Note de l'auteur : Merci encore à celles qui suivent l'histoire ! & voici le dernier chapitre comme vous l'avez sans doute remarqué avec le chapitre 4. Je voulais faire une petite histoire, sans m'écarter pour faire une histoire en long et en large. Bonne lecture et n'hésitez pas à commenter une dernière fois pour la route ? :D
Pour celles qui se demanderaient si j'ai vu Civil War : Oui ! C'était TOP TOP TOP TOP ! Il n'y a pas de spoils ! Il faut vraiment aller le voir, il vaut le coup !
CHAPITRE 5 : EPILOGUE
Sa télévision retranscrivait un reportage sur le S.H.I.E.L.D depuis sa création jusqu'à sa fin, il regardait l'écran fixé en hauteur comme s'il ne regardait rien. Depuis longtemps, il avait coupé le son pour ne laisser que les images défiler et les bouches articuler dans le vide. Changer de chaînes, il le pouvait et il l'avait déjà fait mais c'était à chaque fois la même chose, on parlait que de la chute de Triskellion. Les médias comme la population adoraient ce genre d'histoire et cette seule information était amplement suffisante pour les journalistes qui voulaient augmenter son audience. Même si c'était des rediffusions de la même vidéo à longueur de temps surmontées d'une discussion ainsi qu'un débat sans queue ni tête entre deux professionnels du milieu. Tout le monde en avait marre de l'habituel journal télévisé sur un cambriolage interrompu de justesse par la police, de même pour des politiciens qui s'engueulèrent entre eux, jamais contents et toujours le même speech.
Ainsi, quand quelque chose de nouveau apparaissait, personne ne refusait cet énorme privilège. Lui, il en avait bavé et c'était aussi la cause de ses multiples brûlures au corps et d'une moitié de visage, sans parler de la touche fantaisie, les cicatrices afin de raviver les bons vieux souvenirs. Son œil gauche peinait à s'ouvrir convenablement, il ne pouvait que légèrement voir le monde extérieur à travers cet œil puisque sa blessure avait très mal cicatrisé, lui offrant un gonflement final gênant à vie et une lourde douleur à cette partie du visage. Ce patient n'avait pas envie de rouvrir les cicatrices, sa peau rougissait à chaque petit mouvement. Elle était si fragile qu'elle prenait du temps à se régénérer normalement voire pratiquement jamais. Lorsqu'on l'avait aidé pour l'emmener aux toilettes, sans prendre en compte ses protestations, le miroir du lavabo lui avait montré la dure vérité qu'il n'arrivait pas à s'en défaire. C'était pas beau à voir, le corps ou le visage, tout était ravagé et son ancienne apparence était partie aux oubliettes. Il ne se reconnaissait plus et ces jours passés à l'hôpital lui donnaient des pensées maussades sur sa petite personne et le monde extérieur qu'il haïssait aussi longtemps que son cœur cognait dans sa poitrine. Sa seule consolation était de se savoir encore en vie. Mais rester en vie, ça ne suffisait pas. Il fallait quelque chose de plus concret, quelque chose pour quoi, il continuerait à se battre.
L'homme défiguré avait une idée en tête, il ne la niait pas car il l'adorait sur de nombreux angles. Sa vengeance s'abattrait sur celui qui l'avait emmené dans cet état, il n'y avait que cela qui pouvait apaiser son âme à la dérive.
Wilson. Rogers.
La porte de sa chambre d'hôpital s'ouvra à cet instant et une infirmière, d'après sa tenue blanche, rentra un dossier à la main. C'était la même femme qui venait le voir tous les jours pour prendre de ses nouvelles enfin pour être précis, voir son état de santé, s'il était toujours stable. Il en avait marre aussi de cette routine, il voulait se barrer d'ici car allongé sur un lit, c'était du temps perdu alors que dehors, tant de choses l'attendaient.
'' - Bonjour, M. Rumlow. Je peux vous appeler Brock maintenant, ça ne vous dérange pas puisqu'on se connaît ? ''
Ses cheveux d'un brun ébène descendaient en trombes sur ses épaules, son sourire ravissant cachait les rides qui commençaient à apparaître au creux de ses yeux. Pour autant, elle resplendissait. Avec sa peau foncée. elle était mignonne, il ne s'en cachait pas et puis, qui n'avait jamais imaginé la scène de la gentille infirmière qui était aux petits soins ? Il ne manquait plus que cette robe soit plus courte pour afficher ses longues jambes de mannequin et d'un décolleté ravageur pour raviver la pépite du désir qui picotait en lui.
'' - On a déjà passé ce stade, mademoiselle... ''
Il plissa les yeux pour regarder l'étiquette sur son badge accroché au niveau de sa poitrine.
'' - Claire ? ''
Elle hocha la tête en entendant son nom et devant son lit, leva un dossier pour l'enlever du crochet. Elle y nota quelques notes avant de le redéposer au même endroit. De sa poche gauche, elle se mit à écrire un texte quelque peu long tandis que le stylo grattait contre la feuille. Le regard prenant de Rumlow s'accentua d'avantage car il n'avait rien d'autre à faire et qu'il était curieux de la voir occupée dans sa tâche quotidienne. Lorsqu'elle eut fini, le stylo s'arrêta, et son regard croisa enfin le sien.
'' - À vrai dire, je vois ce que vous essayez de faire. Je suis célibataire, je ne m'en cache pas et je n'ai rien contre cela vraiment...si ce n'est que le mot ''criminel'' sur votre fiche d'identité. Désolée, j'ai une mauvaise expérience avec les combattants comme vous et tout ce qui touche les justiciers suicidaires. ''
'' - Vous, vous êtes coriace. ''
Elle gribouilla une note sur son carnet tandis qu'un gloussement non dissimulé finit par lui échapper. L'homme la regarda du plus mauvais regard qu'il pouvait avoir, peut-être qu'elle prendra peur face à son insistance et se jettera dehors d'elle-même mais au final, elle ne fit rien. Rumlow arrêta sa connerie d'enfant boudeur, et cala sa tête à nouveau dans l'oreiller dodu en fixant le plafond blanc pour lui laisser le temps de disparaître tel l'assistant du magicien.
'' - Mademoiselle, foutez-moi la paix '', s'apitoya-t-il à dire en l'entendant encore une fois glousser.
'' - Je crois bien que votre vœux va être exaucé, dit-elle en contrôlant les appareils médicaux. Deux policiers veulent vous interroger, et comme ma bonne compagnie ne semble point vous réjouir, je vais de ce pas vous laisser. D'autres patients attendent ma bien veilleuse attention. Messieurs, il est amplement à vous. À bientôt M. Rumlow, le repas est servi comme d'habitude à 19h30.''
Ses sourcils froncèrent dans la confusion. Encore la police ? Ils étaient déjà venus l'interroger pour avoir sa version des faits, bien sûr il n'y avait rien d'autre à ajouter, juste des affirmations. Ce matin même, ils l'avaient appelé sur le téléphone de sa chambre pour lui annoncer qu'ils allaient le chercher demain pour l'emmener dans sa cellule, pourquoi revenir maintenant ? Ils avaient peut-être envie de développer un détail. Tout le monde savait qu'il était coupable dans l'histoire, de toute façon il ne cherchait pas à s'innocenter, il avait fait ce qu'il pensait être juste quitte à poser son pion sur la case prison.
'' - Attendez une minute, ils sont censés passer demain matin...''
N'ayant pas de réponse il releva la tête et tomba nez à nez avec deux hommes aux costards soignés, debout prés des deux rebords de son lit. Quand il vit leurs visages, si familiers malgré lui, il n'eut le temps d'appeler à l'aide que l'homme noir l'en empêcha en plaquant sa main sur sa bouche tandis que l'autre le menaçait dangereusement en passant sa main sous sa veste pour montrer son beau canon rangé dans l'étui.
La porte claqua et l'infirmière se retrouva dans le couloir sans savoir ce qu'il se passait dans cette chambre. L'homme au canon lui sourit d'une manière malsaine, jouant sur le plaisir de voir un vieux collège et de l'autre côté, sur l'admiration de le voir aussi faible et en piteux état. C'était pas des poulets, pensa-t-il.
Son faux sourire se divisa en un trait fin alors qu'il lui dicta d'un simple regard de ne pas se mettre à crier s'il voulait que cette foutue main écœurante sur sa bouche s'en aille. Rumlow laissa passer un silence pour lui donner sa réponse.
Content de cet accord, le faux policier interpella son gars qui enleva alors sa main. Les deux hommes restèrent ainsi à ses côtés pour éviter toutes tentatives si l'envie lui revenait. L'homme noir sortit son couteau de sa poche et le plus enveloppé se tourna à moitié afin de ramener une chaise qui traînait dans le coin afin de s'asseoir. Il était comme un proche qui s'asseyait aussi prés que leur relation était fusionnelle, pour prendre soin de lui et l'écouter attentivement. Tout ça était faux, bien entendu.
'' - Rumlow, Rumlow... Tu te rappelles de moi ? ''
'' - Jackhammer, toujours les cheveux en pétard à ce que je vois ? ''
'' - Jamais ta langue dans ta poche, hein ? Au moins je m'en sors bien...pas comme toi, cuit à point. ''
Jack, c'était le gars qui avait une tête à claques. L'émission du même nom avait dû prendre exemple sur lui, calvitie à l'approche, musclé même sous la graisse et un visage aussi frêle qu'une bouteille en plastique. Rumlow aurait aimé lui faire bouffer les cheveux restant sur son crâne, il n'avait jamais aimé son ton supérieur qu'il prenait avec lui. Dans HYDRA, ils étaient comme qui dirait semblables, le même grade. Lui aussi avec une équipe à gérer, un double jeu à mener. Dans un autre État, dans une base, dans un autre SHIELD chacun devait suivre la mission qu'on lui donnait, aussi longtemps qu'elle devait l'être. Rumlow ne l'avait pas vu depuis des mois déjà, la dernière fois remontait à la conférence organisée par le SHIELD qui consistait à faire rencontrer les membres entre eux, à présent il semblait se porter beaucoup mieux. Les bras ne se tordaient plus dans le gras, il avait pris du muscle et en plus de cela, il avait un homme de main avec lui qu'il n'avait jamais croisé. Sûrement pas de son équipe, il devait être un mercenaire bien payé, un homme emprisonné par la nation pour avoir été un ripou une fois et qui ferait tout pour avoir un travail seulement si la paye était pas mauvaise.
'' - T'es là pour me libérer ?'' Demanda Rumlow en cognant les menottes contre les barres métallique du lit.
'' - Officiellement, te poser des questions sur ton rôle dans l'affaire comme tu le sais déjà, mais officieusement c'est plus compliqué que ça n'y paraît, crois-moi. ''
Jackhammer sortit sous sa veste marron une seringue pleine et la jeta à son homme de main qui l'attrapa au vol. L'homme y fit couler le liquide et tapota l'intérieur pour enlever les dernières bulles emprisonnées dedans. Il ne fallut pas longtemps à Rumlow pour comprendre que ça n'allait pas être une bonne dose de morphine.
'' - Attendez, attendez ! On est du même camp non ? Tu fais quoi là, bordel ? ''
Sous le regard accusateur de Rumlow qui ne comprenait plus la situation, Jack se leva et déboutonna sa veste afin de mieux respirer.
'' - Oui, évidemment qu'on est dans le même camp. ''
'' - J'ai rendu service à HYDRA et j'ai été loyal jusqu'au bout, pourquoi ils me voudraient mort ? ''
Il fit semblant de réfléchir à la question comme si cela ne lui avait pas traversé l'esprit et lui répondit enfin :
'' - Je t'aime bien Rumlow, ce sont les ordres. Je fais ce qu'on me dit de faire et si tu veux mon avis, ils auraient préféré te voir mort ce jour-là. ''
'' - Retourne-les voir, trouve un arrangement et dis-leur que je ne suis pas une balance. ''
'' - Pas la peine, lui répondit-il en piquant lui-même l'aiguille dans le tube de transfusion. Tout le monde craque sous la torture... ''
Jackhammer n'eut le temps d'introduire le liquide que la fenêtre de la véranda se déroba au même moment. Un homme portant une capuche entra et envoya son poing dans la figure du blanc avant de s'en prendre à l'autre homme. Il bloqua sa route en lui poussant la chaise dans les jambes. Énervé, l'homme que Rumlow ne connaissait pas le nom renversa cette chaise sur le côté et envoya son couteau. L'objet lancé fila dans l'air mais rata sa cible qui utilisa le rideau épais de la fenêtre pour rattraper le couteau en plein vol. Son adversaire ne perdit pas de temps et attrapa alors son pistolet. L'inconnu dont le visage était caché sous cette capuche noire sortit quant à lui un silencieux, juste son accessoire qui n'avait aucune utilité seul sans une arme à feu. Le mercenaire avait déjà son arme pointée sur lui, leurs regards se croisèrent furtivement mais l'homme à la capuche n'était pas là pour l'admirer alors il s'accrocha au bras tendu de son adversaire. Il fit demi-tour sur sa lancée et rajouta lui-même son accessoire sur l'arme avant même que la balle ne s'éjecte du canon pour ensuite, se fracasser le mur.
Le son s'étouffa dans l'outil tandis que la balle troua la peinture et la première couche de plâtre, L'inconnu renversa l'homme de Jackhammer et lui vola l'arme entre les mains. Maintenant sous ses pieds, il avait le contrôle de la situation. Une fraction de seconde s'écoula avant qu'il se décide de tirer dans son cœur, un franc raté car le son était cru, l'organe explosant dans son propre sang ne s'entendait pas. Encore un gilet par balles porté sous ces vêtements de civil, il n'avait pas d'autre choix que de tirer dans la tête.
Le bruit du coup de feu s'étouffa dans cette atmosphère déjà assez pesante, Rumlow ne pouvait qu'observer la scène, les mains menottées à son lit. Tant bien que même, il essaya de s'en défaire, s'extraire par la sueur ou en les cassants mais ce n'était pas cette fois que le miracle se produirait. Avec les menottes, il ne pouvait que glisser en longueur sur la rambarde, l'infirmière ne lui détachait qu'une seule main lorsqu'il fallait manger. Quant aux besoins, les menottes ne partaient pas, c'était ses deux mains liées ensemble et ce n'était pas du tout facile à gérer.
Si son visage affichait un immense calme, sous les draps les mains s'agitaient dans tous les sens tant que la sueur pouvait l'aider à s'extraire et déguerpir de ce gros merdier. Or, même si Brock pensait que l'homme partirait sans demander son gain, le canon sur son front montrait qu'il n'était pas venu juste pour ses deux gars. Son nom était sur sa liste, et il ne partirait seulement quand la balle lui aurait trituré le cerveau. Mais rien ne se passa.
'' - Si tu veux me tuer, fais-le rapidement. ''
L'homme baissa sa capuche, des cheveux bruns tombèrent sur son visage. Il releva finalement le canon, et désarma son arme.
'' - Je ne suis pas ici pour te tuer. Pas aujourd'hui du moins. ''
Rumlow se demanda soudain s'il devait se sentir soulagé ou alors, contrarié par cette faveur. Il décida qu'il était mieux de se mettre à l'aise, jouer la carte de la désobligeance, qu'il n'était pas affecté par cette bonté qu'il n'aurait jamais cru voir chez lui. Revoir à nouveau peut-être, et le revoir ici, dans cette pièce.
Rogers, Wilson, Barnes.
'' - Visite amicale ? ''
'' - Quelque chose comme ça. ''
L'invité s'agenouilla et faufila ses mains dans les poches de Jack, inconscient au sol prés de son ami, mort quant à lui. Il y trouva un portefeuille, des tickets de caisse inutiles qu'il lui rendit et des munitions. Rumlow l'observait sur toute la surface, il ne l'avait pas vu depuis longtemps et franchement, il n'avait pas vraiment changé. L'ancien soldat dorénavant sans chef ressemblait à un chien perdu, Rumlow s'imagina bien Steve le labrador obéissant et Bucky, le berger allemand abandonné par ses maîtres. Pff, à mourir de rire.
'' - Tu n'as pas vraiment changé. ''
À part, une prise de parole plus longue, des cheveux plus longs qu'avant et des vêtements à bas prix pour se faufiler dans la foule incognito. Après avoir fouillé le mort, paix à son âme et mes condoléances à sa famille, il leva enfin le regard pour s'intéresser à lui. Tout pouvait très bien changer mais il aurait réussi à le reconnaître grâce au bleu pâle de ses yeux qui continuait à faire frémir le gros loup qui était en lui.
'' - Je t'ai manqué ?'' Continua Rumlow.
Barnes l'ignora sans sourciller, il enleva l'aiguille de la seringue encore coincée dans la transfusion puis revint vers Jackhammer et lui injecta tout au niveau du cou. Rumlow aurait apprécié voir ce porc gigoter une dernière fois pour chercher son souffle avant de mourir mais il semblait être parti sans savoir, et en silence.
Pour revenir à ce bon berger allemand. Bon, la prise de parole n'était pas aussi fréquente qu'il ne l'envisageait mais son regard de gars ennuyé jusqu'à la mort faisait sa journée. Au fond de lui, il se sentait gâté de pouvoir voir une nouvelle tête dans cette cage blanche. Il se détourner de Barnes assis maintenant tranquillement au pied de son lit lorsqu'il vit à la télé : 'FLASH INFO'. On pouvait y voir une ville soulevée de terre et des Avengers plutôt chargés avec cette foule de populations à évacuer. La présentatrice devait sans doute faire l'éloge de leur exploit vu sa grande joie et ses bras lancés en l'air pour raconter les faits.
'' - Rogers qui ne cherche pas son Bucky ? Oh, c'est une première... Il devait être vraiment occupé avec ce Ultron pour ne plus penser à toi, tu fais pas une crise de jalousie quand même ? Et t'es là pour le tromper avec moi. Désolé mais ça m'intéresse pas vos histoires d'amour de vieux de 90 ans. ''
Bucky attrapa le col de sa tunique bleu ciel et le poussa des deux mains contre le dos du lit tout en restant discret. Rumlow y sentit un léger craquement au niveau de sa colonne vertébrale ou alors son cou, en tout cas son geste était assez puissant pour lui faire voir des étoiles dans les yeux.
'' - OK, plus de conneries. ''
'' - Tu sais où je peux trouver des armes ? ''
Alors cette question, il la voyait venir de loin, de toute façon pourquoi serait-il venu lui rendre visite ? Le soldat...ou Barnes, va savoir qui était maître de ses actions, savait qu'il ne risquait rien en lui rendant une visite à la vue de son état, mais de voir qu'il était réduit à ça pour lui. Juste un gars à qui on demandait l'adresse d'un bon coin et puis qu'on s'en débarrassait dans une berne à ordures ensuite. Oh oui, il était énormément déçu et il allait pas le laisser partir maintenant alors qu'il venait de le sortir de sa routine de pacotille.
'' - Qu'est-ce que j'en sais, tu sais depuis combien de temps je suis là à pourrir ? Tu vas juste récolter la poussière derrière eux. ''
'' - Je peux toujours y jeter un œil. ''
'' - Allez, c'est une perte de temps pour quelqu'un comme toi.''
Le regard de Bucky semblait lui donner raison. Malgré tout, il le maintenait fermement et n'avait pas l'attention d'en rester là tant qu'il n'avait pas eu une réponse valable. Rumlow se demanda s'il allait passer par la case torture pour lui faire cracher le morceau mais s'il n'était plus le soldat, il avait une idée de la réponse.
'' - Sérieusement, même s'ils avaient pas bougé, tu crois que je vais te le dire ? Tu ne veux pas me tuer alors ne parlons même pas de torture, t'es devenu aussi inutile que Rogers. ''
Ses mots semblaient l'atteindre alors il le relâcha, Brock se replaça mieux sur son lit et le vit se dégourdir aussi rapidement qu'il était apparu. Ils avaient passé du temps ensemble, il ne pouvait même plus compter le nombre de missions. Depuis ses débuts, il était son commandant, à chaque nouvelle mission il prenait des rides mais le soldat, lui restait aussi jeune que la première fois qu'il l'avait vu. Il devrait se sentir heureux d'être encore en vie, sous la menace et la torture, la vie coûtait beaucoup plus que tout cela, un choc pour lui de découvrir que son monde avait changé à présent.
'' - Tu en veux à HYDRA autant que moi, tu veux te venger et moi les détruire. Donc, dis-moi où sont les armes, je m'occuperais d'eux en personne. ''
'' - Pas intéressé, je préfère m'en charger en solo.''
'' - T'en charger ? Pour quoi ? Revenir vers eux pour montrer que tu es le plus fort ? Qu'il n'aurait pas dû retourner leur veste ? Ils en ont rien à foutre de toi. ''
Rumlow ne put contenir le rire inébranlable qui se déploya de sa gorge. Il n'en pouvait plus de rire, les larmes au bord des yeux. Il se laissa rire encore un moment avant de s'arrêter et de faire retomber sa tête dans les deux coussins qu'on lui proposait. Il aurait continué si seulement la situation lui permettait mais il valait mieux ne pas pousser sa patience à ses limites.
'' - Ah... j'aurais jamais cru te voir dire ça un jour. ''
'' - Je sais que tu es rentré dans HYDRA pour des raisons qui m'échappent, continua-t-il comme si de rien ne s'était passé. mais ils t'implantent de fausses idées. Et c'est comme ça...qu'ils m'ont transformé en cet...assassin. ''
'' - Tu crois qu'il me manipule ? t'es loin du compte. ''
Enfin c'était ce qu'il pensait maintenant, il vint tout juste de lui faire douter de ce qu'il avait fait avec HYDRA depuis tout ce temps passé avec eux. Ce qu'il voulait vraiment ne s'arrêter pas à l'expansion de sa force et faire tomber l'État américain et ce genre de connerie, il voulait plus. Quelque chose qui pourrait changer le monde et l'avenir qui lui réservait s'il continuait à se trimbaler ces supers hommes aux idées ridicules et irréalistes d'un monde meilleur. Paix et harmonie voulaient-ils, encore des conneries sous des arcs-en-ciel et une pluie d'étoiles filantes.
'' - Toi peut-être, t'étais qu'une coquille vide quand les Soviets t'ont remis sur pied. Ils avaient juste qu'à bousiller ta mémoire pour te faire changer de camp et le tour était joué. ''
'' - Je sais qu'il y a une partie de toi qui est bon, même après tout ces événements'', rajouta-il sceptique.
Encore le baratin du bon gars quelque part au fond. Comme quoi on n'était pas méchant mais qu'on le devenait, c'était seulement dans les films ces conneries.
'' - Je crois savoir pourquoi toi et Rogers êtes devenus les meilleurs amis du monde,''ajouta-t-il d'un air blasé.
'' - Pourquoi est-ce que tu les protèges ? Ils ont tenté de te tuer. ''
Il passa sur les deux corps au sol et prit place sur le fauteuil. Il y avait tout juste des corps sans vie au sol, mais bien sûr tout le monde s'en branlait paisiblement. Rumlow laissa ses paroles lui trottaient dans l'esprit alors qu'il prenait un instant pour y réfléchir et contempler le plafond d'un blanc irréprochable.
'' - Merci, je l'avais remarqué joli cœur. Ça me touche ce que tu me dis mais je peux t'affirmer que je sais ce que je fais. J'ai encore une affaire à régler avec eux et avant que tu ne me poses la question, je n'ai pas de compte à te rendre à toi alors si tu veux me faire chanter ou me torturer, fais-le ou sinon casse-toi. ''
Maintenant, il en avait rien à faire de l'assassin près de lui. Même s'il ne le montrait pas, ses brûlures le hachaient à petit feu, même avec les médocs il avait cette sensation de mourir et de sentir sa peau s'enlever au fur et à mesure qu'elle cicatrisait. Il en redemanderait bien encore un peu de drogue d'hôpital pour s'évader un peu au moins, et planer quelques minutes.
Un long silence s'installa au détriment de Rumlow toujours les yeux divaguants sur le plafond. Pourquoi ne disait-il plus rien ? Il va se mettre à pleurer car il n'a pas d'arme ou tout simplement, était-il parti ? Il décida de baisser le regard et constata que rien de cela ne se produisit, il était toujours assis, le fixant maladroitement attendant une réponse en retour.
'' - Quoi ?''
'' - En 82, tu m'avais donné une barre à grignoter. ''
OK, celle-là non plus il ne s'attendait pas à l'entendre. Rumlow ne put contenir sa surprise et certainement pas ses sourcils se fronçaient d'indignation et de perplexité. En 1982, il devait avoir quel âge ? 30 ans ou moins ? Il savait qu'il était jeune, tout juste promu de l'académie d'HYDRA. Bien sûr c'était une blague mais c'était vers là qu'il avait commencé à faire des missions sous HYDRA et plus tard, ils lui avaient trouvé une place au sein du SHIELD. Il avait un énorme potentiel, de nombreuses qualités et des compétences irréprochables. Soulevé d'une expérience de plusieurs années à la police et le voilà avec un dossier en béton. Il avait réussi le test sans grande difficulté avant de remonter hiérarchiquement des deux côtés de la pièce. Au SHIELD, il n'avait même eu pas besoin de se faire pistonner, tout le gâteau était pour lui jusqu'à ce que Captain America est retrouvé.
'' - Sans doute. ''
'' - Merci. ''
Il mentirait à lui-même en disant qu'il n'était pas touché par ce mot. Barnes avait les deux bras longés sur les accoudoirs du fauteuil et il aurait parié qu'il avait une de ses jambes posées sur un corps au sol. Mais il n'allait pas lui poser cette question ni s'approcher pour voir mieux, c'était grotesque.
'' - C'est ta nouvelle méthode ? Jouer le bon flic ? ''
En réponse, il secoua la tête pour dire non. Il y sortit un petit tube contenant toutes sortes de capsules colorées. Il le posa sur la table incluse avec le lit et la poussa ensuite de manière à ce qu'il puisse voir l'objet de face mais surtout, de les attraper facilement à cette hauteur.
'' - Kétamine pour ta douleur. ''
'' - Et ? ''
Il se leva de son fauteuil et se cala sur le matelas, Rumlow dû se contenter de le laisser faire et se poussa de l'autre côté. Sous ses yeux, il enleva le bouchon qu'il posa à côté et fit tomber tout le reste sur la table. Brock ne comprit pas exactement ce qu'il cherchait à faire, son regard chavirait entre lui ou les capsules sur sa table à manger. L'une d'elles l'attira particulièrement, une personne lambda n'aurait rien vu mais lui, il lui suffit d'un seul coup d'œil pour que son dos frémisse lorsqu'il l'épela dans sa tête. Barnes releva ses cheveux en arrière et s'expliqua :
'' - L'hôpital te laisse croire qu'il te donne assez de sédatifs pour apaiser tes brûlures mais ce qu'ils ne t'ont pas dit c'est qu'ils ne te soignent plus car comme tu l'as déjà remarqué, tout le monde te préfère mort. Les accidents arrivent souvent, ils seront vite pardonnés. ''
'' - De la drogue ! Ça alors ! Merci, ironisa-t-il. Ça me touche beaucoup. ''
'' - Laisse-moi parler. ''
Son ton glaciale le cloua le bec.
'' - Tu peux peut-être cacher ta douleur face aux autres, mais pas à moi. Il y a assez sur cette table pour t'aider à marcher jusqu'à la voiture. Le reste, tu le trouveras dans la boite à gants. Chevrolet noire, immatriculée TPO8425. ''
Brock leva trois doigts aussi haut qu'il pouvait avec les menottes à sa main.
'' - C'est quoi encore ce bordel ? ''
Le menotté crût apercevoir une lueur joyeuse se balader dans ses yeux mais impossible que cela arrive un jour. Il était sonné, un changement radical de sujet, ce qu'il comprenait c'était qu'il n'était pas du tout le meneur de la conversation.
'' - Ton plan d'évasion. ''
'' - Mais, qu'est-ce que tu fous... Tu crois que je vais accepter ça ? Je n'ai pas besoin d'un preux chevalier, Bucky. ''
'' - Je sais ce que tu es capable de faire, CrossBones. Je te facilite juste l'accès à la sortie. ''
Une personne qui avait retenu son pense-bête à son bureau.
'' - Ils vont me libérer prochainement, je peux attendre quelques jours de plus. Ils ont rien pour me garder longtemps. ''
'' - On sait tout les deux que ta sortie en prison : c'est la mort. C'est maintenant ou jamais, c'est toi qui vois. ''
Encore un binz malsain. Barnes était dangereux, et ce n'était pas l'idée qu'il s'était faite de l'homme de main de Captain America. Il donnerait sa main à couper, cet homme cachait un profond secret même avant de se faire lobotomiser et transformer en un soldat obéissant. Sur les papiers officiels, il n'y aurait pas de preuves de ses actes mais la guerre transformait un homme et ce garçon avait dû faire des choses horribles pour la victoire de l'Amérique tant aimée.
'' - Je vais te répéter la même chose que tu m'as dit : tu peux faire ton bon samaritain avec tes belles paroles sur les autres, mais pas moi, je veux la vérité. Qu'est-ce que tu ne me dis pas ?''
Quand il le regardait mieux et l'écoutait, au final James Barnes avait toujours été le Winter Soldier. Et un homme qui a perdu son passé, n'avait plus rien à perdre.
'' - Tu dis que tu ne veux pas me tuer mais tu ramènes une capsule de cyanure, tu attends juste que je passe cette porte pour trouver un motif de le faire ou alors, tu veux m'imposer le suicide ? Depuis le début de notre conversation, personne n'est venue et je n'entends rien dans le couloir. Je peux t'assurer que les infirmières ont toujours été très bavardes.''
Le duel de regard se fit dans le silence, et l'insistance de Rumlow s'avéra efficace car l'autre coupa le contact et soupira. Il détourna ses yeux mettant son dos à découvert tandis qu'il se laissa visionner le reportage diffusé à la TV. Captain America était en train de prendre la parole et fixait la caméra comme s'il l'avait vu à travers l'écran. Il n'entendait pas ce qu'il disait mais ses paroles n'avaient aucun rapport avec la situation actuelle.
'' - Il va me tuer pour avoir fait ça. ''
Il devait parler de Rogers, ses yeux bleus s'étaient adoucis comme si le fait de voir un vieux frère pouvait vous faire oublier vos problèmes.
'' - Qu'est-ce qui est si important pour toi pour que tu me veuilles en liberté ? ''
'' - Le cyanure, dit-il en ignorant sa question. Je l'utiliserai seulement si tu ne t'enfuis pas dans les deux minutes qui vont suivre. Tu n'as qu'à prendre à droite en longeant le couloir. Tu prends l'ascenseur, -2 pour le parking souterrain et Rollins s'occupera du reste quand tu auras atteint la voiture. ''
'' - Il s'en est sorti ? ''
La question s'échappa dans sa bouche sans qu'il n'eût le temps de l'arrêter, il y avait des choses beaucoup plus importantes maintenant.
'' - Sale bâtard, tu m'as jamais laissé le choix !'' Lui cria-t-il à la figure.
Il jeta brutalement sur lui ses mains mais il comprit qu'après seulement que c'était inutile car les menottes étaient toujours là. Il se sentait dés à présent débile alors que les menottes tapaient contre les barres métalliques, surtout sa main droite qui était éloignée de lui. Il n'y avait que sa main gauche qui pouvait encore l'attraper, pas pour l'étrangler mais faire quelque chose. Mais Barnes l'avait prévu et l'empoigna du poignée. Il le serra tellement fort avec son bras cybernétique qu'il lâcha un grognement de frustration emmêlé à la douleur.
'' - Tu veux m'utiliser, mais je déteste qu'on me manipule. Quand je serais dehors, je sais exactement ce que je vais faire à présent. Je les tuerai tous, SHIELD, HYDRA, innocents... ''
Soudain, l'ex-soldat tira sur sa main. Les menottes se brisèrent alors qu'il laissa tomber son bras par la suite et se remit debout pour rejoindre l'autre main pour faire de même.
'' - Fais ce que tu veux, j'en prendrai la responsabilité quand Steve te retrouvera. ''
'' - Oh, je vois. Je suis une diversion et qu'est-ce que tu vas faire toi ? ''
'' - M'occuper d'HYDRA, trouver ce que j'ai fait et je ne veux pas qu'il soit à travers de ma route. Il ne comprend pas qu'il ne peut pas sauver tout le monde. Je ne le mérite pas. ''
Le téléphone posé sur le cabinet se mit alors à sonner, les deux hommes se regardèrent interloqués par les deux sonneries. Inattendu pour l'un, suspicion pour l'autre. Rumlow se redressa pour attraper le téléphone sur la table mais Barnes bougea avant.
[Rumlow ?]
C'était Sam.
'' - Oh, l'oiseau ! Quelle surprise ! ''
Rumlow articula en silence populaire devant le soldat qui ne cessait de le dévisager.
[Je t'appelle pas Double Face Cramée donc tu te les gardes car je sais que tu en as d'autres en réserve.]
Il lui donna son accord en l'air, et appuya sur une touche pour mettre sa conversation sur haut-parleur. Ainsi, Barnes pouvait aussi entendre de quoi ils parlaient puisqu'il n'avait rien à cacher.
[C'est sans importance, t'écoutes jamais rien. Je voulais m'assurer que tu n'étais pas en train de t'échapper...]
'' - J'ai toujours été un bon citoyen. ''
[...mais il est là, pas vrai ?]
Dés que sa dernière main fut libérée, il balança la capsule de cyanure et avala une autre. Les autres, il les gardait dans la main. Tout de suite, il ressentit l'effet de la kétamine sur son corps, ses muscles ne pesaient plus une tonne et quand il passa sa main sur son visage, la brûlure semblait n'exister que pour l'apparence mais la douleur était minimum maintenant. Après lui avoir enlevé les menottes, Barnes n'était pas étonné que Sam ait trouvé sa planque ici.
'' - Il va falloir être plus précis, je ne vois pas de qui tu veux parler. ''
[Joue pas le con, il doit sans doute écouter. J'ai plusieurs alertes qui indiquent des anomalies à ton hôpital. Il vaut mieux pour toi que tu ne bouges pas jusqu'à ce que la police arrive.]
'' - Pourquoi ? Tu peux pas venir surveiller ?''
Barnes enleva son sweat à capuche et lui donna. Il portait à présent une chemise rouge, le métal fit un bruit étrange quand celui-ci le contracta comme pour voir si le bras était en état de fonctionner. Il n'a pas le temps d'entendre la réponse de son ami l'oiseau que Barnes prit de nouveau le téléphone, coupant le haut-parleur.
'' - C'est... C'est Bucky. Je suis désolé de t'avoir tiré dessus, d'avoir arraché tes ailes et de t'avoir poussé dans le vide. Dit à Steve de ne pas me chercher, il vaut mieux en terminer là. ''
Il coupa net la conversation sans attendre sa réponse, qui ne devait pas l'intéresser car il n'avait pas de compte à rendre. Alors qu'ils se dirigèrent tout deux vers leur sortie respective, Rumlow se retourna. Il eut juste le temps de l'arrêter avant qu'il ne saute par la fenêtre, alors qu'ils étaient au 3ème étage.
'' - J'ai trouvé mieux finalement, je vais tuer Captain America et t'envoyer sa tête. ''
Barnes s'arrêta, les bras déjà calés autour de la fenêtre et il se retourna à son tour. Rumlow n'en croyait pas ses yeux, ce n'était pas un demi-sourire, ni un faux mais un vrai sur son visage. Quelque chose d'intense se propagea sur ce visage si décidé à anéantir tout ce qui appartenait à HYDRA. Par la télé, il avait entendu que de nombreux hommes politiques ou alors des cadres avaient été tué alors que rien ne les destinait à se faire tuer, ils étaient tous des hommes sans histoires. À part que, seuls ceux de l'organisation savaient exactement ce qu'ils avaient fait.
'' - Seulement si tu signes, je reviendrai quand tu seras de taille à m'affronter. Tu penses vraiment gagner contre lui et y échapper ? ''
Il avait du mal à en rire, si ça avait été réellement dit sur le ton de l'humour. Captain America était plus fort que lui, il devait se créer une armure digne de son nom pour survivre dans un combat avec lui.
'' - Gagner ? Toujours. Y échapper ? Je verrais bien. Mais tu sais quoi ? Je t'aime bien James, alors je vais te dire où trouver des armes, il y a une planque de petits voyous dans le boulevard principal, quand tu verras la boutique Tuck's coiffure, dit leurs que tu viens de ma part, ils t'accueilleront les bras ouverts. ''
'' - Merci. ''
Il jeta un œil à droite et à gauche dans le couloir et remarqua qu'il n'y avait personne. Il se demandait bien s'il les avait tous tué ou enfermés quelque part.
'' - Tu fonces droit dans la gueule du loup, ils savent que tu vas venir. Tu pourrais en ressortir en oubliant complètement pour quelles convictions tu te bats. ''
'' - C'est mon problème, lui répondit-il en passant un pied vers l'extérieur. Tu as peur pour moi ? ''
'' - Peut-être bien que je l'ai toujours été. ''
Son sourire s'évapora aussi rapidement qu'il disparut en se jetant dans le vide. Rumlow prit ça comme une réponse, c'était bien dommage que Bucky était du mauvais côté de la balance. Une guerre allait éclater et il était au centre de toutes les attentions.
