Hidashi (Hiro+Tadashi)

Chapitre 2

PDV Tadashi

Je marche tête baissée en tentant d'éviter les gens dans la rue mais j'en bouscule quand même beaucoup. Certains m'insultent mais je n'y prends pas garde.

Cela fait trois ans que je garde ce terrible secret. J'avais quinze ans à l'époque. Doucement, le corps et le visage de mon petit frère s'est transformé et je me suis mis à le regarder, ou plutôt à le dévorer des yeux.
Alors, je me suis mis à sortir avec beaucoup de filles, parfois plusieurs en même temps, et à coucher avec beaucoup d'entre elles.

Mais je n'ai jamais réussi à oublier Hiro. Alors, je me suis mis à l'éviter au maximum. C'est ainsi que je me retrouve à travailler toute la journée. Mais ça n'a rien d'ennuyant, j'ai mon propre atelier, enfin avec mes amis :

Honey Lemon, une fille pleine d'énergie, 1m74, aux longs cheveux blonds et avec de grandes lunettes qui lui dévorent le visage. J'ai essayé de sortir avec elle mais elle m'a vite remis sur le droit chemin.

Wasabi, brun, dans les 1m85, il semble réservé et pas très sociable quand on le rencontre, mais si on fait l'effort d'apprendre à le connaître, on trouve un ami dévoué, un peu efféminé et maniaque sur les bords.

Go Go Tomago, une brune aux cheveux courts, 1m65, toujours à mâcher un chew-gum et à faire des bulles avec. Quand je l'ai draguée elle m'a très bien fait comprendre que les mecs ne l'intéressent pas. C'est la première à être venue me voir, aussi nous sommes vraiment proches. Son style de bad girl cache une grande tendresse.

Et enfin Fred, un chatain, 1m75, aux doutes vestimentaires douteux. Lui, il ne crée rien. En fait, c'est la mascotte de l'équipe de sport, dans un déguisement de monstre étrange qu'il adore enfiler. Il apporte le repas du midi et le soir, nous détend avec ses pitreries incessantes et nous aide quand on a besoin d'une seconde paire de mains. Alors, il est dans le groupe même s'il n'est clairement pas un ingénieur.

Tous ces noms (sauf Fred) sont en réalité des surnoms, dont je ne vous dévoilerai pas l'origine.

Je sors de mes pensées quand je sens un poids sur mon dos. Je reconnais mon petit frère.

-Emmène moi voir ton école de nerds.

Je ne réponds rien et continue d'avancer, il doit prendre cela pour un oui car il se cramponne un peu plus et pose sa tête sur la mienne.

Les rues sont bondées ce matin. Normal, c'est l'heure de pointe. Et depuis que le gouvernement a interdit les voitures pour réduire la pollution, c'est comme ça tous les jours.

Nous arrivons en un quart d'heure de marche à l'université. Mais cela fait plus d'un an que je ne suis plus de cours. Au lieu de ça, je me dirige vers le labo. Il y a des prix et une photo du Professeur Callaghan dans l'entrée. C'est lui qui finance nos créations.

Avant d'entrer, il descend de mon dos et réarrange ses vêtements. On dirait qu'il veut faire bonne impression devant mes amis « nerds ». Je ricane légèrement et quand il est prêt, je pousse la porte du labo. Je vois les yeux d'Hiro s'agrandirent face à ce qu'il voit. Aussitôt, il se met à courir pour TOUT voir, comme il le dit si bien.

A cette heure ci, il n'y a que Fred au labo, mais il n'est pas là. Je devine donc qu'il s'est caché pour faire peur à mon petit frère. Je souris.

-BOUH ! Crie Fred derrière mon petit frère.

Mais Hiro n'a pas la réaction espérée. Au lieu de ça, il fait un bond en arrière et lance quelque chose au pied du chatain. Ce quelque chose, un robot de combat, a vite fait de mettre mon ami au tapis et de rejoindre la poche de Hiro.

-Tu les emmènes partout où tu vas ou quoi ?!

-On sait jamais, il bougonne en se rendant compte que le monstre qui l'a attaqué est en réalité un pauvre garçon bien sonné par l'attaque.

Celui-ci sort de son costume de mascotte de l'école et tend une main à Hiro.

-Ce que tu viens de faire, ça déchire !

Mon frère lui sert la main avec un grand sourire. Je n'ai qu'une envie : me taper la tête contre un mur. Remarquez, ça ne m'étonne pas de Fred. Je soupire.

Je finis de montrer les inventions à Hiro pendant que Fred lui pose des tas de questions, de « tu mesures combien ? » à « T'aimes les pizzas aux anchois ? ». J'aime bien voir mon frère dans cet environnement qui lui va si bien et si mal à la fois. Si bien car il a totalement les compétences pour être ici. Si mal car ce n'est pas du tout ce qu'il a choisi de faire de sa vie.

Après avoir tout vu, Fred nous propose de petit déjeuner dans un café pas très loin. Hiro engloutit une somme phénoménale de nourriture, pendant que nous deux nous nous contentons d'un café et d'un croissant. A la fin, alors que je m'apprête à payer en râlant sur mon frère, celui-ci sort une liasse de billet de sa poche et paye en disant de garder la monnaie. Et je sais exactement comment il a eut ces billets. Lorsque nous sortons du café, je lui donne un léger coup dans le ventre pour lui faire comprendre. Il rigole franchement. J'adore son rire, il est… Innocent. Non, je me mens à moi-même. Il est moqueur, assez bruyant mais il déborde de joie.

Fred demande :

-Où est ce que t'as eu tout cet argent petit ?

-Je suis pas petit ! Proteste Hiro pour ne pas répondre.

-Si, répond-t-il en lui ébouriffant les cheveux.

Le cadet lui rend son sourire et change de sujet avec la vitesse de l'éclair. Tante Cass dit souvent que nous sommes des opposés : l'ange et le démon. L'ange car je fais des études, car je travaille, car j'aide les gens dès que j'en ai l'occasion. Le démon car il ne respecte pas les lois, car il fait des robots de combats, car il est manipulateur.
Si seulement elle savait… Si elle savait que je désire mon petit frère, si elle savait à quel point il est innocent et fragile… Elle dirait l'inverse.

Un claquement de doigts juste devant mes yeux me ramènent à la réalité.

-Bah alors Tadashi ? On rêve ? Rigole Fred.

Je rigole en retour, gêné. Hiro me dévisage, il semble se demander à quoi je pensais. Je détourne vite le regard.

Nous arrivons au labo à nouveau, et cette fois ci tout le monde est là sauf Honey Lemon. Elle arrivera sans doute plus tard. Je salue Wasabi et GoGo Tomago, le premier semble assez mal à l'aise avec Hiro qui touche à tout, et la seconde passe son regard de Hiro à moi sans cesse en mâchant son chew-gum. Ca me met mal à l'aise, j'ai l'impression qu'elle comprend. Et venant d'elle, ça ne m'étonnerait pas tellement.

Soudain, une tornade blonde rentre dans le labo, et se précipite sur mon petit frère.

-Tu dois être Hiro ! Enchantée ! Ici tout le monde m'appelle Honey Lemon, mais tu peux m'appeler Honey c'est plus court !

Il serre lentement la main qu'elle lui tend, assez impressionné. Hiro est en réalité quelqu'un de très calme, tout comme moi. J'ai eu du mal à m'habituer à Honey au début.

-Au fait Tadashi, si tu lui montrais le chef d'œuvre que tu viens de finir ? Propose Gogo.

Je la remercie de son idée d'un signe de tête puis vais dans une salle à part, sans prendre la peine de dire à mon petit frère de me suivre. Mais évidemment celui-ci est sur mes talons, curieux.

-Qu'est ce que c'est ton « chef d'œuvre » ?

-Le robot que je viens de terminer, du moins le côté mécanique, je réponds vaguement pour l'intriguer.

On rentre dans le hangar, une pièce de la taille du labo, avec d'un côté les inventions ratées et de l'autre les inventions réussies. Il n'y a que trois machine dans cette seconde partie. Et parmi elles, mon robot. Une boîte rouge.

Je prends du scotch sur un tas de ferraille de l'autre partie (Gogo avait essayé de le faire tenir malgré tout… Un échec), remonte la manche du bras de mon frère et y colle l'adhésif.

-Du scotch ? Magnifique inven… AIE !

J'ai retiré le bout d'un coup sec. Il me fusille du regard, les larmes sur le point de couler. Je le fixe, j'ai tellement envie de le prendre dans mes bras, de l'embrasser… C'est mon robot qui me sort de mes pensées.

-Je te présente Baymax. Il n'est pas encore totalement au point niveau vocabulaire, il faut que je bosse là-dessus. Il est programmé pour se réveiller quand il entend un cri de douleur.

Ce dernier se dirige vers Hiro, désinfecte son bras puis retourne dans sa boîte en se dégonflant. C'est une de mes plus grandes fiertés et mon brun semble le remarquer :

-Il est génial, ça a dû mettre beaucoup de temps.

-Un an, merci.

-Quand tu l'auras fini on recommencera à passer du temps ensemble ?

Et là, devant ses yeux suppliants, je n'ose pas dire non.

-D'accord Hiro.

De toute façon, le terminer prendra bien six mois.

-Parfait ! Je pourrais venir t'aider pour que tu le finisses le plus vite possible !

Oh merde.

-Et tes combats ?

-Ah, oui…

Je viens de réaliser la connerie que je viens de dire. Je ne veux pas qu'il y aille à ses combats moi !

-Viens m'aider, t'as l'air d'avoir amassé beaucoup déjà, non ?

Je m'abaisse légèrement pour être à sa hauteur, nous avons vingt centimètres d'écart quasiment. Il me fait un grand sourire.

-Alors je pourrais venir ?

-Oui, tous les jours si tu veux, je lui réponds rieur.

Il me saute au cou pour me remercier. Je le fais tourner un peu puis lui rends son étreinte, malheureusement pas comme un grand frère le ferait. J'inspire à fond comme pour mémoriser son odeur, je le serre contre moi tendrement. Mais je crois qu'il ne s'en rend pas compte. Je le relâche doucement pour qu'il revienne au sol. On se sourit mutuellement.

-C'est mignon. C'est ton petit frère Tadashi ? Demande une voix.

Je me retourne précipitamment et je reconnais le professeur Callaghan. Celui-ci nous regarde avec un sourire attendri. J'avale difficilement ma salive.

-Oui monsieur, je suis désolé de l'avoir amené ici mais il voulait voir où je travaillais et…

-Pas de soucis voyons, me coupe-t-il.

-Alors je peux revenir pour l'aider ? Demande Hiro sans aucune diplomatie.

-Bien sûr, tant que tu ne l'empêches pas de travailler bien sûr.

Son sourire va jusqu'à ses oreilles, et je souris franchement (pour une fois) de la scène. Monsieur Callaghan va ensuite saluer et vérifier l'avancement des autres, laissant Hiro sauter de joie seul au milieu de la pièce.

-C'est trop cool ! S'écrie-t-il en me regardant.

Mais qu'est ce que j'ai foutu ?! Alors que ça fait plus d'un an que je l'évite, maintenant je vais le voir tous les jours ! Je suis dans mon lit, je n'arrête pas de me retourner dans tous les sens, ce qui semble énerver Hiro que j'empêche de dormir :

-Qu'est ce qu'il t'arrive ?

-J'arrive pas à dormir… J'explique timidement.

-Tu veux une histoire ? Une berceuse ? Ricane-t-il, moqueur.

Je me retourne de façon à lui tourner le dos.

-Oooh, Tad'… Je blaguais…

Je l'entends se lever et soudain j'ai peur. Et je fais bien.

-Je sais très bien de quoi tu as besoin pour dormir… Un énorme calin !

Il se jette sur moi, m'écrasant totalement. J'essaye de le repousser mais il s'accroche à moi comme à une sangsue. Je finis donc par le laisser faire et il s'engouffre sous la couette avec moi pour se blottir contre moi. Je respire difficilement.

-Hiro, qu'est ce que tu fais ?

-Un calin…

-Ton calin dure un peu longtemps…

Il hausse les épaules.

-J'en ai envie.