Notes de l'auteure: Voilà pour ce dernier chapitre! Héhéhé Eren va-t-il survivre allez encore un tout petit peu de suspens! :P
Réponse aux reviews:
NaomiWeaver: merci merci :) pure coïcidence
Insilent: j'ai bien mis drama dans la description! :D
Nala Firenight: merci :3 et t'inquiète je pense qu'Eren t'entends XD même s'il est dans la chambre d'hôpital... 0:)
Fenesis: oah je ne pensais pas avoir ce don! Bon au moins, j'ai réussi!
Musiques conseillées: assez triste navrée: Call your name et Pain of Levi. Et aussi Hearing voices de One Republic à la fin pour Eren! voilà, bonne lecture!
PS: le bac blanc est enfin finiiiii! YOUPI! :D
5.
Le visage d'Eren était éclairé par une lumière trop franche et blanche : elle soulignait trop son visage blafard et immobile, sans couleur et qui se fondait trop bien dans la couleur des draps blancs qui le couvraient. Seuls ses cheveux bruns mal peignés et encore tachés de sang séché ressortaient. Ses yeux étaient clos et ses mains reposaient sur le lit, hors des couvertures et étendues à plat. Un visage paisible et reposé, endormi. Il ne manquait plus qu'il se réveillât et on aurait pu croire qu'il faisait une sieste.
Levi n'arrivait qu'à grande peine à retenir ses larmes. Tout ça, c'était de sa faute… L'état dans lequel se trouvait le gosse. Il aurait dû le comprendre… Sa main caressa doucement la joue du garçon. Il frémit, elle était glacée. Il se mordit la lèvre jusqu'à ce que le gout du sang emplisse sa bouche, avec soulagement.
Il se souvenait encore de la douleur cuisante d'une main sur sa joue – peut-être en gardait-il même la trace de la main – : Mikasa l'avait giflé de toutes ses forces en le croisant dans le couloir vers l'infirmerie. Sa tête avait été projetée avec violence sur le côté. Les larmes de la jeune femme avait coulé abondamment le long de ses joues, ses yeux étaient tremblants, le harcelant sans remords. Elle l'avait accusé de son index rageur pointé sur son torse, le dominant de la dizaine de centimètres entre eux. Et puis finalement elle s'était écroulée en sanglotant à ses pieds. Et Armin l'avait rejointe, prise dans ses bras.
Il n'avait rien rétorqué à ses accusations douloureuses, à cette insulte d'assassin. Car oui : tout était sa faute. Le caporal avait baissé les yeux, n'avait pas osé affronter ses yeux noirs et si douloureux. Elle avait raison. Trop même et il acceptait avec satisfaction cette punition. Il aurait voulu lui aussi tomber à genoux et exprimer ce qu'il ressentait, soulager un peu son cœur. Mais il était un gradé, et comme Erwin, devait garder tout cela pour lui. Pour ne pas influencer ses subordonnés.
Le gamin n'aurait jamais dû être dans ce lit. Il n'aurait jamais dû avoir ce gros attirail planté dans les veines de son poignet. Ni cette chose qui mesurait les battements du cœur. Ou en tout cas, qui les avait comptés : les médecins avaient finalement décidé de le retirer, n'avaient plus jugé cela nécessaire. Ils avaient décidé de le laisser là, tranquillement. Il ne devait plus y rester très longtemps, dans ce lit.
Le front du caporal reposait sur la paume de sa main, le visage fermé. Son autre main, la droite, avait les doigts emmêlés dans ceux du gamin. Elle jouait presque avec, les enjoignant de bouger. Il refusait de les lâcher, il ne le voulait pas. Quelque chose tomba sur celle du gamin. Une goutte d'eau, bien arrondie. Pourtant, il était certain qu'il n'y avait pas de fuites dans le plafond, et il ne pleuvait pas. Bien au contraire, il faisait un magnifique soleil – un beau jour dommage que le gosse ne soit pas en bonne santé pour sortir s'entraîner. Il pleurait. C'était une larme, sa larme.
Il serra les mâchoires. Et merde, c'était seulement la deuxième fois qu'il pleurait : la première fois c'était à la mort de son frère et sa sœur de cœur. Pourquoi en ce moment ? Il essuya du revers de la main sa larme. Non, le gosse n'avait pas le droit de le voir pleurer, même avec les yeux fermés. Il était sûr qu'il pouvait le voir et il imaginait déjà ses petits commentaires. Si seulement il pouvait vraiment les entendre…
« Hé, gamin, faut que tu te réveilles maintenant, OK ? On t'attend tous, là, et tu te fais long. Allez, même si ça toujours aimé te faire désirer, tu dois te dépêcher, le supplia-t-il d'une voix chargée de larmes. Tu ne peux pas nous laisser maintenant, Eren : tu ne t'es pas assez battu. Tu sais quoi, sur ce coup, je crois que t'es vraiment un abruti, j'en ai enfin la preuve et je te promets de te la ressortir. Mais qu'est-ce qui t'as pris de faire ça, hein bordel ? Tu ne pouvais pas m'en parler quand je te l'ai demandé ? »
Il prit un temps d'arrêt, ne sachant que dire, mais aussi pour chasser les larmes de ses yeux. Il se racla un peu la gorge puis reprit : « Pff, magne-toi, Jaëger, vraiment ! Parce que je n'arrive même pas à t'engueuler, et c'est grave ! Je… j'arrive même pas à te dire que je vais t'étriper à ton réveil, putain ! Alors que tu me connais, je suis le premier à le dire… »
Une boule dans sa gorge l'empêchait de parler, de respirer. Il serra les lèvres et détourna la tête sur le côté, comme si le gamin pouvait le voir. Mais ce dernier n'avait toujours pas bougé. Depuis combien de temps était-il allongé ainsi, toujours aussi immobile ? Le caporal ne le savait pas exactement. Trop longtemps déjà, pour lui. Et pour tous ceux qui le connaissaient.
Le caporal manquait aussi cruellement de sommeil. C'était peut-être ça qui lui disait que cela faisait un moment. Il passa ses mains sur son visage, partant du coin de ses yeux cernés, pour monter vers le front, les temps et vers les joues. Ça le détendait normalement. Il soupira longuement. Mais là… non aucun effet et c'était frustrant…
Il saisit la main gauche inerte et froide devant lui, et la posa sur son front, lui, brûlant, s'avançant pour poser ses fesses sur le bord sa chaise. Ce contact lui fit fermer les yeux de soulagement, et oublier l'inconfort de ces heures passées là à attendre. A attendre que ce gamin daigne enfin ouvrir ses putains d'yeux. En réalité, il voulait être là pour lui, pour son réveil probable. Non, il se réveillerait, il n'avait pas le droit d'en douter. Il ne le lâcherait pas, il ne ferait pas comme Mikasa.
Car, le gamin était peut-être insignifiant au niveau de l'univers, peut-être insignifiant au niveau des soldats : ils n'en étaient pas à un mort de plus ou de moins. Pour lui, c'était tout le contraire : Eren faisait partie de son petit univers et Levi n'avait pas l'habitude de lâcher quelqu'un qui en faisait partie si facilement. C'était dur d'y rentrer, alors ça l'était encore d'en sortir. Il ne le laisserait pas s'échapper si vite.
Il serra ses deux mains contre celle du jeune homme, comme une prière silencieuse qu'il lui adressait.
Boum… Boum…
Un pouls ! Il entendait un battement de cœur, assez fort et régulier… Mais c'était sans doute le sien : son pouce appuyait sur une veine de son poignet. Pourtant, un espoir fou le saisit, fit accélérer son cœur et s'élargir ses yeux. Et si… et si tous s'étaient trompés… et s'il allait vraiment se réveiller – pas comme le disait Hanji – ? Son cœur se serra douloureusement, une part de lui le ramenant à la raison. Mais il voulait y croire, et pour cela il lui fallait le prouver. Il bougea légèrement le pouce – rempli d'espoir, ce qui était tellement rare de sa part – et le léger battement qu'il avait perçu, disparut.
Ses espoirs explosèrent aussi vite qu'ils étaient venus. Putain ce que c'était douloureux, bordel ! Pourquoi avait-il si mal que ça ? Il serra les paupières tandis que ses sourcils s'abaissaient avec désespoir.
« Putain, sale gosse, t'as toujours été fort pour faire de faux espoirs aux gens de ton entourage, hein ? Tu l'as été… non, tu l'es je ne veux pas penser au passé, tu vas te réveiller. Hein, Eren, tu vas te réveiller… »
Ses épaules s'affaissèrent avec désespoir. Les yeux du brun étaient toujours décidément trop clos. Les paupières n'avaient même pas ce léger frémissement qui disait que la personne entendait. Il soupira une fois de plus et leva les yeux au plafond. Non, il ne pleurerait pas, il ravalerait ses larmes et ne ferait pas comme Mikasa derrière la porte. Il ne pleurerait pas devant le gosse. Il inspira un grand coup pour se calmer.
« Tu te fais mal inutilement, Levi, tu le sais toi-même. Alors, arrête, je t'en prie. Laisse le, tourne la page, reprends les entraînements, c'est sans doute ce qu'il aimerait. » lui avait conseillé Hanji, derrière ses lunettes de folle un peu plus tôt. La douleur brillait aussi dans les siens, et elle voulait aider son ami. Mais lui, ne voulait pas l'écouter. Comme il ne voulait pas écouter l'autre voix pessimiste – encore réaliste ? – dans son cœur, enfouie et pourtant si déstabilisante.
« T'inquiète pas, gamin, je serai là pour ton réveil, souffla-t-il. »
Il se pencha vers le lit, rangea les mèches de la frange noisette du jeune homme. On aurait dit un ange quand il était comme ça, dans cette même position. Et déposa un baiser sur les lèvres du gamin. Qui le saurait après tout ? Sa main caressa la joue de ce dernier et le gradé posa doucement, une deuxième fois, ses lèvres sur celles froides de son protégé. Sur celles de la personne qu'il aurait dû protéger. Et pas seulement des Titans normalement : mais aussi de ses propres démons. Il le lui avait pourtant promis… et cependant, le gamin était étendu dans ce lit d'hôpital.
Il avait échoué. Et il n'aimait pas cela du tout. Là, cela prenait un autre gout très désagréable.
« Eren… souffla-t-il… Je ne sais plus qui a besoin de l'autre en fait… Je suis perdu, je veux que tu te réveilles, que tout s'arrange. Que je puisse dire aux autres que t'as fait le con… Je ne veux pas parler de toi au passé, comme tous semblent pourtant déterminés à le faire. Parce que je te promets qu'à ton enterrement, je ne vais pas mentir. Je ne vais pas raconter à tous – au peu de gens qui viendront – que t'étais génial, je ne suis pas un hypocrite et tu le sais. Alors, je ne vais pas te vanter, je ne vais pas leur dire que t'étais le meilleur. Je vais leur dire la stricte vérité : tu ne foutais rien et t'étais un abruti qui agissait par coups de tête. Alors réveille-toi pour que… pour que je… je puisse te louer plus tard… sans mentir. »
Sa voix se brisa sur la fin de sa phrase et son regard resta figé sur le garçon. Il posa son front contre celui de ce dernier et souffla longuement. Il serra les lèvres. Il n'arrivait pas à retenir une larme, et elle s'écrasa sur la joue du jeune homme.
« Tu sais, t'étais censé sourire un minimum, Jaëger… C'était de l'humour… Enfin bref, encore une qualité que t'as pas. Je me demande de plus en plus pourquoi je suis si attaché à quelqu'un qui n'a pas beaucoup de qualités. Je pense qu'il ne vaut mieux pas chercher, hein ? »
Le voilà qu'il se mettait à parler tout seul ou presque. Presque, parce qu'il y avait quelqu'un en face de lui. Mais la personne face à lui ne pouvait pas lui répondre. Il en aurait presque souri, pour se foutre de sa propre tête, mais il préféra fermer douloureusement les paupières et se redresser. Soudain quelqu'un toqua à la porte et il sursauta.
Il se remit droit dans sa chaise, remettant ses fesses au fond du dossier et lissa le foulard qu'il portait à son cou – légèrement tâché de sang. Il croisa ensuite sa jambe sur l'autre et regarda froidement le gamin dans son lit – du moins essaya. Il permit alors à la jeune femme du Bataillon – ce n'était pas sa faute s'il ne connaissait pas son prénom, c'était une jeune recrue – derrière la porte de rentrer. Elle s'exécuta et se mit au garde-à-vous devant lui.
« ― Caporal en chef Levi, Hanji Zoe veut vous voir. Elle m'a parlé d'une question de temps. Elle ne m'en a pas dit plus, j'en suis déoslée, juste que vous comprendriez. J'espère que c'est le cas…
― Oui, c'est bon, j'arrive. J'ai compris ce qu'elle veut dire. (Il hocha la tête.) Vous me laissez quelques secondes, OK ? Je vous rejoins tout de suite. Je lui dis juste… au revoir. »
Elle hocha la tête, il décela une pointe de compassion douloureuse dans ses yeux, puis elle se mit au garde-à-vous pour saluer et referma la porte derrière elle. Levi se remit à la hauteur d'Eren, prit sa main, embrassa une dernière fois sa bouche et se dirigea vers la porte, tête basse et le cœur lourd. Avant de partir, il se tourna vers le brun alité, une dernière fois.
« Eren, je sais que quand tu vas te réveiller – je sais que tu vas ouvrir tes putains de yeux, bordel –, tu vas avoir besoin d'aide… Tu… tu vas peut-être être seul au début, mais ne t'inquiète pas : je viendrai te rejoindre. Je ne te laisserais pas tout seul, il y aura toujours quelqu'un à tes côtés. Toujours quelqu'un sur lequel tu pourras compter, pour te reconstruire, pleurer et regretter tes conneries. Si ces personnes sont mortes pour toi dans ces missions, gamin c'est que t'en vaux largement la peine. Pas de sacrifices inutiles, hein ? Eren, je veux faire partie de ces personnes qui seront toujours à tes côtés. Tu comprends ? Je ne te laisserais pas longtemps, je te le promets. Alors jure-moi de m'attendre avant de sortir. »
Il retint une larme solitaire sur sa joue – c'était de plus en plus difficile –, respira un grand coup et ouvrit la porte. Il expira longuement, s'arrêta sur le seuil où l'attendait la jeune femme. Il sortit de la chambre sans un dernier regard, la main crispée sur la poignée de la porte. Il se souviendrait d'un visage fermé du gamin, les yeux clos. Il aurait préféré un sourire, un franc sourire avec ses putains de yeux bruns scintillants de vie et pétillants de malice. Mais enfin, il avait écoulé son temps que Hanji lui avait donné pour rester à ses côtés...
« Tiens bon, gamin, pensa-t-il, je serais toujours là. Adieu maintenant. Ou non, au revoir. "Adieu" est trop pessimiste… » Il ralentit un instant, un peu plus loin dans le couloir, ignora la soldate qui se tournait vers lui, interrogatrice. Il ne voulait pas voir ce regard rempli de pitié pour lui.
Un jour s'était écoulé depuis l'accident et comme il l'avait promis à Hanji, il devait reprendre le cours de sa vie. Il devait recommencer à entraîner les camarades de l'alité. Il redressa finalement la tête et marcha devant lui, le menton relevé, vers le jour scintillant. Il reviendrait le voir, il se l'était promis…
Et il tenait toujours ses promesses.
Un coin de la bouche de l'endormi glacé lui aurait peut-être semblé bouger, s'étirer même en un petit sourire presque triste, s'il était resté plus longtemps, avec ses yeux tremblants de larmes. Le gamin avait cru entendre des voix, pendant qu'il s'échappait au loin, dans ses brumes blanches et tièdes. Et de ce qu'il avait compris, il aurait volontiers esquissé un sourire plus grand : lui et Levi seraient toujours côte à côte. Où qu'il soit. Et qu'importe la distance qui les séparerait. Ça lui allait parfaitement.
Voilà :D c'est la fin... Oui j'ai laissé ça assez flou pour que chacun puisse comprendre ce qu'il veut... Peut-être ce sourire est en fait celui du fantôme d'Eren ou peut-être va-t-il se réveiller. Eh oui, 24 heures pour Levi à le voir se réveiller ou faire son deuil... 0:D
Bon laissez-moi un petit review? Ouais je le mets en "complete!" et un de plus! :D
