Bonjour à tous !
Comme prévu, voici le troisième chapitre.
Bon, là je suis carrément affolée : pas une review sur le dernier chapitre. Etait-ce vraiment si mauvais ? En tout cas, si le chapitre 2 n'était pas bon, ou si certaines choses vous ont déplu, n'hésitez pas à me le faire savoir !
J'espère que vous apprécierez mieux celui-ci. Un peu plus d'action, et de McKay ! :)
Alors, sur ce, une bonne lecture !
Disclaimer : L'univers et les personnages de Stargate Atlantis sont la propriété de la MGM, Brad Wright et Robert C. Cooper. Et s'ils les veulent, je leur file même mes OCs à condition qu'ils relancent la série (bande de feignasses, je vous aime quand même) Je ne tire aucun bénéfice pour la publication de cette fiction.
Élie Caldwell
Invisible Touch
Chapitre 3
Ce matin-là, Élie s'anima bien avant son réveil, d'excellente humeur et pleine d'énergie. Aussi sauta-t-elle directement de son lit à la salle de bain, bien décidée à profiter à fond de cette journée de congé. Pour une fois, elle n'avait même pas envie de traîner sous la douche – fait plutôt rare s'il en était. Elle avait encore une bonne heure devant elle avant d'aller retrouver Logan pour le petit-déjeuner et elle était bien déterminée à mettre ce temps à profit.
Puisque Beckett lui avait interdit tout effort physique, elle opta pour un peu de stretching sur le petit balcon de sa chambre. Un vrai paradis cet endroit, rêva-t-elle en admirant l'incroyable paysage devant elle. À perte de vue, un océan paressait en une houle paisible, simplement caressé par de pâles rayons de soleil matinal. L'air un peu frais était chargé d'embruns marins, portés par une brise légère qui obligea Caldwell à enfiler une veste par-dessus son t-shirt.
Tandis qu'elle commençait ses étirements, Élie ne put se retenir de songer à la soirée qu'elle avait vécue la veille en compagnie de Simon Brenner. Si elle trouvait le médecin australien charmant avant ce dîner, elle devait reconnaitre qu'à présent elle était totalement conquise.
Avec lui, elle avait pu discuter à bâtons rompus, en oubliant les heures qui s'égrenaient. Ce fut seulement lorsque Simon avait proposé de la raccompagner à sa chambre, qu'Élie avait constaté que minuit était passé et qu'ils parlaient depuis quatre heures déjà. Puis, une fois devant ses quartiers, galant jusqu'à la fin, il s'était contenté d'un chaste baiser sur la joue, lui extirpant simplement la promesse d'un autre rendez-vous. Ce qu'il avait obtenu sans la moindre hésitation de la part de sa compagne. Sitôt seule dans ses appartements, elle avait dû s'avouer qu'elle était irrémédiablement séduite par l'Australien.
Ce fut donc avec la ferme intention de revoir Brenner et de pousser plus loin leur relation qu'Élie se leva ce matin-là. Et si elle se garda alors de croiser un miroir, ce fut seulement pour éviter d'apercevoir le sourire niais qu'elle avait la veille en se couchant, et qui – elle en était certaine — n'avait assurément pas quitté son visage.
Aussi, toujours d'humeur joviale, dès son stretching terminé, Élie sortit de ses quartiers pour rejoindre ceux de Logan, et partager un petit-déjeuner bien mérité. Sur le trajet, elle salua chaleureusement deux linguistes dont elle avait fait la connaissance sur le Dédale. Elle se prit à penser que décidément les scientifiques étaient bien tête en l'air, quand ceux-ci tournèrent la tête surpris, semblant chercher qui leur parlait.
Elle ne s'attarda pas plus longtemps, craignant d'être en retard pour retrouver son collègue. Elle sonna à sa porte et entendit Wells hurler :
— « Ouais, je t'ouvre ! Entre, je sors tout juste de la douche, je viens de me réveiller ! fit-il tandis qu'elle entrait.
— Pourquoi ça ne m'étonne pas, se moqua la jeune femme alors que le lieutenant repartait déjà vers la salle de bains, une serviette autour de la taille, une autre avec laquelle il séchait énergiquement ses cheveux.
— Alors comment va Shahin ? lui demanda-t-il pendant qu'il se rasait.
— Shahin ? répéta la jeune femme, étonnée. Ah oui, j'ai mangé avec lui hier, se rattrapa-t-elle, en se rappelant son mensonge de la veille. Eh bien, il va bien… ouais, il va bien… enfin tu sais, avec tout le boulot qu'il a… Tu le connais, il ne peut aller que bien.
— Je n'ai jamais compris comment lui et toi vous pouviez aimer passer autant de temps enfermés dans des bibliothèques, à potasser autant de vieux papiers, répondit-il. Vous êtes vraiment bizarres ! Tiens envoie-moi mon t-shirt et mon pantalon, exigea-t-il. »
Attrapant les vêtements de Logan, Élie obtempéra, et ajusta son tir pour les envoyer directement dans le visage de son acolyte au moment même où celui-ci passa la tête par la porte.
— « Merci ! grogna-t-il en refermant aussitôt pour finir de s'habiller. Eh, tu sais que cet après-midi, il y a quelques gars qui vont sur le continent pour organiser un petit tournoi de volley avec les Athosiens. Si Beckett t'en donne la permission, on pourrait y aller nous aussi, proposa-t-il en émergeant de la salle de bain. Ça te dit ? Caldwell ? appela-t-il en cherchant autour de lui.
— Ouais, pourquoi pas, répondit la jeune femme.
— Euh, t'es où ? demanda Logan, en fouillant la pièce du regard.
— Ah ah très drôle, Wells, vraiment ton sens de l'humour ne s'arrange pas, se désola-t-elle. Je suis juste devant toi, hé banane !
— OK c'est bon, tu m'as eu, Élie, où est-ce que tu te planques ? continua Wells en ouvrant brusquement les portes de son placard. C'est quoi le truc ?
— Oh c'est bon, Logan. Arrête deux minutes, on va être à la bourre : Trager va nous attendre, soupira-t-elle en allant mettre une petite claque derrière la tête de son coéquipier. »
Celui-ci eut une réaction à laquelle la militaire ne s'était pas préparée. Il se retourna violemment, comme s'il avait été agressé, et lança ses bras droit devant lui, comme pour repousser une menace trop proche. Et cela eut l'effet escompté : Élie vola littéralement à travers la pièce, le souffle coupé par l'impact, et s'écrasa durement contre la table de chevet.
— « Mais t'as perdu la tête Wells, bordel ! s'égosilla Caldwell en se relevant, massant le bas de son dos douloureux. Est-ce que tu… »
Puis soudain, Élie prit conscience d'une chose : Logan ne jouait plus. S'il fixait l'endroit exact où elle avait atterri, c'était pourtant comme s'il ne la voyait pas. Comme si j'étais… invisible, songea-t-elle avec effroi.
— « Oh merde, jura-t-elle paniquée.
— Élie est-ce que tu… commença Logan en avançant avec prudence, les mains tendues devant lui à la manière d'un aveugle.
— Je suis là, Logan, répondit doucement la jeune femme en s'avança à sa rencontre jusqu'à pouvoir saisir la main de son ami dans la sienne. »
Wells eût un mouvement de surprise mais ne retira pas sa main, au contraire, il la serra plus fort, comme pour s'assurer de la réalité de son existence.
— « Tu ne me vois pas, c'est ça ? le questionna Élie avec angoisse, tout en connaissant déjà la réponse.
— Oh, ça c'est vraiment la poisse ! s'exclama-t-il les yeux écarquillés. »
Puis étant le premier à récupérer un peu de lucidité, il fit la seule chose qu'il pouvait faire à cet instant :
— « Docteur Beckett, ici le lieutenant Logan Wells, annonça-t-il dans son intercom. Il faut que vous me rejoigniez immédiatement. Je crois qu'on a comme un méga problème. »
OoOoOoOoO
— « J'espère vraiment que c'est important, parce que j'ai laissé Zelenka tout seul dans le labo, et doué comme il est, il va encore tout faire exploser, râla le docteur McKay en pénétrant dans l'infirmerie.
— On a une patiente pour vous, Rodney, annonça le colonel Sheppard.
— Dites, Captain' Kirk, vous êtes au courant que je suis docteur ès sciences, moi, monsieur, railla l'astrophysicien. Tous ces trucs de cellules et de génomes, je laisse ça à Beckett, c'est vraiment trop dégoutant ! grimaça-t-il. Alors à moins que le virus de votre patiente soit informatique, ou que ladite patiente soit équipée d'un E2PZ, je m'en fiche comme de mon premier réacteur à fusion ! Et puis d'ailleurs, elle est où votre patiente mystère ? J'aimerais autant ne pas trop traîner ici, avec tous ces microbes… »
Le scientifique jetait un regard autour de lui tachant de savoir pour quelle broutille on l'avait encore dérangé en plein travail. Tout ce qu'il voyait, c'étaient Élisabeth, John, Beckett et quelques autres insignifiants individus rassemblés près d'un lit vide, comme en pleine réunion Tupperware.
— « Je suis là, docteur McKay, lança une voix qui lui disait vaguement quelque chose. »
C'était une voix féminine qui l'interpellait, semblant venir de juste derrière le colonel Sheppard. Les neurones géniaux de McKay se mirent en branle. Il y avait sept personnes agglutinées là, dont une seule femme. Et le Canadien en était sûr, ce timbre n'était pas celui de Weir.
— « Et où, exactement ? commençait à s'impatienter Rodney.
— Approchez, répondit la voix. Approchez du lit, docteur, précisa-t-elle en le voyant chercher encore. »
Prudemment, McKay s'approcha, tandis que tout le groupe s'écartait pour lui autoriser un passage jusque la couche. Tous sauf un. L'un de ces bellâtres militaires dont toutes les femmes de son service semblaient s'enticher, songea-t-il. Ce dernier avait la main suspendue à une dizaine de centimètres au-dessus du brancard, dans une position qui laissait penser qu'il serrait quelque chose entre ses doigts.
— « Je vous préviens que si c'est encore une de vos blagues stupides, Sheppard, je bloque les haut-parleurs de vos quartiers sur Baby One More Time pendant toute une semaine, prévint Rodney.
— Croyez-moi, je préfèrerais vraiment que ce soit une plaisanterie, Docteur, renchérit à nouveau l'énigmatique voix de femme. Tendez la main devant vous, Docteur McKay. S'il vous plait, docteur, insista la voix quand elle vit l'astrophysicien hésiter, sceptique. »
De mauvaise grâce, mais surtout intrigué maintenant – car la voix semblait plus proche à mesure qu'il avançait vers ce lit vide –, Rodney McKay s'exécuta. Aussitôt, il sursauta, ne pouvant retenir un petit cri d'effroi qui amusa beaucoup le colonel Sheppard.
Sa main avait été saisie par une poigne invisible. C'était chaud et souple. On aurait dit des doigts qui l'agrippaient. Sauf qu'il ne voyait rien.
Tout hypocondriaque et méfiant qu'il était, le docteur Rodney McKay était surtout un scientifique d'une curiosité extrême. Aussi, le premier frisson passé, il se laissa guider. La chose entrainait sa main, l'obligeant à venir bien plus près de la couchette. Puis il toucha autre chose. C'était une surface lisse et tendre, et toujours tiède. Il se mit à suivre les contours de ce qu'il avait sous les doigts pour découvrir ce qui ressemblait à un visage humain.
Comme s'il comprenait soudain, Rodney ouvrit de grands orbes ronds, puis leva les yeux vers l'écran que Carson tournait vers lui. Sa tête fit de rapides aller-retour entre sa main et le moniteur, comme s'il observait un haletant match de tennis.
Sur l'ordinateur étaient affichées les images issues d'un détecteur thermique. Il voyait sa silhouette rougeoyante, le bras tendu. Et sa main, elle, se confondait avec le profil d'un autre corps, plus menu et plus petit. Arrêtant là le va-et-vient de son regard, interloqué, il fixa droit devant lui quelque chose que ses yeux ne pouvaient percevoir. Ce fut comme s'il avait reçu une décharge : il retira brusquement sa main et se mit à bafouiller.
— « Bonjour, docteur McKay, s'éleva à nouveau cette voix qui lui était de plus en plus familière. J'imagine que vous ne m'avez pas reconnue, soupira-t-elle. Capitaine Caldwell, vous vous souvenez de moi ?
— Je… vous… mais comment… bredouilla-t-il. Bon sang, Caldwell mais à quoi vous avez touché ? »
Cela n'était qu'une question purement rhétorique. Sans laisser le temps au capitaine de se défendre une énième fois d'avoir manipulé quoi que ce soit, il fut pris de cette si légendaire frénésie mackayienne. Et tandis que ses mains tentaient de suivre le rythme fou de ses pensées, il se mit à pianoter sur tous les écrans à sa portée, interrogeant Beckett au sujet de traces de radioactivité dans le sang ou d'un quelconque virus.
À l'instant même où il prononça ce dernier mot, il fit un bond en arrière s'éloignant à toute vitesse de l'invisible militaire, tout en agitant sa propre main, l'air affolé.
— « Contagieuse ! Elle est peut-être contagieuse ! s'écria-t-il, pris de panique.
— Calmez-vous, Rodney, tenta de le tempérer Carson. Toutes ses analyses sont revenues négatives. Aucune trace d'agent pathogène, de virus, ni même de trace de radiation, énuméra-t-il. Ce qui est d'ailleurs surprenant, réfléchit-il à voix haute. Eh bien, habituellement, les patients présentent des traces résiduelles de radiation bénigne après le passage de la porte, et ce pendant environ quarante-huit heures, expliqua-t-il pour répondre aux regards interrogateurs de l'assemblée. Dans le cas de Caldwell, il n'y a absolument rien. De quand date votre dernier voyage avant celui-ci, Capitaine ?
— Deux semaines, répondit immédiatement Ewing à la place de sa subordonnée.
— Intéressant, marmonna Carson pour lui-même. Revenez Rodney, soupira-t-il tandis que l'astrophysicien à l'autre bout de la pièce se frottait les mains avec une dose massive de solution hydro alcoolique. Je vous dis qu'elle n'est pas contagieuse. Vous ne craignez rien. Faites-moi confiance. »
Prenant encore quelques secondes de réflexion, McKay se décida finalement à revenir, conservant tout de même une distance de sécurité de trois mètres entre le capitaine et lui. Aussitôt, il replongea dans ses déductions, compilant les données et consultant çà et là les membres de l'équipe. Puis comme si une idée lumineuse mais peu engageante lui venait à l'esprit, il se planta devant Caldwell – le plus loin qu'il le pouvait cependant – et posa une question qui prit tout le monde au dépourvu.
— « Dites Caldwell, vous êtes nue ?
— McKay ! grondèrent à l'unisson Weir et Sheppard outrés.
— Vous allez trop loin, Docteur ! s'emporta Ewing, que l'indélicatesse du scientifique récolta. »
Ce fut à ce moment précis qu'Élie fut ravie d'être invisible. Ses joues la brulèrent et avaient assurément pris une couleur rouge vif. Pourtant sa gêne fut fugace, puisque la première elle comprit où voulait en venir le Canadien.
— « Non, Docteur, je suis habillée de pied en cap, répondit-elle simplement, à la grande surprise de tous. Et non, je ne porte pas les mêmes vêtements qu'hier, ajouta-t-elle en suivant le raisonnement Rodney.
— Ah en voilà enfin une qui a un peu plus de jugeote que la moyenne, bougonna McKay. Comme si je voulais savoir ce qu'elle portait. Vous êtes vraiment tous obsédés, vous les militaires ! se désola-t-il. Enfin pas vous, évidemment Élisabeth, se rattrapa-t-il. Et puis vous n'êtes pas une…
— Rodney ! le rappela à l'ordre Carson. Où voulez-vous en venir ?
— Eh bien si Caldwell est habillée. Et croyez-moi, il n'y a aucune déception dans ma voix, hein. Je trouve ça très bien. Et puis de toute façon, on n'aurait rien vu, alors…
— Rodney… soupira Weir.
— Euh oui… Donc, si elle porte des vêtements et que ce ne sont pas ceux qu'elle portait quand elle a été exposée à l'appareil lantien hier… commença-t-il avant de digresser à nouveau. Parce que bien sûr, je pense qu'on est tous d'accord sur le fait que ces deux choses doivent avoir un rapport…
— Alors pourquoi est-ce qu'on ne voit pas ses vêtements ? conclut Brenner, qui jusque-là ne s'était pas fait entendre. »
Simon n'avait pas quitté le chevet de son amie depuis qu'elle avait été amenée là, moins d'une heure plus tôt. Il lui avait fallu plusieurs minutes pour comprendre pourquoi les grands dirigeants d'Atlantis étaient rassemblés, le visage fermé. Quand il avait réalisé ce qu'il se passait, il avait été saisi d'une angoisse qui ne l'avait plus abandonnée depuis lors.
— « Et on a un gagnant ! s'exclama Rodney. Comme quoi, ce qu'on dit des Australiens… OK, OK… se défendit-il sous le regard de plus en plus menaçant de Sheppard.
— Je ne sais pas où vous voulez en venir avec cette histoire de vêtements, Rodney, mais ce que je veux savoir c'est si vous pouvez arranger ça, intervint le colonel.
— Arranger ça ? s'écria Rodney. Mais est-ce que vous réalisez l'incroyable avantage tactique que ça nous donnerait sur nos ennemis ? C'est absolument génial ! s'enthousiasma-t-il.
— Rodney, l'interrompit Weir avec douceur, consciente qu'à tout moment l'un des compagnons d'Élie risquait de freiner l'euphorie de son chef scientifique d'un coup de poing au visage. Même si ce que vous dites a du sens, il est hors de question de laisser le capitaine dans cet état.
— Oui, bon c'est vrai qu'au quotidien ça pourrait poser quelques… difficultés, reconnut McKay franchement déçu. Mais bon, peut-être que l'effet va s'estomper après quelques heures ou quelques jours.
— Peut-être en effet, admit Carson. Seulement nous savons tous ici que certaines technologies anciennes présentent quelques défauts majeurs, Rodney. Souvenez-vous du bouclier personnel, ajouta Carson.
— Ou du satellite de défense, renchérit John.
— Nan mais sérieusement, Sheppard ! s'emporta le scientifique. Vous allez remettre ça sur le tapis à chaque fois ? Franchement, ce n'était qu'un tout petit système. Et puis d'abord, il n'était même pas habité ! ronchonna-t-il de plus belle.
— Euh, s'il vous plait… intervint Caldwell d'une voix discrète. Loin de moi l'idée d'être égocentrique, mais serait-il possible qu'on s'occupe de moi ?
— Oh pardon ma chère, s'excusa platement Beckett. Bien sûr, vous êtes au centre de nos préoccupations.
— C'est juste que vous vous faites plutôt discrète, répondit Rodney, ce qui lui attira un nouveau regard noir de Sheppard. Bon, revenons à nos moutons. Donc, le blondinet australien a eu une très bonne réflexion : pourquoi ne voit-on pas vos vêtements ? Bon je ne m'attends pas à ce que quelqu'un d'autre que moi trouve la réponse, mais bon, ajouta-t-il aussitôt d'un ton suffisant. On va tenter un truc. Prenez ça, ordonna-t-il à Élie en désignant un paquet de compresses sur le plateau à côté de lui. »
Élie se saisit du paquet qui disparut en une fraction de seconde. Aussitôt qu'elle le laissa tomber sur le chariot, celui-ci réapparut. McKay marmonna quelque chose puis cette fois, il lui demanda d'attraper une boîte de gants. Élie eut beau y mettre les deux mains, la boîte était toujours visible en partie.
— « OK, maintenant, prenez la main de Sheppard, commanda-t-il à nouveau. »
Sans se faire prier, le colonel Sheppard s'approcha du lit puis tendit la main, droit devant lui. Quand Élie la saisit, il ne se passa rien. Contrairement aux objets qu'elle avait tenus précédemment, la main de Sheppard était toujours parfaitement visible.
— « Donc, ça ne s'étend pas, mais ça peut se rétracter. Et ça n'englobe pas les choses vivantes, réfléchit McKay à haute voix. Ce qui veut dire que ce n'est pas directement elle qui ne réfléchit pas la lumière… continua-t-il. »
Soudain, Rodney se mit à claquer des doigts très vite, avec sur le visage l'air d'avoir résolu une énigme essentielle.
— « Mais bien sûr ! J'aurais dû y penser tout de suite ! s'écria-t-il. Est-ce que vous vous souvenez de la manière dont on a fait croire aux Wraiths qu'Atlantis avait été détruite ?
— Un occulteur de Jumper ! s'exclama Sheppard, frappé par l'évidence. Ce n'est pas Caldwell qui est invisible, elle a un occulteur autour d'elle.
— Mais vous disiez qu'il ne s'étendait pas, or celui du Jumper, vous aviez pu l'étendre Rodney, protesta Élisabeth.
— Oui, et pour ça, j'ai dû utiliser une grande quantité d'énergie : celle du bouclier de la cité, rappela-t-il. Mais de ce que l'on sait, Caldwell ne dispose pas d'une source d'énergie et… Attendez, vous n'avez pas de source d'énergie ! fit-il remarquer, lui-même incrédule.
— Alors comment est-ce qu'il peut encore fonctionner ? s'étonna Élie.
— L'appareil, c'est l'appareil ancien qui était la source d'énergie ! s'écria-t-il. Il est donc logique de penser que vous avez été chargée de cette énergie quand vous avez été atteinte par le rayon. Et maintenant que vous en êtes loin, ça devrait se dissiper tout seul, en déduisit-il. Privé de sa source d'énergie, l'occulteur va juste s'éteindre. C'est tout simplement génial ! C'est une découverte majeure, Élisabeth ! s'enthousiasma l'astrophysicien, emballé par cette nouvelle trouvaille. »
Instantanément, ce fut la cohue générale. McKay et Sheppard étaient complètement surexcités à l'idée d'avoir trouvé le camouflage ultime. Le docteur Weir, elle, s'inquiétait de devoir déposséder les Brijnariens de leur autel centenaire et sacré. Et Carson, quant à lui, les mettait en garde sur les conséquences incertaines que pourraient avoir les expositions à cet appareil inconnu.
Une longue heure passa, durant laquelle elle dut subir à nouveau toute une batterie de tests, mais aussi les incessantes questions de Rodney, auxquelles elle ne comprenait pas grand-chose. Ce fut Simon Brenner qui finit par prendre la jeune femme en pitié et lui aménagea un coin au calme au fond de l'infirmerie, loin de l'agitation. Après encore une heure d'une attente interminable, Caldwell ne tint plus et s'employa à négocier un peu de répit auprès de Carson.
Arguant que puisqu'il était assuré maintenant qu'elle ne représentait aucun risque infectieux pour les autres habitants de la cité, et qu'il semblait probable que les effets de son invisibilité s'estompent d'eux-mêmes, Élie demanda à être libérée. Carson eut l'air d'hésiter, puis obtenant l'approbation d'Élisabeth, il autorisa le capitaine à quitter l'infirmerie, exigeant simplement qu'elle s'y rende toutes les deux heures pour un contrôle.
Élie ne se le fit pas dire de fois et s'échappa presque en courant de ces lieux qu'elle commençait à avoir en horreur. Préférant être seule pour profiter de ses derniers moments de discrétion totale, elle déambula en solitaire dans les couloirs, se permit çà et là quelques petites visites dans différents labos.
Après avoir semé le trouble au labo de botanique quand elle renversa un pot de terre habilement camouflé, elle décida d'espionner Shahin en plein travail. Se laissant aller au jeu de l'invisibilité, d'humeur facétieuse, elle tourna quelques pages du livre qu'il étudiait, sous les yeux incrédules de son ami d'enfance.
Par deux fois, elle se rendit par l'infirmerie pour un check-up rapide et une prise de sang, puis poursuivit ses excursions.
Cette fois-ci, elle choisit d'explorer le niveau -2 de l'aile sud. Ce secteur avait été tout fraichement sécurisé et viabilisé. Shahin lui avait dit qu'ils avaient découvert dans cette zone, un observatoire sous-marin.
Élie songea que cela lui permettrait de passer agréablement le temps. Une fois là-bas, elle fut ébahie par ce qu'elle y trouva. Si la pièce principale était munie d'une grande baie vitrée qui offrait une vue sensationnelle sur les fonds aquatiques de Lantia, ce qu'elle aperçut quand elle descendit l'étroit escalier en colimaçon, lui fit perdre ses mots.
C'était un chef-d'œuvre d'ingéniosité. La salle était circulaire, d'une dizaine de mètres de diamètre et profonde sur trois niveaux. Tous les murs et les sols semblaient être en verre. Et malgré l'épaisseur – d'une bonne vingtaine de centimètres évalua-t-elle –, les parois étaient parfaitement transparentes. Même les paliers pour passer d'un étage à l'autre étaient translucides. Sans le moindre défaut ou encore une trace d'usure que le temps aurait pu y laisser. Les vitres étaient immaculées. Même à l'extérieur : comme si la mousse ou les petits crustacés marins n'avaient même jamais tenté de s'y accrocher.
Le point de vue était époustouflant et en silence elle remercia Shahin de lui avoir parlé de ce lieu. Tout en explorant la pièce, Élie songea avec humour qu'ici au moins, elle se fondait dans le décor. Tout était aussi parfaitement invisible qu'elle. À tel point que si elle avait pu voir ses propres pieds, ils lui auraient surement paru flotter dans le vide.
Au centre de l'observatoire, une sorte d'énorme lentille mobile était enchâssée dans le sol. Faisant office de loupe, elle était plus légère à manœuvrer qu'elle y paraissait, et pouvait être tournée dans tous les sens afin de pouvoir étudier des choses plus distantes.
Tout en s'installant à même le sol, Élie se demanda si elle parviendrait un jour à quitter cet endroit tant la beauté qui s'étendait devant elle la ravissait. Aussi loin que ses yeux portassent, il n'y avait que l'immensité des profondeurs océanes. À l'aide de la lentille, elle put admirer les algues et les coraux paresser paisiblement sur le fond, semblant danser les uns avec les autres, solidement agrippés à leurs rochers.
Elle suivit des yeux le ballet rapide et frénétique des petits poissons qui essayaient de fuir les plus gros. Elle s'extasia devant leurs couleurs chatoyantes et leurs multiples formes. Elle eut aussi la chance d'apercevoir la nage tranquille de deux mammifères marins – qui devaient chacun faire au moins dix tonnes à vue de nez – qui en encadraient un plus jeune qui s'agitait dans tous les sens, infatigable.
Même si elle n'était pas une experte des abysses marins, cette petite famille lui rappelait les narvals terriens. Mais en bien plus énormes, raisonna-t-elle en se souvenant qu'un narval pesait à peine une tonne en moyenne. Ils ressemblaient à de très gros dauphins, cependant les lignes de leur corps étaient un peu moins gracieuses. Et surtout, à l'instar des narvals, ils arboraient tous trois une corne longue et droite sur leur front. Légèrement torsadée, comme si elle avait été façonnée par un talentueux sculpteur, elle était à la fois magnifique et menaçante.
Vraiment menaçante, songea Caldwell quand elle vit le plus menu des mammifères foncer droit sur elle. En moins d'une seconde, Élie s'imagina noyée, lorsque la baie devant elle aurait explosé sous l'impact. Puis, elle réalisa que les murs de verre n'avaient pas la moindre trace de coup, pas même une griffure, comme si elles étaient totalement indestructibles.
Immédiatement, elle fut prise d'angoisse : le pauvre narval allait s'écraser contre l'observatoire, et serait probablement tué sur le coup. Alors de toutes ses forces, elle se mit à frapper contre les parois en criant, tentant d'avertir l'animal. Mais rien n'y faisait. La pièce était totalement insonorisée. Plus que cela même, c'était comme si elle absorbait les bruits et les étouffait.
Caldwell se préparait à la collision quand l'un des deux narvals adultes poussa un mugissement d'alerte qui résonna dans l'observatoire. Vif comme l'éclair, le petit fit demi-tour pour rejoindre ses parents, évitant le choc de justesse.
Élie souffla de soulagement tout en s'appuyant sur le mur devant elle, heureuse que le jeune mammifère soit hors de danger. Alors, la paroi s'illumina à son contact. Ciblant les trois animaux, un texte se mit à défiler sur le côté, visiblement informatif. Élie regretta alors de ne pas être plus à l'aise avec l'écriture ancienne, car elle aurait vraiment aimé en savoir plus sur ces formidables êtres marins.
Ce fut un crépitement dans son oreille qui la tira de ses observations.
— « Capitaine Caldwell, ici le docteur Beckett, fit la voix de Carson, avec une pointe d'angoisse.
— Caldwell, je vous écoute, Docteur, répondit immédiatement la jeune femme.
— Vous m'avez fait peur, Capitaine, j'ai cru que vous aviez eu un problème, s'exclama en retour le praticien. Vous m'avez oublié, n'est-ce pas ? »
Caldwell jeta un œil à sa montre et étouffa un juron, se rendant compte que deux heures et demie étaient passées depuis sa dernière visite.
— « Oh pardonnez-moi, Docteur ! s'excusa platement la militaire. Je suis allée me balader et je n'ai pas vu passer le temps.
— Ah c'est l'effet que cette cité a sur nous tous, rassurez-vous, lui répondit Carson. Si vous allez bien, c'est l'essentiel. En fait, nous avons eu un contretemps à l'infirmerie et vos derniers résultats ne sont pas encore revenus. Alors prenez votre temps pour rentrer, rien ne presse. »
Caldwell en sauta presque de joie. Elle commençait sérieusement à se lasser de ces visites à l'infirmerie, et son bras lui faisait mal à force de prises de sang. La jeune femme s'entendit avec le praticien pour rejoindre le poste médical dans l'heure, puis mit fin à la communication.
Certaine que si elle restait dans l'observatoire, elle louperait à nouveau son rendez-vous avec Carson, Élie se décida à quitter les lieux, à regret, tout en se promettant d'y revenir dès que possible. Plutôt que de reprendre le trajet qu'elle avait emprunté en venant, elle choisit de continuer un peu plus loin dans le couloir. Shahin lui avait dit qu'un nouveau téléporteur avait été mis en service dans ce secteur. Et puisqu'on allait encore lui voler du sang une heure plus tard, il valait mieux économiser ses forces.
Au bout de quinze minutes, elle se demanda s'il n'était pas préférable rebrousser chemin. À mesure qu'elle progressait, elle découvrait que la zone n'avait été que partiellement nettoyée, et elle commençait à douter qu'un téléporteur se trouvât par là.
Mais au moment même où elle se décidait à faire demi-tour, les bruits d'une conversation tenue à voix basse l'intriguèrent. Élie hésita à s'approcher, tiraillée entre sa volonté de ne pas être indiscrète et une curiosité grandissante. Puis, se rappelant que dorénavant plus personne ne percevait sa présence, elle fit taire ses scrupules et avança à pas de loups.
Elle n'entendait qu'une seule voix pour le moment, semblant provenir d'une pièce ouverte quelques mètres devant elle. Tout en prenant garde de ne percuter aucun des débris qui étaient encore au sol, elle rejoignit la salle, passant juste son invisible tête par l'embrasure pour voir qui était là.
Elle trouva le docteur Dubois, accroupi en train de pianoter sur sa tablette, tout en marmonnant ce qui ressemblait à des formules. Élie se souvenait très bien de cet étrange scientifique lunatique, qui durant le voyage vers Atlantis avait réussi à s'enfermer dans le hangar des F302 sans que personne comprenne comment. De toute évidence, l'homme avait là encore cherché à s'éloigner de l'agitation atlante afin de travailler sur ses calculs.
L'espionner perdant donc tout son intérêt, Caldwell s'apprêtait à repartir pour l'infirmerie quand une exclamation attira son attention.
— « Nous ne sommes pas encore prêts ! s'exclama Dubois, d'un ton angoissé. Il me faut du temps. Encore un peu de temps. Je vous en prie, supplia-t-il. »
Élie cette fois décida d'entrer dans la pièce, cherchant à qui l'énigmatique scientifique pouvait bien s'adresser. Elle balaya l'endroit du regard, mais ne vit personne. Peut-être le docteur parlait-il dans son oreillette, songea-t-elle avant qu'il reprenne.
— « Je vous le jure, je fais aussi vite que je le peux, sembla-t-il répondre à son invisible interlocuteur. Mais ils me regardent, ils m'espionnent sans cesse, fit-il. »
À cet instant, Caldwell fut convaincue que Dubois était devenu fou. Il lui faisait penser à ces soldats revenus du front qui perdaient la raison et souffraient de sérieux troubles schizophréniques. Craignant pour la santé et la sécurité du scientifique, Élie avança doucement vers lui, décidée à le ramener avec elle. Dut-elle l'assommer au besoin, elle le devait le conduire chez Heightmeyer avant qu'il ne soit totalement condamné.
Toute à ses réflexions, elle ne prit pas garde et son pied tapa dans un débris sur le sol. Le docteur se retourna brusquement vers elle. Élie fut alors prise d'une panique incontrôlable. Le regard de Dubois n'avait plus rien d'humain. Il était dur et perçant, empli de cruauté. Et il était sur elle. Vraiment sur elle. Il ne pouvait pas la voir, c'était impossible, songea-t-elle. Et pourtant, il la fixait des yeux, c'était évident. Caldwell fut saisie de terreur sans comprendre pourquoi.
Cette fois, elle n'essaya plus d'être discrète et s'échappa aussi vite que qu'elle le pouvait en bousculant tout ce qui se trouvait sur son chemin. Elle courut à en perdre haleine sans pouvoir se défaire de cette furieuse sensation de danger qu'elle avait perçue dans le regard de Dubois. Mais qu'est-ce que c'était que ça ? se demanda-t-elle, effrayée.
OoOoOoOoO
— « Bon sang, mais bien sûr ! s'exclama McKay dans son labo. J'aurais dû y penser plus tôt ! s'énerva-t-il. McKay pour Carson Beckett, ordonna-t-il dans son intercom.
— Oui, Rodney ? répondit la voix de Carson.
— Les radiations. Vous avez dit que les radiations n'étaient pas présentes dans l'organisme de Caldwell alors qu'elle avait passé la porte quelques heures plus tôt, lui rappela McKay.
— En effet, confirma le médecin. J'imagine que l'appareil ancien a nettoyé son organisme, supposa-t-il.
— Sauf qu'elle a été exposée à l'appareil avant de revenir sur Atlantis, le contredit Rodney.
— Nous aurions donc dû retrouver des traces de radiations après son retour sur la cité, supputa Beckett en suivant le raisonnement de son ami. Alors pourquoi ?
— Parce que l'occulteur s'en est nourri ! s'exclama l'astrophysicien. Même infimes, les radiations sont une source d'énergie, expliqua-t-il. J'ai supposé que l'exposition à l'appareil avait chargé Caldwell de son énergie, mais c'était une erreur ! Si ça avait été le cas, vous en auriez trouvé des traces dans ses analyses, et ce n'est pas le cas, n'est-ce pas ?
— En effet… répondit Carson. Docteur Brenner, est-ce que les résultats du capitaine Caldwell sont revenus ? demanda-t-il à son collègue. Merci, dit-il en prenant le dossier pour le consulter immédiatement.
— L'occulteur s'est nourri des radiations générées par le vortex, mais il n'y en a pas assez pour le maintenir actif, continua McKay. Il va avoir besoin d'une autre source d'énergie. Il va pomper l'E2PZ ! s'affola Rodney.
— Oh Seigneur ! s'écria Carson.
— Oui, je sais, ce serait une catastrophe et… reprit McKay.
— Non, vous ne comprenez pas, Rodney ! l'interrompit le médecin. Les résultats des dernières analyses de Caldwell sont revenus et… Il faut prévenir Élisabeth, immédiatement ! s'alarma-t-il. Rejoignez-moi dans son bureau ! ordonna-t-il, avant de couper brutalement la communication. »
Carson se précipita vers le premier téléporteur sur son chemin, tandis que de son côté, Rodney quittait son laboratoire en courant. Ce fut à bout de souffle que les deux hommes arrivèrent en trombe dans le bureau du chef de l'expédition.
— « Rodney, Carson, que se passe-t-il ? s'inquiéta immédiatement Weir.
— Il faut… Caldwell… L'E2PZ… Retourner sur… la planète, haleta McKay, essoufflé.
— Docteur Weir, il faut retrouver Caldwell et la ramener immédiatement sur Brijnar, reformula Beckett.
— Sinon elle va pomper l'E2PZ. Ou plutôt, l'occulteur va le faire, précisa Rodney.
— C'est bien plus grave que ça, intervint le médecin. Cette chose est en train de la tuer, annonça-t-il avec fatalité. Regardez ses résultats, dit-il à Weir en lui tendant le dossier médical. Ces deux analyses sont espacées de seulement deux heures et les dernières montrent que ses cellules sont en train de mourir. Sur cette culture, déjà trente pour cent des tissus sont touchés. Si mes calculs sont exacts, les trois quarts de son système sont déjà atteints. Elle meurt, Élisabeth.
— Il se nourrit d'elle ! s'exclama Rodney. Mais oui, c'est ça ! C'est pour cela qu'il n'y a pas de fluctuations sur l'E2PZ. L'occulteur se nourrit d'elle, c'est elle la source d'énergie ! Il faut la ramener sur la planète, et tout de suite. Une fois là-bas, l'occulteur devrait se reconnecter à l'appareil. Enfin, je l'espère…
— Élisabeth, j'ai essayé de la contacter via l'intercom pendant que je venais ici. Elle ne répond pas, l'informa Carson, vraiment inquiet. »
Élisabeth ne perdit pas de temps en réflexion, aussitôt elle quitta la pièce pour rejoindre le centre de contrôle.
— « Chuck, connectez-moi sur les haut-parleurs de la cité, ordonna Weir. Ici le Docteur Elisabeth Weir, annonça-t-elle quand le technicien lui donna le feu vert. Je m'adresse au Capitaine Eleanor Caldwell. Capitaine, si vous nous entendez, vous devez vous rendre immédiatement dans la salle de la Porte, lança-t-elle tandis que sa voix résonnait dans toute la cité. Élie, reprit-elle d'un ton inquiet, si vous m'entendez, je vous en prie, contactez-nous, s'il vous plait, nous nous faisons beaucoup de souci pour vous. »
La voix du docteur Weir envahissait Atlantis, des laboratoires aux quartiers du personnel. De l'aile ouest à l'aile est. Du sommet de la tour de contrôle au plus bas niveau, tout le monde entendit l'appel du leader atlante. Même Élie. Au niveau -2 de l'aile sud, au bord de l'inconscience, Élie perçut l'annonce d'Élisabeth, pourtant elle était déjà trop faible pour y répondre.
Caldwell n'avait pas compris ce qui lui arrivait. Quelques minutes plus tôt, elle courait pour fuir le plus loin possible du regard effrayant du docteur Dubois. Elle avait bien senti que quelque chose n'allait pas. Elle s'était épuisée bien plus rapidement que d'habitude. Puis, au détour d'un couloir, sa vision s'était voilée et elle avait été prise d'une sueur froide. Elle avait été obligée de s'appuyer contre un mur pour s'empêcher de tomber. Ses mains avaient tremblé et ses jambes, flageolé. Sans pouvoir lutter, elle avait glissé sur le sol, vidée de toute force. Pas même assez d'énergie pour porter sa main à l'oreillette et demander du secours.
Élie eut juste le temps d'entendre Élisabeth la supplier de les contacter avant de sombrer dans le néant.
Et tandis que la jeune femme gisait inconsciente sur le sol humide et glacial d'une allée perdue du niveau -2, Weir lançait un troisième appel désespéré. Comme elle n'obtenait aucune réponse, elle ordonna à McKay de localiser le transpondeur de Caldwell et commanda à Sheppard de venir d'urgence. Plusieurs personnes avaient déjà rejoint le docteur Weir en salle de contrôle. Le major Ewing tournait comme un lion en cage, rongé par l'inquiétude. Sans attendre qu'on le lui demande, le major Lorne lui était venu voir s'il pouvait de rendre utile et, alors que Sheppard, Ronon et Teyla faisaient leur apparition, Élisabeth décida qu'il était temps d'organiser des recherches.
— « Je n'arrive pas à la localiser, s'énerva McKay en pianotant furieusement sur son ordinateur.
— Faites quelque chose, McKay s'emporta Ewing. Il faut qu'on la retrouve ! s'écria-t-il de plus en plus angoissé depuis que Beckett lui avait expliqué la situation.
— Figurez-vous que je fais ce que je peux ! riposta le Canadien. Seulement les transpondeurs sont calibrés sur les signes vitaux, alors si je ne la trouve pas c'est qu'elle… »
McKay se stoppa net, mais il n'eût pas besoin d'en dire plus. Morte. S'il ne localisait pas son transpondeur, c'était sans doute que Caldwell était déjà morte.
— « C'est impossible ! s'énerva le major. Cherchez mieux que ça ! fulmina-t-il.
— Calmez-vous, Ewing ! ordonna Sheppard d'un ton sec, obtenant du même coup le silence contrit d'Ewing. On va la retrouver Major, on va la retrouver, tenta-t-il de le rassurer. Rodney, est-ce que vous êtes sûr que… Enfin, je veux dire…
— Eh bien, peut-être que si je… commença-t-il en manipulant le clavier. Je vais essayer d'augmenter la sensibilité des détecteurs. Ceux de la cité ont été réglés au minimum, alors peut-être que…
— Et si nous couplons les détecteurs de signes de vie au localisateur, on pourrait peut-être affiner le repérage, proposa Zelenka qui venait de les rejoindre. Si ses signes vitaux sont faibles, peut-être qu'en poussant les détecteurs au maximum…
— Mais oui, bien sûr ! Si elle est mourante… Mais toujours vivante ! se rattrapa McKay, effrayé par le regard noir que lui lançait Ewing. Si ses signes vitaux sont faibles, le signal du transpondeur le sera tout autant. Zelenka, poussez les détecteurs de signes de vie au maximum, pendant que je m'occupe du localisateur. Et après venez m'aider à coupler le tout.
— Combien de temps, McKay ? demanda Sheppard.
— Dix minutes. Un quart d'heure. Peut-être plus, répondit Rodney.
— Nous n'avons pas un quart d'heure, Rodney, intervint Carson.
— Alors, laissez-moi travailler ! tempêta le Canadien.
— Bien, en attendant, on va commencer à l'ancienne. Permettez, Élisabeth, fit John en prenant la place de Weir. Chuck connectez moi aux haut-parleurs, ordonna-t-il. À tout le personnel d'Atlantis, ici le Lieutenant-Colonel John Sheppard. Arrêtez tous ce que vous faites. Le capitaine Élie Caldwell est portée disparue, annonça-t-il. Elle est probablement très mal en point. Nous essayons en ce moment de la localiser mais le temps est compté. Nous devons la retrouver rapidement. Caldwell est invisible et ceci n'est pas une plaisanterie, ajouta-t-il d'un ton si ferme que personne de douta de ses propos. Je demande à tout le monde de se mettre à sa recherche. Soyez vigilants. Si vos labos sont équipés de détecteurs thermiques ou de signes de vie, utilisez-les pour retrouver Caldwell. Elle doit être emmenée de toute urgence à la Porte des Étoiles. Je compte sur votre coopération à tous, termina-t-il. Teyla, Lorne, allez vérifier ses quartiers, commanda-t-il, une fois déconnecté du système de communication générale de la cité. Abrahams, filez au hangar à Jumper et prenez tous les détecteurs que vous trouvez. Distribuez-les à toutes les équipes de recherche, et…
— L'aile sud ! hurla Shahin en émergeant d'un téléporteur. L'aile sud, le niveau -2 ! répéta-t-il en s'arrêtant devant John, à bout de souffle. Je lui ai parlé de l'observatoire sous-marin. Je suis presque sûr qu'elle est là-bas.
— OK, réagit immédiatement Sheppard. Chuck est-ce qu'on a des détecteurs ici ? Merci, dit-il en se saisissant de celui que lui tendait le technicien, tandis que Rodney en sortait un deuxième de sa poche. Vous, docteur Ouazid, avec moi. Ronon, Ewing, prenez ça et suivez-nous, ordonna-t-il en tendant le détecteur de McKay au Satédien. McKay concentrez vos recherches sur cette zone et guidez-nous. En route. »
Les quatre hommes empruntèrent le téléporteur pour rejoindre au plus vite la zone indiquée par le docteur Shahin Ouazid. Sans attendre, ils se séparèrent en deux groupes et se mirent à fouiller les couloirs et les salles attenantes.
— « Là ! s'écria Ewing à l'attention de Ronon tandis qu'un point faiblement lumineux apparaissait sur l'écran. »
Sans attendre, Dex et Ewing s'élancèrent pour rejoindre au plus vite l'endroit indiqué par l'appareil. Ronon stoppa brusquement son coéquipier du jour tandis que leurs propres signes vitaux se confondaient avec celui plus faible qu'ils avaient repéré.
Doucement, le Satédien s'accroupit et tâtonna le sol, aussitôt imité par le major.
— « Elle est là, s'exclama-t-il en mettant la main sur ce qui semblait être un pied. »
Tâchant de discerner au toucher les contours du corps inconscient devant lui, il secoua la jeune femme pour essayer de la réveiller. Ewing de son côté cherchait le cou de Caldwell pour prendre son pouls. Quand il trouva enfin la carotide, ce fut un mouvement minime et irrégulier qui pulsa sous ses doigts.
— « C'est faible, mais elle est en vie, se réjouit-il. »
Aussitôt, Ronon passa un bras sous les genoux de la jeune femme et un autre dans son dos et la souleva aussi facilement que si elle avait été un fétu de paille. Puis précédé par Ewing qui lui dégageait le passage, il reprit une course effrénée dans les dédales de la cité.
— « Sheppard, on l'a, annonça Ronon dans son intercom. On fonce vers la Porte, dégagez-nous le passage. »
Ewing et Dex couraient à s'en faire éclater les poumons, faisant fi des suppliques douloureuses de leurs muscles. Quand ils émergèrent du téléporteur, le major se mit à hurler de dégager le passage.
McKay avait déjà ouvert le vortex vers Brijnar, Ronon n'était plus qu'à quelques mètres de la Porte. Aussi il ignora Beckett et Brenner qui venaient à sa rencontre pour examiner leur patiente. De même, il n'attendit pas l'autorisation de Sheppard ou Weir, et d'un bond, il franchit l'anneau ancestral, priant pour la petite chose frêle dans ses bras soit toujours en vie.
Les Lecteurs qui ne finissent pas leur review seront privés de happy end ! (copyright Loufoca)
Alors, la bonne nouvelle, c'est que tout l'épisode est fini ! (Depuis une semaine déjà, je suis fière :) ) Donc ce coup ci, vous aurez les chapitres en temps et en heure !
La moins bonne, c'est que je n'ai pas encore mis en route de nouvel épisode (enfin si mais c'est pas écrit du tout) Et comme je pense me lancer sur une autre de mes fics en cours, je ne vous promets pas une autre épisode très rapidement.
Bref, ce qui est sûr, c'est qu'on se retrouve vendredi prochain pour le chapitre 4 !
J'espère que celui-ci vous aura plus et que vous inonderez ma boîte mail de plein de reviews !
Amitiés,
Edeinn
