Note de l'auteur : Oh moi qui croyait que j'allais publier une histoire sans avoir de lecteurs, je suis contente de voir que je ne suis pas seule alors ! :)
Merci beaucoup à : oO-Nena-oO pour ton follow, ton commentaire et d'avoir mis la fanfic' en favoris ! (je suis gâtée !)
pyreneprincesse pour avoir suivi l'histoire ! (Bienvenuuue ~)
Et sarah0406 pour avoir laissé un commentaire (Voilà la suite ;))

(J'ai oublié personne, je crois?)

Bonne lecture !


CHAPITRE 3 : Connaissances


Déjà une bonne heure qu'ils roulaient dans cette camionnette. Ils étaient 6 dedans, pas plus et pas moins en comptant les deux à l'avant du fourgon. On lui avait enlevé les menottes, fait rentré dans ce véhicule sans ajouter une explication. Sa mort n'était plus à l'ordre du jour on dirait bien, Jack était utile en fin de compte. Mais qu'importe, il n'avait aucune idée de l'endroit où ils allaient l'emmener. Le véhicule avait tourné à droite puis ensuite à gauche et à fait de nouveau demi-tour, le conducteur semait les pistes et puisqu'il n'avait aucune vitre à l'arrière du véhicule, le voilà aveugle comme un nouveau-né.

'' - Où est-ce qu'on va ? ''

'' - Université du SHIELD. ''

Il jeta un regard étonné à l'homme qui venait de lui répondre, ce n'était pas comme s'il avait espéré entendre l'écho de sa voix.

'' - Si j'avais su qu'il fallait demander gentiment... ''

L'un des soldats avait proposé au début de leur périple, avant que le véhicule ne démarre, qu'on lui mette une cagoule noire sur la tête mais l'idée avait été rapidement refusée sur ordre de je-ne-sais-qui. L'Université, il n'avait jamais mis le pied pratiquement, il avait fait des études, de droit mais il laissa tombé aussitôt pour se consacrer pleinement à ce qui le passionnait. Le sport, plus exactement la boxe, qui était son passe-temps favori. Il aimait énormément les sports de combat. Apprendre les techniques, savoir les appliquer et ressentir la rage comme la force pure même de la lutte acharnée de son âme. À présent, il les connaissait toutes, les pratiquait à la perfection et le respect était venu avec sur son chemin. Toutefois, cela ne fonctionnait pas sur les supers soldats et les êtres dotés de pouvoir hors du commun ou de monstruosité verte.

Après quelques minutes encore passaient sous un silence de mort, la camionnette s'arrêta. Les portes s'ouvrirent de l'extérieur et les hommes descendirent un à un. Quand ce fut son tour, il suivit le rythme et au moment de poser le pied sur le sol, une lumière blanche intense l'éclaira dans toute sa longueur. Automatiquement, ses yeux se plissèrent de gêne mais en s'habituant à son environnement, il pouvait à nouveau les ouvrir normalement. De nouveau libre, il ne put s'empêcher de faire des étirements, faisant craquer chaque os juste pour le plaisir de les entendre et pour apaiser les articulations endormis.

Les rires et les cris le ramenèrent à la réalité, on ne l'avait pas emmené dans un camp de base avec un nom secret mais bel et bien dans l'Université. Cet endroit était immense, la verdure était encore maitre des lieux autour de ses petits bâtiments. L'espace laissait croire qu'ils étaient dans un parc, rien n'indiquait qu'il y avait ici un campus ou des salles de classe si ce n'était que le logo principal de l'aigle flamboyant du SHIELD et les jeunes étudiants de passage. La jeunesse brillait dans chaque personne autour de lui, certaines tenaient des cahiers dans la main, d'autres expérimentaient un faux duel au corps-à-corps tandis que les plus réticents, rêvassaient en profitant de cette journée ensoleillée.

En regardant dans tous les sens, Brock ne vit pas arriver une jeune femme qui le bouscula sur son passage. Étouffant un juron d'ingratitude, il l'aida à se relever, elle qui venait de tomber facilement comme si elle venait de se prendre une vitre à la figure. Elle était pâle comme une feuille, ses cheveux étaient retroussés dans un chignon soigné comme l'étaient ses vêtements. Elle portait la tenue parfaite de l'employée modèle que tout le SHIELD voudrait avoir dans son laboratoire. Ce n'était pas tout, elle avait choisi son jumeau masculin en tant qu'ami ou plus d'après les regards attendris qu'ils se lançaient entre eux. Les deux ne semblaient même pas être au courant dans quelle relation ils avaient mis les pieds. Rumlow s'intéressa brièvement à ce garçon, portant son attention à la jeune femme qui ne faisait que répéter qu'elle était vraiment désolée pour ce léger accident. Il ne voyait pas pourquoi elle faisait tout un drame sachant que c'était lui qui ne regardait pas du tout où il allait, mais en se connaissant par cœur, il ne s'excusera pas, même pour cette fois-ci.

'' - Jemma ! On a pas de temps à perdre, on est en retard ! ''

L'interpellée sermonna amicalement son ami du nom de Fitz d'un sourire aussi ironique qu'il savait faire avant de revenir vers lui.

'' - Je suis sincèrement désolée encore une fois, ou plusieurs fois plutôt. Je suis toujours maladroite quand je ne suis pas seule à marcher sur cette allée. ''

Contre toute attente, au lieu de s'en aller à son cours ou à son activité puisqu'elle était si pressée, elle resta au même endroit à le regarder de la tête au pied. Il n'était pas du tout discret surtout avec l'unité bien chargée derrière lui qui surveillait chacun de ses mouvements. Il perçut même l'un des gars qui l'accompagnait cherchant un moyen pour le brusquer à se dépêcher lui aussi or avec les jeunes gens à côté, ils pourraient les alerter.

Rumlow resta à la contempler avant que Fitz ne vienne couper cette scène fichtrement à la limite du voyeurisme. Il l'a pris par l'épaule et l'emmena à continuer sa route avec lui.

'' - On nous attend ! Le temps presse... ''

'' - Mais Fitz, je suis certaine de l'avoir déjà croisée quelque part et regarde ces hommes armés, il ne doit pas être un étudiant ! '' Protesta-t-elle en retour.

Leur conversation s'anima ainsi jusqu'à ce qu'ils disparaissent dans la foule au loin sans qu'il puisse entendre la suite de leur discussion. Rumlow se retourna par mégarde quand il sentit comme un lourd regard se poser sur lui. Et il avait vu juste, si tous les regards n'étaient pas encore sur lui ils l'étaient dorénavant avec cette personne. Sa voiture blanche de luxe se gara prés d'eux à la limite du trottoir, le chauffeur privé sortit de son confort pour lui ouvrir la porte derrière lui montrant l'arrogant à l'intérieur, qui avait le culot de montrer les possibilités d'une telle richesse. C'était Alexander Pierce en personne.

'' - M. Rumlow, si vous voulez vous joindre à moi ? J'espère qu'ils n'ont pas été rudes avec vous.''

Rumlow s'invita dans le véhicule comme il lui avait montré son siège avec politesse. Du cuir véritable, noir et surtout confortable. Il se sentait oppressée dedans, ça respirait le luxe à plein nez, le champagne baignait dans un seau de glace et il restait encore de nombreux sièges pour inviter d'autres personnes mais il était le seul à embarquer pour cette course. Pierce laissa les policiers à l'Université tandis qu'il indiqua à son chauffeur de l'emmener à une adresse précise dont il ne connaissait pas spécialement. Il fit le mieux qu'il pouvait pour ne pas montrer sa timidité face à lui et s'installa comme un vieil ami, bien habillé pour retrouver les jolies femmes. Toutefois la personnalité et la aisance de cette personne démontrèrent rapidement que cela ne servait à rien et qu'il lui était visiblement inférieur en tout point.

'' - Vous savez qui je suis, et ce que j'ai l'intention de faire très prochainement. ''

'' - Il y a des rumeurs qui circulent à ce sujet. ''

'' - Et toute rumeur part sur un fait fondé. J'ai besoin du soldat, nous ne sommes pas à l'abri de mésaventures. ''

Rumlow hocha la tête en réponse, il ne savait pas quoi ajouter face à cette déclaration. Il avait déjà du mal à avaler le fait qu'il se retrouvait devant le secrétaire du conseil de la sécurité mondiale. Bon, il aurait apprécié qu'on lui laisse un peu de temps pour se changer et prendre une douche avant, mais il fallait croire que les hauts dirigeants étaient tout le temps pressés. S'il le voulait tout de suite avec la sueur incrustée dans ses vêtements et les traces de lutte sur son corps, alors il l'aurait sans hésitation.

'' - Je peux compter sur vous, n'est-ce pas ? ''

'' - Entièrement'', dit-il malgré lui sèchement.

Sa mise à mort était encore coincée au travers de la gorge mais il était le commandant de HYDRA après tout. Arnim Zola aussi vieux qu'il pouvait l'être, il restait un sous dirigeant qui suivait les ordres comme lui. Un scientifique pas assez futé pour être à la tête de l'organisation mais rusé pour commettre des abominations extraordinaires tout en étant dans leurs bottes.

'' - Vous m'en voulez encore pour ce malentendu de tout à l'heure. ''

'' - Je suis pas du genre à oublier facilement, si c'est comme ça que la boîte vous remercie pour vos loyaux services...je devrais mieux me renseigner. Mais je vais me taire car j'ai l'interdiction de me plaindre pas vrai ? ''

Brock réussit à lui soutirer un petit sourire narquois, ce signe pouvait signifier une bonne chose comme une mauvaise. Il ne devrait pas être le genre de personne à vouloir salir le cuir de ses fauteuils s'imaginait-il pour se rassurer. Pierce était de son avis, il déboutonna le seul et l'unique bouton de sa veste élégante afin de se décontracter sur tout son siège.

'' - Vous avez raison Brock, je prends tout les torts mais voyez cela comme un test d'aptitude vis-à-vis de vos performances physiques. Et vous l'avez réussi haut la main. ''

'' - Ah, ouais ? ''

'' - Zola a agi sans m'avoir consulté, il a pris des mesures préventives pensant que vous avez changé le camp mais j'espère qu'il a tort. Les probabilités peuvent vous tromper. ''

D'un côté, il se sentit soulagé d'entendre qu'il ne l'avait pas sur la liste noire mais d'un autre côté, quelle ironie du sort. Oublier cette petite contre-partie comme de bons vieux amis qui se battaient entre eux pour le plaisir. Totalement pas son style, il n'allait pas rouspéter en aboyant tel un chien enragé à son maître, mais en temps et en heure, ça pouvait revenir à n'importe quel moment.

La voiture démarra à nouveau quand le feu se mit au vert et prit le virage à la deuxième intersection à droite. Elle roula quelques minutes dans une circulation fluide puis finit sa course en se garant en deuxième fil sur l'allée principale du boulevard. Durant l'heure creuse, peu de gens étaient encore dehors, hors les matinaux qui préféraient acheter leur déjeuner pour ne pas traîner dans les fils d'attentes dans les heures de pointe. La voiture était tout juste garée avant que la route ne se sépare dans deux directions. Tout juste plus loin se trouvait un Diner à peine rempli, il aurait aimé prendre un petit quelque chose.

'' - Le soldat a été localisé dans ses environs, retrouvez-le coûte que coûte. James n'est pas pleinement conscient de qui il a été, et de ce qu'il a fait sous plusieurs juridictions.''

'' - Vous l'appelez James ?'' Questionna-t-il sans faire attention.

Pierce le regarda intensément avant de balayer de la main ses propos pour revenir à son histoire. Ce n'était pas quelque chose qui s'empressera de refaire s'il le pouvait, ne jamais couper la parole son supérieur. À noter pour ne pas avoir chaud aux fesses.

'' - Ces longues années d'obéissances font qu'il n'arrive pas à différencier le vrai du faux. Perdu, désorienté, nous sommes là pour le faire revenir à la raison. Notre raison. ''

Rumlow hocha la tête en réponse, ça semblait être du gâteau.

'' - Des questions ? ''

'' - Oui, une seule. Pourquoi moi ? ''

L'homme fit semblant de réfléchir adroitement à cette question comme s'il ne l'avait pas envisagé à savoir pourquoi l'avoir choisi lui, et pas un autre. Une personne comme lui aurait à l'évidence choisie une escouade pour arrêter efficacement un super soldat, non pas en renvoyant la même personne qui venait de foirer leur premier plan de capture.

Vaguant son regard à sa fenêtre, il revint vers lui quand celui-ci avait détourné le regard pour regarder le conducteur lui ouvrir la porte. Il fut surpris de voir sa main poser doucement sur son épaule où une injection lui avait été faite auparavant dans cet appartement vide. De l'autre, il passa sa main sous le fauteuil pour sortir un sweat-shirt muni d'une capuche et d'une poche kangourou. Un vêtement de grande taille qui lui allait sans soucis mais la seule chose qui l'intéressait était de savoir combien de temps pourrissait-il là-dedans sous ce siège. Il le prit, et remarqua qu'un t-shirt noir était aussi présent sous le sweat-shirt. Il enleva son t-shirt sale et tâché de sang pour porter ses nouveaux vêtements. Il passa de la couleur noire à la couleur blanche grisâtre, il apparaissait comme un joggeur dans cette tenue maintenant.

'' - Il vous aime bien, c'est plutôt rare qu'il s'attache à quelqu'un, expliqua-t-il sans intérêt. Ou à quoi que ce soit. ''

Pierce reposa sa main de la même manière sur son épaule tout en le rapprochant vers lui dans une sorte d'accolade amicale à première vue. Il tapota son dos comme un vieux père à son fils qui s'envole de la maison familiale maintenant devenu adulte, cependant le ressenti n'était pas le même. Les tapes étaient douloureuses et les mots étaient coupants dans ses oreilles.

'' - Il n'y aura pas de seconde chance, je m'occuperai personnellement de votre cas si vous me ramenez un autre échec. Votre épaule, juste un implant géo-localisateur. J'espère qu'on s'est bien compris ? ''

'' - Oui. ''

Enfin, il l'éloigna de lui avec un sourire faux avec pleins de malices dans les yeux. Avec ses deux mains, il pomponna ses deux épaules pour enlever une poussière presque inexistante.

'' - J'ai lu votre dossier, vous êtes un bon agent et ça serait dommage de vous revoir avec une balle dans le cortex cérébral et le corps abandonné dans un sac poubelle.''

'' - En effet. '' répondit-il la gorge nouée rien qu'en y pensant.

'' - Je vous laisse ici, vous le retrouverez j'en suis certain. Démontrez-moi que Zola a eu tort de vouloir vous tuer et que ma confiance à votre égard n'est pas qu'une miette de pain pour pigeons. Quant à moi, j'ai un discours à prononcer à ses bons gamins à l'Université. Après tout, ce sont des potentielles nouvelles recrues, si vous avez vu les étoiles qui brillaient dans leurs yeux. ''

Une dernière fois, l'homme lui adressa une oreillette à porter et le prit dans ses bras. C'était un peu trop pour lui qui voulait à tout prix déguerpir sur-le-champ.

'' - Hail HYDRA'', chuchota Pierce au creux de son oreille.

Rumlow mit l'oreillette et sortit du véhicule. Discrètement, le conducteur lui offrit un revolver tout neuf puis claqua la porte derrière lui sans qu'il puisse voir ce que l'homme à l'intérieur faisait. Les vitres étaient teintées, peut-être l'ignorait-il aussitôt qu'il était parti ou le regardait-il jusqu'à ce que la voiture ne démarre et s'infiltre dans la circulation. Le voilà de nouveau seul sur ce parvis, on lui avait donné une autre mission en solo cette fois-ci. L'avoir localisé dans cette région ne l'aidait pas beaucoup, le champs était vaste et il ne savait pas par quoi commencer.

Il mit son arme derrière le dos puis ses mains dans la poche de son sweat-shirt. En tournant vers le trottoir, il jeta son vieux t-shirt à la première poubelle qu'il rencontra. En levant le regard pendant sa marche, ses yeux s'ouvrirent de stupéfaction. Finalement, ce n'était pas une mission si difficile que ça. Ce n'était même pas une mise à l'épreuve pour voir ses talents de pisteur mais plutôt psychologiques car on venait de lui présenter le soldat dans un plateau d'argent. L'homme le plus dangereux du monde se tenait assis sur un tabouret au comptoir du Diner. Les gens autour de lui le dévisageaient surtout pour sa tenue qui sortait de l'ordinaire, pensant sûrement qu'il était costumé pour une convention de comique ou pour faire une fête dont le thème était le déguisement. Aucun n'avait l'air de remarquer le vieux vétéran de la Seconde Guerre Mondiale.

Sans tarder, il rentra à l'intérieur. En y repensant, James l'avait sauvé alors qu'il n'était pas obligé et lui, il retournait sa veste pour le ramener à HYDRA. Ça n'avait jamais été son ami, il ne voyait pas pourquoi il s'inquiétait autant pour un homme tel que lui. Peut-être parce qu'ils étaient tous les deux de nature humaine, avec des sentiments nourris par de vraies émotions propres à leur espèce.

La sonnette accrochée au rebord de la porte sonna mélodieusement plusieurs coups de cloche quand il posa le pied au-delà de la porte. Une poignée de personnes le regardèrent avancer dans l'allée, ce qui était tout à fait normal et n'avait rien d'alarmant. On avait tous cette habitude à vouloir regarder le nouveau client qui rentrait pour savoir à quoi il ressemblait et sa façon d'entrer. Au milieu du reste de personnes non préoccupé par sa petite personne, il y avait Barnes. L'homme avait les yeux rivés sur le verre d'eau posé devant lui. Il le tenait par sa main de chair et de sang. Rumlow passa prés de lui, le regardant du coin de l'œil pour se préparer à une quelconque attaque. Il choisit la dernière table, se glissant entre elle et le fauteuil à la texture d'un cuir éphémère. La serveuse ne se fit pas attendre, alors qu'elle leva la table du comptoir pour sortir, elle vint vers lui les mains chargées d'une cafetière contenant un café tout prêt et d'une tasse. Ses jambes défilèrent sur les carreaux colorés en blanc et en rouge tout en suivant les mouvements de son tablier par-dessus sa jupe.

Elle lui adressa un bonjour poli et tandis qu'elle lui servit le café encore chaud dans la tasse, Rumlow attrapa le menu qui traînait debout sur la table. Elle l'informa qu'elle reviendra prendre sa commande et lui laissa le temps de regarder tout ce que le Diner proposait de concret. Il y avait deux cases séparant le petit-déjeuner et l'autre le déjeuné, la case des boissons et des desserts.

En regardant au comptoir, un vieil homme avait commandé une part d'un gâteau au chocolat. Face à lui, l'autre table, le couple avait pris deux milk-shakes. Sur l'autre rive, une personne seule avait déjà son assiette avec un hamburger déjà entamé et chez un groupe d'amis, ils avaient tous pris une petite boisson gazeuse.

Il posa le menu à plat sur la table, et laissa tomber sa tête dans ses mains. Les coudes sur la table, il balaya ses cheveux des deux mains vers l'arrière. Il se sentait vachement bien, il n'avait pas envie de glaces, de gâteaux gourmands ou de burgers sur-graissés. Du café, et encore du café, c'était la seule énergie qui allait le faire oublier dans quel merdier il avait mis la tête la première.

Il but tout le café dans sa tasse et le reposa, le goût amer lui gratta la gorge alors que la chaleur s'occupait à faire cramer sa langue.

'' - Hey, commença-t-il. Viens me tenir compagnie au lieu de lire ton futur dans du liquide, je t'offre le déjeuné si t'as faim. ''

L'intéressé contracta les épaules et vint le rejoindre à sa table non pas sans traîner des pieds. Sa place semblait le gênait car il regardait avec crainte le monde autour de lui. Rumlow avait pris la seule place qui lui permettait de voir l'ensemble du Diner sans avoir besoin de surveiller ses arrières qui se constituaient que d'un simple mur. Le soldat devait veiller sur ce qu'il avait devant mais aussi derrière lui. Pour un gars comme lui, tout le monde était un ennemi, et potentiellement dangereux.

Rumlow lui fit glisser le menu sous ses yeux sans avoir peur d'un quelconque geste meurtrier de sa part. Il n'allait pas l'attaquer en public, il n'était pas programmé pour fonctionner ainsi et puis, il lui avait bien sauvé la peau tout à l'heure.

Sans lui jeter un regard, il abattit son attention furtivement sur ce menu, lisant en longueur tout d'abord et ensuite en largeur. Son regard insistait sur une ligne en particulier mais il finit par secouer la tête comme pour se refuser un désir impossible. Le soldat referma ensuite le menu, et le plaça sur le côté auprès du sel et du poivre.

Comme promis, la serveuse se ramena quelques minutes plus tard, toujours aussi souriante, avec un calepin à la main pour prendre note de la commande. L'expression sur son visage représentait la surprise en constatant que l'étranger du comptoir connaissait l'homme à cette table, peut-être était-elle contente de le voir avec quelqu'un, comme pour prouver que ce n'était pas un Alzheimer. Ou presque.

'' - Vous avez fait votre choix ? ''

'' - Pour moi, ça sera encore votre merveilleux café noir, s'il-vous-plaît. ''

'' - Bien sûr ! Et vous monsieur ? ''

'' - Rien, ''

Alors qu'il s'empressa de disparaître dans ses vêtements, Rumlow lui envoya un regard désabusé. Ce qu'il pouvait être coquille vide quand il le voulait vraiment.

'' - Il va prendre vos pancakes faits maison, '' ajouta-t-il en pointant la ligne en question sur le menu. Et un coca. ''

La jeune femme nota la commande à la vitesse de l'éclair sur son bloc-notes et quand elle eut terminée, glissa sa queue-de-cheval brune en arrière.

'' - Je vous fais ça tout de suite ! ''

Le silence retomba aussitôt lorsque la serveuse retrouva son comptoir, Rumlow ne savait pas par quoi commencer tandis que le soldat, eh bien il ne savait pas ce qu'il pensait maintenant.

L'homme face à lui pouvait être prodigieux comme misérable en un claquement de doigts.

Le brouhaha des autres clients le rassura, le silence n'était pas omniprésent voire étouffant. Son autre regard insistant ne vint pas à bout de sa carapace de métal alors il enleva son sweat-shirt pour lui passer au-dessus de la table qui les séparait. Faire bonne figure.

'' - Porte ça, tu attireras moins l'attention. ''

L'assassin s'exécuta, il enleva sa veste de sa combinaison et enfila le sweat-shirt. Rumlow entendit le mécanisme de son bras se déployer sur le mouvement. Cela le fit frémir lorsqu'il se rappela le bras cybernétique autour de son cou fragile à ses yeux. La jeune serveuse choisit ce moment pour revenir avec un plateau contenant leur commande. Délicatement, elle déposa une assiette de pancakes, une canette de coca avec un verre et une paille. Le beurre fondait sur les pancakes garnis par une couche de sirop d'érable généreuse. Les couverts vinrent avec le café fumant dans sa tasse. Rumlow lui passa un billet en lui disant qu'elle pouvait garder la monnaie comme pour pourboire en réponse à son service agréable. Le visage ravi, elle le remercia avec honnêteté et bon cœur, puis partit s'occuper d'un autre client qui venait de rentrer.

Rumlow se délecta de la saveur du café en ne baissant pas la garde face au soldat qui avait fait attention de cacher son bras métallique sous la table avant qu'elle n'arrive. Quant à la partie humaine, elle restait platement au-dessus. Même pour un plat, le soldat ne bougea pas d'une semelle, toisant la nourriture dans tous ses angles pour trouver une trace d'un poison inexistant.

Le manège du père confus, ne comprenant pas son enfant qui ne touchait pas à son plat avait assez duré. Brock attrapa la fourchette et le couteau sans prêter attention à son regard de prédateur qu'il lui lança, et coupa un bout de pancake.

'' - Tu vois ? Bafouilla-t-il la bouche pleine. Sans danger. ''

Tout de suite, il lui vola les couverts et s'appropria son bien pour de bon. Il mangea avec férocité tant sa faim n'avait de cesse de l'affamer à chaque minute qui passait. Rumlow finit sa bouchée que lui, venait de terminer un pancake entier. Fier de lui, il le laissa en sirotant joyeusement son café pour faire passer le goût du sirop d'érable légèrement trop sucré à son goût. Il n'aimait pas beaucoup tout ce qui était sucré en principe, mais cette fois, l'odeur du café et la douceur des pancakes se marinaient à merveille dans cette atmosphère. L'envie de commander à son tour le même plat lui traversa l'esprit mais il se reprit rapidement. Il n'était pas là pour manger et faire la causette.

'' - Merci '', commença le soldat en premier.

'' - Pas besoin de me remercier, tu m'as sauvé la vie après tout. Elles sont bonnes ? ''

'' - Oui. J'adore les pancakes '', ajouta-t-il comme pour se justifier.

'' - Je vois ça. ''

À sa place, Rumlow ouvrit sa canette, et se demanda après coup s'il devait aussi le boire avant de le lui passer. Mais le geste de Barnes répondit à sa place, il choisit de prendre la paille et de la mettre dans le trou. Il but à petite gorgée puis s'arrêta quand son ventre était enfin plein, il se cala avec l'esprit apaisé contre le haut du fauteuil.

'' - Tu leur as parlé,'' demanda-t-il plus comme une affirmation.

'' - Et si c'était le cas ? ''

'' - Je ne sais pas. Est-ce qu'ils veulent que je parte ? ''

Si partir voulait bien dire s'enfuir et se fondre dans la foule alors, il aurait dû partir au lieu d'être ici dés que les chaînes s'étaient relâchées autour de son cou. Elles n'étaient pas encore brisées mais il pouvait les casser lui-même. Or s'il était là, cela voulait dire qu'il n'avait pas envisagé cette possibilité. Comme l'avait dit Pierce, un long dressage le rendait obéissant à son maître. Pauvre James.

'' - C'est trop tard maintenant, tu aurais dû le faire quand l'occasion s'est présentée. Tu ne l'as pas prise, pourquoi ? ''

'' - Quelque chose. Quelque chose me retient. ''

Ou parlait-il de quitter ce monde pour de bon ?

'' - Qu'est-ce que c'est ? ''

'' - Je ne sais pas. ''

Retour à la case départ.

'' - Mais... Il y a un homme, malade... Il dessinait beaucoup. Je lui ai dit qu'il pouvait compter sur moi. ''

Rumlow écouta attentivement, en cherchant dans sa mémoire il ne trouva personne correspondant à cette description. Ça devait être une cible provenant d'une de ces missions d'infiltration.

'' - Blond, maigre, petit. Il était frêle et pourtant il voyait toujours le bien, un avenir meilleur. Il avait une détermination sans limite. ''

'' - Il est mort ? ''

Le soldat leva le regard de la table, la bouche à moitié ouverte pour exprimer sa réponse mais aucun son ne sortit. Il referma directement, pinçant ses lèvres comme si c'était absurde de ne pas connaître une réponse aussi évidente. L'homme essaya à nouveau mais n'y arriva pas, Rumlow abrégea ses souffrances en le sortant de sa transe. Juste à le voir aussi confus pour une petite question, ça lui donnait un mal de tête.

'' - OK, c'est pas grave. Tu sais où il habite ? ''

Il secoua la tête, sa main cybernétique avait fait son apparition, légèrement visible. Ses quatre doigts soutenaient le rebord de la table.

'' - Un nom, je sais pas... ?'' Continua-t-il.

Soudain, la table craqua sous sa force, Rumlow eut un mouvement de recul en pensant que la table s'effondrait, mais il ne vit que des fissures se propager au niveau de ses doigts. Ils compressaient avec énergie ce bord qui ne tiendrait pas longtemps. De l'autre main, il tenait sa tête en posant son coude sur la table. Il l'avait posé avec force que l'assiette sauta sur elle-même faisant un petit tintement quand elle n'était plus sous la gravité.

Rumlow se rendit compte qu'il n'allait rien lui soutirer au final, son visage décrivait une douleur sourde qui ne semblait pas le quitter. Il pouvait même voir les nerfs à rude épreuve, même pour lui il ne s'était jamais senti ainsi. Sa colère était contaminante.

'' - Pourquoi je ne m'en souviens pas ? Pourquoi ça fait si mal ? ''

Cryogénisation, chocs électriques : mauvais cocktail.

'' - Hey, calme-toi, pas besoin de se mettre dans cet état, d'accord ? Je suis là pour aider. ''

Concrètement non. Ce n'était pas son rôle, un vrai hors-sujet. Il préférait largement une thérapie avec poings levés que des mots rassurants. Pour combler sa lacune sur le comportement humain à entreprendre pour aider une personne, il fit le geste le plus judicieux de toute sa carrière, il l'attrapa par le poignet pour le ramener à la raison. Pas d'autres choix s'il voulait l'arrêter, pour le bien de la table et les regards accusateurs sur eux.

'' - Reviens au début. Tu ne te rappelles de rien, si ce n'est que ton nom, ou des bribes. ''

'' - Tu m'as appelé Bucky. C'est un surnom, mon surnom mais ce n'est pas nom. ''

Si sa phrase l'était, son regard n'était pas aussi confiant qu'il le disait. Il voulait l'entendre raconter tout ce qu'il savait sur lui, oh comme il en mourrait d'envie d'après la fureur dans ses pupilles. Mais il n'allait rien lui déclarer car il devait le faire revenir à la base. Une petite voix lui disait d'empoigner la manière forte tandis qu'une autre, un ange peut-être, souffla dans son oreille qu'HYDRA avait ce qu'elle méritait et que c'était inhumain de faire cela à un homme.

Barnes émana de sa bulle, et céda à ses belles paroles. Un quart des clients les dévisageait constamment depuis le début sans raison, à présent ils leur avaient donné un motif valable pour continuer à s'acharner sur eux. Cependant, ce qui draina ce bon calme si plaisant, c'était l'ambiance en général, une banalité particulièrement normale et de mauvais goût.

'' - Tu sais, ceux pour qui on travaille. Eux, toi, moi, nous ne sommes pas si différents. C'est juste le chemin pour y arriver à notre but ultime qui diffère. Ils veulent t'aider même si t'as pas cette impression, ils ont besoin de toi aussi. ''

'' - Qui sont-ils ? ''

'' - Les bons gars, ceux qui croient que pour changer le monde il faut parfois faire des choix conséquents pour un avenir radieux. Détruire pour reconstruire. ''

Pour ne pas dire HYDRA et faire revenir de mauvais souvenirs.

'' - Tu veux dire tuer. Combien de personnes ai-je tué ? ''

'' - Assez pour te considérer comme un monstre tel que moi, lui répondit-il nonchalant. Et avant que tu te mettes à ventiler, il faut savoir sacrifier des vies humaines. Je ne dis pas qu'elles ne sont pas importantes, mais il ne faut pas être aveugle pour voir qu'il y a des gens qui se salissent les mains pour créer l'illusion que son monde est blanc. ''

Sa main se relâcha de son poignet lorsque ses deux poings se refermèrent sur la table, tremblant tant le sentiment le consumait de l'intérieur et n'attendait qu'à exploser. Rumlow passa sa main derrière le dos pour tâter son arme, qu'est-ce qu'il aimerait tirer un coup pour neutraliser la menace grandissante.

'' - Je ne suis pas un tueur. ''

'' - Pense ce que tu veux si ça peut te rassurer, mais ça ne changera pas ce que tu es réellement, ta vraie nature. ''

Quelque chose lui disait qu'il n'avait pas réussi à le convaincre. Mais même les plus bons d'entre nous pouvaient tourner dos à la lumière, non ?

'' - Tu vas me tirer dessus ? ''

La prise sur son arme s'était soudainement échauffée, son dos se raidit quand Barnes avait remarqué son petit manège. Rumlow n'avait pas été si discret qu'il ne le pensait.

L'arme à portée de main, le canon dirigé sur son ventre juste sous la table, c'était comme ça qu'il voulait comme situation, mais comme d'habitude, rien ne se passait comme prévu.

'' - Seulement, si tu ne viens pas avec moi. ''

'' - Et c'est pour ça que tu m'as sauvé, pour me tirer dessus de tes propres mains. ''

'' - C'est plus compliqué que tu ne le penses. Tu es plus important que tu ne le penses. ''

Barnes lança un regard en direction de la salle, les discussions fusaient dans tous les sens, aucun client n'était ressorti. Tout le monde papotait gentiment à son voisin, touchant lentement leurs plats de temps à autre ou leur boisson.

'' - Et aussi pour sauver ma peau. Tu es dans un monde qui évolue James. La guerre, c'était rien comparée à ce qui adviendra, ton monde n'existe plus ni même ton gars si tu veux mon avis. ''

Alors qu'il restait à le regarder, voir ce qu'il pouvait retirer de petits mouvements comme de la gêne, de l'énervement, de la complexité par exemple, une couleur rouge flamboyante par la fenêtre vint capter son regard. Il ne put s'empêcher de voir ce que c'était et détourna son attention pour voir à travers la vitre. À l'extérieur dans l'allée, une femme marchait sur un passage piéton à l'autre rive. Cette femme ne passa pas inaperçu, seul le soldat était concentré dans ses problèmes pour la remarquer. À cette distance, il ne voyait pas son visage mais pas besoin d'être un premier de la classe pour calculer la probabilité infime de rencontrer une rousse par ici. Et aussi identique à la seule personne qu'il connaissait dans son répertoire.

Sa démarche ne faisait que confirmer ce soupçon mal arrivé, plus elle avançait et plus il voyait l'apparence de cette femme qui se décrivait. Jean serré, veste en cuir ne laissant entrevoir qu'une légère bande de débardeur rouge, c'était bel et bien son style.

'' - Le compromis'', répondit le soldat, le faisant revenir à la discussion principale.

'' - Quoi ? ''

'' - On avait un compromis. Moi contre ta vie. ''

'' - Vraiment touchant mais pense pas que c'est toi qui impose tes règles. Maintenant on fait à ma manière. ''

Les deux hommes combattirent du regard, Rumlow était persuadé que le couteau qu'il venait de serrer dans sa main était pour lui. Un coup rapide, au bon endroit et il allait créer un mouvement de foule pour ensuite s'enfuir facilement.

'' - Tu ne me laisses plus le choix. Je vais te dire pourquoi tu es là, tu es là parce que tu ne sais pas où aller, tu cherches une personne qui doit être morte à l'heure qui l'est. Toi, ouais toi ta vie est tellement importante que ça ne sera pas ma mort qui va les arrêter. On ne s'enfuit pas de ses vieux démons, on vit avec. ''

Barnes venait de s'évaporer sous ces yeux, voilà la froideur qui faisait refroidir son sang bouillant.

Allez soldat de l'hiver, dis-moi qui tu es...

'' - Ferme-là. ''

'' - Tu le sais déjà, ça ne sert à rien de s'enfuir. S'ils ne peuvent pas s'en prendre à toi, ils trouveront un moyen pour t'atteindre. À ton avis, combien de vies pour te mettre à genoux ? ''

Tuer ou être tué. Le dernier coup pour tout briser, il n'était qu'un vase fragilisée dont l'eau noyait ce qu'il tenait de si cher, elle coulait dans chaque recoin, fissurant jusqu'à le réduire. Il ne pouvait pas vivre avec des innocents tués sur sa conscience.
Ses yeux n'arrivaient plus à trouver un point stable, sa pupille cherchait quelque chose qui pouvait le faire tenir, la chute était fatale mais elle n'était pas inévitable. Sa main trembla, il laissa tomber le couteau sur la table.

'' - J'ai déjà tout perdu. '' Murmura-t-il.

Maintenant, c'était fini. Rumlow soupira enfin, il pouvait bien s'accorder un relâchement. En rentrant, il pouvait mettre sur son CV qu'il avait anéanti un vétéran, juste pour les bonnes causes de HYDRA. Bien qu'il fut soulagé d'avoir repris le contrôle, il n'avait pas l'intention de rentrer à la base tout de suite, pas avec ce gars qui devait s'imaginer les inconnus qu'on tuerait pour lui montrer toute son importance.

Sans dire un mot, il posa son arme sur la table car il n'avait plus rien à craindre. Le revolver fit un drôle de bruit en percutant le bois de la table, une impression de réplique et c'était en voyant autour de lui que ce son prenait un sens logique.

Le monde entier s'était brusqué, stoppant toute activité non à cause de l'apparition de l'arme sur la table mais parce que toute cette gentille clientèle venait de prendre son arme pour les braquer. Aucun des deux hommes à cette table n'avaient l'air d'être renversé par cette scène. Rulow leva quand même les mains en l'air pour indiquer qu'il n'y avait aucun danger.

'' - Dîtes à Pierce que je reviens avec le colis ce soir, j'ai une virée à faire avec, dit-il en s'adressant aux agents. Et Jack, je te mets un B pour l'effort du déguisement. ''

Un vieillard se redressa de sa chaise et fit tomber le masque électronique retenu sur son visage. Les micro-particules se déconnectèrent aussitôt de sa peau et se mirent en veillent en disparaissant dans sa main. Le vieil homme à priori courbé venait soudainement de rajeunir de 30 ans en un clin d'œil, soulevant son dos pour reprendre une carrure d'homme d'âge moyen.

Ses cheveux aussi prirent de nouveau leur forme, écrasé à l'arrière par du gel ne cachant point son début de perte.

'' - Tu ne savais pas que c'était moi. Toujours là à raconter des conneries, '' siffla-t-il.

'' - Ouais, mais c'est surtout tes mains qui t'ont trahi. Trop jeunes et propres pour un croûton. ''

Aplatissant ses deux mains sur la table, Rumlow se releva d'un bond et sortit pour rejoindre Jack qui vint pour lui donner une tape dans le dos et une autre amicalement dans le ventre, une sensation plutôt difforme. Jack fit signe aux autres de baisser à leur tour leur arme alors que le soldat avança de deux pas vers eux.

'' - T'es un cafard, dur à tuer. Tu le sais ? ''

Rumlow regretta d'avoir donné un pourboire honorable à la serveuse quand il s'aperçut que c'était tous les clients qui étaient des agents.

'' - Je préfère le terme de salaud'', corrigea-t-il avec un sourire espiègle.

Lui redonnant le même sourire, Jack se prépara à lui parler plus sérieusement mais Brock le coupa dans son récit et s'empressa de prendre la route vers la sortie des employés. Il l'avait complètement oublié et maintenant qu'il y pensait, il dirigea son intérêt vers l'extérieur pour la repérer mais brusquement, la sonnette du Diner retentit. Rumlow n'eut le temps d'expliquer quoique ce soit à Rollins, qu'il se réfugia avec Barnes dans les toilettes mixtes. La sortie était à quelques pas mais la personne rentra précipitamment, au mauvais moment.

Avec la même dextérité, il le plaqua contre le mur et le fit taire en mettant sa main contre sa bouche. Les yeux du soldat brillèrent d'une intensité morbide que Rumlow ne comprenait pas pour quoi.

'' - Où est-il ? '' Dit la voix.

Rumlow prit le risque et regarda par le hublot de la porte. Rollins parlait avec la seule et réputée espionne : Natasha Romanoff. Malheureusement, c'était bien elle.

'' - Bonjour Roma' '', avança Jack, ignoré.

'' - Ne me mens pas, je l'ai vu. ''

'' - Je vais bien merci. Puisque tu me le demandes gentiment, confidentiel, je peux rien te dire. ''

Un froid glacial glissa derrière son dos, il eut la mauvaise sensation que l'espionne l'ait trouvé alors immédiatement, il éteignit les lumières et arrêta de les regarder. À présent que la lumière les enveloppa, ses yeux lui étaient inutiles mais ses sens étaient mis en marche. La sensation du danger imminent faisait battre son cœur douloureusement dans sa poitrine. Il pouvait sentir le corps de Barnes prés de lui, trop près car ils se touchaient pratiquement. Brock l'avait coincé entre son bras tandis son corps était plaqué contre le mur froid. Sa main réagissait, chancelante, à chaque chaleur que son souffle pouvait avoir sur sa paume.

'' - Ne compte pas sur moi pour partir tant que je ne l'ai pas vu. ''

''- Comme tu veux, mais tu piétonnes sur une affaire en cours. ''

Voilà qu'il ne savait plus s'il avait bien fait d'éteindre les lumières, le danger était-il à l'extérieur ou juste dans ce corps contre lui ? C'était à son tour de respirer plus difficilement. Comprenant enfin que cette scène ne valait pas le coup, il enleva sa main et lui laissa l'espace nécessaire. Silencieux, Barnes semblait être de son avis vis-à-vis de cette situation qui ne tournait pas rond. Cependant s'il ne faisait rien, il était certain que le soldat voudra voir lui-même ce qu'il se passait. Rumlow devait prendre l'affaire en main, dorénavant.

'' - Fury se chargera de ta plainte... ''

Sa voix descendit comme si elle s'éloignait.

'' - Hey, tu vas où là ?! ''

'' - Voir ce que tu me caches. ''

Plus le temps pour réfléchir, il ouvrit la porte pour se poster devant et finit par tomber nez-à-nez avec la rousse qui n'attendait pas moins de lui.

'' - Natasha Romanoff, ma russe favorite. ''

'' - Épargne-moi tes mots doux Rumlow, à qui est-ce que tu parlais ? ''

Rumlow fit une moue d'incompréhension.

'' - Je ne vois pas de qui tu parles. ''

Avec vigueur, elle posa sa main sur sa joue, une douleur oubliée le fit grimacer. Ses cheveux bouclés se soulevèrent sur ses épaules, cette femme était une plaie, elle se doutait de quelque chose.

'' - Tu es plutôt bien amoché pour un jour de repos. ''

Quand il chercha de l'aide vers Jack, celui-ci lui haussa les épaules en réponse pour dire qu'il ne savait pas quoi faire. Il ne lui avait fallu qu'une seule minute ou moins pour comprendre qu'il lui empêchait d'accéder à l'espace derrière lui.

'' - Je gagne toujours. Pousse-toi. ''

Fermement, il la stoppa net dans son élan en l'attrapant par les épaules.

'' - OK, j'ai compris, déclara-t-il. Mon gars, c'est un tuyau au sujet d'une affaire de drogues. J'ai eu du mal à lui retirer des infos donc je peux pas te laisser foirer des années de boulots parce que sa tête de droguée ne te revient pas. Il a peur des flics, surtout les femmes de ton genre, sans vouloir t'offenser. ''

Elle ignora délibérément son discours, le regard noir de suspicions et se décala pour tenter de passer. Une deuxième fois, Rumlow plaque son bras pour l'arrêter.

'' - Ce n'est pas un coup de tête. Je sais qui j'ai vu alors tu vas me faire l'honneur de t'écarter ou je peux t'assurer que je crie. ''

Ce n'était pas comme si tous ces gens dans leur banalité incorrigible n'étaient pas de HYDRA. Mais elle ne le savait pas.

'' - Oui, c'est problématique... Mais on a, comme qui dirait fait des trucs, corps et âme, qu'une jolie rousse comme toi ne voudrait pas savoir ni voir. ''

Natasha ne semblait pas affectée par cette nouvelle. Jack quant à lui, était son contraire, il était devenu rouge, embarrassé rien qu'en s'imaginant la scène imaginaire dans ses toilettes.

'' - Brock. Je m'en fiche de ton orientation sexuelle et ce que vous avez fait, je veux voir à qui tu parlais puisque tu ne veux pas me révéler son identité. ''

Cette fois, sa patience se brisa en morceaux et elle agit par conséquent en premier. Elle passa sous son bras et évitant avec grâce son croche-pied sur son chemin. En poussant la porte, Brock s'apprêta à la frapper au niveau de la nuque mais il fut lui aussi stupéfait de voir qu'il n'y avait rien. Personne, quand elle alluma la lumière.

Le téléphone de la femme se mit à sonner, elle répondit dés la première sonnerie.

'' - Natasha. Oui, j'arrive Maria. ''

Elle raccrocha et sortit des toilettes, frustrée.

'' - Tu devrais essayer de lisser tes cheveux, dit-il lorsqu'elle le dépassa. Ça t'irait bien. ''

'' - J'y penserais, mais ne crois pas que j'en ai fini avec toi. ''

'' - C'est pas ma faute si tu lui as fait peur, je t'ai prévenu. Hulk est du genre timide. ''

'' - Bien sûr, il s'appelle Hulk. Je n'aime pas qu'on me prenne pour une idiote. ''

Il attendit qu'il s'en aille accompagnée de Jack pour refermer la porte et analyser la pièce. Le soldat s'était envolé, impossible songea-t-il. Il n'y avait vraiment aucune trace de lui jusqu'à ce qu'il décide de lever la tête en sentant un léger courant d'air. Une trappe de volet était à moitié ouverte. Il quitta les toilettes à la hâte pour prendre la porte de secours pour se trouver dans une allée derrière l'immeuble, déserte, entre les bennes à ordures.

Rumlow vérifia partout mais ne trouva aucune trace de lui encore une fois, il se sentait bête d'avoir cru une seconde qu'il allait se rendre tranquillement. Mais alors qu'il fulmina dans sa barbe, prêt à rentrer dans le Diner annoncer la très mauvaise nouvelle, le soldat tomba du ciel.

'' - Contrairement à toi, je tiens mes promesses. Je ne m'enfuirai pas. ''

Peut-être qu'ils allaient avoir leur sortie après tout.


Un commentaire ? :)

Petite précision : Pour le dernier chapitre de cette fanfic' (plutôt l'épilogue), je préfère prévenir maintenant et même pour le prochain chapitre à venir, il ne faudra pas prendre en compte le film Captain America : Civil War. J'ai écrit cette histoire avant, et je ne pense pas faire des modifications (et puis ça évitera de spoiler car je sais que tout le monde ira le voir à un moment !) Comme j'ai hâte en tout cas -^^- !