Me revoici pour de nouveaux textes ! Je ne vais pas être longue, il est presque 3h30 du matin et je vais aller me coucher parce que je tombe d'épuisement, mais je voulais vraiment finir le dernier texte de ce chapitre. J'espère que cela vous plaira. Bonne lecture !


« Le talent est une chose qui s'épanouit. » - Oikawa Tooru


Adults – Daichi & Sugawara - PG

Daichi lève les yeux vers le gymnase, dont l'ombre s'allonge sous le soleil couchant. Son diplôme à la main, il soupire longuement. Ce lieu l'a vu grandir, tomber, se relever, rire, pleurer. Durant trois ans, il est venu ici tous les matins et tous les après-midi, sans exceptions. Il repense à tous ces entraînements où il poussait son corps à son extrême limite, lorsqu'il travaillait ses réceptions. Il repense à l'odeur caractéristique de la bombe de froid, au bruit si reconnaissable des chaussures crissant sur le parquet, à la sensation du ballon contre ses mains.

Mais, maintenant, tout cela est terminé. Il s'apprête à quitter le lycée. Ce soir, c'est la dernière fois qu'il voit ce gymnase en tant que joueur et capitaine de l'équipe de volley de Karasuno. Demain, tout changera. Chikara lui succédera en tant que capitaine. Les première année deviendront à leur tour senpais. Lui, il partira à l'université de Tokyo, en compagnie de Sugawara et Asahi qui, par chance, suivront la même filière que lui. Il jouera toujours au volley, bien sûr, mais ce ne sera plus pareil.

Une main vient soudain attraper la sienne. Il tourne la tête et c'est le sourire de Sugawara qu'il aperçoit, doux et tendre. Il serre doucement ses doigts autour des siens et ils restent là, silencieux, à regarder ce qui était auparavant leur deuxième maison, et qui le restera toujours un peu, jusqu'à ce qu'Asahi les appelle au loin. Ils échangent un regard, puis, leurs mains toujours scellées, s'éloignent du gymnase. Arrivés à la grille du lycée, ils ne se retournent pas.

Et font le premier pas vers leur vie d'adultes.


View from the Top – Hinata – PG

Le ballon passe de mains en mains, sans tomber une seule fois. Les baskets crissent sur le parquet sans discontinuer. Les cris et les encouragements raisonnent. L'odeur de bombe de froid, de cuir et de sueur flotte légèrement dans l'air. Hinata ressent tout cela, l'emmagasine au fond de lui-même, car cela lui fait du bien. Il joue au volley car il aime ça, car il oublie tout. Il n'y a plus que ses coéquipiers, ses adversaires et le ballon. Toute autre chose que cela est sans intérêt. Il ressent le court du jeu. Et, il sait, au moment où Kageyama fait sa passe, que c'est à lui de jouer.

Pliant les jambes, il prend son élan pour ensuite s'élever et déployer ses ailes. Ses doigts heurtent la surface lisse du ballon, l'envoyant dans le camp adverse sans rencontrer aucune résistance. Et, là, une fraction de seconde, Hinata ouvre les yeux. Elle est là. Si belle, si attirante. Le soleil rayonne à travers un carreau du gymnase, diffusant sa lumière tamisée sur le terrain. Ses adversaires apparaissent tellement minuscules, tellement loin de lui. Il a l'impression de voler, de se détacher de tout le monde qui l'entoure pour ne plus penser qu'à ce rêve qu'il peut enfin entrapercevoir quelques secondes lors de son envol.

La vue du sommet.


It Connects – Yamaguchi – PG

Au début, c'est comme si rien d'autre n'existait, à part cette balle touchant le côté opposé du terrain. Tout n'est que silence autour de lui, comme si le monde entier retenait sa respiration. Puis, ce sont les cris. Il bascule sous le poids d'Hinata et Nishinoya, juste avant de sentir des mains, celles de Tanaka et Asahi, lui ébouriffer les cheveux. Il regarde tout autour de lui, un sourire immense étirant ses lèvres. Ils ont gagné les nationales. Ils ont remportés la victoire. Grace à lui. Yamaguchi revoie encore son service.

Ils avaient un point d'avance sur leurs adversaires. Plus qu'un seul, et ils gagneraient. Et c'était à leur tour de servir. Hinata lui avait tendu le ballon avec assurance, lui lançant un regard signifiant qu'il croyait pleinement en lui. Il y avait encore quelques mois, Yamaguchi aurait paniqué, mille questions se seraient bousculées dans sa tête et il aurait très certainement douté de lui-même. Mais, il avait maintenant toute la confiance en lui dont il avait besoin. Et, c'était en serrant le ballon dans ses deux mains jusqu'à avoir les phalanges blanches qu'il était entré sur le terrain, avec la ferme intention de faire un ace au service. Tout s'était passé au ralenti. Le ballon partant dans les airs. Donnant l'illusion de partir droit. Avant de finalement obliquer en une courbe parfaite sur le côté. Et s'écraser sur le sol, juste avant la ligne.

Finalement, tous les joueurs de Karasuno décident de le hisser sur les épaules de Daichi et Sugawara pour lui faire faire le tour du terrain. Il se laisse faire en riant, remarquant que même Tsukishima, d'ordinaire si stoïque, s'était mêlé aux exclamations de joie, avec cependant beaucoup plus de modération que leurs coéquipiers. Alors, tout en regardant ses camarades qui arborent fièrement leurs maillots et des sourires faisant trois fois le tour de leurs visages, il se dit qu'il a trouvé sa place : fièrement debout sur un terrain, le maillot noir et orange sur le dos et entouré de ses coéquipiers.


Direct Sunlight – Hinata & Papa Hinata - G

La photo sur son bureau scintille légèrement sous la lumière du soleil affluant à travers les carreaux. Hinata la contemple longuement, un sourire nostalgique aux lèvres. Dessus, on peut le voir, lui, encore petit garçon d'à peine cinq ans, courir derrière un ballon de volley, un immense sourire qui lui mange la moitié du visage aux lèvres. En arrière-plan, sa mère, assise dans l'herbe, tient dans ses bras un minuscule bébé, sa sœur, dont on ne distingue que les cheveux roux. Elle est occupée à couver son fils d'un regard tendre, si bien qu'elle ne regarde pas l'objectif. Enfin, debout à droite de la photo, un homme svelte, assez petit et à la chevelure de la même teinte couleur soleil couchant que ses enfants, lève les bras comme pour exécuter un smash, tout en ayant l'air de parler, sans toutefois se départir d'un sourire lumineux. Ses yeux d'or, aux coins légèrement plissés par des rides d'expression, brillent sous le flash de l'appareil photo.

Hinata se souvient souvent de ces moments où son père lui enseignait quelques techniques de volley, étant lui-même volleyeur. Il adorait ça. Il avait beau être très petit pour son âge, son père lui disait qu'il pouvait réussir et, sa main quelques centimètres au-dessus de lui, l'incitait à sauter pour venir la toucher, afin de travailler sa détente. Car, il lui avait dit. « Ton arme ne sera pas ta taille. Ce seront les sauts. ». Et, maintenant, il se rend compte qu'il avait raison. Il a beau être parti, loin, il sent qu'il est encore là, dans ces paroles qu'il se répète tout le temps, comme un mantra. Et, il se dit que, peut-être un jour, il pourra lui dire « merci » en face. Merci pour lui avoir transmis sa passion, qui malgré qu'elle s'était éteinte lorsqu'il était parti, avait été ravivée par la vision du Petit Géant. Merci pour son sourire et ces moments d'innocence. Merci pour lui avoir donné confiance en lui alors que le monde le sous-estimait. Merci d'avoir cru en ses capacités.

Merci d'avoir fait de lui tout ce qu'il était aujourd'hui.


Loser – Oikawa & Iwaizumi - PG

Les larmes coulent sur ses joues, amères témoins de sa défaite. La vision d'Oikawa se brouille tandis que les gouttes tombent délicatement sur le sol du vestiaire vide. Un sanglot lui noue la gorge, secoue son corps entier en un hoquet de honte et d'angoisse. Puis, il enfouit son visage dans son maillot, crispant ses doigts sur le tissu laiteux et azur. Son équipe a perdu. Une seconde fois, ils manquent la chance d'aller aux nationales. Une seconde fois, il a fait perdre son équipe. Tout est de sa faute. S'il avait réussi à renvoyer la dernière attaque de Tobio et du petit roux, tout ceci n'arriverait pas. Il avait réussi à lire leur jeu, à savoir exactement où la balle serait envoyée. Mais il n'avait pas été assez rapide. Une fraction de seconde l'avait trahi. Ses sanglots redoublent. Il n'est qu'un perdant, rien de plus.

Soudain, le bruit d'un casier qui se ferme et des pas qui se dirigent vers lui.

- Oi, Shittykawa, on va de–

Iwaizumi se coupe dans sa phrase en voyant l'état de son coéquipier. Oikawa entend vaguement un bruit sourd, comme un sac qu'on laisserait tomber sur le sol, avant de sentir deux bras encercler ses épaules et un torse familier se coller à son dos. Les cheveux d'Iwaizumi viennent chatouiller son cou alors qu'il lui murmure, d'une voix douce :

- Tu ne dois pas assumer toute la responsabilité, imbécile.

Oikawa s'accroche à lui, ses deux mains ayant lâché son maillot et à présent désespérément posées sur l'un de ses bras. Ses doigts se serrent, refusant de le lâcher tandis que l'ace continue :

- Tu sais que tu peux compter sur moi sur et hors du terrain. Voilà pourquoi nous sommes une équipe.

Ses paroles se veulent réconfortantes, mais Oikawa sent bien la cassure infime dans la voix de son ami. Et, lorsqu'il tourne légèrement la tête, c'est pour voir ce dernier, le visage à moitié dissimulé, les traces rouges des pleurs dessinant des ombres écarlates sous ses yeux tandis que de nouvelles larmes roulent silencieusement en travers de son visage. Pourtant, Iwaizumi continue de le serrer contre lui, peut-être un peu pour se réconforter lui aussi, et enfouit même ses doigts dans l'opulente chevelure d'Oikawa, la caressant délicatement.

- Tout ira bien, Tooru. Toujours. Arrête de croire que tu es un perdant. Ce n'est pas le cas, et cela ne le sera jamais.

L'ace ponctue sa phrase par un léger baiser sur l'omoplate du passeur avant d'enfouir à nouveau son visage dans son dos, au niveau de sa colonne vertébrale. Et Oikawa continue à s'accrocher désespérément à son bras, comme un bateau à son ancre. Cela a toujours été comme cela. Il tombait, Iwaizumi le relevait. Il avait mal, Iwaizumi pansait ses blessures. Il pleurait, Iwaizumi séchait ses pleurs. Il était son ancre à lui, le bateau perdu en pleine mer. Oikawa redresse légèrement la tête, avant de se relever doucement, attrapant son sac d'une main pour ensuite glisser l'autre dans celle de l'ace. Et il lui sourit. Car il a raison.

Tant qu'ils seront ensemble, tant qu'ils auront l'équipe derrière eux, ils ne seront jamais des perdants.


N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ! Bisous ! :3