et les siens ont insisté pour que nous célébrions la fête de Brijnar avec eux. C'est un évènement important pour leur peuple, il serait opportun d'accepter leur invitation, ajouta-t-elle. »

Pauvre colonel Sheppard, songea Logan, amusé. Par expérience, le lieutenant savait que la bataille était perdue d'avance pour le gradé. Élie était imbattable à ce jeu-là, après tout c'était son travail : convaincre un interlocuteur sceptique que l'idée qu'elle amenait était la seule possible et la meilleure. Wells n'ignorait pas que, sans forcer, Élie aurait gain de cause. Et à en juger par le léger sourire ironique d'Élisabeth, elle non plus n'était pas dupe de l'issue de la négociation.

— « De plus, notre ami dit que de nombreux représentants des villages alentour et des planètes voisines seront présents, continua Caldwell sans faiblir. Je pense que l'occasion serait bonne pour nous également, car nombreux sont des peuples qui vivent du commerce de leurs produits, et nous pourrions nouer des liens avec eux ce soir, en prévision de futurs accords. Par exemple, Baldrick nous a parlé d'une planète avec laquelle ils font commerce d'un bétail dont la viande est succulente. Nous l'avons goûté ce midi, elle s'apparente à du bœuf. Nous en ramènerons un peu pour qu'elle soit étudiée, et ce soir je tâcherais de prendre contact avec leur représentant. »

Cette fois-ci, même Weir eut du mal à contenir un petit ricanement satisfait. Caldwell venait d'utiliser l'argument ultime pour faire plier le chef militaire : la viande. Pourtant – et à la grande surprise de tous – malgré l'appât dont s'était servie Élie pour convaincre son supérieur, celui-ci continuait de se montrer méfiant et enchaîna de plus belle :

— « Je ne sais pas Caldwell, c'est peut-être risqué. Même si les Brinatrucs…

Brijnariens, John, le corrigea Weir.

Ouais, eux, grommela Sheppard. Même s'ils ont l'air plutôt cool, entre les fantômes que vous avez vus cet après-midi, et tous ces gens d'autres planètes qui vont débarquer… rappela-t-il. Le risque est grand. Imaginez qu'il y'ait des Geniis ce soir ! s'alarma-t-il, comme s'il prenait conscience de cette probabilité à mesure qu'il l'énonçait. »

Tous devaient reconnaitre que cette hypothèse existait et surtout qu'elle s'apparentait plus à une certitude qu'à une supposition : les Geniis avaient des espions partout à travers la Galaxie. Penser qu'ils feraient l'impasse sur un rassemblement d'une telle ampleur aurait été idiot. Cependant, Élie s'attendait à cette réflexion de ses supérieurs. Ils en avaient auparavant discuté en équipe, puisque Logan avait soulevé cette crainte un peu plus tôt dans la journée. Et la solution était déjà toute trouvée.

— « Nous y avons songé, Colonel, répondit Élie. C'est la question que nous avons posée à Baldrick. Et à la réaction qu'il a eue, je peux vous assurer que ce ne sont pas leurs amis. Ils les haïssent presque autant que nous, acheva-t-elle.

Bon d'accord, d'accord ! maugréa John, après un long silence. Seulement, nous savons tous que ces sales fouines de Geniis s'infiltrent partout, c'est bien leur genre de s'incruster quand on ne les a pas invités, fit-il remarquer.

— C'est exactement ce qu'a dit Baldrick, lui répondit Élie. C'est pour cette raison qu'il nous a fourni des vêtements de son peuple pour participer aux festivités ce soir, afin de nous fondre dans la masse. Et comme seul un petit groupe connait notre vraie identité, il leur a fait passer le mot de prétendre pour tous que nous venons de l'un des villages voisins, expliqua-t-elle confiante. Croyez-moi Colonel, nous avons pris toutes les précautions possibles et imaginables. Mais si nous partons maintenant, je pense que l'on perd une formidable occasion de lier des relations solides et durables avec ce peuple, le mit-elle en garde. »

De cela, elle était convaincue. Repousser l'invitation de ce monde qui les avait si bien accueillis, lors d'un évènement si important et symbolique pour ses habitants, cela relevait de l'incident diplomatique. Bien sûr que, comme les autres membres de son équipe, participer à une grande fête sur une planète étrangère l'enthousiasmait. Surtout en ne sachant quels prochains périls et malheurs ils rencontreraient dans les mois à venir.

Seulement, ce n'était pas pour cela qu'elle souhaitait tant rester. Les Brijnariens étaient des gens bien en lesquels Atlantis pouvait avoir toute confiance, comme avec les Athosiens. De cela elle était sûre. Il ne s'agissait pas seulement de denrées ou de commerce, mais de faire naitre une véritable alliance entre leurs deux peuples. C'était pour cela qu'elle avait rejoint Atlantis, qu'elle s'était tournée vers la négociation. Pour créer et diffuser la paix entre les nations, et cela passait par des unions solides.

Alors qu'importait la méfiance du colonel Sheppard, elle ne lâcherait pas elle ferait ce pour quoi elle était venue. Quitte à devoir batailler avec le chef de guerre qu'elle admirait tant.

Sheppard semblait songeur. Élisabeth dans un murmure, confirma à Sheppard qu'elle approuvait les propos de sa subordonnée et l'engagea à se montrer un peu plus souple.

— « Bon, je suis d'accord, finit par accepter le colonel. Mais à une condition : mon équipe et moi allons vous rejoindre.

— Vous, Monsieur, l'ennemi n° 1 des Geniis ? Sauf votre respect, mon Colonel, même habillé en paysan, vous seriez immédiatement repéré par un éventuel espion Génii, observa Élie. Et il en va de même pour Teyla et le docteur McKay. Sans parler de Ronon, qui ne passe pas vraiment inaperçu.

Là, elle marque un point, John, intercéda Élisabeth. »

Depuis le début de l'entretien, le docteur Weir s'était abstenue d'intervenir. Non pas qu'elle ne s'en octroyait pas la légitimité, mais simplement parce qu'elle s'interdisait de contredire John devant ses hommes. Après tout, en tant que chef militaire de l'expédition, elle estimait qu'il était tout aussi bien placé qu'elle pour recevoir les rapports et prendre les décisions adéquates.

Cependant, Weir sentait que la blessure genii était encore profonde dans l'esprit de John et cela le rendait surprotecteur envers ses subordonnés, voire légèrement paranoïaque. De son côté, elle trouvé la demande de SGA 9 tout à fait sensée et les risques mesurés. C'était pourquoi, contrairement à l'attitude qu'elle avait adoptée depuis le départ de cette conversation, elle se résolut à prendre parti.

Bien consciente que les objections qu'émettait John n'avaient pour origine qu'un réel souci pour la sécurité de ses troupes, elle proposa un compromis :

— « Cependant, les inquiétudes du colonel Sheppard sont parfaitement fondées, reprit-elle à l'attention des deux membres de SGA 9. Aussi, Capitaine, vous et votre équipe pouvez rester là-bas, mais nous vous envoyons l'équipe du major Lorne en soutien. »

Logan ne put contenir un cri victorieux, trop heureux de pouvoir assister à sa première fête pégasienne. Encore plus depuis qu'il avait rencontré nombre de séduisantes jeunes célibataires parmi les Brijnariens.

— « OK, comme ça, ça me va, valida Sheppard, plus rassuré ainsi. Dites Caldwell, pourquoi ce n'est pas le major Ewing qui est venu nous faire cette requête ? s'étonna-t-il subitement. Ce serait plutôt à lui de… »

Sur un simple geste du lieutenant Wells, le silence se fit. Discrètement, il indiqua à Caldwell qu'il avait entendu quelque chose bouger, quelques mètres derrière eux. Après des années de collaboration, Élie et Logan n'avaient plus besoin de se parler pour se comprendre.

Instinctivement, les deux comparses armèrent leurs fusils, et tandis que Logan s'éloignait en douceur, Élie reprit sa conversation, l'air de rien. Adressant un signe rassurant à Weir et Sheppard, elle répondit :

— « Eh bien, le major Ewing est notre porte-parole dans ces négociations et il est donc resté au village pour s'entretenir avec les dirigeants brijnariens. »

Un cri aigu s'éleva, tandis que lui répondait un hourra victorieux de la part de Logan. Quelques secondes plus tard, Élie vit son ami revenir, transportant sur son épaule un petit bout d'homme qui se débattait en râlant. Et celui-ci n'était pas invisible, songea immédiatement Caldwell.

— « Regardez un peu ce que j'ai trouvé, Captain' ! Un petit espion ! se moqua-t-il en déposant son fardeau au sol.

— Almar ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? s'exclama Élie, en reconnaissant immédiatement le fils de Baldrick. Tu nous as suivis ? lui demanda-t-elle en se mettant à hauteur du petit garçon penaud qui acquiesçait. Almar, tu ne dois pas faire ça ! le gronda-t-elle doucement. Il y a des… enfin, il pourrait t'arriver quelque chose, seul dans la forêt en pleine nuit. »

La jeune femme avait hésité à parler des choses qu'elle avait aperçues – ou plutôt qu'elle n'avait pas pu voir – un peu plus tôt dans les bois. Mais par crainte d'effrayer le garçonnet, elle s'était abstenue. C'est pour cette raison que la réponse franche et directe de l'enfant la surprit énormément.

— « Je suis grand maintenant : je n'ai plus peur des fantômes de la forêt ! répondit Almar avec aplomb en bombant son torse frêle.

Les fantômes ? réagit Élisabeth.

— Dis, Élie, c'est qui eux ? l'interrogea immédiatement le garçon. »

Intrigué, il fit le tour du MALP, ne comprenant pas pourquoi il pouvait voir leurs têtes et leurs torses, mais pas le bas de leur corps. Une fois l'inspection faite, il leva vers l'Atlante un regard paniqué et incrédule :

— « Élie ! Ils n'ont pas de jambes ! Et ils sont tout plats ! s'affola le gamin.

— Rassure-toi, Almar, lui répondit Élie amusée. Ils ne sont pas vraiment là, on peut les voir là, sur cet écran. C'est comme un miroir, précisa-t-elle devant le regard interrogateur du bambin, sauf qu'on ne voit pas son propre reflet, mais l'image des amis que l'on veut voir. Et eux, ils sont sur une autre planète, très loin. L'image passe par le grand anneau des ancêtres pour arriver jusqu'à nous. Là, c'est Élisabeth, le chef de mon peuple, ajouta-t-elle en désignant Weir. Et là, c'est John, un grand guerrier parmi les miens, en lui montrant Sheppard qui arbora un air satisfait. »

Le petit Almar était parfaitement abasourdi et refit un tour du MALP, juste pour être sûr. Élisabeth le regarda, amusée, puis quand il disparut du champ de la caméra, elle se reporta sur Caldwell. Elle était impressionnée par la douceur dont elle avait fait preuve avec l'enfant et de la simplicité avec laquelle elle avait expliqué cette situation au garçonnet, afin le rassurer. Weir aimait bien cette jeune femme qu'elle découvrait de semaine en semaine. Décidément, rien à voir avec son père, songea-t-elle.

— « C'est de la magie ! s'extasia Almar, des étoiles dans les yeux.

— Si on veut, oui, acquiesça Caldwell. De la magie des Ancêtres. Mais tu te souviens de ce que ton père et moi t'avons expliqué tout à l'heure, n'est-ce pas ? lui demanda-t-elle, en se baissant à nouveau à hauteur de l'enfant. C'est notre secret. Tu ne dois dire à personne qui nous sommes, d'où nous venons et surtout ne raconte pas que tu as vu mes amis ce soir, d'accord. Pas même à ton père. Ou alors pas avant demain matin quand tous les autres seront partis, d'accord ? »

Almar hocha la tête vigoureusement, avec dans les yeux une lueur de fierté, heureux d'être le gardien privilégié d'un secret aussi incroyable.

— « Nous allons nous presser, ses parents doivent certainement être inquiets, reprit Caldwell. »

Logan réagit immédiatement à la remarque de son amie, et s'éloigna pour prendre contact par radio avec le sergent Trager resté au village en compagnie de Müller et Ewing. Aussitôt, il l'informa que le fils de Baldrick les avait suivis et lui demanda de tranquilliser les parents : ils assureraient la sécurité du petit sur le retour. Wells profita également qu'Élie et Almar aient repris leur discussion avec les dirigeants de la cité pour expliquer à son collègue que l'équipe de Lorne les rejoindrait, juste au cas où. Tandis qu'il relatait à Ethan l'essentiel de la conversation qu'ils avaient eût avec Atlantis, Weir de son côté – intriguée par l'histoire de fantômes que l'enfant avait évoquée plus tôt – se mit en frais d'en apprendre davantage.

— « Almar, est-ce que tu pourrais nous en dire plus sur ces fantômes de la forêt, le questionna la dirigeante. »

Avec toute l'innocence et l'exagération propre à l'enfance, le jeune garçon se mit à raconter des histoires d'enfants disparus, dont les esprits erraient dans les bois. Pourtant, relatait encore Almar, chaque année, son peuple faisait des offrandes dans la grotte de Brijnar pour que cessent les disparitions. Mais chaque année, quelques jours après, Brijnar faisait entendre sa colère en enlevant l'enfant qui lui avait apporté le cadeau. Et depuis, les âmes des petits Brijnariens hantaient la forêt et les rues des villages en appelant leurs parents.

— « C'est une histoire bien triste, se désola Élie. Mais sais-tu quand aura lieu la prochaine offrande ? l'interrogea-t-elle.

— Dans deux jours, soupira sombrement le garçon. C'est Rikke qui apportera le cadeau à Brijnar. Je sais que Maman et Papa ont peur qu'elle disparaisse elle aussi, que Brijnar ne soit pas content de nous et qu'il la prenne. Parfois j'entends même Maman pleurer à cause de ça, acheva-t-il en étouffant un sanglot malheureux. »

Émue par le chagrin du petit, Élie le serra contre elle pour le réconforter.

— « Capitaine, qui est Rikke ? demanda Élisabeth.

— Sa sœur, Madame. Elle vient d'avoir cinq ans, précisa Élie tristement.

Dès demain, je veux que vous éclaircissiez ça, exigea Weir, troublée. Ces enfants qui disparaissent. Il faut arrêter ça au plus vite. Avant que la petite Rikke ne subisse le même sort. »

Les aveux du petit Almar les avaient tous plongés dans un silence morose. Ce fut Sheppard qui eut le courage de le rompre :

— « Très bien, je vous demande à tous d'être vigilants, même si un bon bout de viande me comblerait de joie, cela ne vaut pas la peine de prendre des risques inutiles, leur rappela-t-il. Au premier truc louche, je veux que vous rentriez à la base. C'est compris ? insista-t-il.

— Affirmatif, mon Colonel ! répondirent à l'unisson Logan et Élie.

Au fait Caldwell, pour l'échantillon de viande… Doublez la quantité, je me porte volontaire pour être cobaye, hein ! termina-t-il en tâchant de paraître enjoué, afin de détendre l'atmosphère. »

Après avoir assuré au colonel qu'elle demanderait un steak de plus rien que pour lui, Caldwell mit fin à la communication. Quelques secondes plus tard, le major Lorne et son équipe franchissaient la porte, vêtus de frusques de toile brute, dissimulant leurs armes sous les larges manteaux que leur avaient confectionnés les Athosiennes.

Durant le trajet jusqu'au village, Élie tâcha de donner à Lorne toutes les informations qu'elle avait pu recueillir pendant la journée. De son côté, Logan et le sergent Abrahams – membre de SGA2 — se mirent en frais de distraire le petit Almar encore attristé par les révélations qu'il venait de faire. Aussi avec la complicité des deux autres militaires de SGA2, un chat perché nocturne s'improvisa tout le long du chemin, au plus grand bonheur de l'enfant.

OoOoOoOoO

Le lendemain matin, ce fut aux aurores que le major Lorne réveilla les troupes, non sans mal en ce qui concerna Jackson Ewing.

Les célébrations de la veille avaient été plus que réussies. Baldrick n'avait pas menti : une véritable foule était venue des quatre coins de la galaxie pour participer aux fêtes de Brijnar. De la musique avait été jouée toute la nuit et les danseurs n'avaient accepté de prendre du repos que quand le jour s'été enfin levé. Des mets de toutes natures avaient été servis à chaque coin de rue sur des étals. Le vin, l'eau de vie, et une sorte de bière plate avaient coulé à flots toute la nuit.

Et bien que tous les Atlantes aient profité des réjouissances – jusqu'à ce que Lorne envoie tout le monde se coucher –, tous étaient restés vigilants pendant la soirée, prêts à réagir au moindre mouvement suspect.

Du moins, presque tous. Jackson Ewing quant à lui, avait alors découvert que l'art de la négociation ne s'improvisait pas. Baldrick et Gerolf – l'un des deux représentants du village de Raddka – avaient proposé à Ewing de porter un toast en l'honneur de leur nouvelle alliance. Le major, bien conscient que refuser ces libations serait un manque de respect envers les Brijnariens, se prêta bien volontiers à cette coutume qui traversait les âges et les galaxies.

Caldwell avait pourtant bien briefé son supérieur, l'informant que dans ce genre de célébrations, l'on se contentait rarement d'un unique verre. Aussi, elle lui avait confié sa propre astuce : garder à portée de main sa gourde d'eau, puis détourner l'attention de ses hôtes et remplacer l'alcool par de l'eau.

Et au début, Ewing s'était félicité d'avoir même amélioré le subterfuge, en échangeant son verre avec celui de Trager qui se tenait derrière lui, ce dernier se chargeant de se débarrasser du tord-boyau de son chef d'équipe. C'est ainsi que pendant une bonne heure, le militaire n'avait réellement bu qu'un seul gobelet de cette eau de vie, quand ses compagnons entamaient déjà leur sixième godet.

Là où la machine s'était grippée, ce fut quand Trager, appelé en renfort par Logan qui tentait de stopper une bagarre d'ivrognes, l'abandonna à son sort. Pris au dépourvu, il s'était résolu à vider un premier verre. Puis un second avec l'envoyé d'une planète voisine. Et un troisième puisqu'il n'était pas parvenu à distraire l'attention des Brijnariens. Après celui-là, il avait perdu le compte, se souvenant simplement qu'il avait songé que cette infâme liqueur qu'il avalait était si forte qu'il aurait pu l'utiliser pour démarrer sa tondeuse.

Ce fut évidemment un major passablement embarrassé et titubant que Trager et Caldwell avaient dû ramener jusqu'à la chambre de leur auberge. Ewing, piteux, s'était répandu en excuses, tantôt honteux, tantôt paniqué à l'idée d'être traduit en cour martiale pour son comportement.

Il avait fallu l'intervention de Lorne lui certifiant que cet épisode serait oublié de leurs rapports respectifs, pour que Jackson Ewing accepte enfin de se calmer et s'endorme comme une souche.

Pour lui le réveil n'avait donc pas été brillant, mais devant son air revêche, personne n'avait osé faire quelque commentaire que se fut.

Hormis cet incident, la soirée avait été fructueuse. Ewing avait obtenu la promesse de représentants de deux planètes voisines de discuter ensemble d'une proposition d'accord. Et malgré son état d'ébriété avancé, il avait pris en note les coordonnées de leurs Portes afin de leur rendre visite prochainement.

En ce qui concernait Raddka et les Brijnariens, l'affaire était presque conclue. Il ne restait plus qu'à effectuer un premier test des cultures de ce monde, pour s'assurer qu'elles pouvaient être consommées sans risque. Cependant, comme l'avait fait remarquer à juste titre le sergent Abrahams, les Atlantes présents à la fête de la veille avaient déjà servis de cobaye. Et fort heureusement aucun d'entre eux ne semblait malade – excepté là encore le malheureux Ewing, mais pour une autre raison.

Tous les militaires et le docteur étaient rassemblés en bordure du village, attendant Baldrick et deux de ses amis pour aller voir les champs et les stocks, afin de démarrer les analyses. De son côté, le major Lorne organisait les hommes : inutile d'être à neuf pour admirer des graines, avait-il dit. Et puisque la botaniste pensait en avoir pour plusieurs heures de test, autant se mettre au travail et essayer de percer le mystère de ces fameux fantômes.

— « Hubbard, vous restez avec le docteur Müller et le major Ewing, ordonna le major Lorne. Thornton, Trager, vous allez inspectez cette zone à l'ouest, fit-il en désignant un cercle sur la carte sommaire que les Brijnariens leur avaient fournie. Abrahams et Wells, la zone sud. Caldwell avec moi à l'ouest. Essayez de ratisser au plus large, et soyez attentifs à ce que vous entendez. D'après ce que l'on sait, vous pourriez ne rien voir, ajouta-t-il en adressant un regard entendu à Élie. Contact radio toutes les demi-heures. Retour ici dans quatre heures.

— Qu'est-ce qu'on cherche exactement major ? demanda le caporal Thornton. »

D'un signe de tête, le major Lorne invita Élie à prendre la suite.

— « Almar nous a parlé d'une grotte hier, mais d'après les quelques informations que j'ai pu récolter, il s'agirait plutôt d'une construction, sans doute datée de plusieurs siècles. Peut-être même des ruines, indiqua-t-elle. D'après ce que disent les habitants, à l'intérieur se trouve ce qu'ils appellent l'autel de Brijnar. Si vous le trouvez, surtout ne touchez à rien, les prévint-elle. Pour ces gens c'est lieu de culte et de pèlerinage, un endroit sacré. Soyez respectueux. Discrets également, inutile que nos nouveaux amis sachent que nous le recherchons. Je ne voudrais pas qu'ils nous prennent pour des pillards. Officiellement, nous allons simplement explorer les lieux, d'accord ? »

Tous répondirent par l'affirmative et dès que Baldrick les eût rejoints, les Atlantes prirent la route.

Le capitaine Caldwell n'était pas mécontente de faire équipe avec le major. Evan Lorne était un compagnon de voyage très agréable. Sans être spécialement bavard, il entretenait bien volontiers la conversation, interrogeant la jeune femme sur son parcours et son expérience. Ils échangèrent un bon moment à propos des missions qu'ils avaient chacun vécues avec le SGC dans la Voie Lactée.

De son côté, Caldwell en apprit plus sur l'énigmatique Evan Lorne. Elle le découvrit très attaché à sa famille et définitivement gâteux avec ses neveux. Il lui avoua également s'être adonné à la peinture avant de manquer de temps, puis d'occasions et de matériel une fois sur Atlantis. À son grand regret, reconnut-il. Car il y avait dans cette galaxie une multitude de paysages exceptionnels dont il aurait aimé brosser les tableaux.

Deux heures étaient déjà passées, Caldwell et Lorne prirent des nouvelles des deux autres groupes. Comme eux, ils avaient fait chou blanc, à part quelques ruines séculaires, ils n'avaient rien trouvé qui ressembla à un autel. Caldwell les enjoignit tout de même à les photographier et marquer leurs positions : s'ils rentraient bredouilles, au moins, le service d'archéologie aurait quelque chose à se mettre sous la dent.

Lorne et Caldwell s'étaient presque résignés à revenir au point de départ quand enfin ils tombèrent sur quelque chose qui attisa leur curiosité.

Nichés au pied d'un tertre, quelques vieux blocs de pierre semblaient avoir été disposés pour former un couloir qui s'arrêtait au pied du monticule. Intriguée, Caldwell s'avança et découvrit une sorte de porte. Pas assez haute pour un homme, juste assez pour un enfant, et à peine plus large, elle ouvrait sur une cavité qui paraissait creusée dans la colline. La crypte s'enfonçait dans sol et avait l'air plutôt spacieuse.

La lumière de leurs lampes torches les aida à mieux jauger l'espace. Vaste et profond d'une dizaine de mètres, il ne s'agissait finalement pas d'une grotte, mais bien d'une pièce circulaire construite de main d'homme. Et cette architecture-là, Lorne et Caldwell la connaissaient bien.

— « Les Anciens… murmura simplement Lorne. Et là, au milieu, ça doit être le fameux autel. »

Avec sa torche, Lorne éclairait un artefact circulaire monté sur un piédestal. Il ressemblait étrangement à un DHD1, à la différence que celui-ci ne possédait pas de clavier et qu'il était surmonté d'un long cristal blanc terne et opaque.

— « Bon, on y va ? suggéra Élie piquée par la curiosité. Promis, on ne touche à rien ! jura-t-elle en voyant l'air hésitant du major. »

Finalement, Evan céda et emboîta le pas à sa coéquipière du jour, et à sa suite, se faufila dans l'étroite ouverture. À l'intérieur, ils trouvèrent les traces de nombreuses offrandes passées : fleurs, armes, objets précieux…

Chacun de son côté, ils commencèrent à examiner les lieux. Sans le moindre doute, l'architecture était bien lantienne. Quelques symboles étaient gravés çà et là, mais trop abimés par le temps pour être lisibles. Immédiatement, ils prirent quelques photos : avec ça et toutes les têtes si bien fournies qu'il y avait sur Atlantis, nul doute que quelque chose en sortirait.

— « C'est l'heure du contact, annonça Lorne en portant la main à son oreillette. Zut, ça ne passe pas ici ! grogna-t-il. Je sors, Caldwell, lança-t-il d'une voix forte à la jeune femme complètement absorbée par les inscriptions sur les murs.

— Hein ? Heu oui, bredouilla-t-elle. Oh ramenez du papier et une mine carbone s'il vous plait, je voudrais vérifier quelque chose. »

Élie laissa ses doigts glisser sur les inscriptions rugueuses gravées dans la pierre. Certaines d'entre elles lui disaient vaguement quelque chose, mais elles étaient en trop mauvais état pour être déchiffrées.

Totalement concentrée sur les glyphes, Élie ne s'aperçut pas que le cristal de l'appareil ancien derrière elle s'illuminait progressivement. Ce ne fut que quand l'éclat se fit si intense qu'il envahît toute la pièce qu'elle s'en rendit compte.

— « Major ! hurla-t-elle à pleins poumons en se précipitant vers la sortie. »

Trop tard, songea-t-elle lorsque la lumière envahit la pièce, l'enveloppant toute entière.

OoOoOoOoO

— « Je vous jure que je n'ai rien touché, major ! répéta-t-elle lasse. Mes yeux vont bien, Monsieur, soupira-t-elle quand Lorne, s'improvisant médecin, les examina pour la troisième fois.

— Pourtant avec une telle lumière, vous devriez être aveugle, protesta Evan qui n'y comprenait plus rien.

— En vérité, ça n'a duré qu'une fraction de seconde. Quand la lumière s'est résorbée, j'y voyais comme en plein jour. Les glyphes ! s'écria-t-elle subitement. J'y voyais comme en plein jour parce que les glyphes sur les murs étaient illuminés ! Comme s'ils en avaient absorbé une partie.

— Ce qui pourrait expliquer pourquoi cela ne s'est pas étendu aux alentours, raisonna le major. Bon, c'en est assez pour aujourd'hui. Est-ce que vous vous sentez assez bien pour rentrer ? la questionna-t-il.

— En fait, c'est peut-être étrange, mais je me sens parfaitement bien, répondit Élie. Ni mieux, ni plus mal qu'avant d'entrer là-dedans. Pas de vertiges, de maux de tête, de fourmillements, ni même de soif intense, lista-t-elle. En fait c'est comme si rien ne s'était passé. Tiens, et même mon oreillette fonctionne encore ! ajouta-t-elle tandis que son supérieur l'appelait dans l'intercom. Ici Caldwell, Major Ewing. Comme je le disais au major Lorne, je vais parfaitement bien, dit-elle en réponse à la question d'Ewing.

C'est une bonne chose. Rejoignez-nous à la porte, on retourne sur Atlantis, ordonna Jackson Ewing en retour.

— Mais, Monsieur, demain c'est la cérémonie de l'offrande et la petite Rikke… protesta la jeune femme.

Pas de discussion Caldwell ! l'interrompit sèchement le major. Tout le monde rentre ! Et tant que le docteur Beckett ne vous aura pas fait un check-up complet qui confirme que vous n'avez rien, personne ne remettra les pieds sur cette planète. Est-ce que c'est clair, Capitaine ? termina-t-il, d'un ton qui ne souffrait aucune contradiction.

— À vos ordres, Major, se résigna Élie, la tête basse. »

Il fallut une petite demi-heure à Lorne et Caldwell pour rejoindre le reste de l'expédition devant la Porte des Étoiles. Quand ils arrivèrent, un passage vers Atlantis était déjà ouvert, et le MALP renvoyé à la base.

De l'autre côté, dans la salle d'embarquement d'Atlantis, une équipe médicale attendait Élie de pied ferme. À peine eut-elle émergé du vortex, que le docteur Simon Brenner se précipita vers elle pour vérifier ses constantes. Durant quelques secondes, elle envisagea de protester, en arguant qu'elle se sentait parfaitement bien, et que les examens pouvaient attendre qu'elle soit à l'infirmerie. Puis croisant le regard autoritaire de son major, elle abdiqua.

Quand Brenner fut convaincu par la régularité des signes vitaux de sa patiente, il l'entraîna vers l'infirmerie et, cédant aux suppliques de la jeune femme, lui épargna d'être transportée sur un brancard.

À la grande surprise d'Élie, malgré la fatigue accumulée et une migraine persistante, Ewing resta près d'elle pendant toute la durée des analyses. Et bien qu'il ne s'attacha pas à lui faire la conversation tandis qu'elle patientait entre deux prises de sang, il refusa de la quitter tant qu'il n'avait pas obtenu l'assurance de Brenner et Carson que sa subordonnée était hors de danger.

Bien que déconcertée, Caldwell fut touchée par la sollicitude dont faisait soudainement preuve le major. En complète incohérence avec l'attitude hostile qu'il lui manifestait depuis leur première rencontre, Jackson Ewing était vraiment inquiet pour sa subalterne. Élie se prit alors à penser que c'était là un signe d'une nette amélioration de leurs relations. Espoir qui s'envola en fumée aussi vite qu'il était venu quand le médecin en chef leur donna les résultats.

— « Bon, jeune fille ! s'exclama Carson en s'approchant du lit de sa patiente. Il semblerait que tout soit normal. Le scanner et l'IRM ne montrent rien d'anormal. Votre sang ne présente aucune irrégularité : ni radiation ni virus, énuméra-t-il. Et votre tension est excellente. Toujours pas de troubles visuels ? l'interrogea-t-il en examinant une nouvelle fois ses yeux.

— Non, Docteur, répondit Élie. Pas de tache noire bizarre ni d'image floue ou déformée. Même pas un petit mal de crâne.

— Voilà qui est parfait ! s'enthousiasma Carson. Vraiment parfait ! Nous aurons demain les résultats des analyses cellulaires. Mais pour le moment, je ne crois pas trop m'avancer en disant que vous êtes en parfaite santé ! lui affirma-t-il.

— Donc elle est hors de danger ? intervint le major sur un ton formel.

— En effet major, votre jeune équipière se porte comme un charme.

— Merci Docteur, fit Ewing en le saluant protocolairement. »

Puis sans un mot, ni même un coup d'œil pour sa subordonnée, il tourna les talons et quitta l'infirmerie, sous le regard étonné de Beckett et celui déçu de Caldwell.

— « Eh bien, il n'est pas très… expansif, votre patron, fit remarquer le médecin, un peu mal à l'aise.

— À qui le dites-vous, se désola Élie. Alors, si je vais bien, est-ce que je peux sortir ? demanda-t-elle en tentant d'avoir l'air plus enjouée.

— Pour ma part, j'aurais aimé vous garder cette nuit en observation, répondit le docteur. Mais le docteur Brenner a su habilement intercéder en votre faveur, reprit-il en percevant le regard désespéré de la jeune femme. Vous pouvez sortir, mais pas d'explorations ou d'activités trop physiques, et cela inclut vos entrainements avec notre ami satédien. Surtout ceux-là, en fait, ajouta-t-il en levant les yeux au ciel. J'ai déjà eu quatre patients depuis le début de la semaine à cause de lui, dont deux fois le colonel Sheppard – à croire qu'il aime ça ! Et nous ne sommes que mardi ! Alors s'il vous plait, évitez-le ! la supplia-t-il, mi-moqueur, mi-sérieux. Oh, et autant que possible évitez les objets anciens inconnus qui font bip-bip ou de la lumière, termina-t-il en lui adressant un sourire amusé.

— Je vous assure que celui-ci ne faisait pas bip-bip, Docteur ! lui répondit-elle guillerette. Alors je peux y aller ? demanda-t-elle les yeux pleins d'un innocent espoir.

— Allez-y, filez Capitaine ! lui accorda-t-il, jovial. Venez me voir demain à 10 h pour un bilan complet. »

Sans demander son reste, Caldwell sauta du lit, remercia chaleureusement son praticien préféré et quitta l'infirmerie, impatiente de rejoindre Shahin pour lui raconter son incroyable mission.

Cependant, les retrouvailles avec son meilleur ami allaient devoir attendre. Quelqu'un, qui arrivait au pas de course derrière elle, l'interpella.

— « Docteur Brenner ! accueillit-elle joyeusement le médecin qui l'avait rejointe. Merci beaucoup d'avoir arrangé ma sortie avec Beckett, c'était très aimable de votre part.

— Je vous en prie, Élie. Mais moi c'est toujours Simon, lui rappela-t-il dans un sourire. En fait, ce n'était pas parfaitement désintéressé de ma part. J'ai promis à Beckett que s'il vous laissait sortir, je veillerais sur vous personnellement, avoua Brenner. Alors je me disais que peut-être nous pourrions nous retrouver pour dîner au mess ensemble. Enfin si vous n'avez rien d'autre de prévu bien sûr, ajouta-t-il précipitamment. Dans le but purement professionnel de m'assurer de votre état de santé comme je l'ai promis à Carson, bien entendu. »

Dans la voix de Simon Brenner planait la crainte d'un refus. Élie sentit ses joues rosir bien malgré elle. Déguisée ou pas, il s'agissait bel et bien d'une invitation à dîner. Et même si elle n'était pas une experte dans ce domaine, cela sonnait plus comme un rendez-vous galant que médical.

Aussi, Élie prit le temps de la réflexion avant de répondre, mettant au supplice le pauvre Brenner qui était de plus en plus convaincu qu'elle cherchait une manière polie de l'éconduire. La jeune militaire devait reconnaitre qu'elle appréciait le médecin australien. Après son premier passage à l'infirmerie le jour de leur arrivée, elle avait eu souvent l'occasion de le croiser et de discuter un peu avec lui. C'était un homme très aimable, intelligent et doté d'un sens de l'humour subtil. Et, elle devait bien l'avouer, il n'était pas non plus dépourvu d'un certain charme.

Après tout, qu'avait-elle à y perdre ? Ce n'était pas parce qu'elle était dans une galaxie à l'autre bout de l'univers, loin de tout ce qu'elle avait toujours connu, qu'elle n'en restait pas une femme capable de séduire et d'être séduite. Et puis, au moins, Brenner était un civil : ainsi n'enfreindrait-elle pas les règles. Alors sans plus hésiter, elle donna à Simon une réponse positive, et convint avec lui de se retrouver devant le mess vers 20 h, quand il aurait terminé son service.

Un sourire heureux illumina le visage hâlé de l'Australien, puis il s'excusa de devoir retourner à son poste et prit congé. Et tandis qu'Élie regardait le praticien rejoindre en courant l'infirmerie, elle se prit à esquisser un sourire timide, consciente qu'elle venait d'accorder à Simon Brenner l'autorisation de la courtiser. Quand Shahin apprendra ça, pensa-t-elle, amusée.

— « Wells pour Caldwell, l'informa son oreillette.

— Je t'écoute, Logan, répondit-elle immédiatement, secouant la tête comme pour chasser toute minauderie de son esprit.

Tu es sortie de l'infirmerie ? s'inquiéta-t-il. Parfait, je suis content que tout soit OK, enchaîna-t-il quand elle lui confirma que les examens étant bons, Beckett l'avait laissé quitter le service médical. On a un briefing, genre maintenant, et on attend plus que toi. Au fait, prépare-toi, l'avertit son ami. Le docteur McKay est survolté, il fait des bonds partout. Un coup, il est pris d'une excitation hystérique, en disant que Lorne et toi avez peut-être découvert un nouvel appareil ancien absolument génial. Et puis le moment d'après, il te maudit jusqu'à la 5e génération, persuadé que tu as tripoté quelque chose là-bas et que tu as probablement tout cassé !

— Eh bien, il risque d'être déçu quand il apprendra que l'appareil en question n'a eu absolument aucun effet, s'exclama-t-elle en riant. Je vous rejoins tout de suite, Logan. »

Caldwell mit fin à la communication et emprunta le premier téléporteur qu'elle croisa. Et tandis qu'elle approchait la salle de briefing, elle entendit des éclats de voix :

— « Combien de fois est-ce que je vous l'ai dit, Élisabeth ! s'exclamait Rodney McKay, visiblement agacé. Quand on met des militaires en présence d'une machine lantienne, c'est toujours la catastrophe ! Ces crétins ne sauraient même pas différencier un proton d'un neutron, alors aborder une technologie si avancée ! Bon sang pourquoi diable, major Lorne, vous et l'autre gourde vous êtes-vous approchés de cette machine, plutôt que de laisser les vrais professionnels faire leur travail ? éructait l'astrophysicien.

— Et c'est en vrai professionnel que vous avez fait exploser tout un système solaire2, Rodney ? réagit la voix de Sheppard.

— Oui, mais non… Mais ça, ce n'était pas la même chose… bredouilla McKay, décontenancé. »

Caldwell décida qu'il était temps pour elle de se joindre au briefing et prenant une grande inspiration, elle entra.

OoOoOoOoO

— « Eh bien, ça n'était pas de tout repos, soupira Logan quand enfin ils furent tous libérés de la salle de briefing. »

La réunion avait semblé ne jamais finir. Ewing et Caldwell avaient à peine pu parler des négociations qui avaient été menées sur place tant le docteur McKay avait harcelé la jeune femme ce qui s'était passé dans le labo ancien. Il avait fallu une bonne heure de palabres et finalement la menace de Sheppard de faire venir Ronon pour que l'astrophysicien accepte de se taire au grand soulagement de l'assemblée. Il avait donc passé le reste de la rencontre dans son coin à étudier les photos qu'avaient prises les militaires, poussant de temps à autre des grognements de frustration qui lui avaient valu les œillades noires du colonel.

Et si Weir de son côté avait manifesté beaucoup d'intérêt pour le peuple des Brijnariens, leurs coutumes et les possibles alliances, Sheppard avait quant à lui cherché à en savoir davantage sur ces fameux Invisibles.

Comme les membres de SGA 2 et 9 l'avaient promis la veille, il ne fut jamais fait mention de l'état d'ébriété dans lequel s'était trouvé Jackson Ewing lors des célébrations de Brijnar. Tout le monde était en effet conscient que le professionnalisme du major n'était pas remis en cause et qu'il s'était simplement laissé emporter par le jeu des négociations.

Maintenant, tous étaient bien contents que tout cela soit fini, et chacun repartait vaquer à ses occupations.

— « On va manger, lança Wells à Élie. Trager nous rejoindra.

— Eh bien, en fait, heu… bredouilla la jeune femme, prise au dépourvu. Je dois manger avec Shahin un peu plus tard, fit-elle sans assurance. Allez-y sans moi, on prendra le petit déjeuner ensemble demain, si tu veux, proposa-t-elle un peu gênée de mentir à son ami. Je passerais te chercher dans tes quartiers et on se fera une orgie de pancakes, OK !

— Dis donc toi, tu n'essaierais pas de me cacher quelque chose ? T'as un rendez-vous galant, c'est ça ? la taquina Logan.

— Quoi ? Mais pas du tout ! se défendit-elle immédiatement, contrôlant tant bien que mal le rouge qui lui montait aux joues. »

Élie savait mentir et faire semblant. C'était même l'un des talents indispensables dans son travail. Seulement, leurre un parfait étranger et se jouer de ses amis, cela n'était pas du tout la même chose. Et de la seconde, elle en était incapable.

Elle détestait se défier de ses proches et trahir leur confiance. Seulement, elle connaissait trop bien Logan. C'était un ami génial, solide et fidèle, mais avant tout c'était son partenaire sur le terrain, celui avec qui elle travaillait. Et pour elle, la distinction était essentielle.

Toujours, il n'avait connu que la Caldwell laborieuse et appliquée, celle qui faisait passer sa vie privée au second plan. Cela faisait longtemps qu'ils fonctionnaient ainsi et Élie ne se sentait pas capable aujourd'hui de lui dévoiler les aspects trop personnels de son existence.

Et même s'ils entretenaient tous les deux un lien plus fort qu'une simple relation entre collègues même s'ils plaisantaient ensemble et partageaient de nombreux points communs, Élie souhaitait continuer de respecter les règles. Alors Logan ne devait pas entrer dans sa sphère personnelle

— « Ah ah ! s'esclaffa le lieutenant. Allez, je te taquine, Captain' ! T'aurais dû voir ta tête, se moqua-t-il largement. Comme si toi, Eleanor Caldwell, tu pouvais penser à autre chose qu'au boulot et avoir un rencart ! Bon alors à demain 8 h ! Passe le bonjour à Shahin de ma part ! lui lança-t-il en s'éloignant, toujours hilare. »

D'un coup, Élie se sentit moins coupable de lui mentir, légèrement vexée par les railleries du lieutenant sur sa vie amoureuse. Cependant, au fond d'elle-même cela ne la dérangeait pas tant que ça : tant qu'il se moquerait de sa vie personnelle, Logan Wells en resterait loin. Et c'était exactement ce qu'Élie Caldwell souhaitait.

OoOoOoOoO

— « Je suis vraiment, vraiment désolée, Simon ! s'exclama Élie en arrivant enfin devant le mess. Je vous assure qu'habituellement je suis très ponctuelle, seulement, j'ai fait une erreur fatale juste avant de vous rejoindre : je suis passée devant le labo de physique, expliqua-t-elle penaude.

— Aie ! Et McKay vous a vue… supposa Brenner d'un air compatissant.

— Oui, se désola-t-elle. Et il m'a littéralement harcelée à propos de cette fameuse machine… Vous savez, vous pouvez remercier Ronon, dit-elle. C'est son arrivée dans le labo qui m'a donné l'unique chance de m'échapper. Sans quoi, je pense que j'y serais encore. Encore une fois, excusez mon retard, Simon… je…

— Rassurez-vous, vous êtes là, alors vous êtes toute pardonnée, lui affirma-t-il. J'ai juste craint que vous n'ayez changé d'avis.

— Changé d'avis ? s'étonna Élie. Certainement pas ! »


1 Dial Home Device : Les Dial Home Devices (ou DHD) sont les appareils qu'utilisent les Anciens pour activer les Portes des Étoiles

2 Saison 1 Épisode 19 : Assiégés 1re partie.


Allez, comme promis, le blabla de fin avec un bon vieil appel à la review (je recycle !) :

N'oubliez pas d'éteindre la lumière et de laisser une review en sortant !

Un commentaire, aussi futile soit-il, est toujours utile!

On se dit à vendredi prochain pour le chapitre 3 (ou plus tôt si je suis submergée de reviewes ! héhéhé)


Et comme annoncé, une demande un peu particulière.

Suite à un léger problème de PC (AmoureuxChou a réinstallé mon PC à ma demande... J'ai juste oublié de lui dire que je n'avais pas tout sauvegardé ... J'en pleure encore...) j'ai un peu perdu toutes les notes que j'avais prises il y a plus de 2 ans concernant cette série. Du coup, si les épisodes essentiels sont toujours dans ma tête, j'ai des trous à combler entre 2 zodes.

Donc,je me disais que si vous, chers petits lecteurs (peut-être auteurs à vos heures) avaient des propositions d'intrigues à me faire, des choses que vous aimeriez bien voir développer dans Elie Caldwell, je suis toute ouïe !

(Je quémande pas, mais un peu quand même) Si je veux pouvoir vous pondre un épisode 3 rapidement, il va me falloir de la matière !

Alors, à vos claviers, n'ayez pas peur d'être fantasques et envoyez moi un MP !

Amitiés,

Edeinn.


PS spécial Ona : rassure-toi ma grande, je ne t'inonderai pas trop de guimauve, j'ai appris à me contrôler maintenant :p