Bonne lecture :)
Chapitre 2 : Corrompre
Le sommeil. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait apprécié, c'était devenu une envie, un manque et puis, il l'avait complètement mise de côté. Le travail, il bossait énormément jusqu'à ce que le temps lui échappe et qu'il perde le contrôle total de toutes ses heures. Entre ses deux identités, les missions s'entassaient les unes sur les autres, quand il en terminait une c'était une deuxième qui se ramenait sur sa table. Rumlow n'était pas le genre d'homme à se laisser abattre sur autant de boulots mais il aimerait parfois avoir du temps pour lui. S'il travaillait les jours de la semaine avec le SHIELD, ces journées de repos se résumaient à faire des rapports à HYDRA ou travailler la nuit pour rattraper son retard de la journée.
Et cette fois, quelqu'un l'avait poussé à se coucher, aussi longtemps que le coup porté à sa tête était puissant. Il ne savait pas combien de temps il était endormi ou plutôt inconscient, dans les vapes mais lorsqu'il émergea à la surface, ses yeux s'ouvrirent instantanément.
Il ne pouvait pas se réveiller calmement avec un coup violent porté douloureusement sur la tête. Son sang semblait avoir coulé sur son visage et son œil droit en était gêné car maintenant, il s'était desséché contre sa peau. Rumlow n'était pas du tout en sécurité et surtout, pas face à cet assassin, assis juste devant lui sur une chaise en bois. La lumière du jour éblouissait son visage, il referma immédiatement les yeux, aveuglé par autant de lumière, avant de les ouvrir à nouveau en se peignant de la luminosité de la pièce. Quand sa peau s'étira, elle entraîna une décharge douloureuse qui explosa dans sa tête. Ce putain d'assassin aurait dû le frapper à la nuque, peut-être que la douleur serait moins importante comme à présent.
En essayant de s'extirper, il vit qu'il était attaché à sa chaise. Ses mains était reliées en arrière et enserrées entre elles avec une corde, aussi sèche que pouvait être ses lèvres craquelées. Mal au crâne, attaché, et une soif dévorante. La journée ne pouvait pas aussi bien démarrer.
Au même instant, quelque chose s'abattit sur sa blessure faisant naître des picotements à cause du liquide imprégné dans ce bout de tissu. Tout de suite, il bascula sa tête pour ne plus recevoir ce produit qui devait être du désinfectant ou alors de l'alcool si le soldat n'y connaissait rien ou n'avait rien d'autre sous la main. Il s'était approché de lui sans qu'il ne s'aperçoive, il en était presque indigné par la conséquence de cette bosse sur sa tête. À présent, les deux hommes se frôlaient et respiraient le même air dans ce périmètre. Le soldat continua son cirque en y posant à nouveau son tissu au même endroit, ignorant les râlements de Brock.
'' - Ça fait mal ? ''
'' - À ton avis ? Crétin. ''
L'insulte sortit de sa bouche un peu trop facilement qu'il se demanda s'il aurait dû se la fermer une bonne fois pour toute. Il n'était pas du tout en position de dire quoi que ce soit.
'' - Je suis désolé. ''
'' - Je suis dans une merde pas possible et toi tu...attends, tu quoi ? ''
Avait-il bien entendu ce qu'il venait de dire ou hallucinait-il réveillé ? Il arrêta de gesticuler sur sa chaise, la bouche à moitié ouverte, manquant les mots alors que l'assassin ne bougea pas avec sa compresse.
'' - Je suis désolé. ''
Ses oreilles ne croyaient pas ce qu'elles entendaient. Son ravisseur fit demi-tour et alla jeter le bout de tissu à la poubelle. Le parquet grinçait sous ses pieds, Rumlow profita de cet instant pour réfléchir intelligemment à ce qu'il devait faire. D'abord, faire attention à son environnement, ils étaient tous les deux dans un appartement à première vue, immense et lui n'était certainement pas le propriétaire. Brock se trouvait au milieu de la pièce qui chevauchait entre le salon et l'ouverture de la cuisine typiquement américaine. Le lieu de vie n'est pas habité, le vrai propriétaire ou locataire avait déserté depuis des lustres, il ne restait que des vieux meubles inutiles et un canapé enveloppé sous une nappe blanche. Il n'y avait que de la poussière par-dessus, les plus beaux objets avaient déjà déménagé dans un autre chez-soi vivant. Sa fenêtre à sa gauche donnait un aperçu sur un immeuble monté en briques d'un rouge usé par la tempête du temps. Il y avait de nombreuses fenêtres, chacune affichait un habitacle aux couleurs de son habitant.
Il n'avait pas le temps de voir plus que le soldat était revenu vers lui avec un verre d'eau qu'il gardait en main. Le soldat lui proposa de lui faire boire une gorgée, mais il refusa catégoriquement.
'' - Détache-moi dans ces cas-là, si t'es désolé. ''
L'homme posa le verre sur le comptoir de la cuisine et vint se poster derrière lui. Rumlow ne tenta pas de tourner la tête ni de lui ordonner autre chose, il ne voulait pas le brusquer, il devait savoir ce qu'il devait faire et c'était exactement cela. La corde se dénoua de ses poignets, presque libre et prêt à reprendre du poil de la bête quand un imprévu ou déjà prévu l'obligea de revenir à la case départ.
Le soldat avait en effet coupé la corde mais l'avait ensuite remplacé par des menottes qu'il devait garder à sa ceinture. Incrédule, Rumlow se laissa faire malgré lui alors qu'il voyait ses deux mains se faire menotter gentiment devant lui quand il revient lui faire face. Il n'était pas au bout de ses surprises, et la manière douce allait bientôt se transformer pour laisser place, à la manière forte.
'' - Je ne peux pas, se justifia-t-il. Je dois mais je ne peux ne peux pas faire ça. ''
'' - Tu désobéis à un ordre direct. ''
Un éclair ravageur traversa son visage, le sentiment meurtri pouvait le pousser à s'abandonner et à l'écouter mais le cœur de Rumlow était froid et trop amer pour laisser un quelconque sentiment le déstabiliser. Face à lui, c'était un soldat, un assassin, un meurtrier. S'il n'obéissait pas, il devait en payer les conséquences de ses gestes même si les pratiques n'étaient pas tendres.
'' - Tu m'as appelé Bucky. ''
Et c'était aussi auparavant un homme du nom de James Barnes.
'' - Je l'ai fait. ''
Rumlow s'attendait à recevoir une tonne de questions sur lui, sur ce qu'il s'était passé, pourquoi était-il là, où était son foutu Stevie ou encore pourquoi il se retrouvait à travailler pour HYDRA maintenant. Au lieu de cela, il ne disait rien, laissant place à une longue réflexion. Avait-il l'intention de lui poser des questions avant HYDRA ? Alors, là il ne savait pas grand chose, il savait juste qu'il y avait des Soviets et un scientifique du nom de Arnim Zola.
'' - Qui est Bucky ? ''
Un vent passa entre eux et le menotté ria à gorge déployée. Au début, il s'étouffa en voulant l'arrêter au fond de lui mais il n'avait pas tenu très longtemps avant de se marrer complètement adsorber par l'absurdité que pouvait prendre cette situation.
Il se reprit de lui-même quand la blague avait maintenant un goût amer sur la langue, son dos se cala contre le dossier de la chaise en bois et sa tête pencha en arrière. Il se la jouait amnésique et pensait sûrement que le coup qu'il lui avait porté l'avait fait oublier leur petite scène de toute à l'heure mais ce n'était pas du tout le cas, il s'en rappelait parfaitement.
'' - Pose la bonne question, tu veux pas tourner au pot et j'ai pas envie de me taper ton jeu d'acteur médiocre. ''
Le visage du soldat n'avait pas changé si ce n'était que cette particularité qu'il ne remarquerait sans doute jamais lui-même mais que Rumlow pouvait apercevoir comme la vraie forme d'une pièce sous la forme qu'on lui imposait à sa fabrication. C'était sa nature même, il pouvait la modérer et l'enterrer sous une couche inflexible mais en aucun cas, la transformer pour se créer une toute autre personne. Et là, il avait affaire à une expression étrangère, quelque peu trop innocente chez lui.
'' - Quelle année sommes-nous ? ''
'' - 1945, fin de la guerre, l'Amérique a gagné... oh c'est bon, pas besoin de me faire ce regard, t'as qu'à regardé autour de toi pour te faire une idée de l'époque dont on vit. ''
'' - 21ème siècle ? ''
'' - 2014, précisément. ''
Le soldat avala la nouvelle difficilement à voir ses yeux dériver et se perdre dans l'abysse. Il avait l'air d'avoir expié tout air de ses poumons comme pour se remettre à zéro. Repartant alors sur une nouvelle respiration plus fréquente et courte pour abaisser le stress dans son système. S'il l'avait poussé ne serait-ce qu'un peu pendant sa mise à jour, il serait tombé sans essayer de résister, et se serait fracasser en mille morceaux dans son précipice. Rumlow attendit la prochaine question mais puisque celle-ci n'arriva pas, il se mit à l'aise sur sa chaise, écartant ses jambes puis tapa le talon contre le bois, comme pour dire qu'il n'aimait pas attendre à ne rien faire.
'' - Je ne peux pas être en vie. Dans cet état. ''
Rumlow lâcha un sourire inconsciemment à cette phrase, en pensant à tout ce qu'il avait enduré pour être encore vivant sur cette Terre. Mais d'un autre point de vue, il avait le droit de dire qu'il était mort. Il n'était que l'ombre de lui-même depuis son tragique accident qui lui avait coûté un bras.
Une sonnerie sonna au milieu de la salle. Le son percuta les deux individus, et en suivant le son, Brock comprit que c'était le soldat qui retenait son téléphone portable en otage. Il pouvait reconnaître sa sonnerie ridicule choisis automatiquement et fraîchement acheté dans le commerce. Cet appel sonnait comme un rappel à l'ordre, son sourire disparut pour laisser le sérieux reprendre sa place. Le téléphone vibra avec sa sonnerie plusieurs fois à la suite, le silence de la pièce était le seul à profiter de l'air musical.
'' - Je suis sûr que tu ne veux pas savoir ce qui adviendra de nous si je ne réponds pas à cet appel. ''
S'il avait pris le temps ne serait-ce qu'un peu pour y réfléchir longuement, le soldat ne le montrait absolument pas quand il retira son téléphone qu'il cachait dans son dos. Dans sa main, il lui tendit sans craindre de le pousser à faire un mauvais pas en lui laissant la porte ouverte pour une prise de soumission. Le geste était simple, la paume de la main levée, le téléphone sonnant dans le creux et tenu entre les doigts gantés. Rien qui pouvait prévoir un piège ou un danger immédiat.
Rumlow vérifia une deuxième fois avant de se redresser et de saisir l'objet. Quand sa main attrapa le téléphone portable, naturellement il voulut le tirer vers lui mais au lieu de ça, la main du soldat continuait à l'agripper fermement. Il oubliait de préciser que c'était de son bras gauche, celle en métal. Impossible de tirer plus fort que cet homme possédait en force.
'' - Promets-moi que tu ne leur dira rien de notre conversation. ''
'' - Hein, tu crois que je suis le bon gars ? tu t'es foutrement trompé. ''
'' - Ils ne sont pas là pour te sauver. ''
La sonnerie se coupa, avant de reprendre à nouveau. Le deuxième appel venait d'être fait et Rumlow se sentait soulagé de se savoir encore en vie après le premier passé amèrement dans sa gorge, c'était une étrange situation. Il se préférait mort au premier coup de fil que de savoir ce qui allait se passer pour le second. Peut-être que l'organisation voyait encore de l'utilité en lui, il avait mis du temps à se créer des relations dans le SHIELD surtout avec des gens renommés dans le milieu et ceux dans le bon côté.
'' - Ah, ouais ? Tu veux parier ? ''
Sans attendre sa réponse, il tira encore une fois, aussi fort qu'un bras musclé humain sans super-sérum en avait la capacité. Il fut déçu de constater que l'assassin n'ait pas fait durer sa résistance à tel point qu'à son geste, son bras partit derrière son épaule.
Le téléphone enfin à porté de main, il appuya sur la touche verte pour décrocher l'appel affiché comme inconnu sur son écran. Rumlow ne quitta pas des yeux le soldat qui lui, retournait son regard long et tendu, il en disait long tel une histoire sans rebondissement. C'était un regard de pitié, il avait l'habitude de lire les expressions des gens et ce gars était beaucoup plus expressif que serait une machine de guerre. C'était cela qui tiraillait sa part au fond de lui, celle qui appréciait de sauver des gens. Un sentiment qu'il essayait de faire disparaître avec dextérité.
'' - Rumlow, j'écoute. ''
[ Rollins à l'appareil. Votre situation ? ]
Sous ce regard, Rumlow aurait crû que le soldat pouvait entendre sa conversation téléphonique. Ses deux mains levèrent le mobile prés de son oreille, les menottes lui gênaient beaucoup mais cela n'affecta pas du tout l'autre homme qui se fouillait le corps à la recherche de quelque chose, baissant une partie de sa garde.
''- De nouveau sous-contrôle, demande nouvel rapatriement.''
Juste avec ce coup de fil, la STRIKE team allait localiser leur position, il devait juste maintenir la ligne occupée encore quelques secondes ou quelques minutes si c'était un stagiaire qui s'occupait de ce boulot. Cependant, le soldat allait-il laisser passer cela aussi aisément ? La réponse se lisait sur son front, juste derrière les mèches rebelles. Barnes était de nouveau parmi les vivants même s'il ne l'avait pas encore entendu prononcer son propre nom pour l'affirmer.
[Demande refusée.]
'' - Putain Jack, qu'est-ce que tu fous ?! ''
Barnes trouva ce qu'il cherchait dans l'une de ses mini-poches, il déplia aussitôt ce bout de papier à l'apparence vide et le lui montra. Sans l'afficher ni trop loin, ni trop près, Rumlow pouvait parfaitement lire l'écriture du soldat à l'intérieur. Les lettres n'étaient pas grosses mais légèrement en italique dans un style qu'une maîtresse des écoles aurait aimé décrire avec enthousiasme la forme des boucles régulières et de la longueur des espaces merveilleusement synchronisée. Toutefois, l'expression de jalousie de Rumlow se changea radicalement pour passer à la surprise quand il se mit à lire en silence le sens caché derrière les lettres.
- Deux hommes armés à la porte. Prêts à entrer et à te tuer. Pas moi. -
[Sur ordre du supérieur, J'ai pas mon mot là-dessus.]
'' - Tu cherches un compromis'', souffla-t-il.
[J'ai essayé Brock, mais je dois suivre les ordres sinon c'est moi qui y passe sinon.]
Rumlow ne s'adressait pas à lui, mais il eut sa réponse quand l'assassin hocha la tête avant de remettre son papier aussi discrètement qu'il l'avait sorti. Même s'il continuait à convaincre son homme de main qu'il serait absurde de ne pas le sortir de ce pétrin infernal, il savait depuis le début de l'appel que l'affaire se terminerait avec sa mort. C'était peine perdue de jouer la carte de la pitié en lui proposant de parler à nouveau à ce supérieur dont il ne connaissait pas à présent qu'il y pensait. HYDRA les avait déjà localisés, il ne savait pas pourquoi les gars à l'extérieur continuaient à attendre au lieu de défoncer la porte ou de leur tirer dessus à travers les murs. Enfin de lui tirer dessus, car la gentille pointe de Barnes était vrai, il allait le lobotomiser et va mettre sur son dos qu'il l'avait bousillé avec ses propagandes contre l'organisation. C'était ce qui pourrait alors expliquer sa rébellion, et l'affaire était réglée avec sa tête en haut de l'affiche. Bonjour l'injustice.
Quand il avait observé les lieux plus tôt, il avait remarqué une chose d'anormale mais le fait que le soldat ne lui ait pas précisé ce détail, Brock comprit qu'il avait réussi à trouver un poids pour équilibrer le marché. Du moins, il n'était pas certain de lui révéler son existence. Pourquoi lui dirait-il ? N'était-ce pas chacun pour sa peau ?
''- De qui tu prends ces ordres dorénavant ? ''
Le soldat leva le regard à cet instant comme s'il se sentait concerné par cette question avant de l'ignorer, divaguant ses yeux dans la pièce. Seules les oreilles étaient à l'écoute.
[Ah, euh...je pense que j'ai le droit de te le dire de toute façon puisque ce ne sera pas un problème... Zola, Pr. Arnim Zola.]
'' - Zola ? Ce vieux fou est vivant ? ''
'' Zola'', souffla Barnes comme pour entendre le son avec sa voix.
Si sa propre équipe n'était pas là pour l'extrader mais au contraire, l'éliminer alors la première balle qui partira de cette porte était chaudement faite pour lui. De sa position, il ne voyait rien de la porte et s'ils débarquaient fusils au point avec pour ordre de tirer sur tout ce qui semblait vivant alors c'était lui le premier sur la liste. Il était le plus proche de la porte située derrière lui avec quelques mètres de décalage. Avec l'information de Barnes, il avait probablement une petite chance de s'en sortir le cœur battant mais rien n'indiquait qu'il n'allait pas y laisser son sang.
[Je suis désolé.]
'' - T'as jamais été désolé Jack, même pour une merde pareille. C'est pour quoi ? Ton appel inutile ? ''
[Non, pour ça.]
Du début jusqu'à la fin, il allait devoir revoir ses principes parce que là il ne respectait rien du tout. La porte claqua violemment contre le mur comme il avait prévu, Rumlow se jeta vers l'avant pour pousser face contre terre le soldat qui vit en lui non pas une sorte de moyen de le secourir mais comme une forme d'attaque. Les deux hommes se prirent le sol en trombe alors qu'un tir en hauteur pointa son nez à travers la fenêtre qu'il brisa sur son passage. Le tir du tireur d'élite manqua sa cible initiale et finit sa course dans l'épaule de Rumlow qui pria que son tatouage soit intact. Tout était une histoire de Dieu pas d'impossibilité, voilà une belle pensée pour commencer une journée bien entamée.
Puisqu'un tir n'était jamais assez, le soldat avait sorti sa propre arme pointant dangereusement le canon sur lui alors qu'il était en train de lui sauver la vie. Mais avant de tirer sur la gâchette, ses yeux bleus perçant avait enfin aperçu ses intentions par un simple regard ou alors, c'était seulement des conneries, c'était juste au son des balles prés d'eux cette fois qui lui fit comprendre qu'il avait choisi son camp. Le camp de survie. Pour le moment en tout cas.
En une fraction de seconde, le soldat reprit le poil de la bête et le décala vivement sur le côté pour rappliquer contre ces quatre personnes. Lui n'était pas encore sur pied qu'il lui lança son calibre chargé sans chercher à savoir s'il avait au moins attrapé l'arme. Une chance pour lui, Rumlow leva la tête à ce moment précis pour voir l'arme arriver sur lui. Il observa tout juste le soldat fracasser une chaise sur l'un tandis qu'il poussa tel un taureau enragé, les deux autres dans le couloir. En passant par le mur, un autre passage qu'il venait d'arracher sauvagement en se jetant sur eux.
'' - Je vais vraiment regretter tout ça. ''
Le téléphone portable avait sauté plus loin pour disparaître sous les draps blancs d'un meuble. Il entendit la voix saccadée de Jack qui demandait des explications sur ce boucan. Bien qu'il le considérait comme un frère, sans lui avouer une seule fois, ce bâtard savait déjà où ils étaient et avaient laissé Zola lui balancer des mercenaires pour le tuer. Ce fumier était mal barré s'il allait le revoir face à face, mais au moins il n'avait pas pris part à l'attaque.
Rapidement, il inspecta son épaule touchée mais constata avec bonheur que ce n'était pas une balle mais juste une aiguille qui s'était implantée. Il ne savait pas ce que c'était, un traceur ou un somnifère mais dans tous les cas, il l'arracha pour le jeter plus loin. Rumlow ne garda pas longtemps l'arme, l'homme qui s'était pris une chaise était revenu à lui et lui donna un coup de pied pile dans les mains, l'obligeant par la douleur et la surprise, de lâcher l'arme qui s'éjecta aussi loin que le coup claqua. À peine sorti de cette attaque, son attaquant attrapa son fusil d'assaut et lui rappliqua une rafale. Rumlow y échappa en roulant sur le côté jusqu'à terminer sa course au comptoir de la cuisine où il se cacha pendant que les tirs s'accentuaient contre le comptoir qui partait en flambeaux. Avec ses mains liées, il se protégea du mieux qu'il pouvait le visage alors le son grimpa de volume.
'' - Carrément regretter.''
Il répéta sa phrase comme un pardon entendu dans les cieux tandis qu'il ouvrit les placards sous ce comptoir. Il n'y trouva rien évidemment, même pas un couteau oublié par là ou un balai qui traînait par ici. Le seul choix qui lui restait était de se cacher dans ce large placard et c'était ce qu'il fit en rentrant à l'intérieur tout en refermant derrière lui. En passant ses pieds et ses mains dedans, il sentit les bouts de bois déchiquetés mais aussi les balles qui s'étaient perdues dans leur trajectoire. Par le biais des trous formés, il aperçut l'homme qui venait de lui tirer dessus. Il se rapprocha lentement du comptoir après avoir dit à son pote de rester sur ces gardes. Le soldat jouait avec les deux autres dehors, alors que lui, se tapait un sniper sûrement en position et deux soldats prêts à rebondir.
Quand l'homme avança d'un pas précis, Rumlow s'était rapproché du bord du comptoir vers l'intersection. Ainsi, quand le pied marqua sa cadence contre le bois à cet endroit précisément, il donna un grand coup ferme dans la porte qui s'ouvrit d'un battement extérieur. Personne aurait pensé y mettre un autre tiroir à cet endroit même, encore un défaut d'installation qui lui était utile en tant que piège surprise. L'homme chuta en perdant l'équilibre, sa tête heurta sensiblement le bord de l'autre comptoir de la cuisine fait de pierres, granites d'après les différentes couleurs de ses cristaux. Équipé de son casque avec vitre à doubles protections, le policier est tout juste étourdi car en effet, il portait la combinaison de l'unité spéciale d'élite du SHIELD. Quitte à l'accuser de lobotomiser leur arme, autant de dire que l'enquête durait depuis longtemps et que la police n'attendait que son faux pas pour l'attraper. Mais le motif officiel serait de dire qu'il avait entrepris de partager les codes d'une arme chimique à un autre pays en tensions avec les États-Unis, ça suffisait largement pour faire la une du journal pendant une semaine grand max.
'' - Je t'emprunte ça. ''
Profitant de sa confusion, Rumlow lui vola le fusil des mains et évita au quart de seconde la nouvelle rafale de balles. L'une le frôla sous ses yeux qu'il recula mécaniquement mais il venait de signer sa mort dans ce placard car si la première fois était l'effet de surprise, maintenant c'était un piège pour lui. Il agit avant le dernier homme actif et poussa d'un gros coup de pied la plaque blanche du tiroir qui s'écroula comme un arbre dévoré entièrement par les mites. Rumlow dégaina son fusil, le tenant d'une position étroite et appuya sur la gâchette pour actionner les tirs. Mais rien ne se passa, les tics qui suivirent annoncés clairement la nouvelle, le chargeur était aussi vide que les bruits cliquèrent quand il appuya plusieurs fois.
La visière de son casque était tombée sur son visage, il ne voyait pas ses intentions mais son canon pointait sur sa tête parlait pour lui. Si c'était sa dernière minute avec les vivants, il se laissa penser à des choses futiles comme la possibilité que le soldat ait pris fuite, que ce policier entraîné réussit son tir car le cœur aurait certainement été plus rapide mais il pensa aussi à sa mort grotesque mais tout de même tragique en soit. C'était seulement ce qui lui venait en tête, mais pas de flash-back ni de vieux souvenirs de sa vie. Triste.
'' - Hé. ''
Les deux hommes tournèrent leur tête simultanément face à cette nouvelle voix. Rumlow visualisa la scène dans sa boîte détruite car cet appel n'était pas pour lui mais seulement pour l'autre gars qui n'eut juste le temps de tourner la tête. Directement, sa tête vira dans le sens opposé, propulsée par une balle silencieuse. Le corps s'écroula par terre sans vie tandis qu'il sortit de sa place en ruine. Cependant à peine qu'il se mit debout, le soldat visa sa nouvelle arme sur lui. Son sang ne fit qu'un tour pour être précis, Son esprit hurla de déguerpir en vitesse pour sauver sa peau, le coup pouvait partir maintenant comme jamais.
Il va te tuer. Cours.
'' - Laisse-le partir. ''
Confus, Rumlow le fit savoir en fronçant les sourcils mais la réponse vint d'une autre manière. Ce n'était pas la balle qu'il pensait se prendre mais un bras qui l'enveloppa par-derrière accompagné d'un pistolet dont le canon était posé sur son front.. Rumlow s'arrêta brutalement de gesticuler au contact de la froideur du métal. Il savait reconnaître une poigne d'un homme et celle-ci était peut être forte mais aussi exercée mais le geste était fluide comme celle d'une femme.
'' - Vous êtes en état d'arrestation. Baissez votre arme, soldat,'' envoya-t-elle.
La femme appuya sa défense en poussant la tête de Rumlow de son canon. Le soldat ne semblait pas obtempérer, il continuait à la pointer de son arme silencieuse avec la ferme attention de la descendre ou de les descendre s'il avait l'intention de la transpercer par son corps.
'' - Je ne réponds pas de vos ordres. ''
Après la confusion, voilà une bien bonne nouvelle. Barnes redevenait le parfait soldat entraîné qui répondait à chacun de ses ordres. Rumlow n'allait pas tomber dans le panneau, il ne fallait pas simplement une mise en danger de son supérieur pour le voir revenir le soldat de l'hiver. Néanmoins, cette histoire allait être gobée par la femme qui avait pour ordre de l'embarquer afin de le ramener à la base.
Rumlow sentit un autre coup du canon sur sa tête, ses yeux dérivèrent sur le côté pour essayer de l'apercevoir tandis qu'elle approcha son visage prés de son oreille.
'' - Dites-lui de lâcher son arme. ''
De toute façon, elle n'avait pas d'autre solution que celle-ci. Les deux personnes étaient tendues, Rumlow était le seul à connaître la fin de l'histoire, il savait le prochain coup du soldat et la policière, il avait encore des suppositions mais rien n'allait changer ce qui devrait se passer maintenant.
'' - Si c'est seulement ce que vous voulez, mais vous devez me laisser partir je suis son commandant en chef, tout compte fait.''
Une minute s'écoula avant qu'elle ait fait son choix.
'' - C'est d'accord. ''
'' - Lâche ton arme soldat, je ne crains rien.''
'' - Oui, monsieur. ''
Le soldat obéit comme à son habitude, il posa son arme sur le soldat et la poussa du pied jusqu'à ce qu'elle touche le pied de l'autre policière. Rumlow fut libéré comme promis mais à peine s'était-il écarté que la jeune femme se prit un couteau dans la jugulaire. Le sang jaillit à la surface alors qu'elle commençait à s'étouffer avec tentant vainement à renfermer la coupure nette et mortelle.
Sans un signe de remord, Rumlow la regarda lutter inutilement contre la mort tandis qu'elle tomba dans le sol où son sang venait déjà de faire une mare.
'' - C'est pour ça que j'ai demandé si c'était tout ce que vous voulez. Vous m'avez menacé, et ça il ne peut pas le laisser passer. Relisez les consignes sur le manuel d'utilisation la prochaine fois...s'il y en a une. ''
En regardant par la fenêtre, par réflexe il s'en écarta de son champ de vision mais en voyant que le soldat ne faisait pas pareil, il conclut lui-même qu'il s'en était chargé. Toutefois, le doute ne partit pas directement car il le vit se rapprocher de celle-ci à pas de tigre.
'' - Tu ne me demandes même pas la permission de partir ?'' Posa Rumlow même si la réponse était déjà connue.
'' - Qu'est-ce qu'ils ont fait de moi ? ''
Rumlow pensa qu'il était un peu tard pour les remords par rapport au couteau qu'il venait de lancer mais ça ne devait pas s'en résumer à ce simple geste, évidemment.
'' - Ils t'ont juste montré le bon chemin. ''
Soudain, une boite métallique rebondit dans l'appartement. Elle venait de rentrer par la porte entrouverte et quand il regarda de plus prés, c'était une grenade fumigène. La fumée s'éjecta du petit objet en un rien de temps, mais à cause de cet inattendu, il venait de perdre de vue le soldat qui s'était volatilisé par la fenêtre. Sans dire au revoir, divagua-t-il.
Il n'eut le temps de regarder en dessous pour voir quel chemin il avait pris, qu'une autre équipe rentra dans la pièce pour le plaquer contre le sol ensuite. Ils étaient en plus grands nombres et surtout, sa tête était au centre de leurs gros canons.
