Notes de l'auteure: Donc voilà cette troisième partie! Je vous remercie de suivre cette histoire. C'est un peu tendu pour faire cinq histoires à la fois, mais bon celle-ci est bientôt finie! OK OK, il reste encore les deux parties les plus importantes... :P
Le plus drôle, c'est que j'avais dit à No (KinaMay) en lui parlant du projet, qu'elle ne serait pas très longues: 5k mots tout au plus, elle en fait déjà le double ^.^
Bref, merci à
Démon13 pour ton commentaire aussi! merci de continuer à lire!
KinaMay: euh ouais, je t'avais prévenue No! :p
Baka-chan: Ouais, Baka-NH je vois cette flemme - c'est moi Baka-chan, Baka! Tu pourrais aussi au moins mettre ton vrai nom de profil ! ;p - eh oui certains ne veulent pas voir la vérité!
ça me fait plaisir d'avoir vos impressions! :3 n'hésitez pas à continuer, je vous répondrai avec grand plaisir!
Musique: Je pense que pour l'ironie et la beauté de cette chanson: Let it Die- Starset
3.
Le soleil montait à peine le bout de ses rayons chauds, qu'Eren était déjà levé. Celui-ci avait les sourcils froncés, il allait se faire payer son erreur de la veille, il y avait bien réfléchi pendant sa nuit peu reposante. En fait, malgré la promesse qu'il s'était fait de ne plus recommencer par la peur de Levi, il ne pouvait pas arrêter : c'était en fait devenu un besoin, une nécessité. S'entailler était devenu une sorte de drogue pour lui. Mais il ne voulait pas l'admettre, il voulait se croire au-dessus de tout cela. Il pensait que c'était toujours pour se punir, pas autre chose.
A peine était-il réveillé et debout, qu'il ouvrit mécaniquement le tiroir, saisit de la même manière le couteau de cuisine par le manche froid et se dirigea vers la salle de bains. Il ne prit même pas la peine de refermer la porte derrière lui : il avait compris la leçon. Il hésita, regardant autour de lui : sur quoi allait-il pouvoir rendre plus coupant la lame ? Il remarqua alors le robinet.* Oui, après tout, pourquoi pas, cela pouvait marcher : métal contre métal.
Il commença alors, débutant par le côté gauche de la lame, il ferait le second après. C'était assez difficile : le couteau ripait assez souvent et manquait de couper son poignet. Mais il s'acharnait : un côté puis l'autre, il ne voulait pas arrêter. Fer contre fer, ce serait efficace même si c'était un robinet à moitié rouillé, ça rendrait le couteau plus coupant, il en était certain. Même s'il peinait il devait réussir.
Il avait aussi la certitude que les plaies ne pouvaient pas s'infecter : il était plus fort que ça, grâce aussi à son métabolisme de Titan. Devant le petit miroir au-dessus de son robinet, il s'éloigna d'un pas et regarda ses flancs rosis et presque totalement cicatrisés. Il sourit cruellement. Tant mieux. Il allait le faire plus profondément qu'hier, pour que cela le délivre encore plus, pour qu'il fasse mieux à l'entraînement. Il observa la lame brillante sous la lumière, et elle la refléta. Il avait fini, il sentait que c'était déjà beaucoup mieux. Il passa le bombé du pouce dessus pour le tester et en être certain, sur le travers de la lame, et il eut un rictus cruel et satisfait : là, maintenant, il était sûr que ça couperait.
Sans hésiter, et avec plus d'assurance que les fois précédentes, il posa la lame – nouvellement – tranchante sur ses flancs et appuya. Plus fort qu'auparavant. Il tira proprement en arrière. Quatre fois de chaque côté. Une brûlure récompensa ses efforts sur le lavabo, oui ça coupait comme il l'avait espéré : très bien. Les entailles étaient plus faciles à faire maintenant.
Sans perdre de temps – il en avait vraiment peu avant le petit déjeuner et ses entraînements –, il rinça le couteau ensanglanté sous l'eau, l'essuya dans le mouchoir de la veille et le rangea. Il ferma avec attention le tiroir un peu usé : il ne fallait pas que quelqu'un l'ouvre par curiosité parce qu'il était mal fermé – et surtout pas qu'il trouve son secret car rien ne le cachait vraiment. Quelque chose le chatouillait alors et il plissa le nez. Il posa ses mains au niveau du bas de ses côtes, l'endroit où il ressentait une gêne.
Elles devinrent collantes et poisseuses. Surpris, il baissa la tête dans cette direction : du sang. Cela coulait bien plus que la veille. Il ne s'était pas manqué ce coup-ci, pensa-t-il, satisfait et fier de lui. Mais il n'allait pas en mourir non plus. Il sourit alors, une expression de triomphe malsaine et horrible sur ses lèvres. Il préféra ignorer le reflet que lui montrait le miroir, ignorer la flamme dansante terrifiante dans ses yeux – il ne se reconnaissait presque pas.
Car, de toute façon, un triomphe de quoi ? Ah oui, sur lui-même. En ce moment, il se foutait bien de ce qu'il arriverait si quelqu'un entrait et trouvait ces marques. Si cette personne voyait ce qu'il se passait. Il se croyait au-dessus de cela.
Il se foutait de savoir la très probable déception de Levi. Ce dernier ne verrait rien.
Reprenant ses esprits, Eren remarqua que son boxer était tâché à deux endroits : sur les hanches, de chaque côté. Cela contrastait bien avec la couleur brune du tissu. Il grommela, l'enleva et le posa sur la chemise et le pantalon tâchés. Il lava ensuite ses mains dans le lavabo, saisit son mouchoir blanc déjà un peu moucheté – celui qui lui avait servi pour essuyer le couteau – et enleva le sang sur son ventre. Maintenant, le carré de tissu prenait une teinte plus rouge qu'immaculée. Il s'habilla rapidement puis observa la pile de vêtements tachés qui s'empilaient à côté de la porte. Un plan naissait peu à peu dans sa tête : quand la cloche du repas retentirait, il irait le laver et serait tranquille de toute question. Il n'y aurait personne dans la laverie. Oui, c'était pas mal du tout, de toute façon il pouvait bien se passer de petit déjeuner, il n'avait pas faim.
Il attendit cinq minutes et celle qu'il avait prévue sonna fortement. Il entendit ses camarades de Bataillon parler dans les couloirs et se diriger sans se presser vers la cantine. Il attendit un moment supplémentaire dans sa chambre, silencieux pour être sûr qu'il n'y avait plus personne, puis saisit sa pile de vêtements et se dirigea vers la buanderie. Il n'y avait personne, comme il s'y attendait. Il sourit, satisfait, son plan était vraiment génial. Il s'avança vers les bacs remplis d'eau, trempa son doigt dans une des cuves de bois pour voir la température. Il hocha ensuite la tête : idéale. Il plongea alors son mouchoir dedans, le frotta jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de sang et fit de même avec sa chemise et le reste. Il pendit ensuite ses affaires, son front légèrement humide sous l'effort et se dirigea vers la cantine – vide car tout le monde avait déjà fini.
Pourtant, il fut surpris de voir ses camarades qui l'attendaient. Il resta pantois un instant – s'imaginant tous les scénarios possibles dans sa tête – puis se remémora l'entraînement qu'ils avaient ce matin. Il avait oublié que la cantine était leur point de rendez-vous, il avait été trop concentré à vouloir se punir, la veille. Hanji le fixa sévèrement derrière ses lunettes mais ne posa pas de question. Elle plaça devant lui un pain rond et une pomme et lui ordonna de manger. Le semi-titan fronça les sourcils mais il fut forcé de le faire sans protester – sous la surveillance de la sadique qui retenait aussi Sasha.
« La prochaine fois que tu fais ça, Eren : que tu ne viens pas manger, je viens te chercher par les oreilles où que tu sois et quoique tu fasses ! Clair ? le menaça-t-elle. Ton corps a besoin d'énergie, fournie par les aliments, surtout si tu veux encore pouvoir te transformer. »
Il avala avec difficulté la dernière bouchée – sa bouche lui semblait sèche – et se mit au garde-à-vous. Il grimaça : il avait mal aux côtes. Plus même qu'hier, il aurait pourtant dû s'habituer à cette douleur, non ? Alors que sa supérieure se retournait, il posa sa main sur ses blessures pour les protéger et serra brusquement les mâchoires en fermant les paupières. Il retint un grognement.
Mikasa s'approcha doucement de lui, l'interrogeant sur son état et ce qu'il avait. Elle semblait inquiète et il en était presque désolé pour elle – il ne méritait pas son attention –, mais aussi, il ne pouvait rien lui dire. Il ne voulait rien lui dire. Il se contenta de lui sourire innocemment en tentant de la détendre : quelques courbatures de la veille, c'était tout. Il la suivit ensuite en direction du camp d'entraînement à la Manœuvre. Cette fois-ci, il n'allait pas se manquer, se promit-il. Il allait réussir et c'était tout. Il n'avait pas le droit une seconde fois à l'erreur.
Il croisa le regard sombre de Levi. Celui-ci était plissé, méfiant et… inquiet. Non, il se trompait sans aucun doute, ce n'était pas du tout dû à hier soir. Le gamin détourna les yeux : ses pieds étaient devenus plus intéressants, il ne voulait pas se poser trop de questions. Il devait oublier sa vive douleur blanche qui passait devant ses yeux et l'attention du caporal sur lui. Ce dernier avait-il compris ce qui tourmentait le jeune homme ? Le semi-titan chassa finalement cette question de sa tête et grimpa sur l'arbre où il allait recommencer le même enchaînement qu'hier.
Il devait maintenant se concentrer sur son entraînement. Il souffla ensuite un grand coup, ferma les yeux pour reprendre sa concentration. Il accrocha ensuite ses deux lames de sabre sur ses gâchettes, testa le gaz et s'élança finalement. Il ne remarqua même que les Titans d'entraînement avaient été éloignés les uns par rapport aux autres.
Il bondit, s'accrocha, tournoya et fonça sur le premier sans hésitation après le hochement de tête de sa supérieure qui lui disait que tout était OK. Il planta son arme dans la chair rose du premier, oubliant sa douleur. Le triangle qui imitait la chair gicla dans les airs et il sourit : c'était décidément bien mieux qu'hier. Et de un. La punition avait l'air d'avoir un effet sur ses actions. Ses mouvements étaient plus fluides, avec moins d'hésitation. Il prit ensuite appui sur son pied, contracta les muscles de sa jambe et s'élança. Il appuya sur la gâchette, se rappelant de la distance de la veille.
Seulement, ses câbles étaient trop courts, ils n'attrapèrent que du vide tandis que le jeune homme s'était élancé. Il bascula dans le vide en paniquant. L'adrénaline prit alors le dessus, sauvant sa peau. Il se rattrapa de justesse, tirant un câble sur le second Titan, au dernier moment. Il grimaça à cause de ses blessures qui le tiraient. Sous l'élan, il se rapprocha trop du pantin de bois, et son coude gauche heurta violemment le bord abîmé du Titan d'entraînement. Repartant dans l'autre sens, il s'emmêla une fois de plus dans ses câbles. Il se débattit et s'en délivra.
Il sentit alors une vive douleur au niveau du coude, et un éclair blanc passa soudainement devant ses yeux. Les larmes montèrent devant ses yeux, instinctivement mais brouillant sa vue.
Il serra les mâchoires et les repoussa d'un clignement de paupières. Ce n'était pas le moment de faire le faible. Le sol s'approchait de nouveau dangereusement et il devait reprendre la situation en mains. Il raccrocha un câble, tira sur sa bouteille de gaz et remonta. Il se plaça finalement à la hauteur de la nuque du Titan et trancha. Net.
Enfin sur l'endroit exact de la nuque. Son bras gauche était replié contre son corps mais il poussa un soupir de soulagement.
L'angoisse qui reposait sur ses camarades en le voyant basculer disparut d'un coup. Il avait une quatrième fois, manqué de tomber et d'échouer à cet exercice. Il avait failli faire une chute de plus d'une dizaine de mètres. Elle aurait été fatale s'il ne s'était pas rattrapé. Eren était debout, chancelant un peu, mais en équilibre sur une branche d'arbre un peu plus loin.
La manche du bras gauche de sa chemise était déchirée et montrait une longue estafilade sur sa peau qui saignait abondamment. Le sang rouge tâchait déjà les bords de sa manche, sur deux centimètres. Ce n'était pas beau à voir : des bouts de bois éclatés semblaient s'y être enfoncés assez profondément. Les compagnons serrèrent les dents, comment leur camarade réussissait à supporter cette douleur ? Mikasa frissonna : pauvre Eren, il devait vraiment avoir mal ! Elle cria son nom et se précipita en courant vers lui. Elle s'accrocha avec son équipement et voulut se placer à ses côtés pour le soutenir. Il lui avait décidément fait peur.
Mais le caporal Levi lui passa devant et lui coupa la route. Elle fulmina mais ne put pas protester : elle eut le droit à un regard terrifiant auquel elle ne pouvait pas protester – personne ne le pouvait. Il s'avança vers le semi-titan, et saisit son coude après s'être placé à ses côtés. Il esquissa une moue étrange : un plissement de nez et un froncement de nez.
« ― Il va falloir désinfecter tout ça, gamin. Ce n'est vraiment pas beau à voir, avec toutes ces échardes dedans. Et bien enfoncées en plus. Avec ça, on peut dire que tu ne t'es pas loupé !
― Je m'en occupe, caporal, ne vous inquiétez pas. Je n'aimerai pas vous faire perdre votre précieux temps !
― Tss, ne sors pas des trucs totalement débile, gamin. Parce que tu m'expliques comment tu comptes t'y prendre alors que tu ne peux pas le voir, le bout de ton coude ? Sauf si tu nous sors un nouveau don : contorsionniste… Alors c'est bon : je vais le faire, Jaëger. Hé, la folle, je t'emprunte ton expérience. »
Celle-ci fit « OK » de sa main en plaçant son index sur son pouce et relevant ses autres doigts. Elle félicita tout de même le suicidaire pour avoir réussi l'exercice avant qu'ils ne partent.
Mikasa, quant à elle, fulminait de plus belle : c'était à elle normalement de s'occuper de son frère. Pas à ce caporal froid et hautain – qui allait sans doute faire mal à son pauvre frangin. Un regard foudroyant de ce dernier la pétrifia sur place et l'empêcha de protester et de se proposer. OK, elle avait compris : elle les laissait tranquille et elle repasserait pour protester… Elle regarda alors, rageuse, son frère suivre le caporal, les épaules basses. Elle décida alors de s'entraîner pour oublier sa rage. Elle se promettait intérieurement de faire payer à ce gars tout ce qu'il faisait à son frère.
Eren avait les joues rouges, tandis qu'il suivait son caporal docilement. Ses pieds étaient de nouveau devenus intéressants – pourtant que des chaussures noires et simples d'Armée –, il pouvait ainsi voir la direction que prenait son supérieur, sans le regarder. Lui, s'étonnait le garçon, soigner des blessures ?! Il ne s'y attendait vraiment pas. Il rentra dans l'infirmerie, à la suite de Levi et s'assit docilement sur le fauteuil de consultation. Comme le lui ordonnait ce dernier.
Il observa à la dérobée le dos de celui qui le soignait et qui cherchait dans une boite des bandages et de l'alcool pour désinfecter. Ainsi qu'une pince à épiler pour retirer les échardes. Le jeune homme frémit et se tendit quand le supérieur s'approcha et imbiba un bout de tissu d'alcool. Il allait avoir mal, énormément, se rendait compte le blessé – il priait pour cicatrise immédiatement et pouvoir se sauver de l'infirmerie.
« ― Enlève ta chemise, gamin.
― Hein ?! Euh… quoi ?
― Ta chemise. C'est bon je te demande pas de te mettre à poil, il me semble. Et quoi, t'as peur que je vois ton ventre ? T'es gros à ce point ? Non mais sérieux, Jaëger… Un vrai gosse et après il se plaindrait presque que je le surnomme comme ça. »
Non ce n'était pas pour ça : Eren ne voulait pas qu'il voie les plaies profondes sur ses hanches, c'était tout. Il se contenta de remonter lentement sa manche sur son bras en crispant les mâchoires sous la douleur et ignorant Levi qui levait les yeux et qui le foudroyait du regard. Ce dernier soupira, s'approcha et retira une à une les échardes, sans prêter attention à Eren qui se crispait et émettait des hoquets de douleur. Oui, cela devait vraiment être horrible, mais il n'avait qu'à pas s'être blessé. Non, le caporal n'éprouvait pas de pitié à l'égard du jeune homme.
A l'intérieur de lui, il se demandait pourquoi celui qu'il avait sélectionné avait gardé son vêtement. Ah oui : ses blessures, il ne voulait sans doute pas qu'il les voit. Peut-être en avait-il honte. Pourtant, il avait l'habitude de se prendre des raclées, non ? Il fronça les sourcils et plissa les yeux, mieux valait ne pas chercher.
Eren avait les doigts tremblants et serrés sur ses genoux pour les cacher – il entendait déjà sinon les commentaires de son supérieur. La raison de ce tremblement ? Il était passé à peu de choses de se faire choper… Quel idiot il avait été, il aurait dû dire que sa sœur s'en occuperait, insister : elle au moins n'aurait pas insisté, ne l'aurait pas forcé. Et n'aurait pas porté ce regard jugeur sur lui. Il avait vraiment échappé de peu aux questions du supérieur. Ce dernier posa d'ailleurs sans le prévenir le tissu imbibé d'alcool sur la plaie. La brûlure fut telle qu'il hurla de douleur, les larmes coulèrent le long de ses joues sans qu'il puisse les en empêcher. Il maudit alors sa faiblesse : que pensait Levi de lui ? Il tenta de se reprendre, mais ne fit qu'émettre un sanglot pitoyable et haleta. Une main passa dans son dos, presque… réconfortante.
« C'est bon, gamin, informa le propriétaire avec… une petite note de compassion dans la voix. Repose-toi pour que ça cicatrise. »
Eren bafouilla un remerciement – qui ne venait pas du tout du cœur mais il était un peu obligé de le faire – et se leva mécaniquement en chancelant. Il rentra dans sa chambre, sans croiser personne sur son passage, mais il fit un détour par la buanderie. Il récupéra ses affaires, toujours à la même place – et sèches –, et retourna dans ses "appartements". Il ferma ensuite la porte derrière lui. Il s'adossa à la porte, les genoux pliés près de la poitrine, la respiration courte et irrégulière. Il se rendait seulement compte qu'il était passé à peu de se faire engueuler et son cœur battait la chamade, tentant de réguler l'adrénaline qui coulait dans ses veines. Il se rappelait des doigts de Levi qui touchaient avec une douceur apparente sa plaie. Il secoua la tête et repoussa cette idée. Ses doigts maladroits trouvèrent la serrure en s'étirant et il la tourna. Il la rouvrirait après, se promit-il : il n'avait pas du tout envie de ne plus avoir d'intimité.
Mais en ce moment, il avait besoin de se blesser. Avec empressement, il se dirigea à quatre pattes vers sa table de nuit. Ses doigts tremblants de manque, se fermèrent sur la poignée ronde et froide du tiroir, puis se fermèrent – en cherchant un peu – sur le manche du couteau dans le tiroir. Ses yeux étaient déterminés, il savait maintenant la réalité : il était totalement accro.
Ces blessures allaient lui permettre de s'échapper de tout ceci, et il lui en fallait encore. Plus. Un véritable junky du couteau, c'était pitoyable… Il trouvait maintenant des excuses plus idiotes les unes que les autres. Mais il n'avait pas l'intention de s'arrêter, c'était son moyen de s'aider tous les jours, et il allait continuer jusqu'à ce que tout aille bien.
Il avait besoin d'être sauvé, sans même s'en rendre compte.
Non, il n'était pas aussi fort qu'il l'avait supposé. Oui, il aurait normalement dû avoir besoin de l'aide de Levi, mais il était trop fier pour le lui demander. Alors, tant pis. De toute façon, ce dernier n'avait pas voulu voir la vérité.
Le couteau sembla se placer automatiquement au bon endroit, on l'aurait mû d'une volonté propre. Le semi-titan pressa plus fortement que la dernière fois la lame du couteau sur ses obliques. Le sang jaillit, bien plus qu'hier, il coula le long de ses doigts, tâchant son pantalon et la chemise qu'il n'avait même pas pris la peine d'enlever. Il fit de même à gauche, sans prendre le temps de s'arrêter. Il sourit, dieu que ça faisait du bien malgré les brûlures.
Soudain, le sang lui sembla être en trop grande quantité, il y en avait beaucoup trop : cela imbibait carrément son uniforme. Il chassa des points noirs qui dansaient brusquement devant ses yeux. Qu'est-ce que c'était que cela ? Pourquoi est-ce que ça saignait autant ? Tout tournait subitement autour de lui, et il en ignorait la raison. Que se passait-il donc ? Il avait de plus en plus de peine à respirer, il forçait pour inspirer.
Il s'appuya contre le mur de sa chambre et chancela jusqu'à la salle de bains. Il réussit à atteindre le lavabo en plusieurs petits pas. Il fit couler de l'eau froide à forte pression, il fallait qu'il arrêtât le flot rouge, qu'il trouvât un moyen de le faire. Il ne fallait pas qu'il se laissât aller en ce moment. Un pressentiment lui soufflait que ce n'était vraiment pas bon tout ça.
Un éclair soudain de conscience le traversa : une artère passait à cet endroit. Putain, il y était allé vraiment trop fort… Merde ! Il fallait le faire pour aller la transpercer, il n'y avait vraiment que lui pour être capable d'une pareille connerie !
Et pourquoi la cicatrisation ne se mettait pas en route ? Elle décidait de faire grève ou comment ça se passait ? Il appuya à pleine mains sur la blessure, ne lâchant pas pour autant son couteau. Mais ce qu'il faisait, ne ralentissait pas le flux vermeil à grands bouillons. Il se contentait de passer entre ses doigts et goutter au sol.
Tout devint flou autour de lui, puis noir et il chancela sans pouvoir rien faire. Il n'arrivait plus à garder l'équilibre, à tenir debout. Il serra les mâchoires. Putain !
Ses genoux flageolèrent et il bascula en avant. Sa main tenta de s'agripper au rebord du lavabo pour ne pas tomber, vainement : il s'écroula sur le sol. Ses mains elles aussi étaient trop faibles et tremblantes. Sa respiration était difficile et il n'arrivait même pas à appeler au secours. Sa voix n'était qu'un croassement inaudible même de lui.
Putain de merde, en plus, il avait fermé la porte de la salle de bains à clef. Quel abruti : personne n'allait pouvoir rentrer ! Il allait vraiment crever là ? Bordel, il n'avait vraiment pas voulu ça… Il revit les yeux de ses parents, puis ceux de tous ses camarades morts pendant les expéditions.
Et puis, après tout… pourquoi pas ? Il le méritait, non. Ce n'était pas la peine de lui dire qu'il n'avait pas le droit, que des gens s'étaient sacrifiés pour lui : cela ne changerait rien. Après tout, lui aussi avait le droit au repos, non ? L'Humanité trouverait bien un remplaçant, quelqu'un de mieux que lui, ce ne serait pas compliqué.
De toute façon qui le pleurerait ? Mikasa ? Elle s'en remettrait avec une facilité étonnante, elle se mettrait entièrement dans ses combats et son extermination contre les Titans. Personne d'autre…
Ses yeux se fermèrent et il se laissa aller dans ses brumes noires et indolores. Un petit sourire déformé naquit sur ses lèvres et il soupira longuement.
* désolée, je ne savais pas quoi d'autre ^^
Voilà pour cette fin de partie! 0:) héhé! je suis une sadique de première, je sais tout le monde me le dit, c'est bon, c'est dans ma nature! N'hésitez pas à laisser un commentaire même si c'est pour m'arracher la tête ou me dire ce qu'il faut que je modifie!
Bon ben à plus pour savoir si le gamin va s'en sortir! Et surtout, qui pourrait ouvrir cette porte?! :p Petite blague: ouvre-moi la porte, toi qui as la clef - c'est une chanson, désolée pour ceux qui n'ont pas la référence: cherchez! XD
PS: Si vous êtes pas contents parce que ça ne va pas assez vite dans l'écriture et tout, vous avez qu'à vous plaindre aux profs de mon lycée qui font des bacs blancs. Ah, et aussi à l'Etat français qui fait le BAC... ;p
Plus plus! :*
