Bonjour à tous!
Comment allez-vous?
J'espère que ce nouveau chapitre vous plaira! Il lance le début de l'intrigue... En tout cas, je voudrai remercier tous ceux qui ont posté une review, et qui ont d'ailleurs été très sympa avec moi :) Mais aussi tous ceux qui ont choisi de suivre mon histoire!
On se retrouve en bas, bonne lecture!
- Pourquoi est-ce que tu fais ça, Hermione ?
La jeune femme soupira en se pinçant l'arrête du nez. C'était la troisième personne, aujourd'hui, qui l'abordait pour lui poser cette question. Cette fois-ci, il s'agissait de la fille qui lui avait fait un signe de la main le premier jour. Grande, les cheveux blonds au carré, très jolie. Elle regardait Hermione, les sourcils froncés, avec un air de profonde incompréhension, cependant dépourvu d'hostilité – ce qui n'avait pas été le cas de tous.
- Pardon de t'importuner, hein. Mais je ne comprends pas... Je sais que vous étiez à Poudlard ensemble, mais vous n'étiez pas amis, si ?
- Non...
- Et d'après ce que les gens disent, il a toujours prit plaisir à t'humilier, non ?
- Oui...
- Alors pourquoi est-ce que...
- Je ne sais pas, d'accord ? L'interrompit Hermione. J'imagine que j'ai eu un élan de générosité. C'est vrai, on n'a jamais été amis. On s'est même toujours détesté. Mais il s'est passé des choses et... Je ne sais pas. Les choses sont différentes maintenant non ? Enfin, je comprends que beaucoup de gens puissent avoir du mal à gérer ça, mais est-ce que c'était vraiment utile de lui faire subir une autre humiliation ?
Sa camarade la regarda d'un air perplexe.
- Et puis de toute façon, je ne pense pas avoir de compte à rendre.
- En fait, si.
Hermione se retourna pour faire face à Eliott.
Celui-ci regardait la jolie blonde avec un intérêt à peine dissimulé.
- Salut ! Louise, c'est ça ? Moi c'est Eliott, ravi de te connaître, lui dit-il avec un sourire charmeur.
- Eliott, le salua Hermione. Tu disais ?
- Oui, je disais qu'en fait si, tu as des comptes à rendre.
- Ah bon, et pourquoi ça ?
- Parce que tu as été au cœur de la lutte contre Tu-sais-qui pendant des mois, et l'année dernière tu as eu l'occasion de faire plusieurs discours, tu as parlé à la presse, et...
- Attends, j'ai parlé à la presse en compagnie de Harry et Ron, parce que le Ministre de la Magie nous l'a demandé, et...
- Ce n'est pas une critique, Hermione ! Ce que je veux dire, c'est que tu es devenu un personnage public. Harry Potter et Ron Weasley aussi. Les gens veulent entendre ce que vous avez à dire, et ils font attention à ce que vous faites, c'est normal ! Alors oui, tu es libre de t'asseoir à côté de qui tu veux. Mais tu dois être consciente que toutes tes actions ont des conséquences maintenant...
- Tu crois que je ne sais pas ça ? Lui répondit-elle en fronçant les sourcils. Je ne suis pas stupide, je sais bien que tous mes choix, depuis la bataille de Poudlard, sont relayés, commentés, interprétés... Et c'est insupportable ! Mais c'est mon affaire, et je gère ça comme je veux. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, je dois déjeuner avec un ami.
Sur ces mots, elle cala son sac sur son épaule, et laissa ses camarades en plan.
- Peut-être que m'afficher en sa présence fera remonter ma côte de popularité ? Leur lança-t-elle d'un ton cynique, avant de disparaître à l'angle du couloir.
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Hermione franchit les portes de la cafétéria et s'arrêta un moment, en balayant la salle du regard. Elle s'avança alors avec enthousiasme vers un grand garçon brun au visage rond, qui lui faisait un signe de la main, un grand sourire aux lèvre.
- Neville !
- Salut Hermione !
- Comment vas-tu ? Comment s'est passée ta rentrée ?
- Eh bien, plutôt bien en fin de compte !
- Tu vois ! On te l'avait tous dit ! S'exclama-t-elle en souriant.
- C'est vrai, releva Neville. Mais là vraiment, comment te dire, j'ai enfin l'impression d'être doué pour quelque chose ! Je n'ai plus peur de lever la main pour répondre, rien à voir avec les cours de potions !
Les deux amis s'esclaffèrent, et commencèrent à manger.
- C'est fini tout ça Neville ! Poudlard est derrière nous, et l'Académie est...
- Différente.
- Oui...
- C'est très étrange par moments, d'être entouré de gens qu'on ne connait pas. Les gens viennent me parler comme si... Enfin personne ici n'a été témoin de toutes les fois où je me suis ridiculisé à Poudlard, et tout le monde est très sympa avec moi ! Une fille, hier, m'a dit que j'avais été très courageux d'avoir coupé la tête de cet horrible serpent...
Il se pencha vers Hermione.
- Je n'ai pas osé lui dire que j'en avais fait des cauchemars pendant huit jours.
Elle rigola doucement.
- Peu importe les cauchemars, elle a raison, tu as été très courageux.
Neville lui sourit.
- J'imagine que toi aussi, les gens viennent te parler ?
- Oui... Enfin c'est un peu compliqué...
- Malefoy ?
Hermione lui lança un regard interrogateur.
- Je sais qu'il est dans ta classe. J'ai entendu deux filles en parler hier à la bibliothèque. Elles ont dit que tu as pris sa défense.
- Je n'ai pas vraiment pris sa défense... Je me suis assise à côté de lui, c'est tout. Personne ne voulait y aller, Neville. C'était très humiliant. Et même si c'est un énorme crétin, qui a fait des choses terribles...
- Tu penses qu'il ne méritait pas ça ?
Elle lui lança un regard gêné. Lui aussi avait été victime de la méchanceté de Malefoy à Poudlard.
- Si, il le méritait sûrement. Mais je crois que ça n'aurait rendu service à personne. Avec Harry et Ron, on a fait un très beau discours sur l'amour et la tolérance après la défaite de Voldemort. Ça avait beau être commandé par le Ministre de la Magie, on aurait jamais accepté de faire ça si on y avait pas cru nous-même. De quoi j'aurais l'air, maintenant, si je laissais les gens de ma classe faire un procès public à Malefoy, après toutes mes belles paroles ? D'autant qu'il a déjà été jugé, et qu'on nous a demandé de témoigner, Harry, Ron et moi.
Neville lui adressa un petit sourire compatissant.
- Tu t'es rangé du côté de Malefoy, parce qu'il était dans une position de faiblesse, et ça malgré tout ce qu'il a fait. C'est très noble. Il ne le mérite peut-être pas, mais si tu n'avais pas fait ça, peut-être que tu n'aurais pas valu mieux que lui.
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Depuis plusieurs minutes, Blaise observait son colocataire faire les cents pas dans le salon, l'air visiblement très contrarié.
- Je ne comprends pas pourquoi tu fais la gueule. Si elle t'avais enfoncé, ça serait normal que tu sois en colère, mais là... Tu aurais préféré qu'elle ne fasse rien ?
- Oui !
- Mais pourquoi ?! Bon sang elle t'a évité un moment très gênant, tu ne vas pas t'en plaindre !
Drago souffla très fort.
- Tu ne comprends rien hein !
- Bon alors explique moi ! Rétorqua Blaise en croisant les bras sur sa poitrine, de plus en plus irrité.
- Si elle n'avait pas bougé, je n'aurai pas passé un très bon moment, c'est vrai, mais je m'étais préparé à ça. Et dans quelques jours ça se serait tassé, c'est même toi qui l'a dit ! Je m'en fiche moi de pas avoir de binôme, au contraire, j'aime autant travailler seul. J'avais même l'intention d'aller voir le prof et de lui expliquer. Mais non, il a fallut qu'elle s'en mêle ! Elle se mêle toujours de tout, c'est insupportable ! Et maintenant les gens ne vont parler que de ça pendant des semaines. Elle attise leur haine en faisant ça !
- Je trouve que tu y vas un peu fort là...
- Mais non ! Avant ça les gens me détestaient pour ce que j'ai fait, et pour ce que ma famille a fait. Maintenant, ils me détestent parce qu'ils considèrent que Granger qui vient s'asseoir à côté de moi et qui me sauve de l'humiliation, c'est un traitement de faveur. Je suis un putain de mangemort, qui a un putain de traitement de faveur ! Déjà le fait que je sois acquitté, c'est très mal passé. Le fait que je sois reçu à l'Académie, beaucoup trouvent ça abusé. Mais là, que je profite du bon cœur de Granger, c'est carrément le pompon ! Je vais me faire descendre...
Ayant cessé de crier sur son ami, Drago se laissa tomber sur le canapé dans un long soupir, et se prit la tête entre les mains.
- Bon alors t'as juste à lui demander de ne plus s'asseoir à côté de toi.
- Trop tard. Les groupes sont formés pour l'année.
- Bon et puis merde Drago ! Arrête un peu de te préoccuper autant de ce que les gens vont faire ou ne pas faire. Pars du principe que de toute façon, ils te détestent. Alors peut-être que maintenant ils vont te détester encore plus, mais je suis certain que même si Granger n'avait rien fait, ils auraient trouvé un autre prétexte. Ils te détestent, et tu ne peux rien y faire, alors arrête de te prendre la tête ! Et puis tu vas passer l'année à travailler avec Granger, et même si je t'accorde qu'elle est insupportable, c'est peut-être la seule personne de l'Académie à ne pas vraiment te détester !
Drago regarda son ami sans rien dire. Bien sûr, il avait raison. Blaise avait souvent raison. Il était plus calme et plus raisonné que lui. En réalité, il savait bien que Granger n'était pas vraiment responsable de la haine qu'on lui portait. Il était le seul responsable de son malheur. Il le savait. Seulement parfois, il avait besoin de penser que tout n'était pas entièrement de sa faute.
- Vous avez cours demain ?
- Non. Enfin si, mais pas en Travaux Pratiques. On a cours en amphi.
- Bon... C'est bien non ? Pas de soucis de place comme ça !
- Ouais...
- C'est quand votre prochain TP ?
- La semaine prochaine.
- Bon, ben voilà, ça te laisse quatre jours de répit. Je t'aurai bien proposé de sortir en boite, ou au moins dans un bar, mais avec ta sale réputation y'a pas moyen que tu choppes une fille...
Drago lui balança un coussin au visage, que Blaise évita en rigolant.
- Du coup, j'ai envoyé des hiboux, soirée à la maison ! Entre parias ! Ajouta-t-il avec un clin d'œil.
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C'était dimanche soir, et Hermione était attablée devant un très gros poulet au citron qu'elle avait cuisiné pour ses amis. Harry et Ron venaient tout juste de terminer leur première formation sur le terrain. Ils étaient d'abord passés par le Terrier, où ils avaient pris le temps de se reposer un peu. Puis ils avaient transplané chez Hermione.
Ils lui avaient tout raconté de ces trois semaines au Canada. Les entraînements quotidiens, les exercices nocturnes, l'affreux caractère de leur professeur, les repas froids, les nuits à la belle étoile, les petites frayeurs, les courbatures et les hématomes, les autres étudiants et le début de la solidarité. Quelques uns avaient choisi de ne pas revenir. Les autres étaient plus motivés que jamais, malgré l'intensité de la formation.
- Parfois je pense à nous, en train de chercher les horcruxes... Si on avait su tout ça... Enfin si on avait pu être entraînés comme ça, peut-être que les choses auraient été différentes. Peut-être que ça aurait été plus facile, peut-être que je ne serai pas parti...
- Ron, l'interrompit Hermione, on a fait ce qu'on a pu, et du mieux qu'on pouvait à ce moment là. Et je trouve que finalement, on s'en est plutôt bien sorti ! Dit-elle avec un sourire, que lui rendirent ses amis.
- Bon, alors maintenant, raconte nous comment ça s'est passé pour toi ! Reprit Harry.
Hermione leur expliqua alors sa joie de rentrer à l'Académie, ce qu'elle pensait des cours, et des professeurs. Elle leur raconta l'incident avec Malefoy, et les réactions des étudiants. Sa décision de s'asseoir à côté de lui, et tout ce que ça avait provoqué. Les garçons l'écoutaient, et l'interrompaient parfois pour donner leur avis.
- Ça me tue de dire ça, dit Harry, crois moi, mais je pense que tu as bien fait.
- Bon sang j'ai l'impression qu'on passe notre temps à lui sauver la mise, à cette petite fouine peroxydée ! S'exclama Ron.
Hermione ne put s'empêcher de sourire.
- Non mais c'est vrai ! D'abord dans la salle-sur-demande, puis au moment du procès, et maintenant ça... Ça doit drôlement l'emmerder d'ailleurs !
Les trois amis s'esclaffèrent en imaginant la tête contrariée de Malefoy.
- Bon et depuis que tu l'as sauvé de cette terrible humiliation, comment ça se passe ? Demanda Harry.
- Je ne l'ai pas revu depuis. On avait cours en amphi, et je l'ai seulement aperçu, assis au fond.
- Et toi ? Ça n'a pas été trop dur avec les autres ?
- Ça peut aller... Il y a une fille, Louise, qui m'a demandé pourquoi j'avais fait ça. Et même si je ne suis pas sûre qu'elle comprenne vraiment, au moins elle ne m'embête plus avec ça. Et elle est plutôt sympathique. Eliott aussi, le garçon qui s'est assis à côté de moi en début d'année. Il ne semble pas beaucoup se préoccuper de ça.
- Bon, tant mieux ! Certaines personnes sont plus intelligentes que d'autres !
- Tiens, d'ailleurs, j'ai mangé avec Neville dans la semaine !
La conversation s'orienta alors vers leurs anciens camarades, et la bonne humeur envahit de nouveau la pièce, se mêlant à l'odeur délicieuse des petits plats préparés par Hermione.
Pendant plusieurs heures, les trois amis papotèrent, de sujets plus ou moins sérieux. Puis, les bâillements incessants de Ron sonnèrent l'heure du départ pour les garçons, qui transplanèrent au Terrier, pour une bonne nuit de sommeil.
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UN JEUNE SORCIER ATTAQUE SUR LE CHEMIN DE TRAVERSE
Stupeur dans le monde magique !
Au cours de la nuit dernière, un jeune sorcier a été retrouvé inconscient sur le Chemin de Traverse. Visage tuméfié, poitrine et jambes lacérées, ce jeune homme âgé de vingt-trois ans, a visiblement été victime d'une agression. Il a été pris en charge par les secours dans les meilleurs délais, et emmené à l'hôpital Sainte-Magouste. A cette heure, nous n'avons pas pu nous entretenir avec les médecins, mais il semblerait que son pronostic vital soit engagé.
Près du corps, la baguette de la victime a été retrouvée, brisée. Mais ce qui remplit d'effroi les aurors et les médecins, ce sont les mots gravés sur le front de la victime, en lettres sanglantes : « sang-de-bourbe ».
Le cauchemar serait-il sur le point de recommencer ?
Hermione reposa lentement le journal sur la table.
Dans sa tête, des dizaines de pensées se bousculaient.
Inconsciemment, elle baissa les yeux vers la cicatrice rosée qui ornait son bras, depuis plus d'un an.
« Sang-de-bourbe »
Sur elle aussi, on avait gravé ces mots.
Et maintenant, un autre jeune sorcier avait subi le même sort.
La même haine.
Quelqu'un l'avait attaqué, dans la rue.
Elle pensait à lui. La peur qui avait dû le saisir. Et la douleur.
Est-ce qu'il avait pu se défendre ?
Qui l'avait attaqué ?
Pourquoi lui ?
Était-ce le début d'une longue liste ?
Serait-elle la prochaine ?
Une peur panique s'empara d'elle, aussitôt balayée par une puissante colère.
Non.
Surement pas.
Il n'y aurait pas de prochain.
Les meilleurs aurors devaient être sur le cas, n'est-ce pas ?
Ils ne laisseront pas cela se reproduire.
Le Ministre de la Magie ne laissera pas cela se reproduire.
Ils trouveront le coupable, rapidement.
Ça ne devrait pas être bien compliqué.
A commencer par les sorciers proches de Voldemort et de ses idées, et qui ne sont pas en prison.
Ou qui ont été acquitté.
Comme Malefoy.
Est-ce que Malefoy aurait pu faire ça ?
Traiter les gens de sang-de-bourbe, c'était bien son habitude, avant.
Oui, mais c'était aussi l'habitude de pleins d'autres gens.
Des gens comme Malefoy, il y en a beaucoup.
Malefoy.
Dans quelques minutes, elle doit aller en cours.
Elle va devoir s'asseoir à côté de lui.
Malefoy.
Elle n'a pas envie de le voir.
Pas maintenant.
Si ce n'est pas lui, c'est peut-être un de ses amis.
Ou quelqu'un qu'il connait.
Dans tous les cas, il doit certainement se réjouir de ce qui s'est passé.
Ou pas.
Elle ne sait pas.
Elle ne sait plus.
Mais elle va bientôt savoir.
Sur cette dernière pensée, Hermione prend son sac, son manteau, et quitte son appartement.
Voilà!
Alors, qu'est ce que vous en pensez? Est-ce que cette intrigue vous plait?
On se retrouve au plus tard dans une semaine pour un nouveau chapitre, en attendant, prenez soin de vous!
Mathilde
