Bonjour à tous !

Désolée pour le retard de publication, petit contretemps. Mais le voilà, le dernier chapitre de cet épisode.

Un grand merci à tous ceux qui ont suivi cette histoire. Et surtout a ceux qui ont pris le temps de laisser un petit mot dans les reviews !

J'espère que ce chapitre final répondra à vos interrogations et vos attentes.

Réponse à la Review de Guest : un grand merci pour tes reviews et tes compliments, ça fait vraiment plaisir de savoir pour qui on publie. En esperant te retrouver bientôt sur une autre fiction.

Sur ce, je vous laisse avec les droits et je vous souhaite une bonne lecture !

Disclaimer : L'univers et les personnages de Stargate Atlantis sont la propriété de la MGM, Brad Wright et Robert C. Cooper. Et s'ils les veulent, je leur file même mes OCs à condition qu'ils relancent la série (bande de feignasses, je vous aime quand même) Je ne tire aucun bénéfice pour la publication de cette fiction.


Élie Caldwell

Invisible Touch

Chapitre 5 et épilogue.

Ce fut le bruit d'une conversation à voix basse qui tira Élie de son sommeil. Le jour n'était pas levé et la grotte était sombre, aussi ses yeux mirent un peu de temps à s'habituer à l'obscurité. Près des braises encore fumantes du feu de la veille, le major Lorne et Shahin étaient en grande discussion.

Élie eut un sourire ému en regardant son ami. Shahin avait fait un dangereux pari en pénétrant dans le laboratoire ancien. Et si Élie fut ravie de constater qu'il était bien visible, elle ne réussissait toujours pas à se défaire de l'horrible sensation qui la tenaillait depuis le soir précédent.

Shahin avait pris un risque inconsidéré, rien que pour lui venir en aide. Il en avait été ainsi depuis l'enfance, ils avaient invariablement pris soin l'un de l'autre. Et pourtant, la jeune femme ne parvenait pas à se départir d'un sentiment de culpabilité persistant. Elle savait que Shahin n'était là que par sa faute. Que c'était uniquement à cause d'elle qu'il avait décidé de rejoindre Atlantis. S'il lui arrivait quelque chose, Élie en serait la seule responsable.

— « Ravi de te voir, Shahin, lança-t-elle en rejoignant les deux hommes autour du feu.

— Et moi, donc ! s'exclama le jeune homme. Visiblement, les combinaisons antiradiations ont fait leur œuvre, dit-il, soulagé. Est-ce qu'on doit les réveiller ? demanda Shahin en désignant leurs compagnons endormis.

— Ne jamais réveiller McKay avant qu'il ne fasse jour, lui murmura Lorne d'un air énigmatique. Non, laissez-les dormir encore un peu, recommanda-t-il. De toute façon, on ne serait pas très efficace à crapahuter en forêt dans le noir.

— Je peux vous guider, moi, annonça la voix d'Otger à l'entrée de la grotte. »

Quand Élie s'était réveillée, le garçon n'était déjà plus là, et sa place, froide depuis un moment. De toute évidence, Otger était allé se balader très tôt.

— « C'est aimable de ta part Otger, répondit poliment Lorne. Mais nous allons attendre que le jour – et le colonel Sheppard – soient levés. »

Quelque chose passa en vitesse à côté d'Élie, puis, l'instant d'après, Sheppard grognait en se tenant la jambe, comme s'il venait de recevoir un coup.

— « Il est réveillé, maintenant, lâcha l'adolescent, sans émotion. Il faut y aller. Ils essaient de prendre l'autel, les informa-t-il.

— Les Géniis ? grommela Sheppard en les rejoignant, les paupières encore lourdes. Au passage, mon grand, merci pour le réveille-matin, dit-il à Otger, d'un ton acide.

— À votre service, répondit le jeune homme sans se démonter. Les Géniis, ils utilisent de drôles d'outils et parlent de l'emmener à leur base pour l'étudier. On doit les en empêcher.

— Tu es allé là-bas, tout seul ? demanda Élie atterrée par l'inconscience du garçon.

— Nan, Harmot et moi, on est allés avec lui, s'éleva une voix toute proche. »

Otger leur fit un rapport détaillé de la situation. Une quinzaine de Géniis étaient rassemblés autour du temple. Trois autres avaient franchi la Porte des Étoiles, une heure plus tôt, charriant avec eux un tas d'appareils de mesures. McKay s'employa immédiatement à questionner Otger sur ces machines. Puis il jura : avec tout ce qu'ils avaient emporté, les Géniis risquaient d'y passer au moins la journée. Le jeune invisible confirma également que les intrus étaient tous armés et sur leurs gardes.

— « Sheppard, on ne peut pas les laisser faire ! s'alarma Rodney. Ils vont endommager l'appareil, incompétents comme ils sont !

— Je sais, Rodney, soupira John. Mais j'aimerais autant éviter un affrontement.

— Si les Géniis découvrent que les Brijnariens nous ont cachés, ils le leur feront payer, chuchota-t-elle à son supérieur. »

Mais pas assez bas, songea-t-elle, en entendant les murmures affolés des enfants. Même s'ils avaient été chassés de chez eux et oubliés des leurs, ils n'en restaient pas moins attachés à leur village et à leurs proches. Et à l'idée que ces étrangers puissent s'en prendre aux leurs, la révolte gronda parmi les Invisibles.

— « OK, OK, tout le monde reste calme, tempéra Sheppard. Otger, personne ne fera de mal aux vôtres, lui promit-il. Mais tu dois les calmer. »

Otger prit une minute pour considérer la valeur de la parole du militaire, puis le jugeant digne de confiance, lança un ordre sec qui instaura instantanément le silence parmi les siens.

— « Il faut créer une diversion ! s'exclama Rodney. On fait exploser deux ou trois pains de C4 quelques kilomètres plus loin et…

— Et on dévoile notre présence, puisque nous sommes les seuls à disposer d'explosifs aussi puissants que le C4, fit remarquer Lorne.

— Sans compter que, même si les Géniis sont idiots, ils ne partiront pas tous d'un seul coup, ajouta Ewing. Il faudra donc compter sur notre rapidité à les maitriser et assez de chance pour qu'ils n'aient pas le temps de prévenir leurs copains.

— Et puis, si tant est que toutes ces conditions soient réunies, combien de temps pensez-vous que cela vous donnerait pour désactiver l'engin, avant qu'ils ne reviennent ? demanda très justement Carson. Pas assez, je pense, pour faire ce que vous n'avez pas pu faire en quatre heures, hier.

— Oui, bon, j'ai compris : mauvaise idée, bougonna Rodney. Mais est-ce qu'au moins quelqu'un d'autre à une meilleure proposition ? »

Ce fut comme si la lumière se faisait instantanément dans l'esprit de Shahin. Le plan était comme en train de s'assembler sous ses yeux.

— « Otger, les enfants ne sont pas tous là, n'est-ce pas ? demanda-t-il à l'adolescent qui confirma que deux d'entre eux étaient encore dehors. C'est pour ça que toi et les deux autres êtes sortis ce matin : vous alliez chercher la petite fille qui a amené les offrandes hier, affirma-t-il. Est-ce qu'il reste des Géniis au village ? »

Otger répondit par la négative et Shahin exposa son plan à ses compagnons. L'anthropologue était loin d'être un tacticien, encore moins un homme de terrain. Cependant, Sheppard dut en convenir : son idée était géniale. Elle reposait certes sur un grand nombre de suppositions, et si une seule d'entre elles était contredite, tout le reste tombait à l'eau. Mais cela n'en était pas moins véritablement ingénieux.

Toute la stratégie de Shahin s'appuyait sur les Brijnariens. Ce qui fit protester avec force McKay et Sheppard, encore échaudés par la trahison de la veille. Pourtant, le docteur Ouazid était certain qu'Élie n'avait pas pu se tromper sur Baldrick et les siens. Otger l'avait confirmé : son peuple haïssait les Géniis. Seulement, ils en avaient peur, parce que leurs armes pouvaient tuer, et parce que les Géniis n'avaient aucun scrupule à user de violence pour obtenir ce qu'ils voulaient.

Aussi, Shahin était sûr que si l'on apportait aux Brijnariens l'occasion de se débarrasser de l'envahisseur, ils marcheraient avec eux. Le tout était de réussir à réaliser cet exploit sans risquer de déclencher la colère des Géniis contre les habitants de cette planète.

Oui, la stratégie du jeune homme était complexe, mais audacieuse. Il fallait donner aux Géniis une bonne raison de partir et de ne plus jamais revenir.

Bien qu'avec quelques réserves, le plan fût adopté par tous, et ils passèrent l'heure suivante à tout mettre au point.

OoOoOoOoO

Toute la troupe se déplaçait le plus silencieusement possible, ayant tiré un trait sur la rapidité de leur avancée. Pour ne pas se perdre les uns les autres, Otger et Élie tenaient par la main les deux militaires qui les suivaient. Le major Ewing avait un peu ronchonné à l'idée d'être guidé comme un enfant par un adolescent, mais Otger avait su faire preuve d'autorité face à l'adulte bougonnant et Jackson s'était finalement plié à l'exercice.

Sur le succès de cette première étape reposait l'issue de toute l'entreprise. Si ces quatre-là échouaient, la partie serait finie, et la situation deviendrait surement bien pire. Lorne, Ewing, Otger et Caldwell approchaient enfin du village et un appel discret sur leur gauche leur indiqua qu'ils avaient été rejoints par les deux garçons qui surveillaient la maison de Baldrick.

Ces derniers – Ralf, treize ans, et Terkel, onze ans – les informèrent que pour le moment, aucun cri n'était parvenu de la chaumière. Soit Rikke dormait toujours, soit elle n'était pas encore invisible. Secrètement, Élie pria pour que la petite Brijnarienne fût dépourvue du gène des Anciens et qu'elle n'ait pas été touchée. Mais puisque l'appareil s'était déclenché, aucun doute ne subsistait.

Le major Ewing décida qu'il resterait avec les deux plus jeunes Invisibles. S'il fallait calmer et rassurer Baldrick et Hedda sur ce qui arrivait à leur fille, il était préférable que ce soit quelqu'un de connu. Et de visible. Caldwell et Lorne approuvèrent sans hésiter. Doublement, même. Puisque, bien que cela n'ait pas été formulé par le gradé, il était clair qu'il se refusait également à laisser deux enfants seuls avec des Géniis dans les environs.

Contrairement aux Brijnariens, il était certain que les Géniis ne seraient pas impressionnés par les superstitions de ce peuple. S'ils percevaient une présence invisible, ils tireraient dans le tas. Aussi, le major Ewing se tenait prêt à riposter si le besoin s'en faisait sentir.

La consigne du colonel Sheppard avait été formelle. Même s'il souhaitait vraiment protéger la population de cette planète de représailles géniis, il ne prendrait aucun risque. Il avait exigé que chacun des membres de l'expédition soit armé et paré à faire feu au moindre danger. S'ils devaient se révéler aux Géniis, il en serait ainsi. Si nécessaire, on déplacerait les habitants de ce monde : ce ne serait pas la première fois.

Pour Caldwell, s'équiper avait été un véritable casse-tête. Le P90 était trop gros et sortait du champ de son occulteur à chaque mouvement. Elle avait bien tenté de négocier avec Ronon pour lui emprunter son blaster, mais celui-ci s'était montré parfaitement inflexible. Elle s'était donc résignée à se munir de deux révolvers, et d'autant de chargeurs qu'elle avait pu trouver.

— « Où se trouve la maison de ton père, Otger ? chuchota Élie. »

Le jeune homme ne répondit pas, se contentant de les tirer, elle et Lorne, par la main à travers les rues du village à peine éveillé. Otger ne disait rien et pourtant, la moiteur de ses paumes et la force de sa poigne en racontaient long sur l'état émotionnel du garçon.

Pour pouvoir rallier les Brijnariens à leur cause, il était apparu évident que l'on devait leur faire prendre conscience de la vérité. Cependant, la tentative des majors Lorne et Ewing la veille n'avait pas été concluante, et la tâche n'en serait que plus ardue : leurs hôtes étaient dorénavant sur la défensive. Aussi fallait-il un argument de poids.

C'était Otger qui leur avait apporté la solution. La présence d'Élie ne suffirait pas à persuader les habitants de Raddka de la véracité de ses propos : ils la connaissaient depuis trop peu de temps. Ils allaient devoir convaincre le père d'Otger.

Dix ans plus tôt, petit garçon il avait été chassé de chez lui parce que ses parents le prenaient pour un fantôme. Alors, pour la première fois depuis une décennie, il retournait dans la demeure familiale et en affronter le patriarche. Il n'était pas étonnant que le jeune homme soit si nerveux.

Élie serra plus fort la main de l'adolescent pour lui prouver son soutien, espérant simplement qu'il ne leur ferait pas faux bond au dernier moment, sous le coup de l'émotion.

Ce fut Lorne qui pénétra le premier dans la maison de Gerolf. Ce dernier, en bon hôte, bien que froid et distant, l'invita à entrer et à partager le petit-déjeuner avec les siens. Élie put entendre un discret reniflement à sa droite. Otger était ébranlé par cette scène. Sa mère s'activait aux fourneaux pour terminer le repas, tandis que trois autres enfants s'asseyaient autour de la table.

Quand Otger avait quitté sa famille, il n'avait qu'un seul frère, il avait douze ans maintenant. Il n'avait jamais connu les deux petites filles qui habitaient dorénavant sa maison. L'adolescent suffoqua sous le coup d'une douleur au cœur et à l'âme, et ce ne fut que la pression de la main d'Élie autour de la sienne qui l'empêcha de faire demi-tour.

Lorne s'installa, puis demanda à Gerolf, s'ils pouvaient parler sans la présence des plus jeunes. L'air sérieux du major sembla suffisant pour convaincre le patriarche. Leur mère, Sunniva, enveloppa quelques galettes chaudes dans un linge, puis versa dans des gobelets, une boisson fumante et les envoya dans la pièce voisine.

Dès que les enfants furent hors de portée de la conversation des adultes, avec maintes précautions, Lorne commença à expliquer les raisons de sa venue.

Avant toute chose, l'Atlante leur présenta des excuses pour leur maladresse de la veille, lui affirmant que leur intervention n'avait pour seul but que leur sécurité et leur bien. Gerolf était perplexe, mais invita tout de même le militaire à continuer.

— « Gerolf, je dois être clair avec vous, dit le major. Si les Géniis apprenaient notre présence ici, et savaient que vous nous avez cachés, ils risqueraient de s'en prendre à vous. Alors je vous en conjure, même si ce que je vais vous dire vous fait peur ou vous met en colère, ne faites rien qui pourrait les alerter. Pour votre bien, autant que pour le nôtre, le supplia-t-il. »

Gerolf approuva, de plus en plus intrigué. Sunniva, elle, vint s'installer auprès de son mari, une main posée sur son bras, prête à le tempérer au besoin. Otger regarda sa mère avec tristesse.

Elle avait tant vieilli. Elle qui était si belle, jadis, s'était ternie sous le coup des années passées et du chagrin. Le jeune homme pouvait lire dans ses yeux une affliction qui jamais n'avait quittée la Brijnarienne. Comme s'il redevenait soudain le petit garçon qu'il était dix ans auparavant, il eut une envie furieuse de se blottir dans le giron maternel, et seule la poigne déterminée de Caldwell parvint à l'en empêcher. C'était encore trop tôt.

— « Bien, reprit Lorne. Si le major Ewing et moi-même avons voulu vous empêcher de faire votre offrande à Brijnar, hier, ce n'était pas par manque de respect envers vos croyances, je vous le promets, jura-t-il. »

Gerolf se tendit, prêt à riposter, encore furieux de l'attitude de leurs invités. Ils les avaient accueillis comme des frères, les avaient nourris, et même fait les libations en leur honneur, et ces étrangers avaient cru pouvoir les insulter de la sorte. En bafouant leurs traditions et leur Dieu ! Gerolf bouillonnait. Mais Sunniva, d'une nature douce et pondérée, su ramener son époux au calme, d'une simple pression sur le bras. Aussi, tout en maugréant, Gerolf laissa Lorne poursuivre.

— « Il y a deux jours, quand le capitaine Caldwell et moi… Élie, précisa-t-il en réponse au regard interrogateur du Brijnarien. Quand Élie et moi avons exploré la forêt, nous sommes tombés sur votre temple. Nous ignorions ce qu'il était avant que nous y trouvions les offrandes, se défendit-il immédiatement face à l'air courroucé de son hôte. »

Conformément à ce que lui avait conseillé Caldwell, le major Lorne tâchait d'avoir l'air le plus naïf possible, pour ne pas trop froisser le chef de Raddka. Faites comme si vous étiez un enfant qui avoue une bêtise, lui avait dit la jeune femme. En conséquence, Lorne essayait de se montrer aussi innocent qu'il le pouvait.

— « Je vous prie de nous accorder votre pardon, Gerolf, mais nous ne savions pas qu'il s'agissait de l'autel de Brijnar, et nous sommes entrés, reconnut-il, la tête basse tandis que Gerolf soufflait bruyamment.

— Tout le monde commet des erreurs, intervint Sunniva d'une voix calme. Je suis sûre qu'ils se sont montrés très respectueux et n'ont touché à rien, Gerolf, ajouta-t-elle à l'attention de son mari. Sinon, Evan ne nous l'aurait pas avoué, argua-t-elle avec justesse. Ce sont nos amis, appuya-t-elle encore.

— D'accord, abdiqua l'homme, vaincu par la douceur de son épouse. Continuez, major.

— C'est vrai, Gerolf, Brijnar m'en soit témoin, nous sommes coupables de curiosité, mais nous ne sommes pas malhonnêtes, confessa Evan. Nous n'avons pas profané le temple, mon ami. »

Disant cela, Lorne posa sa main sur celle du Brijnarien, dans un geste d'apaisement. Ce dernier sonda les yeux du militaire, y cherchant une quelconque trace de fourberie. Mais le major Evan Lorne était un homme foncièrement loyal, et Gerolf ne put que convenir de sa bonne foi.

— « Maintenant, ce que je vais vous dire, vous ne voudrez pas le croire. Cela vous rendra même sans doute furieux, annonça le Terrien. Mais je vous demande de m'écouter jusqu'au bout : j'ai des preuves de ce que j'avance.

— Il le fera, dussé-je l'y obliger, affirma Sunniva en adressant un sourire tendre à son époux. C'est une tête de zidka1, mais il n'est pas déraisonnable. Nous vous écoutons, Evan, l'incita-t-elle à continuer.

— Vous vous souvenez de mon amie, Élie, n'est-ce pas ?

— Une brave femme, convint Gerolf. Honnête et jolie avec ça, ajouta-t-il tandis que sa femme lui octroyait une tape sur le bras. Mais bien moins que toi, ma douce, se rattrapa-t-il.

— Quand nous sommes entrés dans le temple, l'autel de Brijnar s'est illuminé. J'ai pu sortir à temps, mais pas Élie, leur expliqua Lorne sous le regard horrifié des deux Brijnariens.

— C'est impossible ! s'exclama Gerolf, abasourdi. Brijnar ne prend que les enfants ! Nous le savons bien nous-mêmes, ajouta-t-il, d'un air triste.

— J'ai appris pour Otger, et je vous expliquerai cela en temps voulu, répondit Evan. Mais sachez qu'Élie aussi a subi le sort des enfants.

— Elle est devenue un fantôme, se désola Sunniva, pâle comme la mort.

— Non, Sunniva, elle est toujours en vie, affirma Lorne. Je sais que cela vous paraît incroyable, et que vous me prenez sans doute pour un fou, mais je ne vous mens pas, certifia-t-il. Brijnar ne tue pas vos enfants, il les rend juste… invisibles, acheva-t-il. »

Gerolf bondit sur ses jambes en criant à l'hérésie. Il fallut dix bonnes minutes et tout le savoir-faire de sa femme pour le ramener au calme et l'obliger à écouter la suite.

— « Si Otger, mon tout-petit, avait été vivant, il nous l'aurait fait savoir, argua simplement Sunniva.

— J'ai essayé ! s'emporta l'adolescent, faisant sursauter ses parents. »

Otger se contenait depuis trop longtemps. Il était bouleversé de se trouver là, devant ceux qu'il aimait et qu'il n'avait pas pu serrer dans ses bras depuis une décennie. C'en était trop pour le pauvre garçon. Pourquoi son père ne voulait-il pas comprendre ? Pourquoi sa mère l'avait-elle chassé ?

Élie dut user de toute sa force de persuasion pour le faire taire, sans pour autant alarmer les deux Brijnariens déjà secoués d'avoir entendu la voix de leur fils, sans pouvoir la reconnaître. Dans l'humeur sanguine du jeune homme, Élie retrouvait le caractère impétueux de Gerolf. Aussi recourut-elle à la même douceur que Sunniva pour apaiser Otger.

— « Calmez-vous, ordonna sèchement Lorne aux deux parents. Je sais que vous êtes troublés, mais vous avez promis de m'écouter jusqu'au bout. Faites-moi confiance, les supplia-t-il. Si je vous prouve qu'Élie et Otger ne sont pas morts, accepterez-vous de nous aider ?

— C'est impossible, murmura à nouveau Gerolf, perdu.

— ça ne l'est pas, intervint posément Élie. Je sais que vous avez peur, Gerolf. Je suis là, vous m'entendez et cependant vous ne me voyez pas, édicta-t-elle. Je sais à quel point cela peut paraître étrange, mais il y'a une explication à tout ça. »

Puis, avec prudence, la jeune militaire approcha des deux Brijnariens. Jugeant Sunniva plus compréhensive que son mari, c'est elle qu'elle tâcha de persuader la première. Ne cessant pas de lui parler, elle vint doucement toucher la Brijnarienne qui, passé le premier frisson, accepta de se laisser guider. Caldwell lui fit constater la chaleur de sa peau, et posant la main de Sunniva sur sa poitrine, lui fit ressentir les battements de son cœur.

La femme en eut le souffle coupé et les mots lui manquèrent. Puis, des larmes de mirent à couler le long de ses joues, et des sanglots incontrôlables la prirent. Alors Élie recommença l'expérience avec Gerolf, qui en fut tout aussi bouleversé. Une fois les deux aliens convaincus, elle demanda à Otger de s'approcher.

— « Otger n'est pas mort, mes amis, leur assura-t-elle. Simplement, vous ne pouvez pas le voir. Mais vous pouvez le toucher, leur affirma-t-elle. »

Avec crainte, Sunniva leva ses mains tremblantes devant elle et son fils vint les saisir, en s'agenouillant auprès d'elle. Et tandis qu'elle découvrait le visage de l'adolescent, la mère pleura de joie.

Les retrouvailles durèrent un bon quart d'heure, et Lorne et Élie répugnaient à briser ce moment de bonheur. Cependant, le temps pressait. Caldwell mêla les légendes locales à ses explications sur la technologie des Anciens, afin que Gerolf et Sunniva ne soient pas trop perturbés par toutes ces informations. Elle leur apprit que les Atlantes cherchaient une solution pour inverser les effets de l'appareil, mais que pour cela, ils devaient à tout prix éloigner les Géniis de la planète.

— « Nous allons rendre son apparence à Otger et à tous les autres, leur promit Lorne. Mais pour ça, nous manquons de temps, et nous avons besoin de votre aide.

— Que devons-nous faire ? demanda Gerolf avec détermination, sans se résoudre à lâcher la main invisible de l'enfant perdu depuis longtemps. »

Lorne esquissa un sourire satisfait, puis posa sur la table une fiole qu'il avait sortie de sa poche, et il expliqua le plan aux deux Brijnariens.

OoOoOoOoO

— « Ils acceptent de nous aider ? leur demanda Sheppard dans l'oreillette.

— Affirmatif, Colonel, agréa Lorne. Sunniva et Hedda sont déjà en train de tout préparer. Gerolf est allé chez Baldrick et ils ont réuni quelques autres chefs de famille pour tout leur expliquer. Le village entier est en émoi.

Les autres n'ont pas été trop difficiles à convaincre ? s'inquiéta le colonel.

— Non, Monsieur, répondit son subalterne. Quand Rikke est devenue invisible, le major Ewing a réagi immédiatement pour empêcher Baldrick de donner l'alerte, et la famille de Gerolf a su leur expliquer ce qui était arrivé à la petite. Elle est restée au chaud dans sa chambre, son frère veille sur elle, relata-t-il. Quant aux autres, grâce à Otger et ses amis, ils se sont rapidement laissés convaincre. Je crois que beaucoup d'entre eux sont trop heureux qu'on leur donne une raison d'espérer que leurs enfants soient vivants.

Pas tous, malheureusement, soupira John.

— Oui, cela a été dur pour certaines familles, confirma Caldwell. Otger a donné la liste des morts. Mais au moins maintenant, ils peuvent faire leur deuil.

Bien, très beau boulot à tous les trois, les félicita-t-il. Pas trop de réactions à propos des Géniis ?

— Déjà qu'ils ne les aimaient pas beaucoup, mais depuis qu'ils ont appris que les Géniis étaient en train de démonter leur temple pierre par pierre, ils sont furieux, l'informa Élie. Gerolf a réussi à contenir les plus virulents, et il est en train de leur expliquer qu'il est vital de ne rien laisser paraître aux Géniis. Je crois qu'ils nous font à nouveau confiance. Le major Ewing est avec eux pour bien préciser le plan.

Excellent. Peut-être qu'on va s'en sortir après tout ! lança Sheppard avec enthousiasme.

— Maintenant, tout va reposer sur la réaction des Géniis, ajouta Lorne.

Ouais, s'ils ne s'en vont pas, on sera obligé de tirer dans le tas, explicita John. Vous leur avez expliqué tout ça ?

— Affirmatif, mon Colonel, répondit la jeune femme. Ils sont prêts à en découdre s'il le faut, mais Gerolf nous a clairement fait comprendre qu'ils ne quitteraient pas cette planète, même s'ils devaient entrer en guerre contre les Géniis. C'est un peuple très fier.

— Gerolf a envoyé des émissaires dans les villages voisins, pour les avertir, mais nous ignorons s'ils arriveront à temps, précisa Lorne.

Si ces gens décident de rester sur cette planète et de tenir tête aux Géniis, nous ne les laisserons pas tomber, affirma le chef militaire avec détermination. En attendant, je veux que vous nous rejoigniez à la base de repli, ordonna-t-il. Lorne et Ewing, vous êtes trop repérables. Nous avons eu de la chance jusque-là, mais si les Géniis décidaient de venir faire un tour au village, ils ne doivent pas vous trouver là.

— Mon Colonel, si vous le permettez, je ne suis pas vraiment repérable, alors j'aimerais rester, intervint Élie. Juste au cas où, Monsieur. Les Brijnariens sont plutôt… sanguins, et si ça devait dégénérer… Cette fois, je suis armée, Monsieur, ajouta-t-elle. Je pourrais au moins tenir les Géniis à distance s'il le fallait, le temps que vous et les autres nous rejoigniez.

Ce n'est pas idiot, Caldwell, convint John. Mais je veux que vous restiez à l'orée des bois avec les enfants. N'entrez dans le village qu'en cas d'absolue nécessité, d'accord ?

— Affirmatif, Monsieur, répondit Élie avec sérieux.

Alors, je reste aussi, déclara la voix d'Ewing dans l'intercom.

Vous savez, Major, jusque-là, j'ai toléré votre attitude, parce que vous teniez juste à protéger votre subordonnée, mais là, vous commencez sérieusement à me courir sur le haricot ! s'agaça Sheppard. Donc quand je dis : repliez-vous, j'entends que mes ordres ne soient pas contestés ! Alors vous vous magniez le cul tous les deux de revenir ici, sans quoi, je vous colle un rapport ! Est-ce que c'est clair, Major ? demanda-t-il d'un ton sévère. »

Sheppard était conscient que l'attitude du major Ewing n'était liée qu'à un profond besoin de veiller sur son jeune capitaine, mais il trouvait ce comportement injuste. En effet, le colonel en était sûr, Jackson Ewing ne faisait pas preuve d'autant de surprotection envers les deux hommes de son équipe. Aussi faudrait-il qu'il tire rapidement les choses au clair avec le leader de SGA9, sans quoi il se verrait dans l'obligation d'en confier le commandement à quelqu'un de moins partial.

John donna les dernières instructions, et demanda à Caldwell de rassembler les enfants invisibles avec elle en bordure du village. Lorne l'informa qu'il laissait son P90 à Caldwell qui devait le cacher près d'elle dans les broussailles. Dans le cas où les Géniis se montreraient hostiles, un fusil d'assaut serait bien plus efficace que deux malheureux pistolets.

En attendant le retour des majors, le gradé fit un point avec le reste de l'équipe. Rodney et Ouazid planchaient de concert sur les photos qu'ils avaient prises dans le labo. De leur côté, Beckett et Brenner s'étaient lancés dans un bilan médical de tous les petits Invisibles qui s'égayaient autour d'eux. La plupart d'entre eux souffraient de sérieuses carences dues à leur alimentation peu variée, et près de la moitié portaient les stigmates de fractures mal réparées, mais dans l'ensemble, ils allaient tous plutôt bien. Quant à Ronon, désœuvré, il expliquait aux enfants comment fabriquer des pièges pour la chasse.

Constater que les gamins ne mangeaient que trop rarement à leur faim avait profondément peiné le Satédien. Aussi s'employait-il à partager ses techniques, acquises pendant ses longues années en tant que Coureur, pour s'assurer que plus jamais – visibles ou non – ils ne manquent de nourriture. On pouvait dire ce que l'on voulait sur son grand ami pégasien, mais John savait ce qui habitait vraiment son cœur. On le déclarait brutal et peu sociable. Pourtant quiconque aurait pu le voir à ce moment-là avec les petits, n'aurait pas pu douter que l'homme était capable d'une infinie douceur et de beaucoup de patience.

Ce fut la conversation entre les docteurs Ouazid et McKay qui le tira de ses pensées.

— « Ce symbole, là, indiqua Shahin à Rodney. Vous voyez la même chose que moi, docteur ?

— Un E2PZ ! L'appareil est alimenté par un E2PZ ! s'excita l'astrophysicien. C'est évident !

— Une fois que vous aurez désactivé cette machine, est-ce que vous pensez qu'on pourra le ramener sur Atlantis ? demanda Sheppard, plein d'espoir.

— Comptez sur moi, je ne repartirais pas sans ! promit McKay.

— Et est-ce que vous avez trouvé comment inverser les effets de ce truc ? l'interrogea à nouveau le gradé.

— On y travaille, répondit Shahin. Ça se précise un peu. Mais on ne sait toujours pas où se trouve le panneau de contrôle.

— Si le plan marche, vous aurez du temps pour y trifouiller à votre guise ! argua le colonel. »

Si tout se déroulait comme prévu, dans quelques heures, les Géniis seraient contraints de repartir chez eux, laissant alors le champ libre aux Atlantes.

Sunniva avait confirmé à Lorne que depuis leur arrivée, les Géniis ne s'étaient alimentés que des résèrves qu'ils avaient apportées. En effet, le mode de vie particulier de ce peuple avait rendu leur système immunitaire plus fragile. Vivant essentiellement sous terre, les cultures, comme les habitants, étaient exposées à une forte dose de radiations, conséquence fâcheuse des expériences nucléaires menées par les Géniis. Or, pour cette raison, toute la population était bien plus sensible éléments étrangers qu'ils pouvaient ingérer.

S'ils étaient venus sur cette planète dans l'espoir de s'approvisionner, ils n'avaient pas encore testé la nourriture locale. Aussi, les Atlantes comptaient là-dessus pour forcer les Géniis à repartir d'où ils étaient venus, sans heurt.

Misant sur le fait que les Géniis ne resisteraient à un peu de diversité culinaire et afin de célébrer un possible accord entre leurs deux nations, les habitants de Raddka allaient leur offrir un banquet de bienvenue. Repas que bien sûr, Hedda et Sunniva n'oublieraient pas d'assaisonner avec le contenu de la fiole que leur avait donnée Lorne.

Dans la petite bouteille, Carson avait conçu un savant mélange de laxatif et de vomitif. L'idée était d'imiter les effets d'une intoxication alimentaire ou d'une bonne tourista, que qui devrait faire passer aux Géniis, toute envie de consommer les produits de ce monde, et même d'y revenir.

Cependant, ce stratagème comportait une faille. Prévoyants et méfiants comme ils l'étaient, les Atlantes craignaient que les Géniis ne refusent d'avaler quoi que ce soit qui n'ait pas été testé avant. C'était Sunniva qui avait proposé une solution toute féminine. Elle avait elle-même recruté les plus jolies jeunes filles de son village, qui se chargeraient de présenter les mets à leurs convives, usant de leurs charmes s'il le fallait.

Ce fut Rodney qui fit remarquer que même malades, il y avait peu de chances que les Géniis renoncent à étudier l'appareil lantien. Mais Gerolf et Baldrick, déterminés à se débarrasser des envahisseurs, avaient assuré qu'ils en faisaient leur affaire. Ils feraient tout pour convaincre leurs invités que la machine n'avait jamais produit la moindre réaction.

Enfin, ce qui ennuyait le plus Sheppard, c'était la paranoïa légendaire des Géniis. Il craignait en effet que ces derniers ne croient – à juste titre d'ailleurs — avoir été empoisonnés et s'en prennent aux Brijnariens. Aussi, il avait été convenu que dès que les plats auraient été servis, les Atlantes se positionneraient à bonne distance du groupe, prêts à donner l'assaut.

En y repensant, John songea que de plus en plus, ce plan paraissait fragile, et redoutait de devoir affronter les Géniis. S'ils devaient en arriver là, il était certain qu'il y aurait des blessés, peut-être même des morts, et cela l'inquiétaient au plus haut point.

OoOoOoOoO

Après trois heures d'une interminable attente, l'oreillette de Sheppard grésilla.

— « Monsieur, Gerolf, Baldrick et les femmes viennent de quitter le village avec les plats, annonça Élie. Apparemment, d'après Otger, les Géniis refusent de quitter le site.

— Merde, jura John en retour. Ce n'était pas du tout le plan ça !

Monsieur, permission de les suivre ? demanda la jeune femme.

— Négatif, Capitaine, négatif ! répondit le colonel. S'ils se rendent compte de votre présence, les Géniis vont faire un bain de sang.

Monsieur, Otger connait bien le secteur, il est certain de pouvoir nous y emmener sans risque que nous nous fassions repérer, tenta tout de même Caldwell. Nous les observerons de loin, mon Colonel. »

Sheppard prit le temps de la réflexion. Il détestait que les choses ne se passent pas comme prévu, et les regards pesants que portaient sur lui ses compagnons ne l'aidaient pas à se concentrer. Aussi, il s'éloigna du groupe, tâchant de déterminer la meilleure des solutions.

D'un côté, ils avaient promis aux Brijnariens de garder un œil sur eux et d'assurer leur sécurité. Mais d'un autre, Caldwell avait avec elle quatre enfants, et en bougeant, ils risquaient de s'exposer à la surveillance des Géniis.

— « D'accord, mais vous et Otger, uniquement, concéda Sheppard. Les petits doivent rester où ils sont. Qu'ils ne quittent leur position que pour vous avertir s'ils voient du mouvement, d'accord.

Affirmatif, mon Colonel, répondit Élie. Je vous recontacte quand nous sommes sur le site, annonça-t-elle avant de mettre fin à la communication. »

Après avoir transmis les ordres aux trois plus jeunes Invisibles, et confié la charge de Rikke et Terkel, à Ralf, leur aîné, Élie s'esquiva avec Otger.

De plus en plus à l'aise avec la course en forêt, Caldwell fut ravie de constater qu'elle se déplaçait plus discrètement qu'avant et avec plus de facilité. Il devenait plus simple pour elle se suivre son guide invisible, se laissant orienter par son ouïe et l'agitation des végétaux sur le sol, se contentant par occasion de tendre la main pour toucher Otger et s'assurer de sa présence.

Quand ils parvinrent à l'endroit prévu, une petite colline qui surplombait le temple, à une bonne trentaine de mètres de distance, ils n'aperçurent que les Géniis. De toute évidence, les Brijnariens n'avaient pas encore atteint leur destination. Ce fut donc avec la plus grande prudence qu'ils s'avancèrent en rampant pour observer les aliens s'affairer en contrebas, tâchant de ne faire aucun bruit, ni aucun mouvement suspect qui auraient pu alerter leurs ennemis.

Tout contre elle, Élie sentait Otger bouillir de colère en voyant les Géniis saccager le lieu de culte. On entendait des chocs sourds comme ceux d'un marteau contre la pierre. La millitaire pria silencieusement pour qu'ils ne causent pas de dégâts irréversibles à la machine lantienne.

Quand enfin Gerolf et les siens arrivèrent, ils furent accueillis par un concert d'exclamations heureuses. Visiblement, les Géniis étaient contents de pouvoir déguster autre chose que les rations de survie qu'ils avalaient depuis des semaines. La nourriture fut distribuée, et Baldrick, Gerolf et leurs épouses s'installèrent avec leurs invités pour partager le repas, tandis que le reste des jeunes femmes se mettaient en retrait.

Élie fut inquiète de voir les Brijnariens manger dans les mêmes plats que les Géniis : s'ils étaient malades eux aussi, l'affaire serait suspecte. Mais le sourire confiant de Sunniva qui servit elle-même ses compatriotes la rassura.

Otger, en revanche, ne semblait plus vraiment serein.

— « Pourquoi Maman et Hedda restent-elles ? chuchota-t-il, anxieux. Elles devaient repartir au village : c'est trop dangereux ici pour elles.

— Fais leur confiance, murmura Élie en pressant la main du garçon. Elles savent ce qu'elles font. »

Pendant une heure, Otger et Élie restèrent couchés là à observer les autres manger. Élie avait des fourmis dans les jambes et des crampes dans la nuque. Elle se faisait violence pour ne pas changer de position, de peur d'alerter les Géniis. La posture de l'adolescent paraissait tout aussi inconfortable que la sienne, car il ne cessait de se tortiller dans tous les sens.

Baldrick et Gerolf profitèrent du repas pour deviser avec leurs convives, insistant sur le fait que jamais de mémoire d'homme la lumière de l'autel de Brijnar ne semblait avoir eu d'effet sur la planète et ses habitants. Les trois scientifiques géniis avaient l'air déçus par ces assertions. Et finalement, conclurent que l'objet ne représentait pas un intérêt suffisant pour leur peuple. Comme ils en informèrent les Brijnariens, ils avaient déjà fort à faire dans leur guerre contre les Wraiths, et n'avaient donc pas plus de temps à consacrer à l'étude de cette mystérieuse machine.

Enfin, les premiers symptômes de l'assaisonnement spécial se firent sentir. Un premier Génii se leva précipitamment et se rua dans le premier buisson qu'il croisa, émettant un gargouillis écœurant, tandis qu'il rendait à la nature toute la nourriture ingurgitée. Les autres aussi n'étaient pas au mieux : nauséeux et le teint verdâtre, nombre d'entre eux se tenaient le ventre en gémissant.

Aussitôt, Caldwell porta la main à son oreille et annonça à Sheppard que la fête venait de commencer. Puis elle obligea Otger à reculer pour se mettre à l'abri et ramena contre elle le P90 qu'elle arma.

L'instant était décisif, si les Géniis soupçonnaient un empoisonnement, les quatre Brijnariens risquaient gros. Cependant, Élie réalisa qu'elle avait sans doute sous-estimé les talents de dramaturges de leurs hôtes.

Dès les premiers hauts le coeur, Hedda et Sunniva se pressèrent vers les Géniis, l'air vraiment affolé par l'état de santé de ces derniers. Gerolf ordonna à l'une des jeunes femmes derrière lui de courir chercher le guérisseur, puis se précipita pour aider l'un des Géniis qui rendait tripes et boyaux.

Les Brijnariens étaient parfaitement crédibles dans leurs rôles et à aucun moment, les pauvres malades ne semblèrent se douter de quoi que ce fût.

Pendant une heure, les hommes poussèrent des gémissements d'agonie. Les premières diarrhées étaient apparues une demi-heure plus tôt et les Géniis étaient au plus mal. Le guérisseur du village faisait montre d'un professionnalisme à toute épreuve. Faisant s'activer les jeunes filles qui imitaient ses gestes, il tamponnait un front par-ci, donnait un remède aux herbes par-là.

Constatant qu'il n'y avait aucune amélioration de leur état, le médecin de Raddka déclara solennellement que les Géniis souffraient sans doute d'une intolérance aux produits locaux. Et pour appuyer ses dires, il ajouta qu'il avait déjà été témoin de symptômes similaires sur d'autres visiteurs étrangers à qui l'alimentation brijnarienne ne convenait pas.

Aussi, à la grande joie d'Élie qui se retint de justesse de pousser un cri victorieux, les Géniis jugèrent qu'il était préférable pour eux de s'en aller. Le chef de la délégation génii remercia cependant Gerolf pour son hospitalité, mais l'informant qu'au vu des derniers évènements, l'hypothèse d'un partenariat commercial entre leurs deux planètes était compromis.

Poliment, Gerolf se désola de l'échec de cette négociation, mais invita chaleureusement les Géniis à revenir pour leur prochaine fête de Brijnar, tout en étant intimement convaincu qu'il n'en serait rien.

Les Géniis mirent deux heures à rejoindre la Porte des Étoiles avec tout leur matériel, étant donné les fréquents arrêts qu'ils durent faire dans les buissons tout au long du chemin.

Quand Simon, posté près de la Porte avec deux des enfants, leur confirma que les indésirables étaient tous rentrés chez eux, Atlantes comme Brijnariens laissèrent exploser leur joie.

— « OK tout le monde, c'était vraiment un coup de maitre : bravo à tous ! les félicita Sheppard après les avoir rejoints sur le site. Maintenant qu'on est débarrassé de ces parasites, McKay, Ouazid, au boulot ! Enfilez des combinaisons et inversez-moi les effets de cette foutue machine ! exigea-t-il. Même si on est très bien accueillis, ici, je ne serais pas mécontent de rentrer à la maison.

— Monsieur, vous avez pu joindre Atlantis ? demanda Caldwell.

— Oh là ! J'ai laissé Brenner le faire, lui avoua John. Il était tout près de la Porte alors… Bon ça et le fait que je n'avais pas trop envie de me faire incendier par Élisabeth, reconnut-il hilare. Et j'ai eu raison ! Elle était furieuse ! Inquiète, d'accord, mais complètement hors d'elle qu'on ne l'ait pas appelée avant.

— Mais, les Géniis… nous ne pouvions pas… commença Caldwell.

— En effet, mais vous savez comment sont les mères quand elles sont inquiètes ? la coupa le colonel. Eh bien, Élisabeth est pire !

— Dites, vous ne voudriez pas aller bavarder un peu plus loin ! gronda McKay depuis le fond du laboratoire. Y'en a qui essaient de bosser nom d'un chien ! Faites donc comme Ronon, prenez un gamin et allez vous promener. Laissez donc les adultes bosser ! rouspéta-t-il de mauvaise humeur.

— Ronon a emmené un des enfants et est parti à la recherche de Wido, l'informa Lorne en voyant le regard interrogateur de Caldwell. »

Wido était le quinzième invisible. Le seul qui manquait à l'appel depuis les fêtes de Brijnar. Apprenant cela, et puisque la voie était libre de tout Génii, le Satédien avait décidé de mettre ses talents de pisteur à profit et de rechercher le petit garçon perdu.

Il lui fallut deux bonnes heures pour le retrouver. Wido était dans un sale état. Trois nuits plus tôt, il s'était introduit dans le village pour voler quelques vivres, et sur le chemin du retour, il était tombé dans un fossé. La jambe fracturée, il n'avait pas pu repartir. Par chance, la nourriture qu'il avait subtilisée lui avait permis de demeurer conscient plus longtemps et dès qu'il avait entendu la voix de son ami, il s'était mis à crier de toutes les forces qu'il possédait encore. Le détecteur de signes vitaux avait fait le reste.

Quand Ronon ramena l'enfant, Carson et Simon le prirent en charge immédiatement. Outre le membre cassé, il souffrait d'une sévère déshydratation et d'hypothermie. Beckett lui posa une perfusion de fortune, et Ronon alluma un feu qui réchauffa progressivement le garçon. Carson affirma que le Satédien l'avait retrouvé à temps : d'après lui, il n'aurait pas survécu à la prochaine nuit.

Ce sauvetage mit du baume au cœur à tout le monde, et le Satédien fut porté en triomphe par les Brijnariens qui arrivaient en masse au temple, attendant avec impatience de revoir enfin les enfants qu'ils avaient perdus.

Malgré l'agitation croissante, McKay parvint enfin à dévoiler le panneau de contrôle de l'appareil. Quand l'astrophysicien annonça qu'il n'en avait plus que pour dix minutes avant de pouvoir relancer la machine et inverser le processus, le silence se fit sur toute la population assemblée.

L'angoisse était palpable. Ils étaient tant à craindre que cela ne marche pas, que plus personne n'osait parler, de peur de déconcentrer le scientifique. Et puis, après quelques minutes qui parurent durer une éternité :

— « Tous les Invisibles, entrez là-dedans maintenant ! ordonna la voix impérieuse de McKay. »

Brenner, qui s'était peu à peu transformé en animateur de colonie de vacances se chargea de rassembler et organiser tous les enfants en faisant l'appel. Lorne et Ronon de leur côté, firent passer avec précaution le jeune Wido dans l'étroite ouverture.

Une fois que le compte fut bon, et que tous furent entrés dans le temple, Rodney ordonna aux petits de se tenir par la main pour n'en perdre aucun, puis de fermer les yeux. Shahin quant à lui, toujours équipé de sa combinaison antiradiation, s'était posté à la porte, craignant que l'un des Invisibles ne tente de s'échapper.

— « J'ai peur, souffla Otger en serrant avec force la main d'Élie.

— Tout ira bien, lui murmura la jeune femme.

— C'est parti ! lança McKay en appuyant pianotant sur sa tablette. »

Si à l'intérieur du laboratoire on entendait les pleurs des plus jeunes, terrorisés, à l'extérieur c'était comme si le monde entier retenait son souffle. Le temps était comme suspendu. Une lumière intense et aveuglante s'échappa par la porte, obligeant tous ceux qui étaient assemblés dehors à fermer les yeux quelques secondes. Puis quand la lueur se dissipa, ce fut le silence le plus complet. Même les enfants avaient arrêté de sangloter. Et enfin, un cri résonna dans le temple. Une exclamation de joie ardente qui fut poussée à l'unisson par quinze petits Brijnariens qui découvraient enfin à quoi ressemblaient leurs compagnons.

Aussitôt, ce fut la cohue la plus totale. Ronon Sheppard et Lorne durent se poster à l'entrée de la grotte pour sortir les enfants un par un, tandis qu'ils étaient hissés haut par la foule en liesse.

À l'intérieur du laboratoire, Élie détailla le jeune homme qu'elle tenait encore par la main. Celui-ci avait les yeux grands ouverts, abasourdi d'apercevoir pour la première fois les traits de ceux qui avaient partagé son quotidien pendant tant d'années.

Otger était plutôt chétif pour un garçon de presque seize ans. Son corps était fin et nerveux, le manque de nourriture au fil des ans avait visiblement ralenti sa croissance. Son visage était émacié et anguleux, et de larges cernes violacés s'étendaient sous ses yeux d'un brun intense. Un sourire béat étira ses lèvres pâles et sèches, puis des larmes de joie roulèrent sur ses pommettes creuses. Il sembla pris au dépourvu par ses joues humides : cela faisait si longtemps qu'il ne s'était pas autorisé à pleurer.

Soudainement, il sauta au cou d'Élie, laissant libre cours à son émotion, mouillant le col du t-shirt de son amie. Puis quand il fut un peu calmé, il lâcha Caldwell en lui murmurant un flot de remerciements avant de se précipiter dehors, pour courir rejoindre ses parents qui criaient son nom.

— « Ouh là ! Toi, il va vraiment te falloir un miroir ! se moqua gentiment Shahin en approchant d'Élie. Tes cheveux, là ce n'est plus possible.

— Je ne te savais pas devenu conseiller en look, répondit-elle en souriant.

— Échevelée ou pas, je suis si heureux de pouvoir enfin de regarder, Élie, souffla l'homme en attirant la jeune femme dans une étreinte. »

Élie serra fort son ami si soulagée que tout soit enfin fini, qu'il n'ait rien, et qu'elle ne soit pas morte. Du coin de l'œil, elle vit Rodney McKay détourner le regard et se faire aussi petit que possible pour ne pas troubler ce moment de complicité.

Seulement, la patience de McKay était plus que limitée, et au bout de deux minutes, il ne tint plus et chassa les deux Atlantes en grommelant.

— « Allez, dehors, dehors ! rouspéta-t-il. Fichez-moi le camp, j'ai besoin de calme et de concentration.

— Vous allez retirer l'E2PZ, Rodney ? demanda Sheppard en aidant Élie à se hisser par l'ouverture.

— Oui… Non… Peut-être, bredouilla-t-il, absorbé par les informations sur sa tablette.

— C'est oui ou c'est non ? insista John tandis que Shahin quittait la pièce à son tour.

— Je n'en sais rien ! Voilà ! s'emporta l'astrophysicien. Et restez dehors ! ordonna-t-il sèchement. Il y a quelque chose que j'aimerais essayer, annonça-t-il en replongeant sous la console. »

Le colonel haussa les épaules, puis rejoignit le reste de son équipe pour partager l'euphorie ambiante. Chacun se congratulait, serrait son voisin dans ses bras, embrassait les enfants. Les parents pleuraient de joie, tandis que ceux qui ne reverraient jamais leurs disparus s'éloignaient discrètement pour laisser libre cours à leur chagrin. Quand soudain :

— « Que tout le monde baisse la tête et ferme les yeux ! hurla McKay depuis l'intérieur du temple. »

Réactifs, les militaires relayèrent les ordres, et quelques secondes plus tard un grondement s'éleva de la terre elle-même, tandis qu'une lueur semblant venir du sol envahit l'espace. Cela ne dura qu'une fraction de seconde. Juste le temps d'un battement de cil.

— « McKay ! tonna Sheppard d'un ton menaçant.

— J'ai réussi ! J'ai réussi ! s'égosilla Rodney en passant sa tête par l'interstice. Bon sang, Ronon, mais aidez-moi ! râla-t-il en se démenant pour passer l'étroite porte.

— Réussi quoi, McKay ? demanda Sheppard d'un ton sévère, tandis que le Satédien extirpait sans douceur le scientifique hors du laboratoire.

— À étendre l'occulteur, répondit Rodney. La planète, elle est enveloppée par l'occulteur. Plus visible depuis l'espace, ni même sur des radars, expliqua-t-il fier de lui.

— Les Wraiths… murmura Sheppard en esquissant un sourire. Vous avez protégé cette planète des sélections par les Wraiths, en conclut-il, l'air abasourdi.

— Oui, enfin ce ne sera pas éternel non plus, nuança McKay. Mais d'après mes calculs, l'E2PZ est à 95 % de sa capacité, alors ça devrait suffire pour rendre cette planète invisible pendant les quatre ou cinq cents prochaines années, précisa-t-il.

— McKay, vous voulez dire que vous êtes prêt à… commença Beckett, admiratif.

— À laisser un E2PZ presque plein à un peuple primitif qui n'aura pas atteint un niveau technologique suffisant pour en saisir tout le potentiel avant au moins deux millénaires ? Oui, grogna Rodney. C'est déjà assez dur comme ça, alors s'il vous plait Carson, ne remuez pas le couteau dans la plaie ! Pitié, Sheppard, allons-nous en d'ici avant que je ne change d'avis, marmotta-t-il encore en s'éloignant. »

John ne se le fit pas dire deux fois. Il recommanda au reste de l'équipe d'abréger les au revoir avec les Brijnariens, ce qui ne fut pas facile pour la majorité d'entre eux, mais la promesse d'un prompt retour leur permit d'écourter les embrassades. Puis, quand cela fut terminé, les Atlantes rejoignirent le Jumper, tous impatients de rentrer à la maison.

OoOoOoOoO

— « OK, tout le monde ! Allez tous prendre un repos bien mérité, on se retrouve à 18 h en salle de briefing, annonça le colonel Sheppard en débarquant tout le monde du Jumper. Vous avez tous fait du beau travail, les gars. Et Caldwell, ajouta-t-il.

— Colonel Sheppard ! résonna la voix du docteur Weir dans le hangar. Est-ce que vous pouvez m'expliquer comment vous faites pour systématiquement vous retrouver sur le chemin des Géniis ? tonna-t-elle en feignant la colère.

— Euh… Caldwell, un coup de main ? souffla Sheppard en passant une main dans ses cheveux, geste qui trahissait son malaise.

— Oh non, répondit Élie en souriant. J'ai bien plus peur du docteur Weir que de vous, Monsieur, murmura-t-elle. Bonne chance, lança-t-elle avant de rejoindre Shahin au pas de course.

— Vous me le paierez, Caldwell ! la menaça-t-il. Je peux tout vous expliquer, Élisabeth, commença John. »

Élie n'entendit pas la suite de la discussion, mais elle était sûre qu'une fois rassurée, Weir s'apaiserait un peu. Dès qu'elle aurait passé un savon à son plus proche collaborateur.

De son côté, Élie ne fut pas en reste pour ce qui fut de recevoir des reproches. À peine Shahin et elle avaient-ils atteint le couloir de ses quartiers que Wells et Trager leur tombèrent dessus.

— « Sérieusement, Caldwell ? grogna Logan, avec un air sévère. Tu n'en as pas marre de toujours te mettre dans des plans foireux ? Et sans nous en plus ! »

Élie était consciente que la fausse colère de son collègue ne servait qu'à masquer une réelle inquiétude pour son amie, autant que la frustration d'avoir été tenu à l'écart. En effet, une fois calmés, Wells et Trager expliquèrent qu'ils avaient supplié le docteur Weir de les laisser revenir eux aussi sur Brijnar pour être avec Ewing et Caldwell, mais Élisabeth s'était montrée inflexible. Les deux jeunes hommes avaient donc été condamnés à ronger leur frein sur Atlantis. Et en l'absence de nouvelles pendant plus d'une nuit, ils avaient imaginé le pire.

— « J'ai même été m'entraîner avec Teyla, juste pour penser à autre chose, lui raconta le lieutenant.

— Et il s'est pris une sacrée raclée ! ajouta Ethan Trager, moqueur. Il s'est fait allonger comme une fille ! Enfin sauf votre respect, Captain, se rattrapa-t-il, mal à l'aise.

— Oh moi, je ne le prends pas trop mal, mais évite de dire ça devant Teyla, lui conseilla-t-elle. Sans quoi toi aussi tu risquerais bien de te faire allonger comme une fille, et par une femme !

— Ouais. Désolée, Capitaine, s'excusa-t-il penaud. En tout cas, il faudra que je vous montre ça ! J'ai pris un film, c'est à hurler de rire.

— Tu as fait une vidéo ! s'écria Logan, furieux. Je vais te tuer ! le menaça-t-il en s'élançant derrière le jeune sergent. »

Tout en chahutant, les deux hommes en bousculèrent un autre, absorbé par ses réflexions. Wells et Trager s'excusèrent platement et aidèrent leur victime à ramasser les papiers qu'il avait laissés tomber dans la collision. Élie reconnut le docteur en physique appliquée, Ernest Dubois. C'était ce fameux scientifique qui était devenu une légende parmi le contingent avec lequel SGA9 était arrivé sur Atlantis. Notoriété qu'il avait acquise après s'être perdu dans les entrailles du Dédale, pour être retrouvé plusieurs heures après, complètement frigorifié dans le hangar des F302, sans que personne ne comprenne comment il avait pu arriver là.

Caldwell et Wells avaient appris un peu plus tard que le docteur Dubois avait débarqué avec les premiers effectifs étrangers sur Atlantis, et effectuait son deuxième aller-retour avec le vaisseau terrien, dans le cadre de ses recherches.

On racontait qu'il était un homme aimable et plutôt drôle jusqu'à sa première rencontre avec les Wraiths. Le français avait été profondément marqué et était devenu solitaire et taciturne. Sans doute un choc post-traumatique, disait-on.

— « Vous êtes encore perdu, Docteur ? ironisa Wells. »

Le docteur Dubois ne releva pas, et reprit sa route, sans même un regard pour eux. Cependant, quelque chose troublait Élie. Cet homme la mettait mal à l'aise, sans qu'elle comprenne pourquoi. Il y avait quelque chose à son propos dont elle ne parvenait pas à se souvenir.

— « Ce type me fiche la chair de poule, marmonna Trager. »

D'un signe de tête discret, Élie approuva. Elle continua pourtant son chemin, sans parvenir à se défaire de cette sensation angoissante qui l'avait envahie.

FIN


1 Zidka : bœuf de trait natif de Brijnar. L'expression vaut pour « tête de mule. »


Voilà, j'ai terminé ! En temps et en heure en plus : je ne suis pas peu fière !

Pour l'instant, j'ai un ou deux épisodes au brouillon, mais rien de réellement écrit. Il faudra patienter un peu.

Vous connaissez la marche à suivre : pour ne pas manquer la publication d'un nouvel épisode, on mets une alerte sur l'auteur ! Et si on a aimé, on soutien l'histoire en la conseillant dans ses favoris !

Et puis, pour ne pas changer les habitudes, un dernier petit appel à la review, pour vous inciter à TOUS laisser un avis sur cet épisode !

Horoscope : Aujourd'hui vous allez laisser un commentaire sur une fanfiction et cela vous portera chance. (copyright Alixe)

A bientôt,

Edeinn